jeudi 1 décembre 2016

La fille de Brest - Emmanuelle Bercot / Seul dans Berlin - Vincent Perez

Voici à nouveau deux films sur des lanceurs d'alertes chacun dans leur genre.

La Fille de Brest d'Emmanuelle Bercot, c'est la pneumologue Irène Frachon qui s'est battue presque toute seule pour faire supprimer à la vente un médicament qui a causé la mort de près de 2000 personnes. Le M*****tor était un coupe-faim et était prescrit pour soigner le diabète mais il a surtout provoqué des valvulopathies. Irène Frachon est interprétée par la formidable actrice danoise Sidse Babett Knuden. Certaines scènes peuvent impressionner des spectateurs, on assiste partiellement à une opération cardiaque et à une autopsie. Les scènes entre Irène Frachon et le labo fabriquant et des membres de l'AFSSAPS (L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) sont édifiantes. Une femme sûre de son fait mène un combat contre des gens qui l'écoutent à peine. J'ai trouvé que le film était un peu long avec quelques scènes pas forcément utiles (lire plus haut) mais il vaut la peine d'être vu. Lire les billets d'eeguab et Pascale.

Je passe maintenant à Seul dans Berlin de Vincent Perez. J'avoue avoir été agréablement surprise par ce film sobre et bien interprété. Il s'agit d'une adaptation du roman d'Hans Fallada paru en 1947. L'écrivain s'était inspiré de l'histoire vraie d'Otto et Elise Hampel (Otto et Anna Quengel dans le roman et le film). En 1940, le fils unique de ce couple meurt au combat en France. A Berlin, Otto (qui est contremaître dans une menuiserie fabriquant des cercueils) se met à écrire des cartes postales sur lesquelles il appelle les Berlinois à dire non au nazisme, à vouloir une presse libre... Il dénonce le régime hitlérien qui bafoue les droits des gens au profit de la force et de la violence. Il dépose les cartes (plus de 280 pendant 3 ans) sur les pas-de-porte, dans des escaliers, au pied des immeubles, dans des établissements publics. La police aux abois récupère un grand nombre de cartes que leur rapportent ceux qui les trouvent (seules 18 cartes postales manqueront à l'appel). Une poche percée provoquera l'arrestation de Quengel et de sa femme. Ils seront guillotinés (?) le 8 avril 1943 après un procès. A leur façon et sans haine ni violence, ils seront des lanceurs d'alerte contre le nazisme. Mon seul bémol est que le film a été tourné en anglais: l'allemand aurait été préférable. En revanche, Brendan Gleeson et Emma Thompson sont formidables. Lire le billet d'Alex-6.

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lundi 28 novembre 2016

Inferno - Ron Howard / Iris - Jalil Lespert / Les animaux fantastiques - David Yates

J'évoquerai assez rapidement Inferno et Iris qui sont deux films assez ratés à mon avis.

Inferno de Ron Howard permet de retrouver Tom Hanks dans le rôle de Robert Langdon. Il s'agit de la troisième adaptation d'un roman de Dan Brown. Dès le début du film, la spectatrice que je suis a souffert des yeux à cause des images saccadés. En effet, Robert Langdon a des hallucinations, étendu dans son lit d'hôpital. Son nouveau défi est de retrouver un virus mortel qui doit éradiquer 4 milliards d'individus, soit la moitié de la population mondiale. Les décors naturels, Florence, Venise et Istanbul, sont sublimes mais cela ne suffit pas à sauver un scénario invraisemblables et certains personnages sont caricaturaux. A noter Omar Sy, le "frenchy" de service dont on ne comprend pas forcément à quoi il sert.

Je passe à Iris de Jalil Lespert. Ce thriller se passe dans les beaux quartiers de Paris. Antoine Doriot (Jalil Lespert), un banquier d'affaires, dîne dans un restaurant avec une jeune femme d'une grande beauté (Charlotte Le Bon ravissante). Celle-ci disparaît mystérieusement pendant qu'il paye l'addition. Une rançon est rapidement demandée par Max Lopez (Romain Duris, pas très expressif), dont on découvre qu'il est un des clients de la banque de Doriot. Je ne dirais rien de plus sur l'histoire pleine de retournements de situations plus ou moins vraisemblables. L'ensemble qui se veut sophistiqué dégage un certain ennui. D'autant plus que les personnages ne sont pas sympathiques.

