jeudi 15 mai 2008

Deux jours à tuer - Jean Becker

Après Dialogue avec mon jardinier (mon billet du 17/06/07), Jean Becker signe, avec Deux jours à tuer, un film que l'on n'oublie pas grâce à la prestation d'Albert Dupontel. Je viens de lire des critiques négatives de la part de blogueurs (comme celle de neil) mais aussi des positives comme celle de ffred, les critiques journalistiques ne sont en revanche pas très tendres en général. Il faut, je crois, accepter le parti pris du comportement d'Antoine (Albert Dupontel) de se faire détester en deux jours auprès de personnes dont il était proche jusqu'alors. Je n'ai pas deviné tout de suite ce qu'il lui arrive. Quand j'ai enfin compris, je me suis dit qu'il s'y prenait mal surtout vis-à-vis de sa femme et de ses enfants. Il aurait peut-être fallu qu'il ait ce comportement odieux plus tôt. Dans la dernière partie du film, j'ai apprécié les paysages d'Irlande qui sont magnifiques, et quel plaisir de retrouver Pierre Vaneck. L'histoire est adaptée d'un roman que je ne connais pas. Pour en revenir au sujet, quelle serait notre réaction si cela nous arrivait? Devant une telle situation, chacun réagit à sa façon. La chanson du générique de fin "Le temps qui reste" (paroles Jean-Loup Dabadie, désormais de l'Académie française) est récitée par Serge Reggiani (poignant).

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mardi 13 mai 2008

Films vus et non commentés depuis le 13 avril 2008

Une fois de plus (les précédents sont ici), voici un billet sur des films vus parce que j'aime aller au cinéma mais dont je suis sortie plutôt déçue.

Angles d'attaque (Vantage Point) de Pete Travis. J'ai bien aimé le procédé du film : revoir les mêmes 23 minutes sous des angles différents selon des personnages qui jouent un rôle dans un attentat meurtrier à Salamanque en Espagne. Il est vrai que cela peut sembler répétitif au bout d'un moment. En revanche, le mobile des terroristes n'est pas clair et il est dommage que Saïd Taghmaoui joue (une fois de plus) les méchants de service.

Ce que veut Lola (What Lola wants): que dire à part que c'est terriblement factice. A New-York, Zack, un Egyptien, tombe amoureux (juste avant son retour au Caire) de Lola (très jolie blonde), postière (américaine) qui pendant son temps libre passe des auditions de danse sans succès. Mais comme elle rêve d'apprendre la danse du ventre, elle s'envole toute seule pour le Caire afin de prendre des cours auprès d'une grande danseuse. Il y a de la jolie musique, les comédiennes sont jolies à regarder. Le garçon qui joue Zack (pas à l'aise du tout) a les canines de Dracula (comme m'a dit ma voisine et collègue d'à côté). L'histoire est totalement invraisemblable. Dès le départ, les dialogues et les situations sonnent faux. On n'y croit pas une minute. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée mais je le déconseille. Peut-être qu'en "vraie" comédie musicale sur une scène, l'ensemble aurait été plus réussi.

Jeux de dupes (Leatherhead) de et avec George Clooney. Si vous n'êtes pas familier avec le football américain et ses règles, si vous n'êtes pas sensible au sourire du beau George (qu'il a sur les lèvres tout le long du film), si vous trouvez que Renée Zellweger n'est pas Katherine Hepburn, alors passez votre chemin. Le film n'a pas le charme des comédies d'antan. J'ai presque commencé à m'ennuyer dès les 3 premières minutes.

Le grand alibi de Pascal Bonitzer. A part Pierre Arditi et Miou-Miou, je ne sauve rien de ce film médiocre, ennuyeux dans lequel il n'y a pas un brin de fantaisie, de légèreté. J'ai trouvé des grossièretés dans les dialogues (des femmes) complètement hors de propos. C'est encore moins bon que L'Heure zéro (mon billet du 08/11/2007). Pauvre Agatha Christie!

