lundi 2 octobre 2017

Une famille syrienne - Philippe Van Leeuw / Le Redoutable - Michel Hazanavicius

Une famille syrienne, le deuxième long-métrage de Philippe Van Leeuw (il en a aussi écrit le scénario) est un huis-clos prenant qui se passe sur une journée avec une séquence très forte. Dans un immeuble, plusieurs membres d'une même famille et un jeune couple de voisins avec un bébé, Samir et Halima, vivent calfeutrés dans un appartement. Ils sont seuls dans tout l'immeuble vidé de ses habitants. Par les fenêtres, ce n'est que désolation, bâtiments éventrés et gravats, sans parler des bombardements. Un matin, nous voyons Samir quitter l'immeuble et être abattu par un sniper. Nous sommes dans les 5 premières minutes du film qui dure 1H20. A partir de là, on voit Oum Yazan, la mère de famille (Hiam Abbass) qui fait l'impossible pour protéger sa famille du dehors. La porte d'entrée est barricadée. Tout le monde se tient loin des fenêtres. Le père est absent et le seul homme dans l'appartement est le grand-père. Halima va montrer qu'elle a du cran quand deux hommes arrivent à s'introduire dans l'appartement. La caméra étant très près des acteurs, cela renforce l'impression que les personnages sont enfermés et on se demande comment ils pourront s'en sortir. Un film qui m'a beaucoup plu. Lire les billets de Baz'art et de Chris.

Je passe au Redoutable de Michel Hazanavicius, d'après le livre autobiographique d'Anne Wiazemsky, Un an après, à propos de sa vie avec Jean-Luc Godard entre 1967 et 1968. Ils se sont séparés en 1970. Le ton du film est amusant, les dialogues savoureux et Louis Garrel dans la peau de JLG s'en sort bien. C'est pour lui qu'il faut aller voir le film. Jean-Luc Godard est un homme pas sympathique Il ne devait pas être facile à vivre, entre sa mauvaise foi et sa prétention. Il est odieux avec tout le monde. Par ailleurs, il renie trois de ses films, qui resteront pourtant dans les mémoires. La jeune Anne, 17 ans, étudie la philosophie à la Sorbonne. Elle admire Jean-Luc Godard. Elle est heureuse de vivre avec l'homme qu'elle aime. Il lui fera tourner La Chinoise. Le film m'a donné envie de lire le livre d'Anne Wiazemski. Le film se laisse voir. Lire le billet de Pascale.

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mardi 5 septembre 2017

7 jours pas plus - Héctor Cabello Reyes / Bonne pomme - Florence Quentin

Voici deux long-métrages sortis le 30 août 2017.

Je commence par le "remake" du film argentin El Chino qui m'avait plu. 7 jours pas plus m'a autant divertie que le film original. Je l'ai trouvé drôle et émouvant. La transposition en Belgique est réussie et Benoît Poolvoerde s'en sort bien. Pierre, un vieux garçon qui s'endort tous les soirs à 23h00 pile et se réveille à 6h00 du matin, est le propriétaire d'une quincaillerie en ville. Il n'arrête pas de récriminer contre un fournisseur de vis. Dans les boîtes qui lui sont livrées, le compte n'y est pas. Le soir, il découpe dans le journal des articles de faits divers qui sortent de l'ordinaire. Il n'a aucune vie sentimentale même si une jeune femme de sa connaissance vient le voir souvent. C'est un homme rustre qui n'a pas beaucoup de savoir-vivre. Jusqu'au jour où il va croiser le chemin d'Ajit, un Bengali qui, ne parlant pas un mot de français, est éjecté d'un taxi juste devant lui. Sept jours, c'est le temps que Pierre accepte de loger Ajit afin que ce dernier retrouve son oncle. Je ne vous en dis pas plus. Pour ceux qui ont vu El Chino, c'est la même histoire et la même fin. Allez voir 7 jours pas plus, qui semble être projeté dans peu de salles - et c'est dommage.

Je suis allée voir Bonne pomme parce que la BA m'avait amusée, et puis Depardieu et Deneuve dans le même film, c'est souvent un plaisir. Le scénario est plutôt confus au début. Gérard qui ressemble à un ogre s'occupe d'un garage à Dreux. C'est le "brave couillon" qui se fait avoir par son ex-femme, comptable dudit garage, et par toute sa belle-famille. Il part sur un coup de tête pour acheter un garage à lui tout seul dans un petit village de Seine-et-Marne. Face à ce garage, il y a un hôtel-restaurant tenu par Barbara (Catherine Deneuve). Barbara est fantasque, n'a pas un sou, arrive à soutirer des arrhes importantes à Gérard. Elle laisse en plan ses clients au moment du dîner. De très mauvaise foi, elle se sort de toutes sortes de situations avec beaucoup d'aplomb en prenant souvent la fuite. Heureusement qu'avec Gérard qui ne boit que du jus d'abricot (!!!), elle va trouver une "bonne pomme". J'avoue que je suis très très indulgente envers ce film au scénario très ténu, car Deneuve et Depardieu sont attendrissants, mais vous pouvez attendre de le voir à la télé.

