samedi 31 décembre 2022

Vivre - Oliver Hermanus

Quelle histoire émouvante que celle de Vivre, qui est une adaption du film Ikiru du cinéaste japonais Akira Kurosawa (1952). L'adaptation a été faite par l'écrivain Kazuo Ishiguro (Les Vestiges du jour). Mr Williams (Bill Nighy, exceptionnel) est un chef de service de la mairie de Londres. Nous sommes en juillet 1953. Comme ses collègues et subalternes, il arrive en train tous les jours à la gare de Waterloo. Ils portent tous des chapeaux melon et sont en costume cravate. Le bureau de Mr Williams est en bout de table. Il est entouré de six collègues dont une nouvelle recrue, Mr Wakeling. Ils s'appellent tous par leur nom de famille. Devant chacun d'eux, les dossiers en attente s'accumulent et Mr Williams qui est un homme raide comme un piquet en met beaucoup de côté avant de mieux les oublier. Mais la vie de Mr Williams va être chamboulée quand il apprend qu'il n'a plus que 6 mois à vivre. Il a un cancer. Cet homme qui est veuf apprend à rire un peu, à s'humaniser devant une employée qui lui demande une lettre de recommandation et il va tout mettre en oeuvre pour qu'une aire de jeu dans un quartier de Londres soit créée. En revanche, Mr Williams n'arrive pas à avouer l'état de sa santé à son fils et à sa belle-fille. Cette dernière n'est pas très sympathique. Rien que pour Bill Nighy qui est vraiment extraordinaire dans son rôle, il faut voir le film qui émeut beaucoup.

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Je profite de ce dernier billet de l'année pour vous souhaiter une très bonne fête de fin d'année.

A l'année prochaine!

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jeudi 8 décembre 2022

Le torrent - Anne Le Ny / Mes rendez-vous avec Leo - Sophie Hyde

Je suis allée voir ces deux films après avoir vu les bandes-annonces. 

Le torrent d'Anne Le Ny se passe dans le département des Vosges en hiver. Dans une maison d'architecte, vivent Alexandre (José Garcia, à contre-emploi), Juliette et leur fils Darius. Lison, la fille d'Alexandre, s'invite chez eux. Lison est profondément attachée à son père. Le soir de son arrivée, elle va découvrir sur une clé USB quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû voir. A partir de là, le drame éclate. Une dispute éclate entre Alexandre et sa femme qui tombe dans un ravin. Plus tard, son corps est emporté par une rivière en crue. Alexandre, complètement désemparé, se sert de sa fille pour se fabriquer un alibi. Ils doivent se serrer les coudes. Mais un grain de sable s'incruste en la personne de Patrick (André Dussollier), le père de Juliette. J'ai noté qu'un petit garçon arrive à se consoler de la mort de sa mère assez vite en adoptant un chien. C'est un film qui se laisse voir mais qu'on oublie relativement vite. 

Mes rendez-vous avec Leo est un film britannique qui se passe presque entièrement dans une chambre d'hôtel "standard supérieur", vraisemblablement à Londres. J'ai voulu voir le film car je suis une inconditionnelle d'Emma Thompson. Dans le film, elle joue sans fard Nancy Stokes, une veuve à la retraite qui a été professeure de religion. Elle vient de louer les services de Leo Grande, un escort boy avec lequel elle espère apprendre des choses sur le sexe, vu comme quelque chose d'épanouissant et non pas de routinier comme ce qu'elle a connu pendant 31 ans avec son mari. Nancy parle beaucoup, elle n'est pas à l'aise. Elle se demande comment elle a pu décider de faire quelque chose de pareil. Pourtant, face à elle, Leo qui est un charmant jeune homme fait tout pour la mettre à l'aise. Il y aura quatre rendez-vous qui permettront de faire évoluer les deux personnages. Vu le sujet, on pouvait s'attendre à du graveleux, et bien pas du tout. Il y a beaucoup de pudeur et les deux acteurs sont vraiment bien. Emma Thompson a été courageuse de se montrer dénudée avec ses défauts. Un film sympathique.

