lundi 26 mars 2007

Ne touchez pas la hache - Jacques Rivette

D'après le dossier de presse, ce titre étrange Ne touchez pas la hache serait le titre initial qu'aurait donné Honoré de Balzac à la Duchesse de Langeais dont le film est adapté. Le début surprend, l'action est un peu statique quand on ne connaît pas l'univers de Jacques Rivette mais au fur et à mesure que le film avance, j'ai été touchée par cette histoire du Général Armand Montriveau et Antoinette de Langeais. L'histoire débute en 1823 sur une île espagnole. Le général retrouve, dans un couvent de carmélites, Antoinette de Navarreins, duchesse de Langeais, qu'il avait rencontrée cinq ans plus tôt en 1818 à l'occasion d'un bal. Il avait eu le coup de foudre, elle l'a aimé en retour mais a refusé de se donner à lui. Quand enfin, elle est prête à lui céder, il est trop tard. Le film est comme le livre, très littéraire mais agréable à écouter autant qu'à voir. Le titre Ne touchez pas la hache est une référence à un souvenir d'Armand regardant le cou d'Antoinette. Ayant visité Westminster, le gardien du lieu lui avait dit : "Ne touchez pas la hache qui a servi à trancher la tête de Charles 1er". Jeanne Balibar et Guillaume Depardieu sont excellents, ainsi que tous les seconds rôles.

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samedi 24 mars 2007

1982 - Disparition de Romy Schneider, Rainer Werner Fassbinder et Patrick Dewaere

En 1982, l'année de mes vingt ans, trois grandes figures du cinéma ont disparu prématurément: Romy Schneider  (à 43 ans) le 29 mai, Rainer Werner Fassbinder (à 37 ans) le 10 juin et Patrick Dewaere (à 35 ans) le 16 juillet. On ne devrait pas avoir le droit de mourir aussi jeune en période de gloire. Romy Schneider, née autrichienne, française d'adoption nous a fait rêver dans les rôles de Sissi, puis plus tard, elle nous a émus dans les films de Claude Sautet comme par exemple César et Rosalie (1972), Les Choses de la vie (1970), Max et les ferrailleurs (1971), de Robert Enrico, Le vieux fusil (1975), L'Important c'est d'aimer de d'Andrzej Zulawski (1975) et tant d'autres dont les sorties étaient chaque fois un événement. Elle a "cassé" son image de Sissi dans Ludwig; (1972) de Luchino Visconti. Quand sa vie privée avec le décès tragique de son fils en 1981 a fait la une des journaux, les gens qui l'aimaient ont compati. Sa disparition a ému toute la France.

Rainer Werner Fassbinder a, comme on dit parfois, brûlé sa vie par les deux bouts. Autour de lui, il avait une troupe fidèle de comédiens, il faisait tourner souvent les mêmes acteurs comme Hannah Schygulla ou Kurt Raab. Ses films ont souvent été considérés comme sulfureux : La Troisième génération (1979), Tous les autres s'appellent Ali (1974), Querelle (1982), L'Année des 13 lunes (1978). En plus d'être réalisateur de ses films, il les écrivait. Il est l'auteur de pièces de théâtre et il a réussi à adapter et réaliser Berlin Alexanderplatz d'Alfred Döblin (1980) pour la télévision. Rainer Werner Fassbinder a été à l'origine du renouveau du cinéma allemand mais il est mort sans héritier, il était unique. Maintenant que ses films existent en DVD, on se rend compte de son talent, Le mariage de Maria Braun (1979) en est un exemple frappant. Il n'a pas pris une ride.

Patrick Dewaere est mort trop tôt, il avait un immense talent et pouvait tout jouer. Série Noire (1978) d'Alain Corneau, Coup de Tête (1979) de Jean-Jacques Annaud, Les valseuses (1974) et Beau-Père (1981) de Bertrand Blier, La meilleure façon de marcher (1976) de Claude Miller sont devenus des classiques. De la même génération que Gérard Depardieu, il aurait pu atteindre la même notoriété. Il est vraiment dommage qu'il soit mort si jeune surtout en se suicidant. Oui, 1982 a vraiment été une année tragique.

