lundi 9 mars 2020

Films vus et non commentés en février (2/2)

Un divan à Tunis de Manele Labidi est un film sympathique, qui se passe à Tunis, de nos jours. Selma, qui a fait des études en psychothérapie en France a décidé d'ouvrir un cabinet dans la capitale tunisienne. Les gens la regardent avec suspicion, ne sachant pas trop de quoi il s'agit. Grâce à une amie coiffeuse, elle réussit à trouver des clients, mais elle rencontre des difficultés à exercer à cause d'un policier obtus. Par ailleurs, l'administration est très lente pour lui accorder un permis pour travailler, car son diplôme obtenu en France n'est pas trop reconnu en Tunisie. Cette histoire avec des personnages hauts en couleur permet de passer un bon moment.

Je suis allée voir Wet season d'Anthony Chen car Pascale me l'a conseillé. Je l'en remercie. A Singapour, Ling, mariée depuis plus de huit ans, est professeur de chinois dans un lycée de garçons. Cette langue est considérée comme sans intérêt. L'anglais ou les mathématiques ont nettement plus la cote. Du point de vue de sa vie personnelle, Ling, qui désespère d'avoir un enfant, suit un lourd traitement afin de subir une FIV. Le mari de Ling, que je n'ai pas trouvé très sympathique, délaisse sa femme. En plus de tout ce qu'elle a à faire, Ling s'occupe avec abnégation de son beau-père grabataire qui est un monsieur attachant avec des yeux expressifs. Parmi les élèves de Ling, il y a Weilin qui s'attache à elle. Je n'en dirai pas plus, si ce n'est qu'il y a une très belle séquence où Ling et son beau-père assistent à un concours d'art martial dans lequel Weilin se distigue. Un beau film avec une fin très ouverte.

Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes de Rudolph Marconi est un documentaire français qui m'a émue. Cyrille, 32 ans, n'aurait pas dû reprendre la ferme de ses parents, et a du mal à joindre les deux bouts. Cyrille, qui prèfère les garçons aux filles, se lève tous les jours à 6 heures du matin, 365 jours par an. Il doit s'occuper de son troupeau de 20 vaches, un mélange de Charolaises et de Montbéliardes. Le film se passe en Auvergne. On assiste à la traite des vaches qu'il appelle par leur prénom. Une fois par mois ou parfois moins, le soir, il fabrique du beurre à la baratte. Et ces soirs-là, il se couche vers 2 ou 3 heures du matin pour se relever à 6h. Ses finances sont mauvaises car il s'est beaucoup endetté avec la construction d'un bâtiment. Il n'arrive pas à payer ses factures: vétérinaire ou compléments alimentaires pour animaux. Il avait aussi investi dans l'achat de 10 vaches supplémentaires et 8 sont mortes. Même s'il a accepté d'être aidé par des bénévoles d'une association pour sa comptabilité, il est au bord de la liquidation judiciaire. Il faut dire qu'on lui achète 30 centimes d'euros son litre de lait, qui sera revendu 1,50 euro (!). Il vend son beurre sur les marchés, 3 euros les 250 grammes. Bien entendu, il ne se paye pas de salaire. Et il semble que quand il a des veaux, il les confie à un revendeur qui ne le paye pas tout de suite. Le réalisateur lui demande s'il pense au suicide. Cyrille, qui est croyant, dit que cela n'est pas son état d'esprit. Toujours est-il que Cyrille qui s'est séparé de ses vaches, cherche désormais un emploi. Triste constat mais un documentaire à voir.

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mercredi 26 février 2020

Mine de rien - Mathias Mlekuz

Aujourd'hui, mercredi 26 février 2020, parmi les nombreuses sorties cinéma, je vous recommande d'aller voir Mine de rien qui est une comédie dramatique dans la lignée de Discount ou Les invisibles. L'histoire se passe dans le nord de la France, région qui fut le fleuron de l'industrie minière. Des chômeurs longue durée ne se laissent pas abattre. Il règne une certaine solidarité entre eux malgré des vies personnelles chaotiques. Arnault, qui a la charge de sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, est séparé de sa femme et il voit peu ses deux garçons qui le méprisent quelque peu. Son ami Di Lello, lui, a des problèmes avec sa femme et il a du mal à s'occuper de sa fille. Il y a aussi Bernadette et son fils trisomique et tous les autres qui survivent grâce aux allocations chômage et au RSA. Un jour, une idée germe dans l'esprit d'Arnault et Di Lello: créer et ouvrir à Noël un parc d'attractions dans l'enceinte d'une ancienne mine de charbon désaffectée. Réussiront-ils dans leur entreprise malgré Madame le Maire qui leur met des bâtons dans les roues? Je vous laisse le découvrir. On rit et sourit souvent. C'est un film très sympa. Les comédiens plus ou moins connus sont tous épatants comme Hélène Vincent, Rufus ou Philippe Rebbot.