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mercredi 28 septembre 2022

Coup de théâtre - Tom George / Don't Worry Darling - Olivia Wilde

En ce moment, je trouve peu de films qui me donnent envie de me déplacer dans une salle obscure. En voici deux, le premier, Coup de théâtre, m'a bien divertie. En revanche, je me suis posé beaucoup de questions au sujet du second.

Coup de théâtre de Tom George est délicieusement "british" avec un crime et quelques suspects. Cela se passe à Londres dans les années 50. L'énigme policière se passe dans le milieu du spectacle. Un producteur qui est aussi le narrateur au début du film est assassiné dans les coulisses du théâtre où se joue La souricière d'Agatha Christie. Sur scène, Richard Attenborough interprète un des rôles de la pièce avec son épouse. Une jeune policière zélée appelée Stalker fait souvent des conclusions hâtives sur qui a tué. Heureusement que son supérieur, l'inspecteur Stoppard, la freine dans ses élans. La délicieuse Saoirse Ronan qui joue Stalker vaut à elle seule le déplacement. Avec Sam Rockwell qui joue l'inspecteur, ils forment un duo irrésistible. Il faut noter que l'on a l'occasion de voir le personnage d'Agatha Christie compètement échevelée. C'est un film très amusant.

Je passe à Don't Worry Darling d'Olivia Wilde dans lequel jouent des acteurs et chanteurs qui me sont inconnus ou presque. Déjà, là, j'étais un peu larguée car les spectateurs avaient l'air de savoir ce qu'ils allaient voir et qui ils allaient voir. Il y avait beaucoup de monde dans la salle. L'histoire se passe a priori dans les années 50 à Victory, une ville localisée au milieu de nulle part dans un désert. Des couples jeunes et beaux avec ou sans enfants ont une vie qui semble idyllique. Toutes les maisons d'habitation spacieuses se ressemblent. Les jeunes femmes font le ménage et la cuisine tandis que les maris se dirigent dans un genre de bunker où ils exercent un travail top secret. Mais très vite, on se rend compte que des choses étranges se passent. L'histoire se concentre sur quelques couples dont celui formé par Alice et Jack Chambers. Alice en particulier commence à avoir des hallucinations. Et elle commence à voir des choses qu'elle ne devrait pas voir. Le cauchemar éveillé commence et puis j'ai suivi le fil de l'histoire en me demandant où la réalisatrice (qui joue aussi un personnage de l'intrigue) voulait en venir. Il y a plein de zones d'ombre, plein de questions restent sans réponses. Je n'ai ni aimé, ni détesté le film, je suis restée perplexe. Une spectatrice derrière moi a immédiatement dit à son conjoint "je n'ai pas aimé du tout". Lire le billet d'Henri Golant

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samedi 28 mai 2022

The Duke - Roger Michell

The Duke de Roger Michell est le genre de comédie anglaise comme je les aime avec un arrière-fond social. L'histoire se passe en 1961. A Newcastle, Kempton Bunton (Jim Broadbent, épatant), la soixantaine, est marié avec Dorothy (Helen Mirren) qui est femme de ménage chez des notables de la ville. Kempton est un chauffeur de taxi très bavard qui se fait renvoyer. Depuis treize ans, Kempton ne se remet pas du décès accidentel de leur unique fille morte à 18 ans d'un accident de vélo. Pour se changer les idées, il écrit des pièces de théâtre qu'il envoie à des éditeurs, espérant se faire publier. Kempton est un homme lettré et il a des convictions, qui lui ont causé parfois des ennuis. Sa nouvelle lubie est que les gens de peu (comme lui) soient exemptés de payer la redevance télévision à la BBC. Dans le même temps, il apprend que la National Gallery de Londres vient d'acquérir le portrait du Duc de Wellington peint par Francisco de Goya pour 140 000 livres, un montant qui pourrait payer des milliers de redevances. Ni une, ni deux, lors d'un séjour à Londres, on assiste au vol du tableau, et Kempton demande une rançon de 140 000 livres pour le rendre. Tel Robin des bois, il prend aux riches pour essayer de redonner aux pauvres. Le film est vraiment sympathique, un peu lent par moment, mais rien que les séquences qui se passent au tribunal de Old Bailey valent la peine d'aller le voir. Et il m'a donné envie de revisionner James Bond contre Dr No. Si vous allez voir The Duke, vous comprendrez pourquoi. Sinon, c'est le dernier film tourné par Roger Michell disparu en 2021. Lire les billets de Pascale et Henri Golant.

