lundi 3 octobre 2011

Films vus et non commentés depuis le 23/07/2011 (suite)

Avant qu'il ne soit trop tard, voici trois films à voir absolument.

Le cinéaste allemand Werner Herzog a eu l'autorisation de filmer les peintures rupestres polychromes vieilles de 35 000 ans de la grotte Chauvet (du nom du découvreur). Cette grotte située en Ardèche, découverte en décembre 1994 par une équipe d'archéologues, a tout de suite été interdite au public (pour éviter les mêmes dégradations qu'à Lascaux). Ce que la caméra nous montre à hauteur d'homme est grandiose et émouvant, surtout filmé en 3D (à bon escient). On ne se lasse pas de voir et revoir pendant de longues minutes ces peintures (quatre magnifiques chevaux, par exemple) ou certaines roches en calcite (on dirait de la dentelle). Mais, selon moi, ce documentaire, La grotte des rêves perdus, aurait pu encore être plus passionnant si certaines questions avaient été posées comme: quelle est la signification de ces dessins? Comment ont-ils été faits? Avec quels ingrédients? Et quels instruments? Comment nos ancêtres fabriquaient-ils leur couleur? Nulle explication. Des interviews comme celle du parfumeur (qui a un "nez") n'ajoutent rien. Seule l'intervention de la conservatrice du site m'a semblé intéressante mais trop courte. Mais rien que pour les peintures, courez voir ce film.

Blackthorn de Matteo Gil, un film que je vous conseille (et je ne suis pas la seule), bénéficie d'une interprétation épatante de Sam Shepard en grande forme, qui trouve un de ses plus beaux rôles en incarnant Butch Cassidy vieillissant. Le film m'a d'autant plus plu qu'il se passe en Bolivie, pays où j'aimerais bien retourner pour visiter des endroits comme le désert de sel d'Ayuni (le peu que j'avais vu en 2001 m'avait enthousiasmée). En 1927, Butch Cassidy que tout le monde croit mort depuis longtemps (voir les flash-back ponctuant l'histoire dans lesquels on retrouve aussi Sundance Kid et Etta Place), décide de revenir au pays. Sur son chemin, il fait la connaissance d'un Espagnol poursuivi par des ouvriers d'une mine. Les rôles féminins ne sont pas que figuratifs. Dommage que ce film sorti en catimini n'ait pas eu plus d'échos car il aurait mérité un succès public. Blackthorn, d'un réalisateur espagnol que je ne connaissais pas, est un excellent film.

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal est une fable tragi-comique à laquelle il manque peut-être un peu de profondeur et une vraie réalisation pour se substituer à un scénario truffé d'invraisemblances. Mais qu'est-ce que j'ai ri (et je n'étais pas toute seule) aux (més)aventures de Jafaar et de son cochon du Vietnam. Le film se passe bien évidemment à Gaza, où le porc est considéré comme une "souillure". C'est donc sur le mode humoristique que le réalisateur a pris le parti de raconter la cohabitation difficile entre deux peuples qui s'affrontent. Jafaar, pêcheur endetté et pas très en veine (du point de vue pêche), voit apparaître dans ses filets un cochon noir vietnamien. C'est le ciel qui lui tombe sur la tête, il veut s'en débarrasser à tout prix (il n'arrive même pas à en prononcer le nom: "borc" [pig - big]). Sans dévoiler davantage l'histoire, je peux évoquer (dans le désordre) le cochon dopé au Viagra, comment Jafaar n'est pas capable de tirer sur ce cochon avec une kalachnikov à 1m50, comment Jafaar vit misérablement avec sa femme dans une masure (avec un trou d'obus en guise de fenêtre et qui sert de poste de garde à des Israéliens), comment un bel olivier devient une victime expiatoire du conflit, comment le cochon se retrouve déguisé en mouton, etc. C'est un film revigorant avec une fin optimiste.

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jeudi 15 septembre 2011

Balada triste - Alex de la Iglesia *

Je vais publier successivement des billets dans les jours qui viennent sur les films que j'ai vus depuis fin août 2011.

