dimanche 20 mai 2018

Senses 1, 2, 3, 4 et 5 - Ryûsuke Hamaguchi

senses

A Paris et j'espère ailleurs, on peut voir un film japonais de plus de 5 heures divisé en 3 parties et donc trois séances, Senses (Toucher, écouter, voir, sentir et goûter) de Ryûsuke Hamaguchi. La version intégrale des trois parties en continu a été projetée lors de séances spéciales. Le film qui date de 2015 ne sort que maintenant. Mieux vaut tard que jamais. Les quatre actrices principales été très justement récompensées par un prix d'interprétation au festival de Locarno en 2015. Akari (une infirmière divorcée), Sakurako (la mère au foyer mère d'un grand adolescent), Fumi (mariée qui s'occupe d'une galerie) et Jun (enceinte qui veut divorcer de son mari) sont bonnes amies, même si on se rend compte au fur et à mesure de l'histoire que les liens qui les relient sont fragiles. Elles se sont connues par l'entremise de Jun. Ce film permet de suivre le chemin personnel de chacune de ces femmes après que l'une disparait (Jun). Certaines séquences sont longues (le stage de développement personnel ou la lecture publique d'une histoire) mais jamais ennuyeuses. J'ai aimé ces portraits de femmes dans le Japon contemporain où l'on assiste à un procès en divorce dans un tribunal avec un débat assez violent. Le film est riche même s'il ne se passe pas grand-chose. Par ailleurs, les personnages masculins sont en retrait mais cela ne minimise en rien leur importance. Je retiens la beauté de certains plans, le travail sur la mise en scène et les quatre actrices dont c'est le premier fim. Elles sont magnifiques. Lire les billets de Chris et ffred.

PS: en parlant de film japonais, je suis ravie que Hirokazu Kore-Eda dont j'ai vu presque tous les films jusqu'à présent ait été récompensé par une Palme d'or hier soir, 19 mai 2018, au Festival de Cannes. J'ai hâte de voir le film récompensé.

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mardi 8 mai 2018

La révolution silencieuse - Lars Kraume / Comme des garçons - Julien Hallard

Cela serait dommage que vous passiez à côté de La révolution silencieuse de Lars Kraume. Je ne sais pas si le film rencontre son public d'autant plus que j'ai constaté que les critiques étaient un peu tièdes: "film académique, mise en scène convenue", etc. Ce film allemand raconte comment quelques lycéens, en 1956 à Berlin-Est pendant un cours d'histoire, ont respecté deux minutes de silence en hommage aux victimes faisant suite à l'insurrection de Budapest en Hongrie. La répression par les soviétiques fut terrible. C'est l'année du bac pour Kurt, Théo, Erik, Lena et les autres. C'était cinq ans avant le construction du mur. Les habitants de Berlin-Est étaient autorisé à passer à l'Ouest pour rendre visite à de la famille. Kurt va souvent sur la tombe de son grand-père enterré à Berlin-Ouest. Il emmène la plupart du temps Theo avec lui. Ils allaient souvent deux par deux au cas où l'un des deux serait arrêté. Un jour, ces jeunes gens vont écouter une radio clandestine chez l'oncle d'un des leurs. C'est là qu'ils apprennent les événéments de Budapest. Les deux minutes de silence décidée par l'un d'entre eux et accepté par les autres provoquent la colère de leur professeur qui en réfère au directeur. Un engrenage s'enclenche et une envoyée du pouvoir est-allemand mène l'enquête. Il lui faut un coupable qui sera sévèrement puni. Elle met la pression sur tous ces élèves qui résistent. Tous les coups, même les coups bas, sont permis. On fait connaissance des familles de ces élèves. Certains sont des notables, d'autres des ouvriers. Les convictions de chacun sont différentes et le nazisme reste dans les mémoires. D'ailleurs, ce passé douloureux joue un rôle partiel dans le dénouement du film que j'ai trouvé passionnant. Les jeunes comédiens sont tous remarquables. Un très bon film.

Je voudrais maintenant parler de Comme des garçons de Julien Hallard, un film sans prétention et sympathique qui raconte comment une équipe de France de foot féminine fut créée en 1970 à Reims. Un journaliste sportif du journal local a l'idée de créer une équipe de football féminine pour qu'elle joue à l'occasion d'une kermesse. Les candidates passent un entretien, elles sont jeunes ou moins jeunes, plus oui moins jolies, salariées pour quelques-unes et presque toutes mariées. A cette époque encore, le mari doit donner la permission pour que sa femme puisse jouer au football. Nous sommes pourtant après mai 68! Ces femmes toutes motivées pour jouer au foot s'entraînent malgré les obstacles administratifs, le machisme ambiant et la misogynie. Il faut voir Emmanuelle Bruno (Vanessa Guide), une secrétaire compétente et fille d'un ancien footballeur, dribbler de manière magistrale. Allez voir le film pour l'originalité du sujet.