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dimanche 23 février 2020

La cravate - Etienne Chaillou et Mathias Théry

Et voici la chronique "Cinéma" annoncée hier.

La cravate est un documentaire qui brosse le portrait de Bastien, un jeune homme d'une vingtaine d'années, entre octobre 2016 et juillet 2017, pendant la campagne présidentielle. A Amiens, il distribue des tracts et colle des affiches pour le Front National. C'est un fan de Marine. Il a même un poster de son idole au-dessus de son lit. C'est un garçon dont les parents sont agriculteurs. Malgré qu'il ait fait des études dans un collège privé, il n'a pas été un bon élève. Il avoue devant la caméra qu'il est devenu un skinhead au côté de néonazis. Il avait 14 ans. Maintenant, avec son unique costume et une cravate, il veut faire bonne figure devant les huiles du parti. Il devient même proche de Florian Philippot, le n°2 du parti à l'époque. Le parti pris des réalisateurs est d'alterner les séquences où l'on voit Bastien, militant actif, et les séquences avec Bastien dans un fauteuil, qui lit un texte littéraire écrit par les auteurs. Ce texte rassemblerait des réflexions de Bastien dites avant et pendant le tournage. On voit Bastien souvent étonné et ne reconnaissant pas toujours ce qu'il a dit. J'ai un sentiment mitigé sur ce film qui n'est pas dérangeant, qui pose des questions et ne donne pas beaucoup de réponses. Un film intéressant.

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dimanche 16 février 2020

La fille au bracelet - Stéphane Demoustiers

La fille au bracelet commence avec une séquence sur une plage. On voit une famille de loin, le père, la mère et les enfants, dont une fille adolescente. Deux policiers arrivent. On ne comprend pas ce qu'ils disent mais l'adolescente se rhabille et suit les policiers sans protester. Deux ans plus tard, Lise Bataille, âgée désormais de 18 ans et qui porte un bracelet électronique, attend de passer en jugement. Elle est accusée d'avoir poignardée à mort Flora, sa meilleure amie. On assiste à des moments du procès assez passionnants. On ne sait pas vraiment ce que ressent Lise. Elle ne réagit pas beaucoup, sauf juste avant le verdict. Ses parents, très bien interprétés par Roschdy Zem (décidément, il n'arrête pas de tourner) et Chiara Mastroianni, la soutiennent comme ils peuvent même si la mère prend du recul sur l'affaire. Ils ne reconnaissent pas leur fille qui, avant le drame, était a priori joyeuse et sociable et qui désormais est devenue renfermée et peu causante. J'ai beaucoup aimé l'avocate de la défense, très humaine. En revanche, la procureure, interprétée par Anaïs Demoustiers (la soeur du réalisateur) m'a paru très antipathique. Il faut noter le jeu sobre de Melissa Guers qui interprète Lise. Tout au long du film, le mystère reste entier, et ce jusqu'au terme de l'histoire, même si on assiste au verdict final sur lequel je ne vous dirai rien. Un très bon film. Lire le billet de Baz'art.

