mardi 2 février 2010

Les chats persans - Bahman Ghobadi

Les chats persans de Bahman Ghobadi, long-métrage iranien très soutenu par Cinefeed/cinefriends, fait une jolie carrière grâce à un bon bouche-à-oreille. C'est une excellente surprise en ce qui me concerne, et je le conseille pour celles et ceux qui veulent découvrir un Iran différent de ce que l'on voit à la télé, loin des clichés habituels. Dans ce film tourné en 17 jours dans la clandestinité, une certaine jeunesse de Téhéran est à l'honneur, incarnée par Negar et Ashkan, une jeune femme et un jeune homme tout juste sortis de prison. Ils veulent former un groupe musical de rock afin de pouvoir partir vers d'autres horizons. Pendant tout le film, on les suit dans leur recherche, d'une part, de quelques musiciens pour leur groupe et d'autre part, d'un passeport et un visa "au noir" (donc onéreux). La séquence où de vieux messieurs fabriquent des faux-papier et énoncent les prix, selon que l'on veut un passeport afghan (cinq dollars), ou américain (plusieurs milliers de dollars), est assez marquante. Comme tout est clandestin, on passe de cave en cave avec une incursion dans une étable. Les chats persans donne l'occasion d'entendre du rock, du rap et du heavy metal (sur la bande originale, je vous recommande un rap en perse Ekhtelaf par Hichkas), et c'est une très belle expérience. Cette musique est totalement interdite par le régime iranien en place. Autre chose proscrite: promener son chien (ou son chat) dans la rue ou dans une voiture. Ce sont des animaux impurs comme la musique. Il y a une scène révoltante où une voiture est arrêtée avec Negar et Ashkan (Negar a un chien sur ses genoux). L'agent de police s'empare du chien. Je n'ose imaginer ce qu'il advient de cette pauvre bête. Et pourtant on n'entend pas une fois parler de religion. Bahman Ghobadi a filmé en numérique dans des conditions précaires. On le sent dans certains plans pris au vol où l'on peut voir par exemple que certains wagons de métro ne sont réservés qu'aux femmes. Un de mes coups de coeur de ce début d'année.

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mercredi 27 janvier 2010

Deux films vus et non commentés pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Voici deux films que je considère comme ne méritant pas un billet individualisé (toujours dans la logique de ma série).

D'abord, Une petite zone de turbulence d'Alfred Lot. Ce film, vu en avant-première en présence des acteurs principaux, fut une déception. Et pourtant, comme l'a expliqué Michel Blanc, l'histoire est adaptée d'un roman anglais de Mark Haddon, "A spot of bother", qui a été traduit chez nous sous le titre "Une situation légèrement délicate". C'est Michel Blanc lui-même qui a écrit l'adaptation (on sent qu'il s'est fait plaisir), mais il n'a pas jugé bon de réaliser ce film qui s'étire en longueur. Je ne l'ai pas trouvé très drôle, même si je reconnais que certaines répliques font sourire. Michel Blanc joue le rôle de Jean-Paul, un retraité hypocondriaque (il se croit atteint d'un cancer de la peau), que sa femme, Anne (Miou-Miou), trompe avec un ancien collègue. Miou-Miou, excellente comme d'habitude, fait ce qu'elle peut, et j'ai eu l'impression qu'elle se demandait ce qu'elle faisait là. Gilles Lellouche joue le rôle d'un "con", son personnage (Philippe Faure) doit épouser la fille de Jean-Paul et Anne, Cathy (Mélanie Doutey), crispante dans son rôle de "chieuse", qui en est à son deuxième mariage tout en hésitant jusqu'au bout. Le fils, Mathieu, joué par Cyril Descours (plutôt beau gosse), est homosexuel. Michel Blanc nous a dit qu'il s'agissait d'une famille ordinaire. Vous pouvez vous contenter de la bande-annonce, qui nous donne à entendre et à voir les répliques qui font mouche.