Je commence par celui qui est sorti déjà depuis le 22 juin, Balada triste, un film d'Alex de la Iglesia*, recommandé par quelques blogueurs comme Thomas Grascoeur. J'ai réussi à le voir car il se donne encore à des séances de midi dans une salle à Paris. C'est un film espagnol (pas conseillé pour tous les publics) tonitruant, foisonnant, outré, violent, et cru. L'histoire se déroule dans l'univers du cirque ou plus précisément parmi les clowns. En 1937, un clown blanc en costume se trouve enrôlé de force dans une milice de Franco. Il n'a pas froid aux yeux et tue à tour de bras. Il sera fusillé sous les yeux de son jeune fils, Javier. 36 ans plus tard, en 1973 (deux ans avant la mort de Franco), Javier devenu aussi un clown blanc est engagé dans un cirque. Il tombe tout de suite éperdument amoureux de la voltigeuse qui se trouve être la petite amie du clown au nez rouge, lequel est un être violent et peu recommandable mais qui fait rire les enfants. C'est l'histoire d'une rivalité amoureuse entre ces deux hommes hors normes qui aboutit à des extrémités que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de l'Espagne sous Franco, même si ce n'est pas explicite. L'une des séquences finales qui se passe dans le futur mausolée dédié au Caudillo est absolument grandiose. Je peux vous dire que tout finit très mal et que la "Balada triste" du film est le titre d'une chanson dont le titre en entier est Balada triste de trompeta. Moi qui avais peur des clowns quand j'étais petite, ce film me les a fait voir sous un jour nouveau. Je vous recommande ce film pour son lyrisme, son histoire, pour la beauté de certains plans, et les acteurs sont formidables.

* et non Guillermo del Toro comme je l'avais écrit par erreur et comme me l'a fait justement remarquer Thomas (voir ci-dessous).

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jeudi 25 août 2011

La Piel que habito - (Pedro) Almodovar

[Suite à la lecture de deux des commentaires sous ce billet, et sans toucher au texte de Dasola, je me permets de signaler que le billet "en question" contient du SPOILER. Avis!
(s) Ta d loi du cine, "squatter" chez Dasola]

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Ma mise entre parenthèse du prénom du réalisateur est volontaire: en effet, cela fait plusieurs film que je vois où ce réalisateur est mentionné uniquement sous son nom de famille dans le générique du début. Envie de créer une "marque", ego surdimensionné ou simple coquetterie? Toujours est-il que le dernier "Almodovar" m'a beaucoup plu, en particulier la deuxième partie plus enlevée et qui est assez fidèle au roman. Le film est flamboyant, cruel et tragique, avec une fin déchirante, où une femme qui a perdu son fils se retrouve face à quelqu'un d'autre. Adapté du roman de Thierry Jonquet, Mygale, que je vous conseille, La Piel que habito (La peau que j'habite) décrit une vengeance terrible d'un homme envers un autre en le transformant en femme. Robert Ledgard (Antonio Banderas très bien dans un registre froid et clinique) est un chirurgien esthétique rongé par le chagrin suite au suicide de sa femme, défigurée par un accident, et à la maladie mentale de sa fille traumatisée par cette tragédie. Je ne vous dirai pas pourquoi il s'en prend au jeune Vicente qui deviendra Vera (Elena Anaya, très belle jeune femme). Toujours est-il que c'est une histoire sur la métamorphose d'un corps, sur la transgénèse, sur le voyeurisme aussi. La demeure où habite Ledgard est truffée de caméras. On se demande jusqu'à quel point Vera n'est pas consentante à propos de ce qui lui arrive. D'une certaine façon Almodovar ou d'autres réalisateurs façonnent leurs acteurs de la même manière. On retrouve le style d'Almodovar dans les plans travaillés, l'image et la couleur (très belles), dans la scène du "Tigre" (pas de très bon goût, mon seul bémol sur ce film). A part ça, je vous conseille de voir ce film qui ne va pas plaire à tout le monde mais qui laisse un souvenir durable (à mon avis, le meilleur Almodovar depuis La mauvaise éducation). Voir les billets de Neil, Thomas Grascoeur, Kathel et Véranne.

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vendredi 19 août 2011

Melancholia - Lars Von Trier

Que dire de ce film en général, et de l'histoire en particulier? Cela commence comme une suite de tableaux où des personnages et des chevaux au milieu d'un paysage au ton vert sont presque figés avec Tristan et Isolde de Richard Wagner en fond sonore, et cela se termine par une magnifique séquence d'apocalypse avec la planète Melancholia qui percute la terre, où deux femmes et un petit garçon sous un abri formé par des branches (comme un tipi indien sans la toile) attendent le choc final. Entre ces deux séquences, deux histoires:
- Première partie: "Justine", où une fête de mariage débute avec une limousine qui a du mal à avancer et se termine en masquarade; et,
- Deuxième partie: "Claire", qui nous montre la relation de deux soeurs, Justine et Claire, dont l'une souffre d'une grave dépression tandis que l'autre fait tout pour lui être agréable, et pendant ce temps-là, la planète Melancholia s'approche inexorablement de la Terre.

