vendredi 10 août 2018

The Bacchus Lady - Lee Jae-yong / The Charmer - Milad Alami

Avec The Bacchus Lady, un film sud-coréen, j'ai appris que c'est en Corée du Sud, pays de l'OCDE, que le taux de pauvreté est le plus élevé pour les personnes à partir de 65 ans. Les femmes seules sont les plus touchées. A Séoul, dans le parc Jongmyo, des femmes vieillissantes se prostituent (alors que la prostitution est vivement réprimée) auprès de vieux messieurs après leur avoir proposé une boisson énergisante appellée "Bacchus". C'est là que l'on peut trouver Youn So-young, une femme de 65 ans qui emmène ses quelques clients dans une petite chambre d'un hôtel voisin. Lors d'une consultation à l'hôpital dont je vous passe les détails, elle prend sous son aile un petit garçon d'origine philippine dont la mère vient de poignarder un des médecins. La mère accuse l'homme d'être le père de son fils. Je m'attendais à suivre l'évolution des relations entre Youn et le petit garçon. Et ça commence comme cela. Youn vit en colocation dans un grand pavillon avec un jeune homme unijambiste et un transsexuel. Très vite, le personnage du petit garçon disparait de l'image sans raison précise et l'histoire s'attache à Youn So-young et à certains de ses clients fidèles et à d'autres qu'elle a connus. Car si la vieillesse est dure pour cette femme, les hommes ne sont pas mieux lotis. Elle revoit un homme qui a eu une attaque immobilisé dans une chambre d'hôpital, un autre qui perd la mémoire et un troisième qui ne se remet pas de la mort de sa femme. Je ne vous en dis pas plus, si ce n'est que c'est un film étrange dans le déroulement de l'histoire. La fin est inattendue. Vous pouvez vous laisser tenter car l'actrice principale, Young Yuh-jung est remarquable. Je l'avais vue dans The Housemaid en 2010 où elle jouait une grand-mère abjecte.

Je passe à The Charmer, un film danois à propos duquel j'aprouve un sentiment mitigé, à cause surtout de la fin qui m'a rendu le personnage principal antipathique. The Charmer raconte l'histoire d'Esmail, un Iranien réfugié au Danemark qui drague avec succès dans un bar "select" les femmes scandinaves. Il veut en trouver une qui soit accepte de faire un mariage "gris", soit se porte garante de lui afin qu'il obtienne des papiers qui lui permettrait d'être régularisé sur le territoire danois. Esmail exerce un travail de déménageur "au noir". Il est menacé d'être extradé d'ici peu de temps. Un soir, il recontre Sarah, une jeune Iranienne qui est née et a vécu au Danemark. Elle vit là avec Leila, sa mère, une femme respectée dans la communauté iranienne danoise. Esmaïl tombe amoureux d'elle et cela semble assez réciproque, mais des obstacles surviennent, notamment un homme dont la femme qui été la maîtresse d'Esmaïl s'est suicidée. Ces péripéties cassent un peu l'ambiance du film. Et, je le répète, j'ai été déçue par la fin. Je m'attendais à un épilogue différent. L'acteur principal dont c'est le premier film a un regard à faire fondre un iceberg même si ce n'est pas mon type d'homme.

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vendredi 27 juillet 2018

The guilty - Gustav Möller / Zama - Lucrecia Martel

Voici deux films à voir ou pas selon vos affinités.

Je commence par Zama de Lucrecia Martel. Un fim âpre et fiévreux qui m'a fait penser à Jauja pour les paysages argentins, pour l'histoire: la confrontation entre les indigènes et les colons blancs. Zama, adapté d'un roman datant de 1956 d'Antonio di Benedetto (1922-1986), se passe au XVIIIème siècle, dans une région reculée entre l'Argentine, le Brésil, la Bolivie et le Paraguay. Diego de Zama , un "corregidor" (un juge), espère ardemment recevoir une lettre du vice-roi qui lui permettra de retourner à la "civilisation" vers Buenos Aires afin de retrouver sa famille. Zama se met à attendre cette letre et commence à perdre pied. Il tombe malade physiquement et mentalement. Je n'ai pas trouvé qu'il y avait vraiment une histoire, mais ce film comporte des plans magnifiques. Il y a un très beau travail sur l'image, l'éclairage, la lumière, la composition des plans et sur le son. Zama est un film sensoriel dont on n'oublie pas la dernière séquence qui m'a paru atroce. Strum en parle très bien.

