15 novembre 2009
Films vus et non commentés depuis le 21/10/09
Voici un billet qui en suit d'autres sur trois films vus mais pas trop appréciés (c'est un euphémisme) sauf le premier, et sur lesquels je n'ai pas envie de m'attarder.
La Nana de Sébastian Silva est un film chilien qui a reçu de bonnes critiques et a été multiprimé au festival de Sundance. Je suis allée le voir car le sujet m'intéressait. Les patrons de Raquel, bonne à tout faire depuis 20 ans dans la même famille, lui fêtent son anniversaire. Raquel est une femme d'une quarantaine d'année, tout d'une pièce, qui a du caractère (certains diraient qu'elle a mauvais caractère). Raquel est fatiguée et tombe souvent dans les pommes. Elle est toute seule pour s'occuper d'une grande maisonnée, c'est pourquoi sa patronne décide de lui adjoindre une aide. Mal lui en prend. Raquel a peur qu'on la remplace et réagit (mal). Deux aides rendent leur tablier après des tours pendables que leur fait subir Raquel. En revanche, la troisième, Luc,y saura l'apprivoiser, car Lucy est la joie de vivre personnifiée. Le film est sympathique même si la réalisation est un peu maladroite, avec quelques scènes répétées et le tout manquant un peu d'invention.
Le concert de Radu Mihaileanu est un film fourre-tout poussif avec un scénario invraisemblable qui donne des situations abracadabrantes. Comme, par exemple, des musiciens qui n'ont pas joué (ou presque) pendant 30 ans et qui sont capables de rejouer une longue partition sans répétition. Autre exemple, des Russes qui, en deux jours, retrouvent du travail à Paris comme si de rien n'était. Sans compter que j'ai été gênée par les acteurs russes qui sont doublés en français avec un accent improbable ce qui ajoute au ridicule de l'ensemble Je ne sauve que le dernier quart d'heure avec le concerto pour violon opus 35 de Tchaikovski. Tout le reste est à oublier. Je n'avais pas du tout aimé Va, vis et deviens du même réalisateur. Si je m'en étais rappelée, je ne serais peut-être pas allée voir Le Concert qui rencontre un grand succès public (il paraît que des spectateurs sortent leur mouchoir et/ou applaudissent à la fin). Personnellement, je le déconseille.
Quant à The box de Richard Kelly, cette "boîte" m'a parue bien vide. L'histoire se passe en 1976 en Virginie, pas loin de bureaux de la NASA et du siège du FBI. On peut ajouter la CIA et la NSA. Par un jour d'hiver, Arlington Steward, un homme affreusement défiguré, sonne à la porte de la maison d'un jeune couple, Norma et Arthur Lewis (Cameron Diaz et James Marsden); ce dernier travaille à la NASA. Ils ont un petit garçon. La veille, une boîte creuse avec un gros bouton avait été déposée sur leur seuil. Pour résumer, Arlington leur propose un million contre une vie. Il suffit d'appuyer sur le bouton. Bien entendu, le bouton est poussé, ils ont le million de dollars, il y a bien une mort violente et le cauchemar commence pour le couple. The Box est surtout une histoire où la culpabilité, la suggestion, le conditionnement, l'hypnose et peut-être la vengeance sont les clés essentielles. [Petit indice en passant: pourquoi s'en prendre à des employés de la NASA?]. Il y a des effets spéciaux un peu risibles et qui n'ajoutent rien. Les comédiens ne sont pas en cause mais ils sont prisonniers d'un scénario alambiqué et pas crédible. J'aime bien être manipulée au cinéma mais pas dans ce cas-là. Je pense que j'essaierai de lire la nouvelle de Richard Matheson dont est tiré le film.
26 octobre 2009
Invitations à une avant-première du film Rapt - Lucas Belvaux
Bonjour à tous et toutes, j'ai le plaisir d'inviter quelques fidèles de mon blog à une avant-première de Rapt de Lucas Belvaux (sortie le 18/11/09) en présence d'Yvan Attal, le vendredi 6 novembre 2009 à 20 heures, Club de l'Etoile, 14, rue Troyon, 75008.
