lundi 11 septembre 2017

Au gré du courant / Quand une femme monte l'escalier / Le grondement de la montagne / Une femme dans la tourmente - Mikio Naruse

A Paris, dans le cadre d'une rétrospective du réalisateur japonais Mikio Naruse commencée cet été avec Nuages épars, j'ai pu découvrir quatre autres films (en noir et blanc) du réalisateur, dont deux vus le même soir. Il serait souhaitable que ces films restés inédits ou presque en France sortent un jour en DVD s'ils ne bénéficient pas d'une programmation en province. Ils vont continuer à être projetés en matinée (au moins une semaine) dans le cinéma parisien où je les ai vus.

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Au gré du courant (1956) se passe dans la maison de geishas de Tsutayako (Otsuta) à Tokyo. Dans cette maison peu prospère, les geishas s'en vont peu à peu. Quand le film commence, Rika, une veuve ayant aussi perdu son fils, devient la bonne de la maisonnée. Elle bénéficie du gîte et du couvert. C'est une personne dévouée qui attire tout de suite la sympathie. Otsuta, la patronne, peine à joindre les deux bouts. Sa fille Katsuyo qui est couturière et qui vit dans la maison, ne souhaite pas prendre la suite. Par ailleurs, Ohama, qui fut l'amie d'Otsuta, informe cette dernière qu'elle est devenue propriétaire des murs. Le lieu deviendra un restaurant. Le film décrit ce que pouvait être une maison de geishas pendant la journée, quand les clients n'étaient pas présents. Une vie routinière avec ses tracas. Le film m'a paru un peu long mais il est à voir.

Quand une femme monte l'escalier (1960) se passe, lui, dans un bar d'un quartier chic de Tokyo où des femmes flattent les hommes en les faisant consommer de l'alcool. Elles ne sont ni des geishas ni des prostituées. Keiko est l'une d'elle. Elle est le personnage central de l'histoire. Surnommée Mama, veuve et encore belle, elle rêve d'ouvrir un bar à elle. Elle a fait voeu de ne jamais se remarier bien qu'elle soit très courtisée. Elle tient un journal dans lequel on sent qu'elle n'aime pas son métier d'hôtesse, mais il faut bien vivre. Le titre se réfère au fait qu'elle doit monter un escalier afin d'entrer dans le bar où elle travaille. C'est un film qui vous envoûte grâce à l'actrice principale, Hideko Takamine (décédée en 2010 à 86 ans), une des actrices fétiches du réalisateur.

Le grondement de la montagne (1954), tiré d'un roman éponyme (paru la même année) de Yasunari Kawabata (1899-1972, prix Nobel de littérature), raconte l'histoire de Kikuko, toute dévouée à ses beaux-parents Shingo et Yasuko, qui de leur côté sont très attachés à elle. Shuichi, son mari volage et nonchalant, la néglige. Il a, par ailleurs, une maîtresse enceinte de ses oeuvres. Un jour, sa belle-soeur, dont le mari est parti, revient vivre chez ses parents avec ses deux enfants. De là, on apprend que Kikuko qui paraît malade est en réalité enceinte. Elle se fait avorter et, quand le film se termine, elle va certainement quitter sa belle-famille. L'actrice principale Setsuko Hara (décédée en 2015 à 95 ans) fut l'actrice de beaucoup de films d'Ozu. Elle est émouvante.

Je termine avec Une femme dans la tourmente (1964), un très beau mélo dans lequel Reiko (de nouveau Hideko Takamine, qui est magnifique), une veuve de guerre, (son mari a été tué six mois après leur mariage), s'occupe très bien toute seule depuis 18 ans du commerce de sa belle-famille. Au début des années 60, le Japon est en pleine mutation avec l'implantation de supermarchés. Les petits commerces comme celui tenu par Reiko sont menacés de disparaître ou de s'adapter car ils ne sont pas concurrentiels au niveau des prix. Les deux belle-soeurs de Reiko aimeraient que cette dernière refasse sa vie, qu'elle renonce à diriger le magasin pour qu'elle leur laisse le champ libre afin de transformer la boutique en supermarché. En revanche, Koji, le beau-frère de Reiko, il a 12 ans de moins qu'elle, ne veut pas qu'elle parte. On apprend pourquoi. Reiko cette femme admirable est pratiquement de tous les plans du film. Il n'y a pas un plan en trop. Un très grand film.

