samedi 14 janvier 2017

Harmonium - Koji Fukada

Harmonium qui a été beaucoup apprécié par Chris est un film japonais de Koji Fukada (un réalisateur que je ne connaissais pas). l'harmonium renvoie à l'instrument de musique dont joue Hotaru, la fille de Akie et Toshio. Dans une petite ville japonaise, de nos jours, Toshio, Akie et Hotaru mènent une vie relativement morne. Toshio, un homme mutique, travaille dans un atelier de métallerie qui jouxte la maison d'habitation. Sa femme Akie suit de près l'éducation de leur fille et en particulier l'aide pour jouer de l'harmonium. Jusqu'au jour où Yasaka, en pantalon noir et chemise blanche, se présente dans l'atelier. Il ne sait pas où aller. On comprend tout de suite que Yasaka et Toshio se connaissent. Ils partagent un lourd secret. Yasaka, qui est logé et nourri, selon la volonté de Toshio, devient un intime de la famille jusqu'à ce qu'une tragédie survienne. Huit ans plus tard, Toshio est devenu plus loquace, alors que sa femme, rongée par le remord, souffre de "TOC" (trouble obsessionnel compulsif). Quant à Hotaru, elle est devenue gravement handicapée. Il y a beaucoup de précision dans la réalisation. Les comédiens sont bien, mais j'avoue avoir été frustrée par la toute fin. Néanmoins, dans son ensemble, Harmonium constitue un film à voir. Il a reçu le prix du jury de la section "Un certain regard" au Festival International du film de Cannes en 2016. Lire aussi le billet d'Alex-6.

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vendredi 29 janvier 2016

Les délices de Tokyo - Noami Kawase

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Parmi les nombreuses sorties de films du mercredi 27 février 2016, je pensais à l'origine chroniquer Spotlight de Tom McCarthy, vu dès le mercredi soir; et puis non, je préfère faire un billet sur Les délices de Tokyo de Noami Kawase, un film sorti le même jour et qui m'a énormément plu et émue. Sentaro, un homme dans la quarantaine, sans famille, est le gérant d'une petite boutique dans un coin de jardin public à Tokyo. Là, tous les jours, il fait cuire et il vend des dorayakis: des pancakes fourrés à la pâte de haricots rouges confits. Autant il réussit les pancakes, autant il n'est pas vraiment satisfait de sa fabrication du "AN", la fameuse pâte de haricots rouges confits. Un jour, Tokue, une vieille dame de 75 ans qui se promène aux alentours, lui propose son aide et lui demande de l'embaucher. Elle lui laisse du AN de sa fabrication pour le convaincre. Pour Sentaro, cette mixture est une révélation. Il dit qu'il n'a jamais mangé quelque chose d'aussi bon. Dès que Tokue est embauchée, on assiste aux différentes étapes de la cuisson des haricots rouge qui ressemblent à de grosses baies. Tokue avec ses mains difformes (on apprend assez vite de quoi elle a souffert) parle aux haricots pendant qu'ils cuisent (elle parle aussi à la lune). Je ne vous en dirai pas plus sur Tokue et Sentaro. Je vous conseille vivement d'aller voir ce film reposant où l'on voit des cerisiers en fleurs. Et j'avoue qu'en dehors des sushis, sashimis, makis et autres brochettes, je ne connaissais rien à la cuisine japonaise. Je suis contente d'avoir donc découvert, même par écran interposé, une spécialité nippone qui paraît délicieuse.

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mardi 10 novembre 2015

Films vus et non commentés en septembre et octobre 2015

Notre petite soeur de Hirokazu Kore-Eda se concentre sur quelques semaines de la vie de trois soeurs âgée de 19 à 29 ans. Elles habitent ensemble dans une grande maison au Japon. Cela fait longtemps que leur mère, qui vit à Sapporo (une petite ville au bord de la mer), les a laissées se débrouiller seules. Comme elles travaillent toutes les trois, elles sont financièrement autonomes. Quand le film commence, les trois soeurs assistent aux funérailles de leur père, qui avait quitté sa femme et ses filles quinze ans auparavant et ne les avait plus jamais revues depuis. C'est lors de cette cérémonie que les trois soeurs font la connaissance de leur jeune demi-soeur de 15 ans, Suzu. Elles l'invitent à vivre désormais avec elles. J'avoue m'être un peu ennuyée pendant la projection de ce film qui dure 2H06. Il ne se passe pas grand-chose même s'il n'est pas contemplatif. Il n'y a pas de fulgurance, sauf à un moment où les quatre soeurs poussent un cri à l'unisson. L'histoire se déroule calmement, même quand la maman des trois soeurs fait une apparition. Peut-être ai-je été aussi perturbée par ma voisine de siège qui s'est endormie au bout de dix minutes de projection... Je m'attendais à autre chose du réalisateur de Nobody knows. Lire le billet de Yuko et celui très complet d'Alain.

Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore raconte une histoire surprenante, à la limite du fantastique. De nos jours, en Afghanistan, dans un poste de contrôle, un chien, puis trois soldats français disparaissent. Ils se sont comme évaporés. Le reste du groupe a des réactions de peur ou d'interrogation sur ce qu'ils sont devenus. Du côté des Afghans, certains d'entre eux, habitant le village voisin, ont aussi disparu sans laisser de trace. Une sorte d'union se fait entre les deux camps pour savoir ce qu'il s'est passé. J'avoue que mon esprit cartésien a été frustré par la fin. Je n'ai pas entièrement adhéré à cette histoire. Lire le billet très enthousiaste de Chris.

Régression d'Alejandro Amenabar se passe dans le Minnesota aux Etats-Unis en 1990. L'histoire est basée sur des faits réels. Une vague de satanisme sévit dans la région. Angela Gray (Emma Watson) accuse son père, John, d'avoir abusé d'elle lors de messes noires. John, alcoolique, avoue les faits mais ne se souvient de rien. L'inspecteur Bruce Kenner (Ethan Hawke), aidé d'un psychologue, mène une enquête difficile, qui lui donne des hallucinations au sens propre du terme. Si vous avez aimé Les autres du même réalisateur, n'allez pas voir ce film, qui manque souvent de subtilité dans les effets spéciaux et dont l'intrigue est emberlificotée. On se dit à la fin "tout ça pour ça", c'est-à-dire pas grand-chose. Lire le billet de Tinakiller.

Le labyrinthe: la terre brûlée de Wes Ball est la suite du Labyrinthe que j'avais aimé. Dans Le Labyrinthe: La Terre brûlée, Thomas et quelques autres s'échappent d'un lieu sinistre où sont menées des expériences médicales. Ce lieu appartient à la puissante organisation appelé Wicked. Wicked est dirigée par une scientifique Ava Paige, une femme froide, pas sympathique, qui n'a aucun état d'âme. Thomas et les autres se retrouvent dans un paysage désolé, desséché par le soleil. Ils vont devoir faire face à des êtres humains qui ont muté à cause d'un virus très contagieux. Des hommes de main de Wicked poursuivent les jeunes fugitifs. Le film n'est qu'une longue course poursuite assez haletante mais un peu monotone à la fin. J'attends néanmoins la suite (Le remède mortel dont la sortie est prévue en 2017). En effet, ce second volet se termine sur un suspense insoutenable, si je puis dire. Lire le billet de Rock07 (Roland).

Prémonitions d'Alfonson Poyart est un film produit et interprété par Anthony Hopkins. Son rôle y est celui d'un médium qui est engagé par le FBI pour trouver un "serial killer". Sans dévoiler le noeud de l'intrigue, je dirai que le point commun des victimes du tueur était qu'elles étaient tous des morts en sursis. Je suis allée voir ce film car j'avais vu que Colin Farrell (un acteur que j'apprécie) était au générique. J'ai été déçue de constater qu'il apparaît tard et très peu à l'écran. Un film regardable mais pas indispensable. Lire le billet de 100drine.

jeudi 8 octobre 2015

Vers l'autre rive - Kiyoshi Kurosawa

Un matin, chez elle, Mizuki constate que son mari Yusuke disparu trois ans auparavant est devant elle. Elle venait de préparer sans y faire attention un plat que Yuzuke aimait. Sans être étonnée outre mesure, la première chose qu'elle lui demande, c'est de retirer ses chaussures pour marcher sur le parquet, puis pourquoi il a été absent depuis si longtemps. Il lui explique qu'il est mort par noyade et que son corps a été dévoré par des crabes. Ceci étant établi, il propose à Mizuki de partir avec lui à la rencontre de ceux qu'il a croisés pendant ces trois années. Après un court séjour chez un distributeur de prospectus (un décédé lui aussi), ils vont séjourner chez un couple de restaurateurs bien vivants puis rejoignent un village où Yusuke a donné des cours d'astro-physique. Pendant ce périple, Mizuki et Yusuke vont à nouveau se rapprocher, même si c'est temporaire. Le ton du film n'est pas triste du tout. La mise en scène est importante quant à la façon dont apparaissent et disparaissent les personnages. En tant que spectatrice, je n'ai pas été perturbée par ces rencontres entre morts et vivants, on ne fait pas la différence. Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa (Shokuzaï et Tokyo Sonata) a reçu un prix de la mise en scène bien mérité dans la section "Un certain regard" lors du dernier festival de Cannes (2015). En revanche, je n'ai pas été très émue par cette histoire, même si les acteurs sont bien. Je suis restée "en dehors".

