dimanche 6 mai 2007

Jacques Audiard et ses films

A ne pas confondre avec son père Michel, Jacques Audiard est un grand réalisateur et un excellent scénariste aidé par Tonino Benaquista. Ses quatre long-métrages: Regarde les hommes tomber (1994), Un héros très discret (1996), Sur mes lèvres (2001) et De battre mon coeur s'est arrêté (2005) sont de remarquables films justement récompensés par de nombreux Césars. Jacques Audiard sait diriger les acteurs : le couple formé par Vincent Cassel et Emmanuelle Devos dans Sur mes lèvres est carrément magique. Romain Duris et Niels Arestrup dans le rôle du père sont magistraux dans De Battre mon coeur s'est arrêté. On a découvert Matthieu Kassovitz excellent dans Regarde les hommes tomber et Un héros très discret. Les histoires racontées sont soit des adaptations littéraires (Regarde les hommes tomber et Un Héros très discret), soit un scénario original avec Tonino Benaquista (Sur mes lèvres), soit carrément un "remake" d'un film américain Fingers de James Toback (De Battre mon coeur s'est arrêté). Chaque film a son ton bien à lui. Pour le dernier, "De battre...", il a tourné caméra à l'épaule, l'effet est saisissant. Michel Audiard était un grand scénariste, en revanche ses films ne sont pas des chefs-d'oeuvre. Son fils a les deux talents et c'est bien. Si vous le pouvez, louez ou achetez ces quatre films qui méritent une place de choix dans votre "vidéothèque".

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samedi 21 avril 2007

Jean-Pierre Cassel

Ce grand monsieur qui vient de disparaître jeudi 19 avril 2007 n'était pas seulement le papa de Vincent mais aussi un excellent comédien découvert par Gene Kelly grâce à ses talents de danseur, en particulier de claquettes. Dans les dernières années, il a pas mal joué avec de jeunes réalisateurs dont Roschdy Zem, très récemment dans Mauvaise Foi. Je l'avais beaucoup apprécié dans l'Ours et la poupée de Michel Deville (1969) avec Brigitte Bardot vu à la télévision pour laquelle il a énormément tourné jusqu'à récemment. Il fut un des protagonistes de l'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville (1969). Etant bilingue, il a même joué dans certaines productions internationales comme le Crime de l'Orient-Express de Sydney Lumet (1974) entouré d'une pléiade d'acteurs comme Richard Widmark, Ingrid Bergman et Albert Finney. Au revoir Monsieur Cassel.

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vendredi 20 avril 2007

Box Office : américain vs français

Pour le box-office américain, les chiffres communiqués sont des sommes en US $. Pour le box-office français, on parle moins d'argent, on donne le nombre d'entrées. Première différence. Ensuite, la date de sortie hebdomadaire est le mercredi en France (l'un des seuls pays à avoir choisi ce jour), tandis que les films sortent le vendredi aux Etats-Unis. Dans ce pays, dès le dimanche midi, on sait si les films seront des succès ou des "bides". Pour le box-office français, il existe un site très bien que l'on m'a fait découvrir : http://allocine.fr/boxoffice/ qui est gratuit. Petit bémol, les chiffres publiés la semaine "N-1" ne paraissent que la semaine "N". Et n'oublions pas (1) le site de Jérôme, www.cinefeed.com sur lequel apparaissent les prévisions pour chaque semaine pour les chiffres d'entrée et le box-office proprement dit. En revanche, aux Etats-Unis où le cinéma est une véritable industrie et plus vraiment un art, plusieurs sites existent en dehors de Hollywood reporter et Variety qui sont très payants. D'abord, un premier, http://boxofficemojo.com  sur lequel on trouve plein d'informations intéressantes mises à jour quotidiennement dont évidemment le box-office. Puis, citons-en un autre très bien fait avec, en plus du box-office, le hit-parade des critiques de cinéma américains : http://rottentomatoes.com  (littéralement : tomates pourries). Pour un film donné, le pourcentage (tomatometer de son petit nom) est calculé selon les bonnes ou mauvaises critiques parues dans les grands quotidiens américains ou magazines spécialisés. Pour les bonnes : des tomates rouges, pour les mauvaises : un grand "splash" vert. Aux Etats-Unis, un film "descendu" par la critique est souvent un échec.  Il serait intéressant qu'un site équivalent en français soit créé afin que les spectateurs se fassent une opinion sur tel ou tel film. A suivre.

(1) Malencontreusement omis, cf. commentaires ci-dessous.

