vendredi 24 août 2018

Equalizer 2 - Antoine Fuqua / Les Vieux fourneaux - Christophe Duthuron

J'avais vu en DVD le premier Equalizer (2014) déjà réalisé par Antoine Fuqua, et j'avais bien aimé le personnage de Robert McCall qui, avec un simple tire-bouchon, arrive à "dézinguer" quatre ou cinq "méchants" en moins de trente secondes chrono. Robert McCall, ancien agent de la CIA à la retraite, mène une vie relativement paisible comme chauffeur de taxi à Boston. Il a des clients fidèles. Grand lecteur (il est en train de lire A la recherche du temps perdu de Proust), il ne peut s'empêcher d'intervenir quand c'est nécessaire pour venger les plus faibles: une jeune femme violentée, ou une petite fille qui a été enlevée à sa maman par le père d'origine turque. C'est d'ailleurs le préambule du film où l'on voit Robert McCall (Denzel Washington, très sobre) dans un train quelque part en Turquie. Il est vêtu comme un Musulman. Il met au tapis quatre ou cinq hommes (des acolytes du père), et au plan d'après, la petite fille et sa maman se retrouvent réunies. Puis Robert McCall va surtout s'occuper de trouver et d'éliminer les assassins de Susan Plummer, une ancienne collègue mais d'abord une amie. Le rythme du film est trépidant même si le scénario est un peu mince. Un film à voir un samedi soir. Lire le billet d'Henri Golant.

Je passe aux Vieux fourneaux de Christophe Duthuron (un réalisateur que je ne connais pas du tout). Il s'agit de l'adaptation par Wilfrid Lupano lui-même de ses albums Les Vieux fourneaux (dont les dessins sont l'oeuvre de Paul Cauuet). En 1H30, on a un condensé des trois premiers volumes. Au début des années 2000, on fait la connaissance de Pierrot (anarchiste encore actif - Pierre Richard, inénarrable), Emile (Mimile - Eddy Mitchell), ex-globe-trotter qui se teint les cheveux, et Antoine (Roland Giraud), un ancien syndicaliste. Ils sont unis par une amitié indéfectible depuis 50 ans. Emile et Pierrot se rendent aux obsèques de Lucette, la femme d'Antoine. Antoine a eu deux fils dont l'un (que l'on ne voit pas) est le père de Sophie qui est enceinte. Sophie est le quatrième personnage essentiel de ces histoires. Elle est marionnettiste comme sa grand-mère Lucette, dont on apprend qu'elle avait eu une liaison avec Garant-Servier, le patron de l'entreprise où elle et Antoine travaillait. Le film comporte des scènes et des répliques amusantes, on peut même voir un film (d'animation) dans le film qui révèle des choses peu glorieuses sur le passé des "Vieux fourneaux". Un moment distrayant de cinéma. Lire le billet d'Henri Golant.

NB : pour ceux qui aiment Les Vieux Fourneaux en BD, le 5ème tome "Bons pour l'asile" paraîtra le 9 novembre prochain.

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lundi 30 juillet 2018

Une pluie sans fin - Yue Dong

L'histoire d'Une pluie sans fin du réalisateur chinois Yue Dong (c'est son premier film) rappelle beaucoup celle du film Memories of a murder de Joon-ho Bong sorti en France en 2004 (c'était aussi le premier film du réalisateur sud-coréen). D'ailleurs, j'écrirai bientôt un billet sur Memories of Murder que je viens de revoir en Blu-Ray dans une très belle édition qui vient de sortir.

Pour en revenir à Une pluie sans fin, l'histoire se passe en 1997 (année de la rétrocession de Hong-Kong à la Chine). Yu Guowei fait partie du service de sécurité d'une entreprise d'Etat fabriquant de l'acier, située dans la province du Hunan dans le sud de la Chine. Un jour, il se fait virer de l'usine avec d'autres ouvriers, mais cela ne l'empêche pas de revenir dans ce lieu pour mener une enquête. En effet, Yu a été appelé par la police afin qu'il aide les policiers à élucider le meurtre de plusieurs jeunes femmes dont les corps ont été retrouvés près de l'usine. Yu Guowei est plein d'enthousiasme et d'idées pour trouver le meurtrier. Pendant son enquête, il va croiser la route de Yanzi, une jeune prostituée à qui il va acheter un salon de coiffure. Il croise aussi la route du tueur. Cela donne lieu à une course-poursuite mémorable (la meilleure séquence du film). Mais quand je suis sortie de la salle de projection, je me suis fait la même réflexion qu'une autre spectatrice : que de pluie! Que de pluie! Pratiquement omniprésente du début à la fin. Une pluie sans fin fait une description peu réjouissante de la Chine. Je dirais que j'ai trouvé le film intéressant mais avec des "trous" dans le scénario qui lui donnent un côté décousu. C'est d'abord un film policier, mais il y a le reste: un portrait de la Chine en 1997 et les rapports plein de non-dits entre Yu et Yanzi. Cela fait beaucoup pour un seul film. Il manque quelque chose pour que cette oeuvre soit un grand film même si je peux vous le conseiller. Lire les billets de Pascale et larroseurarrose.

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jeudi 12 juillet 2018

Dogman - Matteo Garrone / Au poste! - Quentin Dupieux

Dogman de Matteo Garrone a permis à Marcello Fonte de recevoir le prix d'interprétation masculine au Festival du film de Cannes en 2018. Dans une sorte de "no man 's land" en bord de mer, pas loin de Rome, se dressent des bâtiments délabrés. Au pied de l'un deux, on voit une enseigne de magasin, "Dogman". Dans ce local travaille Marcello (alias Marcé), toiletteur pour chiens (des petits et des gros molosses qu'il toilette avec amour). Marcé est le papa d'une préadolescente qui adore son père même si elle vit avec sa mère. Marcello, au physique frêle, a de bonnes relations avec des commerçants voisins. A la nuit tombée, il joue au foot avec eux. Mais Marcello a aussi de mauvaises fréquentations en la personne de Simone, un ami plutôt "balèze" qui vient de sortir de prison. Simone, "accro" à la cocaïne, harcèle Marcello pour qu'il lui en fournisse. Il l'implique aussi dans des cambriolages. Marcello, très attaché à Simone, ira jusqu'à faire de la prison pour ce dernier. J'avoue avoir été un peu déçue par l'histoire et sa conclusion. Je m'attendais à ce qui arrive mais pas de la manière dont c'est montré. Et je n'ai pas compris le comportement de Marcello vis-à-vis de Simone, de se laisser ainsi battre et humilier. Même si Marcello Fonte est bien, le film n'est pas forcément à voir en priorité.

Sur les conseils de Pascale, j'ai vu Au poste! de Quentin Dupieux, un "petit" film (1H13) très distrayant. L'histoire loufoque se passe dans un commissariat pendant une soirée. Un certain Fugain est interrogé par le commissaire Buron (Benoît Poelvoorde, excellent) dans une grande salle pleine de bureaux et d'armoires très années 70-80. Fugain a eu le malheur (si je puis dire) d'appeler la police après avoir trouvé un cadavre baignant dans son sang au bas de son immeuble. Ayant laissé un fer à repasser qu'il avait en main sur le lieu du crime, il est tout de suite considéré comme suspect n°1 et donc interrogé. L'histoire pleine de rebondissements et de flash-back se termine de manière inattendue avec un petit épilogue à la toute fin du générique. Quand je suis sortie de la salle, le match France-Belgique venait de commencer mais cela n'a pas empêché qu'il y avait pas mal de public dans la salle. C'est mérité. Lire aussi le billet de princecranoir.

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samedi 5 mai 2018

Le retour / Jamais - Bruno Duhamel

Grâce à Violette et à Mo que je remercie, j'ai découvert le dessinateur et scénariste de BD Bruno Duhamel.

Le Retour (Bamboo Edition, collection "grand angle", 96 pages) est une évocation très libre de la vie et l'oeuvre de César Manrique (1919-1992) et de l'île de Lanzarote où il est né. Lanzarote fait partie des îles Canaries. Grâce à Manrique qui était un peintre, architecte et scupteur, Lanzarote n'a pas trop subi les effets du tourisme de masse mais il semblerait que les touristes viennent mallheureusement de plus en plus nombreux d'année en année. Manrique avait réussi par son engagement à ce que son île soit préservée; en particulier à ce que les maisons contruites ne dépassent pas deux étages. Duhamel fait de Manrique (Cristobal dans l'album), un homme plus torturé, plus intransigeant que ne l'était peut-être Manrique qui a fait de son ile volcanique une oeuvre d'art. Comme Violette, je ne connaissais pas Manrique et je n'ai jamais été à Lanzarote. La BD donne envie de découvrir et l'oeuvre de Manrique et l'île. J'ajouterai que j'aime beaucoup les dessins, le noir et blanc et la couleur, les planches "pleine page". Pour compléter cette lecture et pour vous donner une idée sur à quoi ressemble Lanzarote, lire les billets de Géraldine.

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Jamais (Bamboo édition, collection grand angle,  56 pages) raconte l'histoire de Madeleine, une vieille dame aveugle au caractère pas commode qui a perdu son mari en mer depuis plusieurs années. Cela ne l'empêche pas de continuer à lui parler comme s'il était toujours là. Madeleine vit avec son chat Balthazar dans une maison isolée au bout d'une falaise en train de s'écrouler sur la côte d'albâtre. Le ton de la BD est souvent drôle, touchant et grave en même temps. Madeleine, malgré son infirmité, se débrouille bien toute seule. C'est pourquoi elle tient tête au maire de la ville voisine qui voudrait qu'elle parte en maison de retraite. La fin nous laisse dans l'expectative: tombera? Tombera pas? Une BD que je conseille tout comme Aifelle, Brize et Mo.

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lundi 23 avril 2018

Place publique - Agnès Jaoui / Luna - Elsa Diringer

N'étant pas très fan des films du couple Jaoui/Bacri, je suis très à l'aise pour dire que Place publique m'a plu et que j'ai souvent ri. La réalisation est signée d'Agnès Jaoui tandis que le scénario et les dialogues ont été écrits par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. L'histoire se passe le temps d'une après-midi et une soirée de pendaison de crémaillère dans la nouvelle demeure d'Hélène (Léa Drucker) une productrice d'émission de radio avec le smartphone greffé à l'oreille. La demeure se situe à 35 minutes (à vol d'oiseau) de Paris. Quelques célébrités sont présentes, dont Castro, un animateur de télévision dont l'audimat dégringole. D'ailleurs, Hélène suit les négociations par téléphone pour savoir si Castro est viré ou non de l'émission. Castro est l'ex-mari de Nathalie (Agnès Jaoui), la soeur d'Hélène. Ils ont une fille, Anne, qui vient d'écrire un livre assez caustique sur ses parents. Castro est devenu cynique et il est de très mauvaise foi tandis que Nathalie a encore quelques convictions, comme de défendre une Afghane menacée d'expulsion du territoire français. Elle essaye de convaincre Castro de l'inviter dans son émission. La fête bat son plein, les voisins ne sont pas contents à cause du bruit. Avec sa moumoute, Jean-Pierre Bacri est irrésistible. J'ai trouvé ce film sympathique et la fin avec le générique où Jean-Pierre Bacri chante accompagné d'une guitare vaut le détour comme l'a bien écrit Pascale. D'ailleurs les spectateurs sont restés jusqu'au bout du générique.

Je passe à Luna, un film français qui semble être passé inaperçu (et je trouve cela dommage). Luna (sorti le 11 avril 2018) permet de révéler une jeune actrice épatante, Laëtitia Clément, que je ne connaissais pas. Elle crêve l'écran face à Rod Paradot (découvert dans La tête haute). Dans la région de Montpellier, Luna est une jeune femme qui travaille chez un maraîcher. Elle est amoureuse d'un garçon, Ruben, un chef de bande qui profite bien d'elle. Un soir dans un hangar, la bande s'en prennent à un jeune "grafeur", Alex (Rod Paradot). Quelques semaines après, Alex fait un stage chez le maraîcher où travaille Luna. Evidemment, elle se met à avoir des sentiments pour Alex. J'ai aimé le ton du film, la douceur. Et, je le répète, Laëtitia Clément est une jeune actrice à suivre.

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jeudi 1 mars 2018

La Forme de l'eau - Guillermo del Toro

Décidément, après Phantom Thread qui se passe à Londres dans les années 50, je constate que les années 50 et le début des années 60 ont les faveurs des réalisateurs. Dans La forme de l'eau de Guillermo del Toro, nous voilà aux Etats-Unis sur la côte Est à la fin des années 50, en pleine Guerre froide. Elisa, une jeune femme célibataire, muette (mais pas sourde), vit dans un appartement au-dessus d'un grand cinéma en activité mais peu fréquenté. Tous les jours, elle prend un bain, s'y masturbe avec vigueur, puis, avant de partir travailler, se prépare des oeufs durs qu'elle mange comme repas à midi. Giles, son voisin de palier entouré de chats, s'entend bien avec elle. C'est un homosexuel pas très chanceux, ni en amour, ni dans le domaine professionnel. Bon dessinateur, il n'arrive pas à vendre ses dessins à une agence publicitaire. Elisa, elle, travaille comme agent d'entretien dans un genre de base secrète qui accueille un jour un homme amphibien. Il arrive dans une grande cuve remplie d'eau. Elisa tombe immédiatement sous le charme de cet homme poisson avec qui elle communique en langue des signes. Lui-même ne reste pas insensible. Elle va tout faire pour le sauver de son triste destin en étant aidée par Zelda, sa meilleure collègue, ainsi que par Giles. Car, face à eux, il y a Strickland, un être raciste, méchant, bête qui fait pipi avec les deux mains sur les hanches (!), qui se lave les mains avant mais jamais après. Ce homme veut autopsier "the asset", cette chose, l'homme amphibien. On a l'impression que je raconte tout le film mais pas du tout. Il se passe plein de chose pendant les deux heures du film. Je vous laisse découvir la séquence "comédie musicale" filmée dans un noir et blanc éclatant; la fin tragique d'un des chats de Giles, etc. Il y a du suspense (les espions russes ne sont pas loin) et j'ai aimé la fin de ce conte. L'univers visuel ainsi que les couleurs du film lorgnent beaucoup vers ceux des films de Jean-Pierre Jeunet. Cette belle histoire d'amour est assez invraisemblable, on adhère ou pas. J'ai adhéré mais sans plus. Je n'ai pas éprouvé beaucoup d'émotion. En revanche, dans la salle où j'étais, des spectateurs ont applaudi à la fin.

Lire les critiques de Pascale, ffred et Strum.

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lundi 5 février 2018

L'insulte - Ziad Doueiri

Des 17 films vus depuis ce début d'année dont beaucoup déjà chroniqués, voici mon film préféré de 2018 (pour l'instant). Il s'agit de L'insulte de Ziad Doueiri, un réalisateur franco-libanais dont j'avais aimé L'attentat (l'adaptation du roman de Yasmina Khadra). A Beyrouth, au Liban, Toni, un Chrétien libanais propriétaire d'un garage, arrose ses plantes sur le balcon de son appartement. Ceci étant, la gouttière d'évacuation mal positionnée arrose les ouvriers d'un chantier voisin qui passaient par là. Le contremaitre, Yasser, un Palestinien mariée à une Chrétienne et vivant dans un des camps alentour, veut réparer cette gouttière. Il se fait "rembarrer" vertement par Toni. Plus tard, Yasser va traiter Toni de "sale con". Les choses vont s'envenimer, Yasser n'arrivant à s'excuser. Il y aura une escalade verbale malheureuse de la part de Toni et des violences physiques de la part de Yasser. Cette confrontation va les mener jusqu'au tribunal. Dans ce lieu, on se rend rapidement compte qu'il ne s'agit pas simplement d'insultes verbales et de violence physique. C'est plus profond. On constate la remontée de haines recuites entre communautés. Je rappelle que la guerre au Liban, qui a duré 15 ans entre 1975 et 1990, a été terrible. Chrétiens et Palestiniens se sont durement affrontés. Il s'agit d'une guerre où il n'y a pas eu de vainqueurs. J'ai trouvé le film absolument passionnant. Les personnages ont beaucoup d'épaisseur. Chaque point de vue se défend. La note humoristique, si je puis dire, est que l'on apprend au détour d'une phrase du juge que les avocats qui représentent d'un côté Toni et de l'autre Yasser sont père et fille. Un très bon film que je recommande toutes affaires cessantes. Ce film est sélectionné dans la catégorie "Meilleur film étranger" aux prochains Oscars (c'est amplement mérité), et l'acteur Kamel El Basha qui interprète Yasser a reçu le prix d'interprétation masculine au dernier festival de Venise en septembre dernier. Lire le billet du blog du Bleu du miroir (Wilyrah).

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dimanche 21 janvier 2018

Kedi, des chats et des hommes - Ceyda Torun / L'échange des princesses - Marc Dugain

Ca y est, la qualité des sorties cinématographiques s'améliore même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je commence avec un documentaire turc, Kedi, des chats et des hommes, qui s'attache aux pattes de quelques chats stambouliotes. En effet, Istanbul est la ville des chats que l'on voit partout dans les rues. Ils n'ont pas de maîtres attitrés mais ils sont nourris par la population. La caméra est souvent au ras du bitume. Et les chats ne semblent pas sauvages. Parmi les sept ou huit héros du film, il y a en particulier Psikopat, une chatte, véritable terreur qui fait peur aux chats alentours, même aux matous. Gare à ceux qui s'approchent trop près d'elle. Un homme explique que les chats l'ont sauvé d'une grave dépression. Le film est sympathique, sans plus. A priori, ces colonies de chats sont menacés par les contructions modernes bâties sur des parcs où se réfugiaient ces félins. Ils ont de moins en moins d'espace vital dans la ville dont on voit de belles vues panoramiques. Lire le billet de Henri Golant.

Je continue avec L'échange des princesses réalisé par Marc Dugain d'après l'ouvrage de Chantal Thomas. Le film commence en 1719, le jeune roi Louis XV a 9 ans. Avec le jeu d'alliances pour sceller la paix en Europe et par décision de Philippe d'Orléans, le Régent de France, le futur roi est fiancé en 1721 à Marie-Anne Victoire de Bourbon âgée de 3 ans (!!). Elle est la fille de Philippe V, roi d'Espagne qui est lui-même le petit-fils de Louis XIV. Dans le même temps, il est décidé que Mademoiselle de Montpensier, une des filles du Régent, devienne l'épouse du futur Louis 1er d'Espagne, lui-même fils de Philippe V (vous me suivez?). J'ai trouvé les jeunes acteurs absolument sensationnels (mention spéciale à la jeune Juliane Lepoureau qui interprète Marie-Anne Victoire). Ils sont très à l'aise dans leurs rôles d'enfants à qui l'on demande de devenir des adultes trop tôt. Il faut noter que Marie-Anne Victoire que l'on considérait comme inapte à procréer est restée 4 ans en tant que fiancée du Roi. Il semble qu'elle ait à peine grandi pendant qu'elle a vécu à Versailles. Renvoyée en Espagne, elle est devenue par la suite reine puis régente du Portugal et elle a eu quatre filles (comme quoi). Pour revenir sur le film, on peut noter le soin pour les décors et les costumes et la prestation de Catherine Mouchet en gouvernante du jeune roi. Lire le billet de Pascale.

