dimanche 1 novembre 2015

The Lobster - Yorgos Lanthimos / L'homme irrationnel - Woody Allen

En sélection officielle au dernier festival de Cannes (mai 2015), The Lobster du réalisateur grec Yorgos Lanthimos narre une histoire étrange. Ce film surprenant qui peut dérouter les spectateurs se découpe en deux parties (d’une heure chacune) assez distinctes. J’ai préféré la première à la deuxième. En revanche, la conclusion m’a plu.

Dans la première partie, dans une époque future (?) et un pays indéterminé, le célibat est interdit. Comme David vient de perdre sa femme, il n’a plus que 45 jours pour retrouver l’âme sœur, sans quoi il sera transformé dans l’animal de son choix (il a choisi le homard qui peut vivre centenaire). C’est dans un hôtel sans âme au bord de l’eau que David séjourne accompagné d’un chien (c’est son frère, qui n’a pas réussi à trouver la bonne personne). David (Colin Farrell bedonnant est très sobre) et quelques autres peuvent retarder l’échéance en participant à des chasses obligatoires: ils traquent dans la forêt voisine des «solitaires» résistant à ce système. Ils leur tirent dessus avec des balles hypodermiques. Ils gagnent un jour par personne touchée. Dans l’hôtel, malgré le fait que les célibataires des deux sexes se côtoient, les couples ont du mal à se former. L’amour n’a pas trop sa place. Ce sont souvent des caractéristiques physiques ou physiologiques qui rapprochent les célibataires: saigner du nez, boiter. David qui paraît insensible est attiré par une jeune femme sans coeur aux instincts meurtriers.

Dans la deuxième partie du film, David s’est enfui de l’hôtel pour une raison que je ne vous dévoilerai pas. Il se réfugie parmi les solitaires, où les relations sexuelles sont bannies. La vie des solitaires n’est pas confortable et pas plus enviable que celles des couples. David rencontre une jeune femme myope (Rachel Weisz) qui aime manger les lapins. Le groupe des solitaires est dirigé par une femme (Léa Seydoux), véritable chef de guerre qui ne supporte pas que David et la femme myope tombent amoureux.

Je ne vous dirai rien de plus sur ce film aux scènes souvent provocantes et parfois incongrues. C’est grinçant, parfois cruel. Rien que la scène d’ouverture, une femme qui tire plusieurs coups de feu sur un âne, donne le ton de tout ce film iconoclaste.

En revanche, j’ai trouvé que L’homme irrationnel, le dernier film de Woody Allen, manquait de cruauté et d’immoralité. Abe, qui est prof de philo, arrive dans une petite ville universitaire de l’est (à Providence) pour enseigner durant un semestre. Il entame une relation avec une collègue professeur de son âge, et une liaison avec Jill (Emma Stone), une de ses étudiantes. Il s’ennuie, n’a pas d’entrain pour faire des choses. Jusqu’au jour où incidemment, il décide de supprimer un juge en charge de divorces. Il commet le crime parfait, semble-t-il. Bien entendu, un grain de sable fait tout capoter. C'est un film léger malgré le thème, mais un peu trop moral à mon goût. Joaquin Phoenix est très bedonnant et Emma Stone toujours charmante. A vous de voir.

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samedi 28 juin 2014

Xenia - Panos H. Koutras

Le film Xenia (concept antique, proche de l'hospitalité, en grec) de Panos H. Koutras se passe en Grèce de nos jours. Dany et Odysseas sont deux frères, nés d'une mère albanaise (qui vient de mourir), et d'un père grec qui les a abandonnés très jeunes. Dany, presque 16 ans, homosexuel assumé, vit grâce à la générosité d'amants de passage. Il est fan d'une chanteuse italienne de variétés des années 60: Patti Pravo. Odysseas, presque 18 ans et qui a une très belle voix, va concourir pour devenir la nouvelle star "grecque". Parcourant le pays du sud au nord, où l'économie est exangue, les deux frères sont considérés comme des "métèques", n'étant pas grecs à 100%. Aidés par quelques amis marginaux du monde de la nuit, ils entreprennent de retrouver leur père, qui pourra leur faire obtenir la nationalité grecque tant convoitée. Le film a des airs de "road-movie", ressemble parfois à une comédie musicale et comporte aussi des moments oniriques, où le lapin (nommé Dido) que transporte Dany dans son sac à dos se met à lui parler. A part la longue séquence vers la fin où Dany et Odysseas affrontent leur père putatif (qui m'a paru un peu longue, alourdissant l'ensemble), je trouve que Xenia (qui est aussi le nom d'un grand hôtel abandonné où les deux frères trouvent refuge) sort de l'ordinaire, et tous les acteurs sont vraiment bien (mention spéciale à Kostas Nikouli qui interprète Dany). Lire les billets d'Alex-6, Ffred, Alain et miriam.

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