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mercredi 18 avril 2007

Le Candidat - Niels Arestrup

Premier film de l'acteur Niels Arestrup, le film Le Candidat démarre lentement, on a un peu peur. Puis par petites touches, l'action avance, les personnages se dessinent. L'intrigue se passe juste avant un débat décisif entre deux candidats à une élection certainement présidentielle (actualité oblige !). Michel Dedieu joué par Yvan Attal semble falot et manipulé par tout un état-major de communication politique qui lui tourne autour. On lui fait répéter son texte, on lui prépare les réponses. Tout se passe dans une ambiance très feutrée. On peut admirer un magnifique plan sylvestre avec d'immenses arbres bordant une allée où le héros du film marche seul. Pour ne pas dévoiler la fin de ce film qui vaut la peine d'être vu, je pourrais dire: tel est pris qui croyait prendre. Une dernière chose, prêtez attention à ce que dit la voix off au tout début du film.  

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lundi 26 mars 2007

Ne touchez pas la hache - Jacques Rivette

D'après le dossier de presse, ce titre étrange Ne touchez pas la hache serait le titre initial qu'aurait donné Honoré de Balzac à la Duchesse de Langeais dont le film est adapté. Le début surprend, l'action est un peu statique quand on ne connaît pas l'univers de Jacques Rivette mais au fur et à mesure que le film avance, j'ai été touchée par cette histoire du Général Armand Montriveau et Antoinette de Langeais. L'histoire débute en 1823 sur une île espagnole. Le général retrouve, dans un couvent de carmélites, Antoinette de Navarreins, duchesse de Langeais, qu'il avait rencontrée cinq ans plus tôt en 1818 à l'occasion d'un bal. Il avait eu le coup de foudre, elle l'a aimé en retour mais a refusé de se donner à lui. Quand enfin, elle est prête à lui céder, il est trop tard. Le film est comme le livre, très littéraire mais agréable à écouter autant qu'à voir. Le titre Ne touchez pas la hache est une référence à un souvenir d'Armand regardant le cou d'Antoinette. Ayant visité Westminster, le gardien du lieu lui avait dit : "Ne touchez pas la hache qui a servi à trancher la tête de Charles 1er". Jeanne Balibar et Guillaume Depardieu sont excellents, ainsi que tous les seconds rôles.

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samedi 24 mars 2007

1982 - Disparition de Romy Schneider, Rainer Werner Fassbinder et Patrick Dewaere

En 1982, l'année de mes vingt ans, trois grandes figures du cinéma ont disparu prématurément: Romy Schneider  (à 43 ans) le 29 mai, Rainer Werner Fassbinder (à 37 ans) le 10 juin et Patrick Dewaere (à 35 ans) le 16 juillet. On ne devrait pas avoir le droit de mourir aussi jeune en période de gloire. Romy Schneider, née autrichienne, française d'adoption nous a fait rêver dans les rôles de Sissi, puis plus tard, elle nous a émus dans les films de Claude Sautet comme par exemple César et Rosalie (1972), Les Choses de la vie (1970), Max et les ferrailleurs (1971), de Robert Enrico, Le vieux fusil (1975), L'Important c'est d'aimer de d'Andrzej Zulawski (1975) et tant d'autres dont les sorties étaient chaque fois un événement. Elle a "cassé" son image de Sissi dans Ludwig; (1972) de Luchino Visconti. Quand sa vie privée avec le décès tragique de son fils en 1981 a fait la une des journaux, les gens qui l'aimaient ont compati. Sa disparition a ému toute la France.

Rainer Werner Fassbinder a, comme on dit parfois, brûlé sa vie par les deux bouts. Autour de lui, il avait une troupe fidèle de comédiens, il faisait tourner souvent les mêmes acteurs comme Hannah Schygulla ou Kurt Raab. Ses films ont souvent été considérés comme sulfureux : La Troisième génération (1979), Tous les autres s'appellent Ali (1974), Querelle (1982), L'Année des 13 lunes (1978). En plus d'être réalisateur de ses films, il les écrivait. Il est l'auteur de pièces de théâtre et il a réussi à adapter et réaliser Berlin Alexanderplatz d'Alfred Döblin (1980) pour la télévision. Rainer Werner Fassbinder a été à l'origine du renouveau du cinéma allemand mais il est mort sans héritier, il était unique. Maintenant que ses films existent en DVD, on se rend compte de son talent, Le mariage de Maria Braun (1979) en est un exemple frappant. Il n'a pas pris une ride.

Patrick Dewaere est mort trop tôt, il avait un immense talent et pouvait tout jouer. Série Noire (1978) d'Alain Corneau, Coup de Tête (1979) de Jean-Jacques Annaud, Les valseuses (1974) et Beau-Père (1981) de Bertrand Blier, La meilleure façon de marcher (1976) de Claude Miller sont devenus des classiques. De la même génération que Gérard Depardieu, il aurait pu atteindre la même notoriété. Il est vraiment dommage qu'il soit mort si jeune surtout en se suicidant. Oui, 1982 a vraiment été une année tragique.

