lundi 11 septembre 2017

Au gré du courant / Quand une femme monte l'escalier / Le grondement de la montagne / Une femme dans la tourmente - Mikio Naruse

A Paris, dans le cadre d'une rétrospective du réalisateur japonais Mikio Naruse commencée cet été avec Nuages épars, j'ai pu découvrir quatre autres films (en noir et blanc) du réalisateur, dont deux vus le même soir. Il serait souhaitable que ces films restés inédits ou presque en France sortent un jour en DVD s'ils ne bénéficient pas d'une programmation en province. Ils vont continuer à être projetés en matinée (au moins une semaine) dans le cinéma parisien où je les ai vus.

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Au gré du courant (1956) se passe dans la maison de geishas de Tsutayako (Otsuta) à Tokyo. Dans cette maison peu prospère, les geishas s'en vont peu à peu. Quand le film commence, Rika, une veuve ayant aussi perdu son fils, devient la bonne de la maisonnée. Elle bénéficie du gîte et du couvert. C'est une personne dévouée qui attire tout de suite la sympathie. Otsuta, la patronne, peine à joindre les deux bouts. Sa fille Katsuyo qui est couturière et qui vit dans la maison, ne souhaite pas prendre la suite. Par ailleurs, Ohama, qui fut l'amie d'Otsuta, informe cette dernière qu'elle est devenue propriétaire des murs. Le lieu deviendra un restaurant. Le film décrit ce que pouvait être une maison de geishas pendant la journée, quand les clients n'étaient pas présents. Une vie routinière avec ses tracas. Le film m'a paru un peu long mais il est à voir.

Quand une femme monte l'escalier (1960) se passe, lui, dans un bar d'un quartier chic de Tokyo où des femmes flattent les hommes en les faisant consommer de l'alcool. Elles ne sont ni des geishas ni des prostituées. Keiko est l'une d'elle. Elle est le personnage central de l'histoire. Surnommée Mama, veuve et encore belle, elle rêve d'ouvrir un bar à elle. Elle a fait voeu de ne jamais se remarier bien qu'elle soit très courtisée. Elle tient un journal dans lequel on sent qu'elle n'aime pas son métier d'hôtesse, mais il faut bien vivre. Le titre se réfère au fait qu'elle doit monter un escalier afin d'entrer dans le bar où elle travaille. C'est un film qui vous envoûte grâce à l'actrice principale, Hideko Takamine (décédée en 2010 à 86 ans), une des actrices fétiches du réalisateur.

Le grondement de la montagne (1954), tiré d'un roman éponyme (paru la même année) de Yasunari Kawabata (1899-1972, prix Nobel de littérature), raconte l'histoire de Kikuko, toute dévouée à ses beaux-parents Shingo et Yasuko, qui de leur côté sont très attachés à elle. Shuichi, son mari volage et nonchalant, la néglige. Il a, par ailleurs, une maîtresse enceinte de ses oeuvres. Un jour, sa belle-soeur, dont le mari est parti, revient vivre chez ses parents avec ses deux enfants. De là, on apprend que Kikuko qui paraît malade est en réalité enceinte. Elle se fait avorter et, quand le film se termine, elle va certainement quitter sa belle-famille. L'actrice principale Setsuko Hara (décédée en 2015 à 95 ans) fut l'actrice de beaucoup de films d'Ozu. Elle est émouvante.

Je termine avec Une femme dans la tourmente (1964), un très beau mélo dans lequel Reiko (de nouveau Hideko Takamine, qui est magnifique), une veuve de guerre, (son mari a été tué six mois après leur mariage), s'occupe très bien toute seule depuis 18 ans du commerce de sa belle-famille. Au début des années 60, le Japon est en pleine mutation avec l'implantation de supermarchés. Les petits commerces comme celui tenu par Reiko sont menacés de disparaître ou de s'adapter car ils ne sont pas concurrentiels au niveau des prix. Les deux belle-soeurs de Reiko aimeraient que cette dernière refasse sa vie, qu'elle renonce à diriger le magasin pour qu'elle leur laisse le champ libre afin de transformer la boutique en supermarché. En revanche, Koji, le beau-frère de Reiko, il a 12 ans de moins qu'elle, ne veut pas qu'elle parte. On apprend pourquoi. Reiko cette femme admirable est pratiquement de tous les plans du film. Il n'y a pas un plan en trop. Un très grand film.

