23 novembre 2009
In the loop - Armando Iannucci
Ce film britannique, In the loop (traduction littérale: dans la boucle, dans le cercle) d’un réalisateur italo-écossais, Armando Iannucci, a été tourné comme un reportage. Il faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil des dialogues. Cela va à toute allure (en France, je pense que le film n’a pas été doublé en VF). Bien que cela soit plus difficile à suivre, ce choix de la VOSTF est préférable pour écouter les accents et les jeux de mots intraduisibles. Les sous-titres font ce qu’ils peuvent. Les comédiens s’en donnent à cœur joie dans cette satire sur-vitaminée sur le monde diplomatique. A Downing Street, Malcolm Tucker, l’effroyable (c’est un euphémisme) chef de la com du Premier Ministre est capable de faire et défaire un ministre. En l’occurrence, il s’agit de l’ambitieux (mais petit par la taille) Simon Foster, le secrétaire d'état du développement mondial (sic), qui vient de fait une bourde verbale. En effet, pendant que les Américains et les Anglais sont en pleine tractations avant une possible invasion guerrière au Moyen-Orient, Simon Foster déclare devant des journalistes que la guerre serait "imprévisible". Il aurait employé d'autres vocables comme "prévisible", "évitable" ou "inévitable", cela aurait été la même chose. Cette gaffe met en émoi les deux camps car aucune décision n’était encore prise. L’histoire se passe alternativement à Londres et à Washington DC en passant par New York (aux Nations-Unies). Les dialogues vachards et aussi un peu sexistes fusent. Si les femmes en prennent pour leur grade, les généraux quatre ou cinq étoiles aussi. Je ne peux pas tout raconter si ce n'est que le malheureux secrétaire d'état sera viré (il n'aura même pas le temps de démissionner) non pour sa gaffe mais pour un mur mitoyen qui s'écroule. C'est du grand art. Voilà le genre de cinéma que les Français ne savent pas ou n'osent pas faire et c'est bien dommage. Je le conseille vivement. Voir le billet d'Alex.
17 novembre 2009
The Red Riding Trilogy (1974, 1980, 1983)
Ces trois films, sortis cette semaine, sont adaptés de trois romans
faisant partie de la quadrilogie de David Peace, écrivain anglais du
Yorkshire né en 1967: 1974, 1977, 1980 et 1983, parus en poche aux éditions Rivages Noir. Le roman 1977 n'a pas été adapté (peut-être pour des raisons budgétaires). Chaque film dure entre 1h30 et 1h40 et il est recommandé de les voir dans l'ordre. Des personnages récurrents se retrouvent dans les trois films (parfois lors de flash-back) ainsi que les intrigues proprement dites qui sont plus ou moins imbriquées entre elles. On est plongé dans la corruption, les meurtres en série, la désespérance d'une ville sinistre, la pédophilie. C'est noir et violent mais qu'est-ce que c'est bien! Pour les amateurs de films noirs comme moi, on en redemande. Le titre de la trilogie, pour les anglicistes et pour les autres, fait référence au Petit Chaperon Rouge (Red Riding Hood). En effet, il est fait référence à un loup qui mange les enfants (de manière métaphorique) et à une petite fille avec une cape et des bottes rouges.
Dans le premier film de la trilogie, 1974, réalisé par Julian Jarold, l'histoire se passe dans le West Yorkshire, en Angleterre. Un jeune journaliste, Eddy Dunford, enquête sur trois petites filles disparues entre 1972 et 1974. Le corps de l'une est retrouvée. La jeune victime a subi les derniers outrages et des ailes de cygnes ont été cousues dans son dos. En parallèle, nous faisons connaissance avec les flics locaux, tous corruptibles, pourris, assassins, tortionnaires, qui touchent des pots-de-vins d'un homme d'affaires de la région, Peter Dawson. Ce dernier veut construire un centre commercial au mépris des lois (quitte à brûler un campement de gitans pour récupérer un terrain). Peter Dawson a une belle maison en forme de cygne. Un pasteur qui officie dans le secteur console les âmes en peine. Evidemment, ces intrigues sont liées.