Je passe au film danois, le premier long-métrage écrit et réalisé par Gustav Möller The Guilty, qui lui, m'a fait penser à The Call, sur un peu le même sujet. Mais dans The Guilty, la caméra ne quitte pratiquement pas de l'oeil pendant tout le film Asger Holm (personnage principal) ni l'endroit où il se trouve. Il y a unité de lieu, de temps et d'action. Pour son dernier soir avant d'être jugé (on saura un peu plus vers la fin), Asger travaille dans un central d'appels d'urgence. Charge à lui, de transmettre l'appel reçu à qui de droit. Sauf quand une femme désespérée l'appelle. Elle est en train de conduire une voiture sous la contrainte de quelqu'un. Asgar essaye de garder le contact avec elle. Par ailleurs, la petite fille de la femme appelle Asger, et je ne vous en dis pas plus. Au fur et à mesure que le film se déroule, on a des révélations sur qui est qui et pourquoi. Le suspense est tenu juqu'au bout. A part quelques collègues autour d'Asger, on entend uniquement des voix au téléphone. On ne verra jamais les quelques autres protagonistes du drame. Un bon thriller. 

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vendredi 3 juin 2016

Men and chicken - Anders-Thomas Jensen

Men and Chicken est un film danois qui m'a plu. L'histoire sort de l'ordinaire (elle rappelle celle de L'île du Docteur Moreau de H. G. Wells) mais on ne pouvait pas s'attendre à autre chose de la part du réalisateur d'Adam's apples (2005) et du film Les bouchers verts (2003). Elias (Mads Mikkelsen, méconnaissable avec ses cheveux permanentés) et son frère Gabriel (David Dencik) apprennent que l'homme qui vient de décéder à l'hôpital n'était pas leur père biologique. Leur père biologique qui vit retiré sur une île danoise s'appelle Evelio Thanatos (!). Dès leur arrivée dans l'île, Gabriel et Elias, tous deux défigurés par un bec-de-lièvre, se mettent en quête de rencontrer leur vrai père. Celui-ci vit dans un ancien sanatorium délabré (c'est un euphémisme) où s'ébattent poulets, dindons, chèvres et moutons, et un gros taureau appelé Isaac. A la place du père, Gabriel et Elias sont très mal accueillis à coups d'animaux empaillés par trois hommes, Franz, Gregor et Joseph, avec les mêmes becs-de-lièvre déformant leurs visages. Il s'agit en réalité de leurs trois demi-frères. On apprend assez vite qu'Evelio, dont le corps momifié repose dans une pièce de la demeure, pratiquait des expériences sur sa progéniture et sur les animaux autour de lui. Je n'en dirai pas plus sur cette histoire tragi-comique qui m'a fait sourire. J'ai trouvé qu'il avait beaucoup d'humanité dans le propos et dans le traitement des personnages. Lire le billet de choupynette.

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vendredi 10 avril 2015

Profanation - Mikkel Nørgaard / Jamais de la vie - Pierre Jolivet

Le réalisateur danois Mikkel Nørgaard a réalisé des épisodes de la série Borgen. Mercredi 8 avril 2015 est sorti son film Profanation (le deuxième volet des enquêtes du département V). Je n'ai toujours pas compris pourquoi Miséricorde (le premier volet des enquêtes du département V écrit par Jussi Adler-Olsen), réalisé en 2013 par le même réalisateur, n'a pas pu être diffusé sur grand écran, ce film précédent est pour le moment disponible en vidéo à la demande depuis fin mars 2015. Je n'ai pas encore lu le roman Profanation (le film m'a donné envie de le faire assez vite), mais il faut noter la violence de l'histoire (comme dans Miséricorde). L'inspecteur Carl Mørck et son assistant Assad se chargent de rouvrir de vieilles enquêtes non résolues. Suite au suicide d'un policier qui est hanté depuis 20 ans par un double homicide commis sur un frère et une soeur suivi peu après par le viol d'une jeune étudiante, Mørck, Assad et une secrétaire nouvellement arrivée nommée Rose vont affronter deux notables danois puissants dangereux et sans scrupules. La police va être aidée par une femme portée disparue depuis 20 ans. J'ai trouvé le film bien fait, le suspense tient en haleine avec une fin violente: très regardable, mais les personnes sensibles peuvent être heurtées.

