jeudi 23 décembre 2010

Mardi, avant Noël - Radu Muntean

Je suis allée voir ce film (chaudement recommandé par Chris et ffred) dans un cinéma que j'apprécie, le Lincoln, sur les Champs-Elysées. Et j''ai en effet beaucoup aimé Mardi, avant Noël, film d'un réalisateur roumain à suivre de près. C'est une histoire simple (celle d'une séparation), mais il n'est pas facile d'en parler: mieux vaut le voir. Depuis 6 mois que Paul a rencontré une dentiste, Raluca, un peu plus jeune que lui, ils vivent une passion charnelle. Mais Paul est marié à Adriana depuis 10 ans et ils ont ensemble une petite fille de 8 ans, Mara. L'histoire se passe pendant la période de fin d'année. Le film est constitué d'une suite de longues séquences. Dès que le film démarre, on voit Paul et Raluca nus qui se parlent dans un lit après l'amour. On sent une grande connivence entre les deux. Dans la séquence suivante, Paul se trouve chez lui dans la cuisine avec Adriana et leur petite fille, ils discutent de choses et d'autres. Plus tard, Adriana et Raluca se rencontrent de façon impromptue puisque Mara se fait soigner les dents par Raluca. L'histoire culmine au bout d'une heure (le film dure 1H39) quand Paul annonce à sa femme qu'il en aime une autre, alors qu'Adriana se préparait à passer le réveillon tranquille. Cette scène de vie conjugale est terrible mais sans violence ni drame particulier. Toute la tension et la rancoeur résident dans les paroles échangées. C'est surtout Adriana qui est vindicative, mais on peut la comprendre. Paul prend tous les torts à sa charge. Il veut vivre avec Raluca et rien d'autre. Les comédiens sont tous excellents. Je vous recommande vraiment ce film s'il passe par chez vous. A Paris, le bouche-à-oreille semble fonctionner.

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vendredi 3 décembre 2010

Les rêves dansants (Sur les pas de Pina Bausch) - Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Avant de reprendre mes billets "livres" ou autre, je voulais encore parler d'un film à voir si ce n'est déjà fait.

Les rêves dansants est un bel hommage a posteriori à la fondatrice du
Tanztheater de Wuppertal (Allemagne), j'ai nommé Pina Bausch, décédée en juin 2009 à 68 ans. Sans être une grande fan de son oeuvre (qui personnellement me paraît dérangeante par certains côtés) dans laquelle elle mélangeait la danse et le théâtre, je reconnais que ses spectacles ne laissent pas indifférent et sont admirés par beaucoup. Chaque année, depuis plus de trente ans, sa troupe se produit au Théâtre de la Ville à Paris à guichets fermés. Pour en venir à ce documentaire passionnant qui dure 1H30, les réalisateurs ont choisi de filmer les répétitions d'un spectacle, Kontakthof, interprété par des jeunes âgés de 14 à 18 ans. Ce même spectacle a aussi été joué par des personnes de plus de 60 ans. Ce n'est pas Pina Bausch elle-même qui les fait répéter, mais deux de ses assistantes, anciennes danseuses dont une qui avait interprété un des rôles du spectacle en 1978. On apprend assez vite que ces garçons et filles ne se connaissent pas, qu'ils n'avait jamais dansé auparavant et qu'ils viennent répéter tous les samedi après-midi. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Certain(e)s ont connu des drames familiaux douloureux. De ce que l'on voit des répétitions, on sent que ce n'est pas facile pour ces jeunes d'avoir des contacts hysiques (surtout entre garçon et fille). Il sortent transformés de l'expérience. Ils feront la connaissance de Pina Bausch quand les répétitions se terminent. Je vous conseille absolument d'aller voir ce documentaire très bien fait qui donne envie de voir le spectacle dans son intégralité. Depuis sa sortie, le film rencontre un succès qui ne se dément pas et de nombreux blogueurs dont Aifelle en disent beaucoup de bien.