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vendredi 23 mars 2007

Je vais bien, ne t'en fais pas - Philippe Lioret

A l'occasion de la sortie du film en DVD, je conseille vivement à ceux qui ne l'ont pas vu, et aux autres, d'acquérir ce film très sensible adapté du roman du même nom d'Olivier Adam disponible aux Editions Le Dilettante et Pocket. Je vais bien, ne t'en fais pas (sorti en salle en 2006) est interprété formidablement par tous les comédiens, Kad Merad et Mélanie Laurent en tête. L'histoire traite de la disparition et donc de l'absence du fils de Kad Mérad et frère jumeau de Mélanie Laurent. Cette dernière se met à sa recherche. Le suspense est entretenu jusqu'au bout. Pour ceux, qui n'ont pas vu le film, je ne dévoilerai pas la fin assez inattendue. La très belle chanson composée par le fils/frère avant sa disparition ponctue le film. Je vais bien, ne t'en fais pas a reçu deux Césars, un pour Kad Merad et un pour Mélanie Laurent et c'est amplement mérité.  

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jeudi 15 mars 2007

Cécile de France - Marion Cotillard

Dans les différents blogs "ciné" sur lesquels je mets parfois des commentaires, je suis étonnée que l'on parle aussi peu de Marion Cotillard (à part pour la Môme) et Cécile de France qui sont les deux merveilles du cinéma français actuel. Non seulement elles sont jolies, mais en plus elles ont du talent. Preuve en est qu'en cette année 2006, Cécile de France a été "nominée" deux fois pour le César de la meilleure actrice pour Fauteuils d'orchestre et Quand j'étais chanteur. Dans ce dernier, elle très émouvante face à Gérard Depardieu en grande forme. Dans un film précédent, les Poupées Russes, elle était irrésistible en copine lesbienne de Romain Duris. Marion Cotillard, découverte dans Taxi, connaît une ascension fulgurante depuis son rôle dans Un Long dimanche de fiançailles, pour lequel elle a d'ailleurs reçu le César du meilleur second féminin. Je leur souhaite, à toutes les deux, de longues et brillantes carrières.

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mardi 13 mars 2007

Isabelle Huppert

Isabelle Huppert est une de mes actrices françaises préférées. Je l'ai découverte dans la Dentellière de Claude Goretta. Elle est une des actrices "fétiches" de Claude Chabrol. Dans Une affaire de femmes (1988), Madame Bovary (1991), la Cérémonie (1995), Merci pour le chocolat (2000), l'Ivresse du pouvoir (2006), elle a un talent fou. Elle prend des risques à jouer certains rôles, les plus récents étant Ma mère de Christophe Honoré et La pianiste de Michael Hanecke pour lequel elle a reçu un prix d'interprétation à Cannes très mérité. Elle n'est pas une star comme Isabelle Adjani qui est de la même génération, mais je la préfère de beaucoup à cette dernière. J'ai eu le plaisir de la voir récemment au théâtre dans Quartett d'Heiner Muller, mis en scène par Bob Wilson. Le spectacle vaut ce qu'il vaut mais Isabelle Huppert est magnifique. Je lui tire mon chapeau. Je considère qu'elle sait tout jouer, même la comédie. L'exemple récent est 8 femmes de François Ozon où dans le rôle d'une vieille fille, elle est irrésistible. Isabelle, je vous admire.

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jeudi 8 mars 2007

Mauvaise foi - Roschdy Zem

Avec un sujet un peu similaire à Just a Kiss, Roshdy Zem, acteur passé derrière la caméra, nous fait une belle surprise sur le sujet du mariage mixte (juif et musulman) et toutes ses conséquences lorsque l'enfant paraît.  Après avoir vu le film, j'en ai discuté avec des collègues qui ont trouvé le film très juste. Eux-mêmes avaient vécu des situations similaires. Le couple, joué par Roschdy Zem lui-même et Cécile de France, ne s'était jamais posé de questions sur son avenir, sur la religion, le nom et la religion d'un futur bébé jusqu'à ce que la jeune femme tombe enceinte. Quand ils se décident (enfin) à aller voir ses parents à elle, la mère, en particulier, est effondrée, comment sa fille juive peut-elle être avec un musulman ? De fil en aiguille, après une presque rupture, et une éventuelle interruption de grossesse, tout finit bien. Deux enfants plus tard, les deux grands-mères baby-sitters sont aux anges. Le film est un hymne à la tolérance entre religion.

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