lundi 23 avril 2018

Place publique - Agnès Jaoui / Luna - Elsa Diringer

N'étant pas très fan des films du couple Jaoui/Bacri, je suis très à l'aise pour dire que Place publique m'a plu et que j'ai souvent ri. La réalisation est signée d'Agnès Jaoui tandis que le scénario et les dialogues ont été écrits par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. L'histoire se passe le temps d'une après-midi et une soirée de pendaison de crémaillère dans la nouvelle demeure d'Hélène (Léa Drucker) une productrice d'émission de radio avec le smartphone greffé à l'oreille. La demeure se situe à 35 minutes (à vol d'oiseau) de Paris. Quelques célébrités sont présentes, dont Castro, un animateur de télévision dont l'audimat dégringole. D'ailleurs, Hélène suit les négociations par téléphone pour savoir si Castro est viré ou non de l'émission. Castro est l'ex-mari de Nathalie (Agnès Jaoui), la soeur d'Hélène. Ils ont une fille, Anne, qui vient d'écrire un livre assez caustique sur ses parents. Castro est devenu cynique et il est de très mauvaise foi tandis que Nathalie a encore quelques convictions, comme de défendre une Afghane menacée d'expulsion du territoire français. Elle essaye de convaincre Castro de l'inviter dans son émission. La fête bat son plein, les voisins ne sont pas contents à cause du bruit. Avec sa moumoute, Jean-Pierre Bacri est irrésistible. J'ai trouvé ce film sympathique et la fin avec le générique où Jean-Pierre Bacri chante accompagné d'une guitare vaut le détour comme l'a bien écrit Pascale. D'ailleurs les spectateurs sont restés jusqu'au bout du générique.

Je passe à Luna, un film français qui semble être passé inaperçu (et je trouve cela dommage). Luna (sorti le 11 avril 2018) permet de révéler une jeune actrice épatante, Laëtitia Clément, que je ne connaissais pas. Elle crêve l'écran face à Rod Paradot (découvert dans La tête haute). Dans la région de Montpellier, Luna est une jeune femme qui travaille chez un maraîcher. Elle est amoureuse d'un garçon, Ruben, un chef de bande qui profite bien d'elle. Un soir dans un hangar, la bande s'en prennent à un jeune "grafeur", Alex (Rod Paradot). Quelques semaines après, Alex fait un stage chez le maraîcher où travaille Luna. Evidemment, elle se met à avoir des sentiments pour Alex. J'ai aimé le ton du film, la douceur. Et, je le répète, Laëtitia Clément est une jeune actrice à suivre.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

lundi 2 avril 2018

La prière - Cédric Kahn

J'ai vu La prière de Cédric Kahn car j'avais apprécié la bande-annonce. J'ai été plutôt déçue contrairement à Pascale ou Ffred.
L'histoire est intéressante. Elle se déroule dans les Alpes. Thomas vient de rejoindre une communauté de jeunes drogués. Leur seule thérapie pour s'en sortir est la prière. Thomas, âgé d'une vingtaine d'années, a du mal, au bout d'un certain temps, à accepter la discipline et la vie monacale, bien qu'il soit aidé par les autres. Puis, miracle, suite à deux rencontres féminines, Thomas change d'attitude et son cheminement vers la foi est très rapide. Et à partir de là, c'est moi qui n'y ai pas cru. Et par ailleurs, je n'ai pas été convaincue par le jeune acteur Anthony Bajon qui a pourtant reçu un prix d'interprétation au dernier festival de Berlin. J'ai noté qu'au moins deux spectateurs sont partis avant la fin. Pour résumer, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce fim. J'ai nettement préféré L'apparition de Xavier Giannoli.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 20 février 2018

