samedi 16 octobre 2021

Boîte noire - Yann Gozlan/ Shang-chi et la légende des dix anneaux - Destin Daniel Cretton/ Gaza mon amour -Tarzan & Arab Nasser

Je viens de me rendre compte que je suis allée "pas mal" au cinéma et j'ai du retard dans mes billets.

Boîte noire de Yann Gozlan prouve que l'on peut être à la hauteur du cinéma américain dans le cinéma d'action sans temps mort. Matthieu est acousticien au BEA. Après la disparition mystérieuse d'un de ses collègues, on lui demande d'enquêter sur le crash d'un avion dans les Alpess. Il s'agissait d'un vol Dubaï-Paris. L'enquête conclut assez rapidement que cela pourrait être un attentat terroriste dans lequel le terroriste fait partie des victimes. Matthieu n'est pas convaincu par cette conclusion car dans la boîte noire de l'avion, il entend des voix et des bruits qu'il n'arrive pas à identifier. Pierre mène une enquête qui remet en question beaucoup de choses et qui implique sa femme et son meilleur ami. Le film est très bien mené et bien interprété par un Pierre Niney convaincant. André Dussollier qui joue son supérieur hiérarchique est toujours impeccable. Il faut noter le personnage intéressant interprété par Olivier Rabourdin. Lire les billets de Choup, Géraldine, Pierre D, Selenie, Wilyrah, Pascale.

Je passe à Shang-chi et la légende des dix anneaux. Le personnage de Shang-chi est issu des Marvel Comics. Il a été créé dans les années 70. Vous avez l'histoire complète narrée sur Wikipedia. Ce qui m'a plu, ce sont les effets spéciaux assez époustouflants. Un gros serpent surgit de l'eau et tournoie dans le ciel, tandis que le père de Shang-chi fait tout pour abattre une montagne, derrière laquelle il croit qu'il va récupérer sa femme décédée depuis des années. Les dix anneaux du titre lui donnent une force incroyable et la vie éternelle. Tout est chorégraphié avec maîtrise. Visuellement, l'ensemble est superbe et j'ai été très contente de revoir Michèle Yeoh qui joue la tante de Shang-chi, et Tony Leung Chiu Wai en "méchant". Il joue le père de Shang-chi. J'ai trouvé qu'il avait pris un "coup de vieux" depuis In the Mood for Love et 2046. Lire le billet de Wilyrah.

Je termine avec Gaza mon amour, réalisé par deux frères jumeaux, Tarzan et Arab Nasser, qui ont d'ailleurs dédié le film à leur père. Issa, un vieux pêcheur gazaoui, est toujours célibataire mais il est bien décidé à enfin se marier avec Siham, une couturière dont il est tombé amoureux. Siham (Hiam Abbass) est veuve et elle vit avec sa fille, elle-même divorcée. Tous les jours, Issa part pêcher dans les eaux pas très étendues qui sont allouées aux Gazaouis. Sa pêche lui permet de gagner sa vie. Un jour, au lieu de poissons, Issa trouve dans ses filets une belle statue d'Appolon en bronze avec un phallus bien visible. Rentré chez lui avec la lourde statue, il la fait tomber et le phallus se détache de la statue. Les autorités du Hamas se mettent à persécuter Issa et s'emparent de la statue sans son appendice. J'ai aimé le ton du film qui est une comédie sentimentale. La conclusion du film est charmante et sympathique. Lire le billet de Chris.