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mercredi 2 mai 2018

Sonate pour Roos - Boudewijn Koole / Game Night - Jonathan Goldstein / Jersey Affair - Michael Pearce

Après avoir écouté les conseils d'une critique de l'émission Le Masque et la Plume, je suis allée voir Sonate pour Roos de Boudewijn Koole (un réalisateur hollandais). Roos, une femme photographe, revient auprès de sa mère (professeur de piano) et de son jeune frère Bengt, dont le passe-temps favori est d'enregistrer des sons. L'histoire se passe en Norvège dans des paysages enneigés loin de tout. Le film baigne dans une atmosphère ouatée. On comprend très vite qu'entre Roos et sa mère, une femme austère, les rapports sont tendus. En revanche, Roos et Bengt sont très complices. Roos (Rifka Lodeizen, magnifique) est revenue parce qu'elle doit faire une annonce à sa mère et à son frère. Nous, spectateurs, on sait très vite ce qu'il en est. Le film traite des relations mère-fille et d'autres choses. Le tout est traité avec délicatesse et douceur et j'ai aimé la fin, mais je n'avais vraiment pas le moral quand je suis sortie de la projection.

C'est pour ça que deux jours après, je suis allée Game Night de Jonathan Goldstein. J'ai trouvé le film distrayant. Les acteurs jouent le jeu (si je puis dire). Max (Jason Bateman) et Annie (Rachel McAdams), qui ont une libido au point mort, se rattrapent en s'amusant à des jeux de sociétés avec deux autres couples une fois par semaine. Un jour, Brooks, qui a réussi dans ses affaires, vient rendre visite à son frère Max. Il l'invite lui, sa femme Annie et les deux autres couples, à une soirée jeu inoubliable. Je m'arrête là pour le résumé, car l'histoire comporte plein de rebondissements où il est question d'un oeuf de Fabergé, d'un Bulgare, d'un kidnapping, d'une liste, d'une belle voiture rouge, d'un voisin étrange, policier de son état. Ce n'est pas la comédie du siècle mais c'est plaisant.

Je termine avec Jersey Affair de Michael Pearce. Comme son titre l'indique, l'histoire se passe dans l'île de Jersey, île où est né le réalisateur qui a aussi écrit le scénario. J'ai découvert à cette occasion la beauté de l'île très pentue. Moll (Jessie Buckley, une révélation) est une jeune femme perturbée qui vit avec sa mère despote et le père qui perd la tête. Un jour, elle fait la connaissance de Pascal Renouf, un jeune blond aux ongles sales, à l'allure sauvage. Elle tombe amoureuse de lui (et réciproquement). Pendant ce temps, l'île vit dans la peur, des jeunes femmes sont assassinées. Et Pascal devient vite le suspect numéro 1. On est assez vite pris par cette histoire à l'atmosphère inquiétante. Pascal est-il coupable ou non? Qu'en est-il de Moll? Le film m'a plu, sauf les cinq dernières minutes que j'ai trouvé ratées, car un peu "gore" à mon goût. C'est dommage car le reste du film vaut la peine. Lire le billet de Pascale.

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mercredi 18 avril 2018

The Third murder - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Tel père, tel fils, I wish, Notre petite soeur, Après la tempête et Still walking, je suis allée sans hésitation voir The Third murder (le troisième meurtre en VF). J'ai beaucoup aimé même si j'ai trouvé le rythme de ce film très lent, et il dure deux heures. Il ne s'agit pas vraiment du même genre d'histoire que dans les films précédents. La scène d'ouverture montre Misumi, un homme d'une cinquantaine d'années, tuer un homme d'un coup mortel à la tête au bord d'une rivière. Dans la scène suivante, Misumi qui a avait déjà été arrêté 30 ans auparavant pour un meurtre, est emprisonné et attend son procès. Il risque la peine de mort. Pour le défendre, Shigemori, un jeune avocat, vient le voir souvent pour lui parler et il se met à douter de la culpabilité de son client. En effet, Misumi est un homme énigmatique et peu bavard mais qui dit tout et son contraire quand on l'interroge. Les scènes de parloir sont passionnantes. Le réalisateur a une manière de placer sa caméra qui nous fait oublier qu'il y une vitre de séparation entre les deux hommes. Il faut noter l'importance de la fille de la victime. Jusqu'à la fin, le spectateur s'interroge sur la culpabilité de Misumi. Le film est très bien interprété. Pascale est du même avis. Et, petite question pour ceux qui auront vu le film, "Quel est le troisième meurtre en référence au titre car pour moi, avec les sous-titres, il n'est fait mention que de deux meurtres": la peine de mort elle-même, "meurtre légal"?