Ensuite, Just another love story d'Ole Bornedal (Rob en a dit du bien). Personnellement, j'ai eu du mal à entrer dans ce film qui est une sorte d'histoire d'amour réalisée en numérique avec une caméra qui s'agite beaucoup et une image saturée. Dès le début, on assiste à une suite de scènes sans lien apparent. C'est à la toute fin qu'on finit par les comprendre. Entretemps, on a suivi l'histoire d'un homme, Jonas (photographe de personnes décédées dans une morgue), marié et père de famille, qui est responsable d'un accident de voiture (très spectaculaire) dans lequel une jeune femme gravement blessée devient amnésique. Se sentant coupable, il lui rend visite, et la famille de cette dernière croit qu'il est son petit ami. De fil en aiguille, Jonas quitte sa femme pour vivre avec la jeune femme dont il est tombé amoureux, mais on ne change pas impunément d'identité et on ne prend pas la femme d'un autre sans qu'il y ait des répercussions (tragiques au demeurant). C'est un film qui ne m'a pas touchée ou intriguée. En revanche, les acteurs sont très bien. A vous de voir.

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samedi 23 janvier 2010

Une vie toute neuve - Ounie Lecomte - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Je voudrais commencer par une observation. Au moment où le générique de fin du film Une vie toute neuve a commencé, une dame à côté de moi était en larmes, et moi-même j'avais la gorge serrée. On venait de suivre, pendant plus d'une heure et demie, l'histoire d'une petite Coréenne de 9 ans, Jinhee, abandonnée par son père. Et l'histoire que la réalisatrice nous raconte, c'est la sienne. Cela se passe en Corée en 1975. Après avoir été laissée par son père dans un orphelinat tenue par des religieuses, Jinhee est certaine qu'il va revenir la chercher: son papa ne peut pas l'avoir abandonnée. Jinhee se fait tout de suite remarquer car elle reste en marge des autres. Quand des familles adoptives se présentent, elle ne sourit pas, elle reste mutique. Elle a des accès de colère et de violence (elle casse les poupées de ses petits camarades). Néanmoins, une fille plus grande qu'elle, âgée de 12 ans, arrive à s'en faire une amie. Elles recueillent un petit oiseau blessé. Le film est une suite de scènes inégales mais on ne peut pas rester insensible à la jeune actrice qui joue Jinhee, personnage avec un mélange de douceur, d'obstination et de caractère bien trempé qui ne pleure qu'à une occasion, quand elle explique à un médecin pourquoi son père l'a abandonnée (elle se sent coupable). C'est le plus long texte qu'elle ait à dire. Une autre scène nous émeut, quand elle veut s'enterrer dans la terre et disparaître comme le petit oiseau blessé (qui est mort entretemps) dont elle ne retrouve plus le cadavre. A la toute fin du film, on sait que la vie de Jinhee va changer: elle va se retrouver dans une nouvelle famille, parler une nouvelle langue (le français), et vivre dans un nouveau pays (la France). C'est la première fois, je pense, que l'on traite l'adoption du point de vue d'un enfant. Et c'est le côté bouleversant de l'histoire. Dans le dossier de presse, la réalisatrice française d'origine coréenne, Ounie Lecomte, explique qu'elle a situé son récit en 1975, car, de nos jours, il n'y a plus d'adoption d'enfants de cet âge. Le film est une coproduction franco-coréenne entièrement jouée en coréen (même si la réalisatrice ne le parle pas). Si le film est projeté par chez vous, allez le voir.

