samedi 29 juillet 2017

Une femme fantastique - Sebastian Lelio / I am not Mme Bovary - Xiaogang Feng

Le film chilien Une femme fantastique raconte l'histoire touchante de Marina, une belle jeune femme chanteuse dans un night-club qui est la maîtresse d'Orlando, un homme plus âgé. Ce dernier a tout quitté pour elle. Malheureusement, victime d'une rupture d'anévrisme, il meurt. C'est à la clinique où Orlando vient de mourir que les ennuis de Marina commencent. Selon ses papiers d'identité, elle s'appelle Daniel. Marina est en effet une transgenre. Elle se retrouve harcelée par beaucoup de monde, dont la police et la famille qui n'avait bien évidemment pas admis cette relation scandaleuse. Marina est surtout peinée d'être empêchée d'assister aux obsèques du défunt. La famille dont l'ex-femme et le grand fils du défunt l'humilient, lui mettent des bâtons dans les roues. Qu'à cela ne tienne. Marina pourra tout de même faire un dernier adieu à Orlando. C'est un film un peu bancal, surtout la deuxième partie, il y a des scènes qui s'enchaînent sans qu'elles soient vraiment reliées mais ce n'est pas trop grave. On peut trouver quelques plans surréalistes comme celui où l'on voit Marina penchée à cause du vent sans qu'elle tombe. Un film à voir. Lire le billet de ffred.

Je passe à I am not Mme Bovary de Xiaogang Feng, film chinois de 2H10 qui m'a semblé un peu long, très bavard avec un procédé visuel pas banal. Pendant plus d'une heure, on voit le film avec une image ronde comme si on était au bout d'un tube et que l'action se passait à l'autre bout. Par la suite, l'image devient carrée et puis elle s'élargit vers la fin. Pendant plus de deux heures, on suit l'obstination et l'entêtement de Li Xuelian qui, divorcée "pour de rire" de son mari Qin (afin d'obtenir un plus grand appartement,) se rend compte qu'elle s'est "fait avoir": le divorce est entériné par le tribunal de la ville et son mari s'est remarié. A partir de là, pendant 10 ans, Li Xuelian n'aura de cesse de faire annuler le divorce devant différentes juridictions (uniquement des hommes). Elle ira jusqu'à Pékin. L'ensemble est assez répétitif. Sans succès. Même si l'on apprend ses vraies motivations à la toute fin du film, le personnage de Li Xuelian est crispant. Cela m'a empêchée d'adhérer à l'histoire. Lire le billet de Pascale.

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samedi 14 mai 2016

Red amnesia - Wang Xiaoshuai

Du même réalisateur (Wang Xiaoshuai), j'avais vu 11 Fleurs. Red Amnesia qui date de 2014 n'est sorti que dans trois salles à Paris (et c'est bien dommage). Je ne sais pas ce qu'il en est en province. Toujours est-il que si ce film est programmé par chez vous, allez le voir. Comme dans 11 Fleurs, le réalisateur s'attache à décrire la Chine contemporaine sous Mao et après. Deng, une vieille femme d'environ 70 ans, vit seule dans un grand appartement à Pékin. Quand elle déjeune à table, elle parle au fantôme de son mari. Encore très active, Deng s'imisce dans la vie de famille de ses deux fils. L'un est marié et a un fils et l'autre est homosexuel. Un jour, Deng reçoit un appel téléphonique, puis deux, puis trois sans qu'il y ait personne au bout du fil. Dans le même temps, elle se rend compte qu'elle est suivie par un jeune homme portant une casquette rouge. Le réalisateur ne lâche pas ou presque l'actrice principale, la suivant avec sa caméra. Elle est quasiment de tous les plans. Deng n'est pas un personnage très sympathique mais on arrive à s'attacher à elle. C'est une femme dure mais qui est capable de pleurer. On peut le comprendre. On retrouve le même plan de bâtiments en briques au début et à la fin du film: la boucle est bouclée. Un film que je conseille. Lire le billet de Pascale.