Je chroniquerai ultérieurement Petit paysan sorti la même semaine et que je vous conseille.

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jeudi 22 décembre 2016

Souvenir - Bavo Defurne

Dans Souvenir de Bavo Defurne, Isabelle Huppert est comme toujours sensationnelle en ancienne chanteuse du prix de l'Eurovision (arrivée 2ème), qui travaille désormais dans une usine qui conditionne des grosses terrines de pâté. Liliane, dont le nom de chanteuse était Laura, est une femme très seule, froide et distante, elle reste à l'écart de ses collègues. Quand elle rentre du travail, elle boit un peu et regarde des jeux télévisés.  C'est alors que Jean apparaît dans sa vie. Jean (joué par Kévin Azaïs), c'est un jeune ouvrier intérimaire qui veut se consacrer à la boxe dans la catégorie "poids léger". Il reconnait la chanteuse que fut Liliane. C'est un genre de coup de foudre qui va les unir. Jean décide de devenir le manager de Liliane, qui accepte après quelques réticences. C'est Isabelle Huppert qui chante. Elle a elle-même choisi des chansons du nouvel album de Pink Martini sorti en novembre 2016. C'est un régal. Un film qui donne la pêche! Bien évidemment, je le conseille, et il ne dure qu'1H30. Voici un lien audio vers la chanson principale, "Joli garçon".

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mercredi 27 avril 2016

Les Ardennes - Robin Pront

C'est suite à la lecture de quelques billets et au conseil d'un collègue que je suis allée voir Les Ardennes, un film très noir de Robin Pront. A Anvers, Kenny et son frère Dave ainsi que Sylvie (la petite amie de Kenny) commettent des cambriolages. Ils cherchent de l'argent pour acheter de la drogue. Quand Kenny est arrêté, il n'avoue rien et ne dénonce pas ses complices. Il écope de sept ans d'emprisonnement. Pendant ce temps-là, Dave et Sylvie se sont rapprochés. La jeune femme attend un enfant et n'aspire qu'à une vie banale. Quand Kenny sort de prison au bout de quatre ans, pendant la période des fêtes de fin d'année, il est incontrôlable. La détention l'a transformé en un être écorché vif et violent. Dave et Sylvie ne savent pas comment lui annoncer que désormais ils forment un couple. On devine assez vite que l'histoire se terminera mal (et c'est peu de le dire). La dernière partie, qui se déroule dans les forêts et les collines des Ardennes belges, vire à la tragédie avec un soupçon de "gore". Malgré ces moments sanglants, j'avoue avoir apprécié ce film bien joué et bien écrit. Lire les billets positifs comme ceux de ffred et Aurore et ceux moins enthousiastes de mymp et Pierre D.

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vendredi 18 septembre 2015

Le tout nouveau Testament - Jaco Van Dormael

J’ai voulu voir ce film après avoir souri à la bande-annonce. J’ai été surprise par le ton du film, qui n’est pas comique malgré la présence de Benoit Poelvoorde et Yolande Moreau. Dieu (Benoit Poelvoorde) existe, il vit à Bruxelles. Il a une femme (Yolande Moreau) et on apprend qu’il a aussi une fille (âgée d’environ 10 ans) appelée EA. EA en a assez d’être confinée dans un appartement sinistre. Son père est un être odieux qui martyrise par ordinateur interposé les humains créés à son image. Pour ce faire, il s’enferme dans une immense pièce où en plus de l’ordinateur se trouvent des milliards (une par humain) de fiches rangées dans des boîtes. Quant à la femme de Dieu, elle a la passion du baseball. EA, pour se venger de la tyrannie de son père, envoie d’un seul clic les dates de mort de chaque humain. A partir de là, le ton du film change: on entre dans le registre du tragi-comique avec une pointe d’onirisme. EA qui est enfin arrivée à s’échapper de l’appartement, part à la recherche de six personnes (dont deux femmes) qui seront les six prochains apôtres. Il apparaît que les apôtres choisis sortent de l’ordinaire: la première a un bras en silicone, un autre fantasme sur les jolies filles aux formes avenantes, une troisième tombe amoureuse d’un gorille. Je vous laisse découvrir les trois autres. Bien entendu Dieu, fou de rage, part à la recherche d’EA qui est secondée dans sa tâche par un SDF. Ce dernier écrit le tout nouveau testament. Le film se laisse voir mais, je le répète, ce n’est pas une comédie. L’ensemble dégage une certaine mélancolie et de la tristesse malgré une fin optimiste.

