samedi 28 septembre 2019

Ceux qui travaillent - Antoine Russbach

Dans Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach, on nous raconte le parcours d'un homme, Franck (Olivier Gourmet qui a trouvé un des rôles de sa vie tant son interprétation est magistrale, il est granitique). Né pauvre, Franck est parvenu grâce à son travail à mener une vie confortable et aisée avec sa femme et ses cinq enfants. Dans une entreprise, Franck gère la logistique du transport maritime de nourriture d'un continent à l'autre par bateau cargo. Il a tout sacrifié à son travail. Même chez lui, il ne pense qu'au travail. Il connaît mal ses enfants et sa femme. Il essaye de se faire pardonner en leur offrant des cadeaux. C'est un homme qui parle peu. Et puis, un jour, tout s'arrête, Franck perd son emploi à la suite d'une décision malheureuse qu'il a prise seul et il en assume la responsabilité. Le film est une illustration de ce qu'est le travail dans notre monde d'aujourd'hui où la mondialisation se fait en particulier par la circulation internationale des marchandises. Une longue séquence permet à Franck de montrer à sa plus jeune fille comment est organisé le voyage des marchandises qui arrivent dans notre assiette. Sinon, grâce à ce film, j'ai appris que des chaussures gauches d'une certaine marque de baskets arrivent dans un port éloigné de 600 km d'un autre port, là où arrivent les chaussures droites. Tout ça pour éviter les vols! Il faut voir ce film (le premier d'une trilogie, a priori) pour Olivier Gourmet qui est présent de la première à la dernière image. Un très grand film qui pourra peut-être paraître austère à certains.

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dimanche 23 octobre 2016

Ma vie de Courgette - Claude Barras

Je n'ai pas lu le roman de Gilles Paris Autobiographie d'une courgette (paru en 2002) dont ce film d'animation "en volume" est adapté. Ma vie de Courgette sorti cette semaine dure 1 heure 06. Il vaut vraiment la peine que l'on se déplace pour aller le voir, que l'on soit adulte ou enfant. Icare alias Courgette, un petit garçon âgé de 9 ou 10 ans, aux cheveux bleus, vit avec sa mère qui s'alcoolise à la bière depuis que le papa est parti avec une "poule". Un jour, Courgette tue accidentellement sa maman en voulant éviter une fois de plus les coups que celle-ci lui assène régulièrement. Courgette (Icare tient absolument à ce qu'on l'appelle "Courgette", surnom que lui avait donné sa maman) est alors placé dans un foyer d'accueil où vivent d'autres enfants comme lui dont les parents sont soit décédés soit incapables de s'occuper de leur progéniture. Les personnages animés en "stop-motion" sont des marionnettes aux yeux immenses et très expressifs. Vous n'oublierez pas de sitôt les sept enfants de ce foyer où alternent tristesse et gaieté. Le film est fait de plein de détails évocateurs comme ce tableau où est indiqué "la météo journalière des émotions des enfants". Un joli film qui se termine sur une belle note d'espoir.

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jeudi 23 juin 2011

Films vus et non commentés depuis le 05/06/11

Ci-dessous 4 films vus récemment et qui en valent la peine (d'être vus), même s'ils ne m'ont pas tous convaincue.

Adapté d'un roman de Ken Bruen, London Boulevard de William Monahan m'a bien distraite. Le film est violent certes mais il y a beaucoup d'humour et la fin de l'histoire, que je ne révélerai pas, vous prend par surprise. Mitchel (Colin Farrell) sort de prison. Il devient garde du corps (et plus si affinités) d'une actrice qui s'est mise en retrait du monde du spectacle (Keira Knightley), poursuivie par des paparazzi. Recontacté par un caïd (Ray Winstone, effrayant), son passé rattrape Mitchel. J'ai trouvé que le film valait la peine d'être vu pour Colin Farrell et David Thewlis (irrésistibles l'un et l'autre). L'histoire est bien ficelée et on a le plaisir de voir Londres et ses environs. Blitz, qui vient de sortir hier mercredi 22 juin 2011, est aussi adapté d'un roman de Ken Bruen (cet écrivain que j'aime beaucoup a le vent en poupe).

Voici un film que j'attendais avec impatience: L'affaire Rachel Singer de John Madden. J'ai été relativement déçue, non par l'histoire (3 agents du Mossad à la poursuite d'un médécin de Birkenau) ou par les interprètes féminines, Helen Mirren et Jessica Chastain excellentes toutes les deux dans le rôle de Rachel à deux âges différents, mais par la réalisation pas très subtile avec ces flash-back répétés de quelques mêmes séquences vus sous un angle différent. La psychologie des deux personnages masculins (Stefan et David) m'a paru assez sommaire. Cela déséquibre le film même si Jesper Christiensen qui joue l'ancien médecin nazi est remarquable dans l'ambiguïté.

Gianni et les femmes de Gianni di Gregorio est de la même veine que Le Déjeuner du 15 août du même réalisateur-scénariste avec Rome comme décor (au printemps ou l'été). Gianni, retraité, la soixantaine encore fringante mais légèrement dépressif, est entouré de femmes: sa mère (une casse-pied qui l'appelle pour un oui ou pour un non et qui dépense de l'argent qu'elle n'a pas), sa femme et sa fille. Il y a aussi une jeune et jolie voisine dont il sort le chien, sans parler de femmes qu'il a connues jadis ou d'autres dont il fait la connaissance grâce à un ami. Gianni voudrait encore séduire mais ce n'est pas simple même en prenant du V*agr*. Il s'agit d'un joli film qui m'a plu même avec ses maladresses.

