mercredi 6 octobre 2021

Au nom de la loi - Pietro Germi

P1140092

Avant de repartir à Riga, j'ai souhaité vous emmener en Sicile en 1948-1949 avec Pietro Germi (1914-1974). Avec mon ami, on vient de voir Au nom de la loi (In nome della Legge en VO), publié en DVD/Blu-Ray tout récemment. Nous ne l'avions jamais vu. L'histoire est adaptée d'un roman écrit par un magistrat et juriste, Giuseppe Guido Loschiavo (1899-1973). Il semble que c'est le premier film qui parle ouvertement de la Mafia. Le film commence dans une contrée désertique. Un homme attend le train qui doit le reconduire à Palerme. On ne saura pas pourquoi il s'en va. Son successeur Guido Schiavi (Massimo Girotti) vient d'être nommé juge dans la petite ville de Capodorso où les coutumes ont la vie dure. Face à lui, il va affronter un baron, propriétaire terrien qui a mis au chômage toute une partie de la population après avoir fermé une mine de soufre de la région. Ce baron qui est un être détestable (il bat sa femme) est épaulé pour défendre ses terres par des hommes à cheval et fusil à l'épaule, dirigés par Passalacqua (Charles Vanel, surprenant), le chef de la mafia locale. Guido ne reste pas insensible au charme de la femme du baron. Les paysages de ce film pourraient faire penser à certains décors de western et les hommes à cheval font penser aux cow-boys dans lesdits westerns. Le juge est un idéaliste qui aimerait changer les choses, mais il a du mal. Je ne vous dirai rien de la fin qui peut sembler optimiste. Il faut noter que le scénario adapté a été écrit par Pietro Germi lui-même, Mario Monicelli et Federico Fellini (si, si). Un très bon film à (re)découvrir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 14 avril 2021

Le professeur - Valerio Zurlini

P1120319

Je viens de découvrir un très beau film, Le professeur de Valerio Zurlini qui date de 1972. Si vous doutiez qu'Alain Delon est un grand acteur, je pense que ce film va vous faire changer d'avis: il y est sublime sans écraser ses partenaires. L'histoire se passe à Rimini (ville natale de Federico Fellini), une ville au bord de l'Adriatique, en hiver: c'est triste, gris et froid. Surgi d'on ne sait d'où, on voit Daniele Dominici (Alain Delon) qui marche sur une digue au bord de l'eau. Alain Delon porte un manteau à poil de chameau et un pull à col roulé vert qu'il ne va pas quitter (ou presque) pendant tout le film. Durant quelques mois, pour remplacer un professeur souffrant, il va donner des cours de littérature dans un établissement scolaire où les élèves sont presque des adultes. Parmi ceux-ci, il remarque Vanina, une jeune fille brune avec de très beaux yeux. Marié avec une femme (Léa Massari) qu'il n'arrive pas à quitter, il éprouve pour Vanina un amour sombre et douloureux. Amoureux de la littérature et des beaux-arts, il va lui offrir un exemplaire de la nouvelle de Stendhal, Vanina Vanini. Il va aussi l'emmener voir, à Monterchi, La Madonna del Parto de Piero della Frencesca. Cela ne l'empêche pas de fréquenter les oisifs (vitelloni) aisés de Rimini avec qui, entre autre chose, il joue (et perd) au poker. C'est à ce moment-là qu'il découvre que Vanina fréquente l'un d'entre eux. Chaque plan du film est travaillé. J'ai aimé la photo, la lumière, les décors avec quelques demeures décrépites. Un très très grand film de 2H10 (je n'ai pas vu le temps passer), que je vous recommande. A noter que le titre original italien du est La prima notte di quiete (litt. « La première nuit de quiétude ») d'après un vers de Goethe. Il s'agit de la mort. 