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En revanche, vous pouvez aller voir Les animaux fantastiques de David Yates dont le scénario a été écrit par J.K. Rowling. Il s'agit du premier film d'une série dérivée de la saga Harry Potter. Le film bourrés d'effets spéciaux et numériques réussis nous emmène dans le New-York des années 20. Norbert Dragonneau débarque d'Angleterre par bateau avec une valise qui, quand on l'ouvre "normalement", contient un passage qui mène dans un univers parallèle où vivent des animaux fantastiques comme le niffleur (qui s'échappe). Norbert fait tout pour les préserver. Pendant ce temps, la ville américaine vit des événements étranges, une ombre avec des yeux plane au-dessus de la ville, des maisons bougent ou subissent des dégâts. Les Moldus (ou Non-Maj) côtoient les Sorciers (qui sont nombreux) sans le savoir. Je ne dirai rien de plus sur l'histoire sans temps mort avec des séquences amusantes. Les adultes apprécieront autant que les plus jeunes. Quatre autres films devraient suivre.

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lundi 7 novembre 2016

Moi, Daniel Blake - Ken Loach

Moi, Daniel Blake de Ken Loach a reçu la Palme d'or au dernier festival international du film de Cannes en 2016. C'est la deuxième fois que le réalisateur britannique octogénaire est récompensé dix ans après Le vent se lève (qui m'avait passablement ennuyée). Je n'aime pas tous les films de Ken Loach. Celui-ci m'a plu mais sans plus. Je m'attendais à être plus émue. Daniel Blake âgé de 59 ans a eu un problème cardiaque. Les médecins qui l'on soigné jugent qu'il ne peut pas retravailler de sitôt. Cependant, une "professionnelle" de santé n'est pas de cet avis suite à un entretien téléphonique et refuse qu'on lui octroie une pension d'invalidité. Daniel Blake est sommé de s'inscrire à Pôle emploi (Job center) où il devra prouver qu'il cherche un emploi afin de pouvoir toucher des indemnités chômage. Daniel n'est pas familier avec Internet ce qui l'handicape beaucoup. Néanmoins, en faisant "du porte à porte", il arrive à intéresser des employeurs, mais son état de santé l'empêche d'occuper un poste. C'est un cercle infernal. Au "Job center" où les employés ont un discours formaté et brutal, Daniel fait la connaissance d'une jeune femme, Katie, mère célibataire avec deux enfants de deux pères différents. Elle n'est pas dans une meilleure situation que Daniel. Elle vit dans un appartement sans chauffage et souffre de la faim. Il y a une scène marquante dans une banque alimentaire. Le film décrit avec Daniel et Katie les misères et tracas de deux personnes démunies et en état de détresse psychologique dans un pays tel que l'Angleterre. Le constat est amer. Et j'ai connu Ken Loach plus inspiré (dans Sweet Sixteen ou It's a free world, par exemple). Lire les billets de matching points, Alainwilyrah, tinalakiller, ffred (qui n'a pas aimé) et mymp (mitigé).

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mardi 12 juillet 2016

Films vus et non commentés depuis juin 2016

Voici quatre films qui m'ont moyennement emballée.

Un traître idéal de Susanna White est tiré d'un roman de John Le Carré. Le film commence sur les chapeaux de roues par l'exécution dans la steppe enneigée d'une famille sur ordre donné par un parrain de la Mafia russe. Puis l'histoire se déplace au Maroc dans un palace. Un couple d'Anglais fait la connaissance d'un Russe qui cherche à s'enfuir en Angleterre. Il détient une liste compromettante et des numéros de comptes bancaires qui pourraient mettre en difficulté des personnalités du monde politique britannique. Je m'attendais à un film au rythme haletant et plein de rebondissements. Mais malheureusement, il ne se passe pas grand-chose et les "méchants" sont un peu absents. De John Le Carré, j'avais préféré l'adaptation de La Taupe ou Un homme très recherché.