Dans le deuxième, 1980, réalisé par James Marsh, c'est un flic venu de l'extérieur, Peter Hunter, qui mène l'enquête sur l'assassinat de prostituées par l'éventreur du Yorkshire. Peter Hunter est en butte à l'hostilité de ses collègues, dont la plupart sont les mêmes que dans la première partie. Ils ne veulent toujours pas qu'on se mêle de leurs affaires. Parmi les crimes, l'une des victimes ne semble pas avoir été tuée par le même tueur. D'ailleurs, on apprend qu'elle n'était pas une prostituée mais un témoin gênant pour une des affaires qui s'est passée en 1974. Peter Hunter comme Eddy Dunford ont une fin de vie pour le moins brutale.
Dans le troisième, 1983, réalisé par Anand Tucker, le triste héros du film est un avocat un peu largué, John Piggott, alcoolique, enfant du pays. Cet opus qui termine la trilogie reprend des éléments des deux précédents dont la disparition des trois petites filles. En effet, une 4ème disparaît alors que le coupable présumé arrêté à la fin de 1974 est en prison.
J'ai trouvé une belle unité entre ces trois films (réalisés en 2009 par trois réalisateurs différents que je ne connais pas).
Le troisième est peut-être celui qui m'a le moins convaincue, mais l'ensemble est homogène avec des acteurs anglais remarquables comme souvent (Peter Mullan, David Morrissay, Warren Clarke, Andrew Garfield, Paddy Considine, Mark Addy). Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir ces films sortis dans une seule salle à Paris. Ils se donnent en alternance et les spectateurs les voient à la suite (comme moi). On sort un peu groggy. Depuis, je me suis commandé les quatre romans que je lirai dès que possible. Sinon Rob Gordon dit beaucoup de bien de la trilogie ici, encore ici et là, ainsi que Vierasouto.
19 octobre 2009
Victime - Basil Dearden
Victime est un film rare, il n'a pas été beaucoup projeté depuis 1961, date de sa sortie. L'histoire, filmée dans un beau noir et blanc, se passe Angleterre (plus précisément à Londres) où l'homosexualité (considérée comme un crime) était punie de prison. Sa dépénalisation date de 1967 dans ce pays (en 1982 en France). Le film démarre sur les chapeaux de roue. On voit un jeune homme, Barrett, qui cherche à contacter un grand avocat, Melville Farr (Dirk Bogarde), qui fut son amant. Ce dernier croit que Barrett le harcèle pour une raison quelconque. En réalité, c'est Barrett lui-même qui est victime d'un chantage à cause d'une photo, et il veut prévenir Farr. Le jeune homme se suicide après avoir été arrêté (il avait volé son entreprise pour payer le maître-chanteur). Tout cela paraît compliqué (c’est le premier quart d’heure du film), mais l’histoire se met en place par la suite. Plusieurs hommes sont aux abois: homosexuels, ils ont reçu des lettres anonymes (les mêmes que celle de Barrett) leur demandant de payer de fortes sommes. Assez vite, on sait qui est l’un des «méchants», mais la personne responsable ne sera démasquée qu’à la toute fin (personnellement, je m’en doutais un peu). Entre-temps, il y aura eu une autre mort et une fausse piste. Dirk Bogarde joue donc le rôle de l'avocat qui s’implique dans l’enquête avec la police. Il met sa réputation et donc son avenir en jeu (risquant la radiation du barreau et la prison) puisque il n'avait pas révélé son homosexualité. Seule sa femme, Laura, avait accepté cette situation. Basil Dearden a réalisé un très bon film policier haletant avec en toile de fond un fait sociologique où des hommes étaient traités, il y a encore 40 ans, comme des criminels parce qu’ils préféraient les hommes aux femmes. Il paraît que ce film, à sa sortie, aurait fait bouger les choses et provoqué un débat. Victime n’est sorti (en octobre 2009) que dans une salle à Paris. Je ne sais pas ce qu’il en est des projections en province. Avec ce billet, je voudrais remercier les éditions de films Carlotta qui nous permettent de voir des films rares et de qualité (ce fut le cas cet été pour Signore et Signori et Divorce à l'Italienne de Pietro Germi).
