mardi 5 juin 2018

Une certaine rencontre - Robert Mullligan / Foxtrot - Samuel Maoz

Voici deux films qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre sauf que je les ai vus le même soir de la semaine dernière l'un après l'autre. Je suis rentrée chez moi vers 23 heures sous une pluie battante à Paris et je n'avais bien entendu pas de parapluie... Mais quant on aime le cinéma, on met de côté ces détails.

Je commence par Une certaine rencontre de Robert Mulligan (1964), j'y suis allée pour Natalie Wood et Steve McQueen. C'était la première fois que j'entendais parler de ce film invisible depuis 1964. J'ai été un peu mitigée même si la séquence d'ouverture est très réussie: une grande salle pareille à une salle de spectacle sans les fauteuils. Tout à coup, elle commence à se remplir. Des musiciens de toutes sortes qui courent le cachet attendent qu'on les appellent pour une prestation. Parmi eux, Rocky (Steve McQueen) en quête d'un contrat d'un soir. Peu de temps après, on voit arriver une jeune femme Angie (Natalie Wood) Elle profite de sa pause déjeuner (elle est vendeuse dans un grand magasin new-yorkais). Elle se dirige vers Rocky et lui annonce qu'elle est enceinte et qu'elle veut avorter. Rocky est stupéfait et ne sait pas quoi faire. Leur aventure a duré une nuit et lui l'a déjà oubliée. Angie est issue d'une famiile italienne très protectrice envers elle. Ses frères la surveillent de près. Elle fait tout pour s'émanciper mais sa grossesse n'était pas prévue. Rocky va accepter de l'aider. Pour ce faire, il renoue avec sa propre famille qui lui donne de l'argent. La séquence où Angie doit se faire avorter est marquante. Je pense que c'était assez osé pour l'époque et pour l'Amérique. L'ensemble du film est un enchaînement de scènes qui n'ont pas beaucoup de lien entre elles. Il manque un scénario structuré. Le couple McQueen/Wood est sympathique mais ils ne jouent pas sur le même registre. Natalie Wood en fait un peu beaucoup dans certaines scènes (elle manque un peu de retenue, elle est même parfois crispante) et Steve McQueen n'est pas mal dans son rôle d'homme dépassé par les événements mais qui assume quand même. Une partie du film se passe en extérieur avec les acteurs filmés au milieu de figurants. L'épilogue "happy end" avec le baiser final au milieu de la foule n'est pas forcément crédible. Comme Strum le fait remarquer, la musique d'Elmer Bernstein est belle. Ce film est une curiosité et vaut la peine d'y aller pour le couple Wood/McQueen.

Les photos de la brochure à l'entrée de la salle.

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Je passe maintenant à Foxtrot du réalisateur israélien Samuel Maoz. Le film se donnait dans le cinéma juste à côté de l'autre dans une rue du Quartier Latin. J'en profite pour remercier Pascale de m'avoir convaincue d'aller le voir. Je me joins à son avis très positif: Foxtrot qui a reçu le Grand prix du jury au festival de Venise en 2017 vaut la peine d'être vu.

Le film se décompose comme une pièce en trois actes. Acte 1, Michael Feldmann, la presque cinquantaine, habitant dans un grand appartement pas très gai, apprend que son fils Yonatan qui faisait son service militaire est mort à un poste frontière en Israël. Cet homme est dévasté tout comme sa femme Daphna qui est mise sous sédatif. Pendant plus d'une demi-heure, on peut ressentir ce que des parents peuvent éprouver à la perte de leur enfant. Ils n'osent même pas dire à leur fille ce qui s'est passé. Michael ne pleure pas mais il s'auto-mutile. Cette disparition est d'autant plus terrible que l'armée, qui organise les obsèques, refuse que Michael et Daphna voient le corps de leur fils mort.

Acte 2: On découvre Yonatan et quelques soldats comme lui qui gardent un poste frontière au milieu de nulle part où s'arrêtent quelques voitures à contrôler. Ils dorment dans un baraquement qui a tendance à s'enfoncer dans la boue. Quand un dromadaire tout seul surgit sur la route, ils lèvent la barrière sans hésiter. Ils passent le temps comme ils peuvent, en dansant le foxtrot par exemple ou en dessinant. Il leur arrive malheureusement de commettre de tragiques bavures lors de contrôles.