Lire le très beau billet de Strum.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 11 avril 2021

Rocco et ses frères - Luchino Visconti

P1120296

Je viens de revoir ce film que mon ami ta d loi du cine n'avait jamais vu. Rocco et ses frères, le sixième long-métrage du réalisateur Luchino Visconti (1906-1976), se passe à Milan à la fin des années 50. Rosaria Parondi, veuve depuis peu, vient de quitter le sud de l'Italie pour s'installer à Milan. Elle est accompagnée par quatre de ses cinq fils, Simone, Rocco, Ciro et Luca. Ils ont prévu de s'installer chez Vincenzo, le fils aîné qui s'apprête à se marier. Malheureusement, ils ne sont pas les bienvenus chez la future belle-famille. Ils doivent s'installer dans un logement social pas chauffé. Le film est divisé en 5 segments qui portent le prénom des frères Parondi. Les deux parties les plus importantes sont celles qui concernent Simone (Renato Salvatori) et Rocco (Alain Delon). Simone, c'est le fils indigne qui a le malheur de rencontrer Nadia (Annie Girardot) en rupture avec sa famille. Rocco, lui, est bon et trop gentil, il pardonne tout à son frère, même l'impardonnable. Simone se met à la boxe, mais par manque de travail et d'assuiduité, il devient un boxeur raté et un vrai délinquant au comportement violent. Il joue, il perd et il constate que son frère Rocco débute une carrière prometteuse de boxeur et qu'en même temps, il fréquente Nadia, séparée de Simone depuis quelque temps. Ce film dans la veine du cinéma néo-réaliste italien est filmé dans un très beau noir et blanc avec des contrastes qui accentuent la dureté de l'histoire. Annie Girardot est remarquable dans le rôle de Nadia. Alain Delon m'a paru tout frêle. On le sent un peu écrasé par le poids de son rôle qui l'apparente à un saint. Il faut noter la belle musique de Nino Rota. Dans les suppléments du DVD, il y a une interview émouvante d'Annie Girardot en 2001 et des anecdotes sur le tournage dont les deux scènes censurées à l'époque, le viol de Nadia, et le meurtre de Nadia. Un film de 2H49 à voir et revoir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , ,
samedi 5 septembre 2020

Les nouveaux mutants - Josh Boone / Citoyens du monde - Gianni di Gregorio

Le lendemain du jour où j'ai vu Tenet, je suis allée voir Les nouveaux mutants qui a failli ne jamais sortir en salles aux Etats-Unis. C'est d'ailleurs un "bide" au box-office. Le film conte l'histoire de quatre jeunes mutants adultes (deux hommes et deux femmes) qui ne sont pas encore capable de maîtriser leurs superpouvoirs. Ils sont retenus dans un genre d'institut psychiatrique / prison entouré d'un parc, le tout protégé par un bouclier électromagnétique. Une cinquième patiente arrive, suite au massacre de ses parents dans la réserve où ils vivaient. Danielle Moonstar est une amérindienne. Ces cinq mutants sont pris en charge et surveillés par une femme docteur, Cecilia Reyes, qui n'est pas aussi bienveilante qu'on pourrait le croire au début. A priori, c'est le dernier film appartenant à la franchise des "X-men". J'ai d'ailleurs vus tous les films de la franchise. Celui-ci est dans un style "horrifique". Il y a une unité de lieu et d'action. A partir du moment où Danielle Moonstar arrive, des phénomènes effrayants surviennent et les pouvoirs des mutants se révèlent parfois insuffisants. Les effets spéciaux ne sont pas mal, les trois jeunes actrices sont bien. Le film dure 1H30. Je ne me suis pas ennuyée. Un film un peu sanglant mais pas trop effrayant à voir un samedi soir.

Je voulais aussi évoquer Citoyens du monde de Gianni di Gregorio (qui a écrit le scénario et qui joue l'un des trois rôles principaux). Il s'agit d'un film italien plutôt sympathique qui raconte l'histoire, pendant une semaine, de trois hommes mûrs plus ou moins retraités. Ils vivent à Rome ou aux environs. L'un d'entre eux n'a semble-t-il jamais travaillé. Le deuxième, appelé "Le professeur", a enseigné le latin et le grec [ancien, NDLR]. Le troisième vit seul dans une grande maison. Il a une fille et aime faire la cuisine. Il répare aussi des objets qu'on lui confie. Ils décident, sur un coup de tête, de partir s'installer ailleurs qu'en Italie et surtout ailleurs qu'à Rome. Ils souhaitent trouver un pays où prendre un café à une terrasse sera moins onéreux, et puis ils se considèrent comme des citoyens du monde. Après avoir reçu quelques conseils, ils décident de partir aux Açores. Pour ce faire, ils doivent constituer une cagnotte, qui bien entendu servira à tout autre chose, car au bout du compte, ce n'est pas si mal de vivre à Rome. C'est un film qui donne envie de passer un long week-end dans la ville éternelle. Je conseille.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 3 novembre 2019

