dimanche 9 septembre 2018

Burning - Lee Chang-dong

Je vais essayer de faire court pour chroniquer Burning du Coréen Lee Chang-Dong ; le film, lui, dure 2H28. Jong su, un jeune homme pauvre qui travaille à temps partiel comme coursier, croise la route de Haemi, une jeune fille qui le reconnnaît. Ils ne s'étaient pas vus depuis des années. Haemi fait de l'animation commerciale à l'extérieur de magasins afin d'attirer des acheteurs éventuels. Jongsu et Haemi étaient camarades de classe alors qu'ils habitaient dans le même patelin près de la frontière avec la Corée du Nord. Après l'avoir invité dans son studio et avoir eu une relation intime avec lui, Haemi, qui part en Afrique noire, demande à Jongsu de venir nourrir son chat (que l'on ne voit pas). Très vite, Jongsu est tombé amoureux de Haemi et se languit d'elle. Quelques semaines plus tard, Haemi revient mais elle n'est pas seule. Elle a rencontré Ben qui attendait l'avion en même temps qu'elle. Ben est riche, il roule en Porsche. On sent que Jongsu est malheureux. Il vit tout seul dans la ferme familiale avec un veau comme unique bétail. Haemi ne donnera plus signe de vie après une soirée où Benn et elle s'étaient invités chez Jongsu. Haemi Elle s'est comme évaporée. Ben ne semble pas s'en soucier, mais Jongsu, si. Il se met à épier Ben. Ce dernier semble s'ennuyer (comme Gatsby le magnifique chez Fitzgerald). On ne sait pas comment il gagne sa vie mais son appartement est somptueux quoique un peu impersonnel. On ne sent aucune touche féminine. Quand Haemi "disparait", il s'est écoulé 80 minutes pendant lesquellesje me suis un peu ennuyée. Je ne me suis pas vraiment intéressée aux personnages. Mais à partir du moment où l'histoire prend un aspect "polar"("Jonsgu mène l'enquête" en quelque sorte), j'ai été nettement plus captivée. La séquence finale est terrible mais logique selon moi mais qui ne résoud rien du tout. Une expérience cinématographique que vous pouvez tenter. Je n'ai pas lu la nouvelle de Murakami intitulée "Les granges brûlées" dont le scénario du film est adapté. Lire les billets élogieux de Chris et Pascale. En revanche, ffred n'a pas beaucoup aimé.

A part ça, je suis un peu moins présente sur les blogs car je suis en vacances en Corse pour encore une semaine et je ne suis pas beaucoup devant mon ordinateur (portable).

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samedi 1 septembre 2018

Arythmie - Boris Khlebnikov

Suite à la suggestion du distributeur du film en France, je suis allée voir Arythmie, un film russe sorti dans quelques salles à Paris et ailleurs le 1er août dernier, et qui a eu un peu d'échos dans la presse. L'histoire se passe dans une grande ville russe. Katya et Oleg sont médecins tous les deux. Oleg est médecin urgentiste au diagnostic sûr même s’il boit pas mal de vodka avec ses collègues. Le couple qu’il forme avec Katya est en crise. Lors d’une réunion de famille (l’anniversaire de son père à elle), Katya envoie un simple SMS à Oleg qui est dans la pièce à côté. Elle dit qu’elle veut divorcer. Oleg ne répond pas tout de suite. Ils se mettent à faire lit à part (il dort sur un matelas dans la cuisine) en attendant qu'il trouve un logement ailleurs. Par ailleurs, de nouvelles mesures de rentabilité dans l’hôpital où il travaille obligent Oleg et ses collègues à consacrer de moins en moins de temps à chaque patient: 20 minutes pour chacun. Le couple formé par Oleg et Katya est très touchant. Oleg a un côté grand gamin assez irrésistible même s'il fait son métier sérieusement. La fin reste ouverte. A la différence d’autres films russes récents, le ton du film est plus léger. J’ai aimé. S'il passe par chez vous, vous pouvez aller le voir. Larroseurarrose le recommande aussi.

