mercredi 2 septembre 2020

Effacer l'historique - Gustave Kervern et Benoît Delépine

Comme je n'ai rien compris ou presque à Tenet, je n'écrirai pas de billet dessus. Je préfère évoquer Effacer l'historique de Gustavec Kervern et Benoît Delépine qui ont aussi écrit le scénario. Quelque part, dans une zone pavillonnaire des Hauts-de-France, Marie (Blanche Gardin), Bertrand (Denis Podalydès) et Christine (Corinne Masiero) ne vont pas bien. La première loge dans un pavillon, vidé de ses meubles qu'elle vend au fur et mesure car elle n'a pas de travail. A l'occasion d'une sortie trop arrosée dans un bar, elle va se faire piéger, et sa prestation a été filmée sur une "sextape". Le "sextapeur" (Vincnt Lacoste) lui réclame de l'argent que, bien sûr, elle n'a pas. Par ailleurs, Marie va voir son fils la nuit venue en s'introduisant chez son ex qui en a la garde.
Bertrand, lui, vit avec sa grande fille adolescente qui est ne veut plus aller au lycée où elle est harcelée via une vidéo prise sur smartphone. Cherchant peut-être l'âme soeur, il fait durer des appels quand il est démarché au téléphone et que la voix est féminine et exotique. Cette voix le fera voyager jusqu'à l'Ile Maurice.
Quant à Christine, chauffeur VTC, elle attend désespérément que son nombre d'étoiles "données par les clients" augmente. Et malheureusement, rien n'arrive.
On a donc trois histoires séparées mais tortillées ensemble, avec comme points communs les réseaux sociaux et les nouvelles technologies numériques qui font partie de leur vie. Nos trois sujets ne contrôlent rien et ne peuvent pas revenir en arrière, à moins que "Dieu" (Bouli Lanners), installé dans une éolienne, puisse les tirer d'affaires. Le lien qui les unit est le fait qu'ils ont été, il n'y a pas si longtemps, des "gilets jaunes". Mais depuis, ils sont complètement largués. Le film dégage un humour souvent desespéré. Certains personnages ne font que passer, comme un livreur "Alimerzone" (Benoït Poelvoorde, irrésistible), ou bien Michel Houellebecq, un client dépressif qui entre dans la boutique où travaille Bertrand. L'humour n'est pas toujours très fin mais on passe un bon moment. Lire les billets d'Anne, Ffred, Pascale et Henri Golant.

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dimanche 16 février 2020

La fille au bracelet - Stéphane Demoustiers

La fille au bracelet commence avec une séquence sur une plage. On voit une famille de loin, le père, la mère et les enfants, dont une fille adolescente. Deux policiers arrivent. On ne comprend pas ce qu'ils disent mais l'adolescente se rhabille et suit les policiers sans protester. Deux ans plus tard, Lise Bataille, âgée désormais de 18 ans et qui porte un bracelet électronique, attend de passer en jugement. Elle est accusée d'avoir poignardée à mort Flora, sa meilleure amie. On assiste à des moments du procès assez passionnants. On ne sait pas vraiment ce que ressent Lise. Elle ne réagit pas beaucoup, sauf juste avant le verdict. Ses parents, très bien interprétés par Roschdy Zem (décidément, il n'arrête pas de tourner) et Chiara Mastroianni, la soutiennent comme ils peuvent même si la mère prend du recul sur l'affaire. Ils ne reconnaissent pas leur fille qui, avant le drame, était a priori joyeuse et sociable et qui désormais est devenue renfermée et peu causante. J'ai beaucoup aimé l'avocate de la défense, très humaine. En revanche, la procureure, interprétée par Anaïs Demoustiers (la soeur du réalisateur) m'a paru très antipathique. Il faut noter le jeu sobre de Melissa Guers qui interprète Lise. Tout au long du film, le mystère reste entier, et ce jusqu'au terme de l'histoire, même si on assiste au verdict final sur lequel je ne vous dirai rien. Un très bon film. Lire le billet de Baz'art.