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mercredi 6 octobre 2021

Au nom de la loi - Pietro Germi

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Avant de repartir à Riga, j'ai souhaité vous emmener en Sicile en 1948-1949 avec Pietro Germi (1914-1974). Avec mon ami, on vient de voir Au nom de la loi (In nome della Legge en VO), publié en DVD/Blu-Ray tout récemment. Nous ne l'avions jamais vu. L'histoire est adaptée d'un roman écrit par un magistrat et juriste, Giuseppe Guido Loschiavo (1899-1973). Il semble que c'est le premier film qui parle ouvertement de la Mafia. Le film commence dans une contrée désertique. Un homme attend le train qui doit le reconduire à Palerme. On ne saura pas pourquoi il s'en va. Son successeur Guido Schiavi (Massimo Girotti) vient d'être nommé juge dans la petite ville de Capodorso où les coutumes ont la vie dure. Face à lui, il va affronter un baron, propriétaire terrien qui a mis au chômage toute une partie de la population après avoir fermé une mine de soufre de la région. Ce baron qui est un être détestable (il bat sa femme) est épaulé pour défendre ses terres par des hommes à cheval et fusil à l'épaule, dirigés par Passalacqua (Charles Vanel, surprenant), le chef de la mafia locale. Guido ne reste pas insensible au charme de la femme du baron. Les paysages de ce film pourraient faire penser à certains décors de western et les hommes à cheval font penser aux cow-boys dans lesdits westerns. Le juge est un idéaliste qui aimerait changer les choses, mais il a du mal. Je ne vous dirai rien de la fin qui peut sembler optimiste. Il faut noter que le scénario adapté a été écrit par Pietro Germi lui-même, Mario Monicelli et Federico Fellini (si, si). Un très bon film à (re)découvrir.

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vendredi 3 septembre 2021

Les sorcières d'Akelarre - Pablo Agüero

Le film Les sorcières d'Akelarre de l'Argentin Pablo Agüero nous raconte une histoire qui se passe au Pays Basque côté espagnol en 1609. Le réalisateur s'est inspiré d'une "chasse aux sorcières" menée par Pierre de Lancre (1553-1631) dans la région du Labourd. Il était conseiller au Parlement de Bordeaux sous Henri IV. Appelé par un jeune prêtre de la région, de Lancre arrive en tant que juge accompagné d'un conseiller. Six jeunes filles d'un village de pêcheurs sont arrêtées car elles sont accusées d'avoir participé à une cérémonie diabolique, un sabbat. Elles sont condamnées d'avance au bûcher. Ces jeunes femmes belles, libres et intelligentes même si elles n'ont pas appris à lire et à écrire vivent la plupart de l'année seules car les hommes sont partis pêcher à Terre-Neuve. Interrogées les unes après les autres, elles sont torturées, humiliées. Quand on les interroge, on cherche une marque sur leur corps. Ana, la plus rusée des six, décide d'entrer dans le jeu du juge en avouant qu'elle est en effet une sorcière. Telle Shéhérazade, elle se met à raconter des histoires à de Lancre qui est comme envoûté. Malgré cela, le sort de ces jeunes filles est scellé mais pas de la manière que l'on croit après une cérémonie de Sabbat plus vraie que nature. J'ai été sensible à la manière dont le réalisateur filme caméra à l'épaule. C'est aéré et jamais pesant. Un très bon film qui sort des sentiers battus.

Lire les billets de Selenie, Baz'art et Pascale.