Si cela vous intéresse, merci de me contacter par mail ou avec un commentaire et je vous communiquerai l'adresse où vous inscrire (il y a 10 invitations et c'est 1 ou 2 par personne).
21 octobre 2009
Films vus et non commentés depuis le 03/10/09
Pour continuer ma série, voici 4 films qui n'ont aucun rapport entre eux mais qui sont à voir si les histoires vous inspirent.
Mères et filles de Julie Lopes-Curval. J'y suis allée pour les actrices (surtout Marina Hands et Marie-José Croze). Je trouve Catherine Deneuve assez antipathique (c'est son rôle qui le veut). Les scènes où le passé et le présent se mêlent sont bien faites. Louise, Martine et Audrey sont respectivement la grand-mère, la mère et la fille. Louise a disparu, il y a 50 ans. Les deux autres n'arrêtent pas de se chamailler pendant tout le film. Revenue du Canada pour passer des vacances auprès de ses parents, Audrey (jeune trentenaire) est enceinte (elle ne veut pas garder le bébé). Sa mère, Martine, médecin, vit pour son travail. Tout se passe du côté du bassin d'Arcachon. Il y a 50 ans, Louise était malheureuse. Elle faisait partie de ces femmes qui devaient demander la permission à leur mari pour travailler et/ou avoir un compte en banque. Audrey devine ce qui est arrivé à sa grand-mère après quelques retournements de situation. Le scénario n'est pas mal écrit mais cela manque de quelque chose. Et surtout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de scènes avec Louise (LE personnage intéressant de l'histoire et puis Marie-José Croze est tellement jolie, les toilettes des années 50 lui vont bien).
Les joies de la famille d'Ella Lemhagen, ou comment un couple d'homosexuels suédois mariés, Goran et Sven, se retrouve après une demande d'adoption devant un garçon de 15 ans (pré-délinquant) et non de 1,5 ans (erreur de frappe malheureuse). L'histoire se passe dans une petite ville proprette en Suède où tous les voisins se connaissent et où l'hétérosexualité est de mise. L'arrivée de Patrick provoque une crise dans le couple. Goran veut garder Patrick, l'autre s'en va (temporairement?). C'est un film sans prétention plein de fraîcheur et les comédiens sont épatants.
La proposition d'Anne Fletcher, avec Sandra Bullock. Cette dernière est éditrice dans une grande maison d'édition à New-York. Etant Canadienne, elle doit être reconduite à la frontière car elle n'a pas régularisé son permis de travail. Qu'à cela ne tienne, elle propose le mariage à son assistant / souffre-douleur. L'employé de l'immigration n'est pas dupe. Pour apprendre à se connaître, nos deux tourtereaux, Margaret et Andrew, partent en Alaska chez les parents d'Andrew qu'ils doivent aussi convaincre de leur intimité. Il s'ensuit quelques situations parfois drôles mais j'ai trouvé cette comédie un peu molle et elle ne restera pas dans les annales. En revanche, j'aimerais bien passer quelques jours dans la maison des parents. Si vous allez voir le film, vous verrez.
Je garde pour la fin...
... District 9 de Neil Blomkamp: le film dont on parle, qui est un succès public et que je suis donc allée voir. Pour être honnête, je reconnais que c'est bien fait, on y croit: ce faux reportage avec interviews en direct d'humains et d'Aliens (appelés "crevettes") parqués comme des bêtes dans des bidonvilles de Johannesburg (Afrique du Sud) qui sont "rackettés" par des gangs qui leur fournissent de la pâté pour chats (un délice pour les extra-terrestres). Wikus, membre d'une multinationale en armement, est chargé par celle-ci de faire évacuer les Aliens pour les déporter dans un autre endroit. Wikus est l'incarnation de la condescendance envers ces êtres par ailleurs intelligents et qu'on humilie. Contaminé par inadvertance par un liquide extraterrestre, le cauchemar commence pour Wikus qui mute très vite. De chasseur, il devient chassé. On en veut à ses organes. La tension et le suspense sont tenus jusqu'au bout. En devenant Alien, Wikus s'humanise. C'est le genre de film où il ne faut pas rater le début. Cela va à tout allure. L'image n'est pas très belle. Et ce que l'on contemple à l'écran n'est pas toujours ragoûtant. Ceci mis à part, on peut le voir.