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lundi 4 janvier 2016

Au-delà des montagnes - Jia Zhangke

Comme je l'avais annoncé, je suis allée voir Au-delà des montagnes du réalisateur chinois Jia Zhangke. L'histoire débute en 1999, année où Macao est revenue à la Chine. A Fen­yang (ville natale du cinéaste), la gracieuse Tao, issue de la classe moyenne, est aimée par deux jeunes hommes très différents: un mineur humble et un affairiste nouveau genre, en plein fantasme américain. Elle se marie avec le second avec qui elle a un fils, Deole (devenu plus tard Dollar). De 1999, 0n passe à 2014. Tao a divorcé très vite et elle ne voit plus son fils qui est sous la garde du père. C'est au moment où le père de Tao décède brusquement que Tao revoit son fils âgé de 7 ou 8 ans. Lors de ce tête-à-tête, elle lui donne une clé de la maison où elle habite. Dollar doit partir vivre en Australie avec son père. Quant au mineur, marié et père d'un petit garçon, il tombe gravement malade. Tao n'hésite pas à lui donner une grosse somme d'argent pour qu'il se fasse opérer car Tao gagne très bien sa vie vie mais depuis son divorce elle vit seule avec un chien. 11 ans plus tard, en 2025, on retrouve Dollar en Australie. Il prend des cours de mandarin car il a en partie oublié sa langue natale. Il habite avec son père qui a des armes à portée de main dans une maison ouverte sur l'océan. J'ai trouvé que le film dégageait de la tristesse dans sa description des rapports humains qui s'étiolent au fil du temps. La dernière séquence sous la neige où Tao dansent sur un air de disco au pied d'une pagode est très belle. Je suis moins enthousiaste à propos de ce film que ffred ou Chris mais je le conseille néanmoins.

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vendredi 27 février 2015

Le dernier loup - Jean-Jacques Annaud

Le dernier loup de Jean-Jacques Annaud nous emmène dans les steppes de Mongolie aux confins de la Chine. Après les ours et les tigres, le réalisateur a donc choisi comme héros de son film le loup mongol (c'était aussi un des surnoms de Gengis Khan). En 1967, un an après la Révolution culturelle sous Mao, deux jeunes étudiants chinois dont Chen Zhen partent en Mongolie intérieure pour deux ans, avec des valises remplis de livres. Ils vont partager la vie d'éleveurs nomades qui s'occupent de centaines de moutons. Ces nomades vivent au contact des loups qu'ils craignent et respectent, à l'image d'Aba, le chef vieux et sage d'un village composé de yourtes. Les loups qui sont des animaux intellligents et dotés d'une immense patience chassent en meute les gazelles qui se reproduisent en grand nombre, ainsi que les écureuils et les marmottes qui ravagent les terres. Malheureusement pour les loups, les autorités chinoises décident de faire disparaître ces prédateurs car ils menacent la sécurité de populations chinoises qui viennent s'installer dans la région. La disparition se fait en deux temps: d'abord les gazelles mortes (conservées dans des congères naturelles) et qui sont la nourriture principale des loups sont prélevées pour être données à la population chinoise (qui, à l'époque, mourrait de faim) - les loups commencent donc aussi à être affamés - et dans un deuxième temps, des fonctionnaires du gouvernement chinois décident d'éradiquer les loups en tuant les portées de louveteaux. Il est dit dans le film qu'ils les dépiautent pour récupérer leur fourrure. Chen Zhen, qui est un garçon sensible, sauve un louveteau et l'élève. Je vous laisse découvrir les péripéties qui émaillent ce film bien fait. Les paysages de Mongolie à perte de vue sont un vrai dépaysement (cela donne envie de partir). On sent que le réalisateur a aimé filmer ces loups, des bêtes au pelage fauve et au regard magnifiques. Un film pour toute la famille, mais la mort des louveteaux (hors champ) risque peut-être de perturber les plus jeunes. Le film, co-produit par la Chine, est adapté du livre Le totem du loup qui est un récit très autobiographique de Jiang Rong paru en 2004, best-seller en Chine. Lire le billet d'Alex-6.