Je passe au film Le Professeur de violon de Sérgio Machado qui narre l'histoire de Laerte, un violoniste un ancien enfant prodige devenu par manque d'argent le professeur d'une dizaine de jeunes adolescents (filles et garçons) vivant dans la favela Heliopolis (la plus grande de São Paulo). Comme on manque de repère temporel, on constate en accéléré les progrès des élèves qui au début, jouent très mal de leurs instruments à corde (ils ne savent même pas lire une partition) et qui à la fin sont capables de jouer du J.-S. Bach. Le film a des airs de documentaire lorsque des milliers d'habitants de la favela affrontent les forces de l'ordre après qu'un des jeunes musicien (le plus doué) a été tué. Le thème du film m'a plu mais la réalisation est un peu brouillonne.

Je continue avec L'outsider de Christophe Barratier. L'Outsider, c'est Jérôme Kerviel. Le scénario du film est d'ailleurs inspiré du livre L'engrenage que Kerviel a écrit. L'histoire se passe sur une période de 8 ans entre 2000 (recrutement de Kerviel à la SG) jusqu'au début de 2008 où la SG se rend compte d'une perte de presque 5 milliards dans ses comptes. Le film se déroule pour la plus grande partie dans la salle des marchés de la banque où officient des opérateurs de marchés. Le jargon parlé par les personnages n'est pas facile à comprendre pour des néophytes comme moi. C'est ce qui m'a le plus gênée. Après avoir vu le film, j'avoue n'avoir pas forcément appris quelque chose si ce n'est que travailler dans un milieu aussi stressant, ce n'est pas pour moi.

Je termine avec Truman du réalisateur catalan Cesc Gay. Je suis allée voir le film pour au moins trois raisons: d'abord Ricardo Darin, un acteur argentin que j'apprécie beaucoup, ensuite parce ce qu'il y a un chien qui a un rôle important et enfin parce que le film précédent du réalisateur, Les hommes, de quoi parlent-il? m'avait plu. J'avoue que je m'attendais à une comédie. A l'arrivée, le film évoque un sujet grave: Julián (Ricardo Darin), un acteur, souffre d'un cancer au stade terminal et il compte bien en finir par lui-même avant de trop souffrir. Il cherche une famille d'accueil pour Truman, son chien. Pendant quatre jours, Julian reçoit la visite de Tomás (Javier Cámara), son meilleur ami venu du Canada. Il en profite pour partir voir à son fils à Amsterdam. Il prépare ses obsèques et il apprend qu'il est renvoyé de la pièce de théâtre qu'il est en train de jouer. Sans tomber dans le larmoyant, je m'attendais à être plus émue. Il manque un petit quelque chose. Lire le billet d'Alain.

mercredi 29 juin 2016

Love and Friendship - Whit Stillman

Contrairement à Chris, j'ai beaucoup aimé le film Love and Friendship de l'Américain Whit Stillman, qui est sorti la semaine dernière. Il s'agit de l'adaptation d'un court roman épistolaire peu connue de Jane Austen, Lady Susan, qui a été écrit en 1794. Cela se passe dans le milieu de l'aristocratie anglaise. Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) qui a perdu son mari récemment est une femme rouée et manipulatrice (mais très jolie) qui n'a aucun scrupule à séduire les hommes, surtout ceux qui sont mariés comme Lord Manwaring chez qui elle loge. Elle cherche à marier Frédérica sa fille, âgée de 16 ans, à un certain Sir James Martin, un homme riche mais idiot. De son côté Frederica craint sa mère mais ne veut surtout pas épouser Sir Martin. Elle ne reste en effet pas insensible au charme de Reginald de Courcy, jeune frère de Lady Catherine, elle-même belle-soeur par alliance de Lady Susan (vous suivez?). En préambule, il nous est fait une présentation succincte de chaque personnages (il y a en a une bonne dizaine), avec leurs liens de parenté plus ou moins proches. J'ai eu peur de ne pas comprendre qui était qui. Heureusement, cela n'a pas duré longtemps. On suit très bien les intrigues de Lady Susan qui se confie à sa meilleure amie, Alicia Johnson. En revanche, le mari de cette dernière n'aime pas du tout Lady Susan. C'est un film beau à regarder tant du point de vue des décors (les intérieurs des demeures) que des costumes. Pour terminer en beauté ce "mois anglais", je conseille ce film devant lequel on sourit souvent.

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jeudi 9 juin 2016

The Nice Guys - Shane Black / Mr Holmes - Bill Condon

Voici deux films vus il y a déjà quelque temps.