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jeudi 8 mars 2018

Wajib, L'invitation au mariage - Annemarie Jacir / Lady Bird - Greta Gerwig

Voici deux films réalisés par des femmes. Ces deux films plutôt modestes sont très réussis. Je vous les recommande.

Je commence par Wajib, l'invitation au mariage (Miriam en dit beaucoup de bien) de la Palestinienne Annemarie Jacir. En Palestine, à Nazareth, Abu Shadi et Shadi, un père et son fils,partent en voiture distribuer l'invitation au mariage d'Amal, la fille du premier et la soeur du second. C'est une tradition dans cette région. Plutôt que de l'envoyer par la Poste, on la livre à domicile. Pendant des années, Abu Shadi, un professeur à la retraite, a élevé seul ses deux enfants, sa femme l'ayant quitté pour un autre. Shadi, son fils devenu architecte, vit désormais à Rome avec une italienne. Il est revenu exprès pour le mariage de sa soeur. Dans son pantalon rouge et ses cheveux en catogan, il détonne un peu dans le décor. Lui et son père discutent de choses et d'autre. Dans leur parcours en voiture, on constate que les ordures ne sont pas toujours ramassées dans les rues; et de même, les façades de certaines maisons sont défigurées par des bâches plastiques. La mère qui vit désormais aux Etats-Unis a aussi promis de venir. Les deux hommes passent d'une maison à l'autre jusqu'au coup de théâtre final au moment où Abu Shadi se confronte à son fils. C'est un dialogue très fort. Les deux acteurs principaux qui sont palestiniens, Mohammad et Saleh Bakri, père et fils dans la vie sont excellents. J'avais beaucoup apprécié Saleh Bakri dans Salvo (2013), Girafada (2013) et La visite de la fanfare (2007) dans lequel joue aussi son père.

Je passe à Lady Bird de l'actrice et maintenant réalisatrice Greta Gerwig. Pour son premier film dont elle a aussi écrit le scénario, il semble qu'elle se soit plus ou moins inspirée de sa propre jeunesse. A Sacramento, en 2002, Christine McPherson, presque 18 ans, qui se fait appeler Lady Bird, vit des moments difficiles entre sa mère, infirmière protectrice envers elle, son père qui vient de faire licencier de sa boîte, et le fait que Sacramento, elle en a "ras le bol". Elle rêve d'entrer dans une grande université sur la côte Est. Pour les nuls en géographie, Sacramento est la capitale de la Californie. J'ai aimé le ton du film pas niais du tout. C'est léger et tendre. Greta Gerwig: une réalisatrice prometteuse. Un joli film que Valérie et le Bison ont bien apprécié aussi.

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mercredi 14 février 2018

Three billboards - Martin McDonagh / In the Fade - Fatih Akin

Un mois après sa sortie, je vais enfin évoquer Three billboards de Martin McDonagh. Ce film devrait être récompensé aux prochains Oscars (après les Golden Globes), au moins dans les catégories "Actrice" et "Acteur dans un second rôle". Tout a été déjà écrit sur les blogs ou ailleurs, et dit à la radio. A Ebbing, une petite ville du Missouri, Mildred Hayes (Frances McDormand, impressionnante) ne décolère pas contre la police locale depuis sept mois. Sa fille a été violée et tuée (son corps a été retrouvé brûlé). Malheureusement, le meurtrier n'a toujours pas été appréhendé. Mildred a un sacré caractère et elle jure comme un charretier. Divorcée d'un mari qui l'a quittée pour une fille (nettement) plus jeune, elle vit avec son fils. Afin que la police reprenne l'enquête, Mildred loue trois panneaux publicitaires plantés juste à la sortie de la ville sur une petite route. En gros caractères sur fond orange, elle interpelle le chef de police (Woody Harrelson, très bien) qui prend évidemment très mal la chose. L'histoire est pleine de rebondissements Les personnages dont Dixon, l'adjoint du shérif, ne sont pas spécialement sympathiques, mais ce sont des humains avec leurs défauts. J'ai aimé le film pour les dialogues très écrits (cela s'apparente presque à du théâtre), mais j'ai trouvé tout de même que l'ensemble manquait parfois de finesse. A voir pour les prestations des acteurs avec une mention spéciale à Sam Rockwell qui joue Dixon. C'est un acteur que j'apprécie beaucoup. Mention aussi à Peter Dinklage (James), en amoureux éconduit qui sauve la mise à Mildred. Lire les critiques enthousiastes de Pascale, Tinalakiller, Miriam, Anne et celle plus mesurée de ffred (dont je me sens proche).

