mardi 28 mai 2019

Une part d'ombre - Samuel Tilman

Au bout d'à peine 10 minutes depuis le début d'Une part d'ombre de Samuel Tilman, David, un enseignant, marié et père de deux enfants, devient le suspect d'un meurtre. David a plusieurs collègues qui deviennent suspicieux à son égard. C'est fascinant de constater comment on peut vous tourner le dos très vite quand il vous arrive un "pépin". Amateur de jogging, David s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment en pleine forêt. Jusqu'au bout, on s'interroge: est-il coupable ou innocent d'avoir tué une jeune femme et volé une grosse somme d'argent? Il y a une étude psychologique très intéressante des collègues qui soupçonnent David alors qu'ils le connaissent depuis longtemps. Je vois, pour ma part, la jalousie comme motif principal. L'étau se resserre très vite sur David. Heureusement qu'il a deux soutiens indéfectibles: son meilleur ami et un avocat. Sa femme, découvrant qu'il lui a été infidèle, lui tourne le dos. L'angoisse et le doute planent jusqu'à la fin. Comme Pascale, j'ai été captivée par l'histoire. Fabrizio Rongione qui interprète David rend bien l'ambiguïté de son personnage: coupable ou non coupable? Allez le découvrir.

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samedi 25 mai 2019

Le jeune Ahmed - Jean Pierre et Luc Dardenne

Le jeune Ahmed des frères Dardenne (en compétition au Festival de Cannes de cette année) m'a beaucoup plu dès les premières images. Comme à leur habitude, les réalisateurs suivent les acteurs au plus près avec leur caméra. Ahmed fait sa prière, car Ahmed est un garçon sur la voie de la radicalisation. Il a pris comme maître à penser un jeune Iman (un père de substition) qui tient l'épicerie pas loin de chez lui. Ahmed vit avec sa mère et ses deux frère et soeur dans un appartement. Sa mère non musulmane est complétement dépassée par les événements. Ahmed s'est radicalisé en très peu de temps. Il ne lit que le Coran en arabe. Il a un discours qui fait froid dans le dos. Il veut suivre l'exemple d'un cousin. Il n'accepte plus de serrer la main d'une femme. A un moment donné, il est embrassé par une fille à qui il demande de devenir musulmane afin qu'il ne finisse pas en enfer. Déterminé à tuer sa professeur de collège qu'il considére comme une apostat, il rate de son coup de peu et se retrouve dans un centre fermé où il est surveilé. Le film dure 1H26 sans temps mort mais avec quelques raccourcis. Je ne dévoilerai pas la fin qui m'a fait penser à celle du film Le gamin au vélo. Il faut noter la prestation étonnante d'Idir Ben Addi, le garçon qui joue Ahmed avec ses lunettes et son air encore juvénile. Un film que je conseille, tout comme Henri Golant.

PS du 25/05/19: le film vient d'être récompensé du prix de la mise en scène au Festival international du film de Cannes 2019. Ce prix est amplement mérité.

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samedi 23 mars 2019

Jusqu'ici tout va bien - Mohamed Hamidi / Rebelles - Allan Mauduit

Je chronique deux films vus l'un à la suite de l'autre.

J'ai trouvé Jusqu'ici tout va bien, de Mohamed Hamidi, très plaisant. Une petite agence de com, dirigée par Fred Bartel (Gilles Lellouche, en grande forme), vient de remporter un gros marché, mais dans le même temps, rien ne va plus avec le fisc. En effet, à cause d'une malheureuse domicilation non respectée, l'agence aurait dû être implantée dans le 93 à La Courneuve, dans une zone franche et non en plein Paris, Fred Bartel est redevable de plus d'1,7 millions au Trésor public. Pour éviter cette grosse amende, Fred et toute son équipe s'installent donc à La Courneuve où des bandes de gamins font du racket et les trafiquants de drogue prospèrent. Le ton du film est très "bon enfant". Tout ce petit monde s'entend plutôt bien. Bartel arrive même à trouver une grosse somme d'argent (sans l'aide des banques) pour faire face à une demande d'un client. Les personnages sont sympathiques même s'ils manquent un peu d'épaisseur. J'ai passé un bon moment. Lire le billet de Matchingpoints.