Acte 3 : Retour dans l'appartement où l'on retrouve Michael et Daphna moins abattus alors que...

J'ai trouvé les images et certains plans magnifiques, comme les vues plongeantes sur les personnages. C'est un film qui parle de l'absurdité des guerres en général. J'ai trouvé l'ensemble terrible et poignant. Pendant le générique de fin, j'ai entendu une femme sangloter dans la salle. Un film à voir, pour l'histoire, pour les partis pris de mise en scène et aussi pour les acteurs, s'il passe encore par chez vous.

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jeudi 4 janvier 2018

Le rire de Mme Lin - Tao Zhang / The Wedding Plan - Rama Burshtein

Voici les deux films que j'ai vus le 1er janvier 2018 comme je l'avais annoncé dans mes voeux. Ils étaient projetés dans le même cinéma "Art et Essai" sur les Champs Elysées.

Autant, pour Le rire de Mme Lin, la salle n'était pas très pleine, autant, pour l'autre, c'était presque complet. Dehors, le temps était détestable.

Le rire de Mme Lin, un film chinois financé en partie par la France, s'apparente presque à un documentaire. Il y a peu de dialogues. L'image est sombre. De nos jours, dans une province reculée de Chine, Mme Lin, filmée souvent de profil et avec la tête baissée, est une dame âgée aux cheveux blancs qui vit seule dans sa maison ouverte à tous les vents. C'est une masure en piteux état. Un jour, elle tombe par terre. Ses enfants qui ne vivent pas avec elle décident de la mettre dans un hospice. L'établissement est complet mais la direction compte sur le décès prochain d'une des pensionnaires gravement malade. On fait d'ailleurs visiter à Mme Lin, la chambre avec la personne alitée... Pauvre Mme Lin qui parle peu et refuse d'aller dans cet hospice. En attendant son hypothétique admission, des arrhes ayant été versées, cette veuve de six enfants se retrouve ballotée d'une famille à l'autre, d'une maison à l'autre. Elle est une charge, une bouche inutile qui coûte cher en médicaments. Et par-dessus tout, Mme Lin se met à rire pour un oui ou pour un non. Elle "tape sur le système" des membres de sa famille qui arrivent à la reléguer dans  l'étable à côté de la vache. La fin du film en musique est absolument terrible. Mme Lin ne méritait pas ça. Même si le film ne m'a pas totalement convaincue, on est touché par le destin de cette vieille femme. Notre époque moderne ne sait pas toujours quoi faire de nos anciens, surtout quand ils déclinent. C'est pourtant un problème qui prend de l'ampleur avec l'augmentation de l'espérance de vie.

Je passe au film israélien The wedding plan (Le projet de mariage) qui est illuminé par la présence de Noa Koler présente dans chaque plan ou presque. Agée d'une trentaine d'années, Michal (Noa Koler), une Juive hassidique pratiquante qui croit au mariage pour la vie, a décidé de se marier. Tout est prévu, la salle, le jour, le nombre d'invités (200). Petit problème, elle ne sait pas encore qui sera l'heureux élu car l'homme qu'elle devait épouser lui avoue qu'il ne l'aime pas. Michal a encore un mois pour trouver l'homme de sa vie qu'elle épousera le 8ème jour d'Hanoukka (en décembre), la fête des lumières. Ce jour-là, il se passe un miracle dans la tradition juive. Michal rencontre plusieurs hommes qui pourraient lui plaire, dont Yos, un jeune rocker au sourire et au regard à faire fondre un iceberg (c'est mon côté midinette qui parle). Est-ce que Michal va se marier et avec qui? Je vous laisse le découvir. Le film est un peu bavard mais Noa Koler vaut la peine que l'on aille voir le film. De la réalisatrice, juive hassidique elle-même, j'avais vu Le coeur a ses raisons (2012) qui m'avait plu. Lire le billet d'Anne.