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jeudi 6 août 2015

Papa lumière - Ada Loueih / Je suis mort mais j'ai des amis - Guillaume et Stéphane Malandrin

Voici deux films qui sont sortis dans très peu de salles à Paris et qui ne se donnent déjà presque plus.

Je commence par Papa lumière d'Ada Loueih, sorti le 29 juillet 2015, que je suis allée voir pour Niels Arestrup. L'acteur joue le rôle de Jacques, qui s'est expatrié pendant trente ans à Abidjan en Côte d'Ivoire. Il était propriétaire d'un hôtel qui a brûlé. L'histoire commence dans un avion début 2011: fuyant la crise ivoirienne, Jacques est assis à côté d'une jeune fille noire métisse. On apprend très vite qu'ils sont père et fille. Jacques et Safi arrivent à Roissy avant de se diriger dans un centre d'accueil à Nice. Safi, qui est grande pour ses 14 ans, apprend à connaître son père (ours mal léché), car, à Abidjan, elle vivait avec sa mère, "pute" "de luxe" qui semble avoir disparue. Jacques trouve un emploi de "dog-sitter" avant de redevenir gérant d'un hôtel tandis que sa fille va au collège. Il ne se passe pas grand-chose, mais l'histoire sort de l'ordinaire. Arestrup est égal à lui-même. Lire le billet d'Alex-6.

Et maintenant, je passe à un film belge sorti le 22 juillet 2015, Je suis mort mais j'ai des amis, réalisé par deux frères nettement moins connus que les frères Dardenne. Guillaume et Stéphane Malandrin ont réalisé un film qui m'a fait penser à ceux de Benoît Delépine et Gustave Kervern, dans le style "foutraque", iconoclaste. Et le point commun entre leurs films, c'est Bouli Lanners, qui s'en donne à coeur joie dans le délire. Dans Je suis mort mais j'ai des amis, le chanteur et leader d'un groupe de rockers quinquas meurt subitement, juste avant un concert à Los Angeles. Incinéré, le chanteur va tout de même participer au concert puisque ses potes rockers (ils sont trois, dont Ivan [Bouli Lanners]) emportent l'urne avec eux. Dany, un militaire et amant du chanteur, va se joindre à leur voyage qui les emmenera au Canada et non aux USA. L'ensemble est sympathique même si ce n'est pas impérissable.

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lundi 26 mai 2014

Deux jours, une nuit - Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sélectionné en compétition au dernier Festival du film de Cannes qui vient de s'achever le samedi 24 mai 2014, Deux jours, une nuit des frères Dardenne ne m'a pas déçue, même si je n'ai pas retrouvé l'âpreté de L'enfant, du Gamin au vélo, du Silence de Lorna ou même de Rosetta. Il m'a semblé que Deux jours, une nuit était un film serein, apaisé même dans ses rares moments de violence; et le fonds de l'histoire est cynique. Marion Cotillard est présente de la première à la dernière image et filmée au plus près. Elle interprète Sandra, une jeune femme qui sort d'une grave dépression. Mariée et mère de deux enfants, elle est employée dans une usine. Quand commence le film, elle vient d'apprendre suite à un premier vote des salariés qu'elle va être licenciée alors que les 16 collègues de son atelier doivent toucher 1000 euros de prime (sauf un qui touchera 150 euros parce qu'il n'a pas d'ancienneté, et il est en CDD). On apprend que le vote de la majorité des collègues pour la prime et par conséquent pour le licenciement de Sandra a été fait sous la pression de la hiérarchie. Grâce au soutien d'une collègue et de Manu, son mari, Sandra, pendant un week-end (deux jours et une nuit), va faire du porte-à-porte pour essayer de faire changer d'avis ses collègues qui doivent voter une deuxième fois. Sandra est une femme fragile qui désespère d'arriver à faire changer les choses. Elle est devenue fataliste et peut-être suicidaire. On pourra trouver la narration monotone puisque les réalisateurs ne font pratiquement que suivre Sandra d'un endroit à l'autre, d'une porte à l'autre. Marion Cotillard est plutôt convaincante. Son suicide raté l'est moins (son acte paraît factice). Mais j'ai beaucoup aimé la conclusion qui m'a paru pleine de sérénité et porteuse d'espoir. Le film est reparti bredouille de Cannes. Il est vrai qu'il ne méritait pas forcément un prix. Lire les billets de Ffred et Alex-6.