Je passe à Rebelles d'Allan Mauduit, un western urbain qui se passe à Boulogne sur Mer. Sandra (Cécile de France, que je n'ai pas reconnue immédiatement), ex-Miss Pas-de-Calais avec un coquard à l'oeil, revient chez sa mère qui vit dans un bangalow. Sandra trouve un travail dans la conserverie de poissons de la ville. Le travail est dur et astreignant et Jean-Michel, le chef d'équipe, un peu trop entreprenant. D'ailleurs, un soir, lors d'une astreinte, Sandra blesse grièvement Jean-Michel après que celui-ci ait cherché à la violer. Deux collègues, Nadine (Yolande Moreau, impayable) et Marilyn (Audrey Lamy, très bien), témoins du drame, veulent d'abord appeler les secours, mais y renoncent après qu'elles aient trouvé un sac rempli d'argent dans l'armoire du futur défunt. Je vous laisse découvrir comment les trois femmes vont se débarrasser du corps et prendre l'argent. Bien entendu, les ennuis commencent car l'argent appartient à quelqu'un. Le rythme du film est trépidant. J'ai souri et parfois ri devant une scène un peu "gore" dans le début du film. La séquence de la fusillade dans une maison vers la fin est digne d'un western d'antan. Les méchants sont plus bêtes qu'autre chose. On n'oublie pas de sitôt Sandra, Nadine et Marilyn, des femmes pleines de ressources avec du caractère, du culot et du courage qu'elles payent parfois assez cher. Un film sympa, pas très moral mais ce n'est pas grave. Lire les billets de ffred et Pascale.

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vendredi 19 octobre 2018

Girl - Lukas Dhont

J'ai un problème avec Girl, le premier film du Belge Lukas Dhont (27 ans) dont beaucoup de critiques chantent les louanges. Le film a reçu la caméra d'or au dernier festival de Cannes, et le jeune acteur Victor Polster, qui interprète Lara, a été aussi récompensé. Le thème du film est très lourd: un garçon de 15 ou 16 ans qui se sent fille entame un traitement hormonal qui devrait commencer à le transformer, en attendant qu'un jour on l'opère. Il s'agit d'un processus long mais Lara n'est pas patiente. Par ailleurs, elle vient d'être acceptée dans une école de danse pour devenir ballerine. L'entraînement est dur, en particulier elle commence à travailler ses pointes, exercice qu'elle aurait dû faire depuis l'âge de 12 ans. Lara est bien entourée entre son père aimant qui la soutient et son petit frère Milo, 6 ans. On ne sait pas ce qu'il en est de la mère. Alors qu'elle est encore en pleine croissance, Lara mange peu, maigrit beaucoup, a des malaises. Elle n'est pas bien dans sa tête. Le film alterne les scènes de cours de danse, où l'on voit Lara souffrir avec ses pieds en sang et les scènes où Lara est chez elle. On comprend comment elle dissumule ses attributs masculins avec du sparadrap qui lui provoque une infection. C'est une jeune fille qui souffre physiquement et moralement. Je ne vous raconterai pas ce qui se passe à la fin. Vous le devinerez peut-être comme mon ami. J'avoue que je vais souvent au cinéma pour me détendre et me changer les idées. Ce ne fut pas le cas avec ce film au propos assez violent. Voir Lara se martyriser ainsi est assez insoutenable au bout d'un moment. J'ai une collègue qui est sortie de la salle au bord du malaise à la fin de la projection. Par ailleurs, on dit beaucoup de bien de Victor Polster. Personnellement, je ne l'ai pas trouvé exceptionnel. Je l'ai trouvé "éteint", il parle avec une voix monocarde ni masculine, ni féminine. C'est tout à fait le genre de film que j'ai vu une fois et que je ne reverrai pas. Lire les billets de ffred, d'Aurore (qui s'est quand même un peu ennuyée) et de Pierre Darracq qui ont nettement préféré le film que moi.

