dimanche 29 octobre 2017

La belle et la meute - Kaouther Ben Hania / The Square - Ruben Östlund

La belle et la meute de Kaouther Ben Hania est inspirée d'une histoire vraie. Toute l'action se déroule pendant une soirée et une nuit. En Tunisie, Mariam, une très jolie jeune femme âgée de 21 ans et célibataire, va subir un viol (hors champ). Elle a perdu son portable et son sac à main avec ses papiers. Elle était en train de se promener au bord de la plage avec Youssef, un homme rencontré à une soirée dans un dancing. C'est lui qui va la pousser à porter plainte. A partir de là, une sorte de calvaire commence pour Mariam. Elle se rend dans une clinique proche où elle est mal accueillie. N'ayant plus de papier d'identité, la réceptionniste affirme que l'on ne peut rien pour elle. Dans un autre hôpital, on lui dit qu'il faut d'abord qu'elle porte plainte à la police. Arrivée au poste, elle est insultée, menacée. Il faut dire que ceux qu'elle accuse de l'avoir violée sont des policiers. Mariam, pas très grande mais volontaire ne s'en laisse pas compter. Elle a du courage face à cette meute qui espère qu'elle rentre chez elle se reposer et puis c'est tout. Pour eux, un viol, ce n'est rien ou presque, pourquoi veut-elle se plaindre? Les hommes n'ont pas le beau rôle, à part peut-être un vieux policier à cheveux blancs qui semble moins borné et moins bête que les autres. J'ai trouvé en revanche qu'il n'y avait pas beaucoup de solidarité entre les femmes. Une réceptionniste obtuse, une gynéco, une femme policier: les trois la considèrent avec mépris ou indifférence. Un film prenant jusqu'au bout. La fin se termine sur le lever du jour... Un film qui m'a plu malgré quelques maladresses de scénario. Lire le billet de Pascale.

Je n'en dirai pas autant concernant The Square, le film suédois de Ruben Östlund, Palme d'or au dernier festival de Cannes en 2017. Je suis sortie perplexe. Je pense que je n'ai pas compris ce que le réalisateur qui est aussi le scénariste a voulu nous dire ou nous montrer. Personnellement, je me suis forcée à aller voir The Square parce qu'il a reçu une Palme d'or. Comme j'avais des a priori négatifs après avoir vu la bande-annonce, mon jugement a peut-être été faussé. J'ai trouvé ce film ni drôle, ni intéressant. Je trouve que ce qui pêche, c'est le scénario. Il y a des scènes pleine de "non sense" comme on dit en anglais. Un chimpanzé dans un salon qui se met du rouge à lèvres, un homme qui imite un chimpanzé et terrorise toute une assemblée à table. J'ai aussi trouvé que de se moquer de quelqu'un atteint de la maladie de Gilles de la Tourette n'était pas du meilleur goût. On est dans la surenchère et au bout du compte, cela m'a laissé indifférente. Le film dure presque 2H30 qui passent relativement vite. L'acteur principal, Claes Bang, que je ne connaissais pas mais à qui j'aurais donné le prix d'interprétation masculine, est très bien et plutôt bel homme. Il joue avec un détachement de bon aloi. Il y a de très beaux plans avec un travail sur les cadrages. Je suis pour ma part passée à côté de cette Palme. Lire les billets de Pascale, Tinalakiller et ffred qui racontent beaucoup mieux que moi le film.

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jeudi 1 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 09/04/2010

Avant d'entamer mon rythme saisonnier d'un billet tous les 4 jours comme l'année dernière, je voudrais évoquer quelques films que j'ai vus plus ou moins récemment, dont je n'ai pas parlé et qui me tiennent vraiment à coeur.