Avec ses films, Naruse brosse de très beaux portraits de femmes et c'est un cinéaste à découvrir.

Il faut noter que la cinémathèque de Bruxelles fait une rétrospective de l'oeuvre de Naruse en septembre et octobre 2017. Lire le billet de Chez sentinelle.

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mardi 5 septembre 2017

7 jours pas plus - Héctor Cabello Reyes / Bonne pomme - Florence Quentin

Voici deux long-métrages sortis le 30 août 2017.

Je commence par le "remake" du film argentin El Chino qui m'avait plu. 7 jours pas plus m'a autant divertie que le film original. Je l'ai trouvé drôle et émouvant. La transposition en Belgique est réussie et Benoît Poolvoerde s'en sort bien. Pierre, un vieux garçon qui s'endort tous les soirs à 23h00 pile et se réveille à 6h00 du matin, est le propriétaire d'une quincaillerie en ville. Il n'arrête pas de récriminer contre un fournisseur de vis. Dans les boîtes qui lui sont livrées, le compte n'y est pas. Le soir, il découpe dans le journal des articles de faits divers qui sortent de l'ordinaire. Il n'a aucune vie sentimentale même si une jeune femme de sa connaissance vient le voir souvent. C'est un homme rustre qui n'a pas beaucoup de savoir-vivre. Jusqu'au jour où il va croiser le chemin d'Ajit, un Bengali qui, ne parlant pas un mot de français, est éjecté d'un taxi juste devant lui. Sept jours, c'est le temps que Pierre accepte de loger Ajit afin que ce dernier retrouve son oncle. Je ne vous en dis pas plus. Pour ceux qui ont vu El Chino, c'est la même histoire et la même fin. Allez voir 7 jours pas plus, qui semble être projeté dans peu de salles - et c'est dommage.

Je suis allée voir Bonne pomme parce que la BA m'avait amusée, et puis Depardieu et Deneuve dans le même film, c'est souvent un plaisir. Le scénario est plutôt confus au début. Gérard qui ressemble à un ogre s'occupe d'un garage à Dreux. C'est le "brave couillon" qui se fait avoir par son ex-femme, comptable dudit garage, et par toute sa belle-famille. Il part sur un coup de tête pour acheter un garage à lui tout seul dans un petit village de Seine-et-Marne. Face à ce garage, il y a un hôtel-restaurant tenu par Barbara (Catherine Deneuve). Barbara est fantasque, n'a pas un sou, arrive à soutirer des arrhes importantes à Gérard. Elle laisse en plan ses clients au moment du dîner. De très mauvaise foi, elle se sort de toutes sortes de situations avec beaucoup d'aplomb en prenant souvent la fuite. Heureusement qu'avec Gérard qui ne boit que du jus d'abricot (!!!), elle va trouver une "bonne pomme". J'avoue que je suis très très indulgente envers ce film au scénario très ténu, car Deneuve et Depardieu sont attendrissants, mais vous pouvez attendre de le voir à la télé.

Je chroniquerai ultérieurement Petit paysan sorti la même semaine et que je vous conseille.