Je passe à Jamais de la vie, le nouveau film de Pierre Jolivet, avec Olivier Gourmet, impeccable comme d'habitude. Franck (Olivier Gourmet), ancien syndicaliste au chômage pendant 10 ans, occupe depuis peu un poste de gardien nuit en CDD (qui peut se transformer en CDI) dans un centre commercial de banlieue. Il vit seul dans une cité HLM. N'ayant aucune vie sociale, il se rend régulièrement dans une antenne de Pôle Emploi où il se lie d'amitié avec Mylène qui essaye de lui trouver un emploi selon son âge et ses compétences. Elle-même a du mal à joindre les deux bouts en élevant seule ses deux enfants. Depuis quelque temps, Franck repère un 4x4 qui rôde souvent aux alentours du centre commercial. Il pressent qu'un "casse" se prépare. J'ai été frappée par la pesanteur et la tristesse qui émanent du film (les décors y sont pour beaucoup). Il y a pourtant de beaux moments comme le plan du vol de centaines de martinets noirs dans le ciel. J'ai noté qu'il y avait beaucoup d'échanges entre deux personnages: Franck et sa soeur, Franck et son beau-frère, Franck et son patron, Franck et son collègue Ketu, Franck et Mylène, Franck et un jeune dealer, etc. A part une séquence dans laquelle Franck se rend dans un grand restaurant et où il ne se passe rien, le film vaut la peine d'être vu rien que pour Olivier Gourmet. Lire le billet d'Alex-6.

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mardi 9 septembre 2014

Enemy - Denis Villeneuve / Maintenant ou jamais - Serge Frydman / The Salvation - Kristian Levring

En attendant des sorties plus consistantes au mois de septembre, voici trois films qui m'ont plus ou moins plu.

Je commence par Enemy de Denis Villeneuve qui m'a laissée assez perplexe. De nos jours, à Toronto, Adam Bell, professeur d'université, mène une vie terne avec sa petite amie. Cependant, quand le film commence, il assiste à des ébats amoureux, dans un lieu fermé, en compagnie d'autres hommes. Ce n'est pas la première fois. Plus tard, par hasard, grâce à une vidéo conseillée par un collègue, il découvre qu'il a un double, une copie conforme de lui-même. Adam mène son enquête qui le met en présence d'Anthony, son sosie parfait, un acteur mariée à une femme enceinte. Chacun rejette l'autre, cette gemellité fait peur. Au loin, dominant Toronto, l'araignée ("la mère") sculptée par Louise Bourgeois fait son apparition. Ces éléments que je vous livre ne donnent qu'une vague idée de ce qu'est l'histoire. J'avoue n'avoir pas compris où le réalisateur voulait en venir. Jake Gyllenhaal qui joue les deux personnages d'Adam et Anthony est très bien, Toronto est superbement filmée. Tout le film baigne dans les tons ocres. Mais je me suis passablement ennuyée devant ce film trop abstrait pour moi. Lire le billet de ffred nettement plus enthousiaste.

Je continue avec Maintenant ou jamais de Serge Frydman (qui a aussi écrit le scénario), avec LaÏla Bekhti et Nicolas Duvauchelle, qui est un film que j'ai bien apprécié. Une jeune femme qui donne des leçons de piano rêve d'une belle maison où elle vivrait avec mari et enfant. Malheureusement, son mari vient d'être licencié de la banque où il officiait. Elle décide de braquer cette banque avec l'aide d'un libéré sur parole (Nicolas Duvauchelle) qui lui avait volé son sac à main peu de temps auparavant. Ce film m'a paru avant tout une jolie histoire d'amour. D'ailleurs la fin que je ne dévoilerai pas pourrait faire penser à une suite. Le couple Bekhti/Duvauchelle m'a fait un peu penser à celui formé par Emanuelle Devos/Vincent Cassel dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001). Lire le billet d'Alex-6.