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vendredi 24 août 2012

A perdre la raison - Joachim Lafosse

Voici un film prenant et dérangeant. De nos jours, en Belgique, Murielle (Emilie Dequenne), une belle jeune femme professeur de français, tombe amoureuse de Mounir (Tahar Rahim), marocain d'origine et fils adoptif depuis plus de 20 ans du docteur Pinget (Niels Arestrup). Pendant 1H50, on assiste, la gorge nouée, au délabrement mental de Muriel qui sombre dans la dépression, entre un mari amoureux mais complètement dominé par son père adoptif et ce docteur, personnage au charisme certain mais terrifiant, qui s'est insinué dans la vie de ce couple (devenus parents de quatre enfants (3 filles et 1 garçon). Il vit avec eux dans une grande maison. Le docteur couve ce fils en le faisant travailler à son cabinet. Pinget est un homme insaisissable et toxique qui est capable de faire du chantage par l'argent et aussi du chantage affectif. On sent que Muriel étouffe entre ces deux hommes (dont on ignore quelles furent les relations avant que Muriel n'entre dans leur vie). Elle est prise dans un étau, toute volonté annhilée. Elle sait qu'elle ne va pas bien du tout et va commettre l'irréparable qui se déroule hors-champ. Le réalisateur nous fait très bien sentir ce malaise pendant tout le film. La séquence où Muriel s'effondre en pleurant sur le volant de sa voiture en écoutant "Femmes, je vous aime" de Julien Clerc est bouleversante. Emilie Dequenne a amplement mérité son prix d'interprétation féminine dans la section "Un certain regard" du festival de Cannes de cette année. Beau film mais assez éprouvant malgré tout.

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Sinon, dans deux jours (le 26/08/12) se termine l'exposition Ahae dans le jardin des Tuileries (lire le billet enthousiaste d'Aifelle). Je m'y suis rendue et je vais être un peu rabat-joie. En effet, bien que l'exposition soit belle (encore qu'elle ne soit pas exceptionnnelle), bien présentée (il s'agit de quelques dizaines de photos parmi les 2 000 000 que l'artiste coréen a prises pendant 2 ans de sa fenêtre) et que l'entrée soit libre, j'ai constaté, dans la boutique attenante à l'expo, les prix exhorbitants pratiqués sur des produits dérivés entièrement consacrés à l'artiste. Il s'agit de livres (reliés), posters, post-it, tapis de souris, cartes postales, marque-pages, foulards (très beaux), chocolats d'une grande marque (que je connais et qui sont très bons). Je serais curieuse de savoir si les livres/catalogues à 240 euros se vendent bien. Je me suis néanmoins consolée avec les cartes de visite (voir la première photo ci-dessous) que l'on trouvait à l'entrée et à la sortie. En prêtant l'oreille à une question d'un visiteur (étranger) enthousiaste, l'expo "tourne" et elle devrait se trouver au Château de Versailles l'année prochaine.

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vendredi 30 décembre 2011

Welcome in Vienna (trilogie) - Axel Corti / Le tableau - Jean-François Laguionie

Avant la fin de cette année 2011 (et avant mon palmarès cinéma), je voulais ne pas oublier de parler d'un événement cinématographique sorti le 30 novembre 2011 dans deux salles à Paris. Il s'agit de trois films (en noir et blanc, image format télé) d'Axel Corti (1933-1993) dont les deux premiers volets étaient restés jusqu'à présent inédits en France.

L'oeuvre Welcome in Vienna (Wohin und Zurück) se compose donc de trois films écrits par le scénariste Georg Stefan Troller, qui confirme dans le dossier de presse que cette suite d'histoires est autobiographique à 70 ou 80%. Il est né en 1921 et vit à Paris depuis 1949.

Dieu ne croit plus en nous (1982, inédit en France) commence à Vienne en 1938. Après la "Nuit de cristal" et le meurtre de son père, Ferry Tobler, un adolescent juif, fuit l'Autriche. Echoué à Prague, il continue sa fuite vers la France en compagnie d'un soldat allemand anti-nazi échappé de Dachau et d'une Tchèque chargée d'aider les réfugiés. Sans papiers, ils sont arrêtés et internés par les Français. Arrivant à s'échapper, ils parviennent à Marseille dans l'espoir de s'embarquer pour les Etats-Unis.