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mercredi 29 janvier 2020

La Llorona - Jayro Bustamante / Une belle équipe - Mohammed Hamidi

Le film guatémaltèque La Llorona raconte une histoire étrange baignée dans le surnaturel qui se passe en vase clos, un film qui m'a beaucoup plu. Enrique, un général responsable dans les années 80 d'un génocide contre des Indiens, passe en jugement. Il est acquitté malgré les témoignages accablants contre lui. Il attend maintenant un nouveau procès en vivant reclus avec sa femme, sa fille et sa petite-fille dans sa maison encerclée par des manifestants qui demandent justice. Après que les domestiques soient tous partis, seule une gouvernante reste fidèle. C'est elle qui embauche Alma, une jeune Amérindienne mutique aux cheveux longs et noirs. La nuit, le général se met à entendre des pleurs, il croit que c'est Alma, la Llorona (la pleureuse). Cela le rend fou. Il est vrai qu'Alma est une jeune femme étrange entourée de grenouilles. Pendant ce temps, les femmes de la famille s'entraident, elles sont soudées face à la violence dont fait preuve Enrique. J'ai aimé l'atmosphère de ce film. On sent la menace et la peur. On se demande ce qui va arriver. Le réalisateur Jayro Bustamante a gagné en maîtrise dans son métier de réalisateur. Et j'avais déjà bien apprécié Ixcanul, un de ses films précédents.

Avant qu'il ne disparaisse des écrans faute de spectateurs, je vous conseille, comme Pascale, d'aller voir Une belle équipe de Mohammed Hamidi. A Clourrières, une petite ville des Haut de France, l'équipe de foot locale se fait suspendre à cause d'une bagarre. Il lui restait trois matchs à jouer pour essayer de gagner un point qui lui permettrait de ne pas disparaître. Marco (Kad Merad), l'entraîneur de l'équipe, ne sait pas quoi faire jusqu'à ce que sa fille lui suggère de créer une équipe féminine de remplacement. Bien évidemment, rien ne sera simple. En particulier, le comportement macho voire sexiste des maris de quelques joueuses. Et justement, elles se serrent les coudes, toutes ces femmes. Elles ne s'en laissent pas conter malgré tous les obstacles qu'elles rencontrent. Et puis la Fédération de football ne compte pas valider ces matchs entre hommes et femmes. Les acteurs sont tous épatants. Je ne m'attendais à voir Céline Sallette dans ce genre de film, elle est très bien. Un film sympathique qui fait du bien. 

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dimanche 26 janvier 2020

Les siffleurs - Corneliu Porumboiu / Les filles du Dr March - Greta Gerwig / Un vrai bonhomme - Benjamin Parent

J'ai voulu voir le film roumain Les Siflleurs car j'ai trouvé la bande-annonce pas mal du tout, et bien je n'ai absolument rien compris. Cela se passe entre la Roumanie et les Canaries. Il y quelques millions d'Euro en jeu. On entend une langue sifflée, le silbo, qui sert de langue de communication entre quelques personnages. Et sinon, je retiens l'actrice principale et la musique d'Offenbach, les Contes d'Hoffmann, ainsi que l'air de Casta Diva dans Norma de Bellini. Il y aussi une scène d'une violence inouÏe (un homme égorgé), un matelas rempli d'Euro et puis c'est tout. Il faut peut-être voir le film deux fois pour le comprendre.

Je passe aux Filles du Dr March, énième adaptation du roman publié en 1868 par l'Américaine Louisa May Alcott. Les quatre filles vivent avec leur mère et la domestique pendant que le père s'est engagé dans le conflit de la guerre de Sécession. Le film est composé de nombreux flash-backs qui nous présentent plusieurs moments dans la vie de de cette famille soudée malgré quelques jalousies entre filles. Meg, qui rêve de faire du théâtre, se marie avec un homme aimant mais sans le sou, Jo, le garçon manqué de la famille, écrit en comptant se faire publier et jure de ne jamais se marier, Beth à la santé fragile, joue du piano, et Amy dessine et peint. C'est un film plein de bons sentiments. Il y a un clin d'oeil à la France avec les acteurs Louis Garrel et Timothée Chalamet. Saoirse Ronan qui interprète Jo confirme être une actrice à suivre. Je l'avais bien appréciée dans Reviens-moi, Hannah, Brooklyn et Lady Bird. Il faut noter que, plus de trois semaines après sa sortie, le public est toujours au rendez-vous. J'ai vu le film dans une salle pleine.

Je termine avec un film que sans l'avis de Pascale je ne serais pas forcément allée voir, Un vrai bonhomme de Benjamin Parent. Il s'agit d'une comédie française très enlevée avec deux jeunes comédiens épatants. Tom (Thomas Guy) et Leo (Benjamin Voisin) sont des frères inséparables jusqu'à ce qu'un accident de voiture les sépare, même s'ils continuent à se parler. C'est l'histoire de l'émancipation de Tom, le jeune frère, qui va arriver grâce à de belles rencontres à se dégager de l'influence de Léo, son frère aîné et adoré. Je trouve dommage que le titre du film ne soit pas à la hauteur de cette histoire émouvante et pas mièvre du tout. Une jolie surprise à ne pas manquer.