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vendredi 18 août 2017

Que Dios nos perdone - Rodrigo Sorogoyen

Après La Isla minima (sorti aussi en plein été il y a deux ans) qui bénéficiait d'une histoire prenante hors des sentiers battus, je vous conseille d'aller voir, cet été, un autre polar espagnol, Que Dios nos perdone (recommandé aussi par Pascale et alex). A Madrid en 2011, le Pape Benoît doit venir dans la capitale espagnole. Le pays est en plein marasme économique. C'est dans ce contexte que deux policiers, Velarde (qui souffre de bégaiement) et Alfaro (au comportement parfois incontrôlable) enquêtent sur le meurtre et le viol de plusieurs dames âgées. L'enquête piétine vite car le tueur ne laisse pas d'empreintes. Les policiers ne sont pas aidés par leur chef qui veut des résultats et une arrestation discrète. Le réalisateur s'attarde beaucoup sur la vie des deux flics: Velarde, qui vit seul dans un appartement sans fenêtre, et Alfaro, marié et père de deux enfants. Son couple va mal. Velarde, quant à lui, a un problème dans ses relations avec les femmes. Quant au tueur, on apprend qui il est vers le milieu du film lors d'une course poursuite mémorable dans le métro madrilène. Car les quatre premiers crimes sont montrées post-mortem. En revanche le dernier crime (sur une vieille dame très sympathique) est filmé de bout en bout. La violence du tueur est effrayante. L'épilogue laisse un goût amer. Un très bon film servi par de bons acteurs. Lire aussi les billets de ffred et Tinalakiller.

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dimanche 13 août 2017

Crash test Aglaé - Eric Gravel / Les filles d'Avril - Michel Franco

Si vous voulez voir un film rafraîchissant, allez voir Crash test Aglaé, le premier long-métrage d'Eric Gravel. Vous aurez l'occasion de cotoyer Aglaé Lanctot pendant son périple, qui l'emmenera de la Lorraine vers la Suisse puis l'Allemagne, pour se terminer en Inde, en passant par le Kazakhstan. Aglaé, qui n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie, s'est découvert une passion pour travailler dans une usine qui fait du "crash-test" sur les voitures. Quand le film commence, Aglaé apprend par ses deux meilleures collègues, Liette (Julie Depardieu) et Marcelle (Yolande Moreau, hilarante), que l'usine va être délocalisée en Inde. A la surprise de la direction qui est convaincue que tous les ouvriers vont acccepter leurs indemnités de licenciement, Aglaé, elle, accepte de partir en Inde pour retravailler avec un salaire bien moindre. Ses deux collègues décident de l'accompagner. Ce voyage effectué en voiture (un peu déglinguée), en caravane, en vélo et à pied nous fait passer un bon moment. Liette et Marcelle vont abandonner assez vite (pour différentes raisons), mais Aglaé ira jusqu'à bout sans se poser de question. Je vous laisse découvrir ce qui l'attend au bout du chemin. Un film d'été d'1H25 qui fait du bien, même s'il y a beaucoup d'invraisemblances. Lire les billets de Pascale et Alex.

Je n'en dirais pas autant du film Les filles d'Avril du Mexicain Michel Franco qui m'a un peu perturbée. Quand la séance s'est terminée, certains spectateurs semblaient aussi abasourdis que moi. Quelle histoire! Valeria, 17 ans, est enceinte et fait l'amour avec son petit copain. Elle vit dans une maison en bord de mer avec Clara, sa demi-soeur plus âgée qu'elle. Clara parle peu et a des problèmes de poids. Abril, la mère, la cinquantaine épanouie, arrive soudainement. Longtemps absente, elle n'avait pas vu que sa fille attendait un enfant. Dès la naissance, Abril s'occupe du bébé, une petite fille, considérant que Valeria n'est pas capable de s'en occuper. Pour ce faire, elle subtilise le bébé en disant à sa fille que Karen (le bébé) a été adoptée. Et on n'est qu'au début de l'histoire, qui m'a mise mal à l'aise tout du long avec ce personnage d'Abril que j'ai trouvé monstrueux. Le réalisateur, qui est aussi le scénariste, doit avoir peut-être des problèmes avec les femmes, car je trouve le personnage d'Abril indéfendable. Ce n'est pas un film que je conseillerais à tout le monde malgré des bonnes critiques. Lire le billet de ffred.

