dimanche 24 février 2019

La Chute de l'Empire américain - Denys Arcand / Cérémonie des Césars / Disparition de Stanley Donen

Comme pour le film d'Ozon, j'ai eu l'occasion de voir en avant-première La chute de l'Empire américain du québécois Denys Arcand. 15 ans après Les invasions barbares et 33 ans après Le déclin de l'Empire américain, La chute de l'Empire américain clôt en beauté cette trilogie. Ce nouveau film de Denys Arcand est une comédie policière mâtinée de satire politique. Pierre-Paul, titulaire d'un doctorat en philosophie, est chauffeur livreur à Montréal. Dans un café, il est en train de rompre avec sa petite amie en lui affirmant que les gens intelligents (comme lui) sont handicapés pour réussir. Il est complètement désabusé jusqu'à ce que des sacs pleins de billets de banque se retrouvent à ses pieds. Cela fait suite à un braquage auquel, il a assisté fortuitement, qui a mal tourné. Pierre-Paul, très pragmatique et n'hésitant pas beaucoup, s'empare des sacs. Il ne trouve rien de mieux à faire que de dépenser quelques billets pour louer les services d'une call-girl de luxe (la plus chère de Montréal), appelée Aspasie (comme la prostituée amie de Socrate et Périclès). La police mène l'enquête sur ce braquage. Pierre-Paul est décidé à se débarrasser de l'argent avec l'aide d'un ex-taulard qui a pris des cours de droit et de gestion sur l'évasion fiscale. Il y a plein de rebondissements que je ne vous révélerai pas. Malgré quelques scènes un peu violentes, l'ensemble est souvent drôle et les personnages principaux sont attachants. Pierre-Paul et Aspasie, qui se révèle une fille épatante, aident quelques SDF avec l'argent trouvé. La partie montrant comment on peut "blanchir" de l'argent sale grâce à un circuit rôdé, un peu compliqué (car il implique pas mal de personnes), est à ce titre instructif. Le film se termine sur des visages de SDF que l'on croise à Montréal, des Inuits et des Indiens du Canada. C'est brutal mais frappant. Un très bon film que je vous recommande. J'avais des appréhensions sur l'accent québécois. Et bien, j'ai tout compris.

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Je n'avais pas vu la cérémonie des Césars depuis plusieurs années, alors j'y ai jeté un oeil. Bien mal m'en a pris, j'aurais mieux fait de regarder autre chose. La cérémonie a duré 3h10, le spectacle fut affligeant. Kad Merad (le maître de cérémonie), faisait ce qu'il pouvait. Le pauvre Robert Redford à qui on rendait hommage et à qui on a remis un César d'honneur, avait l'air de souffrir. D'ailleurs, tous les hommages aux morts et à Robert étaient nullissimes. Les gags tombaient à plat. En revanche, j'ai trouvé le palmarès honorable (Le grand bain de Gilles Lellouche n'a reçu qu'un César, ouf, tant mieux!). Jusqu'à la garde et Les Frères Sisters ont reçu 4 Césars chacun : c'est totalement justifié. Et il n'y a eu personne pour prendre le César du meilleur film étranger, le film japonais de Kore-Eda (sans commentaire...).

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Une autre mauvaise nouvelle: j'ai appris la disparition, hier, 23 février 2019, de Stanley Donen, à l'âge vénérable de 94 ans. Pour ceux qui l'ont oublié, il fut le réalisateur de Chantons sous la pluie (1952), Funny Face (1957), Charade (1963), Indiscret (1958), Arabesque (1966), Voyage à deux (1967), L'herbe est plus verte (1960).

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jeudi 19 mai 2016

La passion d'Augustine - Léa Pool

Grâce à Sylire que je remercie encore, j'ai vu La passion d'Augustine de Léa Pool, un très bon film québécois sorti dans très peu de salles et qui ne rencontre pas le succès qu'il mérite. Il faut dire que, sur le papier, le sujet peut rebuter plus d'un spectateur et c'est bien dommage. Nous sommes dans les années 60, Vatican II va bientôt se terminer. Dans la province de Québec, Soeur Augustine (née Simone Beaulieu), la quarantaine, ancienne concertiste de talent, est la mère supérieure d'un internat religieux de filles, qui met en avant l'étude de la musique chantée et jouée. La musique sous toutes ses formes constitue la passion de Soeur Augustine, qui dirige l'école avec fermeté et douceur. L'école remporte depuis longtemps des prix de piano dans les concours de la province. Un jour, Soeur Augustine accepte comme élève sa nièce Alice Champagne, car la maman d'Alice a des problèmes de santé et ne peut plus s'en occuper. Alice se révèle une pianiste prodige mais manquant de discipline. Pendant ce temps, les choses changent au Québec: les écoles religieuses (en premier lieu celles des filles) sont menacées de fermeture car on nationalise l'enseignement. Une très belle scène montre la transformation vestimentaire des soeurs qui quittent leurs habits de nonne et se mettent à porter jupe, corsage et bas avec une simple croix en guise de broche. Et ce film donne l'occasion d'écouter du Chopin divinement interprété par Lysandre Menard (Alice) qui est pianiste dans la vie. Si le film passe par chez vous, allez le voir.

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mardi 25 novembre 2014

Mommy - Xavier Dolan

Je me suis enfin décidée à aller voir ce film couronné du prix du jury ex-aequo (avec le film de J.-L. Godard) au dernier Festival international du film de Cannes. Mommy de Xavier Dolan (Maman en VF) est en effet l'histoire d'une maman, Diane, complètement dépassée par le comportement de son fils, Steve, un garçon de 15 ou 16 ans, hyperactif, violent, incontrôlable, qui alterne les "hauts" et les "bas". Diane est veuve depuis 3 ans et elle galère pour trouver un travail. car elle vient d'être renvoyée de chez son dernier employeur. Steve, responsable d'un incendie dans l'institution où il suivait un traitement, doit revenir auprès d'elle. En face de chez eux vit Kyla, entourée de son mari et de sa fille. Elle ne se remet pas du deuil d'un enfant. Les problèmes d'élocution qu'elle a développés ne l'empêchent pas de donner des cours du soir à Steve pour qui elle s'est pris d'affection. Le film tourné en format carré, qui dure 2H15, n'est pas exempt d'affèterie et de maladresses (la dernière séquence peut paraître de trop). Mais je l'ai aimé (beaucoup) pour le formidable trio de comédiens composés d'Anne Dorval (Diane) - elle crève l'écran -, Suzanne Clément (Kyla) et Antoine-Olivier Pilon (Steve). Malgré un sujet très dur et des séquences éprouvantes (et je ne l'ai pas trouvé trop hystérique grâce au talent des acteurs), le film comporte de très belles scènes comme celle où Diane, Kyla et Steve dansent sur une chanson de J.-J. Goldman chantée par Céline Dion. Des trois films de Xavier Dolan (25 ans) que j'ai vus, c'est celui que j'ai préféré (et de loin).

Lire les billets d'Alex-6, Chez sentinelle, matchingpoints, Colette, Kathel, Tinalakiller, Wilyrah, Chris, Mior et Pierre D.

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dimanche 20 avril 2014

The best offer - Giuseppe Tornatore / Tom à la ferme - Xavier Dolan

Voici deux films vus pendant ce week-end de Pâques 2014.

Je voudrais d'abord évoquer The best offer du réalisateur italien Giuseppe Tornatore qui a aussi écrit le scénario. Il semble que ce film n'a pas eu beaucoup d'échos dans la presse bien qu'il soit sorti dans pas mal de salles (à Paris et ailleurs). Le héros de l'histoire que j'ai trouvé cruelle et tragique s'appelle Virgil Oldman, la cinquantaine finissante et célibataire endurci. Commissaire-priseur réputé et lui-même riche collectionneur de tableaux (des portraits de femme), il tombe amoureux d'une femme, Claire Ibbetson, qui lui demande d'expertiser et de vendre divers biens plus ou moins précieux entreposés dans une demeure à l'abandon. C'est dans une aile de cette maison qui tombe en ruine que Claire, souffrant d'agoraphobie, vit recluse. Pendant longtemps, il n'y aura que des échanges téléphoniques entre Virgil et Claire. J'ai aimé l'atmosphère délétère qui se dégage de ce film (peut-être un peu long: 2H10). Goeffrey Rush qui interprète Virgil est remarquable jusqu'au bout. J'ai eu de la peine pour le personnage de Virgil (il ne méritait vraiment pas ce qui lui arrive), mais je ne vous dirais pas quoi ni pourquoi, ne voulant pas trop dévoiler de l'histoire dans laquelle un automate datant du XVIIIème siècle fabriqué par Jacques Vaucanson a un rôle à part. J'ai trouvé la musique du film écrite par Ennio Morricone très belle. Un film que je vous conseille.

Maintenant je passe à Tom à la ferme du Québécois Xavier Dolan (il est âgé de 25 ans) qui joue aussi le rôle principal de Tom. Venant de Montréal, Tom arrive à la ferme de la mère et du frère de Guillaume qui a été son petit ami. Guillaume vient de mourir et Tom vient assister à l'enterrement. Agathe, la mère de Guillaume, ignore que son fils était homosexuel. En revanche, Francis, le frère de Guillaume, le savait, et il commence à le faire payer très cher à Tom en le martyrisant. Car, dans cette province québécoise, l'homosexualité semble un sujet tabou. Francis est un "pauvre type" peu sûr de lui et violent. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre le personnage de Tom qui change d'attitude d'un plan à l'autre. Il ne sait pas ce qu'il veut ou pas. Je ne comprends pas pourquoi il se laisse humilier et frapper par Francis. Psychologiquement, ce personnage est un mystère. A part ça, j'aurais aimé que l'on voit davantage Agathe (la mère) et Sarah, une amie de Tom et Guillaume qui apporte de la fraîcheur. Sans avoir aimé tout à fait Tom à la ferme, je le conseillerais tout de même car il y a de beaux moments, dont la séquence d'ouverture avec en fond sonore l'interprétation a cappella de Les moulins de mon coeur de Michel Legrand. Lire les billets d'Alex-6 et ffred.

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dimanche 15 décembre 2013

Le démantèlement - Sébastien Pilote

je vous conseille de ne pas louper Le démantèlement, film québécois de Sébastien Pilote, s'il passe par chez vous. Gabriel (Gaby) Bouchard, un "niaiseux" de 63 ans - comme le surnome un voisin -, vit de l'élevage d'agneaux et brebis depuis 40 ans. Il est le seul des trois frères Bouchard à s'être occupé du très conséquent domaine. En effet, en plus de la bergerie, il possède beaucoup de terrain, une grande remise et une très belle maison, dans laquelle il vit seul, séparé de sa femme depuis plus de vingt ans. Père de deux filles, il ne les voit que très rarement: l'une, Marie, est mère de famille, et l'autre, Frédérique, est actrice de théâtre et se produit à Montréal. Et Gaby prouve qu'il aime ses filles en prenant une décision radicale: vendre tout afin que sa fille Marie (qui lui annonce qu'elle se sépare de son mari) puisse rembourser ses dettes. Gaby va démanteler son domaine en vendant tout aux enchères. Avant d'en arriver là, il recherche un appartement, essaie de renouer avec sa femme, tient tête à ses deux frères, essaie de se débarrasser de son chien (moi j'en avais le coeur serré). Gaby est un brave homme qui veut que ses filles soient heureuses, c'est tout ce qui compte. Je suis sortie assez remuée par ce film d'autant plus que Gabriel Arcand (le frère du réalisateur Denys Arcand), qui interprète Gaby et qui a l'âge du rôle, est vraiment très bien. Il joue avec une grande sobriété. Donc, je le redis, je vous conseille ce film.

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mercredi 3 octobre 2012

Monsieur Lazhar - Philippe Falardeau / Cherchez Hortense - Pascal Bonitzer

Comme je l'avais écrit dans mon billet "pause", je reviens sur deux films vus il y a un mois, - même si la "rentrée" des enseignants est déjà loin aujourd'hui.

D'abord Monsieur Lazhar d'un réalisateur québecois, Philippe Falardeau. Dans un collège à Montréal, Bachir Lazhar (arrivé d'on ne sait d'où) propose de remplacer, au pied levé, une jeune femme professeur qui s'est pendue dans sa salle de classe. Bachir Lazhar (formidable Fellag) se fait accepter par des élèves plus ou moins traumatisés, car c'est un bon professeur (j'aurais adoré avoir un prof comme lui). Mais Bachir n'est pas celui que l'on croit... Des secrets douloureux nous sont révélés. Les grands atouts de ce film sont sa sobriété, le jeu des acteurs (enfants compris) et j'ai apprécié d'entendre l'accent québécois. Un film vraiment à voir.

Quant à Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, ce film est agréable à voir pour plusieurs raisons, mais il n'est pas exempt de défauts. Côté positif, on a le plaisir de retrouver Jean-Pierre Bacri (en prof de civilisation chinoise pour managers pressés) au mieux de sa forme et Claude Rich (qui joue son père) savoureux dans un rôle de grand commis de l'état qui sait profiter de la vie. Et on sait qui est Hortense vers la fin du film. Damien marié à Iva (Kristin Scott-Thomas), metteur en scène de théâtre, a un fils (rebelle et insolent). Le couple enfoncé dans la routine va mal. Bien que ses relations avec son père soient très distantes, Damien se décide à aller le voir pour intercéder en faveur d'une jeune sans-papier (Isabelle Carré), à la demande d'Iva. Les scènes entre les deux hommes sont ce qu'il y a de mieux dans le film. En revanche, dommage que les personnages féminins soient sacrifiés. Elles ne font que fumer pendant tout le film, et pas grand-chose d'autre. Un film à voir si vous aimez Bacri et Rich.

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dimanche 12 août 2012

Terri - Azazel Jacobs / Laurence Anyways - Xavier Dolan

Voici deux films vus très récemment. Je n'ai eu de coup de foudre pour aucun des deux malgré de bonnes critiques.

Je commencerais tout d'abord avec Terri d'Azazel Jacobs sorti le mercredi 8 août dernier, dans quelques salles à Paris. Je m'attendais à autre chose au sujet de cette histoire sur ce grand garçon obèse. Terri ne sait pas ce que sont devenus ses parents, il va au collège en pyjama (ce vêtement dissimule ses rondeurs) et vit avec son oncle dont il s'occupe (ce dernier souffrant d'un début de maladie d'Alzheimer semble-t-il). Garçon sensible, Terri reste malgré tout assez imperméable aux quolibets dont il est l'objet de la part de certains de ses camarades. En revanche, à l'occasion de cette année scolaire, il trouve quelques alliés comme le directeur du collège et deux élèves, dont une fille, Heather qui le fascine. C'est un film qui dure 1H45 sans qu'il se passe grand-chose même si on peut deviner qu'au contact d'Heather, Terri quittera peut-être son pyjama. Cette histoire m'a laissée indifférente.

Maintenant, Laurence Anyways, qui est le troisième film du québecois Xavier Dolan (je n'ai pas vu les deux autres) qui a aussi écrit le scénario et monté ce long-métrage (2H50). Agé de 23 ans, ce réalisateur maîtrise son sujet, mais j'avoue n'avoir pas trop "accroché" à cette histoire qui se déroule sur 10 ans (entre 1989 et 1999), et où Laurence Alia (Melvil Poupaud), professeur de lettres, poète et marié, décide du jour au lendemain de s'habiller en femme car il ne se sent pas bien dans sa peau d'homme. Bien évidemment, sa vie va en être bouleversée: renvoyé du collège, il va devenir écrivain à temps complet. Il se sépare de sa compagne, Fred (formidable Suzanne Clément). Cet amour fusionnel qui ne peut durer entre ces deux êtres est au coeur du film. Mais je n'ai malheureusement pas été bouleversée (à la différence d'une collègue qui a déjà vu le film deux fois). Je pense que c'est peut-être le fait d'avoir croisé deux ou trois fois dans la rue des hommes habillés en femme (ils n'avaient pas l'air heureux). Cette vision m'avait paru pathétique. Et ils n'avaient pas le physique agréable de Melvil Poupaud.

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mercredi 4 juillet 2012

Starbuck - Ken Scott

Comme, en ce moment, je suis un peu paresseuse pour chroniquer des livres (et vu que je n'ai eu aucun vrai coup de coeur), je continue avec un billet cinéma. Surtout qu'actuellement, il y a sur les écrans quelques films assez divertissants: la preuve en est avec Starbuck (sans le "s" à la fin), surnom de David Wosniak, le père aux 533 enfants dont 142 qui veulent connaître ce géniteur inconnu. Dans la province de Québec, le David en question, 42 ans, fils d'un émigré polonais, est endetté jusqu'au cou et est poursuivi par des créanciers peu recommandables. David Wosniak travaille dans la boucherie familiale: il charge et décharge la viande (il oublie d'ailleurs souvent d'effectuer une tâche ou l'autre). A part ça, David est amoureux d'une charmante petite fliquette qui tombe enceinte de ses oeuvres. Monsieur Wosniak, qui aime faire le bien autour de lui, devient l'ange gardien de ces jeunes adultes (ils ont tous entre 18 et 20 ans) nés grâce aux dons de sperme que le jeune David a fait dans une clinique pendant deux ans presque 20 ans auparavant (cela lui a rapporté pas mal d'argent à l'époque). Je ne saurais trop vous conseiller ce film très sympathique, qui ne tombe jamais dans la niaiserie, et vous apprécierez les sous-titres qui émaillent le film... car la langue québécoise, ce n'est pas de la tarte, quand on n'est pas habitué. Film idéal à voir en ce début d'été.

Sinon, 4 ans et demi après mon billet sur la pub au cinéma, je trouve que la situation est bloquée à un pitoyable statu quo. Les pubs sont toujours les mêmes ou presque et elles sont toujours aussi laides. Je suis souvent excédée avant même que le film ne commence. Mention spéciale du mauvais goût à la pub Orangina.

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lundi 18 avril 2011

Incendies - Denis Villeneuve

Avant de reparler de films sortis plus récemment et de refaire un billet "livre", je voulais évoquer un film projeté depuis trois mois dans toutes les bonnes salles et que j'ai enfin vu: Incendies de Denis Villeneuve. C'est un très très grand film primé de nombreuses fois (et nominé aux Oscars 2011) que je vous recommande absolument. D'ailleurs, je ne suis pas la seule. Voir le billet de Yohan. Adaptée d'une pièce de théâtre qui fait partie d'une quadrilogie écrite par Wadji Mouawad (parue aux Editions Papier Actes Sud et Babel), cette tragédie à l'antique vous prend aux tripes. Au Canada, Narwal Marwan, une femme de 60 ans, vient de décéder en laissant à ses jumeaux, Jeanne (mathématicienne) et Simon, deux lettres à remettre à leur frère (dont ils ignoraient l'existence) et à leur père (qu'ils n'ont jamais connu, ne sachant pas s'il est mort ou vivant). C'est Jeanne qui décide la première de partir sur les traces de sa mère et de son frère dans un pays du Moyen-Orient. Le film est découpé en plusieurs chapitres dans lesquels on fait connaissance de Nawal (grâce à des flash-backs très habilement amenés) et de toutes les horreurs qui lui sont arrivées: à la fin des années 60, Nawal se retrouvant enceinte sans être mariée, elle fut obligée d'abandonner son fils à la naissance. Devenue une meurtrière par conviction politique, elle fut emprisonnée pendant 15 ans. Auparavant elle fut témoin d'au moins un massacre. En prison, elle fut violée et humiliée mais elle a survécu. Des séquences restent en mémoire: le petit garçon au regard terrible à qui on tond les cheveux, l'explosion d'un car plein de cadavres mitraillés, une cellule de prison où des femmes ont croupi pendant des années, sans parler de Simon qui devine, grâce à une formule mathématique, la terrible vérité. Il faut ajouter que les acteurs sont tous remarquables. A la fin de la projection du film qui dure 2H10, les spectateurs semblaient très touchés. Un grand moment de cinéma. Je n'ai plus qu'à lire la pièce de théâtre qui, sur scène, dure 4 heures.

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