11 octobre 2009
Rapt - Lucas Belvaux
Décidément, je n'arrête plus de voir des films en avant-première. Grâce à Jérôme de Cinefeed et Cinefriends (que je remercie), j'ai eu la chance de voir, le 30 septembre dernier, Rapt de Lucas Belvaux qui sort le 18 novembre prochain dans toutes les bonnes salles. Quand j'ai accepté, je ne savais pas quel était le sujet. Dès que j'ai su qu'il y avait une histoire de doigt coupé, je me suis dit que cela me rappelait quelque chose. En effet, Lucas Belvaux s'est librement inspiré de l'affaire du Baron Empain (qui s'est passée en 1978). Dans le film, le personnage s'appelle Stanislas (1) Graff. Il s'agit d'un homme d'affaires aisé (avec une grande fortune personnelle), dont on voit, pendant les premières minutes de Rapt, la vie quotidienne en accéléré. Marié, père de deux filles et patron d'un grand groupe industriel, passant d'un rendez-vous à l'autre, il mène en parallèle une existence où se mêlent le jeu (poker) et quelques maîtresses. Il joue gros et perd beaucoup. Un matin, Stanislas Graff est enlevé. Une rançon de 50 millions d'euros est demandée. Pour montrer qu'ils ne plaisantent pas, les ravisseurs lui coupent le majeur de la main gauche. Le film alterne les scènes de détention et l'"extérieur" où la famille de Sébastien (sa femme en particulier) ainsi que les collaborateurs du groupe essaient de trouver la rançon. Petit à petit, la situation évolue et pas forcément en faveur de l'otage humilié, enchaîné avec des ravisseurs encagoulés. Je ne raconterai pas la fin, assez proche de la réalité et qui est passionnante (on pourrait même en faire une suite). Les acteurs, Yvan Attal et Anne Consigny en tête, sont bien dans leur rôle. C'est un film qui m'a beaucoup plu grâce à un scénario très bien écrit, une réalisation nerveuse et sans temps mort. Les dialogues ont été considérés comme un peu littéraires au goût d'au moins un spectateur (qui a trouvé que cela faisait "théâtre" et que seul Yvan Attal semblait naturel; il a trouvé le jeu des autres acteurs un peu trop retenu). Quant à moi, j'ai apprécié d'entendre des dialogues intelligibles (même les ravisseurs parlent "bien"). Cette projection s'est déroulée dans une salle avec des fauteuils moelleux, nous étions une vingtaine de spectateurs, des blogueurs qu'avait invités Jérôme. A la fin de la projection, Lucas Belvaux en personne s'est prêté gentiment au jeu des questions/réponses. Je lui ai tout de suite demandé s'il s'était inspiré de l'affaire du Baron Empain, il m'a répondu oui. Je lui ai demandé après: pourquoi cette affaire? et pourquoi maintenant? Il a répondu que c'était une affaire qui l'intéressait depuis longtemps et qu'il avait lu le livre du baron Empain, dont il avait vu une interview à la télé il y a quelques années. L'histoire est transposée de nos jours. Parmi les autres réponses, Lucas Belvaux nous a expliqué qu'il avait rencontré des "vrais" inspecteurs de police qui travaillent en groupe de 6 ou 7 et dont la tâche principale est d'écrire. Il nous a exposé comment il avait choisi les acteurs, etc. A priori, le baron Empain avait vu le film le même jour (on ne sait pas ce qu'il en a pensé). Lucas Belvaux est un homme passionné qui reste simple. Je lui souhaite du succès pour son film qui le mérite. Merci encore à Jérôme (pour m'avoir invitée de nouveau après Looking for Eric) et à son assistant Florian.
(1) et non Sébastien comme je l'avais écrit. Merci à Rom_J qui m'a fait rectifier le 08/11/2009 cette erreur par son commentaire ci-dessous.