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dimanche 11 mai 2008

La dilettante - Pascal Thomas

J'ai acheté ce film en DVD très récemment car je voulais le faire découvrir à mon ami. La Dilettante de Pascal Thomas (1999) m'avait plu lors de sa sortie en salle et j'ai encore eu un grand plaisir à le visionner. Il y a un charme indéniable qui se dégage et les dialogues sont savoureux. Pour mon ami, ce ne fut pas le même enthousiasme. Il a réagi presque violemment devant le personnage de Pierrette Dumortier (la géniale Catherine Frot). C'est le genre de personnage qui le crispe ainsi que ce milieu bourgeois d'où elle vient. Et pourtant, je l'aime beaucoup, Pierrette et son dilettantisme. Elle vient de quitter la Suisse et son mari pour revenir à Paris auprès de ses deux enfants (de pères différents). Squattant chez son fils à Bobigny, elle trouve un emploi de "pion" dans un collège "difficile". Elle s'en tire très bien. Puis, plaquant tout, du jour au lendemain, parce qu'elle est payée trois fois plus, elle se retrouve caissière dans un bistrot où elle se fait aimer des clients et des employés. Pour enfin se retrouver la collaboratrice d'un marchand d'art et d'antiquités (peu scrupuleux) dont elle partage l'appartement et le lit. Entretemps, elle tombe amoureuse d'un prêtre et elle n'est pas satisfaite du tout du sort de sa fille (qui vit dans la demeure de la nouvelle femme de son père). Les relations mère/fille sont houleuses. Sa fille lui reproche d'être une mère à mi-temps, d'être une dilettante (Pierrette prend ce mot pour une insulte). Quand par un malheureux concours de circonstances (extorsion innocente d'une pendule achetée à bas prix), Pierrette se retrouve en prison, elle montre qu'elle peut "craquer" en ayant une crise de nerfs bien compréhensible. Heureusement, grâce à une vieille dame jouée par l'épatante Odette Laure, Pierrette se sort de ses ennuis. On peut supputer, comme elle quitte la France, qu'elle va exercer ailleurs son dilettantisme. Encore une fois, j'ai passé un excellent moment en compagnie de Pierrette. J'aimerais bien qu'il y ait une suite.

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dimanche 13 avril 2008

Films vus et non commentés depuis le 11 mars 2008 (2ème partie)

Comme promis, suite et fin - provisoire! - de mes petites "non-chroniques" entamées avant-hier.

Le nouveau protocole de Thomas Vincent avec Clovis Cornillac et Marie-José Croze: la première et la dernière scène sont terrifiantes par ce qu'elles montrent. Des cobayes humains (dans les pays en voie de développement) servent à tester des médicaments.  Pour le reste, nous avons Clovis Cornillac qui perd son fils dans un accident de voiture incompréhensible. Il décide de mener l'enquête. Il croise le chemin de Marie-José Croze (qui décidément, après Munich de Steven Spielberg, connaît des fins tragiques) et de Dominique Reymond, grande actrice, qui en responsable de labo pharmaceutique est très bien. Elle joue tout en retenue et en même temps on sent la poigne de fer avec une voix douce. Le film est bien fait mais il mélange un peu les genres.

L'orphelinat de Juan Antonio Bayona m'a un peu fait penser au film Les autres de Alexandro Amenabar. L'histoire se passe dans une grande maison, ancien orphelinat où un drame épouvantable s'est déroulé plusieurs années auparavant. Une famille, composée du père, de la mère, Laura (ancienne pensionnaire du lieu), et de Simon, leur fils adoptif séropositif, a décidé de s'installer dans cette demeure isolée au bord de la mer pour ouvrir une institution pour enfants attardés. Simon est pertubé, il entend des voix d'enfants et leur répond. Le jour de l'inauguration, Simon disparaît. Sa mère Laura n'aura de cesse de le chercher. Sans dévoiler la fin, je conclurai que le film bascule dans le fantastique et le merveilleux où Peter Pan et à Wendy jouent un rôle.
PS: suite à la demande de Ffred (ci-dessous), j'ajoute que j'ai bien aimé le film. Il y a du suspense jusqu'au bout, c'est très bien fait.

J'ai été fascinée par Beaufort de Joseph Cedar, Ours d'argent du meilleur réalisateur au dernier festival de Berlin. Il ne se passe pas grand-chose dans cet ancien château du temps des Croisés où stationnent un bataillon de jeunes Israéliens en attendant leur retrait. Nous sommes en 2000 au Liban. Malheureusement, avant leur évacuation, des missiles et roquettes sont tirés, provoquant des pertes humaines au sein du groupe. Les deux heures du film passent très vite et on arrivent à s'attacher à ces jeunes qui attendent. On ne voit pas l'ennemi, on ne fait que l'entendre. J'ai entendu récemment que cela faisait penser au Désert des Tartares de Dino Buzzati (c'est assez vrai).