Je termine par The Salvation, un western danois (si, si) dans lequel Mads Mikkelsen, Eva Green et quelques autres font merveille. J'ai personnellement beaucoup aimé cette histoire assez violente. En 1871, quelque part aux Etats-Unis (au Texas?), Jon, un Danois, ancien soldat très bon tireur, vient attendre au train sa femme et son fils qu'il n'avait pas vus depuis sept ans. Tous les trois s'embarquent dans une diligence en compagnie de deux hommes violents qui violentent la femme de Jon et tuent aussi le jeune garçon. La vengeance de Jon est assouvie très vite sans savoir que le frère d'un des "méchants" fait régner la terreur dans une petite ville voisine. La trame est classique, un homme solitaire, une petite ville où les habitants pas très courageux ont peur et commettent des actes de lâcheté face à des "très méchants" dont un Corse joué par Eric Cantona (himself). Eva Green qui a perdu sa langue (au sens propre du terme) sait très bien manier le fusil. Une curiosité que je vous conseille. Lire le billet de Trillian.

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mardi 21 janvier 2014

R - Tobias Lindholm / Le loup de Wall Street - Martin Scorsese / Yves Saint-Laurent - Jalil Lespert

Voici trois films que j'ai vus depuis le 1er janvier 2014.

Je commence par R du réalisateur/scénariste Tobias Lindholm (réalisateur/scénariste de Highjacking et co-scénariste de la série télé Borgen et de La chasse de Thomas Vinterberg). R, qui date de 2010, est aussi co-réalisé par Michael Noer. Dans R, on retrouve l'acteur Pilou Asbaek (vu dans Highjacking et Borgen) qui interprète le rôle de R (pour Rune), un détenu fraîchement arrivé dans une prison danoise. Il devient le souffre-douleur (si je puis dire) de certains co-détenus. Il va vivre une descente aux enfers dont il ne se relèvera pas, il n'est pas le seul. Comme je l'ai pensé et lu par ailleurs, l'histoire fait penser à Un prophète de Jacques Audiard mais en plus noir, plus glaçant. R est un garçon intelligent et plein d'idées, il n'a pas froid aux yeux mais il est seul ou presque contre tous les autres (des brutes qui font régner la terreur dans l'enceinte carcérale). On comprend aussi qu'il y a des barrières raciales: les Danois contre les autres (Albanais, Musulmans de tous pays, etc.). Jusqu'au bout, j'ai cru que Rune allait s'en sortir, ce n'est pas le cas (je vous laisse découvrir comment et pourquoi). Un film dur mais intéressant. Lire le billet de Chris.

Maintenant, je continue par Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese. Je ne m'étais pas précipitée pour le voir, n'ayant pas été convaincue par la bande-annonce. C'est un film long (presque trois heures) qui raconte une histoire vraie, celle de l'ascension et de la chute d'un agent de change (un "stockbroker"), Jordan Belfort, qui dans les années 2000 a vendu des actions qui ne valaient rien par son seul sens de la persuasion à des perssonnes crédules. Multimilliardaire, il va mener une vie dissolue (drogue, sexe, etc). Poursuivi par le FBI pour fraude fiscale. sa chute sera éclatante: il purgera même une peine de prison. C'est brillamment réalisé mais j'avoue que j'ai eu du mal à m'attacher à cet homme peu recommandable. Leonardo di Caprio fait une composition mémorable. En ce qui me concerne, j'ai vu ce film une fois, je ne pense pas le revoir un jour. Lire le billet très positif de Leunamme.