07 octobre 2009
Fish Tank - Andrea Arnold
Fish Tank veut dire littéralement "bocal à poisson". En effet, on ressent assez vite une impression de tourner en rond dans cette banlieue du grand Est de Londres. Les personnages vivent comme dans un bocal dont on peut difficilement sortir. Dès que le film commence, on suit Mia, jeune adolescente de 15 ans, "vilain" petit canard (l'actrice est ravissante) dans la cité "dortoir" (sinistrée) se trouvant dans l'Essex. Parlant comme un charretier, elle marche vite en arpentant les rues où des HLM affreux alternent avec des terrains vagues. En échec scolaire, elle ne se gêne pas pour insulter des filles de son âge (elle les trouve nulles en "break dance", elle-même s'entraîne dans son coin); mais dans le même temps, elle essaie de libérer une jument de ses chaînes. Mia ne fait que de courtes apparitions chez elle où vivent sa petite soeur, Tyler, qui parle aussi crûment qu'elle, et leur mère, Joanne (elle non plus n'a pas un langage châtié), encore jeune et qui vient de trouver un petit ami, Connor. Mia ne reste pas insensible au charme de ce dernier qui l'encourage à travailler sa "break dance". Il lui apporte une certaine sérénité. Ce qui pouvait arriver se passe et Connor disparaît de leur vie. J'ai craint à un moment donné que Fish Tank ne sombre dans le mélo avec une petite fille qui tombe à l'eau, mais non. Mia a la rage au coeur car elle se sent trahie par Connor, mais elle réagit, sa vie va peut-être changer, elle va sortir de son bocal. Je recommande vraiment ce film qui est l'occasion de découvrir Katie Jarvis, une belle révélation présente à l'écran de la première à la dernière image. Connor (Michael Fassbender assez charismatique) est très ambigu. Il abuse d'une certaine situation, il a en définitive un comportement minable. En revanche, on s'attache à Joanne et Tyler vers la fin. Et il y a une très belle scène où la mère et les deux filles dansent ensemble. Alex en parle ainsi que Rob.
05 août 2009
Films deux par deux (8)
Comme c'est l'été et que je publie un billet tous les 2 ou 4 jours, j'ai décidé de refaire comme l'année passée et de chroniquer deux films dans un billet quand je le juge opportun. Je commence par deux oeuvres très différentes et qui m'ont plu.
D'abord, Whatever works que j'ai vu récemment. Grâce à ce film, j'ai retrouvé la verve (avec le débit rapide qui va avec) et l'humour de Woody Allen, même si, dans ce film bavard (à voir en VO), on ressent la misanthropie voire le désenchantement du réalisateur. Boris Yellnikov (le double de Woody mais un peu plus jeune), joué par un acteur pas connu en France, Larry David, vit dans un quartier bohême de New York. Cet homme qui a (presque) été lauréat du prix Nobel de physique n'arrête pas de se plaindre, en particulier de la nullité des jeunes élèves à qui il essaie d'apprendre les échecs. Un jour, il tombe sur une jeune fille un peu perdue, Melodie Ann Celestine (délicieuse Rachel Evan Wood), qu'il accepte de recueillir une nuit. Résultat, elle s'incruste et ils se marient. J'ai apprécié le fait que l'on ne tombe pas dans le libidineux: on ne les voit même pas s'embrasser. En revanche, le "ménage à trois" (en français dans le film) formé par la mère de Mélodie, Marietta (Patricia Clarkson), avec deux amis de Boris, est assez savoureux. Et la fin est particulièrement euphorisante avec un "coming out" bien sympathique. Cela m'a fait plaisir de voir Woody Allen revenu à New-York comme s'il ne l'avait jamais quitté. Même si les quelques années d'errance européenne ont donné de très bons films, comme, par exemple, Match Point ou Le Rêve de Cassandre.