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lundi 2 octobre 2017

Une famille syrienne - Philippe Van Leeuw / Le Redoutable - Michel Hazanavicius

Une famille syrienne, le deuxième long-métrage de Philippe Van Leeuw (il en a aussi écrit le scénario) est un huis-clos prenant qui se passe sur une journée avec une séquence très forte. Dans un immeuble, plusieurs membres d'une même famille et un jeune couple de voisins avec un bébé, Samir et Halima, vivent calfeutrés dans un appartement. Ils sont seuls dans tout l'immeuble vidé de ses habitants. Par les fenêtres, ce n'est que désolation, bâtiments éventrés et gravats, sans parler des bombardements. Un matin, nous voyons Samir quitter l'immeuble et être abattu par un sniper. Nous sommes dans les 5 premières minutes du film qui dure 1H20. A partir de là, on voit Oum Yazan, la mère de famille (Hiam Abbass) qui fait l'impossible pour protéger sa famille du dehors. La porte d'entrée est barricadée. Tout le monde se tient loin des fenêtres. Le père est absent et le seul homme dans l'appartement est le grand-père. Halima va montrer qu'elle a du cran quand deux hommes arrivent à s'introduire dans l'appartement. La caméra étant très près des acteurs, cela renforce l'impression que les personnages sont enfermés et on se demande comment ils pourront s'en sortir. Un film qui m'a beaucoup plu. Lire les billets de Baz'art et de Chris.

Je passe au Redoutable de Michel Hazanavicius, d'après le livre autobiographique d'Anne Wiazemsky, Un an après, à propos de sa vie avec Jean-Luc Godard entre 1967 et 1968. Ils se sont séparés en 1970. Le ton du film est amusant, les dialogues savoureux et Louis Garrel dans la peau de JLG s'en sort bien. C'est pour lui qu'il faut aller voir le film. Jean-Luc Godard est un homme pas sympathique Il ne devait pas être facile à vivre, entre sa mauvaise foi et sa prétention. Il est odieux avec tout le monde. Par ailleurs, il renie trois de ses films, qui resteront pourtant dans les mémoires. La jeune Anne, 17 ans, étudie la philosophie à la Sorbonne. Elle admire Jean-Luc Godard. Elle est heureuse de vivre avec l'homme qu'elle aime. Il lui fera tourner La Chinoise. Le film m'a donné envie de lire le livre d'Anne Wiazemski. Le film se laisse voir. Lire le billet de Pascale.

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mardi 5 septembre 2017

7 jours pas plus - Héctor Cabello Reyes / Bonne pomme - Florence Quentin

Voici deux long-métrages sortis le 30 août 2017.

Je commence par le "remake" du film argentin El Chino qui m'avait plu. 7 jours pas plus m'a autant divertie que le film original. Je l'ai trouvé drôle et émouvant. La transposition en Belgique est réussie et Benoît Poolvoerde s'en sort bien. Pierre, un vieux garçon qui s'endort tous les soirs à 23h00 pile et se réveille à 6h00 du matin, est le propriétaire d'une quincaillerie en ville. Il n'arrête pas de récriminer contre un fournisseur de vis. Dans les boîtes qui lui sont livrées, le compte n'y est pas. Le soir, il découpe dans le journal des articles de faits divers qui sortent de l'ordinaire. Il n'a aucune vie sentimentale même si une jeune femme de sa connaissance vient le voir souvent. C'est un homme rustre qui n'a pas beaucoup de savoir-vivre. Jusqu'au jour où il va croiser le chemin d'Ajit, un Bengali qui, ne parlant pas un mot de français, est éjecté d'un taxi juste devant lui. Sept jours, c'est le temps que Pierre accepte de loger Ajit afin que ce dernier retrouve son oncle. Je ne vous en dis pas plus. Pour ceux qui ont vu El Chino, c'est la même histoire et la même fin. Allez voir 7 jours pas plus, qui semble être projeté dans peu de salles - et c'est dommage.