J'aime le début et la fin du film, la compassion que Claire a envers sa soeur Justine, certains plans comme les mini-montgolfières éclairées qui s'envolent dans la nuit, et la deuxième partie, "Claire", dans son ensemble.

En revanche, je n'aime pas de nombreux éléments:
La façon de filmer avec ces suites de plans hachés (très "Dogme") auxquels je suis pourtant habituée mais qui là m'ont pas mal gênée.
Je n'ai pas aimé les personnages tous assez antipathiques ou sans relief comme le mari.
La demeure immense où se passe l'histoire, au milieu d'un parc avec un parcours de golf, m'a paru sinistre.
Je n'ai pas aimé la première partie qui tourne en rond et aboutit à une impasse.
Je n'ai pas aimé le côté artificiel de cette première partie, et en particulier Justine qui se déshabille pour prendre un bain dans une baignoire, et qui, le plan suivant, est à nouveau en robe de mariée (avec ses voiles) comme si de rien n'était.
Je n'ai pas aimé le pli amer sur la bouche de Charlotte Rampling.

Le film dure deux heures. Une heure aurait suffi et Melancholia aurait mérité mes louanges.
Voir les billets de ffred, phil siné, neil, Thomas grascoeur, Alain (du ciné d'Alain), Alex, Wilyrah, Brize, Veranne et j'attends de lire celui de Ed avec impatience [et le voici].

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mardi 26 juillet 2011

The murderer - Hong-jin Na

Ayant bien apprécié The Chaser, je me suis décidée à aller voir The murderer de Hong-jin Na. Que dire? J'ai aimé, mais trop c'est trop (d'hémoglobine). Ca gicle, ça dépiaute. Que de sang! Que de cadavres! Et toutes les tueries se font à l'arme blanche: hache, couteau, sans parler de fémur de gros animaux. Pendant la dernière heure, cela n'arrête pas. Il y a quelques courses-poursuites en camion et voiture assez mémorables. A part ça, l'histoire est menée tambour battant avec un Coréen, chauffeur de taxi, qui vit dans une province autonome coréenne située en Chine. Joueur invétéré de mah-jong, il perd plus qu'il ne gagne. Il doit une grosse somme d'argent à rembourser sous peine de mort. Il se trouve obligé d'accepter un marché auprès d'un trafiquant peu recommandable: tuer un homme à Séoul. Il a 8 jours pour mener à bien sa mission. Il se rend compte qu'il n'est pas le seul à avoir cette sinistre besogne. Il l'apprend à ses dépens, et de chasseur il devient chassé. Cela ne l'empêche pas d'en profiter pour rechercher sa femme partie depuis 6 mois à Séoul et dont il n'a aucune nouvelle. La toute fin qui se passe au milieu de l'eau est pratiquement le seul moment de calme du film. Si vous fermez les yeux de temps en temps (pour ne pas contempler les tueries), je pense que vous pourrez apprécier cette histoire où les relations humaines entre un homme et sa fille ou un homme et sa femme sont essentielles.

Comme annoncé, je prends une petite pause jusqu'au 31 juillet inclus, destination Forêt Noire, Rhin et quelques villes alsaciennes comme Colmar. Mon prochain billet paraîtra le 01/08/11.

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jeudi 14 juillet 2011

Chico et Rita - Fernando Trueba et Javier Mariscal

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Le 6 juillet 2011 est sorti un film que je vous conseille, Chico et Rita de Fernando Trueba et Javier Mariscal. Ce film d'animation flamboyant, coloré, musical en diable avec une très belle histoire d'amour en toile de fond, se déroule sur 50 ans entre Cuba et les Etats-Unis. L'histoire commence à Cuba de nos jours avec un retour en arrière en 1948 où les Cubains menaient une vie insouciante. Chico, jeune pianiste de talent, accompagne des chanteuses comme Rita, femme légère, orgueilleuse mais amoureuse. Leur liaison orageuse les éloigne pour mieux se retrouver et se séparer de nouveau. Partie aux Etats-Unis, Rita devient célèbre; Chico, lui, va accompagner des orchestres comme celui de Dizzie Gillepsie. L'arrivée de Fidel Castro au pouvoir est évoquée en pointillé mais l'histoire d'amour ainsi qu'une chanson intitulée "Rita" rebaptisée par la suite"Lilly" résument le film. Vraiment, vous ne devriez pas regretter de voir ce "dessin animé" pour adultes qui tient toutes ses promesses.