Bronson du réalisateur danois de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn, est à voir pour la performance de Tom Hardy, l'acteur principal qui a un visage "élastique" comme on dit. Un vrai "clown" au sens noble du terme. Bronson est un film qui sort de l'ordinaire (même si je suis consciente qu'il ne peut pas plaire à tout le monde). Visuellement, j'ai presque senti un hommage à Kubrick et au personnage d'Alex dans Orange mécanique au vu de certains travellings. Dans Bronson, on suit la vie de Michael Peterson (qui est une personne réelle) ayant pris le pseudo de Charlie Bronson. A la fin des années 70, après avoir eu une jeunesse agitée (pendant laquelle il n'hésitait pas à frapper ses petits camarades dès qu'on l'embêtait), il se retrouve à 20 ans derrière les barreaux, condamné à 7 ans de prison pour vol. Et comme il continue d'exercer sa violence contre des gardiens ou d'autres détenus, il est, à ce jour, détenu depuis 34 ans dont 30 en isolement. Il s'est même retrouvé un temps dans une institution psychiatrique. Tout cela se passe en Angleterre où l'on voit des conditions de détention inhumaine pour les fortes têtes comme lui qui doit être considéré comme "irrécupérable". Il n'y a aucune explication psychologique, pas de message. Charlie Bronson n'est ni antipathique, ni sympathique. On se demande jusqu'où il veut ou va aller. Le film laisse une impression durable pour certaines scènes.
07 juillet 2009
Films vus et non commentés (suite de la série)
Faisant suite au billet du 23/06/09, en voici un autre sur trois films, dont deux m'ont plu mais sans plus; ils sont encore largement à l'affiche du fait de leur succès.
Je commence par Tokyo sonata
de Kiyoshi Kurosawa qui a été pour moi une grande déception. Je l'ai vu un jour après The Chaser, pendant la même opération des "séances de
rattrapage" (cf. mon billet du 19/06/09). J'avais lu de très bonnes critiques dont celle d'Ed. A Tokyo, un
père de famille se trouve licencié du jour au lendemain de la société
de services qui l'employait. Il fait comme si de rien n'était,
n'avouant rien à sa femme. D'ailleurs, il part le matin avec son
costume cravate et sa serviette. Il trouve un travail de "technicien de
surface" dans une galerie marchande. C'est là que sa femme le rencontre
par hasard. Pendant ce temps, leur fils aîné s'engage dans l'armée
américaine (oui, oui, les Américains ont décidé d'enrôler quelques dizaines de jeunes Japonais dans l'armée américaine) (on est juste au début de la guerre d'Irak) et le plus jeune
prend des cours de piano sans en parler à ses parents. Il paie ses
leçons avec l'argent de la cantine. Et en l'espace de 6 mois, il devient un virtuose capable de jouer "Clair de Lune" de Claude Debussy. Je n'y ai pas cru une seconde (en plus, on voit bien que ce n'est pas lui qui joue). Ce film bizarre m'a laissé perplexe avec ses ellipses et quelques scènes un peu irréalistes: la mère et le cambrioleur d'un part et le père que je croyais mort, renversé par une voiture, d'autre part. L'ensemble paraît être une illustration de l'état du monde en général et du Japon en particulier. Un grain de sable provoque le chaos mais la sérénité peut revenir. Je n'avais encore jamais vu de film de ce réalisateur, Kiyoshi Kurosawa (ne pas confondre avec Akira), qui est plus connu pour des films d'horreur comme Kairo et Cure. Personnellement, je ne suis pas pressée de connaître le reste de son oeuvre.
Tout, dans Good Morning England du réalisateur de Love Actually
(Richard Curtis), est un hommage aux années 60: la musique, les
costumes, les coiffures. J’aime bien le titre original au double sens:
"The boat that rocked" (allusion au rock n’ roll et au fait que le
bateau chavire à la fin du film.) L'essentiel de l'histoire se passe
sur un bateau genre cargo un peu épave, stationné au large de la Mer du
Nord, où une bande de DJ's passait sur les ondes radio du rock'n'roll
au grand dam de certains membres du gouvernement britannique. C'était
une musique de "sauvages" avec des textes qui n'étaient pas pour toutes
les oreilles. Personnellement, j'ai passé un bon moment à la projection mais sans plus. Je n'ai pas compris l'engouement "bloguesque" pour ce film qui manque un peu de scénario et beaucoup de réalisation. Et tant qu'à faire d'écouter la musique, on peut l'acheter ou la télécharger. En revanche, les acteurs sont tous excellents, mais on ne voit pas assez Bill Nighy (toujours très très drôle et "so British").
