samedi 28 décembre 2019

La vie secrète d'Euridice Gusmão - Karim Aïnoud / Brooklyn Affaiirs - Edward Norton

Retour après une pause forcée par manque d'Internet pendant deux jours (!), je n'ai pas pu faire de coms ni publier de billet comme prévu. Mais, grâce au fait que j'ai pu me déplacer en province, j'ai pu enfin voir deux films que je voulais absolument découvrir. Dans trois jours, je donnerai mon palmarès cinéma pour 2019.

Pour le moment, je commence par quelques mots sur le film brésilien La vie secrète d'Euridice Gusmão de Karim Aïnoud. J'ai trouvé que c'était un très beau mélo sans pathos. L'histoire se passe à partir de 1951 à Rio de Janeiro. Deux soeurs, Guida amoureuse d'un marin grec, et Euridice, qui rêve de passer le concours de pianiste à Vienne en Autriche, sont très unies. Leur père très autoritaire mène sa femme et ses filles à la baguette. Un soir, Guida part et ne revient pas. Elle a suivi son marin jusqu'en Grèce. Quelques mois après, elle revient enceinte chez ses parents. Le père tyrannique la renie. Pendant ce temps, Euridice s'est mariée, un petit peu contrainte. Ses rêves de devenir pianiste s'éloignent. Sa soeur lui manque. Elle la croit heureuse avec son marin. Son père ne lui dit rien à propos du retour de Guida. Pendant plusieurs années, Guida va écrire à sa soeur sans que cette dernière n'en sache rien. Je ne vous dirai rien de plus. Vous l'aurez compris, le film dénonce la tyrannie patriarcale envers les femmes à cette époque et qui perdure de nos jours. Le récit alterne entre le destin d'Euridice et celui de Guida. Il y a quelques scènes un peu crues qui, pour une fois, ne m'ont pas gênée. Les deux interprètes principales, Carol Duarte (Euridice) et Julia Stockler (Guida), sont formidables. Le film dure 2H19. Je n'ai pas vu le temps passer. Je vous le conseille absolument. Pour l'anecdote, pour la séance de 21h20 en VO à laquelle j'ai assisté, nous étions trois dans la salle, moi comprise. Lire les billets de Pascale et de Chris.

Je passe au film américain Brooklyn Affairs d'Edward Norton qui interprète Lionel, le personnage principal atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Il a des tics de langage incontrôlés qui peuvent lui faire dire des gros mots. Lionel travaille dans un cabinet de détectives dont le responsable Franck Minna (Bruce Willis) vient d'être abattu. Franck était le seul ami de Lionel, qui décide d'enquêter sur ce meurtre dont il ne comprend pas la cause. Nous sommes à Brooklyn dans les années 50. Les magouilles immobilières permettent à des hommes sans scrupules d'exproprier des gens (les personnes de couleur et les blancs pauvres) de maisons (qu'ils déclarent insalubres). Ils les rachètent pour une bouchée de pain pour mieux les revendre plus cher après les avoir transformées en appartements. J'ai beaucoup aimé l'ambiance, la reconstitution des années 50: vêtements, voitures. Et si vous aimez le jazz, on entend des morceaux magnifiquement interprétés dans un club de jazz enfumé. Un film que je vous recommande. L'année 2019 s'achève en beauté du point de vue cinématographique. Lire les billets de Pascale et Ffred.

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mardi 12 juillet 2016

Films vus et non commentés depuis juin 2016

Voici quatre films qui m'ont moyennement emballée.

Un traître idéal de Susanna White est tiré d'un roman de John Le Carré. Le film commence sur les chapeaux de roues par l'exécution dans la steppe enneigée d'une famille sur ordre donné par un parrain de la Mafia russe. Puis l'histoire se déplace au Maroc dans un palace. Un couple d'Anglais fait la connaissance d'un Russe qui cherche à s'enfuir en Angleterre. Il détient une liste compromettante et des numéros de comptes bancaires qui pourraient mettre en difficulté des personnalités du monde politique britannique. Je m'attendais à un film au rythme haletant et plein de rebondissements. Mais malheureusement, il ne se passe pas grand-chose et les "méchants" sont un peu absents. De John Le Carré, j'avais préféré l'adaptation de La Taupe ou Un homme très recherché.