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dimanche 16 avril 2017

Je danserai si je veux - Maysaloun Hamoud

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Comme Je danserai si je veux (sorti le le 12/04/12 au lieu du 29/03/17), le premier film franco-israélo-palestinien de Maysaloun Hamoud, risque de passer inaperçu, je profite de ce blog pour vous inciter à aller le voir s'il passe par chez vous. Il n'y a pas eu beaucoup d'échos dans la presse et les critiques sont partagées: Le canard enchaîné et Télérama aiment, mais pas Le Monde. C'est l'histoire de Layla, Salma et Nour, trois jeunes arabes palestiniennes qui vivent à Tel Aviv, dans un grand appartement en colocation. La première est une avocate. C'est une belle jeune femme libre qui fume et boit et n'hésite pas à séduire les hommes; Salma est DJ et serveuse dans un bar; quant à Nour qui vient tout juste d'arriver, elle veut préparer au calme ses examens d'informatique loin de son village et de son fiancé qui aimerait avancer la date du mariage. Nour est une jeune femme sage qui porte le voile même en intérieur. Ces portraits vifs et évocateurs de ces femmes, dans un monde où le pouvoir patriarcal n'a jamais été aussi fort, m'ont touchée. Salma se fait déshériter par sa famille qui découvre qu'elle préfère les femmes aux hommes. Le nouvel amoureux de Layla, sous ses airs progressistes, est très traditionnaliste, et il n'accepte pas que Layla fume en public. Quant au fiancé de Nour, un psycho-rigide qui ne serre pas la main des femmes, il a un comportement inqualifiable envers Nour. Heureusement que les femmes savent être solidaires quand il le faut. La dernière scène fait penser à une fin ouverte mais pas forcément heureuse. Les trois comédiennes sont formidables. J'ai vu ce film en avant-première il y a plus d'un mois et je suis très contente de l'avoir vu. Lire les billets de Miriam et Pascale.

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dimanche 29 janvier 2017

Tempête de sable - Elite Zexer

Parmi les films sortis le 25 janvier 2017, je recommande Tempête de sable de la réalisatrice israélienne Elite Zexer. Ce film m'a beaucoup plu.

J'espère qu'il ne passera pas trop inaperçu et qu'il restera un petit moment à l'affiche. La réalisatrice s'est inspirée de témoignages de plusieurs femmes de villages bédouins dans le Neguev à la frontière de la Jordanie. Layla, qui est en âge de se marier, est l'ainée de quatre filles (1). Etudiante à l'université, Layla est amoureuse d'Anouar, étudiant comme elle. Slimane, le père, s'apprête à prendre une deuxième épouse, il en a le droit, c'est la loi. Jalila, la mère qui ne pipe mot à propos de cette union, empêche Layla de revoir Anouar, c'est la règle. Néanmoins, Jalila se révolte quand elle estime que le mari choisi par Slimane n'est pas digne de sa fille. A la suite de l'altercation avec son mari où elle lui demande de se conduire comme un homme, Slimane la répudie sur-le-champ. C'est l'humiliation suprême pour une femme. Cette famille qui vit dans une habitation sans beaucoup de confort où les pannes d'eau et d'électricité surviennent régulièrement vit une tragédie, car Layla n'ira pas au bout de son désir d'émancipation. Elle obéit à son père comme les générations de femmes avant elle. J'ai apprécié que la réalisatrice, qui est aussi la scénariste, ait mis beaucoup de nuances dans le caractère de chaque personnage, en particulier Slimane qui n'a pas le beau rôle dans cette histoire (mais il suit la tradition et les usages). Il ne peut pas vraiment faire autrement. Un très beau film avec une fin déchirante.

(1) Correction faite, merci Pascale [cf. commentaire ci-dessous]. Et au temps pour le "secrétaire de rédaction" qui avait mal fait son boulot!

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mercredi 18 février 2015

Le prix à payer - Harold Crooks / Mon fils - Eran Riklis / Les jours venus - Romain Goupil

Voici trois films (dont un documentaire) dont j'attendais beaucoup et qui m'ont relativement déçue.