Tellement proches
(de Eric Toledano et Olivier Nakache), sur lequel Jérome de cinefeed et
cinefriends a rédigé un genre de journal de bord (il a été sur le tournage), est sorti depuis quelques semaines. J'ai beaucoup
aimé les personnages tous attachants mais un peu disjonctés. C'est le
genre de famille où, quand on en épouse un membre, on épouse la famille
entière avec tout ce que cela signifie. C'est plus une suite de
saynètes qu'autre chose. Nous avons le couple formé par Alain (Vincent Elbaz) qui a épousé Nathalie (Isabelle Carré), et sa famille, à elle, avec. Ils ont un garçonnet, Lucien, un hyperactif qui n'arrête pas de provoquer des catastrophes. Le beau-frère d'Alain, Jean-Pierre (François-Xavier Demaison), et sa femme Catherine (Audrey Dana), vivent à Créteil. Ils ont deux enfants dont Gaëlle qui chante faux. Pour Alain, le dîner de famille est chaque fois une corvée: il n'arrête pas de se perdre en voiture avant de trouver la bonne adresse. Il y a enfin Roxanne, la soeur de Nathalie et de Jean-Pierre. Roxane, dont l'horloge biologique tourne, rêve d'avoir un enfant et le papa qui va bien. Elle jette son dévolu sur un grand et beau noir, médecin interne des hôpitaux que l'on prend régulièrement pour un brancardier ou un infirmier. Personnellement, je n'aimerais pas vivre dans
ce genre de famille formidable, ils s'agitent trop. A part ça, tous les comédiens jouent juste.
01 juin 2009
Films vus et non commentés depuis le 23/04/09 (début)
Je constate une fois de plus mon retard impardonnable pour commenter les films que j'ai vu plus ou récemment (suite de ma série). J'ai déjà vu 66 films depuis le début de l'année.
En voici 4 que je ne conseille pas forcément. Vous pouvez attendre de les voir en location en DVD ou lors d'un passage à la télé.
Tulpan de Sergei Dvortsevoy est un film que j'ai vu il y a deux mois. Je considère que c'est plus un documentaire qu'une fiction. Ce film kazakh raconte les mésaventures d'un jeune homme qui voudrait se marier avec une jeune fille dont il ne connaît pas le visage. Cette dernière ne le trouve pas à son goût: il a les oreilles décollées. Et pourtant, former un couple et fonder une famille est nécessaire pour pouvoir continuer à vivre dans la steppe sous la yourte. Tout cela est un prétexte à voir une nature désertique et des brebis qui mettent bas avec difficulté. Le film m'a un peu ennuyée et il se termine en queue de poisson. J'avais nettement préféré L'histoire du chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2006).
The other man (dans le texte) de Richard Eyre, réalisateur précédemment d'Histoire d'un scandale (cf. mon billet du 03/03/07): là, je m'attendais à un bon thriller. C'est complètement raté. Adapté d'une nouvelle de Bernard Schlink, un homme, Peter (Liam Neeson, très monolithique et pas très expressif) suspecte sa femme de le tromper. Il fait tout pour retrouver "l'autre homme", Ralph (prononcez Raife), joué par Antonio Banderas que j'ai vu meilleur. Entretemps, on ne revoit jamais la femme (Laura Linney, très bien). Le découpage du scénario est à mon avis maladroit car, au moment du générique de fin, je me suis dit que je n'avais rien compris. On assiste à des flash-back. Même le début du film est un long flash-back. C'est l'occasion de voir Romola Garai (l'héroïne d'Angel de François Ozon (2007) [cf. mon billet du 25/03/07]). Le film se passe entre Milan et Cambridge. Rien d'autre à dire.