Je terminerais par Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert, film qui a reçu l'aval de Pierre Bergé. Je retiendrai de ce film assez anecdotique l'interprétation de Pierre Niney (il EST Yves Saint-Laurent). Pour le reste, on ne voit pas le couturier en train de créer ses modèles (ou très peu), on suit plutôt ses amours éphémères et on regrette ses addictions malheureuses. On a du mal à cerner l'homme, Yves Saint-Laurent, qui était un être torturé et maniaco-dépressif (qui ne vivait semble-t-il que pour ses créations). Pour résumer, le film est un portrait superficiel d'Yves Saint-Laurent vu par Pierre Bergé (joué par Guillaume Gallienne) qui est le narrateur de l'histoire. J'ai regretté que les défilés de mode soient mal filmés: le réalisateur s'attarde sur les visages des mannequins qui défilent et presque pas sur les créations du couturier. J'attends avec intérêt le second film réalisé par Bertrand Bonnello consacré au couturier, qui doit sortir en octobre 2014 (sans avoir, lui, reçu l'approbation de Pierre Bergé...) [Saint Laurent, chroniqué le 05/10/2014].

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mardi 16 juillet 2013

Hijacking - Tobias Lindholm

Me voici donc revenue d'Ecosse après une semaine de ciel bleu, de soleil et de températures estivales. En revanche, je n'ai vu ni fantôme ni Nessie.

Avant de faire un petit compte-rendu sur ce voyage illustré avec quelques photos, je voudrais évoquer un film danois (sorti cette semaine), qui est prenant et passionnant de bout en bout. Hijacking (Kapringen en VO) a été écrit et réalisé par Tobias Lindholm (le scénariste de la série télé Borgen et du film La Chasse de Thomas Vinterberg). Dans ce film tiré d'une histoire vraie, nous assistons pendant 1H40 aux négociations entre des pirates somaliens (qui ont pris à l'abordage dans l'Océan indien un bateau d'une compagnie maritime danoise) et le PDG de la compagnie. Les Somaliens se servent de l'équipage, composé de sept hommes, comme objet de négociations. L'action se déroule alternativement au siège de la société danoise et sur le bateau. Nous assistons aux échanges téléphoniques par téléphone cellulaire interposé entre Peter, le PDG de la compagnie, et Omar, le négociateur somalien. Pendant les 137 jours qu'aura duré cette affaire, les protagonistes de cette triste histoire vont pas mal changer, et certains vont longtemps rester marqués comme Mikkel Hartman, le cuistot du bateau. C'est un film intelligent qui montre comment il est plus rapide de négocier avec des hommes d'affaires pour un contrat commercial de plusieurs millions de dollars qu'avec des preneurs d'otages miséreux qui n'ont pas grand-chose à perdre. 

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jeudi 29 novembre 2012

Royal Affair - Nikolaj Arcel

Royal Affair est un film historique très agréable à regarder. Il narre une page d'histoire dont je n'avais jamais entendu parler qui se passe au XVIIIème siècle, entre 1766 et 1775. Un Allemand, Johan Friedrich Struensee, devint le médecin personnel du roi Christian VII du Danemark et de Norvège (qui avait un comportement excentrique), et, par la même occasion, l'amant de la jeune reine Caroline Mathilde dont il tomba follement amoureux (et c'était réciproque). "Ce ménage à trois" sous l'influence de Struensee (ce dernier imprégné des écrits des philosophes français du siècle des Lumières comme Voltaire, Rousseau et Diderot) a essayé de changer les choses pour le bien des Danois. Pendant une courte période, 30 ans avant la Révolution française, ils vont mener une politique libérale et humaniste dans un pays où l'Eglise et les nobles possèdaient les terres et avaient droit de vie et de mort sur les serfs. Comme dans beaucoup d'autres pays à cette époque, la liberté d'expression n'existait pas - au contraire de la torture et de la peine de mort. La plus grande partie du film se passe dans le château de Christianborg à Copenhague. Ce film a été l'occasion de voir Mads Mikkelsen, un de mes acteurs "chouchous", dans un rôle qui le change de ses dernières prestations. Il joue un personnage amoureux - mais pas seulement. Cette histoire passionnante dont l'issue est tragique nous permet d'admirer de beaux décors et l'on sent qu'il a été apporté beaucoup de soin aux costumes. Je vous recommande ce film, très bien filmé. Lire les deux billets de ffred et Wilyrah.