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mardi 19 janvier 2010

Bright Star - Jane Campion - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

D'abord, je voudrais dire que j'ai assisté à une séance du film dans une salle où j'étais pratiquement la benjamine des spectatrices(teurs) et la salle était comble. J'ai vu Bright Star de Jane Campion (en compétition au dernier Festival de Cannes en 2009) parce que les avis sont mitigés parmi les blogueurs(euses) - je voulais me rendre compte par moi-même - et parce que cela me faisait plaisir de retrouver Jane Campion après plusieurs années de silence. Il est intéressant de constater que certains films ne font vraiment pas l'unanimité. Pour ma part, j'ai trouvé que Bright Star manquait cruellement d'émotion (même si Fanny pleure beaucoup à l'annonce du décès de Keats). De plus, nous faire entendre "Ode to Nightingale" (l'Ode au rossignol) au moment du générique de fin, quand les spectateurs commencent à quitter la salle, est une faute de goût impardonnable. Il n'y a aucune traduction des vers récités et c'est dur de se concentrer sur un poème en voix-off alors que défilent sur l'écran des mots qui n'ont rien à voir. Ceci dit, l'histoire débute en 1818 lorsque John Keats, 23 ans, rencontre Fanny Brawne, 18 ans, dans la maison de cette dernière. Keats vient de perdre son frère du même mal qui l'emportera moins de 3 ans plus tard. Fanny n'apprécie pas forcément la poésie du jeune Keats mais elle tombe amoureuse de lui (c'est réciproque). Malheureusement, Keats est pauvre et il n'arrive pas à vendre sa poésie. Il vit au crochet d'un certain Mr Brown. Une liaison hors mariage est inenvisageable, c'est pourquoi ils se fiancent, mais cela n'ira pas au-delà; Keats s'éloigne souvent de Fanny. Il ne peut subvenir à ses propres besoins et commence à souffrir de phtisie. Au bout du compte, il n'y a pas vraiment d'histoire si ce n'est que Fanny est présente pendant tout le film (C'est elle, l'étoile brillante / Bright star). Les décors et les costumes sont beaux, les acteurs aussi. Mais il manque la passion.

Petite anecdote vécue: j'ai eu l'occasion d'aller à Rome, pendant 4 jours, il y a 9 ans, et la visite du cimetière protestant fut un de mes buts de promenade. Je suis donc allée dans ce lieu, calme, pas grand et loin des circuits touristiques, où sont enterrés Keats et Shelley. Les tombes sont sobres et sans aucune fleur. Je recommande d'autant plus la visite que vous pouvez voir de nombreux chats qui parcourent les allées. Je n'en avais jamais vu autant dans un cimetière (et j'en connais un certain nombre).

PS: Suite aux billets et/ou commentaires de Rob, ffred, moskau, yohan, céline, aifelle, coming soonn, jade et j'en oublie, il semblerait que les hommes apprécient plus le film de Jane Campion que les femmes. C'est une simple observation qui n'engage que moi.

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dimanche 15 novembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/10/09

Voici un billet qui en suit d'autres sur trois films vus mais pas trop appréciés (c'est un euphémisme) sauf le premier, et sur lesquels je n'ai pas envie de m'attarder.

La Nana de Sébastian Silva est un film chilien qui a reçu de bonnes critiques et a été multiprimé au festival de Sundance. Je suis allée le voir car le sujet m'intéressait. Les patrons de Raquel, bonne à tout faire depuis 20 ans dans la même famille, lui fêtent son anniversaire. Raquel est une femme d'une quarantaine d'année, tout d'une pièce, qui a du caractère (certains diraient qu'elle a mauvais caractère). Raquel est fatiguée et tombe souvent dans les pommes. Elle est toute seule pour s'occuper d'une grande maisonnée, c'est pourquoi sa patronne décide de lui adjoindre une aide. Mal lui en prend. Raquel a peur qu'on la remplace et réagit (mal). Deux aides rendent leur tablier après des tours pendables que leur fait subir Raquel. En revanche, la troisième, Lucy, saura l'apprivoiser, car Lucy est la joie de vivre personnifiée. Le film est sympathique même si la réalisation est un peu maladroite, avec quelques scènes répétées et le tout manquant un peu d'invention.