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vendredi 4 août 2017

Cinq films vus et non commentés depuis le 15 juillet 2017

Tom of Finland de Dome Karukoski évoque la vie du finlandais Touko Laaksonen (1920-1991), un homosexuel qui a été en butte à l'intolérance du fait de son orientation sexuelle comme d'autres en Finlande. On apprend que des homosexuels se mariaient pour éviter d'être pourchassés. Après la deuxième guerre mondiale où il a combattu contre les Russes, Touko est devenu dessinateur dans l'industrie publicitaire. Par la suite, il est devenu célèbre pour ses dessins de motards et bûcherons très "gays". Tom a inspiré entre autre Jean-Paul Gautier. Concernant Tom of Finland, j'y suis allée car le sujet m'intéressait, mais j'ai été déçue car le film, lui, n'est pas du tout intéressant. Il est trop long (1H56) pour ce qu'il raconte. Les scènes se ressemblent. Il ne se passe pas grand-chose. L'image n'est pas belle. Tout est terne et le tout manque cruellement d'émotion. Dommage.

Ma cousine Rachel de Roger Michell fut aussi une déception et pourtant j'aime les films à costumes se passant dans des demeures anglaise du début du XIXème siècle. Et j'apprécie beaucoup Rachel Weisz. Mais là, je me suis ennuyée devant cette histoire d'un jeune homme qui déteste sans la connaître et puis qui tombe amoureux de Rachel, la veuve de son oncle. Il ne sait pas quoi faire pour lui faire plaisir. Rachel reste un personnage mystérieux dont on ne connaitra pas les desseins. Est-elle une empoisonneuse ou non? La fin arrive comme un cheveu sur la soupe et on s'en moque un peu.

Un vent de liberté de Behnam Behzadi se passe de nos jours à Téhéran, ville très polluée. Niloufar, 35 ans et pas mariée, vit avec sa mère. Douée en affaires, elle dirige l'entreprise familiale de retouche de vêtements. Sa maman âgée fait un malaise dû à la pollution et le médecin veut qu'elle quitte Téhéran. Niloufar n'étant pas chargée de famille, son frère et sa soeur trouvent logique qu'elle (Niloufar) parte ailleurs dans le nord avec la maman. La pauvre Niloufar se révolte contre les deux autres, mais le frère et la soeur l'expulsent littéralement de l'entreprise. Seule sa nièce avec qui elle s'entend bien la soutient. Je ne vous dirai pas comment cela se termine, mais j'avoue qu'en tant que femme pas mariée et sans enfant, je préfère vivre en France qu'en Iran, où l'émancipation des femmes n'apparaît pas encore tout à fait à l'ordre du jour. Un film qui m'a laissée un goût amer. Lire le billet de larroseurarrose.

The Circle de James Ponsoldt est adapté d'un roman de David Eggers (scénariste du film). J'y suis allée car j'apprécie Tom Hanks et Emma Watson. L'histoire se passe dans un futur proche où tout passe par internet. Mae vient d'être recrutée dans une société appelée The Circle (le Cercle), la plus importante société en matière technologique. Peu de temps après, Mae accepte d'être filmée 24/24 (sauf aux toilettes). Cela impacte sa vie sociale et familiale. Il n'y a rien à comprendre, si ce n'est me répéter que les réseaux sociaux ne sont vraiment pas fait pour moi. C'est 1984 de George Orwell en pire. Emma Watson et Tom Hanks sont bien mais ce n'est pas suffisant. Je lirai plus volontiers le roman un de ces jours. Lire le billet de Tinalakiller.

