lundi 17 décembre 2007

Cow-Boy - Bruno Mariage

Cow-Boy est le premier film que je vois de Bruno Mariage (réalisateur des Convoyeurs attendent). On est tout de suite frappé par l'accent prononcé quand les acteurs disent leur texte. Nous sommes bien en Belgique. Benoît Poelvoorde est le personnage principal. Il interprète le rôle de Daniel Piron qui exerce le métier de journaliste. Quand le film commence, on voit qu'il n'est pas satisfait par son métier. Il a l'idée de retrouver les protagonistes d'une prise d'otages dans un bus scolaire, 25 ans auparavant. Voulant faire une reconstitution à l'identique, après avoir réuni une partie des otages, écoliers à l'époque, il met la main sur le bus et son chauffeur. Ce dernier ne s'est jamais remis de ce traumatisme. Le preneur d'otage, Tony Sacchi (Gilbert Melki), est devenu un gigolo de troisième zone pour entretenir sa famille. Pour se prêter à ce simulacre, il demande même à se faire payer. Afin de mener à bien son tournage, la production adjoint à Daniel Piron un caméraman et un preneur de son pas vraiment performants. Daniel Piron les traite de "gugusses". C'est tout dire. Pendant le tournage, rien n'ira comme prévu. Le fiasco est total. Côté vie privée, le journaliste a du mouron à se faire: sa femme (Julie Depardieu) voudrait bien un enfant mais lui ne sent pas prêt. Le film n'est pas drôle mais au contraire il dégage une impresssion de tristesse et de désenchantement. Et autant Gilbert Melki ne m'a pas convaincue (il détonne au milieu des autres), autant Benoît Poelvoorde, avec son air de chien battu, est excessivement touchant. Rien que pour lui, je vous conseille ce film.

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vendredi 14 décembre 2007

Lumière silencieuse - Carlos Reygadas

Lumière silencieuse de Carlos Reygadas peut décontenancer certains spectateurs. En ce qui me concerne, c'est le premier film que je vois de ce réalisateur. Tout commence par une nuit noire étoilée puis le soleil qui se lève sur un paysage non défini avec quelques arbres et des cris d'animaux. Tout finit (à la fin du film) par un soleil couchant puis une nuit étoilée avec le même fond sonore. Et au milieu coule l'histoire.
Dans une grande exploitation agricole, un couple, Johan et Esther, et leurs 6 enfants, tous plus blonds les uns que les autres, font une prière avant de prendre le petit-déjeuner en silence. Puis le maître de maison, resté seul, se met à pleurer à chaudes larmes. On apprend qu'il est tombé amoureux d'une autre femme appelée Marianne et dans leur communauté c'est impensable. En effet, nous sommes au Mexique, dans la communauté mennonite, une population qui descend d'européens immigrés. Etrangement, Marianne et Esther se ressemblent physiquement : nez aquilin et visage en longueur. Elles ne sont pas vraiment belles mais il émane quelque chose de particulier de leur personne.
Johan a un père pasteur à qui il demande conseil, mais ce dernier ne peut rien faire pour lui sur le dilemme de quitter ou non sa femme (qui l'aime encore) pour aller vivre avec une autre.
J'ai été très intriguée pendant tout le film par la langue que parlent les acteurs. J'ai appris qu'ils utilisaient un dialecte proche du néerlandais médiéval. Au cours de cette histoire vient se glisser un élément incongru : Jacques Brel qui chante "Les bonbons" à la télé. Cet interlude fait du bien. Car après, Esther meurt subitement sous une pluie battante. On assiste à la veillée funèbre et est-ce un rêve ou la réalité, Esther ressuscite en présence de Marianne. Elle lui parle. Ce miracle religieux peut paraître sublime mais personnellement je n'ai pas été touchée par la grâce. Le film est un peu trop contemplatif à mon goût. Les comédiens non-professionnels sont tous excellents.