Le concert de Radu Mihaileanu est un film fourre-tout poussif avec un scénario invraisemblable qui donne des situations abracadabrantes. Comme, par exemple, des musiciens qui n'ont pas joué (ou presque) pendant 30 ans et qui sont capables de rejouer une longue partition sans répétition. Autre exemple, des Russes qui, en deux jours, retrouvent du travail à Paris comme si de rien n'était. Sans compter que j'ai été gênée par les acteurs russes qui sont doublés en français avec un accent improbable ce qui ajoute au ridicule de l'ensemble Je ne sauve que le dernier quart d'heure avec le concerto pour violon opus 35 de Tchaikovski. Tout le reste est à oublier. Je n'avais pas du tout aimé Va, vis et deviens du même réalisateur. Si je m'en étais rappelée, je ne serais peut-être pas allée voir Le Concert qui rencontre un grand succès public (il paraît que des spectateurs sortent leur mouchoir et/ou applaudissent à la fin). Personnellement, je le déconseille.

Quant à The box de Richard Kelly, cette "boîte" m'a parue bien vide. L'histoire se passe en 1976 en Virginie, pas loin de bureaux de la NASA et du siège du FBI. On peut ajouter la CIA et la NSA. Par un jour d'hiver, Arlington Steward, un homme affreusement défiguré, sonne à la porte de la maison d'un jeune couple, Norma et Arthur Lewis (Cameron Diaz et James Marsden); ce dernier travaille à la NASA. Ils ont un petit garçon. La veille, une boîte creuse avec un gros bouton avait été déposée sur leur seuil. Pour résumer, Arlington leur propose un million contre une vie. Il suffit d'appuyer sur le bouton. Bien entendu, le bouton est poussé, ils ont le million de dollars, il y a bien une mort violente et le cauchemar commence pour le couple. The Box est surtout une histoire où la culpabilité, la suggestion, le conditionnement, l'hypnose et peut-être la vengeance sont les clés essentielles. [Petit indice en passant: pourquoi s'en prendre à des employés de la NASA?]. Il y a des effets spéciaux un peu risibles et qui n'ajoutent rien. Les comédiens ne sont pas en cause mais ils sont prisonniers d'un scénario alambiqué et pas crédible. J'aime bien être manipulée au cinéma mais pas dans ce cas-là. Je pense que j'essaierai de lire la nouvelle de Richard Matheson dont est tiré le film.

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mercredi 11 novembre 2009

Sin nombre - Cary Fukunaga

Sin nombre (les "sans-noms") sont les centaines de candidats à l'immigration (clandestine) venant d'Amérique centrale et du Mexique et voulant partir aux Etats-Unis. Ils essaient de fuir la misère pour un monde meilleur (?). Sayra et Willly (alias Casper) se rencontrent sur le toit d'un wagon d'un long train. C'est une des techniques que les futurs émigrants utilisent pour voyager (souvent au péril de leur vie). L'introduction un peu longue montre comment Sayra quitte le Honduras avec son père et son frère pendant que Willy (alias Casper), qui fait partie d'un gang dangereux, La Mara, est mis à l'épreuve. Avec le chef du gang, Lil Mago, tatoué de la tête au pied, qui l'accompagne, ils rançonnent les voyageurs en partance. Peu de temps avant, Lil Mago, en voulant violenter la petite amie de Willy, l'a tuée par accident. En effet, les membres de ces gangs sont des hommes jeunes voire des adolescents, et sont violents. Le nombre de leurs tatouages est proportionnel aux actes violents qu'ils commettent (le meurtre en fait partie). Ils vivent selon leurs propres lois qui se résument à supprimer tous ceux qui leur cherchent des ennuis. On voit comment ils peuvent faire disparaître les corps de ceux qu'ils ont tués sans sommation. Ils règnent par la terreur. Je ne vous dirai pas comment Willy et Sayra arrivent à se cotoyer et à faire un brin de chemin ensemble. La fin est en demi-teinte: tragique pour l'un et avec l'espoir d'une nouvelle vie pour l'autre. J'ai été touchée par le destin de ces deux personnages. Ce film réalisé par un réalisateur inconnu du grand public a reçu plusieurs prix dans des festivals internationaux. Il s'est inspiré de faits réels pour nous raconter cette histoire. Cela fait un bon complément au documentaire qui est encore projeté (tout au moins à Paris): La vida loca (sorti le 30 septembre dernier) du réalisateur Christian Poveda qui s'est fait malheureusement tuer par balles par le gang salvadorien des "Maras". Son film est dans mes films à voir. En tout cas, Sin nombre mérite toute votre attention.