Je passe à In the Fade de Fatih Akin. L'histoire m'a touchée. C'est beaucoup dû à la prestation exceptionnelle de Diane Kruger. Elle interprète une femme qui se fait justice elle-même en pratiquant la loi du talion. Katja formait un beau couple avec Nuri. Ils ont eu un petit garçon, Rocco. Nuri et Rocco sont victimes d'un attentat à la bombe dans l'officine de Nuri. Le film est découpé en trois parties. Celle du milieu, le procès, est passionnante. On pourra trouver que le scénario n'est pas très bon, que Fatih Akin a été plus inspiré dans ses long-métrages précédents. Mais, pour Diane Kruger, allez voir le film. Elle a amplement mérité son prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes en 2017. Lire le billet de Matchingpoints.

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dimanche 21 janvier 2018

Kedi, des chats et des hommes - Ceyda Torun / L'échange des princesses - Marc Dugain

Ca y est, la qualité des sorties cinématographiques s'améliore même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je commence avec un documentaire turc, Kedi, des chats et des hommes, qui s'attache aux pattes de quelques chats stambouliotes. En effet, Istanbul est la ville des chats que l'on voit partout dans les rues. Ils n'ont pas de maîtres attitrés mais ils sont nourris par la population. La caméra est souvent au ras du bitume. Et les chats ne semblent pas sauvages. Parmi les sept ou huit héros du film, il y a en particulier Psikopat, une chatte, véritable terreur qui fait peur aux chats alentours, même aux matous. Gare à ceux qui s'approchent trop près d'elle. Un homme explique que les chats l'ont sauvé d'une grave dépression. Le film est sympathique, sans plus. A priori, ces colonies de chats sont menacés par les contructions modernes bâties sur des parcs où se réfugiaient ces félins. Ils ont de moins en moins d'espace vital dans la ville dont on voit de belles vues panoramiques. Lire le billet de Henri Golant.

Je continue avec L'échange des princesses réalisé par Marc Dugain d'après l'ouvrage de Chantal Thomas. Le film commence en 1719, le jeune roi Louis XV a 9 ans. Avec le jeu d'alliances pour sceller la paix en Europe et par décision de Philippe d'Orléans, le Régent de France, le futur roi est fiancé en 1721 à Marie-Anne Victoire de Bourbon âgée de 3 ans (!!). Elle est la fille de Philippe V, roi d'Espagne qui est lui-même le petit-fils de Louis XIV. Dans le même temps, il est décidé que Mademoiselle de Montpensier, une des filles du Régent, devienne l'épouse du futur Louis 1er d'Espagne, lui-même fils de Philippe V (vous me suivez?). J'ai trouvé les jeunes acteurs absolument sensationnels (mention spéciale à la jeune Juliane Lepoureau qui interprète Marie-Anne Victoire). Ils sont très à l'aise dans leurs rôles d'enfants à qui l'on demande de devenir des adultes trop tôt. Il faut noter que Marie-Anne Victoire que l'on considérait comme inapte à procréer est restée 4 ans en tant que fiancée du Roi. Il semble qu'elle ait à peine grandi pendant qu'elle a vécu à Versailles. Renvoyée en Espagne, elle est devenue par la suite reine puis régente du Portugal et elle a eu quatre filles (comme quoi). Pour revenir sur le film, on peut noter le soin pour les décors et les costumes et la prestation de Catherine Mouchet en gouvernante du jeune roi. Lire le billet de Pascale.

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lundi 15 janvier 2018

Films à éviter en ce début d'année 2018

Comme je l'ai laissé entendre dans mon billet précédent, il y a quelques films que vous pouvez vous passer de voir à mon avis en ce début d'année 2018.