Le traître - Marco Bellochio

Le Traître qui dure 2H32 est intéressant et assez passionnant par la manière dont il aborde son sujet. Il s'agit du nouveau film de Marco Bellochio, le réalisateur italien octogénaire. Il raconte comment le témoignage de Tommaso Buscetta, un membre de "Cosa Nostra" dans les années 80, a permis la condamnation de plus de 475 personnes lors d'un maxi-procès qui s'est déroulé de février 1986 à décembre 1987 à Palerme. Le film commence en octobre 1981, lors de la fête de Sainte Rosalie, la patronne de la ville de Palerme, dans une belle demeure. C'est la fête et de nombreux membres de "Cosa Nostra" de différentes familles, dont celles du village de Corleone, sont réunis. Leurs noms sont affichés sur l'écran. Dans les séquences qui suivent, on assiste à des exécutions. Des membres de "Cosa Nostra" sont tués à bout portant par d'autres. C'est une vraie vendetta dont on ne nous dit pas forcément l'origine. Tommaso Buscetta, un des chefs de cette organisation pyramidale, décide de partir avec une partie de sa famille au Brésil pour ses "affaires". Quelques mois après, il est arrêté et extradé en Italie. Même s'il considère qu'il n'est pas un repenti, il accepte de répondre aux questions du juge Falcone qui est à l'origine du "pool" antimafia. J'ai trouvé un peu dommage que l'on ne voie pas assez les échanges entre Falcone et Buscetta, qui déclare qu'il n'était qu'un simple "soldati" - soldat - dans l'organisation. Ensuite, le maxi-procès se déroule dans une sorte de bunker où l'on voit les mafieux enfermés derrière des barreaux solides à l'épreuve d'armes lourdes. Tels des tigres ou des hyènes en cage, les mafieux manifestent bruyamment et fanfaronnent. Après le jugement rendu et les condamnations proclamées même par contumace, Buscetta part aux Etats-Unis comme témoin protégé. Plus loin dans l'histoire, on peut noter la séquence marquante de l'assassinat du juge Falcone et de sa femme dans une voiture. Ils étaient escortés par des policiers. C'est une portion d'autoroute sur laquelle ils roulaient qui est pulvérisée par 600 kg d'explosifs. L'originalité est que tout est filmé de l'intérieur de la voiture du juge. Buscetta est mort d'un cancer en 2000 aux Etats-Unis. Un film à voir.

Lire les billets de Neil, de Strum et de ffred.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 25 octobre 2019

Shaun le mouton - Will Becher / La fameuse invasion des ours... - Lorenzo Mattotti

Voici un billet léger sur deux films d'animation épatants.

Je commence avec Shaun le mouton: la ferme contre-attaque des studios Aardman, où j'ai eu le plaisir de retrouver Shaun le mouton et ses congénères, qui vont faire le maximum pour permettre à une petite Alien appelée Lula de retourner vivre dans son monde extra-terrestre auprès de ses parents. Lula, de couleur rose et bleue, est arrivée à bord d'une soucoupe volante qui s'est écrasée dans un bois pas loin de la ferme de Shaun. Ce dernier se fait fort d'affronter les obstacles qui se mettent en travers de son chemin pour sauver Lula. De son côté, le fermier un peu benêt crée un parc d'attraction sur les ovnis. Il y aussi Red, la "méchante" d'une organisation gouvernementale qui cherche à capturer la petite extraterrestre. On découvre vite que Lula est une alien facétieuse. Elle a des dons de télékinesie, elle peut devenir phosphorescente, elle déteste les brocolis mais adore les pizzas et les gâteaux. Une histoire très sympathique dont je ne vous dévoilerai pas la fin.