09 octobre 2009
Mademoiselle Chambon - Stéphane Brizé
J'ai été invitée le 6 octobre 2009, avec mon ami "ta d loi du cine", à une avant-première en petit comité pour voir ce film qui sort le mercredi 14 octobre 2009 (je remercie l'attachée de presse). Il y avait une vingtaine de femmes dans la salle, contre seulement 5 hommes (sans doute tous venus "pour accompagner"?). Pour résumer, j'ai aimé, mon ami moins. Il trouve que le film n'est pas nerveux du tout, que si le film avait été un court-métrage de 20 minutes, cela aurait été suffisant (il dure 1h40), que s'il revoyait le film, il le ferait en accéléré sur 10 minutes (avec une télécommande) en s'arrêtant sur quelques scènes. Il m'a redit que le cinéaste aurait pu tourner un film plus dense, moins intériorisé voire statique. En revanche, il admet que les acteurs sont très bien. La collègue de l'attachée de presse nous a souhaité une bonne projection. Elle a demandé à celles qui tenaient un blog (sic!) d'en parler si on avait apprécié le film ou de ne rien dire dans le cas contraire (ceci dit sur le ton de la plaisanterie). Avant le film proprement dit, on nous a projeté la bande annonce (avec une chanson de Barbara que je ne connaissais pas et qui est la chanson du générique de fin du film) qui reflète bien ce qu'est Mademoiselle Chambon, film peu bavard, presque contemplatif, qui donne la part belle aux acteurs. Jean (Vincent Lindon, une fois de plus très crédible) est maçon, il forme, avec Anne-Marie (Aure Atika) sa femme et Jérémy leur fils, une famille sans histoire. Jean s'occupe beaucoup de son père qui va fêter ses 80 ans. Il se trouve que Jean va rencontrer l'institutrice de Jérémy, Véronique Chambon (Sandrine Kiberlain). Quand il la voit pour la première fois, elle est appuyée sur un bureau d'élève de trois quart profil dans sa classe. Elle attend. Il la regarde et on comprend que sa vie et ses sentiments sont chamboulés. Pendant tout le film, ces deux êtres ne vont pas arrêter de se regarder sans rien dire (ou presque), d'ébaucher des gestes tendres, de se rencontrer pour des raisons plus ou moins futiles, de se séparer, de se revoir et de se quitter à nouveau. Mlle Chambon joue du violon, on entend en particulier une belle mélodie d'Elgar. L'histoire prend son temps avec des petits riens et c'est ce qui m'a plu (le couple Lindon/Kiberlain fonctionne bien), mais il faut adhérer au parti pris du réalisateur qui semble ne pas avoir fait l'unanimité parmi les spectateurs (mâles). Dans le press book, Stéphane Brizé parle de la relation qu'il a construite depuis 12 ans avec ses producteurs, TS Production. J'ai vu que ceux-ci ont aussi entre autre produit deux films récents que j'ai bien aimés et chroniqués (Séraphine et Le fils de l'épicier) ainsi que Violence des échanges en milieu tempéré (2003) qu'avait aussi apprécié ta d loi du cine.
03 octobre 2009
Films vus et non commentés depuis le 01/09/09
Voici à nouveau (cf. série précédente ici) quatre films chroniqués dont trois français dont on a beaucoup parlé et que vous pouvez vous dispenser (à mon avis) de voir.
Bienvenue à cadavres les bains de Wolgang Murnberger est un film à voir pour l'humour autrichien (si, si). C'est adapté d'un roman policier, l'histoire se passe (contrairement à ce que dit le titre) dans les montagnes autrichiennes dans une auberge. C'est sanglant, un peu "gore" et pourtant le criminel qui est un aubergiste ne le fait pas par plaisir mais plutôt pour se défendre et/ou pour éviter qu'on l'embête. Il déteste les maîtres-chanteurs. Pour ce débarrasser de ses victimes, je vous laisse le plaisir de voir comment il fait (le film n'étant malheureusement plus à l'affiche, il faudra attendre le DVD). En même temps, cet aubergiste fait de bonnes actions en recueillant un transexuel et une prostituée en détresse. Et puis, il n'est pas gâté avec son fils qui voudrait bien prendre sa place à l'auberge (même s'il ignore les actes criminels de son père). J'avais lu que cela ressemblait au thème de "L'auberge rouge": je ne suis pas d'accord. C'est un film qui ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai passé un bon moment. Rien que le titre est savoureux.