Je commence par Normandie nue de Christian Le Guay que je me réjouissais d'aller voir, avec un sujet sympa: un photographe américain a le coup de foudre pour un champ en Normandie (le champ Chollet) et il souhaite que les habitants du Mèle sur Sarthe, voisins du champ, se fassent photographier nus. En l'occurrence, la plupart des habitants sont des éleveurs de bétail qui se battent pour survivre puisque les prix du lait et de la viande baissent. Le maire du village, Balbuzard (François Cluzet), voit une bonne opportunité de faire connaître leurs problèmes. Je m'attendais à sourire voire à rire mais l'ensemble est poussif. On se demande à quoi servent certains personnages comme Thierry Levassaeur (François-Xavier Demaison) qui joue un Parisien allergique à la campagne. D'autres sont caricaturaux comme le boucher qui ne veut pas que sa femme, ex-Miss Calvados, se déshabille. Contentez-vous de voir la bande-annonce. C'est ce qu'il y a de plus réussi du film. Je m'attendais à mieux du réalisateur d'Alceste à bicyclette ou des Femmes du 6ème étage.

Je continue avec Vers la lumière de Naomi Kawase. Le film avait été sélectionné au dernier festival de Cannes. Quelle déception! On est très loin des Délices de Tokyo. Aucune émotion dans cette histoire d'une jeune femme, Misako Ozaki, qui écrit des textes audiodescriptifs de films à destination de personnes malvoyantes avec qui elle travaille en étroite collaboration. Elle se lie en particulier avec un photographe qui perd la vue. Par ailleurs, le père de Misako est décédé depuis longtemps et la maman qui perd la tête croit qu'il va revenir. L'image n'est pas très belle, la musique envahissante. Je ne suis pas entrée dans le film. Je n'ai même pas fait attention à comment cela se terminait.

Je termine avec un OFNI (objet filmique non identifié). J'avais été attirée par la bande-annonce et la distribution. J'ai même du mal à retenir le titre du film de Joan Chemla, Si tu voyais son coeur, et je ne pourrais pas vous dire comment il se temine non plus. C'est son premier long-métrage, et il bénéficie d'une distribution de qualité: Gaël Garcia Bernal, Nahuel Perez Biscaryart, Marina Vacth, Karim Leglou ou Wojciech Pszoniak. Le film a été paraît-il filmé à Marseille. Daniel (Gaël Garcia Bernal), un gitan, se sent responsable de la mort de son meilleur ami Costel (Nahuel Perez Biscayart). Rejeté par sa communauté, il trouve à se loger dans un hôtel étrange, Le Métropole, où vivent des paumés, des drogués, des laissés-pour-compte. Le film dégage une atmosphère étrange et on sent une menace envers certains des personnages. On est dans l'onirique. Mais je suis restée perplexe. Vraiment pas le genre de film que je conseille.

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vendredi 12 janvier 2018

Le grand jeu - Aaron Sorkin / El presidente - Santiago Mitre

Avant d'aborder des films très décevants de ce début d'année, je veux évoquer deux films qui m'ont plu chacun dans leur genre même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je commence par Le grand jeu d'Aaron Sorkin. Je suis allée voir le film pour Jessica Chastain et je ne l'ai pas regretté. Elle est sensationnelle dans le rôle de Molly Bloom qui de skieuse est devenue organisatrice de parties de poker à la fin des années 2000 pour le "Tout Hollywood", pour des milliardaires texans ou des financiers de Wall Street ou même la Mafia russe. Fille d'un psychologue, Molly Bloom (comme l'un des personnages d'Ulysse de Joyce) aurait pu faire tout à fait autre chose de sa vie mais suite à un concours de circonstances, elle devint serveuse de cocktails dans un bar. Le patron la remarquant, lui demanda de l'assister dans l'organisation de parties de poker clandestines. Elle accueillait les joueurs et gèrait les jeux. Peu de temps après, elle s'est mise à son compte. Pour tenir éveillée pendant 4 ou 5 jours que duraient les parties, elle a commencé à prendre des médicaments, des excitants et de la drogue. Les parties se jouaient avec des mises de départ de 250000 dollars. Elle est restée dans les limites de légalité jusqu'à ce qu'elle accepte des commissions sur les parties. Le FBI s'en est mêlé. Le scénario du film est tiré du livre que Molly Bloom a écrit et publié en 2014. Le rythme du film d'autant plus trépidant que Molly narre cette histoire incroyable en voix off. Jessica Chastain arrive à porter des tenues hyper sexy sans jamais tomber dans la vulgarité. Elle est impériale. Un film à voir rien que pour elle et tant pis si vous ne comprenez rien au poker (comme moi). Lire le billet de Pascale.

