lundi 24 août 2020

The perfect candidate - Haifaa Al-Mansour

Après Wadjda qui m'avait beaucoup plu, la réalisatrice Haifaa Al-Mansour nous revient avec un film lumineux qui brosse de beaux portraits de femmes. Dans une petite ville de province d'Arabie Saoudite, Mariam, l'aînée d'une fratrie de filles, travaille comme médecin dans un genre de clinique dispensaire. Elle est encore célibataire tout comme sa soeur cadette, qui filme des mariages ou des événements où il n'y a que des femmes. Les deux vivent avec la cadette encore adolescente chez leur père, un musicien. Il est veuf depuis peu et laisse beaucoup de liberté à ses filles, mais le souvenir de la mère défunte elle-même chanteuse est très présent. La réalisatrice fait un portrait assez nuancé de la société souadienne où les hommes n'ont pas un rôle totalement négatif. Les femmes peuvent enfin conduire une voiture (depuis 2018), mais elles n'ont pas le droit de sortir du territoire sans autorisation de leur tuteur (père, frère ou mari). Mariam, ne pouvant pas aller à Dubaï pour un congrès, se retrouve à se porter candidate aux prochaines élections municipales. Elle est la seule femme à le faire, avec un programme en un point: goudronner le chemin qui mène à la clinique où elle travaille. Elle fait une réunion électorale devant un parterre de femmes lors d'un défilé de mode, ou bien devant un public masculin par écran interposé. C'est du bricolage mais elle est déterminée. Pendant ce temps-là, le père qui joue de l'oud (et chante) dans un orchestre se produit en plein air ou dans des salles fermées avec les hommes d'un côté et les femmes de l'autre. Ce film féministe où les moments humoristiques ne manquent pas m'a vraiment beaucoup plu. Allez le voir. Henri Golant le conseille aussi ainsi que Miriam.

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samedi 9 février 2013

Wadjda - Haifa Al Mansour

Wadjda de Haifa Al Mansour, c'est le premier film (coproduit avec l'Allemagne) réalisé par une femme et tourné en Arabie Saoudite. Wadjda est le prénom d'une petite fille de 12 ans, assez délurée, qui marche en baskets et porte un jean, écoute du rock et n'en fait qu'à sa tête. Elle vit avec sa mère qui donne des cours pendant que son père, qui est absent pour de longues périodes, revient de temps en temps. Nous sommes donc en Arabie Saoudite, à Ryad, de nos jours. Les femmes sont voilées (la maman de Wadjda porte le Niqab pour sortir et faire du shopping). Les femmes ne conduisent pas (elles payent un taxi collectif pour se faire conduire là où elles veulent). Wadjda rêve d'avoir un vélo bien à elle pour faire la course avec un jeune garçon de ses amis. Faire du vélo en Arabie Saoudite n'est pas interdit aux femmes mais pas bien vu. Comme sa maman rechigne à cette dépense, Wadjda décide de préparer un concours de chant coranique dans son école bien qu'elle ne soit pas une élève très attentive à l'école et ait du mal à déchiffrer et à psalmodier la Sourate des femmes. Par petites touches, la réalisatrice nous fait bien sentir le carcan religieux qui pèse sur ce pays (et certainement dans d'autres), où tout tourne autour de la prière et du Coran; un pays où les collégiennes se cachent des hommes (des ouvriers), où il est interdit de laisser le Coran ouvert (je vous laisse découvrir pourquoi), où l'on se lève à 4H ou 5H pour la première prière, où l'on interdit aux filles les contacts physiques (se tenir par la main par exemple), où les femmes doivent obtenir une permission du père ou du mari pour beaucoup de choses. On apprend que si le père de Wadjda n'est pas souvent là, c'est qu'il s'apprête à prendre une deuxième épouse. Wadjda va gagner son concours mais vous verrez ce qui va arriver. Allez voir ce film que je vous conseille. Lire les billets de Ffred, de Mymp, et celui compilé par Alain.

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