Enfin, voici un documentaire passionnant: Prud'hommes de Stéphane Goël constitue un "reportage" que j'inscris dans la lignée des fims de Depardon. L'action de Prud'hommes se passe en Suisse à Lausanne. La caméra passe de la salle d'audience aux antennes syndicales ou à l'Inspection du travail. Des hommes et des femmes, licenciés pour la plupart, font la démarche d'intenter une action prud'hommale pour obtenir réparation ou au moins afin de faire reconnaître leur bonne foi. On assiste à des moments de vie cocasses ou émouvants. Le monde du travail est sans pitié (même en Suisse). Je ne peux que vous recommander ce film sorti dans peu de salles à Paris.

lundi 23 août 2010

Cleveland contre Wall Street - Jean Christophe Bron

Si, comme moi, vous n'avez toujours pas compris ce que sont les subprimes, la titrisation et autres termes barbares qui ont causé tant de dégâts financiers non négligeables aux Etats-Unis (et ce n'est pas fini), je vous conseille ce documentaire-fiction absolument remarquable fait par un Suisse. C'est un authentique film à suspense. On assiste à un procès avec un vrai juge, de vrais avocats, 8 vrais jurés et des protagonistes qui ont été acteurs et/ou témoins de ce qui s'est passé et se passe encore à Cleveland (Ohio, USA), et plus précisément dans un ghetto du ghetto nommé Slavic Village à l'est de Cleveland. 20 000 familles soit 100 000 personnes ont été expulsées de leurs maisons. Celles-ci ont été laissées à l'abandon, vendues aux enchères et sont souvent devenues des "squats". Ces expulsions ont commencé avant même la crise financière mondiale que l'on connaît. Cleveland est une ville sinistrée qui a voulu intenter un procès à 21 banques de Wall Street pour leur demander réparation. Les avocats des banquiers ont réussi à faire arrêter la procédure. Le réalisateur, Jean Stéphane Bron, a donc reconstitué un procès qui aurait dû avoir lieu. On est frappé par la personnalité de chacun des protagonistes: l'avocat de la défense, l'avocat "du diable" (Wall Street) au visage patelin; et surtout par les témoins comme l'ancien policier, les larmes aux yeux quand il raconte qu'il a dû expulser une vieille dame de 86 ans, ou comme un père de famille, ouvrier qualifié, qui, après avoir témoigné, regarde impuissant la vente aux enchères de sa maison; ou bien encore le jeune noir dealer de drogue à ses heures qui est devenu démarcheur pour vendre des subprimes. Plus il en vendait, plus il était payé "au noir", jusqu'à 7000 dollars. On assiste au procès jusqu'aux délibérations et au verdict qui se défend (si, si). C'est surtout la faillite d'un système (la vie à crédit) qui est montrée du doigt. Je vous laisse découvrir les exemples qui sont donnés. La plupart des victimes sont des personnes faibles ou vulnérables: les noirs, les personnes âgées et les gens pas très fortunés (c'est un euphémisme). La grande force de ce documentaire-fiction Wall Street contre Cleveland réside dans l'absence de manichéisme (à la différence des films d'un autre documontreur, Michael Moore pour ne pas le nommer). A ce jour, des familles continuent à être expulsées. Allez voir ce film riche d'enseignements et de questionnements... Non, courez-y plutôt!

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dimanche 23 mai 2010

Dan et Aaron - Igaal Niddam

Pour continuer dans les films de qualité à voir ces temps-ci (et avant qu'il ne soit trop tard), je vous conseille Dan et Aaron, film produit par la Suisse mais réalisé par un Israélien, et dont l'histoire se passe en Israël. Deux frères (Dan et Aaron) refont connaissance après 25 ans de silence. L'un, Aaron, rabbin, docteur en droit et en philosophie, arrive de New York où il s'occupe d'une Yeshiva à Brooklyn. Il arrive à Jérusalem en tant qu'avocat pour défendre une cause. L'autre, Daniel, vit et travaille depuis plus de vingt ans dans un kibboutz au sud d'Israël: il est berger. Il est marié et a deux enfants. Tout les oppose et les anciennes rancoeurs reviennent à la surface. Leur relation restera houleuse jusqu'au bout. L'histoire est la confrontation entre les ultra-orthodoxes qui ne vivent que pour la lecture et l'étude de la Torah (ils ne travaillent pas et sont subventionnés à vie par l'Etat) et les laïcs qui font leur devoir de citoyen en effectuant leur service militaire (obligatoire en Israël). Pendant le procès pour lequel Aaron représente la Défense (un directeur de Yeshivah ne communique pas aux autorités les noms de ses étudiants - afin que ces derniers ne fassent pas leur service), on apprend en effet qu'en Israël la séparation de la religion et de l'Etat n'est pas établie (et n'est pas forcément à l'ordre du jour). On parle d'Etat juif. D'autres questions aussi passionnantes sont abordées. On sent que le réalisateur a voulu montrer et aborder avec conviction ce qui menace Israël de l'intérieur. C'est un débat épineux. L'acteur qui joue Aaron, Baruch Brener (très convaincant), est rabbin dans la vie. A la lecture du dossier de presse, le réalisateur précise qu'il a beaucoup hésité avant d'accepter de jouer le rôle. Sinon tous les autres acteurs sont aussi des inconnus pour le public français. Mention spéciale aux deux femmes qui interprètent, l'une la femme de Daniel (Sharon Malki-Schemech) et l'autre madame le procureur face à Aaron (Orna Fitoussi): elles sont magnifiques toutes les deux. Ce film est vraiment à voir; et il mériterait même une deuxième vision à cause des problèmes soulevés.

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