Je passe au film Le Professeur de violon de Sérgio Machado qui narre l'histoire de Laerte, un ancien enfant prodige violoniste devenu par manque d'argent le professeur d'une dizaine de jeunes adolescents (filles et garçons) vivant dans la favela Heliopolis (la plus grande de São Paulo). Comme on manque de repère temporel, on constate en accéléré les progrès des élèves qui au début, jouent très mal de leurs instruments à corde (ils ne savent même pas lire une partition) et qui à la fin sont capables de jouer du J.-S. Bach. Le film a des airs de documentaire lorsque des milliers d'habitants de la favela affrontent les forces de l'ordre après qu'un des jeunes musicien (le plus doué) a été tué. Le thème du film m'a plu mais la réalisation est un peu brouillonne.

Je continue avec L'outsider de Christophe Barratier. L'Outsider, c'est Jérôme Kerviel. Le scénario du film est d'ailleurs inspiré du livre L'engrenage que Kerviel a écrit. L'histoire se passe sur une période de 8 ans entre 2000 (recrutement de Kerviel à la SG) jusqu'au début de 2008 où la SG se rend compte d'une perte de presque 5 milliards dans ses comptes. Le film se déroule pour la plus grande partie dans la salle des marchés de la banque où officient des opérateurs de marchés. Le jargon parlé par les personnages n'est pas facile à comprendre pour des néophytes comme moi. C'est ce qui m'a le plus gênée. Après avoir vu le film, j'avoue n'avoir pas forcément appris quelque chose si ce n'est que travailler dans un milieu aussi stressant, ce n'est pas pour moi.

Je termine avec Truman du réalisateur catalan Cesc Gay. Je suis allée voir le film pour au moins trois raisons: d'abord Ricardo Darin, un acteur argentin que j'apprécie beaucoup, ensuite parce ce qu'il y a un chien qui a un rôle important et enfin parce que le film précédent du réalisateur, Les hommes, de quoi parlent-il? m'avait plu. J'avoue que je m'attendais à une comédie. A l'arrivée, le film évoque un sujet grave: Julián (Ricardo Darin), un acteur, souffre d'un cancer au stade terminal et il compte bien en finir par lui-même avant de trop souffrir. Il cherche une famille d'accueil pour Truman, son chien. Pendant quatre jours, Julian reçoit la visite de Tomás (Javier Cámara), son meilleur ami venu du Canada. Il en profite pour partir voir à son fils à Amsterdam. Il prépare ses obsèques et il apprend qu'il est renvoyé de la pièce de théâtre qu'il est en train de jouer. Sans tomber dans le larmoyant, je m'attendais à être plus émue. Il manque un petit quelque chose. Lire le billet d'Alain.

dimanche 28 juin 2015

Une seconde mère - Anna Muylaert

Ce mercredi 24 juin 2015 est sorti un film brésilien que je vous recommande. Une seconde mère d'Anna Muylaert est pratiquement un huis-clos se déroulant de nos jours à Sao Paulo au Brésil, dans une grande maison cernée par des hauts murs dans laquelle Val, la cinquantaine, officie depuis 15 ans. Elle est logée, nourrie et en échange, elle s'occupe de la maison et de Fabinho, le fils de la famille qu'elle a pratiquement élevé. C'est une seconde maman pour ce garçon qui est presque adulte. L'attitude condescendante de Barbara et Carlos, les maîtres des lieux, envers Val, est criante assez vite. Val n'est qu'une domestique. Elle ne fait pas partie du même monde. Elle doit rester à sa place (surtout la cuisine) en toutes circonstances. L'arrivée de Jessica, la fille de Val (elle n'a pas eu de nouvelles d'elle depuis 10 ans), va créer une révolution dans la vie de Val. Jessica est une jeune femme émancipée douée pour le dessin. Elle vient à Sao Paulo pour tenter le concours d'entrée dans une école d'architecture. En attendant, elle s'installe dans la chambre de Val qui est située presque en sous-sol. Jessica n'est pas aussi timorée que sa mère. Elle se considère l'égale de Carlos et de Barbara, qui considère Jessica comme une rivale. Je vous laisse découvrir comment les choses vont évoluer pour Val. J'ai aimé le souffle d'optimisme qui se dégage de ce film interprété par une actrice formidable que je ne connaissais pas, Regina Casé. Lire le billet de Miriam.