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samedi 18 août 2018

Le poirier sauvage - Nuri Bilge Ceylan

Le poirier sauvage du Turc Nuri Bilge Ceylan n’est pas un film facile, il est long, il dure trois heures et huit minutes, son rythme est un peu lent et il contient beaucoup de longs dialogues, mais il vaut la peine d’être vu. Sinan revient dans son village dans la province de Çanakkale où se trouve le site de Troie. Il vient de terminer ses études et doit se présenter au concours pour devenir professeur. S’il réussit, il risque malheureusement, comme beaucoup d’autres jeunes professeurs, d’être envoyé quelque part enseigné dans l’Est du pays. Juste après son retour, Sinan a une conversation avec une jeune femme qu’il a aimé et qui doit faire un mariage de convenance. Il retrouve aussi sa mère et sa sœur qui vivent dans une maison misérable où l’électricité va être coupée. En effet, Idris, le père de Sinan, qui est professeur de collège, dilapide tout son salaire dans les paris sur les courses de chevaux. Sinan est un jeune homme impatient qui a écrit un livre, « Le poirier sauvage », un « metaroman auftofictif décalé » qu’il espère faire publier. Pour cela, il va voir un entrepreneur ou le maire de la ville qui seraient intéressés mais ne donnent pas suite. Sinan, qui n’est pas un personnage très sympathique, a de longs échanges avec des personnes qu’il croise dont un écrivain ou un imam. Les relations entre Sinan et son père sont passionnantes. Malgré son addiction au jeu qui fait du mal à sa famille, on n’arrive pas à trouver Idris antipathique. Sa femme Asuman ne le condamne pas. J’ai aimé la fin où le père et le fils se retrouvent autour du creusement d’un puits. L’image du film est très belle. C’est dommage que le film soit reparti bredouille cette année de Cannes où il avait été sélectionné en compétition. Il ne faut pas être rebuté par sa longueur. Un film à voir. Lire le billet de Ritournelle.

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mercredi 15 août 2018

Détective Dee: la légende des rois célestes - Tsui Hark / Maltese - Gianluca Maria Tavarelli (mini-série)

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer une mini-série que j'ai vu trois dimanches de suite sur France 3, fin juillet - début août 2018, Maltese (qui n'a rien à voir avec Corto). Cela se passe en 1976, au tout début à Rome, puis en Sicile à Trapani. Pour la France, les 4 épisodes originaux ont été coupés chacun en deux pour faire 8 épisodes. J'ai trouvé la série réussie, on s'attache vite aux personnages et en particulier au commissaire Dario Maltese (Kim Stuart Rossi avec sa silhouette longiligne et ses yeux bleus), qui décide de se faire muter en Sicile pour savoir qui a assassiné son ami d'enfance Gianni Peralta (lui aussi commissaire). Deux tueurs à moto ont tiré sur Peralta et sur sa fiancée enceinte. Maltese, qui n'était pas revenu en Sicile depuis presque 25 ans, apprend que Peralta menait une enquête impliquant certains notables de la ville et la mafia locale. Maltese en profite pour remonter dans le passé, à l'époque où son père, lui-même commissaire, a été retrouvé pendu chez lui (suicide ou assassinat?). Il essaye enfin d'avoir des réponses. Au cours de sa double enquête, les cadavres vont s'accumuler, les tueurs n'ont aucune pitié. Les enjeux financiers sont trop importants. Si elle repasse un jour, vous verrez les épisodes qui durent en tout presque 7 heures sans le moindre ennui. On remarque le soin apporté aux costumes et aux décors (en particulier les voitures, très années 60-70). Je crois que tous les épisodes sont disponibles  en "replay" sur une "box". Je vous les conseille.