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mardi 17 décembre 2019

Seules les bêtes - Dominik Moll

Après douze jours de privation de cinéma causée par la grève, je suis allée voir Seules les bêtes de Dominique Moll. J'ai été tentée d'y aller après avoir lu quelques bonnes critiques et des billets positifs comme ceux de Pascale, Anne, Henri Golant ou Ffred. Seules les bêtes est une adaptation d'un roman de Colin Niel connu pour ses romans policiers qui se passent en Guyane. Seules les bêtes se déroule entre les Causses en Lozère par temps de neige et Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire. Le film se découpe en cinq parties, ce qui permet de nous présenter des personnages dans une histoire énigmatique: une voiture abandonnée sur une route enneigée avec la disparition de la conductrice, Evelyne Ducat, une épouse de notable (interprétée par Valéria Bruni Tedeschi qui m'a agréablement surprise). Nous faisons d'abord connaissance de Valérie dont le mari, Michel, dirige une exploitation bovine et ovine. Il va disparaître à la fin de cette première partie. Valérie est une employée d'une mutuelle. Elle va d'une ferme à l'autre pour aider les gens isolés dont Joseph, un paysan taiseux qui aime la solitude et le silence. Justement, dans la deuxième partie, on commence à comprendre des choses vues dans la première partie. Dans la troisième partie, on assiste à la rencontre entre Evelyne et Marion, une jeune serveuse fougueuse qui tombe amoureuse d'Evelyne. Dans la 4ème partie, l'action se transporte à Abidjan où la cybercriminalité est très présente. Quand à la cinquième et dernière partie où l'on assiste à des allers retours entre la Lozère et la Côte d'Ivoire, on comprend l'enchaînement de tout ce qui est arrivé précédemment, les malentendus et certains événements qui ont abouti à une tragédie. La conclusion est bien trouvée. Ce film à voir m'a donné envie de lire le roman qui vient de paraître en poche chez Actes Sud - Actes noirs.

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mercredi 4 décembre 2019

Hors normes - Olivier Nakache et Eric Toledano

Depuis le 23 octobre 2019, Hors normes, le film d'Olivier Nakache et Eric Toledano, attire des milliers de personnes, et c'est amplement justifié. La salle où j'étais hier soir était comble et des spectateurs ont applaudi à la fin. Hors normes raconte l'histoire de Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb), qui consacrent leur vie à d'autres, ceux dont personne ne s'occupe ni ne veut, des autistes sévères qui vivent pendant des années en milieu fermé. Nos deux héros ont créé en dehors de tout cadre légal des structures qui accueillent des dizaines de jeunes malades. Ils sont aidés par des jeunes, eux-même issus de quartiers difficiles. Bruno est toujours positif en clamant qu'"on va trouver une solution" dès qu'un problème survient: manque d'argent, de moyens et de logement. L'histoire s'attache plus particulièrement à Joseph, dont la mère, jouée par Hélène Vincent, est contente qu'une structure comme celle de Bruno existe. Joseph a la manie de tirer sur les sonnettes d'alarme dans le métro. Et puis il y a Valentin qui porte une protection sur la tête comme un boxeur car il se tape souvent la tête contre les murs. Le traitement du sujet est remarquable. Et pendant ce temps là, l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) fait une inspection qui risque peut-être de leur mettre des bâtons dans les roues. On ne tombe jamais dans le larmoyant. C'est un film optimiste qui fait du bien.

Lire les billets de Géraldine, Pascale, Anne, Ffred et MissFujii.

