samedi 2 octobre 2021

Eugénie Grandet - Marc Dugain

Après L'échange des princesses d'après Chantal Thomas (récemment diffusé à la télévision), l'écrivain réalisateur Marc Dugain s'est attaqué à un des romans les plus connus de Balzac, Eugénie Grandet, paru en 1834. Marc Dugain s'est aussi chargé de l'adaptation. C'est après avoir vu la bande-annonce que j'ai eu envie de voir ce film tout public qui m'a beaucoup plu. L'histoire se passe pendant la période de la Restauration à Saumur. Dans une demeure austère et froide, on fait la connaissance d'Eugénie Grandet, une belle jeune femme d'une vingtaine d'année en âge de se marier, de son père, Félix Grandet, un homme avare, de sa mère et de la servante Nanon. Félix Grandet, tonnelier, amasse des années de l'argent sans que sa femme ou sa fille soient au courant, car la famille vit chichement. Félix a tout mis sous clé. Les repas se composent de peu de choses et de presque pas de viande. Marié depuis 24 ans, il n'exprime pas beaucoup ses sentiments à sa femme ni à sa fille, qui sans le savoir est le plus beau parti de la ville. Seuls le banquier et le notaire de Grandet connnaissent la situation financière de la famille. Eugénie rêve d'un mariage d'amour et elle croit trouver l'âme soeur quand Charles Grandet, son cousin qui vient de Paris, s'installe un temps chez eux. En effet, François Grandet, le père de Charles et le frère de Felix vient de se donner la mort car il est couvert de dettes. Eugénie irradie au contact de Charles. Cependant, pour Felix, ce neveu n'est pas un gendre valable puisqu'il est pauvre. Felix veut garder sa fille pour lui, il n'a aucune intention de donner une dot. Le film vaut pour l'interprétation magistrale d'Olivier Gourmet dans le rôle de Félix Grandet. Il est exceptionnel dans le rôle de ce personnage tyrannique. Joséphine Japy dans le rôle d'Eugénie Grandet n'est pas en reste. Son beau visage est très expressif. Ce film classique, avec une histoire un brin féministe (Eugénie ne se laisse pas faire et sait tenir tête à son père), devrait plaire aux spectateurs qui iront le voir.

Lire les billets de Wilyrah, Selenie, une interview de M. Dugain par Baz'art sur le film. 

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vendredi 17 septembre 2021

Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) - Philip K. Dick

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Philip K. Dick (1928-1982) est l'auteur de plusieurs romans adaptés au cinéma dans des films célèbres (Blade Runner, Minority Report, ou encore... Total Recall), et de nombreuses nouvelles de science-fiction. Il était donc normal que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) puisse chroniquer quelques-unes de ses oeuvres dans le cadre de mon Challenge de la planète Mars. Aujourd'hui, pour mon 10e billet (déjà!), j'aborde cet auteur avec un recueil de nouvelles dickiennes, que j'inscris également pour le 9e Challenge de l'Imaginaire et le XIIe Challenge Star Wars.

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Traductions de l'américain revues et harmonisées par Hélène Collon, 375 pages, 2010 (1er DL 2005, copyright Gallimard), copyright éditions Denoël pour la traduction française

Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) rassemble 12 nouvelles, écrites entre 1952 et 1954. L'édition française précise "Cet ouvrage est publié avec l'accord de l'auteur et de son agent [nom de l'agent...]". J'ai acheté mon exemplaire il y a quelques semaines, sur la foi du texte de 4ème de couverture. Les Martiens dont il est souvent question (souvent des colons terriens) y sont à chaque fois différents... Je commence par dire quelques mots de présentation pour les 9 nouvelles évoquant Mars (1).

L'heure du wub qui ouvre le recueil a été la première nouvelle publiée par Philip K. Dick, et bénéficie de 5 pages d'introduction. Elle a conservé un "peps" indéniable, en étnt excessivement savoureuse. Quelques allusions semblent indiquer qu'elle débute sur Mars, avec le chargement d'un vaisseau à destination de la terre, qui embarque des animaux et des oiseaux fournis (sur réquisition?) par les "optus" martiens (1).