Si la télé ne vous tente pas, allez voir Détective Dee: la légende des rois célestes de Tsui Hark, c'est le troisième film de la série (j'espère qu'il y en aura d'autres). Nous retrouvons le juge Dee (un personnage ayant existé), qui au VIIème siècle en Chine (nous sommes sous la dynastie Tang), fait face une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique (comme Excalibur) est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice Wu, Dee devra affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques. Concernant la chronologie, l'histoire se passe après celle du Dragon des mers et avant celle de La flamme fantôme. Mais vous pouvez les voir dans n'importe quel ordre. Dans cet opus, on assiste à des moments époustouflants plein de féérie avec un gorille blanc, un jeune bonze, un gros bouddha en colère, une créature aux mille yeux. J'ai appris que le réalisateur Tsui Hark était passionné par la personnalité de l'impératrice Wu (624-705), la seule impératrice régnante de toute l'histoire de Chine (entre 690 et 705). Un film à voir sur grand écran et peut-être en 3D. Personnellement, je préfère le 2D. Et j'attends la suite.

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vendredi 10 août 2018

The Bacchus Lady - Lee Jae-yong / The Charmer - Milad Alami

Avec The Bacchus Lady, un film sud-coréen, j'ai appris que c'est en Corée du Sud, pays de l'OCDE, que le taux de pauvreté est le plus élevé pour les personnes à partir de 65 ans. Les femmes seules sont les plus touchées. A Séoul, dans le parc Jongmyo, des femmes vieillissantes se prostituent (alors que la prostitution est vivement réprimée) auprès de vieux messieurs après leur avoir proposé une boisson énergisante appellée "Bacchus". C'est là que l'on peut trouver Youn So-young, une femme de 65 ans qui emmène ses quelques clients dans une petite chambre d'un hôtel voisin. Lors d'une consultation à l'hôpital dont je vous passe les détails, elle prend sous son aile un petit garçon d'origine philippine dont la mère vient de poignarder un des médecins. La mère accuse l'homme d'être le père de son fils. Je m'attendais à suivre l'évolution des relations entre Youn et le petit garçon. Et ça commence comme cela. Youn vit en colocation dans un grand pavillon avec un jeune homme unijambiste et un transsexuel. Très vite, le personnage du petit garçon disparait de l'image sans raison précise et l'histoire s'attache à Youn So-young et à certains de ses clients fidèles et à d'autres qu'elle a connus. Car si la vieillesse est dure pour cette femme, les hommes ne sont pas mieux lotis. Elle revoit un homme qui a eu une attaque immobilisé dans une chambre d'hôpital, un autre qui perd la mémoire et un troisième qui ne se remet pas de la mort de sa femme. Je ne vous en dis pas plus, si ce n'est que c'est un film étrange dans le déroulement de l'histoire. La fin est inattendue. Vous pouvez vous laisser tenter car l'actrice principale, Young Yuh-jung est remarquable. Je l'avais vue dans The Housemaid en 2010 où elle jouait une grand-mère abjecte.

Je passe à The Charmer, un film danois à propos duquel j'aprouve un sentiment mitigé, à cause surtout de la fin qui m'a rendu le personnage principal antipathique. The Charmer raconte l'histoire d'Esmail, un Iranien réfugié au Danemark qui drague avec succès dans un bar "select" les femmes scandinaves. Il veut en trouver une qui soit accepte de faire un mariage "gris", soit se porte garante de lui afin qu'il obtienne des papiers qui lui permettrait d'être régularisé sur le territoire danois. Esmail exerce un travail de déménageur "au noir". Il est menacé d'être extradé d'ici peu de temps. Un soir, il recontre Sarah, une jeune Iranienne qui est née et a vécu au Danemark. Elle vit là avec Leila, sa mère, une femme respectée dans la communauté iranienne danoise. Esmaïl tombe amoureux d'elle et cela semble assez réciproque, mais des obstacles surviennent, notamment un homme dont la femme qui été la maîtresse d'Esmaïl s'est suicidée. Ces péripéties cassent un peu l'ambiance du film. Et, je le répète, j'ai été déçue par la fin. Je m'attendais à un épilogue différent. L'acteur principal dont c'est le premier film a un regard à faire fondre un iceberg même si ce n'est pas mon type d'homme.