It comes at night de Trey Edward Shults est un film d'horreur pas comme les autres. Il se passe dans un futur proche (?). Une famille, un père, une mère et leurs fils métis, vivent reclus dans une maison au fond d'une forêt. Il semble qu'une épidémie mystérieuse ait décimée les humains. L'arrivée par hasard d'une autre famille (un couple et son petit garçon) va semer le chaos. On ne voit pas grand-chose mais on sent une menace insidieuse. C'est un film sur la peur, surtout la peur des "autres". Bien entendu, tout cela se termine mal mais je ne vous dirai pas comment. Pas mal.


samedi 29 juillet 2017

Une femme fantastique - Sebastian Lelio / I am not Mme Bovary - Xiaogang Feng

Le film chilien Une femme fantastique raconte l'histoire touchante de Marina, une belle jeune femme chanteuse dans un night-club qui est la maîtresse d'Orlando, un homme plus âgé. Ce dernier a tout quitté pour elle. Malheureusement, victime d'une rupture d'anévrisme, il meurt. C'est à la clinique où Orlando vient de mourir que les ennuis de Marina commencent. Selon ses papiers d'identité, elle s'appelle Daniel. Marina est en effet une transgenre. Elle se retrouve harcelée par beaucoup de monde, dont la police et la famille qui n'avait bien évidemment pas admis cette relation scandaleuse. Marina est surtout peinée d'être empêchée d'assister aux obsèques du défunt. La famille dont l'ex-femme et le grand fils du défunt l'humilient, lui mettent des bâtons dans les roues. Qu'à cela ne tienne. Marina pourra tout de même faire un dernier adieu à Orlando. C'est un film un peu bancal, surtout la deuxième partie, il y a des scènes qui s'enchaînent sans qu'elles soient vraiment reliées mais ce n'est pas trop grave. On peut trouver quelques plans surréalistes comme celui où l'on voit Marina penchée à cause du vent sans qu'elle tombe. Un film à voir. Lire le billet de ffred.

Je passe à I am not Mme Bovary de Xiaogang Feng, film chinois de 2H10 qui m'a semblé un peu long, très bavard avec un procédé visuel pas banal. Pendant plus d'une heure, on voit le film avec une image ronde comme si on était au bout d'un tube et que l'action se passait à l'autre bout. Par la suite, l'image devient carrée et puis elle s'élargit vers la fin. Pendant plus de deux heures, on suit l'obstination et l'entêtement de Li Xuelian qui, divorcée "pour de rire" de son mari Qin (afin d'obtenir un plus grand appartement,) se rend compte qu'elle s'est "fait avoir": le divorce est entériné par le tribunal de la ville et son mari s'est remarié. A partir de là, pendant 10 ans, Li Xuelian n'aura de cesse de faire annuler le divorce devant différentes juridictions (uniquement des hommes). Elle ira jusqu'à Pékin. L'ensemble est assez répétitif. Sans succès. Même si l'on apprend ses vraies motivations à la toute fin du film, le personnage de Li Xuelian est crispant. Cela m'a empêchée d'adhérer à l'histoire. Lire le billet de Pascale.

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dimanche 23 juillet 2017

Nuages épars - Mikio Naruse

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Avant de rechroniquer des films récents plus ou moins emballants,  je vous conseille absolument Nuages épars de Mikio Naruse (1905-1969). Nuages épars qui date de 1967 est le dernier long-métrage tourné par le réalisateur japonais aux presque 100 films dont beaucoup ont disparu. Il était resté inédit en France (et ailleurs en Europe sauf dans quelques festivals). Il vient de sortir en version restaurée dans 5 ou 6 salles à Paris le 19 juillet 2017. Nuages épars est un beau mélo comme on n'en fait plus, peut-être plus subtil que certains films de Douglas Sirk (c'est dire). C'est tout ce que j'aime au cinéma. L'image couleur est splendide et l'histoire m'a touchée.

Yumiko doit accompagner son mari fraîchement promu à Washington. Peu de jours avant le départ, le mari de Yumiko est renversé par une voiture. Il meurt sur le coup. Le chauffard, Shiro Mishima, reconnu innocent, tombe amoureux de Yumiko. On le comprend, Yumiko est une très jolie femme et lui n'est pas mal non plus. Pendant presque 1H30, on voit ce couple qui se croise et se sépare. Yumiko ne pardonne pas à Shiro. Lui l'aide financièrement. A force, Yumiko ressent quelque chose pour lui, à son corps défendant. Une grande partie de leur histoire se passe dans le nord du Japon vers le lac Tazawa. J'ai adoré ce film. J'espère qu'il sera projeté dans quelques villes de province.