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samedi 7 novembre 2009

Le ruban blanc - Michael Haneke

Le ruban blanc (Das Weisse Band en VO) est la Palme d'Or méritée (1) du dernier festival de Cannes. Le film de Michael Haneke est un chef-d'oeuvre visuel (le noir et blanc est une splendeur) et scénaristique, et l'interprétation est de tout premier ordre (adultes et enfants). L'histoire se passe de 1913 à l'été 1914 dans une petite communauté villageoise protestante en Prusse qui travaille essentiellement pour un baron (et sa femme) propriétaires des terres cultivables alentour. La communauté est composée de paysans mais aussi de personnalités emblématiques comme le pasteur rigoriste, le médecin (et la sage-femme), le régisseur et l'instituteur (le narrateur du film). Le pasteur comme le régisseur et les paysans sont des pères de familles nombreuses. D'ailleurs, on remarque vite ces ribambelles d'enfants ou d'adolescents tous plus blonds les uns que les autres qui se déplacent en groupe (les filles d'un côté et les garçons de l'autre). Grâce à la voix "off" vieillie de l'instituteur, on est tout de suite dans le vif du sujet: le village est en émoi à cause d'actes malveillants perpétrés contre le médecin, la femme d'un paysan victime d'un accident mortel, le petit garçon (attardé mental) de la sage-femme, le fils du baron et un nourrisson (sauvé in-extremis). Pendant ce temps, le pasteur fait régner une sorte de terreur feutrée dans sa maison. Deux de ses six enfants (un garçon et une fille) ont fait des bêtises. Ils sont obligés de porter un brassard blanc pour redevenir purs (et ils reçoivent dix coups de cravache en guise de punition). Cette vie se déroule au rythme des saisons et des moissons. L'instituteur tombe amoureux d'une jeune fille; le médecin (guéri) qui est revenu de l'hôpital se montre odieux envers la sage-femme et se permet des privautés sur sa fille; un oiseau en cage fait les frais de la colère d'une enfant; un paysan se pend; une grange brûle. C'est à ce moment-là que la guerre de 14 est déclarée. Rien n'est résolu, les crimes restent impunis (et pourtant, comme l'instituteur, on devine ce qui s'est passé). L'histoire se situe en Allemagne mais cela pourrait se passer ailleurs. Le réalisateur montre surtout les dégâts que peut faire une éducation faite de punitions et de violence mentale sur de jeune esprits et tout cela au nom de Dieu et de la recherche de la pureté. Je répète que c'est à mon avis un grand film qu'il faut voir.

(1) Les nombreux commentaires évoquant cette Palme d'Or (et notamment celui de MichCiné qui rappelle la polémique) me font souvenir que j'avais moi-même été dubitative sur ses conditions d'attribution méritée ou non dans mon billet du 26/05/09. Hé bien, maintenant que j'ai vu le film, mon opinion est faite: "chef-d'oeuvre". Dont acte.