Je commence par Le prix à payer, un documentaire canadien d'Harold Crooks. C'est une suite de témoignages de personnes inconnues (je n'ai pas retenu leur profession) qui tente de nous expliquer comment des multinationales style G**gle, Am*z*n, Ap*le, ayant leur siège social domicilié dans des paradis fiscaux (Luxembourg, Caraïbes, Iles Caïman, Irlande) sont très peu taxées sur leurs revenus. Et on apprend dès le début du documentaire que le premier paradis fiscal est la City de Londres, un des plus importants centres financiers du monde. J'ai trouvé l'idée du documentaire pertinente, mais cette suite de témoignages avec quelques images d'archives pas très parlantes m'a assez vite ennuyée. C'est très répétitif alors que le sujet est passionnant. La seule solution que j'ai retenue, sur les possibilités de taxer ces entreprises qui engrangent des bénéfices colossaux, serait celle de taxer toutes les transactions financières au niveau mondial, et donc que tous pays s'unissent. Pour moi, c'est parfaitement utopique.

Je continue avec Mon fils d'Eran Riklis, qui est, selon moi, un film au scénario très curieux. En Israël, Eyad, un jeune arabe israélien, est accepté dans une prestigieuse école privée de commerce à Jérusalem. Jusque-là, il vivait au milieu d'une famille aimante dans un quartier arabe. Son père est très fier que son fils puisse faire des études. Eyad est assez vite en butte aux moqueries de ses camarades, mais il trouve du réconfort dans les bras de Noami, une jeune juive ashkénaze. Pendant ses temps libres, à titre bénévole, Eyad accepte de s'occuper de Jonathan, un jeune juif gravement malade. Jonathan vit avec sa mère Edna (Yaël Abecassis). Petit à petit, Eyad va prendre beaucoup de place dans la vie d'Edna et Jonathan. Je vous laisse découvrir jusqu'où. La fin de l'histoire m'a vraiment surprise. Je n'y ai pas cru. Du même réalisateur, j'avais préféré Les citronniers.

Je termine avec Les jours venus de Romain Goupil. C'est une sorte d'autofiction de Romain Goupil sur Romain Goupil (et un peu sur sa famille, ses parents, sa femme et ses fils). Vu qu'il a plus de 60 ans, Pôle emploi lui envoie un courrier: il doit préparer sa retraite et reconstituer sa carrière. C'est à cette occasion que les souvenirs affluent: mai 68, sa rencontre avec sa future femme à Sarajevo pendant la guerre de Bosnie. Il a aussi l'idée de refaire un film avant qu'il ne soit trop tard. Il ne lui reste plus beaucoup de temps car les années passent vite. Dès la scène d'ouverture, le ton est donné: un piano tombe et s'écrase dans une cour d'immeuble, manquant de justesse Romain. La banquière (qui s'appelle Mme Goupil) avec qui il a rendez-vous est tombé sous son charme. Romain discute aussi avec sa productrice puiis une jeune femme peintre qui est sa voisine d'immeuble. Au bout du compte, il ne se passe pas grand-chose, sauf durant la dernière séquence qui est savoureuse : Romain vient de mourir et à son enterrement beaucoup de ses amis sont là, dont Daniel Cohn-Bendit et André Glucksman, Arnaud Despleschin, Mathieu Amalric et Jackie Berroyer. Les parents et la femme de Romain Goupil jouent leur propre rôle. J'avoue que je m'attendais à autre chose, il manque un vrai fil conducteur. C'est léger et grave en même temps; mais je ne peux pas dire que le film qui dure 1H25 m'ait passionnée plus que cela. 

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dimanche 17 août 2014

La dune - Yossi Aviram

S'il passe par chez vous, essayez d'aller voir le film La dune (du réalisateur israélien Yossi Aviram) qui est sorti le 13 août 2014. Hanoch (Lior Ashkenazi), la quarantaine, vit en Israël avec sa compagne, mais il la quitte pour une obscure raison et part en France. Au même moment, Reuven Vardi (Niels Arestrup, excellent et tout en retenue), un vieux policier qui exerce dans une brigade de recherche de personnes disparues, termine une enquête dont la conclusion est tragique. Ce faisant, il demande à ses supérieurs de partir un peu plus tôt à la retraite. Il pourra enfin vivre une vie tranquille auprès de son compagnon Paolo (Guy Marchand). C'est à ce moment-là qu'un homme mutique dont on ne sait rien est retrouvé évanoui près d'une dune en Gironde. C'est Hanoch, qui semble attendre quelque chose ou quelqu'un. Reuven décide de chercher à savoir qui est cet homme brillant aux échecs (comme lui). C'est un film d'une grande subtilité et très pudique. Il faut noter la présence d'Emma de Caunes qui dans un petit rôle donne une touche féminine bienvenue. Le film est dédié à Reuven et Paolo (architectes tous les deux) qui se sont rencontrés dans les années 50 et ne se sont plus quittés.