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vendredi 23 mars 2007

Je vais bien, ne t'en fais pas - Philippe Lioret

A l'occasion de la sortie du film en DVD, je conseille vivement à ceux qui ne l'ont pas vu, et aux autres, d'acquérir ce film très sensible adapté du roman du même nom d'Olivier Adam disponible aux Editions Le Dilettante et Pocket. Je vais bien, ne t'en fais pas (sorti en salle en 2006) est interprété formidablement par tous les comédiens, Kad Merad et Mélanie Laurent en tête. L'histoire traite de la disparition et donc de l'absence du fils de Kad Mérad et frère jumeau de Mélanie Laurent. Cette dernière se met à sa recherche. Le suspense est entretenu jusqu'au bout. Pour ceux, qui n'ont pas vu le film, je ne dévoilerai pas la fin assez inattendue. La très belle chanson composée par le fils/frère avant sa disparition ponctue le film. Je vais bien, ne t'en fais pas a reçu deux Césars, un pour Kad Merad et un pour Mélanie Laurent et c'est amplement mérité.  

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jeudi 15 mars 2007

Cécile de France - Marion Cotillard

Dans les différents blogs "ciné" sur lesquels je mets parfois des commentaires, je suis étonnée que l'on parle aussi peu de Marion Cotillard (à part pour la Môme) et Cécile de France qui sont les deux merveilles du cinéma français actuel. Non seulement elles sont jolies, mais en plus elles ont du talent. Preuve en est qu'en cette année 2006, Cécile de France a été "nominée" deux fois pour le César de la meilleure actrice pour Fauteuils d'orchestre et Quand j'étais chanteur. Dans ce dernier, elle très émouvante face à Gérard Depardieu en grande forme. Dans un film précédent, les Poupées Russes, elle était irrésistible en copine lesbienne de Romain Duris. Marion Cotillard, découverte dans Taxi, connaît une ascension fulgurante depuis son rôle dans Un Long dimanche de fiançailles, pour lequel elle a d'ailleurs reçu le César du meilleur second féminin. Je leur souhaite, à toutes les deux, de longues et brillantes carrières.

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mardi 13 mars 2007

Isabelle Huppert

Isabelle Huppert est une de mes actrices françaises préférées. Je l'ai découverte dans la Dentellière de Claude Goretta. Elle est une des actrices "fétiches" de Claude Chabrol. Dans Une affaire de femmes (1988), Madame Bovary (1991), la Cérémonie (1995), Merci pour le chocolat (2000), l'Ivresse du pouvoir (2006), elle a un talent fou. Elle prend des risques à jouer certains rôles, les plus récents étant Ma mère de Christophe Honoré et La pianiste de Michael Hanecke pour lequel elle a reçu un prix d'interprétation à Cannes très mérité. Elle n'est pas une star comme Isabelle Adjani qui est de la même génération, mais je la préfère de beaucoup à cette dernière. J'ai eu le plaisir de la voir récemment au théâtre dans Quartett d'Heiner Muller, mis en scène par Bob Wilson. Le spectacle vaut ce qu'il vaut mais Isabelle Huppert est magnifique. Je lui tire mon chapeau. Je considère qu'elle sait tout jouer, même la comédie. L'exemple récent est 8 femmes de François Ozon où dans le rôle d'une vieille fille, elle est irrésistible. Isabelle, je vous admire.

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jeudi 8 mars 2007

Mauvaise foi - Roschdy Zem

Avec un sujet un peu similaire à Just a Kiss, Roshdy Zem, acteur passé derrière la caméra, nous fait une belle surprise sur le sujet du mariage mixte (juif et musulman) et toutes ses conséquences lorsque l'enfant paraît.  Après avoir vu le film, j'en ai discuté avec des collègues qui ont trouvé le film très juste. Eux-mêmes avaient vécu des situations similaires. Le couple, joué par Roschdy Zem lui-même et Cécile de France, ne s'était jamais posé de questions sur son avenir, sur la religion, le nom et la religion d'un futur bébé jusqu'à ce que la jeune femme tombe enceinte. Quand ils se décident (enfin) à aller voir ses parents à elle, la mère, en particulier, est effondrée, comment sa fille juive peut-elle être avec un musulman ? De fil en aiguille, après une presque rupture, et une éventuelle interruption de grossesse, tout finit bien. Deux enfants plus tard, les deux grands-mères baby-sitters sont aux anges. Le film est un hymne à la tolérance entre religion.

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mardi 6 mars 2007

Films non commentés vus depuis le 1er janvier 2007

J'aime beaucoup aller au cinéma, seule ou accompagnée. Depuis le début de l'année, je n'ai pas éprouvé le besoin de faire de billets sur certains films car ils ne me semblent pas très intéressants à commenter même s'ils ne m'ont pas déplu.