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lundi 10 février 2020

Hommages : Kirk Douglas et Robert Conrad

Vous me direz que j'exagère de rendre hommage dans le même billet à Kirk Douglas (1916-2020) et Robert Conrad (1935-2020). Ils n'avaient pas le même talent mais ils sont décédés à trois jours d'intervalle. Le premier était un grand producteur et acteur de cinéma, le deuxième est devenu célèbre avec son rôle de James West dans la série TV des années 60 Les Mystères de l'Ouest, puis plus tard dans le rôle de Pappy Boyington dans Les têtes brûlées dans les années 70. Dans ma jeunesse, j'avais un faible pour Robert Conrad. Dès que j'entendais le générique célébrissime des Mystères de l'ouest à la télé, j'étais devant le petit écran et rien ne pouvait m'en détourner.

Kirk Douglas était le dernier acteur de l'âge d'or d'Hollywood. Ce fils d'un chiffonnier biélorusse laisse une filmographie impressionnante comme Spartacus et Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, L'arrangement d'Elia Kazan, des westerns comme Règlement de compte à Ok Corral, Le reptile, Seuls sont les indomptés, La captive aux yeux clairs, etc, des films de Vincente Minelli comme La vie passionnée de Vincent Van Gogh ou Quinze jours ailleurs. Je ne peux pas tous les citer, il en a tourné presque 100 entre 1950 et 2004. Je rappelle que mon ami Ta d loi du cine a chroniqué le livre de Kirk Douglas paru en 2013 à propos du tournage de Spartacus.

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samedi 14 décembre 2019

La vallée des immortels, Tome 2 - Yves Sente, Teun Berserik et Peter Van Dongen

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A la fin du tome 1 de la Vallée des immortels (Menaces sur Hong-Kong), nous avions laissé Philip Mortimer en fâcheuse posture puisqu'il vient d'être enlevé à Hong-Kong par un dénommé Nathan Chase qui n'est autre que l'infâme Colonel Olrik, ennemi mortel de Blake et Mortimer. Je rappelle que l'histoire se situe juste après Le secret de l'Espadon. d'Edgar P. Jacobs. Dans La Vallée des immortels, tome 2 (Le millième bras du Mékong) (Editions Blake et Mortimer, 56 pages), Francis Blake et les forces de police hong-kongaise sont à la recherche de Mortimer. Mortimer qui a perdu sa pipe lors de son enlèvement a été embarqué dans un petit bateau, puis par avion, pour être mené vers Xi Li, un des derniers Seigneurs de la Guerre qui ne rêve que de prendre le pouvoir en Chine, persuadé qu'il est le descendant de celui qui a aidé le premier empereur de Chine à unifier cet immense territoire. Il veut que Mortimer répare une "Aile rouge" avec lequel Olrik s'était enfui. Je vous passe pas mal de péripéties. Il faut vous laisser la surprise. La vallée des immortels est un endroit dans la province de Yunnan où l'on peut trouver des émeraudes et la perle de vie qui pourrait sauver quelqu'un. Dans cette vallée, il y a aussi des pandas géants plutôt agressifs, des serpents et surtout des dragons. Là, on vire dans le fantastique. Yves Sente s'éloigne assez de l'univers de Jacobs. On peut l'accepter ou non. Quant à Chase/Olrik, qui s'est allié à Xi Li, il espère bien pouvoir s'emparer du "Skylantern", un engin de guerre au système d'élévation vertical inventé par Mortimer.
Il faut noter que pour une fois, ni Blake, ni Mortimer ne reconnaissent Olrik sous le postiche de Chase.

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Le skylantern.

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Voici les pandas.

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Pour terminer, mon ami Ta d loi du cine s'est rendu à ma place (je n'étais pas à Paris) à une rencontre avec les auteurs dans une bibliothèque médiathèque à Paris, le 21 novembre 2019 (la veille de la sortie nationale de l'album) à partir de 19h. La présentation a duré une heure et à la fin, les auteurs ont dédicacé des exemplaires.

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jeudi 10 octobre 2019

Propriété privée - Julia Deck / La clé USB - Jean-Philippe Toussaint

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Voici deux romans achetés compulsivement. Ils étaient côte à côte sur un présentoir. Ils font partie des nouveaux romans parus cet automne. J'ai déjà lu un ou deux romans dont La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint et j'avais bien apprécié Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck. 

