samedi 17 mars 2007

Open Hearts - Brothers - After the wedding - Suzanne Bier

After the wedding (Après le mariage), sorti cette semaine, est le troisième film que je vois de Suzanne Bier, réalisatrice danoise. Les deux précédents sont Open Hearts (traduction littérale : Coeurs ouverts) et Brothers (Frères) que j'ai énormément aimés. On peut se demander pourquoi les distributeurs négligent de traduire les titres originaux en français et prennent les titres anglais. Pour en revenir à After the wedding, il est sorti dans très peu de salles même à Paris et je l'ai moins aimé que les deux autres malgré de très bonnes critiques. Open Hearts, lui, est un film qui touche par sa sensualité. Il est filmé selon les règles du Dogme. Un accident de la circulation provoque un divorce dans une famille et une séparation pour un couple qui devait se marier et une histoire d'amour en suspens. La façon de filmer en sous-exposition et la caméra numérique, le montage haché font beaucoup pour rendre ce film marquant. Le film Brothers est plus dur par le thème. Un Danois, marié à une très belle femme et père de deux enfants, se retrouve au coeur d'un conflit, peut-être en Afghanistan. Il sera fait prisonnier et deviendra meurtrier pour s'en sortir. Pendant ce temps-là, au Danemark, l'épouse a le soutien affectif du frère du mari. Quand ce dernier reviendra meurtri, il concevra une certaine jalousie non justifiée semble-t-il. Le film est bouleversant. Quant à After the wedding, l'histoire fait se confronter un Danois (Jacob) qui travaille dans l'humanitaire à Bombay et un homme d'affaires danois (Jorgen), marié à une très belle femme et père de trois enfants. Jacob est venu au Danemark pour défendre la cause de nombreux orphelins indiens auprès  de Jorgen. Ce dernier l'invite au mariage (wedding) de sa fille ainée que l'on découvre être la fille biologique de Jacob. On apprend que Jorgen est au seuil de la mort. Il règle toutes ses affaires et demande à Jacob de rester au Danemark et de veiller sur sa famille. Pour ce film, à part les plans coupés, les règles du dogme sont moins évidentes. La façon de filmer est plus classique même si c'est toujours en caméra numérique. En revanche, Suzanne Bier est une réalisatrice à suivre d'autant qu'elle est l'auteur des scénarii de ses films. D'ailleurs, un remake américain d'Open Hearts est en préparation avec elle comme réalisatrice.

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lundi 12 mars 2007

L'Immeuble Yacoubian - Marwan Hamed

Le 17 avril prochain [2007] sortira en DVD l'Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed adapté du roman d'Alaa El Aswany (Editions Actes Sud 2006) qui porte le même titre. Le livre a été un best-seller inattendu en Egypte où il a été vendu à plus de 100 000 exemplaires. Si vous n'avez pas vu le film à sa sortie en salle (août 2006 en France), pré-réservez dès maintenant ce mélodrame de 3H de bonheur absolu. Quand j'ai vu le film, les gens applaudissaient à la fin. L'histoire est centrée sur plusieurs personnages habitant l'immeuble Yacoubian au Caire: un éditeur homosexuel (sujet tabou dans les pays musulmans), un jeune islamiste refusé à l'école de police qui deviendra un terroriste, un vieil aristocrate "vieux beau" nostalgique d'un passé révolu, une jeune fille pleine de rêves, un affairiste louche et lubrique. Leurs destins s'entrecroiseront et tout ne finira pas bien pour certains. Je le répète, l'Immeuble Yacoubian est à voir. Pour l'histoire, les acteurs, pas très connus des Occidentaux, mais tous excellents, la musique, les décors et la mise en scène. Et vous pouvez lire le livre dans la foulée, cela en vaut la peine. Vous constaterez que le film est très fidèle au roman, l'adaptation est vraiment réussie. 

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mardi 6 mars 2007

Films non commentés vus depuis le 1er janvier 2007

J'aime beaucoup aller au cinéma, seule ou accompagnée. Depuis le début de l'année, je n'ai pas éprouvé le besoin de faire de billets sur certains films car ils ne me semblent pas très intéressants à commenter même s'ils ne m'ont pas déplu.

Le Grand Silence : démarche intéressante de filmer des moines chartreux mais le problème c'est que je n'ai pas ressenti le sentiment de religiosité.

Le violon de Francisco Vargas : le violoniste est censé jouer très bien de l'instrument, ce que l'on a entendu était un peu crissant pour les oreilles mais c'est un film touchant.