Dans Santa Fé (1986, inédit en France), l'action se passe à New-York en 1940. Un bateau, Le Tonka, arrive avec, à son bord, des réfugiés dont Ferry Tobler qui se noie accidentellement en cherchant à sauver une jeune femme mutique qui voulait échapper au contrôle des services d'immigration. On suit surtout le parcours de Freddy Wolff, jeune émigrant juif autrichien qui rêve du Far-West mais qui se retrouve isolé dans sa vie d'immigré même s'il trouve un peu d'entraide au sein de sa communauté. Il trouve même un travail de vendeur dans un "delicatessen". Mais dès l'entrée en guerre des Etats-Unis fin 1941, lui et ses semblables sont assimilés à l'ennemi allemand. Il s'engage dans l'armée américaine pour regagner l'Europe. Pour moi, des trois films, c'est celui que je préfère, peut-être parce que l'histoire se passe à New-York et que le réalisateur prend son temps pour nous rendre les personnages attachants.

Enfin, Welcome in Vienna (1986, et que j'avais vu à l'époque) se déroule en 1944 dans une Europe dévastée et à reconstruire. Freddy Wolff et George Adler, intellectuel de gauche berlinois, découvrent les horreurs nazies et l'antisémitisme qui règne jusque dans leurs rangs. Ils assistent à la reddition d'un colonel nazi qui offre son aide à l'U.S. Army, laquelle l'accepte bien volontiers, tout cela pour combattre le communisme. Dans Vienne, Freddy trouve les restes de son passé familial, la maison de ses parents en ruines. Dans le chaos où est plongée l'Autriche, Freddy est écoeuré en voyant un ancien nazi devenir roi du marché noir. La corruption et l'arrivisme règnent partout mais cela n'empêche pas Freddy de rester dans ce pays qu'il aime. Aussi étrange que cela puisse être, j'ai trouvé cette partie (que j'avais appréciée à l'époque) la moins réussie, un peu trop touffue.

En tout cas, si vous en avez l'occasion, je vous conseille de voir, comme moi, cette trilogie dans l'ordre. Elle a rencontré un beau succès d'estime et c'est mérité.

Sinon, comme dernier film à voir absolument en cette fin d'année, et déjà chaudement conseillé par Aifelle, allez voir Le tableau de Jean-François Laguionie (sorti le 23 novembre 2011). C'est une merveille d'animation qui ravira les grands et peut-être les plus jeunes. Dans ce très beau film (graphiquement et visuellement), vous n'oublierez pas les toupins, les pafinis et les reufs. Vous essaierez de deviner les peintres et les tableaux qui sont évoqués. Cela fait plaisir, des films d'animation intelligents et sensibles.

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lundi 30 mai 2011

Le gamin au vélo - Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le gamin au vélo des frères Dardenne vient de recevoir le Grand prix (ex-aequo avec le film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan) lors du dernier festival de Cannes. A la différence des précédents, ce long-métrage s'achève sur une note optimiste, pourquoi pas? En revanche, c'est la façon dont on arrive à cette conclusion qui me gène un peu. *spoiler* Tel Lazare, Cyril se relève de sa chute de l'arbre sans une égratignure et sa nouvelle vie va commencer, à moins que...*fin du spoiler*. Pour en arriver là, les réalisateurs ne laissent pas aux spectateurs le temps de souffler. Comme toujours chez les frères Dardenne, tout est filmé au plus près des acteurs. Il n'y a aucune psychologie (ce n'est pas un défaut) mais j'avoue que ce gamin, Cyril, m'a beaucoup crispée. Je comprends qu'il soit un écorché vif, mais pendant le déroulement de l'histoire, on a envie de le prendre entre 4 yeux et de lui dire de se calmer. Cyril, âgé d'une dizaine d'années, a été confié à une institution par son père qui ne peut pas s'occuper de lui. Cela devait être une situation provisoire. Cyril veut retourner chez son père parti sans laisser d'adresse. Il veut aussi récupérer son vélo (son père l'a vendu). Cyril a quand même de la chance de trouver en Samantha, une coiffeuse célibataire (Cécile de France, très bien), un foyer de substitution, mais Cyril est un enfant obstiné qui fugue tout le temps. Voilà l'histoire, et elle ne se termine donc pas trop mal, mais je préfère les Dardenne filmant des histoires plus sombres (plus vraisemblables?) ou avec des fins incertaines. Ceci étant, je vous conseille ce film qui dégage une grande énergie.

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