L'apparition - Xavier Giannoli

Attirée par sa bande-annonce, je ne voulais pas manquer L'apparition, le nouveau film de Xavier Giannoli. J'ai beaucoup aimé l'histoire d'Anna, une jeune fille d'environ 16 ans à qui la Vierge est apparue dans un paysage montagneux dans le sud-est de la France. Face à elle, les autorités religieuses vaticanes veulent enquêter pour savoir ce qu'il en est. Pour ce faire, Jacques Mayano (Vincent Lindon remarquable et très sobre), un grand reporter de guerre revenu traumatisé de son dernier reportage (il souffre d'une oreille et son meilleur ami est mort sur un lieu de combat), accède à la demande d'un cardinal, à Rome, de mener les investigations nécessaires. Jacques n'est pas spécialement croyant même s'il a fait sa communion solennelle. Anna, une jeune fille simple qui souhaite entrer dans les ordres, draine derrière elle des centaines de fidèles. Elle est très protégée par une congrégation religieuse et par un prètre, le père Borrodine. Galatéa Bellugi qui interprète Anna a un visage lumineux, qui convient très bien au rôle. Que l'on soit croyant ou pas, on ne peut qu'être touché par cette histoire avec une fin inattendue qui laisse plein de questions en suspens. Le réalisateur évite tous les écueils sur un tel sujet. Il ne prend pas parti et personne n'est tourné en ridicule. Un film inspiré que je conseille, tout comme Pascale et Ffred.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 18 février 2018

The Passenger - Jaume Collet-Serra / Gaspard va au mariage - Antoine Cordier

J'ai vu The Passenger réalisé par Jaume Collet-Serra, car j'aime bien ce genre de thriller "pas cassant", avec beaucoup d'action (de ce côté-là, on est servi). J'ai été attirée par la bande-annonce et j'ai un petit faible pour Liam Neeson. Michael McCauley, un ancien policier devenu vendeur en assurances (il vient mallheureusement d'apprendre qu'il est licencié) prend un train de banlieue tous les jours pour se rendre à son travail et revenir chez lui. Un jour, on lui vole son portable, et une belle femme étrange lui propose un marché. En échange d'une grosse somme d'argent dissimulé dans un wagon (facile!), il doit retrouver avant le terminus une personne qui se trouve dans le train. On ne sait pas qui est cette personne et Michael doit faire appel à ses anciens réflexes de policier pour le découvrir et sauver tous les passagers du train par la même occasion. J'ai trouvé le rythme du film haletant. Il y a un peu d'humour et beaucoup d'invraisemblances (le déraillement de la rame du train est un grand moment) et j'ai donc passé un bon moment.

Je passe à Gaspard va au mariage d'Antony Cordier. Cette petite comédie française se passe dans un zoo (le Parc du Reynou) à 10 km au sud de Limoges. Gaspard rencontre Laura dans le train qui l'emmène à Limoges. Laura avait l'intention d'aller jusqu'à Biarritz. Gaspard convainc Laura de l'accompagner jusque dans sa famille, c'est-à-dire son père qui doit se remarier, son frère Virgil et sa soeur Coline vêtue d'une peau d'ourse. Je ne vous raconterai pas l'histoire car il n'y en a pas vraiment. Cela se veut peut-être poétique, avec une pointe de fantastique. C'est un ton décalé  qui ne me touche pas. J'ai entendu les critiques élogieuses du Masque et la Plume à propos de ce film qui me laisse perplexe. Ce n'est pas du tout un genre de cinéma qui me "parle". Du même réalisateur, j'avais préféré Douches froides (2005).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 10 février 2018

