dimanche 19 mai 2019

Astrid - Pernille Fischer Christensen / The reports on Sarah and Saleem - Muayad Alayan

Alors que le Festival de Cannes bat son plein, il y a encore quelques films à l'affiche qu'il ne faudrait pas rater. J'espère qu'ils sont sortis dans toute la France.

Je ne connaissais rien de la vie de l'écrivain suédois qui créa le personnage de "Fifi Brindacier". L'erreur semble réparée avec Astrid (Lindgren), un joli film qui se passe dans les années 20. Agée de 16 ou 17 ans, Astrid (1907-2002) a grandi dans une famille aimante dans la campagne suédoise à Vimmerby. Elle est engagée comme secrétaire dans le journal local auprès du père d'une ses amies. Elle le séduit et tombe enceinte. Lui est encore marié (bien que séparé de sa femme) et père de sept enfants. Il promet à Astrid de se marier avec elle dès qu'il sera divorcé. Bien entendu, cela ne se fera pas. Astrid accouche d'un petit garçon au Danemark voisin et elle le confie à une nourrice. Le fait d'être "fille-mère" était inconcevable la région où elle vivait. Elle n'aura de cesse de récupérer son fils, Lasse. La narration est classique. L'actrice qui interprète Astrid est très bien. J'ai passé un très bon moment. Et on ne peut que "craquer" devant le petit garçon.

Je passe à un film palestinien prenant: The reports on Sarah and Saleem. Sarah est israélienne, mariée à un militaire et mère d'une petite fille. Elle est gérante d'un bar qui a des difficultés financières. C'est là qu'elle a rencontré Saleem, un Palestinien qui est livreur. Il est marié avec Bisan, une jeune femme encore étudiante qui attend leur premier enfant. Quand le film démarre, on voit Sarah et Saleem faire l'amour dans la camionnette de Saleem. Ils se rencontrent régulièrement. Un jour, Sarah accompagne Saleem à Béthléem en Cisjordanie et les ennuis commencent. Je ne vous en dirai pas plus, à part que les deux couples n'en sortiront pas indemnes,pour des raisons différentes. J'ai trouvé le film passionnant avec des acteurs remarquables. Un film de plus de deux heures que je n'ai pas vues passer.

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jeudi 8 mars 2018

Wajib, L'invitation au mariage - Annemarie Jacir / Lady Bird - Greta Gerwig

Voici deux films réalisés par des femmes. Ces deux films plutôt modestes sont très réussis. Je vous les recommande.

Je commence par Wajib, l'invitation au mariage (Miriam en dit beaucoup de bien) de la Palestinienne Annemarie Jacir. En Palestine, à Nazareth, Abu Shadi et Shadi, un père et son fils,partent en voiture distribuer l'invitation au mariage d'Amal, la fille du premier et la soeur du second. C'est une tradition dans cette région. Plutôt que de l'envoyer par la Poste, on la livre à domicile. Pendant des années, Abu Shadi, un professeur à la retraite, a élevé seul ses deux enfants, sa femme l'ayant quitté pour un autre. Shadi, son fils devenu architecte, vit désormais à Rome avec une italienne. Il est revenu exprès pour le mariage de sa soeur. Dans son pantalon rouge et ses cheveux en catogan, il détonne un peu dans le décor. Lui et son père discutent de choses et d'autre. Dans leur parcours en voiture, on constate que les ordures ne sont pas toujours ramassées dans les rues; et de même, les façades de certaines maisons sont défigurées par des bâches plastiques. La mère qui vit désormais aux Etats-Unis a aussi promis de venir. Les deux hommes passent d'une maison à l'autre jusqu'au coup de théâtre final au moment où Abu Shadi se confronte à son fils. C'est un dialogue très fort. Les deux acteurs principaux qui sont palestiniens, Mohammad et Saleh Bakri, père et fils dans la vie sont excellents. J'avais beaucoup apprécié Saleh Bakri dans Salvo (2013), Girafada (2013) et La visite de la fanfare (2007) dans lequel joue aussi son père.

Je passe à Lady Bird de l'actrice et maintenant réalisatrice Greta Gerwig. Pour son premier film dont elle a aussi écrit le scénario, il semble qu'elle se soit plus ou moins inspirée de sa propre jeunesse. A Sacramento, en 2002, Christine McPherson, presque 18 ans, qui se fait appeler Lady Bird, vit des moments difficiles entre sa mère, infirmière protectrice envers elle, son père qui vient de faire licencier de sa boîte, et le fait que Sacramento, elle en a "ras le bol". Elle rêve d'entrer dans une grande université sur la côte Est. Pour les nuls en géographie, Sacramento est la capitale de la Californie. J'ai aimé le ton du film pas niais du tout. C'est léger et tendre. Greta Gerwig: une réalisatrice prometteuse. Un joli film que Valérie et le Bison ont bien apprécié aussi.

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mercredi 23 septembre 2009

Le temps qu'il reste - Elia Suleiman

Grand oublié du palmarès de Cannes cette année, Le temps qu'il reste du réalisateur palestinien Elia Suleiman (film dont j'ai lu de bonnes critiques chez Yohan et Dr Orlof) est à voir pour tous les moments de poésie auxquels nous assistons ainsi que la mise en scène: Elia Suleiman sait placer sa caméra et a le sens du cadre. Il y a peu de dialogues mais tout est compréhensible et intelligible. Le film retrace la vie des parents d'E.S. (son nom dans le film) et de quelques personnages hauts en couleur dont un homme qui veut à tout prix se suicider. Elia Suleiman s'est inspiré de carnets qu'a laissés son père. Tout se passe à Nazareth de 1948 à nos jours, avec quelques années mises en exergue où l'on assiste à la cohabitation plus ou moins tendue entre Palestiniens et Israéliens. Je retiens quelques scènes, dont l'homme au téléphone portable en ligne de mire d'un char, des jeunes qui malgré l'appel au couvre-feu continuent de danser dans un appartement très éclairé (et rien ne se passe), celle d'une institutrice qui détourne l'attention de jeunes écoliers quand deux acteurs s'embrassent lors d'une scène dans une projection de cinéma. Il n'y pas d'histoire mais plutôt des instants de vie. Après Intervention divine (2002) qui ne m'avait pas convaincue, je ne peux que vous recommander Le temps qu'il reste.

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