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mardi 12 août 2014

Détective Dee II (La légende du dragon des mers) - Tsui Hark

Ayant beaucoup aimé Détective Dee (et la flamme fantôme) sorti il y a 3 ans, je me suis précipitée pour voir Détective Dee II (La légende du dragon des mers) du même réalisateur. Le film est sorti le 6 août 2014. Je l'ai vu en 2D (et c'est très bien comme cela). Chronologiquement, l'histoire qui nous est contée dans Détective Dee II est antérieure à celle de La flamme fantôme. Dee vient d'être nommé juge auprès la cour impériale en 665 après J.-C. Dès la première séquence très spectaculaire, on assiste à la destruction presque totale de la flotte impériale par un monstre marin (que l'on ne voit pas). Parallèlement, une jeune courtisane est enlevée par des hommes masqués. Le juge Dee est chargé par l'impératrice de mener l'enquête sur cet enlèvement. Cette enquête l'amène à poursuivre un homme mutant recouvert d'écailles. De fil en aiguille, Dee découvre un complot ourdi contre l'empereur et la cour. Ce qui fait le charme du film, c'est en particulier les manières qu'ont les personnages de se déplacer: ils grimpent, sautent de toit en toit, marchent à l'envers avec une aisance à nulle autre pareille. C'est virevoltant. Les combats sont spectaculaires. Du grand art. Je dirais que l'intrigue elle-même m'a moins emballée que celle de La flamme fantôme mais l'ensemble vaut la peine d'être vu.

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jeudi 19 juin 2014

Black coal - Diao Yinan

Je voudrais évoquer Black coal de Diao Yinan qui a reçu le Lion d'or au dernier festival du cinéma de Venise. L'acteur principal Liao Fan a, quant à lui, reçu le prix d'interprétation masculine. Ce polar se passe pour une grande partie dans une province chinoise, dans une atmosphère ouatée, pendant l'hiver. Il y a beaucoup de neige et on sent le froid. En 1999, des parties d'un corps démembré sont retrouvées dans différents trains transportant du charbon (coal). Quelques policiers enquêtent et l'affaire se termine dans un bain de sang dans une teinturerie. Suite à ce fiasco, l'un des flics, l'inspecteur Yang, est mis sur la touche. Cinq ans plus tard, en 2004, les crimes reprennent: deux nouveaux cadavres démembrés sont retrouvés dans du charbon embarqué dans un train. Yang, devenu alcoolique, insiste pour aider ses anciens collègues dans la reprise de l'enquête. Une jeune femme employée dans la teinturerie est au coeur de cette histoire au rythme lent et elliptique. Il y a une très belle photo mais je dois dire que cela n'a pas été suffisant pour que je sois plus enthousiaste que cela, je me suis un peu ennuyée et je pense ne pas avoir été la seule dans ce cas-là pendant la projection. Au moins 4 personnes sont parties avant la fin, et dès que le générique de fin a débuté, les gens se sont rués assez vite hors de la salle. Ce n'est pas si courant.  

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Sinon, pour la deuxième année consécutive, j'ai été sélectionnée pour mon plus grand plaisir pour être jurée du prix du Roman Fn*c. J'ai reçu cinq romans, j'en ai déjà lu trois. Deux sur trois m'ont beaucoup plu et le quatrième que j'ai commencé est aussi très bien. Parmi ces cinq, trois sont français, l'un est traduit de l'hébreu et l'autre de l'américain. Ils ont été écrits respectivement par trois femmes et deux hommes. Ces livres paraîtront en août et septembre 2014. Je ne peux pas en dire plus pour l'instant mais restez à l'écoute.

Voici une photo mystère qui rassemble les ouvrages.

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mercredi 23 avril 2014

Les trois soeurs du Yunnan - Wang Bing

Tourné en 2011, le film Les trois soeurs du Yunnan est sorti mercredi 16 avril 2014 dans trois salles à Paris. J'espère que quelques salles en province ont eu la bonne idée de programmer ce documentaire de 2H25 sans musique qui se passe à 3200 mètres d'altitude dans la province du Yunnan en Chine. Yingying (10 ans), Zhenzhen (6 ans) et Fenfen (4 ans) sont trois soeurs qui vivent dans des conditions assez misérables. L'aînée tousse, la plus jeune a des poux, mais elles ne se laissent pas aller (il faut dire qu'elles n'en ont pas le temps). Leur mère semble être partie sans crier gare. Quant au père de 32 ans, qu'on a l'occasion de voir pendant le film, il travaille dans une ville éloignée. Le réalisateur suit la vie des fillettes qui dorment, mangent, se réchauffent auprès d'un feu allumé au centre de la pièce à "vivre" dans une masure, sans électricité, sans eau (il y a un robinet à l'extérieur), sans fenêtre (seule la porte d'entrée ouverte laisse pénétrer un peu le jour). Elles aident leur tante dans les travaux de la ferme: sortir les cochons, ramasser des pommes de terre, faucher l'herbe au milieu d'une nature ventée et assez aride (mais superbe). C'est surtout Yingying, la fille ainée, à laquelle le réalisateur s'attache. Elle ne parle pas beaucoup mais essaye tant bien que mal de faire quelques devoirs scolaires. La caméra n'est jamais indiscrète ni insistante. Nous, spectateurs, sommes immergés dans une Chine inconnue que je vous conseille de découvrir. Lire le billet de Chris.