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samedi 4 novembre 2017

Au revoir là-haut - Albert Dupontel

Je dis tout de suite que je n'ai toujours pas lu le roman de Pierre Lemaître, Au revoir là-haut (prix Goncourt 2013), mais j'avais lu la BD parue en 2015 (non chroniquée). C'est Pierre Lemaître qui a réalisé l'adaptation, et Christian de Metter a fait les dessins.

Pour en revenir au film d'Albert Dupontel qui interprète l'un des deux rôles principaux, les premières scènes dans les tranchées, la couleur et l'image m'ont fait penser A un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004). Le 9 novembre 1918, les soldats français, dont Albert Maillard et Edouard Pericourt, attendent l'armistice avec impatience. Malheureusement, le lieutenant d'Aulnay-Pradelle qui commande ces soldats ordonne à deux d'entre eux d'aller vers la tranchée adverse. Ils sont abattus d'une balle dans le dos. Et les canons allemands se mettent à envoyer un déluge d'obus. Albert est enseveli avec un cheval mort, et Edouard est défiguré. Il devient une "gueule cassée". Désormais, revenu à la vie civile, il porte différents masques pour dissimuler son visage. Par ailleurs, grâce à Albert qui s'en est sorti, il prend l'identité d'un soldat mort, ne pouvant se résoudre à retourner dans sa famille avec son visage abîmé. Edouard, très doué en dessin, est le fils d'un riche banquier. Albert fait tout pour l'aider du mieux qu'il peut. Tous les deux, en compagnie d'une jeune orpheline, ils mettent au point une escroquerie aux monuments aux morts. Pendant ce temps là, d'Aulnay-Pradelle se fait de l'argent sur le dos des morts au combat. Il dirige un genre d'entreprise de pompes funèbres qui déterre les corps des soldats enterrés dans des tombes de fortune sur les champs de bataille et les inhument à nouveau dans des cimetières militaires. Parfois les corps étaient intervertis. Par ailleurs, d'Aulnay-Pradelle, qui est un ignoble personnage, s'est marié avec la soeur d'Edouard. Je m'arrête là pour l'histoire. C'est un film très bien joué jusqu'aux petits rôles. Arestrup en père d'Edouard est bouleversant. Mention spéciale au jeune Nahuel Pérez Biscayart qui, derrière ses masques en plumes ou en carton, a un regard qui vous chavire. La réalisation est virevoltante. Je ne m'attendais pas à une telle maîtrise de la part d'Albert Dupontel dont je n'ai pas aimé certains films. Le sujet l'a vraiment inspiré. Un film à voir. Lire les billets de Pascale et de ffred.

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jeudi 19 octobre 2017

Danielle Darrieux (1917-2017)

Encore une disparition, Danielle Darrieux nous a quittés à l'âge de 100 ans. Née à Bordeaux, le 1er mai 1917, elle avait commencé sa carrière dans les années 30. Je l'avais appréciée dans Madame D. de Max Ophüls (1953), dans L'affaire Cicéron de Joseph Mankiewicz et La vérité sur Bébé Donge (1952) d'Henri Decoin (qui fut son mari), dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954) où elle interprétait Mme de Rénal. On peut aussi retenir Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959) et plus récemment Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967). François Ozon l'a fait tourner dans 8 femmes en 2002 et et Pascal Thomas dans L'heure zéro en 2007 (d'après Agatha Christie). Après Jeanne Moreau et Jean Rochefort, Gisèle Casadesus, le cinéma français est en deuil une nouvelle fois.

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