samedi 4 novembre 2017

Au revoir là-haut - Albert Dupontel

Je dis tout de suite que je n'ai toujours pas lu le roman de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut (prix Goncourt 2013), mais j'avais lu la BD parue en 2015 (non chroniquée). C'est Pierre Lemaître qui a réalisé l'adaptation, et Christian de Metter a fait les dessins.

Pour en revenir au film d'Albert Dupontel qui interprète l'un des deux rôles principaux, les premières scènes dans les tranchées, la couleur et l'image m'ont fait penser A un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004). Le 9 novembre 1918, les soldats français, dont Albert Maillard et Edouard Pericourt, attendent l'armistice avec impatience. Malheureusement, le lieutenant d'Aulnay-Pradelle qui commande ces soldats ordonne à deux d'entre eux d'aller vers la tranchée adverse. Ils sont abattus d'une balle dans le dos. Et les canons allemands se mettent à envoyer un déluge d'obus. Albert est enseveli avec un cheval mort, et Edouard est défiguré. Il devient une "gueule cassée". Désormais, revenu à la vie civile, il porte différents masques pour dissimuler son visage. Par ailleurs, grâce à Albert qui s'en est sorti, il prend l'identité d'un soldat mort, ne pouvant se résoudre à retourner dans sa famille avec son visage abîmé. Edouard, très doué en dessin, est le fils d'un riche banquier. Albert fait tout pour l'aider du mieux qu'il peut. Tous les deux, en compagnie d'une jeune orpheline, ils mettent au point une escroquerie aux monuments aux morts. Pendant ce temps là, d'Aulnay-Pradelle se fait de l'argent sur le dos des morts au combat. Il dirige un genre d'entreprise de pompes funèbres qui déterre les corps des soldats enterrés dans des tombes de fortune sur les champs de bataille et les inhument à nouveau dans des cimetières militaires. Parfois les corps étaient intervertis. Par ailleurs, d'Aulnay-Pradelle, qui est un ignoble personnage, s'est marié avec la soeur d'Edouard. Je m'arrête là pour l'histoire. C'est un film très bien joué jusqu'aux petits rôles. Arestrup en père d'Edouard est bouleversant. Mention spéciale au jeune Nahuel Pérez Biscayart qui, derrière ses masques en plumes ou en carton, a un regard qui vous chavire. La réalisation est virevoltante. Je ne m'attendais pas à une telle maîtrise de la part d'Albert Dupontel dont je n'ai pas aimé certains films. Le sujet l'a vraiment inspiré. Un film à voir. Lire les billets de Pascale et de ffred.

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jeudi 19 octobre 2017

Danielle Darrieux (1917-2017)

Encore une disparition, Danielle Darrieux nous a quittés à l'âge de 100 ans. Née à Bordeaux, le 1er mai 1917, elle avait commencé sa carrière dans les années 30. Je l'avais appréciée dans Madame D. de Max Ophüls (1953), dans L'affaire Cicéron de Joseph Mankiewicz et La vérité sur Bébé Donge (1952) d'Henri Decoin (qui fut son mari), dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954) où elle interprétait Mme de Rénal. On peut aussi retenir Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959) et plus récemment Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967). François Ozon l'a fait tourner dans 8 femmes en 2002 et et Pascal Thomas dans L'heure zéro en 2007 (d'après Agatha Christie). Après Jeanne Moreau et Jean Rochefort, Gisèle Casadesus, le cinéma français est en deuil une nouvelle fois.

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jeudi 5 octobre 2017

Snjor et Mörk - Ragnar Jonasson / La fille d'avant - JP Delaney

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Attirée par découvrir des auteurs de polars scandinaves, j'ai été tentée de lire le premier roman de Ragnar Jonasson traduit en français (d'après le texte anglais) après avoir lu une ou deux critiques sur des blogs comme celui de Yv. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.

Snjor (Editions points Seuil, 335 pages) se passe entre 2008 et 2009. Ari Thor, 24 ans, vient de terminer l'école de police de Reykjavik. Il accepte, sans en parler à Kristin, sa petite amie infirmière, une première affectation à Siglufjördur dans le nord de l'Islande. A Siglufjördur, il ne se passe rien jusqu'au moment où un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre. Ari Thor va mener une enquête qui le ramène dans le passé de certains personnages.

Dans Mörk (Edtions de la Martinière, 326 pages), on retrouve Ari Thor deux ou trois ans plus tard, marié à Kristin, et père d'un petit garçon appelé Stefnir âgé de 10 mois. A Siglufjördur où il ne se passe toujours pas grand-chose, Herjolfur, le collègue d'Ari, est brutalement assassiné, pas loin d'une maison abandonnée à l'entrée de la ville. L'enquête n'avance pas vite. Plusieurs personnages sont plus ou moins liés à cet assassinat, dont le maire du village et son assistante, Elin, qui fuit un homme violent. Il y aussi un homme qui fut interné dans un hôpital psychiatrique, 25 ans auparavant. Son journal fait partie du récit et l'on découvre à la fin quel est son rôle dans l'assassinat. Comme pour Snjor, Ragnar Jonasson prend son temps pour dévoiler la clé de l'énigme. Il y a un enchaînement logique dans le déroulement des événements. Le lecteur ne se perd pas.

 J'ai beaucoup apprécié ces deux romans. J'espère que l'auteur en écrira d'autres avec Ari Thor car il y a encore plein de choses à découvrir sur ce personnage.

Valérie est nettement moins enthousiaste concernant Snjor.

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Parmi mes emprunts en bibliothèque de la fin de l'été, je suis tombée par hasard sur La fille d'avant de JP Delaney (Editions Mazarine, 428 pages). J'avais vu plein d'affiches en gare et dans le métro, en début d'année 2017, qui faisaient la pub de ce roman. Un "page-turner" que j'ai refermé en me disant que je m'étais fait "avoir": ce n'est pas désagréable à lire mais c'est un peu vain. A Londres, Jane, qui vient de perdre un enfant, emménage dans une maison unique à la conception minimaliste, imaginée par un jeune architecte prometteur. Elle a même répondu à un questionnaire de candidature pour avoir la chance d'habiter cette maison. A peine installée, elle ne se sent plus tout à fait la même, comme Emma, la locataire précédente. Comme Emma, elle a une relation torride avec l'architecte minimaliste Edward Monkford. Jane apprend qu'Emma a connu une mort tragique dans la maison un an auparavant, et elle essaye de découvrir comment et pourquoi. Le récit alterne de courts chapitre de 2 ou 3 pages "Maintenant Jane" et "Avant Emma". Mais il m'est arrivé de ne plus savoir dans quel récit j'étais. Physiquement, elles se ressemblent mais psychologiquement, l'une est plus "forte" que l'autre. Le méchant de l'histoire n'est pas celui auquel l'auteur veut nous faire croire, quoique... Bref, roman à emprunter en bibliothèque mais pas plus.

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mercredi 30 août 2017

Règne animal - Jean-Baptiste del Amo

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Règne animal (Edition Gallimard, 418 pages parfois éprouvantes) de Jean-Baptiste del Amo n'est pas un roman confortable. L'histoire se décompose en 2 grandes parties: 1898 à 1917, et 1981.

A Puy-Larroque dans le Gers, au début du XXème siècle, Eléonore naît dans une ferme. La mère, "la génitrice" (on ne connaîtra pas son nom), femme sèche, dure et surtout bigote, n'éprouve aucun élan maternel pour ce bébé qu'elle voit comme un fardeau. La ferme vit grâce aux quelques animaux (en particulier des cochons) dont la génitrice s'occupe. Le père d'Eléonore tombe malade, il tousse beaucoup. Autant Eléonore éprouve de l'animosité envers sa mère, autant elle aime son père, Henri. Par la suite, elle aimera Marcel, un parent de la famille âgé de 19 ans au départ et qui reviendra "la gueule cassée" de la Grande Guerre. Avec lui, elle s'occupera de la ferme. J-B. Del Amo a une écriture puissante. Il ne nous épargne rien de ce qui se passe entre la naissance et la mise au tombeau. Il emploie un vocabulaire très organique, où la montée de sève le dispute à la décomposition des corps. On est dans le lisier, la m...de, le sang, la boue. Cette vie à la ferme n'a rien d'idyllique. Puis nous passons à 1981, la deuxième partie du roman. Eléonore est devenue une vieille femme qui n'a plus son mot à dire. Son fils Henri et les deux fils de celui-ci s'occupent de l'élevage industriel de centaines de cochons (verrats et truies) qui sont entravés. La description qu'Amo fait des conditions de vie de ces animaux nous met le coeur au bord des lèvres (et moi qui aime tant manger du porc...): quelle violence dans la manière d'élever ces animaux! J'ajouterai que tout va se déliter. J'avoue que cette partie m'a moins plu que la première. J'aurais aimé que l'écrivain donne plus de détails sur les soixante années qui séparent les deux parties. L'histoire peut rebuter, mais l'écriture emporte l'adhésion. Un prix du Livre Inter mérité.

Lire les billets de Keisha et Laure.

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vendredi 11 août 2017

Negra soledad / Les yeux du coeur - Ramon Diaz-Eterovic

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J'ai encore bien apprécié les deux romans de Ramon Diaz-Eterovic, Les yeux du coeur (écrit en 2001 et publié en français en 2007) et Negra Soledad (écrit en 2014 et publié en français en mai 2017). Avec ces deux titres, j'en suis à sept romans lus de cet écrivain, alors que la série "Heredia" comporte 16 titres (selon wikipedia). J'ignore pourquoi le plus récent (Negra soldedad) a été traduit en français et pas les deux précédents. Il y a des mystères dans le monde de l'édition qui me dépassent. En revanche, c'est encore Bertille Hausberg qui se charge de la traduction (Elle le fait avec beaucoup de talent depuis le début). Lire mes billets précédents ici, ici, ici et .

Dans Les yeux du coeur (Editions Métailié, 260 pages), le détective Heredia, le narrateur, enquête sur la disparition d'un homme qu'il a connu en 1974, en pleine dictature. Les deux faisaient partie d'un groupe d'aspirants poètes et ils étudiaient le droit. L'enquête va obliger Heredia à quitter Santiago momentanément afin de terminer son enquête sur l'île de Chiloé, au sud des côtes chiliennes, où il retrouvera (ou non) Traverso, l'homme qu'il n'est pas tout seul à chercher. Mais avant d'en arriver là, comme dans les autres romans, on suit Heredia dans ses réflexions, ses déambulations dans quelques quartiers de Santiago. Heredia n'est pas toujours aimable, il est sans concession. On devient familier avec la rue dans laquelle il vit et on entre souvent dans son appartement dont les fenêtres ont vue sur le rio Mapocho et la cordillère des Andes. Il le partage toujours avec Simenon, son chat blanc à qui il fait la conversation. Heredia reçoit parfois de la visite, dont quelques membres du sexe féminin. Mais ses amours ne sont pas très heureuses. Les dames s'en vont ou disparaissent tragiquement et Heredia se retrouve condamné à la solitude. Heredia n'est pas très riche, mais de temps en temps il se renfloue en misant sur les bons chevaux aux courses.

Dans Negra Soledad (titre original en espagnol : La Musica de la soledad (!), Editions Métailié, 345 pages) Heredia décide d'enquêter sur le meurtre d'Alfredo, un ami avocat d'Heredia. Et ceci à la demande de la veuve. Alfredo avait été engagé par des villageois du nord du Chili. Ils sont menacés d'expropriation à cause d'un barrage et d'une exploitation minière polluante. On peut deviner assez vite qui a tué, mais ce n'est pas cela l'important mais la progression d'Heredia dans la découverte de la vérité. En parallèle, Heredia va peut-être enfin se marier avec Doris, une inspectrice de la police.

Ces lectures m'ont encore donné beaucoup de plaisir et j'ai quitté à regret Heredia et Simenon. J'espère les retrouver bientôt. A bon éditeur, salut.

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lundi 5 juin 2017

Celui qui va vers elle ne revient pas - Shulem Deen

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Voici un récit autobiographique qui m'a profondément déprimée (surtout la conclusion), mais le livre est vraiment très bien. Dans Celui qui va vers elle ne revient pas (Editions Globe, 408 pages), Shulem Deen, un Américain né en 1974, raconte les conséquences du fait qu'il a perdu la foi. Juif ultra-orthodoxe, il vivait à New Square, une petite ville fondée dans les années 1950 par un Juif hassidique venu d'Ukraine. La ville se situe à une cinquantaine de kilomètres au nord de New-York. Deen commence son récit avec cette nouvelle terrible. Le tribunal rabbinique de la ville a décidé de le bannir pour hérésie. Pendant 408 pages, Shulem revient sur sa vie, son éducation dans une yeshiva, puis son mariage arrangé à l'âge de 18 ans avec Gitty (les unions sont décidées par le Rabbin), sur la naissance de ses cinq enfants dans cette communauté ultra-fermée où les gens s'expriment en yiddish. Il s'agit pratiquement d'une secte que l'on ne quitte pas. Si on la quitte ou qu'on en est chassé, on ne revient pas. Les hommes étudient la Torah leur vie durant et ils n'arrêtent pas de prier toute la journée jusqu'à tard le soir. Les femmes sont des mères au foyer, elles font la cuisine exclusivement casher, élèvent les enfants (minimum cinq par couple). On ne trouve ni ordinateur, ni radio, ni télé dans les foyers. Ils vivent en autarcie, coupés du reste du monde. Shulem explique que sans éducation universitaire et sans formation, il a eu du mal à trouver du travail rémunérateur et donc à joindre les deux bouts pour nourrir sa famille. Shulem ne regrette rien mais on sent qu'il est malheureux de ne plus voir ses enfants. En effet, depuis son bannissement, Shulem ne voit plus ses trois filles et il a le droit de voir ses deux fils six fois par an jusqu'à leur Bar Mitzvah.

Merci à Dominique et Keisha qui m'ont donné envie de lire ce livre.

Lire aussi les billets de Gambadou et de Valérie.

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mercredi 19 avril 2017

Citoyen d'honneur - Gastón Duprat & Mariano Cohn / L'homme aux mille visages - Alberto Rodriguez

C'est grâce au billet d'Eeguab que je me suis rappelée que je voulais voir Citoyen d'honneur, des Argentins Gaston Duprat et Mariano Cohn. J'ai moi-même aimé ce film dès les premières images. Daniel Mantovani, écrivain reconnu, remercie l'académie Nobel pour le prix qu'elle vient de lui décerner. Si vous arrivez à voir ce film avant qu'il ne passe plus, vous pourrez découvrir son discours assez iconoclaste. Daniel Mantovani vit dans une villa bunker à Barcelone depuis des années, et peu de temps après son prix, lui qui décline toutes les invitations qu'il reçoit, il accepte de retourner à Salas, son village natal. Cette ville au milieu de la Pampa argentine ne semble pas très évoluée, comme les habitants. L'hôtel où descend Daniel est à l'image du reste des habitations: miteux. La ville n'est pas en liesse pour recevoir l'illustre écrivain, et tout va dégénérer assez vite, car quelques habitants n'apprécient pas la manière dont Daniel les a décrits dans ses romans. On sent que tout cela va mal finir. Je ne vais pas tout raconter. J'apprécie ce genre de film hors des sentiers battus.

Je passe à L'homme aux mille visages d'Alberto Rodriguez (La Isla minima) qui raconte des faits réels qui se sont déroulés entre 1994 et 1995. Francisco (Paco) Paesa, espion, agent financier, a exfiltré Roldan, le chef de la Garde civile espagnole, et un milliard cinq cent mille pesetas que ce dernier a dérobé dans les caisses de l'état. Le narrateur, pilote d'avion, un personnage fictif complice de Paco, nous fait faire de nombreux aller-retours entre Madrid et Paris. J'avoue qu'en tant que spectatrice, je n'ai pas tout compris à l'escroquerie qui va aboutir à la condamnation de Roldan, lequel sera trahi par Paesa, mais le personnage de Paco est suffisamment intéressant pour que l'on suive l'histoire avec attention. Paco (Eduard Fernandez, excellent) a l'air si sympathique qu'on a du mal à croire qu'il soit aussi retors et pourtant... A priori, en 2017, Paesa vit à Paris dans le 6ème arrondissement.

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jeudi 26 janvier 2017

Jamais contente - Emilie Deleuze / La mécanique de l'ombre - Thomas Kruithof / Fleur de tonnerre - Stéphanie Pillonca

Voici trois films français sortis pendant ce mois de janvier 2017 et que je chronique dans l'ordre où je les ai vus.

Je commence par Jamais contente d'Emilie Deleuze. Aurore, qui redouble sa 5ème, nous annonce tout de suite que l'année scolaire qui arrive ne va pas bien se passer. En pleine crise d'adolescence, Aurore est très désagréable avec tout le monde et surtout avec ses parents et ses deux soeurs. Néanmoins, elle trouve une oreille compatissante auprès de sa grand-mère. Au collège, elle se fait remarquer en montrant une mauvaise volonté évidente sauf peut-être avec un professeur de français remplaçant: Sébastien Couette. Grâce à un groupe de rock amateur dans lequel elle chante, Aurore va changer et mûrir. Heureusement... car pendant la projection,  j'ai eu souvent envie de flanquer une gifle à cette jeune demoiselle effrontée. Justement, le film m'a fait penser à L'effrontée de Claude Miller (1985) avec Charlotte Gainsbourg. La bande-annonce est ce qu'il y a de mieux pour le film. Le scénario est tiré d'un roman, Le journal d'Aurore, de Marie Despleschin.

Je passe à La mécanique de l'ombre de Thomas Kruithof. A la différence de Pascale qui n'a pas aimé, moi et mon ami avons bien apprécié l'histoire. Duval (François Cluzet) se trouve au chômage depuis un moment après un "burn out". Entre deux entretiens d'embauche, il assiste à des réunions aux Alcooliques Anonymes où il rencontre Sara. Un jour, Duval est contacté par un certain Clément (Denis Podalydès), un homme très mystérieux. Ce dernier propose à Duval de retranscrire sur une machine à écrire (et non un ordinateur) des écoutes téléphoniques. Installé dans un vieil appartement, Duval fait son travail consciencieusement jusqu'au jour où un grain de sable, en la personne de Gerfaut (Simon Abkarian), va perturber la routine de Duval dont la vie va être menacée. J'ai aimé l'ambiance glauque où l'on sent la menace et le danger. L'image beigeasse accentue cette impression. Les acteurs sont tous excellents. Je conseille.

Je termine avec Fleur de tonnerre (que ffred n'a pas aimé). Il s'agit de l'adaptation du roman de Jean Teulé paru en 2013. L'histoire retrace la vie d'Hélène Jegado qui dès sa plus tendre enfance a empoisonné des personnes en commençant par sa mère puis sa marraine. Dès son plus jeune âge, Hélène s'est vue comme la servante de l'Ankou, lui-même serviteur de la mort en Basse-Bretagne. Déborah François et les autres acteurs ne déméritent pas mais le film est très "plan plan", il ne décolle pas. Dommage car le sujet était intéressant. A la fin, on apprend qu'Hélène Jegadou a été guillotinée à Rennes en 1852.

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jeudi 22 décembre 2016

Souvenir - Bavo Defurne

Dans Souvenir de Bavo Defurne, Isabelle Huppert est comme toujours sensationnelle en ancienne chanteuse du prix de l'Eurovision (arrivée 2ème), qui travaille désormais dans une usine qui conditionne des grosses terrines de pâté. Liliane, dont le nom de chanteuse était Laura, est une femme très seule, froide et distante, elle reste à l'écart de ses collègues. Quand elle rentre du travail, elle boit un peu et regarde des jeux télévisés. C'est alors que Jean apparaît dans sa vie. Jean (joué par Kévin Azaïs), c'est un jeune ouvrier intérimaire qui veut se consacrer à la boxe dans la catégorie "poids léger". Il reconnait la chanteuse que fut Liliane. C'est un genre de coup de foudre qui va les unir. Jean décide de devenir le manager de Liliane, qui accepte après quelques réticences. C'est Isabelle Huppert qui chante. Elle a elle-même choisi des chansons du nouvel album de Pink Martini sorti en novembre 2016. C'est un régal. Un film qui donne la pêche! Bien évidemment, je le conseille, et il ne dure qu'1H30. Voici un lien audio vers la chanson principale, "Joli garçon".

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mardi 13 décembre 2016

Tu tueras le père - Sandrone Dazieri

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Tu tueras le père de Sandrone Dazieri (Editions Presse Pocket 724 pages) est un thriller qui se lit bien malgré sa longueur. Il m'avait été recommandé (avec petite coccinelle!) par ma libraire que je remercie. La jeune commissaire Colomba Caselli, âgée de 32 ans, reprend du service après un long congé dont on apprendra la cause au cours de l'histoire. Elle souffre encore d'angoisse. Pour retrouver un jeune garçon qui vient d'être enlevé, elle va demander de l'aide à Dante Torre. Ce dernier, âgé de d'une quarantaine d'années, avait été enlevé à l'âge de 6 ans et enfermé dans un silo dans la banlieue de Rome pendant 11 ans. Il n'a jamais pu voir son ravisseur qui a priori s'est suicidé. Dante souffre de nombreux troubles comme la peur du noir, et dort sur la terrasse de son appartement. Il n'arrête pas de se gaver de tranquillisants et aime boire des cocktails. Le "père" du titre fut son bourreau qui pour le punir l'obligeait à se donner des coups violent sur sa main gauche qui s'est atrophiée. Colomba et Dante forment un duo cabossé par la vie auquel on s'attache rapidement. Ils vont mener une enquête douloureuse car il semble que le ravisseur de Dante ait de nouveau frappé, 25 ans après qu'on l'ait cru mort. Et il n'agit pas seul. Je vous laisse découvrir la résolution de cette intrigue aux vastes ramifications. En mai 2017, un deuxième volet doit paraître. Je le lirai certainement quand il paraîtra en poche.

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