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samedi 4 janvier 2014

Tel père, tel fils - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Still walking et I wish, voici Tel père, tel fils du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda. Ce film qui a reçu le prix du Jury au dernier festival de Cannes en 2013 est sorti le 25 décembre 2013. L'histoire reprend largement l'argument de La vie est un long fleuve tranquille réalisé par Etienne Chatiliez (1988). Ryoata, la quarantaine, est un architecte qui se consacre entièrement à son travail. Il forme, avec sa femme et son fils unique Keita, une famille presque idéale qui vit dans l'opulence. Ryoata n'est pas très présent pour son fils, un enfant calme. Heureusement que ce dernier sait s'occuper tout seul. La sérénité de cette famille est mise à mal quand ils apprennent par la direction de l'hôpital où est né leur fils que Keita n'est pas leur fils biologique et qu'il y a eu un échange de bébés à la naissance. Ils font la connaissance de Ryusei, leur enfant biologique, qui est élevé dans une famille plus modeste. Cette famille est composée de trois enfants (Ryusei étant l'aîné), très épanouis grâce à un père qui s'occupe beaucoup d'eux. Je dois dire que ce film de 2H00 est superbe et émouvant. Une fois de plus, le réalisateur montre qu'il sait très bien diriger les enfants et on ne sent aucune mièvrerie. Ce qui est terrible dans l'histoire, c'est que du jour au lendemain, des parents sont censés rendre un enfant dont ils se sont occupés pendant des années, et par là même deux garçonnets de 6 ans se retrouvent désemparés devant cette situation. En effet, pour quelle raison changer de père et mère? Ruysei, par exemple, n'arrête pas de demander "pourquoi?" à son "vrai" père. La fin de l'histoire m'a paru logique et la mieux pour tout le monde. Très beau film qui me fait bien démarrer l'année. Lire le billet de Leunamme.

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jeudi 27 juin 2013

Le fils unique - Yasujiro Ozu

Quoi de neuf comme sortie "cinéma"? Et bien je viens d'aller voir Le fils unique de Yasujiro Ozu (1903-1963), un "vieux" film en noir et blanc de 1936 resté inédit en France. Ce fut le premier film parlant du réalisateur du Goût du saké. L'image et le son (malgré la restauration) crachottent beaucoup mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce film. Comme souvent dans les films d'Ozu, la caméra est à hauteur du sol. Le film débute par une citation: "Le drame de la vie commence avec le lien entre parents et enfants". Dans le Japon d'avant-guerre, Ozu nous raconte une histoire simple, celle d'une veuve, ouvrière dans une filature de soie, et de son fils (âgé de 15 an au début). En 1923, cette femme, qui vit dans une province du centre du Japon, vend tout ce qu'elle possède afin que son fils aille au lycée. Elle veut qu'il réussisse dans la vie et qu'il ne tombe pas dans la misère comme elle. Pourtant, treize plus tard, en 1936, rendant visite à son fils qui vit à Tokyo, elle se rend compte qu'il mène à son tour une vie assez misérable avec sa femme et son fils âgé de quelques mois. A 28 ans, il travaille comme "demi-prof" dans un collège et gagne très peu. Il souffre de cette situation. Le couple vit dans une masure d'un lotissement au milieu d'un terrain vague. Ozu nous décrit les dures conditions de vie de ces gens humbles. Mais il n'y aucun misérabilisme. Je vous conseille d'aller voir ce film s'il ressort en province. A Paris, il se donne dans 2 salles.

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mardi 18 juin 2013

Shokuzai 1 et 2 - Kiyoshi Kurosawa

Tournés à l'origine pour la télévision japonaise, ces deux films (dont le scénario est adapté d'un roman) durent 2H00 pour le premier volet et 2H30 pour le second. Ils forment un tout indissociable, décomposé en une introduction, quatre chapitres et une longue conclusion.