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vendredi 19 août 2011

Melancholia - Lars Von Trier

Que dire de ce film en général, et de l'histoire en particulier? Cela commence comme une suite de tableaux où des personnages et des chevaux au milieu d'un paysage au ton vert sont presque figés avec Tristan et Isolde de Richard Wagner en fond sonore, et cela se termine par une magnifique séquence d'apocalypse avec la planète Melancholia qui percute la terre, où deux femmes et un petit garçon sous un abri formé par des branches (comme un tipi indien sans la toile) attendent le choc final. Entre ces deux séquences, deux histoires:
- Première partie: "Justine", où une fête de mariage débute avec une limousine qui a du mal à avancer et se termine en masquarade; et,
- Deuxième partie: "Claire", qui nous montre la relation de deux soeurs, Justine et Claire, dont l'une souffre d'une grave dépression tandis que l'autre fait tout pour lui être agréable, et pendant ce temps-là, la planète Melancholia s'approche inexorablement de la Terre.

J'aime le début et la fin du film, la compassion que Claire a envers sa soeur Justine, certains plans comme les mini-montgolfières éclairées qui s'envolent dans la nuit, et la deuxième partie, "Claire", dans son ensemble.

En revanche, je n'aime pas de nombreux éléments:
La façon de filmer avec ces suites de plans hachés (très "Dogme") auxquels je suis pourtant habituée mais qui là m'ont pas mal gênée.
Je n'ai pas aimé les personnages tous assez antipathiques ou sans relief comme le mari.
La demeure immense où se passe l'histoire, au milieu d'un parc avec un parcours de golf, m'a paru sinistre.
Je n'ai pas aimé la première partie qui tourne en rond et aboutit à une impasse.
Je n'ai pas aimé le côté artificiel de cette première partie, et en particulier Justine qui se déshabille pour prendre un bain dans une baignoire, et qui, le plan suivant, est à nouveau en robe de mariée (avec ses voiles) comme si de rien n'était.
Je n'ai pas aimé le pli amer sur la bouche de Charlotte Rampling.

Le film dure deux heures. Une heure aurait suffi et Melancholia aurait mérité mes louanges.
Voir les billets de ffred, phil siné, neil, Thomas grascoeur, Alain (du ciné d'Alain), Alex, Wilyrah, Brize, Veranne et j'attends de lire celui de Ed avec impatience [et le voici].

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jeudi 25 mars 2010

Le guerrier silencieux - Nicolas Winding Refn

Le guerrier silencieux (Valhalla Rising) du Danois Nicolas Winding Refn est surtout une expérience visuelle, auditive et sensorielle. Le personnage principal joué par Mads Mikkelsen ne prononce pas une parole pendant tout le film. En revanche, il agit: il se bat et éviscère à mains nues. Nous sommes en 1000 après J.-C. Le film se décompose en 6 parties aux titres évocateurs, dont "Wrath" (la colère), "Hell" (l'enfer), "Sacrifice". Le héros du film est donc un guerrier prisonnier (depuis quelque temps). Borgne et mutique, il se débarrasse de ses geôliers. Il épargne un garçon blond, Are, qui se met à le suivre et à être son porte-parole comme s'il lisait dans ses pensées. Ils sont embarqués dans un vaisseau viking en route pour la Terre Sainte afin de délivrer Jérusalem. Mais finalement, ils se retrouvent au Nouveau monde avec des indiens hostiles. C'est l'enfer plutôt que le paradis. En admirant les paysages grandioses (le tournage s'est déroulé en Ecosse), même sans verser dans la philosophie, c'est la première fois de ma vie qu'en voyant un film, je me suis posée des questions existentielles comme "D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?". Troublant. Le film m'a un peu fait penser au 13ème guerrier de John McTiernan, tant par l'éclairage, les décors, que la musique. Nicolas Winding Refn (co-scénariste du film) continue d'être un cinéaste à suivre (cf. mes billets sur Bronson et la trilogie Pusher).

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