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lundi 30 juillet 2018

Une pluie sans fin - Yue Dong

L'histoire d'Une pluie sans fin du réalisateur chinois Yue Dong (c'est son premier film) rappelle beaucoup celle du film Memories of a murder de Joon-ho Bong sorti en France en 2004 (c'était aussi le premier film du réalisateur sud-coréen). D'ailleurs, j'écrirai bientôt un billet sur Memories of Murder que je viens de revoir en Blu-Ray dans une très belle édition qui vient de sortir.

Pour en revenir à Une pluie sans fin, l'histoire se passe en 1997 (année de la rétrocession de Hong-Kong à la Chine). Yu Guowei fait partie du service de sécurité d'une entreprise d'Etat fabriquant de l'acier, située dans la province du Hunan dans le sud de la Chine. Un jour, il se fait virer de l'usine avec d'autres ouvriers, mais cela ne l'empêche pas de revenir dans ce lieu pour mener une enquête. En effet, Yu a été appelé par la police afin qu'il aide les policiers à élucider le meurtre de plusieurs jeunes femmes dont les corps ont été retrouvés près de l'usine. Yu Guowei est plein d'enthousiasme et d'idées pour trouver le meurtrier. Pendant son enquête, il va croiser la route de Yanzi, une jeune prostituée à qui il va acheter un salon de coiffure. Il croise aussi la route du tueur. Cela donne lieu à une course-poursuite mémorable (la meilleure séquence du film). Mais quand je suis sortie de la salle de projection, je me suis fait la même réflexion qu'une autre spectatrice : que de pluie! Que de pluie! Pratiquement omniprésente du début à la fin. Une pluie sans fin fait une description peu réjouissante de la Chine. Je dirais que j'ai trouvé le film intéressant mais avec des "trous" dans le scénario qui lui donnent un côté décousu. C'est d'abord un film policier, mais il y a le reste: un portrait de la Chine en 1997 et les rapports plein de non-dits entre Yu et Yanzi. Cela fait beaucoup pour un seul film. Il manque quelque chose pour que cette oeuvre soit un grand film même si je peux vous le conseiller. Lire les billets de Pascale et larroseurarrose.

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vendredi 27 juillet 2018

The guilty - Gustav Möller / Zama - Lucrecia Martel

Voici deux films à voir ou pas selon vos affinités.

Je commence par Zama de Lucrecia Martel. Un fim âpre et fiévreux qui m'a fait penser à Jauja pour les paysages argentins, pour l'histoire: la confrontation entre les indigènes et les colons blancs. Zama, adapté d'un roman datant de 1956 d'Antonio di Benedetto (1922-1986), se passe au XVIIIème siècle, dans une région reculée entre l'Argentine, le Brésil, la Bolivie et le Paraguay. Diego de Zama , un "corregidor" (un juge), espère ardemment recevoir une lettre du vice-roi qui lui permettra de retourner à la "civilisation" vers Buenos Aires afin de retrouver sa famille. Zama se met à attendre cette letre et commence à perdre pied. Il tombe malade physiquement et mentalement. Je n'ai pas trouvé qu'il y avait vraiment une histoire, mais ce film comporte des plans magnifiques. Il y a un très beau travail sur l'image, l'éclairage, la lumière, la composition des plans et sur le son. Zama est un film sensoriel dont on n'oublie pas la dernière séquence qui m'a paru atroce. Strum en parle très bien.