Jusqu'à la garde - Xavier Legrand

J'ai vu Jusqu'à la garde de Xavier Legrand en avant-première dans une salle relativement pleine. C'est une histoire très dure. Un couple divorce. Antoine (Denis Menochet, impressionnant) et Miriam (Lea Drucker) passent devant une femme juge. Cette dernière doit décider les conditions de la garde du plus jeune enfant du couple. La fille aînée qui vient d'avoir 18 ans et vit avec sa mère, a un petit copain. Le fils, Julien qui appelle son père "l'autre" ne voudrait plus le revoir. Il l'a écrit noir sur blanc. Et pourtant, quelques jours après l'audition pendant laquelle les avocates ont plaidé pour leur client respectif, il a été décidé que le père aurait un droit de garde sur son fils. La scène en huis-clos avec la juge montre la maîtrise du réalisateur dans sa manière de filmer. Julien se force à aller avec son père un week-end sur deux. Les relations sont tendues, c'est le moins que l'on puisse dire. Au fur et à mesure que se déroule le film, on se rend compte  que ce père, un peu rondouillard et à l'air larmoyant peut devenir menaçant voire violent. La séquence finale laisse les spectateurs tétanisés. Le film qui est le premier long-métrage du réalisateur a été récompensé à juste titre du prix de la mise en scène et du prix du premier film au dernier Festival du film de Venise. A voir. Lire le billet d'Anne (larroseurarrose).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 30 janvier 2018

La douleur - Emmanuel Finkiel

Parmi les cinq films vus récemment et pas encore chroniqués, je voudrais m'attarder sur La douleur d'Emmanuel Finkiel, d'après l'oeuvre de Marguerite Duras. Je suis certainement la seule à le penser au vu de ce que j'ai lu et entendu, mais j'ai trouvé le film beaucoup trop long: plus de deux heures, c'est interminable! Le texte magnifique de Duras que l'on entend par bribes est dilué, noyé dans les images et les sons. Je fais partie des chanceux qui avaient vu Dominique Blanc sur scène dirigée par Patrice Chéreau il y a presque 10 ans, qui interprétait ce texte dans un décor nu avec une table et une chaise. Le spectacle durait 1H20 (seulement) et c'était sublime. On entendait le texte et rien que le texte. On sortait la gorge serrée. A la fin du film de Finkiel, rien de tout cela. Mélanie Thierry n'est pas en cause, elle est très bien dans le rôle de Marguerite, mais j'ai été gênée par la manière, par le parti pris du réalisateur, de filmer Paris à travers des volets ou avec des prises de vue improbables, sans parler des images floues. Le réalisateur a voulu recréer Paris de 1944/1945 avec l'atmosphère qui y régnait. Personnellement, cela m'a barbée. Au bout d'une heure, j'ai commencé à regarder ma montre. Et puis, je voudrais savoir pourquoi on voit les personnages fumer. Ils ne font que ça ou presque pendant deux heures. Marguerite et Dionys attendent le retour de Robert Antelme, le mari de Marguerite. L'attente est longue aussi pour le spectateur. Pour résumer, je me suis ennuyée et je le regrette. J'en attendais trop. Lire le billet de Pascale sur le film et celui d'Aifelle sur le livre. Sinon (tout de même), je trouve l'affiche très belle.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 21 janvier 2018

Kedi, des chats et des hommes - Ceyda Torun / L'échange des princesses - Marc Dugain

Ca y est, la qualité des sorties cinématographiques s'améliore même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je commence avec un documentaire turc, Kedi, des chats et des hommes, qui s'attache aux pattes de quelques chats stambouliotes. En effet, Istanbul est la ville des chats que l'on voit partout dans les rues. Ils n'ont pas de maîtres attitrés mais ils sont nourris par la population. La caméra est souvent au ras du bitume. Et les chats ne semblent pas sauvages. Parmi les sept ou huit héros du film, il y a en particulier Psikopat, une chatte, véritable terreur qui fait peur aux chats alentours, même aux matous. Gare à ceux qui s'approchent trop près d'elle. Un homme explique que les chats l'ont sauvé d'une grave dépression. Le film est sympathique, sans plus. A priori, ces colonies de chats sont menacés par les contructions modernes bâties sur des parcs où se réfugiaient ces félins. Ils ont de moins en moins d'espace vital dans la ville dont on voit de belles vues panoramiques. Lire le billet de Henri Golant.