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vendredi 11 avril 2008

Films vus et non commentés depuis le 11 mars 2008 (1ère partie)

Premier de deux billets sur des films que j'ai vus depuis un mois, très différents dans le ton, l'histoire, etc. Comme je n'ai pas énormément à en dire (selon mon habitude, cf. billet précédent), mais qu'il ne s'agit pas de films indifférents, je fais cette fois un "tir groupé" à deux coups.

Bienvenue chez les ch'tis de Dany Boon: je ne vais pas parler d'un film qui vient de dépasser les 17 millions d'entrées (comme La Grande vadrouille) et qui va atteindre le score de Titanic, soit 20 millions de spectateurs. Tout au plus ai-je entendu que les ventes de maroilles ont énormément augmenté. Line Renaud n'est pas tout à fait à sa place dans ce film. En revanche les deux minutes à l'écran de Michel Galabru sont hi-la-ran-tes. Une fois de plus, la bande-annonce est plus drôle que le film. Et voilà pour mon avis sur Bienvenue chez les Ch'tis.

Crimes à Oxford de Alex de la Iglesia avec Elijah Wood et John Hurt, film distrayant avec une énigme mathématico-policière. Elijah Wood a bien grandi depuis Le seigneur des anneaux. Léonor Watling donne la touche féminine indispensable. La fin est un peu compliquée. Comme je l'ai dit sur des commentaires de blogueurs, j'aime bien une des répliques dite par John Hurt: "Ce qui fait un crime parfait est la désignation d'un faux coupable".

Dans la vie de Philippe Faucon, avec des acteurs non professionnels. C'est le premier film que je vois de ce réalisateur qui interprète aussi un rôle. Le film dure 1h05. J'ai été touchée par la relation d'amitié (après quelques frictions) qui s'ébauche entre la Juive et la Musulmane. La première est handicapée, la deuxième est chargée de s'en occuper. Grâce à la rémunération de l'une, l'autre pourra (accompagnée de son mari) effectuer son pélerinage à la Mecque. Un film qui fait du bien.

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mardi 1 avril 2008

Le Mozart des pickpockets - Philippe Pollet Villard

Je profite du fait que ce court-métrage est passé sur France 3 dans la nuit du lundi 31 mars au mardi 1er avril à 01 h 30 (grrrr... Sans blague, quel horaire!) pour accrocher mon billet dans leur dos.
Le Mozart des pickpockets (2006), qui vient d'être récompensé par le César et l'Oscar du meilleur court-métrage de fiction cette année, est paru en DVD pour un prix modique, avec deux autres courts, La baguette et Ma vie sur le trottoir du même réalisateur, Philippe Pollet Villard. Ce dernier est aussi le comédien principal et scénariste et il vient de publier un roman, La fabrique de souvenirs (Flammarion). Dans le Mozart des Pickpokets (qui dure 31 minutes), après que leurs complices aient été arrêtés en flagrant délit de vol, deux pickpockets très "loosers", Philippe et Richard, se retrouvent à recueillir un petit gamin sourd, qui se révèle très doué comme pickpocket en vidant les sacs à main dans les grands cinémas. Entretemps, on apprend à s'attacher à ces deux hommes complètement déconnectés de la réalité, très gaffeurs, et, somme toute, bien moins doués dans ce "métier" de pickpocket. Film et personnages sont sympathiques. Dans La baguette, film antérieur au Mozart... (il est de 2003), nous retrouvons Philippe et Richard, récemment sortis de prison et sans argent, qui décident de faire un braquage dans une épicerie, avec comme arme une barre de fer dissimulée dans une baguette de pain. Bien évidemment, rien ne se déroule comme prévu, et comme Philippe et Richard ont faim, ils finissent par manger la baguette. Dans Ma vie sur le trottoir (1997), on fait la connaissance de Philippe, qui, en faisant du porte à porte pour vendre des aspirateurs, a rencontré Jacqueline, divorcée de son mari, plus très jeune, prostituée et propriétaire d'un s*x-sh*p. Tout naturellement, Philippe s'est retrouvé être son souteneur (mais à la bonne franquette), il s'est installé chez elle et est devenu gérant du magasin. Le souci de Philippe qui s'écoute parler est de trouver une énième danseuse-actrice pour le p**p-sh*w. Le court-métrage finit autour d'un lapin au four brûlé. Je dirais que Philippe Pollet Villard a un style bien à lui. Ses dialogues sont très bien écrits, souvent poétiques, les situations sont drôles, c'est enlevé. 10 ans séparent Ma vie... et Le Mozart...: cela se voit dans la façon de filmer. Dans Le Mozart des Pickpockets, les plans sont plus travaillés, il y a des effets de caméra avec travelling arrière. Le montage aussi s'est bien amélioré. J'espère que, dans un futur proche, Philippe Pollet Villard aura l'occasion de faire un long-métrage.