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vendredi 27 août 2021

Drive my car - Ryusuke Hamaguchi

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Après Senses 1, 2, 3, 4 et 5 et Asako 1&2, Drive my car du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, qui vient de sortir, a été récompensé du prix du scénario au dernier Festival de Cannes 2021. Ce film qui dure 3 heures raconte la rencontre, à Hiroshima, de Yusuke Kafuku, 47 ans, acteur et metteur en scène de théâtre, et de Misaki, une jeune femme de 23 ans qui est devenue chauffeur d'invités de la ville car elle ne sait rien faire d'autre. Le film s'ouvre avec un préambule qui dure plus d'une demi heure, où l'on fait la connaissance de Yusuke et de sa femme Oto. Cette dernière est scénariste pour la télévision. On apprend rapidement qu'ils ont perdu leur petite fille âgée de cinq ans plusieurs années auparavant. Le couple est encore uni, même si Oto a des relations charnelles avec d'autres hommes quand son mari est absent. Un jour, Yusuke revient chez lui et trouve sa femme inanimée. Elle vient de décéder d'une attaque cérébrale. Le générique apparait et on retrouve Yusuke deux ans après. Il est invité à Hiroshima pour mettre en scène Oncle Vania pendant un festival. Les organisateurs l'obligent à ce ne pas conduire sa voiture, et c'est donc Misaki qui va lui servir de chauffeur. Il faut évoquer les scènes se rapportant aux répétitions de la pièce. D'abord, c'est une lecture autour d'une table. Les acteurs et actrices choisis sont de différentes nationalités: hong-kongaise, chinoise, japonaise et coréenne, et ils ne s'expriment que dans leur langue. Parmi eux, il y a une Coréenne sourde et muette qui s'exprime dans le langage des signes. Le réalisateur a très bien su filmer Hiroshima, ville moderne, sans que l'on voit les traces du passé. Petit à petit Yusuke et Misaki se confessent l'un à l'autre, lui qui ne se remet pas du décès de sa femme et elle qui n'aimait pas sa mère, mais qui néanmoins se sent responsable de sa mort. Ils vont jusqu'à traverser une partie du Japon du sud au nord en voiture et aller jusqu'à l'île d'Hokkaïdo où habitaient Misaki et sa mère. La séquence finale où l'on voit les acteurs jouer Oncle Vania face à une salle comble est un moment très émouvant. Je n'ai pas forcément tout aimé dans ce film (sa durée par exemple), mais je vous conseille de le voir. L'histoire est adaptée d'une nouvelle de Haruki Murakami. Lire les billets du Bleu du miroir, miriam et Pascale.

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mardi 3 août 2021

La loi de Téhéran - Saeed Rouastee

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Quel film que La loi de Téhéran de Saeed Rouastee, sorti mercredi 28 juillet 2021! Dès la première image, j'ai été captivée. On est dans une rue de Téhéran. Des flics encerclent une maison. Un des policiers est dehors et, tout à coup, il voit une ombre sur le toit. L'ombre se déplace et saute dans la rue. L'ombre, qui est un homme jeune, se met à courir. Le flic se met à courir derrière lui. Ils courent vite. L'homme, un dealer, passe par dessus une palissade en métal et il tombe de l'autre côté, je vous ne dirai pas où et ce qu'il lui arrive. Et pendant ce temps, le flic cherche désespérément le dealer qui a laissé tomber un paquet de drogue par terre juste avant de disparaître. Dans l'une des séquences suivantes, on voit des vrais accros au crack entassés dans des énormes cylindres qui servent de matériaux de construction. C'est une vraie cour des miracles où les enfants et les femmes côtoient des hommes drogués jusqu'aux yeux. Certains sont même décédés comme le découvre un des  policiers arrivé sur place pour emmener toute de cette population qui n'offre pas vraiment de résistance. Les postes de police à Téhéran semblent immenses pour recueillir autant de personnes d'un coup. Samad, un policier des stups et l'un des personnages principaux du film, est un homme obstiné qui veut trouver le pourvoyeur de drogue de la ville où on a dénombré plus de 6,5 millions de toxicomanes. Les dealers détenteurs de 5 grammes ou 500 kg sont pratiquement assurés d'être condamnés à mort. Et les toxicomanes sont aussi lourdement condamnés. Samad arrive à trouver Nasser K., un des parrains de la drogue. Nasser, à son tour, devient le personnage essentiel de ce polar haletant avec beaucoup de dialogues. C'est un film foisonnant avec une vraie épaisseur dans les personnages. Il faut noter les interprétations exceptionnelles des acteurs, dont Payman Maadi (Samad) et le beau Navid Mohammadzadeh (Nasser K.). L'un des grands films de 2021. Lire le billet d'Henri Golant.