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lundi 29 novembre 2010

Les Mystères de Lisbonne - Raul Ruiz

Par manque de temps, j'ai ralenti mes lectures tout dernièrement. C'est pourquoi je continue de faire des billets "cinéma" sur des films (à voir en ce moment) que j'ai beaucoup appréciés.
Pour commencer, voici un film hors norme (4H30!) sorti depuis le 20 octobre et que je vous conseille vivement d'aller voir. Vu qu'il est projeté en VO sous-titrée, vous aurez le plaisir d'écouter la belle langue portugaise. Les Mystère de Lisbonne (hommage aux Mystères de Paris d'Eugène Sue) du réalisateur d'origine chilienne (
naturalisé français) Raul Ruiz sont adaptées d'un roman (non traduit en français (1)) de Camilo Castelo Branco (1825-1890), écrivain lisboète que l'on a pu comparer à Alexandre Dumas. L'histoire se passe au 19ème siècle à Lisbonne et un peu ailleurs (en France et à Venise). Un jeune garçon Joao, s'appelant en réalité, Pedro da Silva va découvrir quelles sont ses origines, qui sont ses parents. Pensionnaire dans un internat religieux lisboète, on le traite de bâtard. C'est grâce à un prêtre, le père Dinis, qui s'attache à cet adolescent, que l'on va découvrir peu à peu la famille de Joao/Pedro: il fait d'ailleurs la connaissance de sa mère. J'ai été frappée par le rythme immuable du film. Il n'y a aucun ralentissement ni accélération. La musique est belle. On se laisse porter par cette histoire qui nous est contée dans des décors magnifiques. Les costumes ne sont pas en reste. Tout est feutré. De nombreux personnages (interprétés par des acteurs portugais remarquables que je ne connaissais pas) apparaissent au fur et à mesure de ce récit foisonnant sous des identités différentes pour certains (comme le père Dinis par exemple). Tout le talent de Raul Ruiz est de ne jamais nous faire perdre le fil de l'histoire. En revanche, malgré un entracte bienvenu à la moitié du film, j'ai ressenti une certaine fatigue sur la fin (La séance commençait à 19H00 et s'est terminée à minuit!). J'essaierai de revoir Les Mystères de Lisbonne en version longue, soit 6 téléfilms d'une heure chacun qui doivent être diffusés sur Arte au printemps prochain. Voici le lien sur le site du film.

(1) Rectificatif du 26/04/2011: le roman a été traduit et publié en mars 2011 aux éditions Michel Lafon

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samedi 27 novembre 2010

Le braqueur - Benjamin Heisenberg

Sorti uniquement dans trois salles à Paris, le film autrichien Le braqueur de Benjamin Heisenberg aurait mérité mieux, car c'est un film de qualité qui bénéficie d'un scénario sortant de l'ordinaire. A Vienne, en Autriche, Johann Rettenberger est un coureur à pied (marathon et autre) d'un excellent niveau, mais aussi braqueur de banque. Quand le film commence, il sort de prison où il n'a pas arrêté de s'entraîner. A peine sorti, il recommence ses braquages avec une arme mais sans violence. On est immédiatement frappé par le style du récit qui ne s'embarrasse d'aucune psychologie: aucune explication ne nous est donnée. Il y a très peu de dialogues. C'est pour cela que l'on s'attache peu au personnage bien qu'il soit fascinant. Il est déterminé dans ce qu'il fait. Son seul but est de ne pas se faire reprendre. Il a une grande maîtrise de lui-même, à une exception près. Ses relations avec sa copine qui l'héberge à sa sortie de prison sont aussi distanciées. On assiste à quelques scènes mémorables, comme celles où il s'enfuit du commissariat suite à son arrestation, la traque dans les montagnes aux alentours de Vienne avec ce nombre incroyable de policiers à la poursuite d'un seul homme, et la fin que je ne vous dévoilerai pas. L'acteur qui interprète le rôle de Johann est assez monolithique mais son visage ascétique ne s'oublie pas. Le scénario est adapté d'un livre, L'envolée belle de Martin Prinz, qui lui-même s'est inspiré de faits réels. S'il est projeté par chez vous, je vous le conseille.