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dimanche 22 juillet 2012

Films vus et non commentés depuis le 29/05/12

Voici trois films vus très récemment. Je vous conseille vraiment les deux derniers.

Autant j'étais sortie enchantée de Midnight in Paris, autant To Rome with love de Woody Allen a été une grosse déception dans l'ensemble, par la faute d'un scénario un peu faiblard. On assiste à une suite de saynètes pas très drôles sans liens véritables. Je ferais une exception avec les séquences où Roberto Benigni, un monsieur Tout-le-monde, se retrouve sous les feux des projecteurs de télévision et puis retombe dans l'oubli très vite (c'est vraiment très bien vu). Il faut noter que le film parle autant italien qu'anglais, et Woody filme relativement peu Rome.

Summertime (The Dynamiter) est un de mes coups de coeur estival. C'est le premier long-métrage d'un réalisateur à suivre, Matthew Gordon. Le film qui dure 1H15 suit au plus près des acteurs non-professionnels, dont William Ruffin, qui interprète Robbie Hendrick, le personnage central de l'histoire, un garçon de presque 15 ans. L'histoire se déroule de nos jours, pendant l'été au début des vacances scolaires, dans l'état du Mississipi (très pauvre). Dépressive, la mère de Robbie et de son petit frère Fess les a pratiquement abandonnés pour partir en Californie refaire peut-être sa vie. Livrés à eux-mêmes, ils  partagent une masure avec leur grand-mère mutique et un chien. Le film qui a été primé au dernier festival du film américain de Deauville ne tombe jamais dans le misérabilisme, bien au contraire. Il faut dire que Robbie est un garçon qui garde l'espoir que tout peut s'arranger. C'est lui qui tient sa famille à bout de bras. Il accepte un travail saisonnier fatigant dans une station-service. Il ne s'abandonne jamais au désespoir. Je vous laisse découvrir ce film qui en vaut vraiment la peine car on voit l'Amérique des gens de peu.

Quand je suis sortie de la projection d'Historias (des histoires qui n'existent que lorsque l'on s'en souvient) de Julia Murat, film franco-brésilo-argentin, (sorti cette semaine dans deux salles à Paris), je me suis sentie agressée par les bruits de la ville. En effet, pendant 1H30, Historias nous plonge dans une histoire hors du temps qui se passe quelque part dans un paysage brésilien verdoyant où les seuls bruits sont ceux des insectes, des oiseaux et de la cloche de l'église. La dizaine d'habitants d'un hameau oublié du monde, Jotuomba, vivent au rythme de la messe quotidienne et du repas partagé avec le prêtre. Madalena est celle qui pétrit la pâte la veille pour livrer des petits pains (faits avec des oeufs et de la farine) dans le magasin d'Antonio le lendemain matin. Il faut la voir installer les petits pains dans une niche du magasin réservée à cet effet. Pendant ce temps-là, Antonio prépare le café (pas bon paraît-il) qu'ils boivent avant d'assister à la messe. Madalena, la soixantaine, veuve, écrit tous les soirs à la lumière d'une lampe à pétrole des lettres à son mari disparu. L'arrivée inattendue de Rita, une jeune femme photographe, ne va pas trop déranger ce rythme de vie immuable où quelques interrogations affleurent comme le fait que personne ne peut plus entrer dans le cimetière et que depuis plus de trente ans, le nom des personnes décédées ne sont plus inscrites sur un panneau de l'église. C'est un film magnifique sur le temps qui passe, la vieillesse, l'oubli et le souvenir. Je me suis sentie dans un état de "zenitude" quand le film s'est terminé. Cela m'arrive rarement.

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