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dimanche 8 mai 2022

Downtown Abbey, une nouvelle ère - Simon Curtis

Je n'ai toujours pas vu la série Downtown Abbey (je sais, c'est une lacune). J'avais tout de même vu le premier long-métrage sorti il y a plus de deux ans qui ne m'avait pas enthousiasmée du tout. En revanche, Downtown Abbey, une nouvelle ère est plutôt réussi à mon avis, peut-être parce que Maggie Smith est plus présente. Nous sommes en 1928 et on suit deux histoires en même temps. La demeure de Downtown Abbey prend l'eau par le toit qui doit être refait. Pour ce faire, la famille Grantham accepte, moyennement une grosse somme, qu'une équipe de tournage vienne tourner un film muet dans la demeure qui est transformée en plateau de cinéma. Par ailleurs, Lady Violet Crawley (Maggie Smith, géniale comme d''habitude), la comtesse douairière, apprend qu'elle vient d'hériter d'une belle villa sur la "riviera" française avec vue sur la Méditerranée. Violet n'en revient pas qu'un monsieur qu'elle a connu presque 60 ans auparavant ait pu penser à elle. Comme elle ne peut s'y rendre en personne, c'est son fils Robert Crawley et d'autres membres de la famille qui prennent le ferry puis le "Train bleu" pour descendre sur la Côte d'Azur et prendre possession de la villa. Toute la partie qui se passe à Downtown Abbey se suit avec beaucoup de plaisir, décrivant un tournage cinématographique cahotique car l'actrice principale est insupportable tout comme sa voix. Les domestiques sont contents de ce tournage. Il les distrait de leur routine. On suit avec intérêt le passage lors duquel un film passe du muet au parlant. Les acteurs sont tous épatants, avec mention spéciale à Michelle Dockery qui interprète la fille aînée de Lord Grantham. Sa voix posée convient bien pour faire du doublage dans un film et elle a beaucoup de classe pour maintenir l'ordre dans la maisonnée en l'absence de son père. Un film que je vous conseille, tout comme Henri Golant.

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lundi 2 mai 2022

La ruse - John Madden / L'homme qui n'existait pas - Ewen Montagu

Mercredi 26 avril 2022 est sorti en salle La ruse (Operation Mincemeat / Opération Chair à pâté ou Viande hâchée) de John Madden. Le film retrace la rocambolesque mystification qui permit aux Alliés de débarquer en Sicile en juillet 1943. Ewen Montagu, qui était membre des services secrets britanniques, a fait partie du groupe qui a imaginé une ruse pour tromper les Allemands. Un cadavre (il s'agissait d'un SDF d'origine galloise qui s'était empoisonné avec de la mort-aux-rats) revêtu d'un uniforme militaire avec des papiers, lettres et photos fut largué au large des côtes espagnoles par un sous-marin. Il avait en particulier à la main une sacoche contenant une lettre scellée avec un cachet en cire qui faisait allusion au fait qu'un débarquement allié aurait lieu en Grèce. Les Allemands en ont pris connaissance et s'y sont fait prendre. Par rapport au récit écrit par Ewen Montagu il y a près de 70 ans, il y a des ajouts, dont un début de romance entre Ewen (qui était marié) et une jeune femme appartenant au groupe. On note aussi la présence de Ian Fleming qui a priori n'a pas participé directement à l'opération. Le film est un peu lent et il n'y a pas beaucoup d'action. C'est un peu plat par rapport au sujet traité mais il se laisse voir. Concernant ce SDF que l'on avait appelé William Martin, il repose depuis presque 80 ans dans un cimetière en Espagne à Huelva. Pour information, le film est adapté d'un récit écrit par Ben McIntyre (né en 1963) qui s'est certainement inspiré de la relation des faits par Montagu. Et j'ajouterai qu'en 1956, un film de Ronald Neame a été tourné sur le même sujet, en s'inspirant, lui, du récit de Montagu.