"Dans la cour d'école d'un paisible village japonais, quatre fillettes, Sae, Maki, Akiko et Yuka, sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir du visage du tueur. Asako, la mère d’Emili, désespérée de le savoir en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde: si elles ne s’en souviennent pas, elles devront faire pénitence (Shokuzai) toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues?"...

...Voici le résumé de ces deux films que j'ai vus en une soirée l'un à la suite de l'autre. Il faut dire que Shokuzaï 1, "Celles qui voulaient se souvenir", m'a totalement enthousiasmée.
Dans ce premier volet, 15 ans après le meurtre d'Emili, Sae travaille comme esthéticienne. Rejetant toute sexualité (elle n'a jamais eu ses règles), elle se marie avec un homme impuissant et fétichiste (il a une passion pour les poupées françaises). Maki, elle, est devenue une enseignante très sévère qui se fait mal voir par les parents d'élèves. Dans Shokuzaï 2, "Celles qui voulaient oublier", Akiko vient d'être internée, elle essaye d'expliquer pourquoi à Asako (cette dernière sert de fil rouge à tout le film). Akiko n'a jamais vraiment grandi dans sa tête, elle vit chez ses parents, n'a aucune vie sociale. En revanche, elle est très observatrice... Ces trois jeunes femmes traumatisées à vie craignent les hommes et elles le payent très cher à tout point de vue. C'est tout le contraire qui se passe avec Yuka, qui se sert des hommes pour arriver à ses fins: ouvrir un magasin de fleur et se faire faire un enfant. Quant à la conclusion (qui dure presque 3/4 d'heure), dans laquelle Asako va enfin savoir qui a violé et tué Emili, elle aurait gagné à être plus resserrrée. Peut-être aussi étais-je un peu fatiguée après 4 heures de film.

Je conseille ce film-diptyque superbement filmé, glaçant, inquiétant, triste (que de vies gâchées). L'interprétation est d'un très bon niveau. Le réalisateur nous fait ressentir l'angoisse et la peur qu'éprouvent les protagonistes. Lire les billets d'Armelle, Chris, Ffred, Dr Orlof et Trillian.

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mercredi 23 mai 2012

I Wish - Hirokazu Kore-Eda / 11 fleurs - Wang Xiaoshuai

Je voudrais évoquer deux films venus d'Asie, ayant comme point commun que les rôles principaux y sont tenus par des enfants.

Tout d'abord, I Wish, du Japonais Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur du sublime Nobody Knows), qui dirige à nouveau des enfants avec talent et délicatesse. Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés par une distance de plus de 500 km après le divorce de leurs parents. Koïchi, l'ainé, vit au sud de l'île avec sa mère et ses grands-parents au pied d'un volcan en activité qui rejette des nuages de cendres. Ryunosuke, le plus jeune, vit avec son père, guitariste de rock un peu bohême, dans le nord de l'île. Koïchi souhaite (wish) que sa famille soit à nouveau réunie. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les deux régions, Koïchi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques copains de classe jusqu’au point de croisement des trains où, dit‐on, il suffit de formuler un souhait pour qu'il se réalise. C'est un très beau film sur l'enfance insouciante malgré le divorce, la séparation et le volcan en éruption. Toute l'histoire se focalise sur ce voyage effectué par des enfants sans qu'aucun adulte ou presque n'intervienne. Je ne vous dirai pas si les souhaits se réalisent ou non, mais peut-être que quelque chose va se passer. J'ai été un peu moins convaincue que pour Nobody Knows et même Still walking. J'ai trouvé le film un peu (trop?) léger. Mais il vaut la peine d'être vu pour ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, qui sait très bien diriger les enfants.