Toujours est-il que j'ai apprécié ces deux romans même si j'ai été frustrée sur la manière dont les récits évoluent.

Pour La clé USB de Jean-Philippe Toussaint (Editions de Minuit, 190 pages), je m'attendais à lire un roman d'espionnage. Le narrateur travaille à la Commission européenne à Bruxelles. Il s'intéresse à la "Blockchain" et aux "Bitcoins". Il publie un rapport sur ces sujets et cela l'amène à être approché par des lobbyistes. Sur le chemin qui l'emmène vers Tokyo pour intervenir dans une conférence, il fera une halte en Chine qui provoquera un blanc de quarante-huit heures (1) dans son emploi du temps. Dans la dernière partie du récit, l'histoire bifurque sur la vie personnelle du narrateur avec la maladie de son père qui est en train de mourir. Quant à la clé USB du titre, c'est un des lobbyiste qui la fait tomber (volontairement ou non) de sa poche. On reste avec plein de questions quand on referme ce roman agréable à lire mais je n'ai pas forcément compris ce que voulait nous dire l'écrivain.

Je passe à Propriété privée de Julia Deck (Editions de Minuit, 173 pages). Cette fois ci, c'est une narratrice qui nous raconte à sa manière comment elle et son mari ont décidé de devenir propriétaires d'un pavillon dans un éco-quartier de la banlieue parisienne. Leur pavillon fait partie d'un ensemble dans une allée résidentielle pour ménages aisés. Une semaine après qu'ils se soient installés, un couple, Arnaud et Annabelle Lecoq, s'installent avec leur petit garçon dans le pavillon voisin de l'autre côté du mur. Et puis, d'autres personnes s'installent au fur et à mesure. La narratrice se rend compte très vite que la vie avec des voisins n'est pas facile d'autant plus qu'Annabelle Lecoq n'est pas sympathique. Cette dernière peut être déplaisante et vulgaire. Malgré tout le temps s'écoule et au moment d'une rentrée des classes, Annabelle et son petit garçon ont disparu. Une enquête de voisinage entraîne l'arrestation du mari de la narratrice. Je pourrais résumer l'histoire à "L'enfer, ce n'est pas les Autres, ce sont les voisins". Comme pour La clé USB, le roman se lit vite. A vous de juger! A emprunter en bibliothèque, à mon avis.

(1) Merci Alex-mot-à-mot!

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dimanche 25 août 2019

Roubaix, une lumière - Arnaud Desplechin

Je viens de lire quelques articles mitigés sur Roubaix, une lumière. Je trouve cela bien dommage car j'ai trouvé le nouveau film d'Arnaud Desplechin très réussi. Comme le titre l'indique, le film se passe à Roubaix de nos jours. Roubaix, coincée entre Lille et Tourcoing et située pas très loin de la Belgique. Roubaix, qui est en zone urbaine sensible avec plus de 40% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, est la ville natale du réalisateur. L'histoire se passe pendant la période de Noël dans un commissariat de quartier. Un commissaire, Yacoub Daoud (Roschdy Zem, extraordinaire), est un homme calme qui ne s'énerve pas. Il est le seul à ne pas être rentré au bled. Le seul parent qui lui reste sur place, c'est son neveu incarcéré dans une prison, qui le hait parce qu'il est flic. Yacoub est attaché à cette ville de Roubaix où il a grandi. Il a une passion pour les chevaux de course même s'il ne parie jamais. Le film montre, dans une première partie, le quotidien d'un commissariat. Yacoub a plusieurs policiers sous ses ordres à qui il distribue les dossiers d'affaires en cours : vol, viol, incendie volontaire, etc. Dans la deuxième partie, l'intrigue se resserre sur un crime, une octogénaire est retrouvé étranglée dans son lit. Deux jeunes femmes, Claude et Marie, habitant dans une maison mitoyenne, sont suspectées, bien qu'elles-mêmes aient tout d'abord accusé des délinquants qui auraient pu commettre ce forfait. J'ai trouvé cette partie passionnante, entre les auditions, la manière qu'a Yacoub d'interroger les suspectes aux personnalités très différentes. Claude (Léa Seydoux) nie tout en faisant porter toute la responsabilité sur Marie (Sara Forestier). La plus grande partie du film se passe de nuit ou alors dans des intérieurs peu éclairés. Cela donne une atmosphère particulière. Une très bonne surprise avec, je le répète, un Roschdy Zem qui mériterait d'être récompensé aux Césars de l'an prochain. Lire le billet de ffred.