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vendredi 4 juillet 2014

Le procès de Viviane Amsallem - Ronit et Schlomi Elkabetz

Voici un film qui ne peut pas laisser indifférent de par son histoire. Quelque part en Israël, nous assistons à un procès qui se passe dans un tribunal rabbinique, situé dans une pièce pas très grande. D'un côté, nous avons Viviane Amsalem, accompagnée de son avocat Carmel: elle veut se séparer de son mari. De l'autre, Elisha, le mari de Viviane, est quant à lui accompagné par son frère, qui est aussi Rabbin. Ce sont des Juifs sépharades venus du Maroc. Pendant 1 heure 55, le spectateur suit avec passion (je parle pour moi, et, je pense, beaucoup d'autres) ce huis-clos, l'affrontement entre Viviane, mariée et mère de quatre enfants qui a quitté le foyer conjugal depuis trois ans et, face à elle, trois rabbins et un greffier qui ne font rien pour accélérer les choses. En Israël, le divorce comme le mariage ne peuvent être prononcés que par un tribunal rabbinique. J'ai oublié de dire que le procès va se passer sur cinq ans en tout, avec une séance tous les deux, trois ou six mois selon le bon plaisir et les possibilités des juges. Chaque séance donne des indications, permet de faire connaissance d'amis, de voisins du couple, qui témoignent pour ou contre Viviane. On sent que le tribunal est acquis au mari, non pas en tant que personne, mais parce que le divorce et l'éclatement d'une famille sont totalement inconcevables dans ce pays. Qu'une femme puisse vouloir sa liberté et rien d'autre, ces hommes ne veulent pas en entendre parler. Jusqu'au bout, Elisha refuse cette séparation. Il ne veut pas répudier sa femme. Il a trop peur qu'elle puisse trouver un autre homme un jour. Viviane se défend avec les paroles et parfois avec une attitude "provocante", comme laisser ses cheveux à l'air libre. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et je pense que je le reverrai avec plaisir. J'imagine très bien que cette oeuvre soit un jour adaptée au théâtre. Le film a été écrit et réalisé par un frère et sa soeur, Shlomi et Ronits Elkabetz. Cette dernière interprète superbement Viviane. Simon Abkarian dans le rôle ingrat du mari s'en sort très bien.

Lire les billets élogieux d'Aifelle, Ffred et Miriam.

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mardi 11 mars 2014

The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson / Bethleem - Yuval Adler / Un week-end à Paris - Roger Michell

Voici trois films que j'ai vus tout récemment. Je conseille éventuellement le premier; quant aux deux autres, je vous laisse juge.

The Grand Budapest Hotel est le deuxième film de Wes Anderson que je vois et j'avoue n'avoir pas éprouvé le même coup de coeur que pour Moonrise Kingdom. L'histoire se passe dans les années 30 dans un pays imaginaire de la "MittelEuropa". Mustapha Zero nous raconte ce que fut sa jeunesse comme groom dans un Grand hôtel situé dans des montagnes enneigées. Il exerce sous l'oeil bienveillant de M. Gustave H. Ce dernier hérite d'un tableau de valeur suite au décès d'une vieille cliente qui s'était pris d'affection pour lui. La famille de la défunte n'est pas de cet avis. La plus grande partie de l'histoire consiste en une suite de courses-poursuites, d'évasions et d'échanges de coups de poing et de coups de feu (des doigts sont coupés). Les pâtisseries crémeuses font aussi leur apparition. J'ai lu et entendu que l'on pouvait comparer ce film aux aventures de Tintin. Pour ma part, je trouve qu'on est loin de l'univers d'Hergé. Les acteurs ont l'air de beaucoup s'amuser (Ralph Fiennes en tête est excellent). Juste avant le générique de fin, il est dit que Wes Anderson rend hommage à l'oeuvre de Stefan Zweig. Je m'interroge... Lire le billet positif de Leunamme, celui de très mauvaise foi mais amusant de Mymp et celui mitigé d'Alex-6.

