dimanche 13 juillet 2008

Valse avec Bachir - Ari Folman

Valse avec Bachir d'Ari Folman (en compétition à Cannes cette année mais revenu bredouille [à cause de la membre du jury Marjane Satrapi?]) est un film d'animation qui ne ressemble à rien de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Le réalisateur, né en 1962, a été le témoin muet des massacres des camps de Sabra et Chatila en 1982. Il a enfoui dans sa mémoire ces tristes événements. Ne voulant faire ni un film de fiction de fiction, ni du documentaire, il a choisi l'option film d'animation. Valse avec Bachir a d'abord été tourné en vidéo, puis monté comme un film de 90 minutes. Ensuite, Ari Folman et ses animateurs ont développé un story board en 2300 dessins, qu'ils ont enfin animé. Cela m'a plu mais ne m'a pas bouleversée et je le regrette. Le fait d'avoir choisi l'animation est une superbe idée mais (à mon avis) pas pour ce sujet précis. Visuellement c'est très beau. La scène des chiens au début est très réussie ainsi que quelques autres. Pour se remémorer cet événement douloureux, le réalisateur interroge plusieurs personnes qui ont assisté au drame. Nous sommes en pleine guerre du Liban. Bachir (Gemayel), chef des milices chrétiennes et nouvel élu comme président de la république libanaise, est assassiné par les Palestiniens en septembre 1982. La riposte des phalangistes chrétiens qui est immédiate a lieu les 17 et 18 septembre à Sabra et à Chatila, et les Israéliens ont laissé faire. Je pense que si Ari Folman avait fait un vrai documentaire avec les "vrais gens" et des images d'archives (comme les 2 ou 3 dernières minutes d'images diffusées à l'époque et dont je me rappelle), l'impact (selon moi) aurait été plus fort. Et c'est pourtant ce que le réalisateur ne s'est pas résolu à faire (c'est son choix).

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lundi 19 mai 2008

Les citronniers - Eran Riklis

Deuxième film israélien vu dans la même soirée après My Father, My Lord (voir mon billet du 29/04/08), la tonalité des Citronniers est complètement différente. Une Palestinienne, Selma Zidane, veuve depuis 10 ans et vivant seule, prend soin d'une petite cinquantaine de citronniers plantés près de chez elle. C'est son gagne-pain. Elle fait des jus délicieux et des conserves. Elle est aidée dans son travail par un vieil homme qui la considère comme sa fille. L'ennui est que son logement se situe à la frontière des territoires occupés et d'Israël. Le ministre de la Défense israélien ne trouve rien de mieux que de s'installer côté israélien dans une maison dont les fenêtres donnent sur les citronniers. Ces arbres fruitiers deviennent une menace potentielle (des terroristes peuvent s'y cacher...). La sentence tombe, les citronniers doivent être coupés au grand dam de Selma. Elle prend un avocat (qui devient son amant) pour se défendre. Sa liaison est très mal vue car des gens lui font comprendre qu’elle n’a pas le droit de tromper son mari dont le portrait au visage renfrogné est en bonne place sur un mur. Elle va plaider sa cause jusqu’à la cour suprême de Jérusalem, soutenue par une alliée inattendue, la femme du ministre. Mais cette amorce d’entente n’empêche pas les citronniers d’être malheureusement condamnés à l’élagage. Ils redeviennent de tous petits arbustes. Entre-temps, le haut mur qui, désormais, sépare Israël des territoires occupés, est érigé et remplace la clôture qui séparait les citronniers de la maison du ministre. Quel gâchis, car ils étaient beaux, ces citronniers pleins de fruits victimes de la bêtise humaine. Ce très beau film est dominé par l’interprétation tout en nuances de Hiam Abbass, superbe actrice que je ne connaissais pas.