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jeudi 13 décembre 2007

Nous les vivants - Roy Andersson

Après réflexion, j'ai décidé de faire un billet séparé pour Nous les vivants de Roy Andersson : film iconoclaste qui ne raconte pas une histoire, mais où l'on assiste à un enchaînement de saynètes sans début, ni fin, des instants de vie baignés parfois dans le brouillard suédois mais qui laissent perplexe. Je n'ai pas ri mais je n'ai pas été émue non plus. Je me demande ce que le réalisateur veut nous dire à part que la condition humaine est à la fois tragique et comique. Tous les décors sont dans les tons beige et vert qui donnent à l'ensemble un sentiment de claustrophobie et de tristesse infinie. Je retiens la très belle scène vers la fin du film (digne de E la nave va de Fellini) où une grande maison à un ou deux étages, occupée par deux jeunes mariés, quitte un quai comme si elle était sur des rails. Des gens lancent des "viva" à ce départ. Cette scène est inoubliable. Le reste est déjà presque sorti de ma mémoire à part la dame grassouillette, coiffée d'un casque à pointe, en train de faire l'amour pendant que son partenaire parle de ses placements financiers. Je crois que j'achèterai le film quand il sortira en DVD pour revoir (et pourquoi pas apprécier) certaines séquences.

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mardi 20 novembre 2007

De l'autre côté - Fatih Akin

Après Head on (2005)(cf. mon billet du 15/01/07), Fatih Akin nous offre un très beau film, De l'autre côté, où s'entrecroisent des êtres qui auraient pu ne jamais se rencontrer. Le dernier plan du film est magnifique: en Turquie, sur les bords de la Mer Noire, un fils, assis sur le sable, attend son père qui doit revenir de la pêche. Le film est divisé en trois parties grâce à des intertitres par lesquels on sait que la mort est au rendez-vous. La première partie se déroule en Allemagne, à Brème. Un vieil homme d'origine turque va voir les prostituées; il décide l'une d'entre elles, turque elle aussi, à se mettre en ménage avec lui. Il est déjà père d'un fils, professeur de littérature allemande. Une mort plus ou moins accidentelle change le destin de ces personnages. Dans la deuxième partie qui se passe en Turquie, à Istanbul, une jeune femme, membre d'un groupe révolutionnaire, est obligée de s'enfuir. Elle part rejoindre sa mère dont elle n'a aucune nouvelle en Allemagne, à Hambourg. Sur place, elle fait la connaissance d'une jeune Allemande avec qui elle se lie d'amitié et même plus. Des circonstances malheureuses mettent un terme à cette relation. Dans la troisième et dernière partie, on retrouve, à Istanbul, ceux qui restent et se soutiennent. Le scénario de Fatih Akin est bien écrit avec des personnages bien campés. Quel plaisir de revoir Hannah Schygulla, une des égéries de Fassbinder et de Ferreri. Ce réalisateur germano-turc est vraiment un talent à suivre. J'attends avec impatience son prochain long-métrage.

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mercredi 7 novembre 2007

Derzou Ouzala - Akira Kurosawa

Je viens de visionner en DVD (éditions MK2) Derzou Ouzala d'Akira Kurosawa, Oscar du film étranger en 1976. C'est adapté d'un récit écrit en 1923 par Vladimir Arseniev (1872 - 1930), explorateur et cartographe du début du XXème siècle qui a parcouru la Sibérie jusqu'à Vladivostock où il est décédé. Pour en revenir à Derzou Ouzala, suite aux conseils de mon ami, je l'ai enfin vu et je ne le regrette pas. Le film est composé de deux parties: 1902 et 1907. En 1902, Vladimir Arseniev par,t accompagné de quelques hommes, en Sibérie, région assez méconnue à l'époque, afin d'explorer et de tracer des cartes géographique. Il rencontre Derzou Ouzala, un Golde, chasseur de zibelines, n'ayant pas d'attaches particulières mais connaissant très bien la taïga. Le morceau de bravoure de cette 1ère partie se déroule durant un blizzard qui surprend Arseniev et Derzou. Grâce à Derzou, ils vont cueillir des brassées de grandes herbes qui serviront à l'indigène à fabriquer un abri pour protéger les deux hommes. Dans la 2ème partie en 1907, Arseniev et son équipage retrouvent Derzou Ouzala et ils croiseront un tigre. Mais Derzou Ouzala, chasseur hors pair, voulant tuer le fauve, le rate et il ne s'en remettra pas. Le film dure 2h15 mais il pourrait être plus long. C'est un vrai plaisir des yeux, les paysages sont magnifiques avec, par exemple, dans un même plan le soleil et la lune. Le film dégage une grande chaleur humaine et cela fait du bien.
En ce qui concerne l'édition en DVD, je n'ai pas compris pourquoi la première partie du film figure sur 1 DVD et la deuxième... sur un 2ème DVD. Les bonus sont aussi répartis sur les deux disques (un peu maigrichons pour mon goût).