Azul de Daniel Sanchez Arévalo, je m'attendais à mieux, je pense que le nouveau cinéma espagnol peut mieux faire.

Je crois que je l'aime, comédie pas drôle de Pierre Jolivet (le seul à sauver est François Berléand).

Une nuit au musée de Shawn Levy, pour les effets spéciaux et le petit message : aimez-vous les uns les autres, soyez tolérant envers l'autre.

L'illusionniste de Neil Burger, beaux tours de magie, très belle musique de Philippe Glass et belle histoire d'amour.

Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier : José Garcia est très bien, mais l'intrigue est un peu tirée par les cheveux.

samedi 17 février 2007

L'Italien - Andrey Kravchuk

L’Italien d’Andrey Kravchuk, sorti cette semaine, est touchant par son sujet: dans un orphelinat, un petit russe, Vania, âgé de 6 ans, est sur le point d'être adopté par un couple italien, d'où le titre. Pour la plupart, les pensionnaires de ce lieu ne sont pas tous orphelins mais abandonnés par leur mère. Toutes les tranches d'âge sont représentées, dont des grands de 16 à 18 ans qui sont déjà des caïds et vivent de petits boulots. Une femme sert d'intermédiaire entre les couples adoptants et les enfants moyennant finances. Vania est vendu 5000 euros. Juste avant qu'il soit confié à un couple, la mère d'un autre enfant récemment adopté réapparaît. Cela provoque une sorte de "déclic" chez Vania qui aimerait mieux avoir sa vraie maman qu'une maman adoptive aussi gentille soit-elle. Il arrive à consulter son dossier d'abandon et il trouve l'adresse du foyer où il était avant. Grâce à une pensionnaire de l'orphelinat qui vole de l'argent pour lui, il part à la recherche du foyer qui se trouve dans une autre ville. Il prend le train, poursuivi par la femme du bureau d'adoption flanquée de son chauffeur. A la fin, par l'intermédiaire du foyer, il retrouvera sa vraie maman et un autre enfant prendra sa place chez le couple d'Italiens. Ce film montre une Russie pas très reluisante car si tant d'enfants sont abandonnées c'est que les mères sont incapables de subvenir à leur besoin. A un moment donné, le directeur de l'orphelinat dit à un des enfants de ne pas tomber malade car l'Etat ne pourra pas payer les soins. Voici l'image que donne la Russie d'aujourd'hui. La vie est dure.

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jeudi 1 février 2007

La vie des autres - Florian Henckel von Donnersmarck

Ce film qui est le premier du réalisateur confirme le renouveau du cinéma allemand. La Vie des autres (Das Leben der Anderen) débute en novembre 1984, en ex-Allemagne de l'Est à Postdam. A la demande d'un ministre du gouvernement, un fonctionnaire zélé de la Stasi est chargé de surveiller un couple, lui écrivain, elle actrice (le ministre en est amoureux). Ils sont considérés comme trop irréprochables envers le régime pour être honnêtes. Le fonctionnaire est le héros du film. D'espion à l'oeil bleu et froid, il s'humanise et devient dans l'ombre l'allié du couple sans que personne le sache. Grâce à lui, l'écrivain sera sauvé des griffes de la Stasi après avoir réussi à écrire un texte subversif (sur le taux de suicide en Allemagne de l'Est) qu'il arrivera à faire publier à l'Ouest. Le titre La Vie des autres se rapporte au fait que sous le régime communiste, beaucoup de gens dont les intellectuels pouvaient être sur écoute, être espionnés 24 heures sur 24, et le début du film montre les méthodes insidieuses et efficaces pour faire parler les gens qui en sortaient brisés. Certains écrivains n'ont plus écrit. Sur le film proprement dit, les acteurs sont sensationnels avec en tête Ulrich Mühe et l'atmosphère oppressante est très bien rendue avec le travail sur la couleur (pas de rouge mais de l'orange).

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dimanche 28 janvier 2007

Black Book - Paul Verhoeven

Selon l'un de mes journaux de cinéma qui n'est plus mon préféré, je viens d'apprendre que le dernier film de Paul Verhoeven, Black Book, a été un "bide" en France. Et bien quel dommage ! Les acteurs ne sont pas connus, certes, mais quel talent dans la narration et la réalisation. L'histoire est enlevée, haletante, l'héroïne (messieurs) est belle comme le jour. On sait que tout finit bien pour elle dès le début donc nous ne sommes pas inquiets pour elle, même dans les pires situations. L'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale en Hollande. Le traître est vraiment traître, les Allemands ne sont pas tous "méchants" et les Hollandais ne sont pas tous "gentils" surtout quand ils sont responsables de la mort de dizaines de juifs pour récupérer leurs bijoux, or, argent... Malgré la gravité du sujet, le film est un excellent divertissement hautement recommandé, il méritera sa seconde carrière en DVD.