La 1ère étoile de Lucien Jean-Baptiste: il y a quelques années, je m'étais divertie avec un film que je recommande si vous ne l'avez pas (encore) vu, Rasta Rocket en VF et Cool Runnings en VO (1993), qui narrait l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine en route pour les JO de Montréal (histoire authentique). C'était absolument hilarant. Pour la 1ère étoile, je m'attendais un peu à la même chose. Malheureusement, c'est nettement moins drôle et un peu répétitif mais la comédie est sympathique. Jean-Gabriel (joué par le réalisateur), un père de famille antillais marié à une femme blanche, a promis à sa progéniture de les emmener aux sports d'hiver. Le problème est qu'il a perdu aux courses la somme mise de côté pour les vacances. Qu'à cela ne tienne, avec le "système D", le père, les enfants et la grand-mère passeront une semaine à la montagne et la fille de la famille arrivera à gagner sa 1ère étoile de ski. Le film est encore un grand succès, tant mieux pour lui mais je m'attendais à autre chose.
Confessions d'une accro du shopping de P.J. Hogan n'est pas aussi réussi que Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai pas lu les livres de Sophie Kinsella, mais j'ai l'impression que les intrigues sont mieux tournées. Moi, je suis allée le voir car j'avais envie de me changer les idées (mon hygiène mentale). Tout est hautement invraisemblable, mais le beau Hugh Dancy et quelques scènes sympathiques sauvent le film.
(à suivre...)
25 mai 2009
Un mariage de rêve - Stephen Elliot
Un mariage de rêve [titre français pas très approprié pour "Easy virtue" (petite vertu)] de Stephen Elliot, qui a aussi écrit l'adaptation, est un bon film très "british", assez pince-sans-rire autant dans le fond que dans le ton. A l'origine, il s'agit d’une pièce écrite en 1924 par Noël Coward (auteur presque oublié, et c'est bien dommage). Larita (Jessica Biel) (1), jeune femme émancipée (qui sort d’un drame personnel) et aventurière, vient de convoler en justes noces avec un jeune Anglais, John Wittaker, qui a eu le coup de foudre pour elle au premier regard. Après le voyage de noces, Larita est présentée à sa belle-famille (dont on apprendra au cours du film qu’elle est ruinée). Cette belle-famille se compose entre autres de Mrs Wittaker, la mère de John (Kristin Scott-Thomas, irrésistible en femme aigrie), qui prend aussitôt sa bru en grippe. La première faute de goût impardonnable pour Mrs Wittaker est que Larita est américaine! En revanche, Mr Wittaker (Colin Firth), un rien désabusé (la première guerre mondiale n’est pas terminée depuis si longtemps), ne reste pas insensible au charme de de la jeune femme qui compte bien profiter de la vie. Tout de suite, Larita se trouve mal à l’aise dans cette famille. L’ère victorienne est révolue mais Mrs Whittaker qui n’en a cure, brime ses deux filles (soeurs de John) et montre de l'autorité envers ses domestiques. Mais Mrs Wittaker a aussi la «main verte», preuve en est la serre (chauffée) attenante de la demeure (pas chauffée, elle). Je ne dévoilerai pas les péripéties de cette comédie enlevée excepté un «French Cancan» endiablé mais sans culotte, et le triste destin du chien "Poppy", qui a fait beaucoup rire la salle (moi compris), sans parler de la sonnette pour appeler les quelques domestiques qui ne sont pas encore partis. D'ailleurs, un en particulier vaut le détour. Il paraît un peu dérangé. Pour en revenir à Noël Coward, il est aussi l’auteur d’une pièce, Private Lives (une scène de ménage qui dure deux heures souvent jouée par de grands comédiens sur la scène londonienne ou américaine). Il est aussi l’auteur de Brève rencontre (1945) de David Lean (mais non crédité au générique) ou de Design for Living (qui a inspiré Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch en 1933). Stephen Elliot est le réalisateur et scénariste de Priscilla, Reine du désert (1994), film que je conseille.
(1) Et non Jennifer Biel comme je l'avais écrit par erreur (merci à Coming soonn).