Avec ses films, Naruse brosse de très beaux portraits de femmes et c'est un cinéaste à découvrir.

Il faut noter que la cinémathèque de Bruxelles fait une rétrospective de l'oeuvre de Naruse en septembre et octobre 2017. Lire le billet de Chez sentinelle.

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dimanche 23 juillet 2017

Nuages épars - Mikio Naruse

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Avant de rechroniquer des films récents plus ou moins emballants,  je vous conseille absolument Nuages épars de Mikio Naruse (1905-1969). Nuages épars qui date de 1967 est le dernier long-métrage tourné par le réalisateur japonais aux presque 100 films dont beaucoup ont disparu. Il était resté inédit en France (et ailleurs en Europe sauf dans quelques festivals). Il vient de sortir en version restaurée dans 5 ou 6 salles à Paris le 19 juillet 2017. Nuages épars est un beau mélo comme on n'en fait plus, peut-être plus subtil que certains films de Douglas Sirk (c'est dire). C'est tout ce que j'aime au cinéma. L'image couleur est splendide et l'histoire m'a touchée.

Yumiko doit accompagner son mari fraîchement promu à Washington. Peu de jours avant le départ, le mari de Yumiko est renversé par une voiture. Il meurt sur le coup. Le chauffard, Shiro Mishima, reconnu innocent, tombe amoureux de Yumiko. On le comprend, Yumiko est une très jolie femme et lui n'est pas mal non plus. Pendant presque 1H30, on voit ce couple qui se croise et se sépare. Yumiko ne pardonne pas à Shiro. Lui l'aide financièrement. A force, Yumiko ressent quelque chose pour lui, à son corps défendant. Une grande partie de leur histoire se passe dans le nord du Japon vers le lac Tazawa. J'ai adoré ce film. J'espère qu'il sera projeté dans quelques villes de province.

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mardi 20 juin 2017

Creepy - Kiyoshi Kurosawa / La momie - Alex Kurtzman

Samedi soir le 17 juin, dans ma province limogeaude, je suis allée voir Creepy du réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa dans l'une des trois salles "art et essais" de la ville. C'était à la séance de 22H15 et nous étions 3 (trois) spectatrices, moi comprise. J'avoue que c'est dommage qu'il n'y ait pas eu plus de monde car ce film très réussi est "creepy" (qui fait frissonner) à souhait. Takakura, la trentaine, un ancien policier devenu professeur en criminologie, s'installe avec sa femme Yasuko et leur chien Max (une grosse bête poilue) dans un petit pavillon dans la banlieue de Tokyo. Yasuko, très bonne cuisinière, fait la connaissance de ses voisins et en particulier de Nishino et sa fille Mio. Nishino avec son visage de clown grimaçant ou souriant, c'est selon, paraît assez vite étrange et inquiétant tant par ses remarques que par son comportement. Les jours passent, Nishino apprivoise Max, pendant que Yasuko, souvent seule semble perturbée par des coups de fil mystérieux. Elle devient apathique. Pendant ce temps, Takakura, consulté par d'anciens collègues, enquête sur la disparition survenue six ans auparavant d'un couple et d'une famille de trois personnes (un père, une mère et leur fils). Takakura interroge la fille de cette famille. Elle est encore traumatisée si longtemps après. Les choses s'accélèrent, et on découvre un psychopathe sans pitié qui sort de l'ombre, une incarnation du mal qui manipule ses victimes (et les autres) par la pensée et en fait des tueurs. Je ne peux rien révéler de plus. On a de plus en plus peur. Le film dure 1H51. J'ai été captivée de bout en bout. J'espère que les deux autres spectatrices ont autant que moi apprécié le film. Lire le billet de l'Arroseurarrose.