Mon billet sur les quatre autres films de Naruse vus cette année.

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vendredi 14 juillet 2017

Le Caire confidentiel - Tarik Saleh

Tourné à Casablanca (l'équipe de tournage a été interdite d'entrée sur le territoire égyptien), Le Caire confidentiel de Tarik Saleh (un réalisateur suédois d'origine égyptienne) est un excellent thriller avec en arrière-plan la révolution égyptienne qui a débuté le 25 janvier 2011. Le 15 janvier, Noredin, flic corrompu mais plutôt moins que d'autres, est appelé pour enquêter sur le meurtre d'une chanteuse dont le corps est retrouvé dans une chambre dans un grand hôtel du Caire. Elle a été égorgée. Dans le poste de police auquel Noredin est rattaché, la corruption règne en maître, ce n'est que bakchich à tous les étages, et l'oncle de Noredin, Kammal, chef du poste, trouve que Noredin n'en rapporte pas assez. Un témoin, une jeune femme de ménage soudanaise payée à la journée, sait qui a tué la chanteuse. Peu de temps avant le meurtre, un homme proche du fils du président Moubarak est sorti de la chambre, la victime était sa maîtresse. Au fur et à mesure que l'histoire se déroule, Nouredin se met à dos sa hiérarchie et quelques-uns de ses collègues, car bien que l'affaire ait été classée (la victime se serait "suicidée"), il continue d'enquêter. Nouredin devient l'homme à abattre et il n'est pas tout seul. Le film se termine avec les premières manifestations anti-Moubarak et pour la libéralisation du régime. Il y a un très beau travail sur le cadrage et la photo. Les acteurs, Fares Fares en tête, sont remarquables. Je le répète, un très bon film qui semble rencontrer son public. Le bouche-à-oreille est excellent. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

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samedi 8 juillet 2017

Sans pitié - Sung-hyun Byun / Le jour d'après - Hang Sang-Soo

Voici deux films coréen, le premier que j'ai beaucoup aimé (j'ai suivi le conseil de Pascale) et le deuxième qui m'a un peu ennuyée.

Sans pitié de Sun-hyun Byun fait penser au film de Martin Scorcese Les Infiltrés (2006), qui était lui-même un remake du film hong-kongais The Internal affairs (2002). Dans Sans Pitié, un jeune flic, Hyun-soo (j'ai cru à un adolescent) accepte une mission d'infiltration, qui consiste à passer trois ans en prison et à se rapprocher du "caïd" Jae-ho qui fait la loi dans la prison. On apprend que Hyun-soo est flic bien après le début du film, quand il l'avoue à Jae-ho. Sans pitié joue avec la chronologie: 2 ans avant, 3 mois après, etc. Cela permet aux spectateurs de se repérer dans les méandres de l'intrigue. J'ai été intéressée par les relations entre le jeune n'ayant peur de rien, se battant avec plus fort que lui, et l'ainé. C'est une relation père-fils voire plus si affinités. Je me suis posé la question. Il y a un doute qui plane jusqu'au bout. Quand les deux sortent de prison, ils s'associent. Ils court-circuitent un autre Coréen, ce qui leur permet de faire affaire avec un gang de Russes lors d'un achat de cachets de méthamphétamine. Par ailleurs, une femme-flic pas sympathique (la chef de Huyn-soo) s'en mêle. Elle n'a aucun état d'âme et compte bien "coincer" tout le monde. Je le répète, le rythme du film est haletant grâce à sa rupture dans la chronologie de l'histoire. Pour un presque premier film, le réalisateur a fait du bon travail. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