Je passe au film danois, le premier long-métrage écrit et réalisé par Gustav Möller The Guilty, qui lui, m'a fait penser à The Call, sur un peu le même sujet. Mais dans The Guilty, la caméra ne quitte pratiquement pas de l'oeil pendant tout le film Asger Holm (personnage principal) ni l'endroit où il se trouve. Il y a unité de lieu, de temps et d'action. Pour son dernier soir avant d'être jugé (on saura un peu plus vers la fin), Asger travaille dans un central d'appels d'urgence. Charge à lui, de transmettre l'appel reçu à qui de droit. Sauf quand une femme désespérée l'appelle. Elle est en train de conduire une voiture sous la contrainte de quelqu'un. Asgar essaye de garder le contact avec elle. Par ailleurs, la petite fille de la femme appelle Asger, et je ne vous en dis pas plus. Au fur et à mesure que le film se déroule, on a des révélations sur qui est qui et pourquoi. Le suspense est tenu juqu'au bout. A part quelques collègues autour d'Asger, on entend uniquement des voix au téléphone. On ne verra jamais les quelques autres protagonistes du drame. Un bon thriller. 

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dimanche 15 juillet 2018

Woman at war - Benedikt Erlingsson

Malgré les quelques bémols de Pascale, je vous conseille d'aller voir Woman at war (Une femme en guerre). Petite paranthèse: j'aimerais savoir pourquoi ce titre en anglais pour la sortie en France, alors qu'il s'agit d'un film islandais dont le titre original est Kona fer í stríð (traduction littérale de "Femme en guerre"). Cela doit être plus vendeur...  Je ferme ma parenthèse.
Toujours est-il que l'histoire commence quand Halla (une très belle femme) fait sauter des fils électriques de pylones avec une arbalète dans les paysages sublimes d'Islande. Elle provoque une panne générale de courant dans la région de Reykjavik et en particulier dans une usine d'aluminium. Entre deux sabotages, Halla reprend ses activités "normales" dans la capitale comme chef de choeur de chorale très appréciée. L'Islande est en émoi à propos de ces sabotages et l'étau commence à se resserrer autour d'elle. Heureusement qu'un cousin et la soeur d'Halla (elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau) vont lui venir en aide. Et Hella qui, à 49 ans, est toujours célibataire, va enfin pouvoir adopter une enfant suite à une demande qu'elle avait faite quatre ans auparavant. Il s'agit de Nika, une petite Ukrainienne, orpheline de père et mère et qui a vu mourir sa grand-mère. Je vous laisse découvrir comment Halla pourra partir en Ukraine malgré le fait qu'elle soit traquée en Islande. Chaque séquence du film comporte de la musique, car un trio de musiciens accompagne Hella dans toutes ses périgrinations et un choeur de trois Ukrainiennes fait quelques apparitions. Un film à voir en VO, car on a le plaisir d'entendre la langue islandaise. L'actrice principale Halldóra Geirharðsdóttir est sensationnelle et les paysages arides d'Islande donnent envie d'aller les découvrir. Un joli film plein de poésie.

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mardi 26 juin 2018

Pororoca, pas un jour ne passe - Constantin Popescu

Avant qu'il ne disparaisse des écrans, je voudrais évoquer Porocora du réaiisateur roumain Constantin Popescu. Comme l'écrit si bien Pascale dans son billet, on sort rincé du film. Je dirais même plus, on est sonné. Le film dure 2H30 et pendant ce laps de temps, on assiste à la descente aux enfers d'un homme "monsieur tout-le-monde", Tudor Ionescu. Cet homme, la trentaine, est marié et père de deux enfants, Ille, 7 ans, et Maria, 5 ans et demi. Pendant les vingt premières minutes du film, on voit Tudor sur un banc qui parle au téléphone à propos de son boulot pendant que ses deux enfants jouent pas loin de lui. Ils sont dans un grand parc à Bucarest avec un lac ou une rivière en contrebas. Tout à coup, Tudor se rend compte que Maria, qu'il a perdue de vue quelques instants, a disparu. Malgré la police qui fait au mieux (l'agent qui est son interlocuteur est un homme posé qui fait tout pour raisonner Tudor), malgré des affiches de Maria scotchées un peu partout, elle est introuvable. C'est là que le couple formé par Tudor et sa femme Christina explose. Cristiana repart chez ses parents avec Ille et ne manquant pas d'accuser Tudor d'être parti avec deux enfants et d'être revenu avec un seul. Au fur à mesure que les jours passent, Tudor se transforme physiquement, il se laisse aller. Il n'a de cesse de revenir régulièrement dans le parc pour observer les gens et en particulier un homme. Tudor est convaincu que cet homme que l'on voit souvent de loin est responsable de la disparition de la fillette. La dernière séquence d'une violence inouïe dure une dizaine de minutes et s'achève sur un écran noir et le silence. Il faut noter l'interprétation exceptionnele de Bogdan Dumitrache dans le rôle de Tudor qui a reçu un prix d'interprétation amplement mérité au festival du film de San Sébastian, en septembre 2017.