Je continue avec L'échange des princesses réalisé par Marc Dugain d'après l'ouvrage de Chantal Thomas. Le film commence en 1719, le jeune roi Louis XV a 9 ans. Avec le jeu d'alliances pour sceller la paix en Europe et par décision de Philippe d'Orléans, le Régent de France, le futur roi est fiancé en 1721 à Marie-Anne Victoire de Bourbon âgée de 3 ans (!!). Elle est la fille de Philippe V, roi d'Espagne qui est lui-même le petit-fils de Louis XIV. Dans le même temps, il est décidé que Mademoiselle de Montpensier, une des filles du Régent, devienne l'épouse du futur Louis 1er d'Espagne, lui-même fils de Philippe V (vous me suivez?). J'ai trouvé les jeunes acteurs absolument sensationnels (mention spéciale à la jeune Juliane Lepoureau qui interprète Marie-Anne Victoire). Ils sont très à l'aise dans leurs rôles d'enfants à qui l'on demande de devenir des adultes trop tôt. Il faut noter que Marie-Anne Victoire que l'on considérait comme inapte à procréer est restée 4 ans en tant que fiancée du Roi. Il semble qu'elle ait à peine grandi pendant qu'elle a vécu à Versailles. Renvoyée en Espagne, elle est devenue par la suite reine puis régente du Portugal et elle a eu quatre filles (comme quoi). Pour revenir sur le film, on peut noter le soin pour les décors et les costumes et la prestation de Catherine Mouchet en gouvernante du jeune roi. Lire le billet de Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 15 janvier 2018

Films à éviter en ce début d'année 2018

Comme je l'ai laissé entendre dans mon billet précédent, il y a quelques films que vous pouvez vous passer de voir à mon avis en ce début d'année 2018.

Je commence par Normandie nue de Christian Le Guay que je me réjouissais d'aller voir, avec un sujet sympa: un photographe américain a le coup de foudre pour un champ en Normandie (le champ Chollet) et il souhaite que les habitants du Mèle sur Sarthe, voisins du champ, se fassent photographier nus. En l'occurrence, la plupart des habitants sont des éleveurs de bétail qui se battent pour survivre puisque les prix du lait et de la viande baissent. Le maire du village, Balbuzard (François Cluzet), voit une bonne opportunité de faire connaître leurs problèmes. Je m'attendais à sourire voire à rire mais l'ensemble est poussif. On se demande à quoi servent certains personnages comme Thierry Levassaeur (François-Xavier Demaison) qui joue un Parisien allergique à la campagne. D'autres sont caricaturaux comme le boucher qui ne veut pas que sa femme, ex-Miss Calvados, se déshabille. Contentez-vous de voir la bande-annonce. C'est ce qu'il y a de plus réussi du film. Je m'attendais à mieux du réalisateur d'Alceste à bicyclette ou des Femmes du 6ème étage.

Je continue avec Vers la lumière de Naomi Kawase. Le film avait été sélectionné au dernier festival de Cannes. Quelle déception! On est très loin des Délices de Tokyo. Aucune émotion dans cette histoire d'une jeune femme, Misako Ozaki, qui écrit des textes audiodescriptifs de films à destination de personnes malvoyantes avec qui elle travaille en étroite collaboration. Elle se lie en particulier avec un photographe qui perd la vue. Par ailleurs, le père de Misako est décédé depuis longtemps et la maman qui perd la tête croit qu'il va revenir. L'image n'est pas très belle, la musique envahissante. Je ne suis pas entrée dans le film. Je n'ai même pas fait attention à comment cela se terminait.