Je n'en dirais pas autant pour Le jour d'après réalisé par Hang Sang-Soo. Ce film en noir et blanc m'a paru statique bien qu'il y ait aussi des flash-back: quatre personnages sont à l'écran (pas forcément en même temps). Le décor se résume pratiquement à l'intérieur d'une maison d'édition. Bongwan, éditeur et écrivain primé, est marié. Il a une maîtresse qui vient de le quitter. Elle était son employée dans la maison d'édition. Areum, une jolie jeune femme prend sa place, et c'est elle qui est giflée par la femme de Bongwan qui croit qu'il s'agit de l'amante de Bongwan. Cette gifle arrive largement au tiers du film. Avant, il ne se passe pas grand-chose, ça parle, ça crie, ça pleure. Et Bongwan ne réagit pas beaucoup. Il m'a paru sans épaisseur. On se demande comment deux femmes ont pu lui tomber dans les bras, sans compter que la nouvelle ne semble pas non plus le laisser indifférent. Le noir et blanc est certes beau, mais c'est un peu long, et j'ai trouvé la fin (où Bongwan ne se rappelle plus d'un visage) assez étrange. Lire le billet de Strum.

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mardi 20 juin 2017

Creepy - Kiyoshi Kurosawa / La momie - Alex Kurtzman

Samedi soir le 17 juin, dans ma province limogeaude, je suis allée voir Creepy du réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa dans l'une des trois salles "art et essais" de la ville. C'était à la séance de 22H15 et nous étions 3 (trois) spectatrices, moi comprise. J'avoue que c'est dommage qu'il n'y ait pas eu plus de monde car ce film très réussi est "creepy" (qui fait frissonner) à souhait. Takakura, la trentaine, un ancien policier devenu professeur en criminologie, s'installe avec sa femme Yasuko et leur chien Max (une grosse bête poilue) dans un petit pavillon dans la banlieue de Tokyo. Yasuko, très bonne cuisinière, fait la connaissance de ses voisins et en particulier de Nishino et sa fille Mio. Nishino avec son visage de clown grimaçant ou souriant, c'est selon, paraît assez vite étrange et inquiétant tant par ses remarques que par son comportement. Les jours passent, Nishino apprivoise Max, pendant que Yasuko, souvent seule semble perturbée par des coups de fil mystérieux. Elle devient apathique. Pendant ce temps, Takakura, consulté par d'anciens collègues, enquête sur la disparition survenue six ans auparavant d'un couple et d'une famille de trois personnes (un père, une mère et leur fils). Takakura interroge la fille de cette famille. Elle est encore traumatisée si longtemps après. Les choses s'accélèrent, et on découvre un psychopathe sans pitié qui sort de l'ombre, une incarnation du mal qui manipule ses victimes (et les autres) par la pensée et en fait des tueurs. Je ne peux rien révéler de plus. On a de plus en plus peur. Le film dure 1H51. J'ai été captivée de bout en bout. J'espère que les deux autres spectatrices ont autant que moi apprécié le film. Lire le billet de l'Arroseurarrose.

Je passe maintenant à un film qui m'a déçue: le nouveau Tom Cruise, qui doit affronter la Momie: une jeune princesse, Ahmaneth, qui, il y a plus de 2000 ans, apprenant qu'elle ne pourra pas régner sur l'Egypte, s'est s'adonnée au culte de Seth, incarnation du mal. Momifiée vivante, Amaneth fut mise dans un sarcophage enterré en Mésopotamie (Irak) à plus de 2000 km des terres égyptiennes. De nos jours, Tom Cruise et un acolyte sont des pilleurs de tombes. Ils dérobent des reliques et les revendent. Bien entendu, Amaneth va renaître par-delà le temps, et jeter son dévolu sur Tom pour en faire son alter ego et lui donner la vie éternelle. C'est compter sans Dr Jekill (Russell Crowe, impayable), qui fait la chasse aux forces du mal. Ce film est bourré d'effets spéciaux (certains spectaculaires), mais j'ai trouvé que l'histoire était "du grand n'importe quoi" avec des zombies et quelques templiers plus très frais. Vraiment pas terrible. Lire le billet de Pascale.

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