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dimanche 25 octobre 2009

Katalin Varga - Peter Strickland

Katalin Varga de Peter Strickland est un film d'atmosphère, de sons, d'images de forêts profondes menaçantes ou de plaines accueillantes. C'est une histoire de vengeance (sur la fin) qui se dénoue abruptement de façon assez logique. Ce film, joué en langue hongroise, se passe en Roumanie, et plus précisément en Transylvanie, pays de Dracula où l'on trouve encore la charrette tirée par un cheval pour se déplacer. Suite à une indiscrétion sur son passé, Katalin Varga, très belle jeune femme, est contrainte de partir: son mari la chasse avec son fils, Orban. Ils s'en vont sur les routes car Katalin Varga cherche quelqu'un. Elle a été violée, il y a douze ans. De ce viol est né Orban. Sa vengeance va être terrible mais elle paiera le prix fort car elle retrouve ses deux violeurs et la femme de l'un deux qui ignorait tout. Mais au bout du compte, on ressent un certain apaisement. Quand on sort de la projection, on est sonné. La fin ne s'oublie pas, notamment une scène sur une barque pendant laquelle Katalin raconte tout sur son viol. Les comédiens sont tous remarquables, en particulier l'actrice principale dont c'est le premier film: Hilda Péter. Il serait dommage que ce film reste un succès confidentiel. S'il se donne par chez vous, allez le voir. Rob dit beaucoup de bien du film.

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mercredi 21 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 03/10/09

Pour continuer ma série, voici 4 films qui n'ont aucun rapport entre eux mais qui sont à voir si les histoires vous inspirent.

Mères et filles de Julie Lopes-Curval. J'y suis allée pour les actrices (surtout Marina Hands et Marie-José Croze). Je trouve Catherine Deneuve assez antipathique (c'est son rôle qui le veut). Les scènes où le passé et le présent se mêlent sont bien faites. Louise, Martine et Audrey sont respectivement la grand-mère, la mère et la fille. Louise a disparu, il y a 50 ans. Les deux autres n'arrêtent pas de se chamailler pendant tout le film. Revenue du Canada pour passer des vacances auprès de ses parents, Audrey (jeune trentenaire) est enceinte (elle ne veut pas garder le bébé). Sa mère, Martine, médecin, vit pour son travail. Tout se passe du côté du bassin d'Arcachon. Il y a 50 ans, Louise était malheureuse. Elle faisait partie de ces femmes qui devaient demander la permission à leur mari pour travailler et/ou avoir un compte en banque. Audrey devine ce qui est arrivé à sa grand-mère après quelques retournements de situation. Le scénario n'est pas mal écrit mais cela manque de quelque chose. Et surtout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de scènes avec Louise (LE personnage intéressant de l'histoire et puis Marie-José Croze est tellement jolie, les toilettes des années 50 lui vont bien).

Les joies de la famille d'Ella Lemhagen, ou comment un couple d'homosexuels suédois mariés, Goran et Sven, se retrouve après une demande d'adoption devant un garçon de 15 ans (pré-délinquant) et non de 1,5 ans (erreur de frappe malheureuse). L'histoire se passe dans une petite ville proprette en Suède où tous les voisins se connaissent et où l'hétérosexualité est de mise. L'arrivée de Patrick provoque une crise dans le couple. Goran veut garder Patrick, l'autre s'en va (temporairement?). C'est un film sans prétention plein de fraîcheur et les comédiens sont épatants.

La proposition d'Anne Fletcher, avec Sandra Bullock. Cette dernière est éditrice dans une grande maison d'édition à New-York. Etant Canadienne, elle doit être reconduite à la frontière car elle n'a pas régularisé son permis de travail. Qu'à cela ne tienne, elle propose le mariage à son assistant / souffre-douleur. L'employé de l'immigration n'est pas dupe. Pour apprendre à se connaître, nos deux tourtereaux, Margaret et Andrew, partent en Alaska chez les parents d'Andrew qu'ils doivent aussi convaincre de leur intimité. Il s'ensuit quelques situations parfois drôles mais j'ai trouvé cette comédie un peu molle et elle ne restera pas dans les annales. En revanche, j'aimerais bien passer quelques jours dans la maison des parents. Si vous allez voir le film, vous verrez.