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dimanche 21 novembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 31/07/2010

Comme j'ai repris du retard dans mes critiques de films, voici un billet sur quatre films vus depuis un petit moment et dont je voulais absolument parler.

Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman, documentaire chilien qui se passe dans la région du désert d'Atacama, là où sont installés les télescopes les plus puissants du monde car l'air y est d'une grande pureté. Les astronomes peuvent étudier le ciel, les étoiles, les galaxies dans des conditions optimales. Mais Atacama fut (et cela, je l'ignorais) un des endroits où furent emprisonnés et tués des milliers de personnes sous la dictature de Pinochet. Le documentaire se concentre sur ce douloureux sujet en montrant quelques femmes qui sont à la recherche dans ce désert des os des squelettes de victimes, qui un frère, qui des parents. A mesure que le temps passe (35 années se sont écoulées), elles sont de moins en moins nombreuses à chercher. Elles voudraient que l'on n'oublie pas ces disparus. L'une d'elle dit que les télescopes devraient servir à radiographier le sol pour trouver les corps. J'ai aussi noté le témoignage d'un rescapé d'un camp (à ciel ouvert) qui a appris à lire la cartographie du ciel pendant sa détention. Ce documentaire nous fait entendre une voix off un peu pompeuse, mais je trouve que c'est un documentaire intéressant et émouvant.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen, comédie douce-amère qui a un début, un milieu mais pas de fin (en tout cas, on ne la voit pas à l'écran). Retour à Londres pour une histoire pessimiste et misanthrope où l'on sent un certain désenchantement de la part de Woody qui se fait peu d'illusions sur les relations entre les personnes. Tout se rapporte au sexe et à l'argent, même s'il y a un peu de sentiment (le veuf qui essaye de communiquer avec sa femme défunte dans l'au-delà). Mais tout est raconté de façon suffisamment légère pour amener un sourire de temps en temps. Pour résumer, un homme, Alfie (Anthony Hopkins), ne supportant pas de vieillir, quitte sa femme, Helena (Gemma Jones), avec qui il était marié depuis plus de 30 ans. Il se remarie avec une jeune femme écervelée qui fait de la musculation, et il prend du V**gr*. La mère, pour se rassurer, écoute les conseils de voyance d'une bonimenteuse, et finit par se réfugier dans le spiritisme. La fille du couple séparé, Sally (la délicieuse Noami Watts), est quittée par son mari Roy (Josh Brolin), écrivain en mal d'inspiration, qui trouve la jeune voisine de l'immeuble d'en face très à son goût. Non seulement ce mari est un goujat, mais en plus il est malhonnête: il pique le manuscrit d'un copain qu'il croit mort dans un accident, mais qui en fait est "seulement" dans le coma. Sally, elle, travaille dans une galerie d'art, mais est convaincue que sa mère va lui prêter de l'argent pour ouvrir sa propre galerie. Le film virevolte d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre. Je sais que ce film ne fait pas l'unanimité dans la blogosphère. Personnellement, je l'ai beaucoup apprécié.

Moi, moche et méchant de Chris Renaud et Pierre Coffin: et oui, vous avez bien lu, j'ai vu ce film en 2D dans ma province. Je ne sais pas ce que donnait la 3D, mais là, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de ces trois orphelines qui arrivent à apprivoiser Gru, le "méchant" qui veut voler la lune en la miniaturisant. En revanche, les minions n'ont pas de rôles marquants, mais ils aident à sortir Gru et les petites de situations dangereuses.