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jeudi 27 mars 2008

Les femmes de l'ombre - Jean-Paul Salomé

En raison de certaines critiques que j'ai lues ici et là dans les journaux ou sur les blogs, je ne m'attendais à rien de particulier, j'avais plutôt une idée négative. Et bien, Les femmes de l'ombre de Jean-Paul Salomé est un film pas mal du tout qui mérite le détour. D'abord, comme son nom l'indique, les femmes y sont à l'honneur. Les 5 actrices, Sophie Marceau en tête, sont toutes convaincantes. Nous sommes en 1944, neuf jours avant le débarquement allié. A Londres, un membre du SOE (Service Operation Executive) est chargé de recruter des femmes pour mener une opération dangereuse: récupérer un Britannique blessé et soigné dans un hôpital pour officiers allemands. En effet, cet homme est au coeur de l'opération Phénix dont on a l'explication à la fin. Le sauvetage est un succès mais l'intervention d'un officier allemand est le grain de sable qui met en danger la vie des 5 femmes et de l'homme (Julien Boisselier, le seul qui m'a paru pas très à l'aise) qui les a recrutées. Les Allemands ne sont pas caricaturaux et le scénario m'a paru suffisamment vraisemblable pour que je ne m'ennuie pas. Une bonne surprise en ce qui me concerne, et d'ailleurs, dans la salle où j'ai vu le film, les spectateurs m'ont paru captivés et j'ai même entendu quelqu'un à la sortie dire à un ami que ce n'était pas mal.

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mardi 11 mars 2008

Films vus et non commentés depuis le 8 décembre 2007

Je poursuis ma série de films pour lesquels je n'ai pas envie de faire un billet (1).

La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols avec Tom Hanks, Philip Seymour Hoffman et Julia Roberts.
Je m'attendais à mieux avec une telle distribution. Le film semble être une satire mais je n'ai pas ri une minute.

Le Tueur de Cédric Anger avec Grégoire Colin, Gilbert Melki et Mélanie Laurent. Le sujet m'a rappelé, pour ceux qui connaissent, le scénario de Mort à l'arrivée (D.O.A.). La victime a payé le tueur pour se faire tuer. Je l'ai vu pour Grégoire Colin qui a une carrière atypique dans le cinéma français. Regardable.

Into in the wild de Sean Penn : et oui, je n'en fais pas un billet à part entière. Je suis peut-être un peu vieille mais l'histoire m'a laissée indifférente. Ce jeune homme, diplômé, qui a tout pour réussir avec une vie toute tracée, une soeur qui a l'air de bien l'aimer... Tout cela pour en arriver à mourir en Alaska, au milieu de nulle part dans un vieux bus, d'un empoisonnement en mangeant des racines de pomme de terre toxiques qu'il a confondues avec d'autres parce qu'il avait mal lu une note dans un livre. Il avait très faim.

Notre univers impitoyable de Léa Fazer est une réussite grâce à un scénario bien ficelé. Un jeune couple, Margot et Victor, travaille dans un cabinet d'avocats dans lequel un des associés meurt. Tout le film est basé sur deux hypothèses: admettons que ce soit Margot qui devienne associé et tout ce qui en découle; au contraire, admettons que Victor soit pris comme associé, et là aussi, nous avons toutes les conséquences qui peuvent survenir. La réalisatrice qui est aussi la scénariste a su très bien, et avec légèreté, dérouler et alterner les deux hypothèses. Le tout est enlevé. On passe un bon moment.