Je passe maintenant à un film qui m'a déçue: le nouveau Tom Cruise, qui doit affronter la Momie: une jeune princesse, Ahmaneth, qui, il y a plus de 2000 ans, apprenant qu'elle ne pourra pas régner sur l'Egypte, s'est s'adonnée au culte de Seth, incarnation du mal. Momifiée vivante, Amaneth fut mise dans un sarcophage enterré en Mésopotamie (Irak) à plus de 2000 km des terres égyptiennes. De nos jours, Tom Cruise et un acolyte sont des pilleurs de tombes. Ils dérobent des reliques et les revendent. Bien entendu, Amaneth va renaître par-delà le temps, et jeter son dévolu sur Tom pour en faire son alter ego et lui donner la vie éternelle. C'est compter sans Dr Jekill (Russell Crowe, impayable), qui fait la chasse aux forces du mal. Ce film est bourré d'effets spéciaux (certains spectaculaires), mais j'ai trouvé que l'histoire était "du grand n'importe quoi" avec des zombies et quelques templiers plus très frais. Vraiment pas terrible. Lire le billet de Pascale.

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mercredi 3 mai 2017

Après la tempête - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Still walking, I Wish, Tel père tel fils, et Notre petite soeur, voici le sixième film que je vois du réalisateur japonais. Après la tempête m'a bien réconciliée avec Hirokazu Kore-Eda car j'avais eu un sentiment mitigé à propos de I Wish et Notre petite soeur. Dès les premières images, j'ai su que j'allais aimer le film. Ryôta (Hiroshi Abe), la quarantaine, père divorcé, travaille dans une agence de détectives privés. Il n'arrête pas d'emprunter de l'argent à droite et à gauche, même à ses collègues. Il triche, il ment mais il a un côté irrésistible. Joueur invétéré, il perd de grosses sommes et n'arrive donc pas à payer la pension alimentaire qu'il doit à sa femme Kyôko, qui élève leur fils âgé d'une dizaine d'années. Avant d'être détective privé, Ryôta  a écrit un roman quinze ans auparavant, mais rien depuis, par manque d'inspiration? Par paresse? Toujours est-il que son éditeur lui propose d'écrire un texte de manga sans que cela enthousiasme Ryôta plus que cela. Ryôta est un père plutôt absent, comme le fut son propre père décédé tout récemment. En revanche, sa mère, encore en vie, est une sacrée personnalité. Un typhon, phénomène météorologique fréquent dans certaines régions du Japon, va peut-être contribuer à un rapprochement entre Ryôta et Kyôko. En tout cas, c'est ce que souhaite ardemment la grand-mère Shinoda Yoshiko. Le rythme est lent mais pas trop. Je n'ai pas vu passer les deux heures que dure le film. Mon personnage préféré est celui de la grand-mère (Karin Kiki). C'est l'actrice qui jouait dans Les délices de Tokyo et Still walking. Il faut noter que le réalisateur est fidèle à certains de ses acteurs.

Lire le billet de Pascale.

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samedi 14 janvier 2017

Harmonium - Koji Fukada

Harmonium qui a été beaucoup apprécié par Chris est un film japonais de Koji Fukada (un réalisateur que je ne connaissais pas). l'harmonium renvoie à l'instrument de musique dont joue Hotaru, la fille de Akie et Toshio. Dans une petite ville japonaise, de nos jours, Toshio, Akie et Hotaru mènent une vie relativement morne. Toshio, un homme mutique, travaille dans un atelier de métallerie qui jouxte la maison d'habitation. Sa femme Akie suit de près l'éducation de leur fille et en particulier l'aide pour jouer de l'harmonium. Jusqu'au jour où Yasaka, en pantalon noir et chemise blanche, se présente dans l'atelier. Il ne sait pas où aller. On comprend tout de suite que Yasaka et Toshio se connaissent. Ils partagent un lourd secret. Yasaka, qui est logé et nourri, selon la volonté de Toshio, devient un intime de la famille jusqu'à ce qu'une tragédie survienne. Huit ans plus tard, Toshio est devenu plus loquace, alors que sa femme, rongée par le remord, souffre de "TOC" (trouble obsessionnel compulsif). Quant à Hotaru, elle est devenue gravement handicapée. Il y a beaucoup de précision dans la réalisation. Les comédiens sont bien, mais j'avoue avoir été frustrée par la toute fin. Néanmoins, dans son ensemble, Harmonium constitue un film à voir. Il a reçu le prix du jury de la section "Un certain regard" au Festival International du film de Cannes en 2016. Lire aussi le billet d'Alex-6.