Divorce à la finlandaise de Mika Kaurismaki (le frère d'Aki). On croit à une simple histoire d'un couple qui se sépare, mais pas du tout. Ce n'est même qu'un prétexte. Les personnages qui gravitent autour de Tuula et Juhani sont hauts en couleur, comme un proxénète ou une chef de gang jouée par Katie Outinen (habituée des films d'Aki). Rien que le voisin qui surveille la maison du couple vaut le détour. C'est foutraque, ça part dans tous les sens mais j'ai trouvé le film sympathique.


samedi 23 octobre 2010

The Housemaid - Im Sang-soo

Sorti le 15 septembre 2010, The Housemaid est un film coréen de Im Sang-soo, qui a réalisé aussi Le vieux jardin (2006) [mon billet du 29/04/2007], The President's Last Bang (2005) et Une femme coréenne (2003). Dès la première séquence, le ton est donné: un soir, une jeune femme se jette d'un immeuble et s'écrase dans une rue fréquentée. Dans la séquence suivante, Euny, une jeune femme, est engagée comme aide-gouvernante chez un couple très riche. Elle est chargée de s'occuper de leur petite fille car la maman (très jeune) attends des jumeaux. Le mari, peut-être un homme d'affaires, joue très bien du piano. C'est un homme sensuel qui aime les plaisirs de la chair. Euny reçoit aussi des ordres de la gouvernante en place, femme torturée qui observe tout ce qui se passe autour d'elle. On ne sait pas ce qu'elle veut, ce qu'elle pense. C'est le personnage le plus intéressant de l'histoire (elle saura néanmoins partir à temps). Mais c'est à cause de ses indiscrétions que le sort d'Euny est scellé. En effet, Euny devenue très vite la maîtresse du mari, tombe enceinte. Le film distille une angoisse sourde tout du long. On devine que l'histoire va mal se terminer. La fin brutale m'a paru outrée par rapport au reste du film qui n'était que violence feutrée. Exceptée la petite fille qui avait de l'affection pour Euny, les maîtresse de la maison, mère et grand-mère de la petite fille ont un comportement abject; quant au mari, je l'ai trouvé particulièrement antipathique. Pour résumer, j'ai aimé, sauf les 5 dernières minutes, ce film d'une grande cruauté. The Housemaid est une réinterprétation d'un film coréen de Kim Ki-young de 1960, Hanyo.

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dimanche 5 septembre 2010

Poetry - Lee Changdong

Le film Poetry a reçu le prix du scénario au dernier Festival de Cannes en mai 2010. C'était mérité, à mon avis. En Corée du Sud, de nos jours, Mija, âgée de 66 ans, s'occupe seule de son petit-fils, Wook, un collègien. Ce dernier n'est pas particulièrement respectueux envers sa grand-mère et on apprend assez vite un terrible fait divers le concernant, lui et cinq de ses camarades. Mija est une femme très bien de sa personne qui soigne son apparence mais commence à perdre à la mémoire. Elle travaille comme aide ménagère 3 fois par semaine, chez un vieil homme hémiplégique à qui elle fait même la toilette. Un jour, une affiche dans la rue amène Mija à vouloir écrire de la poésie. Elle s'inscrit à un cours. J'ai retenu une phrase du maître de poésie disant que "pour écrire un poème, il suffit de vouloir vraiment le faire". Une pomme, des abricots tombés d'un abricotier, le chant des oiseaux, un chapeau qui s'envole: tout est matière à poésie. Mais la vie de Mija n'est pas poétique, entre ses problèmes de mémoire et les gros soucis que lui cause son petit-fils. Le film présente le portrait magnifique d'une femme au crépuscule de sa vie. L'actrice Yun Junghee est une star en Corée. J'ai aimé ce film pour l'atmosphère, pour la musique, pour ce qu'il raconte. La première séquence est marquante: de jeunes enfants jouent au bord d'une rivière; tout à coup, l'un d'entre eux voit s'approcher, flottant sur l'eau, le cadavre d'une jeune fille en position ventrale. Je conclurai en disant que selon moi, les séances "poésie" qui ponctuent le film le rallongent inutilement.