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vendredi 18 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 3/3

Le Discours de Laurent Tirard est tiré du roman éponyme de Fabcaro (que je n'ai pas lu). Adrien, jeune trentenaire, s'adresse aux spectateurs en disant ce qui va suivre. Adoptant le point de vue d'Adrien, le récit alterne voix off et confession face caméra. Il y a aussi des flash-back. Quand l'histoire commence, Adrien attend désespérément que sa compagne Sonia (Sara Giraudeau), qui voulait faire une "pause" dans leur relation, réponde à un SMS qu'il lui a envoyé peu de temps auparavant. Adrien s'interroge sur sa vie sentimentale et a du mal à participer aux échanges pendant un des nombreux dîners familiaux entre ses parents, sa soeur Sophie, et Ludo, son futur beau-frère, qui parlent de choses passionnantes comme les avantages du chauffage au sol. Le père d'Adrien évoque toujours les mêmes anecdotes. Le discours du titre est celui que Ludo a l'idée de demander à Adrien à l'occasion de son futur mariage avec Sophie. Adrien est pris de court, ne s'attendant pas du tout à cette demande. Vu il y a une semaine, j'avoue que j'ai déjà presque oublié ce film dont on peut attendre la sortie télé. J'espère que le roman est mieux. 

200 mètres d'Ameen Nefeh raconte l'histoire poignante de Mustafa, séparé de sa famille par le mur dressé entre la Cisjordanie et Jérusalem est. La femme de Mustafa et ses trois enfants vivent du côté Jérusalem est, tandis que Mustapha et sa vieille mère vivent du côté palestinien. 200 mètres les séparent. Mustafa n'a pas voulu prendre la nationalité israélienne. Sa femme et ses enfants font régulièrement l'aller-retour entre Jérusalem et la Cisjordanie, en passant les checkpoints, pour voir Mustafa. Les habitations de chaque côté du mur se font face à face. C'est chaque fois une attraction pour les enfants de voir au loin leur père qui s'amuse à éteindre et allumer des lumières sur la terrasse familiale. Mustafa ne se plaint pas quand il est obligé de passer les postes de contrôle pour passer en Israël afin de travailler sur des chantiers. Jusqu'au jour où il apprend que son fils aîné, âgé d'une dizaine d'années, a été renversé par une voiture et qu'il a été hospitalisé. Il veut à tout prix aller voir son fils. Et c'est là que son odyssée commence. Son badge magnétique qui lui permet de passer le mur ayant expiré, il découvre le monde des passeurs qui emmènent des Palestiniens vers la zone israélienne. Le voyage est interminable. Différents passagers embarquent dans une camionnette. Parmi eux, il y a une jeune femme blonde et son compagnon. Elle tourne un reportage. Le voyage est périlleux. On sent une montée du suspense et de l'angoisse. J'ai apprécié que le film ne soit pas manichéen. Je le conseille.

Je termine avec Un printemps à Hong-Kong de Ray Yeung, qui se passe de nos jours. Deux hommes d'un certain âge font connaissance dans un jardin. L'un est divorcé et a élévé seul son fils. Il est grand-père d'une petite fille dont il s'occupe beaucoup. L'autre, chauffeur de taxi, est marié depuis plusieurs années. Père de deux enfants adultes, il est aussi grand-père d'une petite fille. D'un simple coup d'oeil, ils savent ce qu'ils sont vraiment : deux homosexuels qui n'ont jamais fait leur "coming out". On suit ces deux hommes qui se retrouvent dans un sauna fréquenté par des hommes, dans des groupes de paroles. Ils sont touchants. On sent qu'ils sont contents de se fréquenter même si c'est éphémère. Un film pudique. 

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dimanche 30 mai 2021

Hospitalité - Kôji Fukada

Voici un film japonais tout à fait recommandable.

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Hospitalité de Kôji Fukada a été tourné en 2010 mais il sort seulement maintenant, en 2021. Le Japonais Kôji Fukada est aussi le réalisateur d'Harmonium (2016) et L'infirmière (2019). L'intrigue d'Hospitalité pourrait faire penser tout d'abord au film coréen, Parasite, mais pas du tout.