Pour Bethléem, j'ai eu dès le départ du mal à me repérer parmi tous les personnages. L'action part dans tous les sens. On comprend assez vite que les palestiniens n'ont pas le beau rôle en observant leur lutte fratricide entre clans ou tribus. La fin qui est très violente m'a laissé perplexe. Razi, un officier des services secrets israéliens, se sert de Sanfur, un jeune informateur palestinien, pour traquer un chef terroriste palestinien responsable d'un attentat. On sent assez vite que tout va très mal se terminer. C'est le genre de film dont on sort déprimé. Lire le billet positif de Chris.

Concernant Un week-end à Paris (Le Week-end [en VO]) de Roger Michell, je me suis ennuyée en compagnie de Meg et Nick, ce couple sexagénaire, (mariés depuis 30 ans, ils essaient avec ce voyage à Paris de retrouver une certaine flamme dans leur relation). Leurs atermoiements m'ont vraiment enquiquinée. C'est surtout Meg que j'ai trouvé crispante. Elle n'arrête pas d'asticoter son mari. L'hôtel dans lequel ils avaient passé leur nuit de noce ne lui convient plus (la chambre est trop beige). Après s'être installés dans une très belle suite au Plaza Athénée, avenue Montaigne, avec vue imprenable sur la Tour Eiffel, ils ne font pas grand-chose dans la ville lumière, à part aller dans un ou deux restaurants d'où ils s'esquivent sans payer (ils ont très peu d'argent). Les temps sont vraiment durs pour ce couple. Et ce n'est pas leur rencontre avec Morgan (l'inénarrable Jeff Goldblum) qui va arranger les choses. Dès les premières images, je n'ai vraiment pas accroché. Peut-être est-ce la faute des deux acteurs principaux pas très bien assortis (Jim Broadbent et Lindsay Duncan). Le couple qu'ils interprètent n'est ni sympathique, ni drôle, ni touchant. Je regrette d'autant plus d'avoir été déçue par ce film car il a été écrit et réalisé par les mêmes que The Mother (2003), c'est-à-dire l'écrivain Hanif Kureishi pour le scénario et Roger Michell à la réalisation. The Mother, voilà un film qui m'avait beaucoup plu, lui.

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lundi 21 octobre 2013

Room 514 - Sharon Bar-Ziv / Salvo - Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Voici deux films qui risquent trop de passer inaperçus (surtout qu'ils se donnent dans très peu de salles même à Paris). C'est pourquoi je tiens à en parler, car je les ai vus l'un après l'autre dans le même cinéma que j'aime fréquenter (aux Champs-Elysées à Paris) et j'ai passé très bon moment.

D'abord, Room 514 de Sharon Bar-Ziv (on devait être 6 ou 7 dans la salle) est un huis-clos qui se passe dans une salle d'interrogatoire pendant quelques jours. Anna, une jeune femme qui termine son service militaire dans l'armée israëlienne, est chargée de faire toute la lumière sur un affrontement entre une patrouille israélienne et quelques civils palestiniens dont l'un au moins a été gravement blessé. Le réalisateur respecte l'unité de lieu, d'action et presque de temps. Il se passe pas mal de choses dans cette salle 514, un drame se noue, un couple s'enlace, il y a des pleurs et des moments de rage et de désespoir. Il paraît que le film a été tourné en 4 jours. Un film à voir.

Puis j'ai enchaîné avec Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (cette fois-ci, on devait être 15 dans la salle). En Sicile, Salvo est un tueur à gages (beau brun aux yeux bleus) qui exécute des contrats sans états d'âme particuliers, jusqu'au jour où il épargne une jeune aveugle qui est la soeur d'un homme qu'il vient de tuer. On se rend compte que Salvo est subjugué par cette jeune fille obstinée. Je vous laisse découvrir ce qui arrive à ces deux personnages qui ne parlent pas beaucoup, mais certains gestes sont éloquents de la part de Salvo. Il y a peu de dialogues, un peu de musique, un paysage aride brûlé par le soleil avec la mer que l'on voit de temps en temps et une usine désaffectée. Tout cela donne une ambiance particulière. J'espère que le film ne disparaîtra pas trop vite des écrans.