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lundi 23 août 2010

Cleveland contre Wall Street - Jean Christophe Bron

Si, comme moi, vous n'avez toujours pas compris ce que sont les subprimes, la titrisation et autres termes barbares qui ont causé tant de dégâts financiers non négligeables aux Etats-Unis (et ce n'est pas fini), je vous conseille ce documentaire-fiction absolument remarquable fait par un Suisse. C'est un authentique film à suspense. On assiste à un procès avec un vrai juge, de vrais avocats, 8 vrais jurés et des protagonistes qui ont été acteurs et/ou témoins de ce qui s'est passé et se passe encore à Cleveland (Ohio, USA), et plus précisément dans un ghetto du ghetto nommé Slavic Village à l'est de Cleveland. 20 000 familles soit 100 000 personnes ont été expulsées de leurs maisons. Celles-ci ont été laissées à l'abandon, vendues aux enchères et sont souvent devenues des "squats". Ces expulsions ont commencé avant même la crise financière mondiale que l'on connaît. Cleveland est une ville sinistrée qui a voulu intenter un procès à 21 banques de Wall Street pour leur demander réparation. Les avocats des banquiers ont réussi à faire arrêter la procédure. Le réalisateur, Jean Stéphane Bron, a donc reconstitué un procès qui aurait dû avoir lieu. On est frappé par la personnalité de chacun des protagonistes: l'avocat de la défense, l'avocat "du diable" (Wall Street) au visage patelin; et surtout par les témoins comme l'ancien policier, les larmes aux yeux quand il raconte qu'il a dû expulser une vieille dame de 86 ans, ou comme un père de famille, ouvrier qualifié, qui, après avoir témoigné, regarde impuissant la vente aux enchères de sa maison; ou bien encore le jeune noir dealer de drogue à ses heures qui est devenu démarcheur pour vendre des subprimes. Plus il en vendait, plus il était payé "au noir", jusqu'à 7000 dollars. On assiste au procès jusqu'aux délibérations et au verdict qui se défend (si, si). C'est surtout la faillite d'un système (la vie à crédit) qui est montrée du doigt. Je vous laisse découvrir les exemples qui sont donnés. La plupart des victimes sont des personnes faibles ou vulnérables: les noirs, les personnes âgées et les gens pas très fortunés (c'est un euphémisme). La grande force de ce documentaire-fiction Wall Street contre Cleveland réside dans l'absence de manichéisme (à la différence des films d'un autre documontreur, Michael Moore pour ne pas le nommer). A ce jour, des familles continuent à être expulsées. Allez voir ce film riche d'enseignements et de questionnements... Non, courez-y plutôt!

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samedi 31 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 01/07/2010

Comme je l'avais écrit, je mets mon blog en vacances estivales jusqu'au 16 août inclus.

Mais juste avant, voici un billet sur 5 films qui méritent toute votre attention.

Le premier qui l'a dit de Ferzan Ozpetek est un film sympathique avec beaucoup de chansons de variété italienne entraînantes. Mais j'ai trouvé le scénario est un peu maladroit avec des personnages dont on ne sait pas trop quel est leur rôle (comme la charmante brunette), et je n'ai pas compris tous les flash-back. Chez les Cantone, fabricants de pâtes des Pouilles dans le sud de l'Italie, deux frères, Tommaso (qui veut devenir écrivain et qui vit à Rome) et Antonio (le frère aîné et héritier putatif de la fabrique), s'apprêtent, sans s'être concertés, à révéler leur homosexualité lors d'un repas familial. Après sa déclaration, Antonio est banni par son père. Tommaso, pris de court, n'a rien révélé et devient, de ce fait, l'éventuel successeur de son père qui a du mal à accepter ce qu'il vient d'entendre. Dans cette région d'hommes machos et virils, l'homosexualité est inconcevable. L'histoire tourne autour de cette famille où les femmes sont très présentes. En particulier, la grand-mère diabétique, la tante un peu nymphomane et fantasque ou bien la mère de Tommaso et Antonio qui sait très bien qu'elle est trompée par son mari. On assiste à plusieurs scènes très drôles avec des amis de Tommaso qui viennent de Rome, essayant de ne pas montrer qu'ils sont homosexuels.