Je termine avec un OFNI (objet filmique non identifié). J'avais été attirée par la bande-annonce et la distribution. J'ai même du mal à retenir le titre du film de Joan Chemla, Si tu voyais son coeur, et je ne pourrais pas vous dire comment il se temine non plus. C'est son premier long-métrage, et il bénéficie d'une distribution de qualité: Gaël Garcia Bernal, Nahuel Perez Biscaryart, Marina Vacth, Karim Leglou ou Wojciech Pszoniak. Le film a été paraît-il filmé à Marseille. Daniel (Gaël Garcia Bernal), un gitan, se sent responsable de la mort de son meilleur ami Costel (Nahuel Perez Biscayart). Rejeté par sa communauté, il trouve à se loger dans un hôtel étrange, Le Métropole, où vivent des paumés, des drogués, des laissés-pour-compte. Le film dégage une atmosphère étrange et on sent une menace envers certains des personnages. On est dans l'onirique. Mais je suis restée perplexe. Vraiment pas le genre de film que je conseille.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 25 décembre 2017

Makala - Emmanuel Gras / Le crime de l'Orient-Express - Kenneth Branagh / Coco - Lee Unkrich et Adrian Molina

Décidément la fin de l'année permet de voir des films passionnants. Voici d'abord un documentaire à ne pas manquer.

En République Démocratique du Congo, Kabwita  Kasongo vit pauvrement avec sa femme et ses jeunes enfants dans une cahute dans un village reculé. Le film commence quand Kabwita se met à abattre un arbre immense avec une simple hache à la force de ses muscles. Il y passe une journée entière. Le vent souffle. L'abattage de cet arbre m'a révoltée dès le début, avant que je comprenne à quoi il allait servir. Kabwita le débite, le met dans un grand four afin de le transformer en charbon de bois. Le soir venu, Kabwita parle avec sa femme qui s'occupe de la maison et de la cuisine. En l'occurence, elle fait griller un rat (vous avez bien lu) sur un brasier. C'est la seule viande qu'ils aient à manger. Kabwita rêve de construire une plus grande maison. Pour ce faire, il entasse le charbon de bois bien arrimé sur un simple vélo. A vue de nez, il y a plus de 100 kg de charbon sur ce vélo surchargé. Puis débute le périple de Kabwita qui va parcourir 50 km avec son chargement. Il marche en poussant le vélo. Le chemin caillouteux et empoussiéré monte et descend. Il manque plusieurs fois de se faire renverser. Le vélo va tomber au moins une fois. Des hommes vont l'aider à le redresser. Plus tard, arrivant aux abords à Kolwezi, il va être rançonner par des policiers. La caméra filme de loin cette altercartion. Sinon, le réalisateur filme au plus près des visages. Kabwita ne se laisse jamais abattre, il a beaucoup de courage et de dignité. La séquence finale dans un lieu de prière chrétien est étonnante. La force du film est qu'on oublie que Makala (charbon en swahili) est un documentaire. Il y a une dramaturgie et un vrai scénario. Du très grand cinéma. Chris le pense aussi. Aurore est en revanche plus interrogative.

Je passe rapidement sur Le crime de l'Orient-Express, deuxième adaptation au cinéma du roman d'Agatha Christie. Branagh qui interprète Hercule Poirot a un accent à couper au couteau. La scène du crime où l'on voit le corps de Ratchett alias Cassetti assassiné de 12 coups de couteau est filmée par le haut, comme si le wagon n'avait pas de toit. Parmi les suspects, Michelle Pfeiffer qui interprète Caroline Hubbard est bien, elle a un rôle plus étoffé que les autres. Et j'ai trouvé que Johnny Depp avait pris un coup de vieux. Sinon, c'est un film qui peut se voir.

Je termine avec le dessin animé Coco qui offre un festival de couleurs et de musique (et pas trop de chansons). J'étais partie pour voir Ferdinand (le taureau) et j'ai donc vu Coco avec un immense plaisir. Le film rencontre un succès mérité. J'ai été bluffée par l'animation. Au Mexique, au moment de la période du jour des morts, le jeune Miguel voudrait jouer de la musique. Malheureusement, sa famille, fabricants de chaussures depuis trois générations, a banni la musique et tout ce qui s'y rapporte depuis que l'arrière-arrière grand-père de Miguel, Ernesto de la Cruz, a quitté sa famille pour faire carrière comme guitariste. Ce jour des morts, tous les défunts de chaque famille sont célébrés. Les photos de chacun sont bien mis en évidence sur un autel dans un coin des maisons. La famille de Miguel ne déroge pas à la règle. Quand, à un moment donné Miguel s'empare d'une guitare et passe dans le royaume des morts, l'histoire prend de l'ampleur. Le scénario très bien écrit réserve plein de surprises dont un coup de théâtre. Je suis d'accord avec un des messages du film: les morts sont vraiment morts quand plus aucun vivant ne pense à eux. Un très bon film pour petits et grands.