Les secrets est un beau film même s'il est dur et austère (l'image froide accentue cette impression). Il évoque trois femmes qui "squattent" une belle demeure à l'abandon et délabrée. Nous sommes en Afrique du Nord, en Tunisie ou en Algérie à la campagne. Raja Amari, la réalisatrice, ne dévoile rien sur ces femmes qui vivent cloîtrées dans la partie où logeaient les domestiques (je ne fais qu'imaginer). On apprend qu'il s'agit d'une mère et de ses deux filles, Aïcha (la plus jeune, âgée d'à peine 20 ans) et Radia. La mère et Radia surveillent Aïcha qui semble presque prisonnière, surtout quand les deux s'absentent comme par exemple lorsque Radia vend ses ouvrages de couture dans la ville voisine. Elles empêchent Aïcha de s'épanouir. Elles la protègent surtout des hommes. Une intruse devenue leur prisonnière va faire tout basculer. La fin inattendue est terrible. Le film est sorti en salle à Paris le 19 mai dernier. Je suis allée le voir parce qu'une collègue m'en avait dit du bien. Je n'ai pas regretté. La jeune Hafsia Herzi (vue dans La graine et le mulet où elle jouait Rym) qui interprète Aïcha est très bien.

L'illusionniste de Sylvain Chomet sur une histoire originale de Jacques Tati. Le film vaut surtout (à mon avis) pour la technique, et visuellement c'est une splendeur: un vrai travail d'art. Quant à l'histoire, j'ai été un peu décontenancée par les pérégrinations de ce magicien qui quitte Paris pour partir en Ecosse dans les Highlands, puis s'installe un temps à Edimbourg avant de partir pour ailleurs? En Ecosse, il va faire la connaissance d'une jeune fille. La nature de leurs rapports reste vague. Les rares paroles prononcées sont plus des borborygmes qu'autre chose. La dernière phrase du film (des mots écrits sur un papier) est: Les magiciens n'existent pas. Mon ami qui a vu le film avec moi a trouvé l'histoire poignante. Personnellement, je n'ai pas été touchée par ce film un peu froid. Pour les admirateurs de Tati, je pense qu'ils trouveront leur bonheur; pour les autres (dont je fais malheureusement partie): bof. Lire la critique élogieuse de Thomas Grascoeur.

La bocca del lupo de Pietro Marcello est un documentaire étonnant d'1H15 qui suit un homme, Vincenzo Motta, dans les rues pouilleuses de Gênes, ville natale de Christophe Colomb. Le film alterne des documents du temps jadis, à l'époque où Gênes prospérait, et des images des ruelles de Gênes d'aujourd'hui où l'on croise des travestis et des prostituées. Vincenzo (dont le visage m'a fait penser à celui de Gian Maria Volonte) a purgé une peine de 27 ans de prison. Il est maintenant libre et vit avec Mary Monaco, une transsexuelle qu'il a connue et protégée en prison. Leur amour dure depuis 20 ans. Le moment fort du film consiste dans la confession de Mary avec Vincenzo assis à côté d'elle. C'est beau et émouvant. Du grand cinéma.

Puzzle de la réalisatrice Natalia Smirnoff m'a beaucoup fait penser à Joueuse avec Sandrine Bonnaire. Maria del Carmen, qui fête ses 50 ans, est mère de famille (de deux grands garçons). Elle a un mari qui l'aime profondément. Maria se découvre une passion pour les puzzles (Rompecabezas en espagnol) qu'elle arrive à reconstituer très vite d'une manière personnelle en ne commençant pas par les bords. Cela se passe en Argentine. Voir l'article d'Alex qui donne des raisons à la genèse du film que j'ignorais complètement. L'actrice qui interprète Maria n'est pas très belle mais son visage rayonne de l'intérieur. Pour moi, c'est l'histoire d'une femme qui veut s'émanciper après s'être occupée de son mari et de ses enfants. Elle gagne un tournoi avec un partenaire. Est-ce qu'elle saura aller plus loin? La fin est très ouverte. Personnellement, j'ai voulu voir ce "Puzzle" car cette activité ludique a beaucoup occupé de mon temps pendant ma jeunesse. Je compte bien m'y remettre.