Je suis allée voir Bonne pomme parce que la BA m'avait amusée, et puis Depardieu et Deneuve dans le même film, c'est souvent un plaisir. Le scénario est plutôt confus au début. Gérard qui ressemble à un ogre s'occupe d'un garage à Dreux. C'est le "brave couillon" qui se fait avoir par son ex-femme, comptable dudit garage, et par toute sa belle-famille. Il part sur un coup de tête pour acheter un garage à lui tout seul dans un petit village de Seine-et-Marne. Face à ce garage, il y a un hôtel-restaurant tenu par Barbara (Catherine Deneuve). Barbara est fantasque, n'a pas un sou, arrive à soutirer des arrhes importantes à Gérard. Elle laisse en plan ses clients au moment du dîner. De très mauvaise foi, elle se sort de toutes sortes de situations avec beaucoup d'aplomb en prenant souvent la fuite. Heureusement qu'avec Gérard qui ne boit que du jus d'abricot (!!!), elle va trouver une "bonne pomme". J'avoue que je suis très très indulgente envers ce film au scénario très ténu, car Deneuve et Depardieu sont attendrissants, mais vous pouvez attendre de le voir à la télé.

Je chroniquerai ultérieurement Petit paysan sorti la même semaine et que je vous conseille.

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jeudi 22 décembre 2016

Souvenir - Bavo Defurne

Dans Souvenir de Bavo Defurne, Isabelle Huppert est comme toujours sensationnelle en ancienne chanteuse du prix de l'Eurovision (arrivée 2ème), qui travaille désormais dans une usine qui conditionne des grosses terrines de pâté. Liliane, dont le nom de chanteuse était Laura, est une femme très seule, froide et distante, elle reste à l'écart de ses collègues. Quand elle rentre du travail, elle boit un peu et regarde des jeux télévisés. C'est alors que Jean apparaît dans sa vie. Jean (joué par Kévin Azaïs), c'est un jeune ouvrier intérimaire qui veut se consacrer à la boxe dans la catégorie "poids léger". Il reconnait la chanteuse que fut Liliane. C'est un genre de coup de foudre qui va les unir. Jean décide de devenir le manager de Liliane, qui accepte après quelques réticences. C'est Isabelle Huppert qui chante. Elle a elle-même choisi des chansons du nouvel album de Pink Martini sorti en novembre 2016. C'est un régal. Un film qui donne la pêche! Bien évidemment, je le conseille, et il ne dure qu'1H30. Voici un lien audio vers la chanson principale, "Joli garçon".

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mercredi 27 avril 2016

Les Ardennes - Robin Pront

C'est suite à la lecture de quelques billets et au conseil d'un collègue que je suis allée voir Les Ardennes, un film très noir de Robin Pront. A Anvers, Kenny et son frère Dave ainsi que Sylvie (la petite amie de Kenny) commettent des cambriolages. Ils cherchent de l'argent pour acheter de la drogue. Quand Kenny est arrêté, il n'avoue rien et ne dénonce pas ses complices. Il écope de sept ans d'emprisonnement. Pendant ce temps-là, Dave et Sylvie se sont rapprochés. La jeune femme attend un enfant et n'aspire qu'à une vie banale. Quand Kenny sort de prison au bout de quatre ans, pendant la période des fêtes de fin d'année, il est incontrôlable. La détention l'a transformé en un être écorché vif et violent. Dave et Sylvie ne savent pas comment lui annoncer que désormais ils forment un couple. On devine assez vite que l'histoire se terminera mal (et c'est peu de le dire). La dernière partie, qui se déroule dans les forêts et les collines des Ardennes belges, vire à la tragédie avec un soupçon de "gore". Malgré ces moments sanglants, j'avoue avoir apprécié ce film bien joué et bien écrit. Lire les billets positifs comme ceux de ffred et Aurore et ceux moins enthousiastes de mymp et Pierre D.