A part ça, je voudrais évoquer trois films français vus coup sur coup qui m'ont beaucoup déçue.
Rien de personnel de Mathias Gokalp ou les malheurs de certains cadres dans une entreprise. Lors d'une soirée cocktail avec pince-fesses et petits fours, des cadres sont mis à l'épreuve (sans le savoir) en passant des genres de tests notés avec un coach. L'entreprise va être rachetée et donc des licenciements de certains cadres sont programmés dont celui du personnage joué par Mélanie Doutey. Ce sont les meilleurs qui resteront. Les acteurs font ce qu'ils peuvent: les incontournables Jean-Pierre Darroussin et Bruno Podalydès (les réalisateurs ne peuvent plus se passer d'eux) jouent un coach pour le premier et un responsable syndical du CE pour le deuxième. Zabou Breitman en DRH se demande bien ce qu'elle fait là. D'ailleurs, à un moment donné, son personnage enferme le PDG dans les toilettes (elle règle un compte personnel). Peu de temps avant, ce même PDG chantait du Eugène Chabrier pour adoucir l'atmosphère. Il y a une idée de scénario mais pas plus. La seule petite originalité est que l'on voit la même scène répétée plusieurs fois dans des mises en situation différentes avec les mêmes protagonistes dont, tous comptes faits, on finit par comprendre certaines réactions. Le film se termine en queue de poisson.
L'armée du crime de Robert Guédiguian a été une vraie déception. Vu le sujet qui a été peu traité au cinéma, je m'attendais à mieux. Les acteurs (surtout la jeune génération) ne sont pas en cause. Le film raconte l'histoire de Missak Manouchian et de tout un groupe de Juifs étrangers et de communistes qui ont commis des sabotages et des attentats contre l'occupant nazi à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il y a bien entendu une courte évocation de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 pendant laquelle un flic joué par Jean-Pierre Darroussin (encore lui) montre un certain zèle à traquer les Juifs: il est ignoble. La police française n'est pas décrite sous son meilleur jour. On nous montre comment on arrivait à faire parler les gens. A part ça, la mise en scène est trop sage. Il manque les tenants et les aboutissants. J'ai assisté à une suite de scènes sans véritable lien. Je m'attendais à être émue, bouleversée. Je suis restée en dehors. On est loin du chef d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'Armée des Ombres (1969). Pour avoir un avis très différent, lire le billet de Edisdead.
L'affaire Farewell de Christian Carion fut ma troisième déception. Ffred l'avait bien dit! L'histoire est pourtant passionnante (j'en ai lu des comptes-rendus récemment). Elle est une des raisons de la chute du bloc soviétique. J'ai quand même appris pourquoi les Français avaient baptisé l'affaire "Farewell" (pour tromper les Américains). Guillaume Canet a un rôle effacé (il était mieux dans Espions). J'ai noté pour l'anecdote que Philippe Magnan qui joue le rôle de François Mitterrand est d'une ressemblance frappante avec son modèle. David Soul (Hutch de Starsky et Hutch) joue le conseiller de Ronald Reagan (Fred Ward). Je trouve que ce qui nous est narré n'est pas très clair. Et j'ai tout juste compati au sort réservé à Grigoriev (Emir Kusturica), le "traitre". C'est d'ailleurs lui qui est la seule raison de voir ce film très lisse. En y repensant, j'aurais dû me méfier en sachant qui était le réalisateur (celui du catastrophique Joyeux Noël).
Voilà donc mes avis, à vous de juger.
01 septembre 2009
Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009
Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.
Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.
Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdoctique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.
Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).
Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).
Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine).