Maintenant, 11 fleurs du Chinois Wang Xiaoshuai, vu grâce au conseil avisé d'Aifelle (qui n'a pas écrit de billet sur ce film) que je remercie. Voici un film dont l'histoire, tirée d'un souvenir du cinéaste, se passe en 1975, un an avant la fin de la "Révolution culturelle" et la mort du grand Timonier Mao Tsé-toung. L'action se situe dans un village ouvrier situé au sud-ouest de la Chine, niché dans un décor magnifique de collines et de rivières Les habitants vivent au rythme des paroles et des chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Wang, un gamin de 11 ans, qui vit entre une mère assez dure et un père féru de peinture impressionniste, est toujours fourré avec une bande de trois copains inséparables. Une belle chemise blanche dont le tissu a été acheté et cousu par sa mère (grâce à des tickets de rationnement) va faire basculer la vie de ce jeune garçon dans le monde des adultes, où il va connaître la violence et le crime. En 1H50, le réalisateur ne fait qu'évoquer la Chine sous Mao, mais on sent que la vie de ces gens est dure, même s'ils ne se révoltent pas: peu d'électricité, rarement de la viande, pas de loisirs. Et l'on voit un homme pleurer car sa fille a été violentée et que son fils est devenu un meurtrier. Tout est décrit par petites touches comme chez les impressionnistes. C'est un film prenant que je vous conseille.

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vendredi 11 mai 2012

Saya Zamouraï - Hitoshi Matsumoto

 

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Le mercredi 9 mai 2012 est sorti à Paris, dans deux salles seulement, Saya Zamouraï d'Hitochi Matsumoto, une tragi-comédie nippone émouvante et plutôt drôle, à l'image de la mimique de clown triste sur le visage de l'acteur (non professionnel), comme vous pouvez le voir sur l'affiche. Au Japon, dans une période indéterminée, Kanjuro Nomi (Takaaki Nomi), un samouraï mutique et sans sabre (le fourreau qu'il porte est vide), erre dans la campagne en compagnie de sa petite fille (qui le rabroue souvent). C'est un veuf inconsolable. Sa tête est mise à prix depuis un certain temps car il refuse de combattre. Capturé par un seigneur rival de son clan, il a 30 jours pour faire sourire le fils dudit seigneur par tous les moyens imaginables. Si, au bout de ce laps de temps, le petit garçon ne rit pas, il devra mourir comme un samouraï en pratiquant le "seppuku". Nomi se donne beaucoup de mal pour dérider le garçonnet, il se transforme même en homme-canon. Il se grime, se maquille, fait des dessins sur son torse et d'autres choses de ce genre, mais en ne prononçant jamais une parole. Au fur et à mesure que le temps passe, il recueille le soutien des villageois qui sont enthousiastes devant les performances de Nomi.

C'est le troisième film du réalisateur, que je ne connaissais pas. Hitoshi Matsumoto a plusieurs cordes à son arc puisqu'il est aussi acteur, humoriste et animateur de spectacles à la télévision japonaise. C'est d'ailleurs lors d'une de ces émissions qu'il a rencontré Takaaki Nomi qui devait faire le clown devant une caméra. Il semblerait que Takaaki Nomi, qui ignorait tout du scénario, n'a su qu'à la fin qu'il tournait un long-métrage. Si vous voulez voir un film bizarre, poétique, humoristique, décalé, et qui se termine avec une chanson, allez le voir. J'espère qu'il sera projeté dans quelques salles en province.

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lundi 5 décembre 2011

Hara-Kiri: mort d'un samouraï - Takashi Miike

Dès le générique de Hara-Kiri: mort d'un samouraï de Takashi Miike (sorti mercredi dernier, 30 novembre 2011), j'ai été subjuguée par la couleur de l'image (dans les tons noirs et rouges), les décors, les costumes, la musique. C'est en lisant quelques bonnes critiques de la part de blogueurs que je me suis décidée à aller voir ce film. Je n'ai en effet pas été déçue. En 1634, dans la cour d'un temple dans lequel vit un chef de clan japonais, un samouraï veut se faire hara-kiri. A partir de là, le film nous raconte comment il en est arrivé à prendre cette décision. Deux mois auparavant, un homme encore jeune est mort suite à un seppuku (suicide ritualisé) par éventration. La lame de son sabre court était faite en bambou. Cette séquence m'a parue éprouvante. L'histoire est un long flash back se passant sur 17 ans (entre 1617 et 1634) de l'histoire d'une famille de samouraï pauvre, un père veuf qui fabrique des ombrelles, sa fille à la sante précaire et un fils adoptif qui épousera la fille. L'histoire assez mélodramatique m'a touchée. Le combat final entre un homme armé d'un sabre en bambou seul face à plusieurs dizaines de samouraïs armés d'acier est exceptionnel. Ce film qui dure 2 heures (que je n'ai pas vu passer) est le remake d'un film homonyme de Masaki Kobayashi datant de 1962, qui vient de ressortir dans une salle à Paris.

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