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jeudi 28 novembre 2019

Gloria Mundi - Robert Guediguian

Quand j'ai vu l'affiche de Gloria Mundi de Robert Guediguian, je ne m'attendais pas à un film si noir. L'histoire se passe de nos jours à Marseille de nos jours (une ville que je ne connais pas du tout). Mathilda (Anaïs Desmoutier) accouche d'une petite Gloria. Son mari Nicolas (Robinson Stevenin), son beau-père Richard (Jean-Pierre Darroussin) et sa mère Sylvie (Ariane Ascaride) sont heureux pour elle. Gloria est pratiquement le seul rayon de soleil du film avec Daniel Ortega, le père biologique de Mathilda. Il sort tout juste de prison après avoir purgé une lourde peine. Il avait tué des gens pour se défendre comme le déclare Sylvie. C'est elle qui lui annonce qu'il est grand-père après de longues années de silence. Et puis il y a Bruno (Grégoire Leprince-Ringuet), le compagnon d'Aurore (Lola Naymark) qui est la demi-soeur de Mathilda et la fille de Richard et Sylvie. Ce jeune couple est cynique, jouisseur, déplaisant à tout point de vue. Dans un quartier pauvre de Marseille, ils ont ouvert une boutique qui rachète et revend des produits à bas prix. Ils exploitent des sans-papiers en les faisant travailler "au noir": ils sont tenus de réparer le matériel racheté quand c'est nécessaire. Aurore est jalouse de sa soeur qui était la préférée de la famille et pourtant... Mathilda est vendeuse dans un magasin de vêtements. Elle ne reste jamais longtemps dans un poste. Nicolas essaye de devenir un chauffeur "Uber". Quant à Sylvie, elle fait des ménages de nuit, là où on lui dit d'aller, et Richard est conducteur de bus. Daniel est très content de connaître Gloria dont il commence à s'occuper et il écrit des haïkus. J'en ai déjà écrit beaucoup sur ce film qui ne m'a pas totalement convaincue. Les comédiens sont bien. Ariane Ascaride a été récompensée du prix d'interprétation féminine au dernier festival du cinéma de Venise. Guediguian a une vision très pessimiste sur notre monde d'aujourd'hui. La fin m'a paru logique, mais tout reste en suspens. Un film un peu déprimant au final, ai-je trouvé.

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lundi 25 novembre 2019

Les Misérables - Ladj Ly

Je me suis décidée à aller voir Les Misérables, le film dont tout le monde parle, sorti mercredi 20 novembre 2019, et qui a été récompensé par le prix du Jury au festival de Cannes 2019 et vient d'être sélectionné pour représenter la France aux prochains Oscars en 2020. Les critiques sont unanimes pour dire que le film est extraordinaire.
Il faut reconnaître que c'est un très bon film tant du point de vue de la réalisation que de l'interprétation: les enfants sont formidables et les adultes aussi. Après, j'ai des interrogations sur le scénario, sur ce qu'il raconte. Ce film se regarde comme un thriller haletant mais au bout d'1H20 (le film dure 1H42), j'étais un peu saturée à cause de la violence sur l'écran. Le dernier quart d'heure m'a paru insoutenable. Le réalisateur a certainement voulu montrer que dans certaines cités du grand Paris, les habitants ne sont pas à la fête, mais ce n'est pas un scoop, et que faire? Il ne propose pas de solutions. A Montfermeil, dans le quartier des Bosquets, on aperçoit les "grands frères Musulmans", ceux qui font le relais entre les gens de la cité et la police, comme un qui se fait appeler "Le Maire" ainsi que quelques mères de familles confinées chez elles qui ne se préoccupent guère de ce que font leurs enfants mais sont vindicatives à l'égard des violences policières. Et pendant ce temps là, les gamins, les "microbes", désoeuvrés pendant l'été où se passe l'histoire, s'occupent comme ils peuvent. L'un d'entre eux, Buzz, mate les filles grâce un drone, et un autre, Issa, dérobe un lionceau, appelé Johnny, appartenant à un cirque gitan itinérant. C'est ce vol qui va mettre le feu au poudre car les trois flics, Chris (le Blanc) Pento (le nouveau arrivé de Cherbourg) et Gwada (le Noir) appartenant à la "Bac" (Brigade anti-criminalité), vont commettre une bavure au "flashball" qui sera filmée par le drone. Un film à voir certainement. Après, est-ce que cela va faire changer les choses, je ne sais pas.
Notons encore que Les Misérables de Victor Hugo n'a pas été écrit à Montfermeil comme c'est dit dans le film, mais l'auberge des Thenardier et la fontaine devant laquelle Jean Valjean et Cosette se rencontrent se situent à Montfermeil.

Lire les billets de Pascale, Ffred, Anne, Mymp, Chris, Strum.

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