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vendredi 29 janvier 2016

Les délices de Tokyo - Noami Kawase

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Parmi les nombreuses sorties de films du mercredi 27 février 2016, je pensais à l'origine chroniquer Spotlight de Tom McCarthy, vu dès le mercredi soir; et puis non, je préfère faire un billet sur Les délices de Tokyo de Noami Kawase, un film sorti le même jour et qui m'a énormément plu et émue. Sentaro, un homme dans la quarantaine, sans famille, est le gérant d'une petite boutique dans un coin de jardin public à Tokyo. Là, tous les jours, il fait cuire et il vend des dorayakis: des pancakes fourrés à la pâte de haricots rouges confits. Autant il réussit les pancakes, autant il n'est pas vraiment satisfait de sa fabrication du "AN", la fameuse pâte de haricots rouges confits. Un jour, Tokue, une vieille dame de 75 ans qui se promène aux alentours, lui propose son aide et lui demande de l'embaucher. Elle lui laisse du AN de sa fabrication pour le convaincre. Pour Sentaro, cette mixture est une révélation. Il dit qu'il n'a jamais mangé quelque chose d'aussi bon. Dès que Tokue est embauchée, on assiste aux différentes étapes de la cuisson des haricots rouge qui ressemblent à de grosses baies. Tokue avec ses mains difformes (on apprend assez vite de quoi elle a souffert) parle aux haricots pendant qu'ils cuisent (elle parle aussi à la lune). Je ne vous en dirai pas plus sur Tokue et Sentaro. Je vous conseille vivement d'aller voir ce film reposant où l'on voit des cerisiers en fleurs. Et j'avoue qu'en dehors des sushis, sashimis, makis et autres brochettes, je ne connaissais rien à la cuisine japonaise. Je suis contente d'avoir donc découvert, même par écran interposé, une spécialité nippone qui paraît délicieuse.

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mardi 10 novembre 2015

Films vus et non commentés en septembre et octobre 2015

Notre petite soeur de Hirokazu Kore-Eda se concentre sur quelques semaines de la vie de trois soeurs âgée de 19 à 29 ans. Elles habitent ensemble dans une grande maison au Japon. Cela fait longtemps que leur mère, qui vit à Sapporo (une petite ville au bord de la mer), les a laissées se débrouiller seules. Comme elles travaillent toutes les trois, elles sont financièrement autonomes. Quand le film commence, les trois soeurs assistent aux funérailles de leur père, qui avait quitté sa femme et ses filles quinze ans auparavant et ne les avait plus jamais revues depuis. C'est lors de cette cérémonie que les trois soeurs font la connaissance de leur jeune demi-soeur de 15 ans, Suzu. Elles l'invitent à vivre désormais avec elles. J'avoue m'être un peu ennuyée pendant la projection de ce film qui dure 2H06. Il ne se passe pas grand-chose même s'il n'est pas contemplatif. Il n'y a pas de fulgurance, sauf à un moment où les quatre soeurs poussent un cri à l'unisson. L'histoire se déroule calmement, même quand la maman des trois soeurs fait une apparition. Peut-être ai-je été aussi perturbée par ma voisine de siège qui s'est endormie au bout de dix minutes de projection... Je m'attendais à autre chose du réalisateur de Nobody knows. Lire le billet de Yuko et celui très complet d'Alain.

Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore raconte une histoire surprenante, à la limite du fantastique. De nos jours, en Afghanistan, dans un poste de contrôle, un chien, puis trois soldats français disparaissent. Ils se sont comme évaporés. Le reste du groupe a des réactions de peur ou d'interrogation sur ce qu'ils sont devenus. Du côté des Afghans, certains d'entre eux, habitant le village voisin, ont aussi disparu sans laisser de trace. Une sorte d'union se fait entre les deux camps pour savoir ce qu'il s'est passé. J'avoue que mon esprit cartésien a été frustré par la fin. Je n'ai pas entièrement adhéré à cette histoire. Lire le billet très enthousiaste de Chris.

Régression d'Alejandro Amenabar se passe dans le Minnesota aux Etats-Unis en 1990. L'histoire est basée sur des faits réels. Une vague de satanisme sévit dans la région. Angela Gray (Emma Watson) accuse son père, John, d'avoir abusé d'elle lors de messes noires. John, alcoolique, avoue les faits mais ne se souvient de rien. L'inspecteur Bruce Kenner (Ethan Hawke), aidé d'un psychologue, mène une enquête difficile, qui lui donne des hallucinations au sens propre du terme. Si vous avez aimé Les autres du même réalisateur, n'allez pas voir ce film, qui manque souvent de subtilité dans les effets spéciaux et dont l'intrigue est emberlificotée. On se dit à la fin "tout ça pour ça", c'est-à-dire pas grand-chose. Lire le billet de Tinakiller.

Le labyrinthe: la terre brûlée de Wes Ball est la suite du Labyrinthe que j'avais aimé. Dans Le Labyrinthe: La Terre brûlée, Thomas et quelques autres s'échappent d'un lieu sinistre où sont menées des expériences médicales. Ce lieu appartient à la puissante organisation appelé Wicked. Wicked est dirigée par une scientifique Ava Paige, une femme froide, pas sympathique, qui n'a aucun état d'âme. Thomas et les autres se retrouvent dans un paysage désolé, desséché par le soleil. Ils vont devoir faire face à des êtres humains qui ont muté à cause d'un virus très contagieux. Des hommes de main de Wicked poursuivent les jeunes fugitifs. Le film n'est qu'une longue course poursuite assez haletante mais un peu monotone à la fin. J'attends néanmoins la suite (Le remède mortel dont la sortie est prévue en 2017). En effet, ce second volet se termine sur un suspense insoutenable, si je puis dire. Lire le billet de Rock07 (Roland).

Prémonitions d'Alfonson Poyart est un film produit et interprété par Anthony Hopkins. Son rôle y est celui d'un médium qui est engagé par le FBI pour trouver un "serial killer". Sans dévoiler le noeud de l'intrigue, je dirai que le point commun des victimes du tueur était qu'elles étaient tous des morts en sursis. Je suis allée voir ce film car j'avais vu que Colin Farrell (un acteur que j'apprécie) était au générique. J'ai été déçue de constater qu'il apparaît tard et très peu à l'écran. Un film regardable mais pas indispensable. Lire le billet de 100drine.

jeudi 8 octobre 2015

Vers l'autre rive - Kiyoshi Kurosawa

Un matin, chez elle, Mizuki constate que son mari Yusuke disparu trois ans auparavant est devant elle. Elle venait de préparer sans y faire attention un plat que Yuzuke aimait. Sans être étonnée outre mesure, la première chose qu'elle lui demande, c'est de retirer ses chaussures pour marcher sur le parquet, puis pourquoi il a été absent depuis si longtemps. Il lui explique qu'il est mort par noyade et que son corps a été dévoré par des crabes. Ceci étant établi, il propose à Mizuki de partir avec lui à la rencontre de ceux qu'il a croisés pendant ces trois années. Après un court séjour chez un distributeur de prospectus (un décédé lui aussi), ils vont séjourner chez un couple de restaurateurs bien vivants puis rejoignent un village où Yusuke a donné des cours d'astro-physique. Pendant ce périple, Mizuki et Yusuke vont à nouveau se rapprocher, même si c'est temporaire. Le ton du film n'est pas triste du tout. La mise en scène est importante quant à la façon dont apparaissent et disparaissent les personnages. En tant que spectatrice, je n'ai pas été perturbée par ces rencontres entre morts et vivants, on ne fait pas la différence. Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa (Shokuzaï et Tokyo Sonata) a reçu un prix de la mise en scène bien mérité dans la section "Un certain regard" lors du dernier festival de Cannes (2015). En revanche, je n'ai pas été très émue par cette histoire, même si les acteurs sont bien. Je suis restée "en dehors".