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mercredi 23 mai 2012

I Wish - Hirokazu Kore-Eda / 11 fleurs - Wang Xiaoshuai

Je voudrais évoquer deux films venus d'Asie, ayant comme point commun que les rôles principaux y sont tenus par des enfants.

Tout d'abord, I Wish, du Japonais Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur du sublime Nobody Knows), qui dirige à nouveau des enfants avec talent et délicatesse. Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés par une distance de plus de 500 km après le divorce de leurs parents. Koïchi, l'ainé, vit au sud de l'île avec sa mère et ses grands-parents au pied d'un volcan en activité qui rejette des nuages de cendres. Ryunosuke, le plus jeune, vit avec son père, guitariste de rock un peu bohême, dans le nord de l'île. Koïchi souhaite (wish) que sa famille soit à nouveau réunie. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les deux régions, Koïchi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques copains de classe jusqu’au point de croisement des trains où, dit‐on, il suffit de formuler un souhait pour qu'il se réalise. C'est un très beau film sur l'enfance insouciante malgré le divorce, la séparation et le volcan en éruption. Toute l'histoire se focalise sur ce voyage effectué par des enfants sans qu'aucun adulte ou presque n'intervienne. Je ne vous dirai pas si les souhaits se réalisent ou non, mais peut-être que quelque chose va se passer. J'ai été un peu moins convaincue que pour Nobody Knows et même Still walking. J'ai trouvé le film un peu (trop?) léger. Mais il vaut la peine d'être vu pour ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, qui sait très bien diriger les enfants.

Maintenant, 11 fleurs du Chinois Wang Xiaoshuai, vu grâce au conseil avisé d'Aifelle (qui n'a pas écrit de billet sur ce film) que je remercie. Voici un film dont l'histoire, tirée d'un souvenir du cinéaste, se passe en 1975, un an avant la fin de la "Révolution culturelle" et la mort du grand Timonier Mao Tsé-toung. L'action se situe dans un village ouvrier situé au sud-ouest de la Chine, niché dans un décor magnifique de collines et de rivières Les habitants vivent au rythme des paroles et des chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Wang, un gamin de 11 ans, qui vit entre une mère assez dure et un père féru de peinture impressionniste, est toujours fourré avec une bande de trois copains inséparables. Une belle chemise blanche dont le tissu a été acheté et cousu par sa mère (grâce à des tickets de rationnement) va faire basculer la vie de ce jeune garçon dans le monde des adultes, où il va connaître la violence et le crime. En 1H50, le réalisateur ne fait qu'évoquer la Chine sous Mao, mais on sent que la vie de ces gens est dure, même s'ils ne se révoltent pas: peu d'électricité, rarement de la viande, pas de loisirs. Et l'on voit un homme pleurer car sa fille a été violentée et que son fils est devenu un meurtrier. Tout est décrit par petites touches comme chez les impressionnistes. C'est un film prenant que je vous conseille.

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jeudi 5 avril 2012

Films vus en 2012 et pas encore commentés

Voici deux films à voir éventuellement, plus un, le film chinois, à voir absolument.