Sinon, j'ai commencé le récit écrit par Ewen Montagu en 1953. C'est très factuel et cela se lit bien. Ce livre m'a été prêté par mon ami ta d loi du cine que je remercie.

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mardi 19 avril 2022

Les animaux fantastiques: Les secrets de Dumbledore - David Yates

Comme Henri Golant, je trouve que ce troisième opus des Animaux fantastiques est le plus réussi des trois. Les animaux fantastiques: Les secrets de Dumbledore est un des "prequels" d'Harry Potter. L'histoire écrite par J. K. Rowling et Steve Kloves se passe dans les années 30. Tout débute dans un salon de thé. Grindelwald et Dumbledore qui furent amants sont devenus ennemis mortels. Gellert Grindelwald souhaite devenir le chef de tous les sorciers. Dans la séquence suivante, Norbert Dragonneau, un ancien élève d'Albus Dumblodore, assiste à la naissance d'un petit Qilin (un des animaux fantastiques) qui possède un don de voyance. Sa maman est abattue par des disciples de Grindelwald et le Qilin est enlevé par les mêmes "méchants". Mais ils n'ont pas remarqué que la femelle a eu des jumeaux, et l'autre petit va être sauvé par Norbert. Face à face, le combat semble inégal entre les adversaires. D'un côté, Grindelwald galvanisant les centaines de magiciens présents dans l'Allemagne des années 30 avec des hommes vêtus de noir. De l'autre, Dumbledore, Norbert et quelques autres, dont un non-magicien (moldu), qui font tout pour protéger le petit Qilin et pour que Grindelwald ne soit pas élu comme dirigeant des magiciens. Mads Mikkelsen est très bien dans le rôle de Grindelwald. Les effets spéciaux sont très réussis. Pour une fois, il y a de l'humour, comme dans la séquence qui se passe dans une prison sinistre où Norbert cherche à libérer son frère Thésée. Le scénario est assez limpide et il n'est pas nécessaire d'avoir vu les deux premiers films pour apprécier et comprendre celui-ci. Un film divertissant que je vous conseille.

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jeudi 17 mars 2022

Films vus et non commentés depuis le 4 mars 2022 - 1ère partie

Je suis allée voir plusieurs films depuis début mars mais je n'ai pas encore eu le temps de les chroniquer. Voici donc un premier billet sur trois films.

Je commence par Belfast de Kenneth Branagh, réalisateur et acteur né à Belfast en 1960, qui rend plus ou moins hommage à ses parents et à ses grands-parents. Pendant l'été 69, dans un des quartiers de Belfast où vivent des catholiques et des protestants, des actes de violence ont lieu. Buddy, un petit garçon de huit ans, assiste à cette violence. Heureusement que Buddy vit dans une famille unie. Pourtant le père est souvent absent pour son travail. Cette absence est compensée par l'affection que Buddy porte à sa mère et surtout à ses grand-parents. Ils vivent tous dans la même maison. Le film a été tourné dans un beau noir et blanc. Judy Dench et Ciaran Hinds qui interprètent les grands-parents sont vraiment bien. Ce n'est pas un film sur le conflit entre protestants et catholiques dans les années 60 mais plutôt l'évocation de l'enfance du réalisateur. J'ai trouvé le film très touchant.

Je continue avec Blacklight de Mark Williams où Liam Neeson (vous ai-je déjà dit que je vais voir les films avec Liam Neeson?) interprète Travis Block, un homme seul contre tous. Là, il agit en secret pour le compte du FBI. Il est chargé de sortir des agents infiltrés de situations dangereuses. Dusty Crane, le dernier agent dont Travis doit s'occuper, semble avoir "pété un câble". En effet Dusty est poursuivi par d'autres agents qui sont aux ordres d'un agent du FBI haut placé et corrompu. Il y a.quelques courses-poursuites en voiture ou à pied. Travis a aussi une vie privée puisqu'il est père d'une fille et grand-père d'une petite-fille dont il voudrait s'occuper plus souvent. A la fin du film, on devine que son souhait va être exaucer. Le film américano-chinois et tourné en Australie se laisse voir.