Je garde pour la fin...
... District 9 de Neil Blomkamp: le film dont on parle, qui est un succès public et que je suis donc allée voir. Pour être honnête, je reconnais que c'est bien fait, on y croit: ce faux reportage avec interviews en direct d'humains et d'Aliens (appelés "crevettes") parqués comme des bêtes dans des bidonvilles de Johannesburg (Afrique du Sud) qui sont "rackettés" par des gangs qui leur fournissent de la pâté pour chats (un délice pour les extra-terrestres). Wikus, membre d'une multinationale en armement, est chargé par celle-ci de faire évacuer les Aliens pour les déporter dans un autre endroit. Wikus est l'incarnation de la condescendance envers ces êtres par ailleurs intelligents et qu'on humilie. Contaminé par inadvertance par un liquide extraterrestre, le cauchemar commence pour Wikus qui mute très vite. De chasseur, il devient chassé. On en veut à ses organes. La tension et le suspense sont tenus jusqu'au bout. En devenant Alien, Wikus s'humanise. C'est le genre de film où il ne faut pas rater le début. Cela va à tout allure. L'image n'est pas très belle. Et ce que l'on contemple à l'écran n'est pas toujours ragoûtant. Ceci mis à part, on peut le voir.

mardi 13 octobre 2009

Mary et Max - Adam Elliot

Ce film d'animation australien en pâte à modeler, Mary et Max, est mon coup de coeur de ce quatrième trimestre 2009. Mary Daisy Dinkle, une brunette de 8 ans, portant des lunettes, pas jolie avec sa tache de vin sur le front mais intelligente, vit en Australie aux paysages marron. Mary vit entre une mère qui boit du sherry (beaucoup) et un père dont le passe-temps est d'empailler des animaux victimes d'accidents et dont le gagne-pain (depuis des années) est de relier la marque au sachet sur une chaîne de montage de fabrication de thé (Earl grey). Mary se sent seule. Sa vie change quand elle écrit à Max Jerry Horowitz dont elle a trouvé l'adresse par hasard sur un bottin. Max Jerry Horowitz, âgé de 44 ans, obèse et atteint du syndrome d'Asperger (un genre d'autisme), vit seul à New-York, dessinée comme une ville toute grise foncée tirant sur le noir, oppressante, où même la statue de la Liberté fait la tête. L'histoire se passe sur vingt ans pendant lesquelles la relation épistolaire de Mary Daisy (qui écrit un livre sur le syndrome de Max) et de Max Jerry (dont l'état mental s'aggrave) connaît des hauts et des bas et même une interruption. Le récit alterne entre l'Australie et New York dans un parfait équilibre pendant lequel un narrateur omniprésent donne de l'élan à l'ensemble. Il faut voir le film en VO avec les voix de Toni Colette (Daisy adulte), de Philip Seymour Hoffmann (Max Jerry) et du narrateur (Barry Humphries). Ce film dégage une grande tristesse (surtout la fin), de la déprime mais aussi de l'espoir, c'est la vie. L'humour n'est pas absent de cette histoire où les personnages sont tous laids physiquement (même un bébé) mais si attachants (ils ont tous des "tronches" improbables). Ils sont plus humains que nature. L'animation est une réussite (qui n'a rien à voir avec celle de Wallace et Gromit) renforcée par de beaux moments musicaux. Je conseille Mary et Max toutes affaires cessantes aux adultes qui liront ce billet (ce n'est pas du tout un film pour enfants). Vous n'oublierez pas de sitôt les personnages de Mary et Max et ceux qui les entourent. Beaucoup de blogueurs en parlent, notamment: Céline/Diane_Selwyn, Ffred, FredMJg, Rob, Tinalakiller, Alain, Leunamme et Rom_J.

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