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samedi 4 janvier 2014

Tel père, tel fils - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Still walking et I wish, voici Tel père, tel fils du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda. Ce film qui a reçu le prix du Jury au dernier festival de Cannes en 2013 est sorti le 25 décembre 2013. L'histoire reprend largement l'argument de La vie est un long fleuve tranquille réalisé par Etienne Chatiliez (1988). Ryoata, la quarantaine, est un architecte qui se consacre entièrement à son travail. Il forme, avec sa femme et son fils unique Keita, une famille presque idéale qui vit dans l'opulence. Ryoata n'est pas très présent pour son fils, un enfant calme. Heureusement que ce dernier sait s'occuper tout seul. La sérénité de cette famille est mise à mal quand ils apprennent par la direction de l'hôpital où est né leur fils que Keita n'est pas leur fils biologique et qu'il y a eu un échange de bébés à la naissance. Ils font la connaissance de Ryusei, leur enfant biologique, qui est élevé dans une famille plus modeste. Cette famille est composée de trois enfants (Ryusei étant l'aîné), très épanouis grâce à un père qui s'occupe beaucoup d'eux. Je dois dire que ce film de 2H00 est superbe et émouvant. Une fois de plus, le réalisateur montre qu'il sait très bien diriger les enfants et on ne sent aucune mièvrerie. Ce qui est terrible dans l'histoire, c'est que du jour au lendemain, des parents sont censés rendre un enfant dont ils se sont occupés pendant des années, et par là même deux garçonnets de 6 ans se retrouvent désemparés devant cette situation. En effet, pour quelle raison changer de père et mère? Ruysei, par exemple, n'arrête pas de demander "pourquoi?" à son "vrai" père. La fin de l'histoire m'a paru logique et la mieux pour tout le monde. Très beau film qui me fait bien démarrer l'année. Lire le billet de Leunamme.

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jeudi 27 juin 2013

Le fils unique - Yasujiro Ozu

Quoi de neuf comme sortie "cinéma"? Et bien je viens d'aller voir Le fils unique de Yasujiro Ozu (1903-1963), un "vieux" film en noir et blanc de 1936 resté inédit en France. Ce fut le premier film parlant du réalisateur du Goût du saké. L'image et le son (malgré la restauration) crachottent beaucoup mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce film. Comme souvent dans les films d'Ozu, la caméra est à hauteur du sol. Le film débute par une citation: "Le drame de la vie commence avec le lien entre parents et enfants". Dans le Japon d'avant-guerre, Ozu nous raconte une histoire simple, celle d'une veuve, ouvrière dans une filature de soie, et de son fils (âgé de 15 an au début). En 1923, cette femme, qui vit dans une province du centre du Japon, vend tout ce qu'elle possède afin que son fils aille au lycée. Elle veut qu'il réussisse dans la vie et qu'il ne tombe pas dans la misère comme elle. Pourtant, treize plus tard, en 1936, rendant visite à son fils qui vit à Tokyo, elle se rend compte qu'il mène à son tour une vie assez misérable avec sa femme et son fils âgé de quelques mois. A 28 ans, il travaille comme "demi-prof" dans un collège et gagne très peu. Il souffre de cette situation. Le couple vit dans une masure d'un lotissement au milieu d'un terrain vague. Ozu nous décrit les dures conditions de vie de ces gens humbles. Mais il n'y aucun misérabilisme. Je vous conseille d'aller voir ce film s'il ressort en province. A Paris, il se donne dans 2 salles.

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