Mikio Kobayashi vit avec Natsuki, sa seconde épouse, Eriko, sa petite fille issue de son premier mariage, et Seiko, sa soeur, dans la maison familiale à un étage. Au rez-de-chaussée se trouve une petite imprimerie gérée par Mikio. Il est aidé par sa femme qui s'occupe des commandes et de la comptabilité et un employé. Pendant son temps libre, Natsuki enseigne des notions d'anglais à Eriko. C'est à cause de la disparition de la perruche d'Eriko, et des affiches imprimées d'avis de recherche de l'oiseau, qu'un élément perturbateur apparait en la personne d'Hanataro Kagawa qui se dit être le fils d'un ami du père décédé de Mikio. Il affirme savoir où se trouve la perruche mais les recherches restent vaines. En revanche, Hanataro va troubler la tranquillité de la famille. Il devient indispensable à la bonne marche de l'imprimerie après que l'employé est tombé malade. Mikio l'embauche et Hanataro s'installe dans une chambre à l'étage. Peu de temps après, Annabelle, une jeune femme blanche pas farouche  (la femme d'Hanataro), vient à son tour s'installer parmi la famille, qui regarde cette jeune femme non-japonaise avec des yeux ronds. Il faut savoir que le Japon a une population immigrée très faible, qui est considérée d'un mauvais oeil. Hanataro se montre vite curieux et inconvenant envers cette famille. On ne devine pas ses intentions. Jusqu'à ce qu'il invite toute une bande de garçons et filles de différentes nationalités qui vont squatter toute la maison. Heureusement (si je puis dire), les voisins veillent. En particulier une femme qui fait signer une pétition contre les sans-abri. L'histoire, un peu invraisemblable, m'a paru sympathique. Il y a des moments assez amusants avec un peu de folie et de piquant et tout est bien qui finit pas trop mal.

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jeudi 27 mai 2021

Si le vent tombe - Nora Martirosyan

si le vent tombe

Grâce au cinéma grand écran, je suis partie en voyage dans une région que l'on ne trouve même pas sur Google Earth, le Haut-Karabakh, une enclave arménienne dans l'Azerbaïdjan. J'ai donc vu Si le vent tombe qui avait été sélectionné dans la compétition cannoise de l'an dernier. Bien entendu, le film a été tourné bien avant la dernière guerre qui a eu lieu d'octobre à novembre 2020 entre le Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan. Pour ceux qui l'ignore, le Haut-Karabakh est une république autoproclamée depuis 1991 mais qui n'est pas reconnue par l'ONU. Alain Delage (Grégoire Colin, très bien) arrive en Haut-Karabakh. Son passeport n'est pas tamponné. Le voyage depuis France a consisté en un déplacement en avion jusqu'à Erevan (Arménie) et à partir de là, il a été conduit en voiture pendant huit heures jusqu'aux environs de la ville principale, Stepanakert. Il n'y a qu'une route. Il est accueilli par le responsable de l'aéroport (notre petite cathédrale aéroportuaire, comme il dit). Car Alain est là pour un audit qui permettra ou non que cet aéroport fantôme (pour le moment, aucun avion ne décolle ou n'atterrit) fonctionne. Cela donnerait à la région une reconnaissance de la communauté internationale. Alain doit rester pour quelques jours. Tout le personnel de cet aéroport se met à sa disposition pour lui rendre les choses faciles. Alain se pose néanmoins des questions comme "Quelle est la distance jusqu'à la frontière?" ou "est-ce que les avions pourront faire demi-tour en cas de besoin?". Dès le début de son audit, Alain a remarqué un petit gamin qui transporte de l'eau dans des bonbonnes. Il coupe à travers champ et passe et marche près de la piste de l'aéroport. Avec d'autres, ce même gamin joue à la guerre avec des armes et des munitions qui sont entreposées dans un bâtiment en ruine. La réalisatrice a pris le temps de nous faire ressentir la beauté des paysages et le calme apparent qui y règne. Mais elle sait aussi filmer la guerre vers la fin du film. Un film que je conseille absolument.