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vendredi 18 septembre 2015

Le tout nouveau Testament - Jaco Van Dormael

J’ai voulu voir ce film après avoir souri à la bande-annonce. J’ai été surprise par le ton du film, qui n’est pas comique malgré la présence de Benoit Poelvoorde et Yolande Moreau. Dieu (Benoit Poelvoorde) existe, il vit à Bruxelles. Il a une femme (Yolande Moreau) et on apprend qu’il a aussi une fille (âgée d’environ 10 ans) appelée EA. EA en a assez d’être confinée dans un appartement sinistre. Son père est un être odieux qui martyrise par ordinateur interposé les humains créés à son image. Pour ce faire, il s’enferme dans une immense pièce où en plus de l’ordinateur se trouvent des milliards (une par humain) de fiches rangées dans des boîtes. Quant à la femme de Dieu, elle a la passion du baseball. EA, pour se venger de la tyrannie de son père, envoie d’un seul clic les dates de mort de chaque humain. A partir de là, le ton du film change: on entre dans le registre du tragi-comique avec une pointe d’onirisme. EA qui est enfin arrivée à s’échapper de l’appartement, part à la recherche de six personnes (dont deux femmes) qui seront les six prochains apôtres. Il apparaît que les apôtres choisis sortent de l’ordinaire: la première a un bras en silicone, un autre fantasme sur les jolies filles aux formes avenantes, une troisième tombe amoureuse d’un gorille. Je vous laisse découvrir les trois autres. Bien entendu Dieu, fou de rage, part à la recherche d’EA qui est secondée dans sa tâche par un SDF. Ce dernier écrit le tout nouveau testament. Le film se laisse voir mais, je le répète, ce n’est pas une comédie. L’ensemble dégage une certaine mélancolie et de la tristesse malgré une fin optimiste.

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jeudi 6 août 2015

Papa lumière - Ada Loueih / Je suis mort mais j'ai des amis - Guillaume et Stéphane Malandrin

Voici deux films qui sont sortis dans très peu de salles à Paris et qui ne se donnent déjà presque plus.

Je commence par Papa lumière d'Ada Loueih, sorti le 29 juillet 2015, que je suis allée voir pour Niels Arestrup. L'acteur joue le rôle de Jacques, qui s'est expatrié pendant trente ans à Abidjan en Côte d'Ivoire. Il était propriétaire d'un hôtel qui a brûlé. L'histoire commence dans un avion début 2011: fuyant la crise ivoirienne, Jacques est assis à côté d'une jeune fille noire métisse. On apprend très vite qu'ils sont père et fille. Jacques et Safi arrivent à Roissy avant de se diriger dans un centre d'accueil à Nice. Safi, qui est grande pour ses 14 ans, apprend à connaître son père (ours mal léché), car, à Abidjan, elle vivait avec sa mère, "pute" "de luxe" qui semble avoir disparue. Jacques trouve un emploi de "dog-sitter" avant de redevenir gérant d'un hôtel tandis que sa fille va au collège. Il ne se passe pas grand-chose, mais l'histoire sort de l'ordinaire. Arestrup est égal à lui-même. Lire le billet d'Alex-6.

Et maintenant, je passe à un film belge sorti le 22 juillet 2015, Je suis mort mais j'ai des amis, réalisé par deux frères nettement moins connus que les frères Dardenne. Guillaume et Stéphane Malandrin ont réalisé un film qui m'a fait penser à ceux de Benoît Delépine et Gustave Kervern, dans le style "foutraque", iconoclaste. Et le point commun entre leurs films, c'est Bouli Lanners, qui s'en donne à coeur joie dans le délire. Dans Je suis mort mais j'ai des amis, le chanteur et leader d'un groupe de rockers quinquas meurt subitement, juste avant un concert à Los Angeles. Incinéré, le chanteur va tout de même participer au concert puisque ses potes rockers (ils sont trois, dont Ivan [Bouli Lanners]) emportent l'urne avec eux. Dany, un militaire et amant du chanteur, va se joindre à leur voyage qui les emmenera au Canada et non aux USA. L'ensemble est sympathique même si ce n'est pas impérissable.

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