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jeudi 25 octobre 2007

Secret Sunshine - Lee Chang-Dong

Le titre original du film est Myliang du nom de la ville de Corée où se passe le film. Ce mot Myliang veut dire (en idéogrammes!) Ensoleillement secret (Secret Sunshine). C'est l'héroïne du film qui donne cette explication. L'histoire commence par l'arrivée en voiture de Séoul de Shin-Ae et son petit garçon. Elle a décidé de venir  s'installer dans la ville natale de son mari décédé récemment dans un accident de voiture. Elle doit trouver des élèves car elle donne des cours de piano. Mais on entend très peu de piano. En revanche, une tragédie la frappe. Son petit garçon est enlevé et tué car on la croit plus riche qu'elle n'est. L'heure et demie qui reste (le film dure 2h20) nous raconte comment cette femme Shin-ae désespérée trouve d'abord un soulagement grâce à la religion. Puis peu à peu, à cause d'un facteur déclenchant, elle sombre dans la dépression et tente de se suicider. Le film est assez éprouvant à voir mais surtout pénible à écouter. Quand les acteurs (trices) pleurent ou crient, la langue coréenne n'est pas agréable à entendre. C'est très geignard. Vu le sujet, on devrait être bouleversé. J'ai été surtout contente quand le film s'est terminé sur un plan fixe de cheveux coupés qui s'envolent.

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mardi 16 octobre 2007

Le Dernier voyage du juge Feng - Liu Jie

Film sorti récemment dans quelques salles à Paris et peut-être en province, Le Dernier voyage du juge Feng est, d'après le réalisateur, le reflet d'une certaine Chine du 21ème siècle. Ce film, plus tragique que comique, raconte une histoire originale d'un juge, de sa greffière (sur le point d'être mise à la retraite à 46 ans parce qu'elle n'est pas assez diplômée) et d'un jeune, frais émoulu tout droit sorti de l'université. Le juge Feng et les deux autres sont des itinérants, chargés de leurs dossiers et de l'emblème national transportés par un âne. Ils vont de village en village, pour juger des affaires qui peuvent paraître saugrenues mais qui sont importantes pour tous ces villageois qui ne parlent souvent que le dialecte local. Par exemple, un paysan demande qu'un cochon, qui n'est pas à lui, soit puni pour avoir déterré les restes d'ancêtres enfermés dans une urne. Pour éviter une rixe, le juge achète ledit cochon et l'emporte. Deux belles-soeurs se battent pour une cruche que le juge finit par casser. Un couple décide de divorcer, la maison du couple appartient au mari, mais c'est la femme qui le squatte et ne veut pas partir. Devant le juge, elle pousse tellement de jérémiades que le mari renonce au divorce et se reconcilie avec elle. Entre toutes ces affaires à juger, on fait mieux connaissance du juge qui semble avec un tendre sentiment pour la greffière qui n'y est pas insensible. Le jeune, pendant ce premier périple, va beaucoup changer. Et le juge, parce qu'il perd une dent, décide d'arrêter son activité. La fin du film est aussi abrupte au sens propre qu'au sens figuré. J'ajouterai que certains plans de paysages sont magnifiques et les personnages sont extrêmement attachants.