Je passe à La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti, d'après un roman pour la jeunesse de Dino Buzzati paru en 1945. Ce film est une merveille visuelle. Il y a longtemps, en Sicile, les ours et les humains vivaient en bonne intelligence, jusqu'à ce qu'un jour Tonio, le fils de Léonce, le roi des ours, soit enlevé pendant qu'ils étaient tous les deux à pêcher du saumon. Au bout d'un certain temps, Léonce entraîne toute sa tribu vers la ville où vivent les humains et où se trouve Tonio. La guerre est déclarée, les péripéties sont nombreuses et De Ambrosis, un magicien et sa baguette vont jouer un grand rôle dans l'épilogue de l'histoire. Mais c'est surtout le dessin, les couleurs chaudes (jaune, rouge, orange), l'animation en général qui sont les atouts majeurs de ce film, que je vous recommande.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
jeudi 19 septembre 2019

Le mariage de Verida - Michela Occhipinti

Après l'Islande, je suis allée faire un tour en Mauritanie grâce au Mariage de Verida, le premier long-métrage de fiction de l'Italienne Michela Occhipinti. Elle a fait tourner des non-professionnels et s'est servie de témoignages pour narrer la triste histoire de Verida, une jeune fille avec un beau regard qui doit épouser un homme qu'elle ne connait pas encore. Ce mariage arrangé se concrétisera quand, dans trois mois, Verida aura pris 20 kg. Pendant cette période, Verida, qui travaille dans un salon de cosmétiques avec sa grand-mère, sera gavée telle une oie. Dès l'aube jusqu'à la nuit, elle doit manger tous les jours dix repas que préparent sa mère. Les plats alternent entre le lait et de la nourriture solide hyper calorique. Ce "gavage" des jeunes filles est une tradition ancestrale en Mauritanie. Les femmes opulentes sont le symbole de richesse. Verida commence courageusement ce gavage. Elle est pesée tous les jours par un jeune homme qui la regarde avec intérêt. Le regard d'un homme pour une femme. Verida ne grossit pas assez vite mais elle est rapidement écoeurée par toute cette nourriture. Par ailleurs, elle continue de voir ses copines car Verida a des rêves qui ne sont pas ceux de sa mère ni de sa grand-mère, qui ont subi cette épreuve avant elle. Une histoire émouvante qui m'a touchée.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 3 juin 2019

Qui a tué le chat? - Luigi Comencini

Cette semaine, j'ai vu, avec mon ami, une reprise bien sympathique. Qui a tué le chat? de Luigi Comencini (Il gatto en VO) date de 1977 et je ne pense pas l'avoir vu à l'époque. Quand le film commence, on prend l'histoire en route. Amedeo et Ofelia, un frère et une soeur qui n'arrêtent pas de se chamailler, sont possesseurs d'un chat et propriétaires d'un immeuble décrépit mais plein de charme (selon moi). Très âpres au gain (et tirant le diable par la queue), ils ont accepté de vendre leur bien dès qu'il sera libre de tous occupants à un groupe immobilier qui le démolira pour construire à la place un immeuble de 22 (!) étages en plein coeur de la Rome historique. Une partie des locataires a déjà dû quitter les lieux, mais il y a quelques réfractaires comme un prètre (en retard sur le paiement de son loyer), une "princesse", un couple de musiciens, un homosexuel et une jolie jeune femme. Ofelia est une lectrice passionnée de romans policiers. Pour la faire enrager, Amedeo arrache systématiquement les dernières pages du roman en cours et il les avale. Et le chat, me direz-vous? On le voit beaucoup au début du film en train d'aller d'une gouttière à l'autre provoquant quelques court-circuits, ou alors voler un bar copieux qu'Ophelia s'empresse de prendre pour le faire cuire pour elle. Amadeo et Ofelia espionnent leurs locataires pour mieux les piéger afin d'arriver à les faire partir. Ils sont sans pitié pour les autres mais attachants quand même. Amedeo (Ugo Tognazzi) a des tendres sentiments pour la jeune femme (Dalila di Lazzaro), tandis qu'Ofelia harcèle un commissaire de police (Michel Galabru, doublé en italien) afin qu'il mène l'enquête pour savoir qui a tué son chat. En effet, le matou a été retrouvé sans vie. Je ne dévoilerai rien d'autre. La salle où j'ai vu le film était pleine. Un film caustique, à voir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,
dimanche 11 novembre 2018