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mardi 29 avril 2008

My Father, My Lord - David Volach

My father, My Lord est le premier des deux films israéliens (sortis la même semaine) que j'ai vus en une soirée. Dès le début de My father, My Lord, on sait qu'une tragédie a eu lieu, un rabbin pleure lors d'une séance de prière et le nom de Menahem Eidelman (écrit en hébreu) est inscrit sur une petite plaque vissée à un pupitre inoccupé dans une salle de synagogue. Le film, qui dure 1h20, est filmé en caméra numérique et avec une image dans les tons gris et ocre. La réalisation est sobre mais la musique est omniprésente. L'histoire est un long flash-back qui nous montre une famille dans le milieu des Juifs ultra-orthodoxes à Jérusalem. Le père, Rabbi Abraham, pas très jeune, passe ses journées à lire et à étudier les textes sacrés de la Torah et de la loi juive. Cela lui permet de faire des prêches à la synagogue en petit comité (on ne voit que des hommes). Esther, la maman, est nettement plus jeune. Femme au foyer, elle  s'occupe avec amour de son petit garçon Menahem, âgé d'une dizaine d'années. Les scènes entre elle et son fils sont tendres et touchantes. Menahem est un jeune garçon plein de vie dont le centre d'intérêt n'est pas la religion mais plutôt s'amuser avec ses camarades, faire des échanges d'images, etc. Abraham, bien que plus sévère, est bien évidemment très attaché Menahem mais il lui inculque les préceptes de la religion avec rigueur. Preuve en est une scène, où Menhamen vient d'avoir une image genre "collection panini" qui représente un héros quelconque. Le père lui demande de déchirer cette figure car c'est de l'idolâtrie. Menahem obéit devant son père qui est presque menaçant. Les relations entre Abraham et Esther sont un peu énigmatiques. Je n'ai pas bien perçu ce qu'Esther ressent pour son mari qui pourrait être son père. Un jour, Menahem arrive à convaincre ses parents d'aller passer une journée à la Mer Morte. Esther part à la plage réservée aux femmes, Menahem et son père vont à celle réservée aux hommes. La journée se déroule bien, Menahem fait des trouvailles. Quand le soleil commence à tomber, Abraham s'éloigne du bord de l'eau suivi par quelques hommes pour la prière. Menahem ne les suit pas car quelque chose l'attire vers l'eau. Il reste sans surveillance. C'est un garçonnet qui donne l'alarme. Les convictions d'Abraham à peine ébranlées lui permettent (peut-être) de surmonter le drame, ce n'est pas le cas pour Esther. Très beau film douloureux qui ne sombre pas dans le larmoyant mais plutôt dans la révolte d'Esther à la fin de l'histoire. L'histoire est un prétexte pour voir la réaction de personnes croyantes quand un drame profond les frappe. Ce sont des gens comme les autres. Le réalisateur est paraît-il issu de ce milieu juif ultra-orthodoxe.

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dimanche 13 avril 2008

Films vus et non commentés depuis le 11 mars 2008 (2ème partie)

Comme promis, suite et fin - provisoire! - de mes petites "non-chroniques" entamées avant-hier.

Le nouveau protocole de Thomas Vincent avec Clovis Cornillac et Marie-José Croze: la première et la dernière scène sont terrifiantes par ce qu'elles montrent. Des cobayes humains (dans les pays en voie de développement) servent à tester des médicaments.  Pour le reste, nous avons Clovis Cornillac qui perd son fils dans un accident de voiture incompréhensible. Il décide de mener l'enquête. Il croise le chemin de Marie-José Croze (qui décidément, après Munich de Steven Spielberg, connaît des fins tragiques) et de Dominique Reymond, grande actrice, qui en responsable de labo pharmaceutique est très bien. Elle joue tout en retenue et en même temps on sent la poigne de fer avec une voix douce. Le film est bien fait mais il mélange un peu les genres.

L'orphelinat de Juan Antonio Bayona m'a un peu fait penser au film Les autres de Alexandro Amenabar. L'histoire se passe dans une grande maison, ancien orphelinat où un drame épouvantable s'est déroulé plusieurs années auparavant. Une famille, composée du père, de la mère, Laura (ancienne pensionnaire du lieu), et de Simon, leur fils adoptif séropositif, a décidé de s'installer dans cette demeure isolée au bord de la mer pour ouvrir une institution pour enfants attardés. Simon est pertubé, il entend des voix d'enfants et leur répond. Le jour de l'inauguration, Simon disparaît. Sa mère Laura n'aura de cesse de le chercher. Sans dévoiler la fin, je conclurai que le film bascule dans le fantastique et le merveilleux où Peter Pan et à Wendy jouent un rôle.
PS: suite à la demande de Ffred (ci-dessous), j'ajoute que j'ai bien aimé le film. Il y a du suspense jusqu'au bout, c'est très bien fait.