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dimanche 7 juillet 2019

Expositions en Normandie (Wolinski ou Vuillemin à l'honneur... et toujours Dubout!)

Il y a déjà quelque temps, à l'occasion d'une excursion à Trouville (Deauville), dasola et moi (ta d loi du cine, squatter sur son blog), nous avions découvert (grâce à une grande banderole sur un rond-point!) un événement provincial qui, cette année, mettait à l'honneur Wolinski.

Il s'agissait de la 6ème édition d'un "Salon du dessin satirique" principalement consacré au dessinateur Dubout (1905-1976), organisée par son petit-fils. En 2019, en plus de 55 dessins d'Albert Dubout, le Salon présentait 80 dessins et un dessin animé (qui passait en boucle sur un téléviseur), aimablement prêtés par Maryse Wolinski. Comme il nous l'a gentiment raconté, pour la première édition, en 2012, l'organisateur avait contacté Cabu et Wolinski. Ce dernier ayant eu un empêchement de santé cette année-là, seul Cabu avait été mis à l'honneur lors de l'événement. Et puis il y a eu le 7 janvier 2015... C'est seulement en 2019 que Didier Dubout a proposé à Maryse Wolinski de relancer le projet d'hommage conjoint.

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Le Salon a lieu dans l'église Saint-Pierre, située dans la bourgade de Touques. Construite au XIème siècle, elle a pu voir passer Guillaume le conquérant, ou du moins une partie de sa flotte, en route pour aller conquérir l'Angleterre. Cette localité était jadis un port florissant de par sa position dans l'estuaire (aujourd'hui ensablé) du fleuve côtier, la Touques, qui lui avait donné son nom. L'édifice ayant subi un incendie lors de la Guerre de Cent ans, il est de nos jour de dimensions plus restreintes qu'à l'origine. Désaffecté à la Révolution française, l'ancien lieu de culte a ensuite servi d'entrepôt. En 1840, il fait partie du millier d'édifices protégés à la demande de Prosper Mérimée au titre de la première liste des Monuments historiques. Depuis maintenant deux décennies, l'église Saint-Pierre accueille des expositions (et le public qui va avec), à la satisfaction, semble-t-il, des municipalités de Deauville ou Trouville, dépourvues de lieu correspondant.

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Il est de notoriété publique qu'Albert Dubout a influencé Wolinski. Ainsi, il me semble qu'on sent nettement l'influence de Dubout sur le dessin titré La jungle visible sur Gallica.

Les personnages de Wolinski sont souvent bavard, là où les "trognes" de Dubout ne s'accommodaient guère de paroles. Mais je suppose que je peux m'essayer à faire rimer les dessins ci-dessous (personnages ou situation aquatique, noir et blanc ou couleur...). 

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Je précise que nous avons bien entendu demandé l'autorisation avant de prendre des photos de quelques-uns des dessins exposés.

P1110087 ...rejoueront-ils le match en 2022 (dessin muet, sans commentaire)?

Beaucoup de texte, par contre, ensuite.

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P1110094  Société : ils ont bien changé, Monsieur et Madame Anatole...

P1110096 (vous avez dit Brexit?)

P1110098 (les Présidents passent...)

P1110097 (le Salon de l'Agriculture, moi, ça me parle...).

P1110092 Je ne suis pas persuadé que le changement de tête suffise à induire un changement de politique(s). 