Je commence avec The Nice Guys dont l'intrigue se passe en 1977 à Los Angeles. Ce film permet à Ryan Gosling et Russell Crowe de s'essayer dans le registre comique et ils s'en sortent bien (surtout Ryan). Les deux interprètent des détectives privés qui enquêtent sur l'assassinat d'une jeune actrice, star du porno. La mère de cette dernière est jouée par Kim Basinger qui est raide comme un piquet. Il faut dire que la chirurgie esthétique a fait des ravages. Revenons à nos deux détectives qui se trouvent embringués dans une histoire pas possible semée de gags souvent hilarants. Il y a quelques morts mais pas trop. Un film à conseiller pour se dérider les zygomatiques. Lire le billet de Pascale.

Je continue avec Mr Holmes de Bill Condon. Ce film est une sorte d'hommage au personnage de fiction Sherlock Holmes. A la fin des années 40, Holmes a 93 ans et souffre de troubles de la mémoire. Il vit retiré dans une grande ferme dans la campagne anglaise (dans le Sussex) en compagnie d'une gouvernante, Mrs Munro, et de son jeune fils, Roger. Roger et Holmes ont la passion des abeilles. D'ailleurs, il y a des ruches au fond du jardin de la ferme. Dans les lambeaux de sa mémoire, Holmes se souvient d'une affaire non résolue. C'est un film assez nostalgique et un peu triste. Sir Ian McKellen qui interprète Holmes est bien mais les autres acteurs aussi, en particulier le petit Milo Parker qui joue Roger. Lire le billet de Sentinelle (qui a aimé) et Deuxième séance (nettement moins).

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samedi 23 avril 2016

Good luck Algeria - Farid Bentoumi / Fritz Bauer, un héros allemand - Lars Kraume / High-Rise - Ben Wheatley

Le scénario de Good Luck Algeria de Farid Bentoumi est inspiré d'une histoire vraie: celle du propre frère du réalisateur. Deux amis, Sam et Stéphane, sont dirigeants d'une fabrique de skis de fond de compétition mais la concurrence est rude et suite à la défection d'un skieur suédois, ils se retrouvent au bord de la faillite, ne pouvant plus payer les employés. De plus, Sam, d'origine franco-algérienne, sera bientôt à nouveau père. En effet, sa compagne attend un heureux événement. Pour sauver l'entreprise, Stéphane suggère à Sam de s'incrire aux prochains JO en ski de fond sous le drapeau algérien. Cela fera de la publicité pour les skis qu'ils fabriquent. L'entrainement est dur et Sam qui n'a pratiquement jamais vécu en Algérie, ne parle pas un mot d'arabe et doit négocier avec le comité olympique algérien. Mais Sam a la chance d'avoir un père qui nourrit de grands rêves pour son fils. Je vous laisse découvrir comment le papa de Sam va permettre de sauver l'usine, indépendamment de l'incription de son fils au JO. J'ai aimé ce film optimiste et modeste. Sami Bouajila (Sam) et tous les autres acteurs sont très bien. Lire les billets de Géraldine et de ffred.

Je passe maintenant à Fritz Bauer, un héros allemand de Lars Kraume. Le film retrace l'enquête menée à la fin des années 50 par Fritz Bauer, un procureur allemand (qui préférait chasser les hommes que les animaux), ayant abouti à l'enlèvement d'Adolf Eichmann en 1960 par les hommes du Mossad israélien en Argentine. Fritz Bauer était un homme de conviction, grand fumeur de cigares. C'était un homme seul, juif et homosexuel (crime puni de prison en Allemagne à cette époque) qui était entouré de nombreux ex-nazis appartenant à l'admisnistration, qui ont tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. Fritz Bauer aurait voulu qu'Eichmann soit extradé en Allemagne pour être jugé, son souhait n'a pas été exaucé. Ce même Fritz Bauer tiendra plus tard un rôle important dans le procès d'Auschwitz (voir Le Labyrinthe du silence). Concernant le film lui-même, je l'ai trouvé intéressant grâce à l'acteur principal, Burghart Klaussner, qui interprète Fritz Bauer avec beaucoup d'humanité. En revanche, le reste manque de rigueur et reste trop dans l'anecdotique avec des digressions pas forcément utiles.