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dimanche 23 mai 2021

Une vie secrète - Aitor Arregi, Jon Garaño et Jose Mari Goenaga

Une vie secrète (La Trinchera infinita en VO), un film espagnol réalisé conjointement par trois réalisateurs, évoque 33 ans de la vie d'Higino Blanco et de sa femme Rosa entre 1936 et le début du Franquisme jusqu'en 1969.  Ce film m'a plu malgré sa longueur: 2H27. Higinio (Antonio de la Torre) et Rosa (Belén Cuesta) viennent de se marier quand la guerre d'Espagne éclate. Ils n'ont même pas eu le temps de partir en voyage de noces. Le film est découpé en chapitres plus ou moins long avec des verbes ou des noms communs en référence à ce qui arrive à Higinio. En 1936, cet homme est un Républicain recherché par les phalangistes qui réussissent à l'attraper, avant qu'il ne s'évade d'un camion. Après s'être enfui dans la campagne, il est contraint de revenir chez lui où il va se cacher dans une cache sous le sol de sa cuisine. Sa femme va être interrogée et maltraitée par les phalangistes, en particulier par un voisin Gonzalo qui épie et dénonce tout le monde. Il accuse Higino d'avoir tué son frère. Il est certain qu'avant d'être poursuivi, on ne sait pas ce qu'a fait Higino et ses camarades. Le temps passe, on est en 1944-45, Higino attend la victoire des alliés mais rien ne change en Espagne, Franco est toujours là. Higinio et sa femme emménagent chez le père d'Higinio dans le même village d'Andalousie. Là se trouve une cache plus grande dont l'entrée sont les portes d'un buffet. J'ai aimé le personnage de Rosa qui, même si elle ne se cache pas (elle n'est pas recherchée), va vivre la même vie recluse que son mari. Elle va néanmoins tomber enceinte et donner naissance à un petit garçon appelé Jaime qu'elle fait passer pour son neveu. Il y a plein de péripéties dans et autour de l'espace clos où Higinio est cloîtré. En 1969, Franco accorde l'amnistie à tous les crimes commis avant 1939. Le personnage d'Higinio est inspiré du destin d'une centaine de personnes qui ont vécu 30 ans terrés chez eux. On les a appelés les "topos", les taupes. C'est un film où il ne faut pas être trop claustrophobe. La caméra est très près des personnages dans des pièces exiguës. On a parfois l'impression parfois d'étouffer. Un film qui risque de passer inaperçu (peu de critiques dans la presse) et c'est bien dommage. Lire le billet de Wilyrah

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jeudi 20 mai 2021

Drunk - Thomas Vinterberg

Ca y est, les cinémas sont rouverts et pour ma première séance, hier soir, je suis allée voir Drunk de Thomas Vinterberg. L'histoire se passe à Copenhague de nos jours. Dans un lycée, quatre enseignants, Martin, Tommy, Peter et Nikolaj, respectivement  professeur de d'histoire, de sport, de philosophie et de musique, manquent de motivation. Martin est devenu ennuyeux. Il ne sait plus quoi raconter à ses élèves. Chez lui, ce n'est pas mieux. Il voit à peine sa femme qui fait des gardes de nuit et ses enfants ne l'écoutent plus. Le soir de l'anniversaire des 40 ans de Nikolaj, les quatre enseignants se retrouvent au restaurant. Lors de leur dîner bien arrosé (champagne, vodka et vin de Bourgogne), ils évoquent un philosophe norvégien qui a théorisé sur le fait que l'humain a besoin de 0,05 gr d'alcool dans le sang pour mieux supporter son existence et pour développer sa créativité. Dès son retour chez lui, Martin commence à mettre en pratique cette idée et il commence par boire du vin et puis des alcools de plus en plus forts, jusqu'à 20 heures en semaine, et pas le week-end. Ses collègues se joignent assez vite à lui dans des séances de saoulographie pour le moins spectaculaires. Quand on voit ces personnages à l'écran, on se demande comment ils font pour tenir. On les plaint beaucoup et on les envie un peu d'oser faire quelque chose pour essayer de changer leur vie d'homme. Les quatre acteurs sont formidables, Mads Mikkelsen en tête, qui prouve encore une fois être un très bon acteur et un bon danseur. Le final du film a un côté euphorisant. On a envie de chanter et danser.

Lire les billets de Pascale, ffred, mymp, et Wilyrah qui a écrit une critique et a interviewé le réalisateur.

Dans la salle, on était une cinquantaine de personnes qui ont gardé leur masque. J'étais vraiment ravie de cette soirée. Je me sens revivre.

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