Parmi les livres disponibles à la vente dans la petite "boutique" liée à l'exposition, j'ai acquis "Chérie, je vais à Charlie", de Maryse Wolinski, et Les Falaises, compilation thématique de dessins de Georges s'étendant sur plus d'un demi-siècle de création (je pense que j'aurai l'occasion d'y revenir dans de prochains billets). Y figuraient aussi deux "anthologies" parues du vivant de Wolinski (et peut-être difficiles à se procurer aujourd'hui), avec deux approches complémentaires, aux dires de l'organisateur de l'exposition : l'un des ouvrages rassemblant des dessins choisis par Wolinski lui-même, qui maîtrisait la réalisation de l'ouvrage. Et le second avec un regard extérieur, apporté par des bibliothécaires et des conservateurs de musée. Georges Wolinski, Le pire a de l'avenir, Le Cherche Midi éditeur, 2012, 928 p., et Martine Mauvieux (dir.), Wolinski, 50 ans de dessins [exposition, Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, Paris, 29 juin-2 septembre 2012], Hoëbeke / BNF, Paris, 2012, 158 p.

Pour en terminer avec des éléments bibliographiques, voici un livre sur Dubout que nous avions acheté à l'occasion d'une exposition rue Saint-Honoré à Paris, il y a déjà quelques années (il y est question de Wolinsky [sic!] p.52).  

P1110214 Michel Melot (préf. Frédéric Dard), Dubout, éditions Michèle Trinckvel, 1996.
Il n'était pas en vente au Salon de Toucques (qui mettait en avant d'autres ouvrages sur l'oeuvre de Dubout).

Lors de notre visite, au mois de mai, Didier Dubout nous avait annoncé une exposition "Dessinateurs de presse" aux Greniers à Sel de Honfleur, du 15 juillet au 18 août 2019, en nous précisant que tout restait à finaliser en termes de mise à disposition du local, d'assurances, de conventions avec les auteurs ou leurs ayant-droits... Etait prévu, entre autres, Vuillemin, qui a rejoint en 2015 l'équipe de Charlie Hebdo. Le projet s'est concrétisé, j'en ai reçu il y a quelques jours l'affiche ci-dessous, dans laquelle tout est dit sur les 13 dessinateurs, vivants comme par exemple Trez ou Vuillemin, ou décédés comme Dubout, Wolinski, Jacques Faizant... et les lieux et conditions d'accès pour voir les 280 dessins exposés!

Honfleur_Ete2019_Dessinateurs_de_Presse_affiche

Encore une occasion de s'intéresser au dessin de presse, alors que le New York Times vient récemment de renoncer à en publier dans les colonnes de son édition internationale (à compter du 1er juillet 2019).

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 16 juin 2019

Symphonie pour un massacre - Jacques Deray

Une fois n'est pas coutume, je veux évoquer un film de 1963 que j'ai découvert grâce au DVD. Je n'avais jamais entendu parler de ce film jusqu'à présent sauf sur le blog de Bob Morane. Symphonie pour un massacre de Jacques Deray est un excellent film "noir" servi par une distribution solide.

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Quatre hommes, des truands d'un certain standing, décident d'investir une grosse somme dans une affaire de "connexion française" à Marseille avec des Américains. Clavet (Michel Auclair) est directeur d'une salle de jeu, Valoti (Claude Dauphin) est gérant d'un restaurant night-club, Paoli (Charles Vanel) semble mener une retraite sans problème dans un appartement bourgeois, quant à Jabeke (Jean Rochefort), il est l'amant de la femme de Valoti et trempe dans des affaires un peu mystérieuses. C'est par Jabeke que tout capote. Il met au point un plan astucieux et au timing parfait afin de récupérer l'argent. Sa belle voiture de sport un peu voyante va beaucoup l'aider. Il n'aura aucun état d'âme à supprimer ses complices les uns après les autres en commençant par Moreau, interprété par José Giovanni, le 5ème homme, chargé de livrer l'argent et la marchandise à destination. Jean Rochefort est excellent dans un rôle d'homme glacial et rusé. Il est surprenant et il fait passer beaucoup de choses avec son regard. La réalisation de Jacques Deray (c'était son 3ème film) permet de suivre sans se perdre tous les rebondissements de cette histoire. Il n'y a aucun plan de trop. Le scénario (de Jacques Deray, José Giovanni et Claude Sautet [pour les dialogues]) est une adaptation d'un polar d'Alain Reynaud-Fourton (je ne connais pas) paru sous le titre Les Mystifiés en 1962 dans la Série Noire. Une excellente surprise en ce qui me concerne. Et c'est  toujours un plaisir de revoir des comédiens comme Charles Vanel, Michel Auclair ou Claude Dauphin. Il faut noter la présence de Michèle Mercier (future Angélique). Un film à emprunter en médiathèque (le livre, lui, ne semble pas disponible dans les bibliothèques parisiennes).