Le Grand Silence : démarche intéressante de filmer des moines chartreux mais le problème c'est que je n'ai pas ressenti le sentiment de religiosité.

Le violon de Francisco Vargas : le violoniste est censé jouer très bien de l'instrument, ce que l'on a entendu était un peu crissant pour les oreilles mais c'est un film touchant.

Azul de Daniel Sanchez Arévalo, je m'attendais à mieux, je pense que le nouveau cinéma espagnol peut mieux faire.

Je crois que je l'aime, comédie pas drôle de Pierre Jolivet (le seul à sauver est François Berléand).

Une nuit au musée de Shawn Levy, pour les effets spéciaux et le petit message : aimez-vous les uns les autres, soyez tolérant envers l'autre.

L'illusionniste de Neil Burger, beaux tours de magie, très belle musique de Philippe Glass et belle histoire d'amour.

Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier : José Garcia est très bien, mais l'intrigue est un peu tirée par les cheveux.

lundi 26 février 2007

Lady Chatterley - Pascale Ferran

Il y a trois mois, j'avais vu le film de Pascale Ferran en avant-première en sa présence et celle de Marina Hands qui viennent d'être récompensées aux Césars. Très gentiment, la réalisatrice avait expliqué qu'elle avait adapté la deuxième version du roman de D.H. Lawrence (1885-1930) qui en compte trois : Lady Chatterley et l'homme des bois. C'était la version dont elle se sentait la plus proche. Pour ma part, j'ai trouvé le film beaucoup trop long, surtout la dernière demi-heure. Il y a même une cassure dans le rythme, comme si la réalisatrice ne savait pas comment conclure, tout s'accélère alors que les deux premières heures prenaient leur temps. En revanche, Marina Hands est digne d'éloges car le rôle n'est pas facile. La rigueur de la réalisatrice lui permet d'éviter l'écueil du film "David Hamiltonien". Que ce film soit récompensé est une bonne chose car c'est un cinéma exigeant, pas très grand public et les Césars vont lui permettre d'avoir une deuxième carrière. Déjà, il a eu le prix du public du Masque et la Plume décerné tous les ans et le prix Louis Delluc qui est un gage de qualité.

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dimanche 25 février 2007

Indigènes - Rachid Bouchareb

Je viens enfin de voir Indigènes dont j'avais déjà fait mention dans mon billet du 24 janvier 2007. J'ai beaucoup apprécié ce film dont l'avant-dernière séquence, qui est un morceau de bravoure, fait penser selon la personne qui m'accompagnait, à la dernière scène du film de Steven Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan. Il s'agit de quatre "indigènes" affrontant tout seuls une unité de l'armée allemande en déroute. Il est important que ce genre de film existe pour faire connaître à un large public un pan peu connu de l'histoire de la seconde guerre mondiale. Les soldats "indigènes" étaient moins bien traités que les Français de souche, pas de permission, pas de promotion après la guerre, ils n'ont pas eu les mêmes droits de retraite d'anciens combattants. Et sans que cela soit dit mais très bien montré, les courriers qu'ils pouvaient envoyer en France ou dans leur pays étaient censurés. C'est à l'honneur du cinéma français d'avoir fait ce film qui rivalise avec les meilleures productions hollywoodiennes à grand spectacle. 

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jeudi 15 février 2007

La Môme - Olivier Dahan

Suite à mon billet précédent, je parlerai de la Môme, hommage à Edith Piaf (1915-1963) qui est l'événement cinématographique de ce début d'année. Le film a fait l'ouverture du Festival de Berlin et en raison du sujet, il a déjà été vendu dans de nombreux pays. Pour ma part, je suis un peu mitigée. J'ai beaucoup aimé certaines scènes : quand elle chante sur scène (ah! la voix), quand elle s'écroule sur scène, toutes les séquences avec Marcel Cerdan, et la maladie, l'agonie et la mort d'Edith Piaf. Pour le reste, le scénario me semble un peu confus, je pense qu'il faut avoir un peu potassé la vie de Piaf pour savoir qui est qui. La demi-soeur d'Edith apparaît, on ne sait comment. On ne montre pas assez la travailleuse acharnée qu'elle a été. Le réalisateur reste un peu dans l'anecdotique. A part ça, il faut quand même saluer la performance de Marion Cotillard qui, dans les scènes que j'ai aimées, restitue la façon de parler, de bouger de la vraie Edith. Le film est à voir pour elle.

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