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jeudi 23 juin 2011

Films vus et non commentés depuis le 05/06/11

Ci-dessous 4 films vus récemment et qui en valent la peine (d'être vus), même s'ils ne m'ont pas tous convaincue.

Adapté d'un roman de Ken Bruen, London Boulevard de William Monahan m'a bien distraite. Le film est violent certes mais il y a beaucoup d'humour et la fin de l'histoire, que je ne révélerai pas, vous prend par surprise. Mitchel (Colin Farrell) sort de prison. Il devient garde du corps (et plus si affinités) d'une actrice qui s'est mise en retrait du monde du spectacle (Keira Knightley), poursuivie par des paparazzi. Recontacté par un caïd (Ray Winstone, effrayant), son passé rattrape Mitchel. J'ai trouvé que le film valait la peine d'être vu pour Colin Farrell et David Thewlis (irrésistibles l'un et l'autre). L'histoire est bien ficelée et on a le plaisir de voir Londres et ses environs. Blitz, qui vient de sortir hier mercredi 22 juin 2011, est aussi adapté d'un roman de Ken Bruen (cet écrivain que j'aime beaucoup a le vent en poupe).

Voici un film que j'attendais avec impatience: L'affaire Rachel Singer de John Madden. J'ai été relativement déçue, non par l'histoire (3 agents du Mossad à la poursuite d'un médécin de Birkenau) ou par les interprètes féminines, Helen Mirren et Jessica Chastain excellentes toutes les deux dans le rôle de Rachel à deux âges différents, mais par la réalisation pas très subtile avec ces flash-back répétés de quelques mêmes séquences vus sous un angle différent. La psychologie des deux personnages masculins (Stefan et David) m'a paru assez sommaire. Cela déséquibre le film même si Jesper Christiensen qui joue l'ancien médecin nazi est remarquable dans l'ambiguïté.

Gianni et les femmes de Gianni di Gregorio est de la même veine que Le Déjeuner du 15 août du même réalisateur-scénariste avec Rome comme décor (au printemps ou l'été). Gianni, retraité, la soixantaine encore fringante mais légèrement dépressif, est entouré de femmes: sa mère (une casse-pied qui l'appelle pour un oui ou pour un non et qui dépense de l'argent qu'elle n'a pas), sa femme et sa fille. Il y a aussi une jeune et jolie voisine dont il sort le chien, sans parler de femmes qu'il a connues jadis ou d'autres dont il fait la connaissance grâce à un ami. Gianni voudrait encore séduire mais ce n'est pas simple même en prenant du V*agr*. Il s'agit d'un joli film qui m'a plu même avec ses maladresses.

Enfin, voici un documentaire passionnant: Prud'hommes de Stéphane Goël constitue un "reportage" que j'inscris dans la lignée des fims de Depardon. L'action de Prud'hommes se passe en Suisse à Lausanne. La caméra passe de la salle d'audience aux antennes syndicales ou à l'Inspection du travail. Des hommes et des femmes, licenciés pour la plupart, font la démarche d'intenter une action prud'hommale pour obtenir réparation ou au moins afin de faire reconnaître leur bonne foi. On assiste à des moments de vie cocasses ou émouvants. Le monde du travail est sans pitié (même en Suisse). Je ne peux que vous recommander ce film sorti dans peu de salles à Paris.