27 août 2009
Un prophète - Jacques Audiard
Enfin un grand film, et qui plus est français. Allez voir Un prophète, 5ème film très réussi de Jacques Audiard, joué en français, en corse et en arabe. La BA ne lui rend pas hommage. Presque toute l'histoire se passe dans une prison centrale. Malik, jeune Arabe de 19 ans, analphabète, vient d'y arriver afin de purger une peine de 6 ans. Il est assez vite repéré par le clan des Corses dont le chef, Luciani (Niels Arestrup, grandiose), l'oblige à tuer un Arabe, s'il ne veut pas être tué lui-même. Et il promet sa protection. Son forfait accompli, Malik deviendra, par la suite, calife à la place du calife grâce à son intelligence (il apprend à lire), à son sens de l'observation et à sa détermination. Grand Prix (amplement mérité) au dernier festival de Cannes 2009, Un prophète dure 2h30, et on est captivé dès le départ. Ce n'est pas facile de parler de ce film découpé en chapitres tellement il est riche. On peut le résumer ainsi: c'est l'itinéraire d'un agneau qui devient un loup. Il n'y a aucune psychologie dans ce que l'on voit. Jacques Audiard nous montre l'univers carcéral quotidien avec ses clans arabes et corses (qui restent entre eux). Il nous épargne le côté misère sexuelle et la religion, et pourtant il y a du surnaturel en la personne du fantôme de l'Arabe tué par Malik qui est souvent là comme l'Ange Gabriel. Malik est considéré comme Corse par les Arabes et inversement. Devenu le "larbin" de Luciani, cela lui sert dans son ascension. Luciani s'attache à lui et lui fait confiance: grave erreur. Le film comporte des scènes fulgurantes et est baigné par la musique d'Alexandre Desplats et quelques chansons. Pour ceux qui sont familiers des films d'Audiard, ils retrouveront sa façon de filmer caméra à l'épaule et certaines images entourées de noir, un peu floues dans certains plans. J'ai eu la chance de voir Un prophète en avant-première, le 25 août 2009, en présence de l'équipe du film, Jacques Audiard et cinq comédiens dont Niels Arestrup et Tahar Rahim. A l'issue de la projection, ils ont reçu une ovation debout. Il y a eu une séance de questions/réponses qui était surtout adressée à Audiard. J'ai moi-même posé une question à Niels Arestrup: est-ce que c'était le rôle ou le fait de retravailler avec Audiard qui lui avait plu? Il a répondu, en substance, "les deux". Il considère Jacques Audiard comme un grand réalisateur. Concernant le titre, Jacques Audiard n'a pas vraiment su répondre à cette question qui lui était posée. Et pourtant, à un moment donné dans une scène, on entend un personnage dire à Malik: "Tu es un prophète?". Cette soirée m'a laissé un très bon souvenir.
19 août 2009
Joueuse - Caroline Bottaro
Pour un premier film, Joueuse de Caroline Bottaro (adapté d'un roman que je n'ai pas lu: La joueuse d'échecs, de Bertina Henrichs, Edition Liana Levi) est une réussite malgré quelques maladresses dans le scénario (par exemple les rapports entre Sandrine Bonnaire et sa fille: les deux actrices ne jouent pas sur le même registre).
Voici quelques raisons pour aller voir Joueuse:
- pour Sandrine Bonnaire, son sourire éclatant et son talent dans un de ses plus beaux rôles;
- pour la Corse hors des sentiers battus et loin des clichés habituels: la réalisatrice donne envie d'y partir tout de suite;
- pour Kevin Kline avec un accent délicieux qui joue le rôle d'un homme un peu mystérieux. Veuf, il vit dans une grande maison isolée dont on ne le voit jamais sortir. Kevin Kline ne fait rien mais avec talent. Et quelle présence!
- pour les échecs, jeu de stratégie plutôt difficile dont mon ami, ta d loi du cine, m'a appris depuis les rudiments de base;
- pour une belle histoire où Hélène, femme de chambre dans un hôtel, se découvre une passion pour les échecs au grand dam de son mari. Elle est entraînée par un homme mystérieux appelé Krüger chez qui elle fait aussi des ménages. Ces rencontres régulières font naître une relation qui m'a paru ambiguë. D'ailleurs, vers la fin du film, on assiste à une belle scène entre Krüger et Hélène, chargée d'émotion: ils annoncent à tour de rôle le n° des cases (H8, B5, C6, etc.) sur lesquelles, en pensée, ils avancent leurs pions d'une partie imaginaire.
C'est un film que je conseille et on se sent bien quand on sort de la salle.
21 juillet 2009
Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009
Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.
Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.
Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.
Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.
Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.
Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.