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samedi 8 septembre 2007

Caramel - Nadine Labaki

Film libanais présenté cette année à Cannes dans la section "Quinzaine des réalisateurs", Caramel peut faire penser au film français Venus Beauté Institut de Tonie Marshall (1999) comme me l'ont dit plusieurs collègues autour de moi. N'ayant pas aimé le film de Tonie Marshall, je n'étais très enthousiaste pour aller voir celui de Nadine Labaki mais je me suis décidée et je n'ai pas été déçue. C'est beaucoup mieux. La cinéaste interprète une des quatre jeunes femmes travaillant dans dans un salon de coiffure et de beauté, à Beyrouth. Une cinquième plus âgée est couturière dans le magasin d'à côté. Les actrices, toutes inconnues ou presque, sont superbes tant par leur talent que par leur beauté. Parmi les quatre, une est amoureuse d'un homme marié dont on ne verra jamais que la silhouette. La deuxième est sur le point de se marier mais n'étant plus vierge fera le nécessaire pour le redevenir. La troisième, divorcée, deux enfants, passe des castings sans grand succès. La quatrième est une lesbienne qui rencontrera peut-être la femme de sa vie en la personne d'une jolie cliente. Quant à la couturière, elle vivra une belle histoire brève avec un client de son âge. Toute l'histoire se passe à Beyrouth encore meurtrie par la guerre. Pour preuve, un générateur électrique sert souvent pendant les nombreuses coupures au salon. Un optimisme et surtout une certaine douceur de vivre se dégagent de tout le film qui finit par le mariage de l'une d'elle. La dédicace du film est "A mon Beyrouth".

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mercredi 5 septembre 2007

4 mois, 3 semaines et 2 jours - Cristian Mungiu

Palme d'Or en 2007 au Festival International de Cannes, 4 mois, 3 semaines et 2 jours se passe en 1987 pendant la dictature de Ceaucescu. L'avortement est interdit et puni de prison. Pourtant grâce à l'obstination qui va jusqu'au sacrifice d'Ottila, sa colocataire dans un foyer de jeunes filles, Gabita arrivera à se faire avorter. La vraie héroïne est Ottila, suivie au plus près par la caméra numérique. La couleur grise ou noirâtre est dominante dans le Bucarest de cette époque et pratiquement toute l'histoire se passe la nuit ou à la fin de la journée. Une immense tristesse se dégage de l'ensemble. On ressent les privations de la dictature, le marché noir est roi. La suspicion est partout. Pendant presque un quart du film, Ottila cherche une chambre d'hôtel pour qu'un certain monsieur Bebe (nom prédestiné) puisse pratiquer l'avortement en posant une sonde qui évacuera le foetus au bout d'un certain temps, 2 heures ou 2 jours. Pendant sa recherche, Ottila croise son petit ami qui l'invite à l'anniversaire de sa mère le soir même. Elle accepte d'y faire une apparition. Dans la chambre trouvée grâce à un bakchich (un paquet de cigarette) donné à la réceptionniste de l'hôtel, M. Bebe (personnage plutôt immonde) fera ce qu'il faut après s'être fait payer "en nature" (les deux jeunes femmes y passeront). La confrontation sordide entre cet homme ordinaire et médiocre et les deux filles se joue dans une chambre aux tons gris bleutés plutôt glauque. La scène forte du film se situe quand Ottila se rend chez sa peut-être future belle-famille alors qu'elle vient de laisser son amie toute seule dans la chambre d'hôtel. Dans un appartement exigu, Ottila est physiquement là avec plein de monde autour d'elle mais on la sent ailleurs. Son anxiété est palpable. Je pourrais encore en parler longtemps mais toujours est-il que c'est un film qui ne s'oublie pas. La Palme d'Or est amplement méritée.

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jeudi 23 août 2007

Disparition d'Ingmar Bergman

Le même jour, le 30 juillet 2007, on apprenait deux décès qui endeuillent le cinéma français et mondial. Quelques heures après Michel Serrault, le cinéaste suédois Ingmar Bergman disparaît à 89 ans. Son oeuvre n'est pas toujours accessible au grand public de par les sujets traités (les rapports difficiles dans le couple, la maladie, la mort), le langage et les situations parfois très crus. Je ne considère pas qu'il était un cinéaste féministe mais plutôt féminin. Il a fait tourner des actrices sublimes de beauté et de talent dont Ingrid Thulin, Liv Ullman, Bibi Andersson, Harriet Andersson, Gunnel Lindblöm, Ingrid Bergman. Il était très fidèle à ses comédiens. Il faisait souvent tourner les mêmes. Parmi les acteurs hommes, le plus connu est Max Von Sidow. Son fidèle chef-opérateur Sven Nykvist a mis en image tous ses films ou presque et c'est magnifique. En ce qui me concerne, je conseille de voir Monika (1953), Le Silence (1963), Persona (1966), Cris et Chuchotements (1973), l'Oeuf du serpent (1977), Sonate d'Automne (1978),  et Fanny et Alexandre (1982).

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