Je passe à El Presidente (titre original La Cordillera) de Santiago Mitre. L'histoire se passe en effet au Chili dans la Cordillère des Andes. Hernan Blanco, le président d'Argentine, participe à un sommet de chefs d'état d'Amérique Latine. Ils doivent se mettre d'accord sur l'exploitation d'énergie en Amérique du sud. Hernan Blanco, qui a pas mal de charisme (Riecardo Darin, impeccable), vient d'être récemment élu. Il incarne l'homme ordinaire, un président "normal". Mais rien n'est lisse, rien n'est simple chez cet homme dont la fille très perturbée l'accuse d'un meurtre. Pendant ce temps-là, les discussions géopolitiques se déroulent dans un hôtel perdu au milieu de nulle part dans un paysage enneigé. J'ai trouvé cette partie de l'histoire passionnante. A la fin du film, plein de questions restent en suspens. J'ai aimé l'atmosphère ouatée qui dégage de l'ensemble alors évidemment, la musique tonitruante du générique de fin détonne un peu. Je conseille ce film malgré quelques défauts dans le scénario. Lire les billets d'Anne.

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jeudi 4 janvier 2018

Le rire de Mme Lin - Tao Zhang / The Wedding Plan - Rama Burshtein

Voici les deux films que j'ai vus le 1er janvier 2018 comme je l'avais annoncé dans mes voeux. Ils étaient projetés dans le même cinéma "Art et Essai" sur les Champs Elysées.

Autant, pour Le rire de Mme Lin, la salle n'était pas très pleine, autant, pour l'autre, c'était presque complet. Dehors, le temps était détestable.

Le rire de Mme Lin, un film chinois financé en partie par la France, s'apparente presque à un documentaire. Il y a peu de dialogues. L'image est sombre. De nos jours, dans une province reculée de Chine, Mme Lin, filmée souvent de profil et avec la tête baissée, est une dame âgée aux cheveux blancs qui vit seule dans sa maison ouverte à tous les vents. C'est une masure en piteux état. Un jour, elle tombe par terre. Ses enfants qui ne vivent pas avec elle décident de la mettre dans un hospice. L'établissement est complet mais la direction compte sur le décès prochain d'une des pensionnaires gravement malade. On fait d'ailleurs visiter à Mme Lin, la chambre avec la personne alitée... Pauvre Mme Lin qui parle peu et refuse d'aller dans cet hospice. En attendant son hypothétique admission, des arrhes ayant été versées, cette veuve de six enfants se retrouve ballotée d'une famille à l'autre, d'une maison à l'autre. Elle est une charge, une bouche inutile qui coûte cher en médicaments. Et par-dessus tout, Mme Lin se met à rire pour un oui ou pour un non. Elle "tape sur le système" des membres de sa famille qui arrivent à la reléguer dans  l'étable à côté de la vache. La fin du film en musique est absolument terrible. Mme Lin ne méritait pas ça. Même si le film ne m'a pas totalement convaincue, on est touché par le destin de cette vieille femme. Notre époque moderne ne sait pas toujours quoi faire de nos anciens, surtout quand ils déclinent. C'est pourtant un problème qui prend de l'ampleur avec l'augmentation de l'espérance de vie.

Je passe au film israélien The wedding plan (Le projet de mariage) qui est illuminé par la présence de Noa Koler présente dans chaque plan ou presque. Agée d'une trentaine d'années, Michal (Noa Koler), une Juive hassidique pratiquante qui croit au mariage pour la vie, a décidé de se marier. Tout est prévu, la salle, le jour, le nombre d'invités (200). Petit problème, elle ne sait pas encore qui sera l'heureux élu car l'homme qu'elle devait épouser lui avoue qu'il ne l'aime pas. Michal a encore un mois pour trouver l'homme de sa vie qu'elle épousera le 8ème jour d'Hanoukka (en décembre), la fête des lumières. Ce jour-là, il se passe un miracle dans la tradition juive. Michal rencontre plusieurs hommes qui pourraient lui plaire, dont Yos, un jeune rocker au sourire et au regard à faire fondre un iceberg (c'est mon côté midinette qui parle). Est-ce que Michal va se marier et avec qui? Je vous laisse le découvir. Le film est un peu bavard mais Noa Koler vaut la peine que l'on aille voir le film. De la réalisatrice, juive hassidique elle-même, j'avais vu Le coeur a ses raisons (2012) qui m'avait plu. Lire le billet d'Anne.

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