Je termine avec High-Rise de Ben Wheatley que j'ai détesté. Je n'avais pas fait attention au fait que le scénario écrit par la femme du réalisateur était adapté d'un roman de J.C Ballard. J'y suis allée pour les acteurs, mal m'en a pris. L'histoire se passe dans les années 70 (paraît-il). Le docteur Robert Laing emménage au 25ème étage d'une tour en béton qui en compte 40. Aux alentours de cette tour, on ne voit que du terrain en friche et d'autres tours. Les habitants de l'immeuble vivent en autarcie puisqu'il y a un supermarché à un des étages. Le dernier étage est habité par l'architecte de la tour et sa femme. Leur appartement s'ouvre sur une immense terrasse où l'on trouve un cheval, de la pelouse, des arbres. A part ça, la tour est sinistre tout comme les habitants qui vont commencer à semer le chaos quand une panne de courant au 10ème étage paralyse tout. Ce qui s'ensuit est indescriptible, la violence s'installe. Je n'ai pas compris le message du film (si message il y a). J'ai trouvé l'ensemble laid et manquant d'humour, c'est graveleux et il y a de la cruauté envers les animaux: en résumé, un peu n'importe quoi. Pour moi, un film très évitable malgré les acteurs comme Jeremy Irons, Sienna Miller ou Tom Hiddleston. Lire une critique chez Wilyrah. Je note qu'aucun spectateur n'est parti avant la fin et je me demande pourquoi. En ce qui me concerne, j'ai pour principe de rester jusqu'au bout de la projection.

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mercredi 30 mars 2016

The Lady in the Van - Nicholas Hytner / Triple 9 - John Hillcoat

Je suis allée voir The Lady in the Van pour Maggie Smith. Je n'ai pas été déçue par sa prestation de vieille clocharde nauséabonde au caractère bien trempé. Avant d'être un film, The Lady in the Van écrit par Alan Bennett a été joué au théâtre et interprété déjà par Maggie Smith en 1999 et 2000 à Londres. Alan Bennett s'est inspiré d'un fait qui lui est arrivé entre 1974 et 1989. L'allée qui menait à sa demeure londonienne dans un quartier très chic a servi de parking à un vieux van appartenant à une certaine Miss Shepherd. L'histoire nous apprend que Miss Shepherd a passé sa vie à avoir peur que son passé ne la rattrape. Cette personne au "mauvais" caractère ne dit jamais merci. Tout lui est dû (ou presque). Mais cela n'empêche pas qu'on s'attache à elle le temps du film, qui aurait gagné à être un peu plus court. Mais pour Maggie Smith, le film vaut la peine d'être vu. Lire le billet d'Armelle.

Dans Triple 9 de John Hillcoat, ça tire à tout va. Les personnages de l'histoire ne sont pas anges. De nos jours, à Atlanta (Georgie), ville sudiste gangrénée par la violence, on note la présence de la mafia russo-israélienne dirigée par Irina Vlaslov, la femme d'un mafieux en prison. Cette femme est interprétée par Kate Winslet, méconnaissable avec ses cheveux longs en arrière. Elle suinte la vulgarité et le danger. On la sent prête à tout pour arriver à ses fins. Pour récupérer des documents mettant en cause son mari, Irina engage des policiers corrompus. Ces derniers pour faire diversion décident de tuer un de leur collèque. Le terme « triple 9 » (ou 999) est une alerte lancée en cas d'extrême urgence, quand un policier est touché lors d'une fusillade. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et on dénombre un nombre de morts impressionnant à la fin du film dont le rythme ne faiblit pas. C'est le genre de film que je vois une fois mais pas deux. Lire les billets de ffred et mymp.

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jeudi 24 mars 2016

Brooklyn - John Crowley

Je vous recommande, tout comme Choupynette, ffred et Tinalakiller, Brooklyn de John Crowley, sorti le 7 mars 2016. Le scénario signé Nick Hornby est tiré du roman (portant le même nom) de Colm Tóibín. Dans les années 50, la jeune Ellis Lacey, âgée d'une vingtaine d'années, vit dans un comté en Irlande. Elle gagne très mal sa vie en travaillant dans une épicerie où la patronne n'arrête pas de lancer des propos vipérins aux clientes et aux employées. Sa grande soeur Rose s'occupe de leur mère Mary, qui est veuve. Grâce à Rose justement et à un prêtre irlandais, Ellis s'embarque sur un transatlantique (la traversée est agitée) en partance pour les Etats-Unis, où un travail dans un grand magasin l'attend. L'histoire d'Ellis est celle d'un exil loin de ses repères. Dans le quartier de Brooklyn à New-York, elle devient locataire d'une pension de famille où il n'y a que des femmes de son âge. Peu après son arrivée, elle rencontre l'amour en la personne d'un jeune Italien, et puis elle suit des cours de comptabilité. Revenue momentanément dans son île natale, Ellis hésite à repartir. Je vous laisse découvrir la fin. C'est un très joli film illuminé par la présence de l'actrice principale Saoirse Ronan que j'avais découverte dans Reviens-moi, puis dans Hannah et d'autres films. Une jeune actrice à suivre.