17 mai 2009
Chéri - Stephen Frears
Chéri de Stephen Frears est le genre de film que l'on va voir pour les toilettes que portent les actrices, ou les habits de ces messieurs, et pour admirer les décors d'hôtels particuliers ou autres résidences. L'ensemble a un charme suranné que j'ai apprécié. Nous sommes introduits dans l'univers de dames qui ont consacré leur âme et surtout leur corps à devenir riches et indépendantes. Quand le film commence, Léa de Lonval rencontre chez son amie Mme Peloux (Kathy Bates) le fils de cette dernière, Chéri, jeune homme ténébreux qui est un coeur à prendre. Chéri et Léa vont vivre quelques semaines de folle passion. Michelle
Pfeiffer qui joue Léa est bien filmée. J'ai entendu dire sur des ondes radio (par des jalouses) que Michelle Pfeiffer (50 ans cette année) s'était faite "lifter". Et alors! Que cela soit vrai ou non, elle très belle et son talent est intact. Il y a d'ailleurs un petit clin d'oeil, pour ceux qui ont vu le film, de la part de Stephen Frears à son actrice. En effet, au tout début, une voix "off" présente la demeure de Léa, et on voit entre autre, sur une petite commode, un portrait de Michelle Pfeiffer, 20 ans plus tôt, dans Les Liaisons dangeureuses du même Stephen Frears. Sinon, j'ai aimé le procédé du récit en voix "off" pour faire avancer le récit.
Ca donne du rythme au film. Pour connaître l'histoire, lisez Colette.
09 mai 2009
Looking for Eric - Ken Loach
Grâce à Jérôme de Cinefeed/Cinefriends, nous avons eu la chance, mon ami et moi, d'assister à une première publique (composée de "blogueurs cinéphiles") de Looking For Eric (en compétition cette année à Cannes, et qui sortira le 27 mai). Le scénario écrit (suite à une idée d'Eric Cantona) par Paul Laverty (It's a free world [cf. mon billet du 15/12/2007] et Le vent se lève) raconte une histoire grave, au début, et qui débouche sur une fantaisie légère et émouvante qui remonte le moral. La présence d'Eric Cantona et la solidarité entre les êtres y sont pour beaucoup. Eric Bishop (Steve Evets), homme grisonnant, pas bien gros, postier (à Manchester) de son métier, a été abandonné par sa seconde épouse qui lui
a laissé deux grand beaux-fils plus doués à trafiquer qu'à travailler. La maison qu'il occupe, envahie par des télés dans toutes les pièces, semble aussi bien négligée. Lui-même se laisse aller à la déprime. Justement, sa fille, Sam, qui est jeune mère, tente de réconcilier ses deux parents, Eric et Lily, en leur faisant faire du baby-sitting de leur petite-fille en alternance (en effet, des années plus tôt, Eric avait quitté femme et enfant juste après le baptême de sa fille). De leur côté, tous les copains
postiers essaient de dérider Eric sans beaucoup de succès. C'est à ce moment-là qu'ils recourent à un jeu thérapeutique: quelle serait la personne célèbre que chacun aimerait rencontrer afin de lui parler. Pour Eric Bishop, il s'agirait d'Eric Cantona dont il est fan (un poster grandeur nature trône dans sa chambre). Pour ceux qui l'ignorent, "Canto" est devenue une légende à Manchester où il a fait une partie de sa carrière. Eric Bishop pense tellement fort à lui dans un moment de déprime que, oh miracle, Cantona
se matérialise devant lui. Il devient son confident et essaie de lui
donner des conseils avec un ton sentencieux absolument irrésistible. Je recommande bien évidemment le film en VO car c'est l'occasion d'entendre Cantona parler l'anglais (très bien) avec l'accent marseillais. Il faut l'écouter dire "I'm not a man, I'm Cantona" (je ne suis pas un homme, je suis Cantona). C'est vraiment très drôle. On sent que Cantona s'amuse et nous aussi. Je ne vous dévoilerai pas davantage de l'histoire. Mais je dirai quand même que l'"Opération Cantona" vers la fin du film restera, je pense, dans les annales. Les acteurs principaux ne sont pas connus mais ils sont tous très bien. Après L'Outremangeur et le remake du Deuxième souffle, c'est la 3ème fois que je vois Cantona dans un film. Il dégage beaucoup de charisme. En revanche, il a encore des progrès à faire à la trompette (ceux qui verront le film comprendront).
PS du 17/05/09: je viens de revoir les 2 bandes-annonces de Looking for Erik, je trouve vraiment que, pour une fois, le film est bien mieux que ces BA.