Je termine avec Les poings desserrés de Kira Kovalenko. Ce premier film de la réalisatrice a reçu le prix Un certain Regard au dernier Festival international du film de Cannes. L'histoire se passe de nos jours en Ossetie du nord, à proximité du Caucase. Ada est une jeune fille qui rêve de s'évader de son milieu familial étouffant entre son père, un de ses deux frères et un jeune qui en pince pour elle. Ada veut récupérer son passeport  que son père a camouflé. On va apprendre petit à petit ce qui est arrivé à Ada et pourquoi elle est surprotégée par sa famille, mais malgré tout Ada veut partir loin de tout ça, quitter ce paysage que j'ai trouvé sinistre et angoissant. On peut la comprendre. La caméra suit au plus près les acteurs. On a l'impression d'étouffer comme Ada. C'est un film dur mais avec des moments de douceur. A vous de voir.

Suite dans un billet du 24 mars 2022.

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mardi 15 février 2022

Trois versions de Mort sur le Nil - Kenneth Branagh / John Guillermin / Andy Wilson (avec David Suchet)

Vous me direz, Dasola est un peu bizarre d'avoir vu ou revu, en moins d'une semaine, les trois adaptations de Mort sur le Nil d'après le roman d'Agatha Christie paru en 1937, deux pour le cinéma et une pour la télévision. Eh bien, cela m'a permis de faire quelques comparaisons.

Je trouve la version de 1978, celle de John Guillermin, la plus réussie car elle réunit une distribution comme on n'en fait plus beaucoup: Peter Ustinov, David Niven, Bette Davis, Maggie Smith, Lois Chiles, Mia Farrow, Jane Birkin, Olivia Hussey, George Kennedy et Angela Lansbury. J'ai vu le film à l'époque de sa sortie sur grand écran. Je sais que j'avais aimé ce film qui permet de voir Karnak et Abou Simbel. Et puis l'intrigue policière tient en haleine dans un décor magnifique. Il s'agit d'un drame de l'amour dans lequel Linnet Ridgway, une riche héritière, "pique" Simon Doyle, le fiancé de sa meilleure amie sans le sou, Jacqueline de Bellefort. Agatha en connaissait un rayon sur la psychologie humaine. Sur un beau bateau à aube qui navigue sur le Nil, il y a trois meurtres, quelques suspects (qui n'aimaient pas la première et principale victime pour différentes raisons) et Hercule Poirot, un détective belge et non français, qui fait travailler ses petites cellules grises.

La version la plus récente est sortie la semaine dernière et elle a été réalisée par Kenneth Branagh. Elle n'est pas si mal selon moi (une adolescente est sortie de la projection en disant que "c'était trop bien"). Les ressorts dramatiques y sont. Certains personnages sont très différents de la première version. Le réalisateur a choisi des acteurs de différentes origines. Parmi les trois victimes, il y a un homme. Et en préambule, on remonte à la guerre de 14-18 dans les tranchées où Hercule Poirot sauve sa section à l'exception de son capitaine. Et on apprend qu'Hercule a été amoureux. C'est clinquant, le bateau est très beau. On admire aussi dans ce film Abou Simbel (dont je garde un souvenir ému). En revanche, j'ai trouvé les acteurs sans vrai personnalité. Je ne connais qu'Annette Bening et Emma Mackey. Armie Hammer qui interprète Simon Doyle est absolument insipide et sans saveur. On se demande pourquoi deux femmes se battent pour lui. Il faut noter que ces deux films durent plus de deux heures chacun.

Alors que la version télévisée de 2004 avec David Suchet dans le rôle de Poirot ne dure qu'une heure trente-sept minutes. L'histoire est bien entendu resserrée, on ne voit pas de cobra qui menace Hercule Poirot. On n'admire pas Abou Simbel, mais on voit le temple de Dendérah. Il faut voir cette adaptation en VO, et non en VF qui n'est pas terrible.