Le roi et le clown de Jun-ik Lee : film coréen qui se passe en 1504 sous le règne d'un roi de la dynastie qui a gouverné la Corée pendant 5 siècles. Nous faisons la connaissance de deux comédiens itinérants (dont l'un qui est certainement castrat joue les rôles féminins). Ils se retrouvent à Séoul après avoir fui un village. Par un concours de circonstances, ils se produisent (avec quelques autres) devant le roi, et arrivent à le faire rire. Dans le cas contraire, ils auraient été condamnés à mort pour s'être moqués de lui. D'après ce que j'ai lu, c'est l'adaptation d'une comédie musicale. Dans la salle où je l'ai vu, de nombreux spectateurs riaient beaucoup. Moi, malheureusement, pas du tout. Je n'ai pas "accroché" du tout à cette histoire qui m'a ennuyée. Et pourtant, le sujet m'avait paru prometteur. Dommage.

(1) ... films vus depuis le 8 décembre deux mille sept (et non 2008 comme marqué par erreur en titre et relevé malicieusement par Malaurie ci-dessous).

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mercredi 27 février 2008

Cortex - Nicolas Boukhrief

De la première à la dernière image de ce film, on voit André Dussolier qui est parfait dans le rôle du flic atteint de la maladie d'Alzheimer. Dans Cortex de Nicolas Boukhrief, il joue le rôle d'"un certain" Charles Boyer (clin d'oeil du cinéaste à l'acteur?) qui vient d'accepter d'entrer dans une clinique spécialisée dans les soins pour essayer de pallier les effets de cette terrible maladie. Il écrit tout sur un cahier pour se rappeler ce qu'il fait, ce qu'il pense. Les pages deviennent rapidement des gribouillis presque illisibles. Dans cette institution, il pressent des événements étranges qui se confirment par trois morts soudaines (arrêts cardiaques), mais au bout du compte pas naturelles du tout. Le réalisateur a réussi (à mon avis) à créer une atmosphère de menace avec un zest de surnaturel pendant tout le film. Le scénario tient la route jusqu'au bout sans temps mort. Seuls les mobiles des crimes resteront obscurs : pitié pour les malades? folie? vol? Sinon, quel plaisir de voir, dans des "seconds" rôles, Marthe Keller, Aurore Clément et Philippe Laudenbach. Pascal Elbé en médecin est convaincant. Ce film est d'autant plus une bonne surprise que j'avais détesté Le convoyeur (2004) du même réalisateur.

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lundi 25 février 2008

Capitaine Achab - Philippe Ramos

Je dois dire que je n'ai jamais lu Moby Dick, monument de la littérature mondiale. Je ne connaissais pas Philippe Ramos, n'ayant jamais vu aucun de ses réalisations précédentes. Capitaine Achab est divisé en 5 chapitres comme dans un livre : Le père, Rose, Mulligan, Anne, Starbuck. Dès la première scène, j'ai été frappée par la beauté de l'image. Telle une nature morte, une femme, entièrement nue, est filmée en plan rappproché juste avant sa mise en bière. C'est la maman d'Achab (prononcer Akab) qui est morte en mettant au monde son fils. Les deux premiers tiers du film sont consacrés à l'enfance d'Achab. Le père confie tout de suite le nouveau-né à sa soeur, Rose, puis le récupère assez vite. Lorsque  son père est poignardé par un rival, Achab est confié à nouveau à sa tante Rose qui se marie sur le tard. Achab s'enfuit et croise le chemin d'un pasteur, Mulligan (Carlo Brandt), qui essaiera de lui donner une éducation religieuse mais sans succès. Dans les deux dernières parties, Achab (Denis Lavant), adulte, est maintenant capitaine de bateau. En voix "off", on apprend qu'il est devenu un grand capitaine mais plutôt cruel. Dans le 4ème chapitre, Achab qui a perdu sa jambe à cause de Moby Dick, la baleine blanche, est soigné avec dévouement par Anne (Dominique Blanc), amoureuse de lui. Dans la cinquième et dernière partie, Starbuck, le capitaine en second du bateau est le narrateur. Achab entraîne ses hommes à la poursuite de cette baleine mythique. Il en mourra noyé. J'espère que cette très libre adaptation (que j'ai énormément aimée) de Moby Dick donnera envie de lire le roman d'Herman Melville. C'est un film sobre et pas prétentieux qui va à l'essentiel. Les acteurs qui interprètent les personnages principaux viennent presque tous du théâtre et renforcent la qualité de l'ensemble.

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