Le film argentin Lluvia de Paula Hernandez se passe à Buenos Aires sous la pluie: il tombe des trombes d'eau pendant presque tout le film. Nous faisons tout de suite la connaissance d'Alma dans sa voiture, coincée dans un embouteillage. Survient Roberto, trempé et en bras de chemise, qui semble fuir quelque chose. Il s'invite dans la voiture d'Alma. Au fur et à mesure que le film se déroule, on apprend ce qui est arrivé à Roberto, qui est Alma et pourquoi elle ne répond pas à l'appel téléphonique d'un certain Andrès. J'ai trouvé ce film magnifique grâce à  la prestation des deux acteurs, Valérie Bertucelli et Ernesto Alterio. Un film que je vous conseille absolument.

Yo tambien, d'Alvaro Pastor et Antonio Naharro, est un film espagnol sur un sujet pas facile et traité avec beaucoup de pudeur mais c'est sur le fil. On peut se sentir mal à l'aise. Daniel commence un nouveau travail dans une association. Il tombe amoureux dès le premier regard de Laura, une blonde au physique avenant (mais une femme blessée incapable d'aimer). Daniel a fait des études universitaires, c'est un homme sensible de 34 ans; mais Daniel est trisomique de la tête au pied (comme il dit). Je conseille ce film pour sa délicatesse.

L'italien d'Olivier Baroux vaut la peine d'être vu pour Kad Merad qui m'a convaincue en arabe se faisant passer pour un Italien depuis des années car comme il est dit sur l'affiche, "Qu'on s'appelle Mourad ou Dino, on est tous égaux... surtout quand on s'appelle Dino". Mourad travaille chez un concessionnaire de voitures de luxe à Nice. Son patron, qui doit partir à la retraite, pense à lui pour lui succéder mais rien ne se passe comme prévu, surtout que Mourad a un rival pour le poste. En effet, la famille de Mourad habite Marseille, le père a une attaque cardiaque qui l'affaiblit. Il charge son fils de prendre sa place pour "superviser" le Ramadan qui vient juste de commencer. Mourad ne connait rien ou presque à l'Islam. Tout ce qui s'ensuit permet à Mourad de se remettre en question, de revenir à ses racines, etc. Film plaisant.

Enfin, j'évoquerai Donne-moi ta main d'Anand Tucker qui sort le 11 août prochain. Je l'ai vu lors d'une avant-première. L'histoire se passe en Irlande pour la grande partie mais tout commence aux Etats-Unis où une jeune bostonienne, Anna, vit depuis plusieurs années avec Jérémy, un Irlandais. Ils sont beaux (surtout elle) et riches, mais elle désespère qu'il lui offre une bague de fiançailles. Elle profite de l'occasion qu'il séjourne en Irlande, une année bissextile, pour le rejoindre afin de faire elle-même sa demande, le 29 février, comme une tradition locale l'autorise. L'avion est détourné pour cause d'intempéries vers le Pays de Galles. Qu'à cela ne tienne, le compte à rebours commence pour Anna qui veut rejoindre Dublin à tout prix à la date fatidique. Le film vaut pour la prestation de la gracieuse Amy Adams, les paysages irlandais sous la pluie et pour Matthew Goode (l'Irlandais de rencontre qui aide Anna pour atteindre son but) qui n'est pas mal du tout. Film très très sympathique, idéal pour l'été.

jeudi 1 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 09/04/2010

Avant d'entamer mon rythme saisonnier d'un billet tous les 4 jours comme l'année dernière, je voudrais évoquer quelques films que j'ai vus plus ou moins récemment, dont je n'ai pas parlé et qui me tiennent vraiment à coeur.