J'ai été fascinée par Beaufort de Joseph Cedar, Ours d'argent du meilleur réalisateur au dernier festival de Berlin. Il ne se passe pas grand-chose dans cet ancien château du temps des Croisés où stationnent un bataillon de jeunes Israéliens en attendant leur retrait. Nous sommes en 2000 au Liban. Malheureusement, avant leur évacuation, des missiles et roquettes sont tirés, provoquant des pertes humaines au sein du groupe. Les deux heures du film passent très vite et on arrivent à s'attacher à ces jeunes qui attendent. On ne voit pas l'ennemi, on ne fait que l'entendre. J'ai entendu récemment que cela faisait penser au Désert des Tartares de Dino Buzzati (c'est assez vrai).

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dimanche 13 janvier 2008

La visite de la fanfare - Erin Kolirin

Je dois (désormais) préciser que j'ai vu ce film en 2007. Un film israëlien de plus me direz-vous ? Et bien oui, La visite de la fanfare est un petit bijou qui vaut largement le déplacement. Une fanfare de 8 musiciens, venus d'Alexandrie en Egypte, arrive en Israël pour inaugurer un centre culturel arabe dans la ville de Petah Tiqva. Suite à une mauvaise compréhension de l'hébreu à la gare routière, ils sont débarqués d'un autobus à Beit Tiqva, ville perdue au milieu de nulle part où ne s'arrête qu'un autocar par jour. La seule animation de cette ville semble être un café-bazar tenu par une femme, Dina, qui les observe en compagnie de deux habitués. En attendant le lendemain pour qu'ils reprennent un car les amenant enfin à destination, les musiciens sont accueillis par Dina et les deux habitués; ils vont même les nourrir et les loger pour une nuit. Le chef de la fanfare, Tewfiq, ainsi qu'un grand et beau ténébreux, Haled, vont loger chez Dina. Cette rencontre entre Israëliens et Egyptiens donne l'occasion de voir de très jolies scènes pleines de poésie et très souvent drôles. Celle que j'ai baptisée "la scène de drague au dancing" est hilarante. Haled l'Egyptien montre à Papi l'Israëlien comment faire pour arriver à embrasser une fille renfrognée qui ne se laisse pas faire. Dans une autre scène, Haled dit en arabe (non sous-titré) ce qu'est l'amour physique. Magnifique. La visite de la fanfare peut sembler un peu languissant par certains côtés, mais il se regarde avec plaisir.

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vendredi 13 juillet 2007

The Bubble - Eytan Fox

A ne pas confondre avec Bubble de Steven Soderbergh (cf. billet du 22/06/2007), The Bubble (surnom donné à la ville de Tel Aviv), le nouveau film du réalisateur du très remarqué Tu marcheras sur l'eau, est une oeuvre très recommandable. Pour ceux qui se diraient que c'est encore une histoire d'amour homosexuelle, ils auraient raison, mais on peut élargir le propos en disant qu'un jeune et beau Palestinien tombe amoureux d'un jeune et bel Israélien, et malheureusement cela va mal finir. Ils s'éclateront au sens propre et figuré. L'histoire se passe à Tel Aviv où les habitants vivent repliés sur eux-mêmes avec leurs problèmes de coeur ou peut-être d'argent. Le conflit israélo-palestinien n'est pas leur préoccupation première. Et pourtant, la scène d'ouverture est très symbolique. A la frontière israélo-palestinienne, lors d'un des nombreux contrôles d'identité, une femme très enceinte perd les eaux et malheureusement le bébé par la même occasion car elle n'a pas pu arriver à temps à l'hôpital. C'est là que Noam l'Israélien et Ashraf le Palestinien se rencontreront pour la première fois. Le film est gai et triste à la fois et quand il se termine, il laisse un goût amer car le conflit n'est pas près d'être terminé.

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