Si vous ne devez en voir qu'un, je conseille la version de 1978 où il y a aussi de l'humour. Et il ne me reste plus qu'à relire le roman. 

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samedi 13 novembre 2021

Films vus et non commentés depuis le 6 octobre 2021

J'ai vu plusieurs films que je n'ai pas commentés pour différentes raisons.

Par exemple, le dernier James Bond, Mourir peut attendre de Cary Joji Fukunaga, m'a déçue comme le précédent, Spectre. Le prologue est interminable et l'histoire m'a paru obscure. Je n'ai pas compris le rôle du méchant. Daniel Craig a pris un coup de vieux. Lui-même n'a pas l'air convaincu par ce qu'il fait. Il fait "la gueule". Les deux points positifs de ce film, c'est la séquence qui se passe à Matera et l'actrice Ana de Armas qui a un sacré tempérament et que l'on voit vraiment trop peu. Elle seule donne un peu de vie dans ce film. Pour moi, le dernier Bond vraiment bien, c'était Skyfall.

Je passe à Eiffel de Martin Bourboulon qui se focalise surtout sur la relation amoureuse entre Gustave Eiffel et Adrienne Bourgès, un amour de jeunesse qu'Eiffel retrouve au moment où la Tour Eiffel est construite entre 1887 et 1889. Eiffel fut un jeune ingénieur plein de fougue qui rencontre dans les années 1860, dans la région de Bordeaux, la jeune Adrienne, fille de notable. Eiffel était en train de superviser la contruction d'un pont passerelle qui enjambe la Garonne. Tous ceux qui s'attendait à voir plus de la construction de la Tour Eiffel seront déçus même si l'élaboration de la tour, le côté financier et les débuts de la construction de l'édifice sont évoqués. Eiffel est interprété par Romain Duris qui n'est pas mal au côté d'Emma Mackey. Nous dirons que le film est plus une comédie sentimentale qu'un film sur la Tour Eiffel.

Julie (en douze chapitres) du norvégien Joachim Trier a permis à Renate Reinsve d'être récompensée du prix d'interprétation féminine au dernier Festival international du film de Cannes 2021. Le film est découpé en 1 prologue, 12 chapitres et 1 épilogue. Julie est une jolie jeune femme trentenaire qui ne sait pas trop ce qu'elle veut faire dans la vie. Après avoir voulu s'occuper des corps comme médecin, elle préfère s'occuper de l'esprit des gens, mais elle gagne sa vie en étant employée de librairie. Sa vie sentimentale manque aussi de simplicité. Elle ne veut pas d'enfant (pas tout de suite) alors qu'Aksel, l'homme avec qui elle vit et qui est âgé de 40 ans, est prêt à fonder une famille. Aksel qui est un auteur de BD pour adultes va laisser partir Julie. En effet, cette dernière n'aime pas assez Aksel pour fonder une famille. J'ai trouvé l'ensemble très triste. Un film à ne pas voir si vous êtes un peu déprimé. Renate Reinsve est bien mais j'ai trouvé Anders Danielsen Lie dans le rôle d'Aksel très émouvant.

Je termine avec La fracture de Catherine Corsini qui se passe dans un service d'urgence d'un hôpital en grève (!) pendant une soirée et une nuit de manifestation de gilets jaunes. Raphaëlle (Raf) et Julie (Marina Fois, très bien) sont au bord de la rupture amoureuse. Raf (Valéria Bruni-Tedeschhi, hilarante) se casse le coude en glissant sur la chaussée. Elle est admise aux urgences ainsi que Yann (Pio Marmaï), chauffeur routier de son état, grièvement blessé à la jambe pendant la manifestation. D'autres patients ont des pathologies plus ou moins graves et le service est débordé par manque de personnel. Il y a des moments comiques, d'autres tragiques. Les infirmières font ce qu'elles peuvent dont Kim (Aissatou Diallo Sagna) qui montre beaucoup de compassion envers les patients. Je pense que ce film illustre pour partie l'état lamentable des services d'urgence des hôpitaux en France. Un film à voir.