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jeudi 16 mai 2013

Films vus et non commentés pendant les vacances de printemps 2013

Voici quatre films vus assez récemment. Il y en a pour tous les goûts.

Je commence par L'hypnotiseur de Lasse Hallström, adaptation du roman de Lars Kepler paru en 2010. J'avoue que ce roman m'était tombé des mains assez vite. Je n'avais pas aimé le ton et j'avais été très rapidement mal à l'aise. En Suède, un adolescent massacre sa famille. On le retrouve en état de choc et grièvement blessé lui-même. Pour aider la police, un certain Erik Maria Bark pratique l'hypnose médicale sur les gens traumatisés. Il joue un grand rôle dans la solution de l'intrigue. En ce qui concerne le film, on est loin de l'univers de Millenium. Les paysages et décors sont oppressants, les couleurs sont ternes. Par rapport au peu que j'ai lu du roman (il faisait 500 pages, j'en avais lu moins de 100), le film m'a paru plus "soft". Je n'ai pas éprouvé le même malaise. La fin qui se passe dans un paysage glacé et enneigé est assez marquante. Malgré la critique négative de Chris, je conseille néanmoins ce film (comme ffred). Je ne me suis pas ennuyée mais je n'ai pas envie de me remettre au roman.

Pour rester dans l'hypnose, voici Trance de Danny Boyle, un film complètement psychédélique dans le traitement: musique, angle de vue, etc. Je ne suis pas trop fan de la surenchère dans le son et l'image. Simon, un jeune commissaire-priseur se trouve être complice d'une bande de malfrats prêts à tout pour récupérer un (petit) tableau de Goya. Ayant reçu un coup sur la tête, et étant seul à savoir où est dissimulé le tableau volé, Simon est soigné par hypnose par une charmante jeune femme. Le film m'a semblé davantage un long clip vidéo qu'autre chose. La touche "gore" m'a moyennement emballée. A vous de juger. Wilyrah n'a pas vraiment apprécié.

C'est grâce à FredMJG que j'ai découvert Survivre du réalisateur islandais Baltasar Kormakur (également réalisateur de Jar city, d'après La cité des jarres de Inaldur Indridason). Il nous raconte l'histoire vraie de l'Islandais Gulli et de ses 4 ou 5 compagnons d'infortune, tous pêcheurs. En plein hiver et en pleine nuit, par -3° de température extérieure avec une mer d'une température de 5°, leur bateau chavire. Les hommes se noient rapidement sauf Gulli qui surnage et nage pendant plus de 6 heures dans l'eau glaciale avec une mouette au-dessus de lui comme seule compagne. Après un séjour à l'hôpital, Gulli est considéré comme un phénomène de la nature. Jusqu'à présent, personne n'avait été capable de survivre dans une eau glaciale si longtemps. Il semble qu'il soit un cas unique inexplicable. Après une batterie de tests qui va l'emmener jusqu'en Angleterre, Gulli reviendra parmi les siens. C'est un film entre fiction et documentaire qui se laisse voir.

On change de registre avec Le coeur a ses raisons de Rama Burshtein. Ce film israëlien se passe à Tel Aviv, dans la communauté des Juifs hassidiques ultra-orthodoxes (la réalisatrice appartient à cette communauté). Une jeune épouse, Rachel, meurt en couches (elle a accouché d'un petit garçon). Pendant ce temps, sa soeur Shira, 18 ans, doit se fiancer avec un garçon de son âge. Mais Rakel, la mère des deux jeunes femmes, a l'idée d'arranger une union entre Shira et Yohai, le veuf éploré. Rakel n'envisage pas de ne plus voir son petit-fils si Yohai se remariait. Le film est surtout l'occasion de se trouver au plus près de cette communauté assez fermée où l'on chante et prie beaucoup, où les femmes se couvrent les cheveux, où le Rabbin donne des conseils pour choisir une gazinière (si, si) ou donne l'aumône à ceux qui le demandent. Un film intéressant que je conseille.