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dimanche 6 mars 2016

Ave Cesar - Ethan et Joel Coen / Hector - Jake Gavin / Saint-Amour - Benoît Delépine et Gustave Kervern

Voici trois films que j'ai vus depuis une semaine.

De mon point de vue, Ave Cesar d'Ethan et Joel Coen n'est pas leur meilleur film, mais c'est un film distrayant et une évocation du Hollywood des années 50 qui a souffert du McCarthysme et de la "chasse aux sorcières". Le film est est une suite de saynètes dans lesquelles on passe de la comédie musicale aux films aquatiques et aux péplums. Le fil rouge de l'hstoire est Eddie Mannix (Josh Brolin), un "Hollywood fixer" (celui qui est tenu à ce que tout marche pour le mieux dans le studio). On le suit durant une journée pendant qu'il est confronté au kidnapping de Baird Whitlock (George Clooney), une des stars du studio. Il passe d'un plateau à l'autre entre le tournage d'un film aquatique, celui d'une comédie musicale, d'un western, d'un mélodrame et même d'un peplum dans lequel Baird tourne le rôle principal et affronte deux journalistes, Thora et Thessaly Thacker, soeurs jumelles qui déversent des potins croustillants et des propos fielleux dans les colonnes de leurs journaux respectifs. Je qualifierais ce film de comédie déjantée avec quelques rebondissements inattendus. Pas désagréable. Lire les billets de Tinalakiller (pas convaincue du tout) et Ffred qui a été séduit.

 Je passe à Hector de Jake Gavin, un "petit" film anglo/écossais qui est sorti le 30/12/15 dans un nombre restreint de salle. Hector (Peter Mullan) est un SDF qui va d'une station-services à l'autre sur la route qui va de Glasgow à Londres. Il en profite pour s'y abriter et dormir, se restaurer, laver ses chaussettes. Hector ne se plaint pas. On apprend pourquoi il est SDF. C'est pratiquement un choix de sa part. On apprend aussi qu'il a un frère et une soeur qui le croient mort. Malgré le sujet et l'acteur principal, j'avoue que je m'attendais à autre chose: une histoire plus émouvante. Il ne se passe pas grand-chose sauf toute la séquence dans un refuge à Londres au moment de Noël où Hector se rend tous les ans. Pour l'anecdote, j'ai vu ce film à Limoges où je passe régulièrement des week-end et j'étais toute seule dans la salle à la séance de 22H15. Dommage. Lire le billet de Miriam.

Je termine avec Saint-Amour de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Le film m'a globalement déçue. J'attendais certainement trop de la confrontation entre Benoît Poelvoorde et Gérard Depardieu qui jouent un fils et son père. Moi qui apprécie bien Poelvoorde en général, je l'ai trouvé pathétique dans son rôle d'homme qui boit et parle beaucoup. Le film début au Salon de l'Agriculture (décidément, c'est l'époque), Bruno (Benoît Poelvoorde) fait la tournée de la "route des vins" en allant d'un stand à l'autre. Il est accompagné par un ami. Il "descend" un verre après l'autre. Pendant ce temps, son père Jean (Gérard Depardieu), un agriculteur venu avec ses vaches et un taureau de concours appelé Nabuchodonosor, voudrait que son fils prenne la relève. Pour le convaincre, il décide de partir avec lui sur la "vraie" route des vins en prenant un taxi conduit par Mike (Vincent Lacoste). J'ai trouvé que le film n'était pas très drôle sauf la séquence hilarante avec Michel Houellebecq que je vous laisse découvrir. Il y a de jolies séquences avec Andréa Ferréol, Chiara Mastroianni, Izia Higelin et Céline Sallette. Celle-ci, en mal d'enfant avant qu'il ne soit trop tard, est en quête de géniteurs.

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