Ceci étant, je vous souhaite un joyeux Noël!

dimanche 10 décembre 2017

La villa - Robert Guediguian / Le brio - Yvan Attal / Johnny

Comme je l'avais annoncé dans mon billet précédent, j'ai vu quatre films français depuis mon retour du Chili. Voici les deux manquants.

Avec La Villa, je me suis réconciliée avec le cinéma de Robert Guédiguian. La villa est celle où vit un vieux monsieur dans une calanque près de Marseille. En introduction, on voit cet homme qui a une attaque. Paralysé, il ne pourra se débrouiller tout seul. A l'occasion de ce triste événement, ses trois enfants, Joseph, Armand et Angèle (interprétés par Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan et Ariane Ascaride), reviennent pour s'occuper de lui. Surtout ses deux fils. Joseph est accompagné par Bérangère (Anaïs Desmoutiers), une "jeunette" qui pourrait être sa fille et qu'il présente comme sa fiancée. Le jeune médecin qui s'occupe du père en profite pour rendre visite à ses parents, qui sont des voisins du père. Raconté comme cela, on pourrait croire qu'il ne se passe pas grand-chose, et bien on aurait tort, car on s'attache tout de suite aux personnages, on se sent en famille. On apprend un élément tragique sur la vie d'Angèle. Il y a quelques retours en arrière dans le passé. L'histoire nous raconte le temps qui passe sur un ton mélancolique avec une pointe de tristesse. Elle nous évoque aussi la vie d'aujourd'hui où les migrants cherchent refuge en Europe. J'ai aimé la manière dont Guediguian filme la calanque et la mer. Je me suis sentie dépaysée. Cela donne des envies de voyage. Pas forcément le film de l'année mais une belle histoire. Lire les billets de Pascale, ffred, larroseurarrose.

Je termine avec Le brio d'Yvan Attal. Neïla Salah, une jeune banlieusarde de Créteil issue de l'immigration, arrive en retard pour sa première journée en fac de droit d'Assas - à la réputation de "droite". Dans l'immense amphi où Pierre Mazard (Daniel Auteil) débute son cours, il l'interpelle. Leur relation débute mal. Leur altercation est filmée et diffusée très vite sur Internet. Les propos de Mazard à caractère raciste le mènent au conseil de discipline. Il bénéficiera néanmoins d'un sursis s'il arrive à faire que Neïla remporte le prochain concours d'éloquence, qu'Assas n'a pas gagné depuis plusieurs années. Mazard n'est pas un homme facile. Il m'a fait l'impression d'être un misanthrope plutôt qu'un raciste. Pour débuter l'entraînement de Neïlah, Mazard lui demande de lire L'art d'avoir toujours raison (ou La Dialectique éristique) de Schopenhauer (on le trouve en français pour 2 euro en collection Librio). Dans ce petit ouvrage, Schopenhauer décrit 38 stratagèmes pour sortir vainqueur de tout débat. Pour revenir au film, on suit avec un certain intérêt la confrontration entre les deux protagonistes. Cela se laisse voir, et j'ai aimé vers la fin le discours de Neïlah face à quelques personnes. Le film semble avoir trouvé son public. Lire le billet de Pascale.

**************************************

Sinon, je pense que tout le monde est au courant: Johnny, l'idole des jeunes, est parti, la France est en pleurs, les funérailles furent nationales. Voici une photo prise chez un marchand de journaux dans une gare parisienne avant-hier. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais n'est-ce pas un peu exagéré? Même si je l'aimais bien, Johnny...

journauxjohnny

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : , , , ,