vendredi 14 juillet 2017

Le Caire confidentiel - Tarik Saleh

Tourné à Casablanca (l'équipe de tournage a été interdite d'entrée sur le territoire égyptien), Le Caire confidentiel de Tarik Saleh (un réalisateur suédois d'origine égyptienne) est un excellent thriller avec en arrière-plan la révolution égyptienne qui a débuté le 25 janvier 2011. Le 15 janvier, Noredin, flic corrompu mais plutôt moins que d'autres, est appelé pour enquêter sur le meurtre d'une chanteuse dont le corps est retrouvé dans une chambre dans un grand hôtel du Caire. Elle a été égorgée. Dans le poste de police auquel Noredin est rattaché, la corruption règne en maître, ce n'est que bakchich à tous les étages, et l'oncle de Noredin, Kammal, chef du poste, trouve que Noredin n'en rapporte pas assez. Un témoin, une jeune femme de ménage soudanaise payée à la journée, sait qui a tué la chanteuse. Peu de temps avant le meurtre, un homme proche du fils du président Moubarak est sorti de la chambre, la victime était sa maîtresse. Au fur et à mesure que l'histoire se déroule, Nouredin se met à dos sa hiérarchie et quelques-uns de ses collègues, car bien que l'affaire ait été classée (la victime se serait "suicidée"), il continue d'enquêter. Nouredin devient l'homme à abattre et il n'est pas tout seul. Le film se termine avec les premières manifestations anti-Moubarak et pour la libéralisation du régime. Il y a un très beau travail sur le cadrage et la photo. Les acteurs, Fares Fares en tête, sont remarquables. Je le répète, un très bon film qui semble rencontrer son public. Le bouche-à-oreille est excellent. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

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vendredi 23 septembre 2016

Mr Ove - Hannes Holm

Mr Ove de Hannes Holm n'est pas un film totalement réussi, mais l'histoire m'a touchée. Ove, âgé de 59 ans (il fait beaucoup plus vieux), est veuf depuis 6 mois, et il vient de se faire licencier de l'entreprise où il travaillait depuis 43 ans. Depuis que sa femme Sonja est décédée, il va régulièrement lui parler sur sa tombe et il se met à houspiller ses voisins de la copropriété: il s'agit d'un ensemble de pavillons cerné par une clôture. En ayant vraiment assez de la vie et pressé de rejoindre sa chère Sonja, Ove décide de mettre fin à ses jours de diverses manières (pendaison, asphyxie, etc) qui échouent toutes. Par ailleurs, il n'arrête pas d'être dérangé par un jeune couple, un Suédois et sa femme, réfugiée iranienne, et leurs deux petites filles, nouvellement installés dans un pavillon voisin. Les nombreux flash-back narrent la vie de Ove petit garçon, dont le père travaillait dans les chemins de fer. Plus tard, devenu un grand blond dégingandé, on voit Ove tombé amoureux de Sonja dans un train. Le film pourrait s'appeler "Une vie" où la joie côtoie les chagrins. L'actrice qui interprète Sonja a un faux air de Romy Schneider toute jeunette, elle est charmante. L'ensemble aurait gagné à être plus concis mais je conseille malgré tout ce film qui risque de passer inaperçu.

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lundi 25 mai 2015

Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence - Roy Andersson

Voici un film singulier sorti le 24 avril 2015 qui peut rebuter beaucoup de spectateurs. Un pigeon perché sur une branche... du réalisateur suédois Roy Andersson clôt une trilogie commencée avec Chansons du deuxième étage (2002) et Nous les vivants (2007). Le film se compose d'une suite de saynètes avec comme fil rouge éventuel la présence de deux VRP spécialisés dans les farces et attrapes (ils souhaitent que les gens s'amusent et soient gais). Dans une petite valise sont rassemblés des dents de vampire dont des canines ultra-longues, un genre de coussin rieur et un masque en caoutchouc représentant un "pépé édenté". Le réalisateur commence très fort avec trois rencontres avec la mort: un homme s'effondre sur le sol de sa salle à manger pendant que sa femme est à la cuisine. Dans une cafétéria, devant un cadavre gisant, la caissière demande si la bière et le sandwich payés par le décédé peuvent intéresser une des personnes présentes. Enfin une vieille femme agonisante à l'hôpital ne veut pas lâcher un sac à main que ses enfants essayent de lui retirer. On peut trouver les scènes inégalesn mais certaines m'ont marquée: la prof de danse de flamenco assez rubiconde qui palpe un des danseurs, la tenancière d'un pub à Göteborg dans les années 40 qui se fait payer avec des baisers, l'évocation de la défaite en 1709 du roi Charles XII de Suède face aux Russes (on le voit arriver dans un bistrot pour aller aux toilettes). Le film se compose de 39 scènes filmées en plan fixe des décors dans des couleurs tirant sur le beige. Les personnage ont l'air aussi lugubres que ces décors. Personnellement, j'ai adhéré au parti pris du réalisateur: pas de vrai scénario mais des plans très travaillés du point de vue visuel et sonore. Ce sont des compositions picturales. Le film dure 1H40; aurait-il été plus long que cela ne m'aurait pas dérangée. Le film, qui n'est déjà presque plus projeté à Paris, a reçu le Lion d'or au dernier festival de Venise en septembre 2014.

Lire les billets d'Alex-6 et Pascale.

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mardi 3 février 2015

Phoenix - Chritian Petzold / Snow Therapy - Ruben Östlund

Décidément, l'année 2015 démarre bien du point du vue cinématographique (à défaut d'autre chose...).

Voici encore deux films, l'un allemand et l'autre suédois, qui valent le déplacement.

Je commence par Phoenix de Christian Petzold, film dans lequel on retrouve Nina Hoss et Ronald Zehrfeld, les deux acteurs de Barbara du même réalisateur. Phoenix est le nom d'un cabaret dans le secteur américain de Berlin. Et c'est peut-être une allusion au phénix, l'oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres comme l'héroïne de l'histoire qui renaît à la vie. En effet, à la fin de la 2ème guerre mondiale, dans Berlin en ruines, Nelly Lenz, d'origine juive, est une rescapée des camps de la mort. Elle vient de subir une grave opération au visage après avoir été blessée par balles. Hébergée par une amie, Nele Winter, Nelly recherche son mari, Johannes, "Johnny" qu'elle n'a pas cessé d'aimer bien qu'il l'ait peut-être trahie. Elle le retrouve, mais il ne la reconnait pas car il est sûr qu'elle est morte. Néanmoins, Johannes veut se servir d'elle comme sosie de sa femme pour s'emparer de l'héritage de cette dernière. Jusqu'au bout, Nelly veut croire que les choses vont rentrer dans l'ordre. Jusqu'au bout, Johnny refuse de croire qu'il se trouve face à sa femme. L'histoire s'achève par une chanson de Kurt Weill et Ogden Nash: Speak Low (parle bas) chantée par Nina Hoss: magnifique séquence. Je dirais que même si j'ai trouvé le film un peu long à démarrer, je l'ai beaucoup apprécié. Nina Hoss et Ronald Zehrfeld sont vraiment excellents. Lire les billets d'Alex et Ffred.

Je passe maintenant à Snow Therapy qui se passe en France, dans les Alpes, sur une période de six jours. Tomas et Ebba, un couple de Suédois, et leurs deux enfants, viennent passer une semaine au ski. Le film très bien réalisé se décompose en six journées pendant lesquelles les relations vont se déliter à l'intérieur de ce couple de "bobo" scandinaves suite à une malencontreuse avalanche. En effet, le deuxième jour, pendant qu'ils déjeunent dans un restaurant avec une terrasse panoramique, la famille assiste à une avalanche qui risque de les engloutir. Le père a le réflexe de prendre ses gants et son iphone avant de s'enfuir en courant en laissant sa femme et ses deux enfants en plan. A partir de là, imperceptiblement, l'atmosphère devient lourde. Pendant les quatre jours qui vont suivre, on perçoit qu'Ebba n'arrive pas à se remettre de ce qui est arrivé. Quand elle en parle à des personnes qui logent aussi à l'hôtel, son interprétation des faits diffère de celle son mari qui ne se sent coupable de rien. Le réalisateur a beaucoup travaillé ses plans et son cadrage. La lumière a aussi son importance ainsi que la bande-son. C'est un film visuel et sensoriel. Le film a été primé à juste titre, au festival du film de Cannes de l'année dernière, du prix du jury d'Un certain regard.

 Lire les billets enthousiastes de Chris et Ffred.

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mercredi 4 juin 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (le film) - Felix Herngren

Après le roman très remarqué (un excellent bouche-à-oreille), chroniqué sur les blogs (dont le mien), l'adaptation cinématographique n'a pas tardé. Sorti mercredi 28 mai 2014, le film, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren se laisse voir même si je l'ai trouvé nettement moins amusant que le roman qu'il est préférable d'avoir lu avant, à mon avis. Allan Karlsson se fait la belle de la maison de retraite où il est pensionnaire, le jour de son centenaire. Il saute par la fenêtre sans se faire mal (du rez-de-chaussée quand même). Allan est un drôle de bonhomme, spécialiste en explosifs. C'est d'ailleurs à cause d'une explosion qu'il s'est retrouvé dans la maison de retraite: il venait de faire sauter une bombe entourée de saucisses qui ont servi à appâter un renard responsable de la mort de son chat Molotov, et son voisinage n'a pas apprécié. Le film alterne les séquences entre le présent et le passé. Après sa fuite, on suit Allan (et sa valise), qui fait la connaissance de Julius, Gunilla et surtout Sonja (une éléphante). Un flic désabusé est sur sa piste ainsi que toute une bande de "méchants" qui veulent remettre la main sur la valise (pleine de billets de banque, et qu'un jeune malfrat lui avait confiée). Et on retrouve Allan depuis sa naissance à des périodes différentes de sa vie tumultueuse: son séjour en hôpital psychiatrique, sa rencontre dans les années 50 avec Staline et Truman, puis en Mai 68 à Paris, et son séjour au goulag avec le frère idiot d'Albert Einstein. Avec toujours ce fil conducteur: les explosifs sous toutes ses formes. C'est un film sans prétention qui, j'espère, donnera envie de lire le roman.

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jeudi 16 mai 2013

Films vus et non commentés pendant les vacances de printemps 2013

Voici quatre films vus assez récemment. Il y en a pour tous les goûts.

Je commence par L'hypnotiseur de Lasse Hallström, adaptation du roman de Lars Kepler paru en 2010. J'avoue que ce roman m'était tombé des mains assez vite. Je n'avais pas aimé le ton et j'avais été très rapidement mal à l'aise. En Suède, un adolescent massacre sa famille. On le retrouve en état de choc et grièvement blessé lui-même. Pour aider la police, un certain Erik Maria Bark pratique l'hypnose médicale sur les gens traumatisés. Il joue un grand rôle dans la solution de l'intrigue. En ce qui concerne le film, on est loin de l'univers de Millenium. Les paysages et décors sont oppressants, les couleurs sont ternes. Par rapport au peu que j'ai lu du roman (il faisait 500 pages, j'en avais lu moins de 100), le film m'a paru plus "soft". Je n'ai pas éprouvé le même malaise. La fin qui se passe dans un paysage glacé et enneigé est assez marquante. Malgré la critique négative de Chris, je conseille néanmoins ce film (comme ffred). Je ne me suis pas ennuyée mais je n'ai pas envie de me remettre au roman.

Pour rester dans l'hypnose, voici Trance de Danny Boyle, un film complètement psychédélique dans le traitement: musique, angle de vue, etc. Je ne suis pas trop fan de la surenchère dans le son et l'image. Simon, un jeune commissaire-priseur se trouve être complice d'une bande de malfrats prêts à tout pour récupérer un (petit) tableau de Goya. Ayant reçu un coup sur la tête, et étant seul à savoir où est dissimulé le tableau volé, Simon est soigné par hypnose par une charmante jeune femme. Le film m'a semblé davantage un long clip vidéo qu'autre chose. La touche "gore" m'a moyennement emballée. A vous de juger. Wilyrah n'a pas vraiment apprécié.

C'est grâce à FredMJG que j'ai découvert Survivre du réalisateur islandais Baltasar Kormakur (également réalisateur de Jar city, d'après La cité des jarres de Inaldur Indridason). Il nous raconte l'histoire vraie de l'Islandais Gulli et de ses 4 ou 5 compagnons d'infortune, tous pêcheurs. En plein hiver et en pleine nuit, par -3° de température extérieure avec une mer d'une température de 5°, leur bateau chavire. Les hommes se noient rapidement sauf Gulli qui surnage et nage pendant plus de 6 heures dans l'eau glaciale avec une mouette au-dessus de lui comme seule compagne. Après un séjour à l'hôpital, Gulli est considéré comme un phénomène de la nature. Jusqu'à présent, personne n'avait été capable de survivre dans une eau glaciale si longtemps. Il semble qu'il soit un cas unique inexplicable. Après une batterie de tests qui va l'emmener jusqu'en Angleterre, Gulli reviendra parmi les siens. C'est un film entre fiction et documentaire qui se laisse voir.

On change de registre avec Le coeur a ses raisons de Rama Burshtein. Ce film israëlien se passe à Tel Aviv, dans la communauté des Juifs hassidiques ultra-orthodoxes (la réalisatrice appartient à cette communauté). Une jeune épouse, Rachel, meurt en couches (elle a accouché d'un petit garçon). Pendant ce temps, sa soeur Shira, 18 ans, doit se fiancer avec un garçon de son âge. Mais Rakel, la mère des deux jeunes femmes, a l'idée d'arranger une union entre Shira et Yohai, le veuf éploré. Rakel n'envisage pas de ne plus voir son petit-fils si Yohai se remariait. Le film est surtout l'occasion de se trouver au plus près de cette communauté assez fermée où l'on chante et prie beaucoup, où les femmes se couvrent les cheveux, où le Rabbin donne des conseils pour choisir une gazinière (si, si) ou donne l'aumône à ceux qui le demandent. Un film intéressant que je conseille.

jeudi 31 mars 2011

Easy money - Daniel Espinosa

Le 16 mars 2011, j'ai vu, en avant-première, Easy Money (le titre original est Snabba cash) de Daniel Espinosa (né en Suède mais d'origine chilienne par ses parents). L'affiche ne m'inspirait pas plus que cela et je m'attendais à un simple film policier avec des bons, des méchants et pas mal de coups de feu. Et bien pas tout à fait. D'abord, ce film policier (sorti cette semaine, le 30 mars) est suédois. Le scénario est adapté d'un roman (paru en Presse Pocket) de Jens Lapidus (que je ne connais pas du tout). On y suit l'itinéraire de trois hommes impliqués dans un trafic de drogue à grande échelle: JW, un jeune Suédois, beau gosse, fréquente des gens aisés en faisant croire qu'il est issu du même milieu qu'eux alors qu'il vit dans une chambre d'étudiant et fait le taxi pour payer ses études; un Serbe, Mrado, tueur à gages, qui se retrouve à garder sa fille (la mère étant incapable de le faire); et un latino, Jorge, qui vient de s'évader de prison. Avant de s'enfuir de Suède, ce dernier prépare un gros coup: importer une grande quantité de cocaïne. Mais lui aussi a une famille: sa soeur, mariée à un Suédois, attend un bébé. J'ai trouvé que le film était un peu long à démarrer et je me demandais qui était qui, et puis, au fur à mesure du déroulement de l'histoire, on se retrouve dans l'intimité de ces trois personnages avec leurs états d'âme, leur code de l'honneur, leurs doutes. Sans les défendre, on arrive à être proche d'eux. A part l'une des dernières séquences avec une fusillade, la violence n'est pas trop présente dans ce film où l'on peut noter quelques moments de tendresse. La relation de Mrado avec sa fille m'a touchée. Les acteurs, qui me sont inconnus, jouent avec justesse. Dans le dossier de presse, il est dit que certains sont des non-professionnels. Ce polar nordique qui a été un triomphe dans son pays (1 Suédois sur 9 l'a vu!) montre un nouveau souffle du cinéma suédois. Un remake américain est déjà prévu. Je vous conseille ce film (malgré ses maladresses) s'il passe par chez vous.

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mercredi 21 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 03/10/09

Pour continuer ma série, voici 4 films qui n'ont aucun rapport entre eux mais qui sont à voir si les histoires vous inspirent.

Mères et filles de Julie Lopes-Curval. J'y suis allée pour les actrices (surtout Marina Hands et Marie-José Croze). Je trouve Catherine Deneuve assez antipathique (c'est son rôle qui le veut). Les scènes où le passé et le présent se mêlent sont bien faites. Louise, Martine et Audrey sont respectivement la grand-mère, la mère et la fille. Louise a disparu, il y a 50 ans. Les deux autres n'arrêtent pas de se chamailler pendant tout le film. Revenue du Canada pour passer des vacances auprès de ses parents, Audrey (jeune trentenaire) est enceinte (elle ne veut pas garder le bébé). Sa mère, Martine, médecin, vit pour son travail. Tout se passe du côté du bassin d'Arcachon. Il y a 50 ans, Louise était malheureuse. Elle faisait partie de ces femmes qui devaient demander la permission à leur mari pour travailler et/ou avoir un compte en banque. Audrey devine ce qui est arrivé à sa grand-mère après quelques retournements de situation. Le scénario n'est pas mal écrit mais cela manque de quelque chose. Et surtout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de scènes avec Louise (LE personnage intéressant de l'histoire et puis Marie-José Croze est tellement jolie, les toilettes des années 50 lui vont bien).

Les joies de la famille d'Ella Lemhagen, ou comment un couple d'homosexuels suédois mariés, Goran et Sven, se retrouve après une demande d'adoption devant un garçon de 15 ans (pré-délinquant) et non de 1,5 ans (erreur de frappe malheureuse). L'histoire se passe dans une petite ville proprette en Suède où tous les voisins se connaissent et où l'hétérosexualité est de mise. L'arrivée de Patrick provoque une crise dans le couple. Goran veut garder Patrick, l'autre s'en va (temporairement?). C'est un film sans prétention plein de fraîcheur et les comédiens sont épatants.

La proposition d'Anne Fletcher, avec Sandra Bullock. Cette dernière est éditrice dans une grande maison d'édition à New-York. Etant Canadienne, elle doit être reconduite à la frontière car elle n'a pas régularisé son permis de travail. Qu'à cela ne tienne, elle propose le mariage à son assistant / souffre-douleur. L'employé de l'immigration n'est pas dupe. Pour apprendre à se connaître, nos deux tourtereaux, Margaret et Andrew, partent en Alaska chez les parents d'Andrew qu'ils doivent aussi convaincre de leur intimité. Il s'ensuit quelques situations parfois drôles mais j'ai trouvé cette comédie un peu molle et elle ne restera pas dans les annales. En revanche, j'aimerais bien passer quelques jours dans la maison des parents. Si vous allez voir le film, vous verrez.

Je garde pour la fin...
... District 9 de Neil Blomkamp: le film dont on parle, qui est un succès public et que je suis donc allée voir. Pour être honnête, je reconnais que c'est bien fait, on y croit: ce faux reportage avec interviews en direct d'humains et d'Aliens (appelés "crevettes") parqués comme des bêtes dans des bidonvilles de Johannesburg (Afrique du Sud) qui sont "rackettés" par des gangs qui leur fournissent de la pâté pour chats (un délice pour les extra-terrestres). Wikus, membre d'une multinationale en armement, est chargé par celle-ci de faire évacuer les Aliens pour les déporter dans un autre endroit. Wikus est l'incarnation de la condescendance envers ces êtres par ailleurs intelligents et qu'on humilie. Contaminé par inadvertance par un liquide extraterrestre, le cauchemar commence pour Wikus qui mute très vite. De chasseur, il devient chassé. On en veut à ses organes. La tension et le suspense sont tenus jusqu'au bout. En devenant Alien, Wikus s'humanise. C'est le genre de film où il ne faut pas rater le début. Cela va à tout allure. L'image n'est pas très belle. Et ce que l'on contemple à l'écran n'est pas toujours ragoûtant. Ceci mis à part, on peut le voir.

samedi 13 juin 2009

Trois films vus avec mon ami

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, Millenium de Nils Arden Oplev et Wolverine X men origins de Gavin Hood sont trois films que j’ai vus coup sur coup avec mon ami moins cinéphile que moi (personne n'est parfait mais il a d'autres qualités).

Pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (je l'ai vu à une séance tardive), j’émets quelques réserves quant au déroulement de l’intrigue car j'ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que le réalisateur a voulu aller à l’essentiel sans prendre son temps. Les caractères des personnages ne sont qu’esquissés. D’ailleurs, je ne me rappelle pratiquement plus l’histoire à part le fait que l'on trouve des ossements d’un Noir enchaîné au fond du bayou et que des jeunes filles ont été assassinées. Je retiens surtout les paysages de Louisiane et les maisons en bois dévastées qui restent à l’abandon, après le passage de l’ouragan Katrina. L’apparition de revenants (des soldats confédérés) donne une touche de surnaturel originale. La photo jaunie que l’on voit à la fin aussi. Je suis allée le voir parce que Tavernier est un réalisateur que j’apprécie et Tommy Lee Jones dans le rôle du shérif Dave Robicheaux m’a semblé crédible dans son rôle (au vu de la bande-annonce). J'ai eu aussi plaisir à revoir John Goodman (Barton Fink des frères Coen) dans un rôle inquiétant et Mary Steenburgen (dans le rôle de la femme de Robicheaux), un des rôles féminins qui adoucit l'ensemble. L’histoire est adaptée d’un roman de James Lee Burke, écrivain dont je n’ai jamais rien lu (le shérif Robicheaux est un personnage récurrent dans l’œuvre de Burke). A part ça, j’attends la sortie en DVD de Dans la brume électrique. J'ai cru comprendre que le film ne bénéficiait que d'une sortie directe en DVD sur le territoire américain (je me demande bien pourquoi?) et que les scènes avec les revenants avaient été coupées (je me demande à nouveau pourquoi?).

Pour Millénium de Nils Arden Oplev (réalisateur danois), je n’ai pas été déçue du tout par cette adaptation même s’il y a des coupes sombres par rapport au roman. Tout est concentré sur l’histoire criminelle de la disparition d’Harriet Vanger. Vu que j’ai lu le roman Millénium 1, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, dès sa parution en septembre 2006, ce film m’a permis de faire une bonne révision. Quant à mon ami qui n’avait rien lu, il a «dévoré» la trilogie en 4 jours (c’est un lecteur avide), ce qui démontre au moins que le film donne envie de lire le roman. Concernant l’atmosphère générale du film, c’est noir, très noir, mais le roman l’est. Bien évidemment, les acteurs qui jouent les rôles principaux ne sont pas ceux que l’on imaginait forcément. Noami Rapace qui joue Lisbeth m’a paru plus âgée que dans le roman mais cela n’est pas très grave. C’est dommage que l’on ne la voie pas plus avec ses ordinateurs et tout ce qu’elle est capable de faire avec, plutôt que d’assister aux actes violents dont elle est la victime. En revanche, j’ai aimé que ce film tiré d’un roman suédois soit tourné dans cette langue. Et j’attends impatiemment les deux adaptations suivantes de Millénium 2 et 3 qui doivent sortir fin de cette année ou début de l’année prochaine. [15/11/07: ma chronique du 3e tome]

Pour Wolverine – X men origins de Gavin Hood, je viens de constater qu’il n’est plus du tout à l’affiche à Paris. Je suis allée voir le film parce que j’avais beaucoup aimé X-Men, 1, 2 et 3: les effets spéciaux, en particulier, sont une grande réussite. Concernant ce film, Wolverine..., c’est l’occasion d’apprendre comment tout a commencé pour Wolverine avec ses mains d’où poussent des lames quand il veut attaquer ou se défendre ou quand il est en colère. Comme les vampires, il passe les siècles sans vieillir après avoir atteint l’âge adulte. Agé d’une dizaine d’années, Wolverine a pris conscience de sa mutation dans les années 1860, après un crime commis contre son père. Il a un demi-frère, Dent de sabre, un être peu recommandable. On apprend aussi comment une «confrérie» de mutants va se former. Tout cela pour dire que le film se regarde avec plaisir mais il faut aimer ce genre sans faire la fine bouche. Le scénario tient moins la route que les trois premiers. Les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et sont moins spectaculaires. Ce genre de film peut attendre la sortie DVD (en location).

Moi qui vais la plupart du temps au cinéma toute seule, j’ai été bien contente pour ces fois-là d’être accompagnée. Merci "Ta d loi du cine".

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samedi 7 février 2009

Morse - Tomas Alfredson

Ce qui frappe immédiatement dans ce film, Morse, c'est la neige d'un blanc immaculé que l'on voit pendant tout le film et qui donne un aspect un peu irréel. Nous sommes en Suède dans la région de Stockholm, dans une petite ville au début des années 80 (Brejnev est encore au pouvoir en URSS). Installé récemment dans la ville, un homme d'une cinquantaine d'années, d'aspect anodin, s'attaque à un homme en lui faisant inhaler un produit qui endort. Très tranquillement, il pend sa victime par les pieds à un arbre et la saigne comme un cochon. Il récupère le sang dans un récipient, mais, interrompu dans sa triste besogne, il laisse tout sur place et quitte les lieux sans être poursuivi. En revanche, ce crime fait la une des journaux locaux. On ne voit ni policier ni enquêteur. Cet homme vit avec une étrange adolescente, Eli, une brune aux yeux bleus âgée de 12 ans (mais cela fait longtemps qu'elle a 12 ans). On ne sait pas, on ne saura pas, les rapports qu'ils entretiennent: est-il le père d'Eli, son protecteur ou leurs rapports sont-ils plus intimes? Toujours est-il que dans cette même ville, un jeune garçon, Oskar, du même âge qu'Eli mais qui paraît plus jeune, est le souffre-douleur de trois de ses camarades d'école. Oskar est très blond, un peu malingre, et il encaisse toutes les brimades sans broncher. Oskar rêve pourtant de se venger, il a un couteau sur lui qu'il sort souvent, mais il se contente de poignarder les arbres. Voisins de palier, Eli et Oskar se rencontrent, échangent un rubik cube... Eli est un vampire. Elle a une force peu commune. C'est pour elle que l'homme tuait (il donnera sa vie pour elle). Dès qu'Eli a faim/soif de sang, elle semble émettre une odeur pas agréable. Elle paraît anémiée, a les yeux cernés. Pourtant, la jeune vampire sait aussi très bien tuer ses propres victimes pour se gaver de leur sang. Ses forces décuplent quand elle attaque. Il y a quelques scènes un peu "gore" où l'on voit Eli s'attaquer à des victimes plutôt "costaudes", elle les vide de leur sang et leur brise la nuque (sinon ils deviennent aussi vampires). Un plan de quelques secondes montre qu'elle était un garçon avant d'avoir été mutilée. Oskar la voit à l'oeuvre. Il a deviné qu'elle est un vampire mais n'en a pas peur. Grâce à Eli et à sa force de conviction, Oskar arrivera à se venger de ses bourreaux (et de quelle façon!). Le titre "Morse" est en rapport direct avec l'alphabet du même nom. C'est un des moyens qu'Oskar et Eli utilisent pour communiquer (par exemple lors de la dernière scène dans le train). Ce film est un beau film sur l'enfance, les premiers émois entre un garçon et une fille. Morse a paraît-il reçu beaucoup de prix dans les festivals (dont celui de Gerardmer). La salle où j'ai vu le film était comble. Le public est au rendez-vous et c'est mérité. Je n'ai pas vu Twilight qui est sur le même thème mais je pense que Morse, adapté d'un roman suédois de John Ajvide Lindqvist (non traduit en français, me semble-t-il), est vraiment une oeuvre étonnante qui renouvelle le genre "film de vampires" (absence de gousse d'ail et de crucifix et autre figure classique). Sont conservés les suçons dans le cou ou la combustion spontanée due au soleil.

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