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samedi 25 mai 2019

Le jeune Ahmed - Jean Pierre et Luc Dardenne

Le jeune Ahmed des frères Dardenne (en compétition au Festival de Cannes de cette année) m'a beaucoup plu dès les premières images. Comme à leur habitude, les réalisateurs suivent les acteurs au plus près avec leur caméra. Ahmed fait sa prière, car Ahmed est un garçon sur la voie de la radicalisation. Il a pris comme maître à penser un jeune Iman (un père de substition) qui tient l'épicerie pas loin de chez lui. Ahmed vit avec sa mère et ses deux frère et soeur dans un appartement. Sa mère non musulmane est complétement dépassée par les événements. Ahmed s'est radicalisé en très peu de temps. Il ne lit que le Coran en arabe. Il a un discours qui fait froid dans le dos. Il veut suivre l'exemple d'un cousin. Il n'accepte plus de serrer la main d'une femme. A un moment donné, il est embrassé par une fille à qui il demande de devenir musulmane afin qu'il ne finisse pas en enfer. Déterminé à tuer sa professeur de collège qu'il considére comme une apostat, il rate de son coup de peu et se retrouve dans un centre fermé où il est surveilé. Le film dure 1H26 sans temps mort mais avec quelques raccourcis. Je ne dévoilerai pas la fin qui m'a fait penser à celle du film Le gamin au vélo. Il faut noter la prestation étonnante d'Idir Ben Addi, le garçon qui joue Ahmed avec ses lunettes et son air encore juvénile. Un film que je conseille, tout comme Henri Golant.

PS du 25/05/19: le film vient d'être récompensé du prix de la mise en scène au Festival international du film de Cannes 2019. Ce prix est amplement mérité.

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mardi 7 mai 2019

Les pensées - Pierre Dac (illustrées par Cabu)

En ce mois de mai qui commence par célébrer le travail, j'ai eu (ta d loi du cine, squatter chez dasola) un peu la flemme de réfléchir par moi-même, alors j'ai adopté une solution de facilité pour mon hommage mensuel tournant autour de Charlie Hebdo: évoquer Cabu au travers de ses dessins sur Pierre Dac (1893-1975), dont un florilège a été assemblé pour illustrer une nouvelle édition des Pensées de celui-ci, parues à l'origine en 1972, et rééditée au Cherche-Midi en 2015. L'exemplaire que j'en possède a été réédité par les Editions retrouvées, spécialisée dans les livres en gros caractères.

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Les différents "Avant-propos", "Préface" (etc.) précisent que Cabu et Pierre Dac ne se sont rencontrés qu'une seule fois "dans la vraie vie", mais s'efforcent de trouver tels ou tels points de rattachement (Châlons...). Voici les trois phrases de la Quatrième de couv':

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Pour ma part, j'évoquerai une autre occasion de rapprocher les deux auteurs, trouvée dans le monumental Cabu, une vie de dessinateur de Jean-Luc Porquet (p.147). Lorsque Hara-Kiri avait fait l'objet, le 23 mai 1966, d'un nouvel arrêté ministériel (après celui de juillet 1961) l'interdisant à l'affichage (les NMPP refusant alors de le distribuer), Pierre Dac (parmi bien d'autres) avait signé une Lettre ouverte au Ministre de l'Intérieur, rédigée par Cavana et Choron, demandant la levée de cette interdiction et dénonçant "cette censure qui n'ose pas dire son nom".