vendredi 17 juin 2011

Une séparation - Asghar Farhadi

Une séparation du réalisateur iranien Asghar Farhadi, récompensé par l'Ours d'or du meilleur film et de deux Ours d'argent aux deux acteurs principaux à l'issue du dernier festival de Berlin, est bien à mon avis le chef-d'oeuvre annoncé. Courez le voir. D'ailleurs, deux semaines après sa sortie, c'est un triomphe en France.
Tout est réussi dans ce film: le scénario très bien écrit, la réalisation, l'interprétation. Je retiens la première séquence où Nader et Simin, assis devant le juge (que l'on ne voit pas), se déchirent face à la caméra. Simin veut partir à l'étranger avec sa fille de 11 ans. C'est pourquoi elle demande le divorce. Nader, qui s'occupe de son père atteint de la maladie d'Alzheimer, la laisse partir du foyer conjugal, mais garde sa fille, Termeh. A partir de là, on assiste à un enchaînement d'événements dans lesquels un autre couple (avec une petite fille) joue un rôle essentiel: Hodjat, le cordonnier chômeur souffrant de dépression, et Razieh, sa femme, très attachée aux préceptes de l'Islam, embauchée par Nader pour s'occuper de son père. Un drame survient. On peut noter qu'en Iran, les conflits entre les êtres, la lutte des classes, les problèmes de couple sont les mêmes que partout ailleurs dans le monde. L'histoire montre que les gens vont volontiers devant le juge pour plaider leur cause. Le juge, c'est chaque spectateur qui doute de ce qu'il entend ou de ce qu'il croit voir. C'est tellement bien que je pense retourner le revoir une deuxième fois rien que pour certains scènes du film dont celle que j'ai considéré tout de suite comme la scène-clé: Razieh part à la recherche du père de Nader qui s'est enfui de l'appartement. Cette scène est coupée avant la fin. La séquence finale (une attente) est remarquable. Un des films de l'année 2011 et un réalisateur à suivre après A propos d'Elly. Lire les billets de Chris et Jérémy.

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mercredi 8 juin 2011

L'oeil invisible - Diego Lerman

Même s'il ne se donne plus que dans quelques salles à Paris à des horaires espacés, je voulais parler de L'oeil invisible (La mirada invisible), un film argentin sorti le jour de l'ouverture du Festival de Cannes et qui risque de passer inaperçu. L'histoire se passe en 1982, en pleine dictature, juste avant le début de la guerre des Malouines. Le lieu principal de l'histoire est un lycée mixte, bâtisse austère et martiale comme la discipline de fer qui y règne. Marita, une jeune "pionne", maintient la discipline, se charge de faire l'appel, de vérifier les tenues (chaussettes bleues et pas marron), de faire respecter les distances dans les rangs et surtout de dénoncer les contrevenants (défense absolue de fumer). C'est un film sur la subversion, sur la frustration. Cette jeune femme qui vit avec sa mère et sa grand-mère n'est pas épanouie, on pourrait dire vulgairement qu'elle est "coincée". Elle n'a pratiquement pas de vie sociale en dehors du lycée, qui constitue un microcosme de ce qui se passe dans le pays. Marita fantasme sur certains jeune élèves. Elle se met à les épier dans les toilettes. Le film distille une atmosphère pesante. Je vous laisse découvrir d'où vient le danger. Les dernières séquences très violentes sont réussies. On n'oublie pas le dernier plan. Tout cela pour vous dire que j'ai beaucoup aimé ce film servi par d'excellents comédiens.

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lundi 30 mai 2011

Le gamin au vélo - Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le gamin au vélo des frères Dardenne vient de recevoir le Grand prix (ex-aequo avec le film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan) lors du dernier festival de Cannes. A la différence des précédents, ce long-métrage s'achève sur une note optimiste, pourquoi pas? En revanche, c'est la façon dont on arrive à cette conclusion qui me gène un peu. *spoiler* Tel Lazare, Cyril se relève de sa chute de l'arbre sans une égratignure et sa nouvelle vie va commencer, à moins que...*fin du spoiler*. Pour en arriver là, les réalisateurs ne laissent pas aux spectateurs le temps de souffler. Comme toujours chez les frères Dardenne, tout est filmé au plus près des acteurs. Il n'y a aucune psychologie (ce n'est pas un défaut) mais j'avoue que ce gamin, Cyril, m'a beaucoup crispée. Je comprends qu'il soit un écorché vif, mais pendant le déroulement de l'histoire, on a envie de le prendre entre 4 yeux et de lui dire de se calmer. Cyril, âgé d'une dizaine d'années, a été confié à une institution par son père qui ne peut pas s'occuper de lui. Cela devait être une situation provisoire. Cyril veut retourner chez son père parti sans laisser d'adresse. Il veut aussi récupérer son vélo (son père l'a vendu). Cyril a quand même de la chance de trouver en Samantha, une coiffeuse célibataire (Cécile de France, très bien), un foyer de substitution, mais Cyril est un enfant obstiné qui fugue tout le temps. Voilà l'histoire, et elle ne se termine donc pas trop mal, mais je préfère les Dardenne filmant des histoires plus sombres (plus vraisemblables?) ou avec des fins incertaines. Ceci étant, je vous conseille ce film qui dégage une grande énergie.

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