Les secrets est un beau film même s'il est dur et austère (l'image froide accentue cette impression). Il évoque trois femmes qui "squattent" une belle demeure à l'abandon et délabrée. Nous sommes en Afrique du Nord, en Tunisie ou en Algérie à la campagne. Raja Amari, la réalisatrice, ne dévoile rien sur ces femmes qui vivent cloîtrées dans la partie où logeaient les domestiques (je ne fais qu'imaginer). On apprend qu'il s'agit d'une mère et de ses deux filles, Aïcha (la plus jeune, âgée d'à peine 20 ans) et Radia. La mère et Radia surveillent Aïcha qui semble presque prisonnière, surtout quand les deux s'absentent comme par exemple lorsque Radia vend ses ouvrages de couture dans la ville voisine. Elles empêchent Aïcha de s'épanouir. Elles la protègent surtout des hommes. Une intruse devenue leur prisonnière va faire tout basculer. La fin inattendue est terrible. Le film est sorti en salle à Paris le 19 mai dernier. Je suis allée le voir parce qu'une collègue m'en avait dit du bien. Je n'ai pas regretté. La jeune Hafsia Herzi (vue dans La graine et le mulet où elle jouait Rym) qui interprète Aïcha est très bien.

L'illusionniste de Sylvain Chomet sur une histoire originale de Jacques Tati. Le film vaut surtout (à mon avis) pour la technique, et visuellement c'est une splendeur: un vrai travail d'art. Quant à l'histoire, j'ai été un peu décontenancée par les pérégrinations de ce magicien qui quitte Paris pour partir en Ecosse dans les Highlands, puis s'installe un temps à Edimbourg avant de partir pour ailleurs? En Ecosse, il va faire la connaissance d'une jeune fille. La nature de leurs rapports reste vague. Les rares paroles prononcées sont plus des borborygmes qu'autre chose. La dernière phrase du film (des mots écrits sur un papier) est: Les magiciens n'existent pas. Mon ami qui a vu le film avec moi a trouvé l'histoire poignante. Personnellement, je n'ai pas été touchée par ce film un peu froid. Pour les admirateurs de Tati, je pense qu'ils trouveront leur bonheur; pour les autres (dont je fais malheureusement partie): bof. Lire la critique élogieuse de Thomas Grascoeur.

La bocca del lupo de Pietro Marcello est un documentaire étonnant d'1H15 qui suit un homme, Vincenzo Motta, dans les rues pouilleuses de Gênes, ville natale de Christophe Colomb. Le film alterne des documents du temps jadis, à l'époque où Gênes prospérait, et des images des ruelles de Gênes d'aujourd'hui où l'on croise des travestis et des prostituées. Vincenzo (dont le visage m'a fait penser à celui de Gian Maria Volonte) a purgé une peine de 27 ans de prison. Il est maintenant libre et vit avec Mary Monaco, une transsexuelle qu'il a connue et protégée en prison. Leur amour dure depuis 20 ans. Le moment fort du film consiste dans la confession de Mary avec Vincenzo assis à côté d'elle. C'est beau et émouvant. Du grand cinéma.

Puzzle de la réalisatrice Natalia Smirnoff m'a beaucoup fait penser à Joueuse avec Sandrine Bonnaire. Maria del Carmen, qui fête ses 50 ans, est mère de famille (de deux grands garçons). Elle a un mari qui l'aime profondément. Maria se découvre une passion pour les puzzles (Rompecabezas en espagnol) qu'elle arrive à reconstituer très vite d'une manière personnelle en ne commençant pas par les bords. Cela se passe en Argentine. Voir l'article d'Alex qui donne des raisons à la genèse du film que j'ignorais complètement. L'actrice qui interprète Maria n'est pas très belle mais son visage rayonne de l'intérieur. Pour moi, c'est l'histoire d'une femme qui veut s'émanciper après s'être occupée de son mari et de ses enfants. Elle gagne un tournoi avec un partenaire. Est-ce qu'elle saura aller plus loin? La fin est très ouverte. Personnellement, j'ai voulu voir ce "Puzzle" car cette activité ludique a beaucoup occupé de mon temps pendant ma jeunesse. Je compte bien m'y remettre.