Silvio et les autres - Paolo Sorrentino

Avant qu'il ne disparaisse des écrans (on était peu nombreux à la séance à laquelle j'assistais), je voudrais évoquer Silvio et les autres de Paolo Sorrentino avec l'immense Toni Servillo, qui n'apparaît qu'au bout de 3/4 d'heure du film. Par rapport aux Italiens, on est lésé. Le film a été diffusé en deux partie de 100 minutes chacune en Italie. En France, la version projetée en une partie ne dure que 150 minutes. Il manque donc environ 50 minutes. C'est peut-être pour cela qu'on a une impression de scénario un peu décousu, mais cela ne m'a pas dérangée. Si vous avez aimé La grande Bellezza (comme moi), vous devriez apprécier Silvio et les autres, qui commence par une scène surréaliste. Un mouton blanc entre dans une belle villa vide au bord de la mer en Sardaigne. La télé marche et l'air conditionné commence à s'affoler. La température descend à 0° et le mouton tombe raide mort: première scène marquante. Elle n'a aucun rapport avec ce qui suit mais ça donne le ton du film parfois théâtral (Toni Servillo a beaucoup de texte et il est génial avec son éternel sourire de façade). Il y a un mélange de cruauté, de mauvais goût, de désenchantement, mais le réalisateur (qui est aussi co-scénariste) n'est jamais méprisant. J'ai trouvé l'image belle. Les nombreuses femmes qui apparaissent à l'écran sont bien faites, pas forcément idiotes ni faciles. Tout comme Sergio Mora (Riccardo Scarmacio) qui espère pouvoir travailler pour Silvo, on attend l'apparition de ce dernier et l'on n'est pas déçu. Il porte des vêtements féminins et est maquillé. Silvio n'exerce plus le pouvoir en Italie mais il reste un personnage qui fascine. Il est entouré de beaucoup de personnes qui vivent à travers lui. De temps en temps, Silvio chante et on l'écoute. J'ai aimé le personnage de l'épouse de Silvio, une femme intelligente et forte. Il n'y a pas vraiment une histoire linéaire mais une succession de scènes comme la dernière où l'on voit des pompiers sortir un Christ intact des décombres d'une église après un tremblement de terre au large de la Méditerranée. J'espère que je verrai un jour les deux parties complètes. Je trouve que Sorrentino lorgne de plus en plus vers l'univers de Fellini en plus moderne, et ça lui réussit.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 12 juillet 2018

Dogman - Matteo Garrone / Au poste! - Quentin Dupieux

Dogman de Matteo Garrone a permis à Marcello Fonte de recevoir le prix d'interprétation masculine au Festival du film de Cannes en 2018. Dans une sorte de "no man 's land" en bord de mer, pas loin de Rome, se dressent des bâtiments délabrés. Au pied de l'un deux, on voit une enseigne de magasin, "Dogman". Dans ce local travaille Marcello (alias Marcé), toiletteur pour chiens (des petits et des gros molosses qu'il toilette avec amour). Marcé est le papa d'une préadolescente qui adore son père même si elle vit avec sa mère. Marcello, au physique frêle, a de bonnes relations avec des commerçants voisins. A la nuit tombée, il joue au foot avec eux. Mais Marcello a aussi de mauvaises fréquentations en la personne de Simone, un ami plutôt "balèze" qui vient de sortir de prison. Simone, "accro" à la cocaïne, harcèle Marcello pour qu'il lui en fournisse. Il l'implique aussi dans des cambriolages. Marcello, très attaché à Simone, ira jusqu'à faire de la prison pour ce dernier. J'avoue avoir été un peu déçue par l'histoire et sa conclusion. Je m'attendais à ce qui arrive mais pas de la manière dont c'est montré. Et je n'ai pas compris le comportement de Marcello vis-à-vis de Simone, de se laisser ainsi battre et humilier. Même si Marcello Fonte est bien, le film n'est pas forcément à voir en priorité.

Sur les conseils de Pascale, j'ai vu Au poste! de Quentin Dupieux, un "petit" film (1H13) très distrayant. L'histoire loufoque se passe dans un commissariat pendant une soirée. Un certain Fugain est interrogé par le commissaire Buron (Benoît Poelvoorde, excellent) dans une grande salle pleine de bureaux et d'armoires très années 70-80. Fugain a eu le malheur (si je puis dire) d'appeler la police après avoir trouvé un cadavre baignant dans son sang au bas de son immeuble. Ayant laissé un fer à repasser qu'il avait en main sur le lieu du crime, il est tout de suite considéré comme suspect n°1 et donc interrogé. L'histoire pleine de rebondissements et de flash-back se termine de manière inattendue avec un petit épilogue à la toute fin du générique. Quand je suis sortie de la salle, le match France-Belgique venait de commencer mais cela n'a pas empêché qu'il y avait pas mal de public dans la salle. C'est mérité. Lire aussi le billet de princecranoir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,