On pourra juger cet ouvrage un peu périphérique dans ma rubrique, mais cela permet aussi de mettre en valeur Pierre Dac, dont certaines pensées valaient bien leur pesant de cacahouettes voire auraient mérité l'anathème ou d'être mises à l'index (si, si...). Rappelons aussi qu'il parlait à la radio de la France libre, à Londres, en 1943-44.

J'avoue tout de même ne pas être totalement "fan" du talent essentiellement nonsensesque de Pierre Dac. Je vais cependant extraire quelques-unes de ces "Pensées" qui m'ont fait réfléchir, quoi que j'en aie. Et puis, il y a les dessins de Cabu, qui ouvrent chacun des "chapitres" (regroupements de "pensées"). Je suppose que leurs choix en diront, encore, trop sur moi...

La bonne moyenne de la croyance s'établit par le total de ceux qui croyaient et qui ne croient plus et de ceux qui ne croyaient pas mais qui croient (p.28).

En quoi? En qui? Pour quoi? Voire contre qui? (tout contre?) P1110048 (mécréant!)

Quand on dit d'un artiste comique de grand talent qu'il n'a pas de prix, ce n'est pas une raison pour ne pas le payer sous prétexte qu'il est impayable (p.35, pensées en vrac).

P1110047 Yes, Sar! (il peut le faire!) P1110050 Du vécu?

Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n'arrive jamais (p.44).

Un rhume de cerveau, c'est un nez qui coule de source (p.45).

Le crétin prétentieux est celui qui se croit plus intelligent que ceux qui sont aussi bêtes que lui (p.55, Pensées choisies) 

P1110051 Pierre Dac croqué en bon observateur du genre humain?

C'est ce qui divise les hommes qui multiplie leurs différends (p.56).

Je n'ai, pour ma part, jamais été nourri par L'Os à Moëlle

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En entend-on un lointain écho dans les colonnes de droite de la Quatrième de couv' de Charlie chaque semaine? 

Et encore quelques dessins,

P1110052  anachronique... et contestataire  P1110057

P1110053 [ici, on est ici sur un blog en grande partie "cinéma", tout d'même!]

P1110055 Les élections européennes approchant, on peut finir par savourer quelques "Pensées sur la politique, l'Etat, le parlement et la Constitution" (p.171). Mieux vaut en rire?

Comme je l'ai dit plus haut, la première édition des Pensées remonte à 1972 (il y en a eu bien d'autres ensuite - 1978, 1979, 1989, ...). Pierre Dac est décédé à 82 ans en février 1975. Il y a eu des rééditions, mais il ne me semble pas qu'elles étaient illustrées par Cabu? Voici en tout cas la couverture de celle parue au Cherche-Midi (qui commémorait les 40 ans) le 22 janvier 2015, je suppose que Cabu en avait donc bien lui-même choisi ses dessins mettant en scène le Maître - et les 6 sur lesquels il ne figure pas.

Pensees_Pierre_Dac_Cabu

Je n'ai présenté dans mon billet que quelques clichés des textes et dessins, puisqu'il ne faut pas oublier que désormais, Cabu est une marque et une signature déposées: "double de titre, et pour chaque dessin à l'intérieur du livre, © V. Cabut". Sur les 21 dessins (dont celui repris aussi en couverture), six ne figurent pas le Maître (qui est éventuellement représenté deux fois dans d'autres). En tout cas, il vous en reste encore plus de la moitié à découvrir en lisant l'oeuvre à votre tour!

Voici maintenant quelques adresses extérieures concernant Pierre Dac (blogs ou sites en lien avec les Pensées): Tautavel en a sélectionné quelques-unes, il y en a d'autres ici. L’anthologie posthume Avec mes meilleures pensés est présentée par Fils à papa. Le blog Frogprod a consacré en février 2015 un article à Pierre Dac. J’ai enfin trouvé confirmation que Cabu avait bien travaillé en dernier sur ce livre .

PS: je viens de m'acheter Les années 70, de GéBé (avec Cabu et Willem), j'en parlerai une autre fois. De même que je recaserai sans doute "On dit d'un accusé qu'il est cuit lorsque son avocat n'est pas cru" (p.149) quand je chroniquerai prochainement Le procès Merah de Riss.

*** Je suis Charlie ***

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