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jeudi 14 juin 2018

Champions - Javier Fesser / La mauvaise réputation - Iram Haq

Suite à mes deux billets précédents, voici les 4ème et 5ème films qui m'ont plu.

Je commence par Champions (Campeones), un sympathique film espagnol de Javier Fesser qui raconte comment Marco, un entraîneur d'une équipe professionnelle de basket-ball se retrouve à entraîner une équipe de déficients mentaux (trisomiques et autres). Pour avoir conduit en état d'ébriété, Marco est condamné à trois mois de travaux d'intérêt général par une juge dont le neveu fait partie de l'équipe. Par ailleurs, Marco a des problèmes relationnels avec sa compagne qui est prête à avoir un enfant tandis que lui, non. Entraîner cette équipe composée d'hommes et d'une jeune fille "différents" et aux caractères bien à eux n'est pas une mince entreprise. Certains d'entre eux sont des handicapés de naissance, d'autres ont eu des traumatismes au cours de leur vie qui les ont fait devenir ce qu'ils sont. Marco veut se défiler plusieurs fois mais il ne peut pas, la juge y veille, tout comme un vieil homme qui coordonne l'équipe. Bien évidemment, tout va aller de mieux en mieux. Marco va s'attacher à eux et réciproquement. Un joli film qui peut changer le regard du spectateur sur les handicapés si ce n'est pas le cas.

Je passe à La mauvaise réputation d'Iram Haq. Pascale a eu du mal à se remettre de la projection. On peut la comprendre. En Norvège, dans la communauté pakistanaise, Nisha, 16 ans, vit presque une double vie. A l'extérieur, elle mène une vie d'Européenne, elle voit des amis, elle fréquente des garçons. Chez elle, c'est une autre histoire, elle obéit à ses parents, à cheval sur les traditions, qui n'admettent pas qu'une fille puisse fréquenter un garçon s'il ne se marie pas avec elle. Ils craignent le "qu'en-dira-t-on". Le titre original du film en urdu est "Qu'est-ce que les gens vont dire?". Mirza, le père, un être doux en apparence, devient violent, quand, une nuit, il surprend Nisha dans sa chambre avec un garçon. Mirza tabasse gravement le petit ami et Nisha se réfugie dans un foyer où elle est prise en charge par les services sociaux. Plus tard, quand Nisha revient chez ses parents, elle est enlevée par son père et son frère qui l'emmènent loin. Son père l'accompagne jusqu'au Pakistan chez sa soeur et son beau-frère. Là, elle devra devenir une bonne Pakistanaise. Elle est vraiment prisonnière et ne peut aller nulle part. Je vous laisse découvrir les humiliations qu'elle va subir avant son retour en Norvège. Comme Pascale, je n'ai aucune sympathie pour les adultes, la mère et la tante de Nisha sont à mon avis les pires. On se demande comment elles peuvent se comporter ainsi entre femmes. A priori, le personnage de Nisha ressemble à la réalisatrice qui a écrit le scénario. Pendant 26 ans, cette dernière n'a pas revu ses parents. Son père l'a contactée peu de temps avant qu'il ne décède. Elle lui a pardonné.

Pour l'anecdote, j'ai vu le film dans une immense salle de province d'au moins 400 places, nous étions... 3 spectatrices (je dis bien: zéro spectateurs). C'est peu. Dommage car le film vaut largement la peine qu'on aille le voir.

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