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vendredi 19 janvier 2007

Babel - Alejandro Gonzalez Inarritu

Babel, qui vient de gagner le Golden Globe du meilleur film (prix décerné par la presse étrangère à Hollywood) après le prix de la mise en scène 2006 à Cannes, raconte comment un simple coup de carabine, tiré au jugé, peut bouleverser la vie de plusieurs personnes dans trois endroits dans le monde (Maroc, Mexique/USA et Japon). Le film est composé de flash back, on va d'un endroit à l'autre. Ce film forme un puzzle qui semble se résoudre peu à peu. La construction du film est très proche des deux films précédents du même réalisateur (Amours Chiennes et 21 grammes). Le film vire au tragique avec la mort d'un jeune garçon au Maroc et la reconduite à la  frontière mexicaine d'une femme que l'on découvre être une travailleuse clandestine. Le réalisateur volontairement ou non rend un des personnages américains au Maroc peu sympathique malgré ce qui lui arrive. Le personnage incarné par Brad Pitt veut absolument donner de l'argent à l'homme qui a sauvé sa femme. Ce dernier refuse. C'est très symbolique d'une certaine mentalité américaine où on considère que tout s'achète et se paye. La générosité désintéressée lui semble inconnue. Malgré les 2h25, le film passe vite et on ne l'oublie pas.

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mercredi 17 janvier 2007

Sophie Scholl, les dernières heures - Marc Rothemund

Pour les personnes intéressées par la période de la Seconde Guerre Mondiale, je recommande vivement Sophie Scholl, les dernières heures qui raconte comment de simples étudiants allemands ont été broyés par la machine nazie. L'histoire est tirée de faits réels, des archives de la Gestapo. A Munich, en 1943, un frère, Hans et une soeur, Sophie, de confession protestante font partie d'un groupe d'étudiants "La Rose Blanche" qui font de la résistance en diffusant des tracts dans des universités. Ils vont être arrêtés pendant une de leurs actions. Au début, on peut croire qu'ils vont être libérés mais tout à coup, tout s'accélère et Sophie Scholl, la soeur, est au centre de l'interrogatoire. Le personnage qui questionne Sophie pose des questions pouvant déranger. En effet, il fait remarquer que tous ces étudiants ont pu faire leurs études grâce au régime nazi et qu'ils en ont bien profité. Elle ne perd pas ses moyens, elle répond toujours et encore avec calme et intelligence aux mêmes questions d'un employé zélé qui la pousse dans ses derniers retranchements. Après qu'elle ait avoué, on assiste à un simulacre totalement terrifiant de procès avec une mention spéciale pour le juge. Elle sera condamnée à mort avec son frère et un autre étudiant, jeune papa. De nos jours, beaucoup de lycées en Allemagne portent le nom de Sophie Scholl. Le générique de fin est émouvant parce que nous pouvons voir des photos d'archives de la vraie Sophie Scholl.

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lundi 15 janvier 2007

Head on - Fatih Akin

On a cru le cinéma allemand moribond surtout depuis la disparition de Reiner Werner Fassbinder. Il semble que l'on se soit trompé. Head on ou Gegen die Wand (titre allemand original) est l'exemple de la qualité du cinéma tout court. C'est un film déjanté comme les personnages mais on reçoit le film comme un uppercut. Un homme et une femme se rencontrent dans le service d'urgence psychiatrique, ils ont voulu tous les deux se suicider. Elle s'appelle Sibel, elle a 18 ans, soumise à une famille turque émigrée et musulmane. Il se nomme Cahit, il a 40 ans, turc lui aussi, et musulman. Pour mener une vie sans entrave, elle lui propose de faire un mariage blanc. Elle sera libre et lui pourra avoir toutes les relations extra-conjugales qu'il veut. Oui mais voilà, Cahit tombe amoureux d'elle et il tue par inadvertance un des amants de Sibel. Il fait quelques mois ou années de prison et quand il sort, il se met à sa recherche. L'action se déplace à Istanbul, car pendant la détention de Cahit, Sibel doit gagner sa vie et beaucoup d'événements dramatiques s'y déroulent (à mon avis, cette partie est moins intéressante que la partie "allemande"). Néanmoins, Cahit et Sibel seront changés pour toujours par leur expérience même s'ils se séparent à la fin.

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