J'ai hésité à voir J. Edgar réalisé par Clint Eastwood, n'étant pas une fan de Leonardo di Caprio. Je dirais que je ne me suis pas ennuyée. Peut-être m'attendais-je à autre chose de la part du réalisateur et j'avais gardé en mémoire le roman passionnant de Marc Dugain, La malédiction d'Edgar. Le film retrace une grande partie de la vie d'Edgar J. Hoover qui fut le premier directeur redouté du FBI pendant 48 ans. Eastwood s'attache à Hoover, homme colérique mais peu sûr de lui, ayant élevé été par une mère dominatrice. Le noyau central de l'histoire se rapporte à l'enlèvement du fils de Charles Lindberg, à son assassinat et à l'arrestation du coupable quelques années plus tard. La période "Kennedy" est peu évoquée (à la différence du livre de Dugain). J'ai été particulièrement intéressée par le personnage de sa secrétaire (qu'il a même voulu épouser) et qui lui est restée fidèle jusqu'au bout. On les voit vieillir ensemble. C'est une histoire sur le temps qui passe, et Leonardo di Caprio est vraiment bien.

La dame en noir de James Watkins constitue un bon film de genre (hommage au cinéma britannique des années 50) avec du suspense, une atmosphère angoissante, une maison victorienne perdue au milieu de nulle part, quelque part en Angleterre, des morts tragiques d'enfants, un clerc de notaire (Daniel Radcliffe), veuf et père de famille, une femme avec un voile noire sur la tête qui a des pouvoirs maléfiques, une épouse à moitié folle suite à la mort de son fils, des villageois peu accueillants. Les spectateurs dont je faisais partie ont souvent sursauté. Je ne m'attendais à rien de particulier, j'ai été agréablement surprise surtout que la fin (que je ne vous révèlerai pas) est inattendue. Daniel Radcliffe ne s'en tire pas trop mal.

J'ai gardé le meilleur (selon moi) pour la fin:

Apart Together (Ensemble, Séparé) du réalisateur chinois Wong Quan'an est une histoire qui se déroule en 2005 à Shanghaï. Les relations diplomatiques entre la Chine et Taïwan s'étant améliorées, des habitants de Taïwan peuvent rendre visite à leur famille restée en Chine. On assiste aux retrouvailles de Liu et Qiao séparés depuis plus de 50 ans. Liu, soldat dans l'armée nationaliste, avait abandonné Qiao, enceinte (elle a eu un garçon). La vie a continé. Qiao s'est remariée à Lu et a eu deux filles. Veuf de sa seconde épouse, Liu compte bien repartir avec Qiao et refaire sa vie avec elle à Taïwan. Bien entendu, ce projet ne pourra aboutir car le passé est le passé. Le réalisateur montre bien le changement de la Chine moderne (surtout à Shanghaï), les vieilles maisons qui disparaissent pour laisser place à des buildings, les liens qui se relâchent dans les familles, mais cela n'empêche pas le trio formé par Lu, Liu et Qiao de chantonner de vieilles chansons de leur jeunesse dans une séquence touchante. Il est dommage que ce film n'ait pas bénéficié d'une plus grande audience. Un très beau film.

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jeudi 12 mai 2011

Détective Dee (et la flamme fantôme) - Tsui Hark

Voici un film distrayant, haletant, beau à regarder... Je n'ai pas vu passer les deux heures que dure Détective Dee de Tsui Hark. L'histoire se passe en l'an 689 en Chine, année pendant laquelle la première impératrice de Chine doit monter sur le trône. C'est la première et dernière fois qu'une femme régnera seule et en son propre nom sur cet immense empire. Afin de célébrer dignement cet événement, un stupa (bouddha) géant de 120 m de haut est construit. Les ouvriers s'affairent sous les ordres d'un contremaître qui meurt tout à coup dans d'horribles souffrances: son corps se consume de l'intérieur. D'autres suivront. La future impératrice fait appel au Détective Dee, dont elle reconnait les qualités d'enquêteur, bien qu'elle l'eût fait emprisonner 8 ans auparavant car il s'était opposé à elle. Les adversaires auxquels Dee doit faire face sont nombreux et revêtent plusieurs visages ou apparences. Il y a de beaux morceaux de bravoure comme le combat avec des cerfs, des insectes venimeux, des hommes masqués qui virevoltent dans un monde souterrain. Dee affronte une femme qui se mue en homme, un homme balafré, un homme albinos (qui se trouve être un allié) et une future impératrice sans pitié. Dee est un personnage qui a vraiment existé, et il a servi d'inspiration à Robert Van Gulik pour son détective Ti dont je vais m'empresser de relire quelques enquêtes. Détective Dee, servi par de bons acteurs, constitue un agréable divertissement.

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