Dans Les joueurs de flûte, un médecin tâche de se renseigner à propos des autochtones qui se seraient trouvés sur un astéroïde, et obtient en réponse: "Oh, on raconte qu'ils sont originaires de Mars. Cela dit, ils ne ressemblent guère à des Martiens. Ils ont la peau sombre, plutôt cuivrée. Il sont minces. Très agiles, à leur manière. Ils chassent, ils pêchent. Pas de langage écrit. Nous ne leur accordons pas beaucoup d'attention" (p.113).

Monsieur le vaisseau remarque, p.88, que "Le monde s'est toujours battu, d'abord contre lui-même, puis contre les Martiens, et maintenant contre ces créatures de Proxima du Centaure dont nous ignorons tout". Quant au vaisseau, véritable héros de cette nouvelle, il a acquis une conscience humaine, volens nolens.

Dans Colonie, un équipage débarqué depuis 3 semaines sur une planète se méfie, rappelant que les sables martiens contiennent "une saloperie en forme d'hélice", comparable à l'eberthella typhi que nous avons sur terre (sauf erreur de ma part, ce nom correspond à salmonella typhi, le germe responsable de la fièvre typhoïde!). Je dirai juste qu'ils avaient raison de se méfier...

J'ai trouvé particulièrement forte la nouvelle Tant qu'il y a de la vie... Préserver les sources d'approvisionnement de matériaux devenus indispensables à une société de consommation exacerbée la conduit au désastre. Sur Mars, ce sont des "gisement de rexéroïde" qui sont l'enjeu. Ce produit (?) est indispensable pour le servomécanisme qui fait fonctionner les voitures terriennes! Mais Vénus, Callipso, Neptune, Saturne... sont également sources uniques de matières premières, d'où conflits après conflits.

La crypte de cristal voit les autorités martiennes se montrer plus subtiles que trois agents terriens alors que se profile un conflit entre les deux planètes.

Pour Un vaisseau fabuleux, Mars est juste une destination devant tester un vaisseau pris aux Ganymédiens. Mais il n'y arrivera jamais... alors que le Grand Emetteur martien est le plus puissant du système solaire, arrosant les neuf planètes et portant même au-delà, dans les profondeurs de l'espace (p.352).

L'ancien combattant qualifie les Vénusiens de "pieds-palmés" et les Martiens de "corbeaux", alors que les deux types de mutants descendent de colons terriens (la colonisation de Vénus est citée comme étant intervenue à la fin du XXe siècle!), et que les croisements restent fertiles... Le racisme ne passera pas.

La Mission d'exploration sur Mars y fera une terrible découverte, décourageante.

Les trois (1) nouvelles qui ne citent pas Mars ne manquent pas d'intérêt pour autant. Dans Le canon, un vaisseau d'exploration arrivant sur une planète anonyme se fait abattre par un engin automatique toujours en état de fonctionner, alors que les habitants de ladite planète semblent avoir disparu depuis longtemps. Les braconniers du cosmos, les "Adharans", vont léguer une méchante surprise au vaisseau terrien qui les ont arraisonnés. Enfin, la nouvelle Tony et les "Bêtes" montre l'impérialisme terrien, sûr de lui et dominateur, qui a fini par faire l'erreur de s'aventurer une planète trop loin... avant de devoir commencer à refluer, inéluctablement.

Une belle découverte pour moi que ce recueil, donc. J'espère avoir donné envie de le lire!

Voici pour terminer quelques autres chroniques trouvées sur la toile: le site Vous, humains (pas de commentaire possible?). Erwelyn a présenté plusieurs  des nouvelles du recueil ici ou , et plus globalement par ce lien. Enfin, Snow de Bulles de livre avait parlé du recueil en 2010.

(1) Edit du 27/09/2021: merci Erwelyn! Je viens de voir, sur un des billet récemment mis en ligne sur son blog, que j'avais lu beaucoup trop vite L'heure du Wub, qui est, donc, bien en lien avec Mars, contrairement à ce que j'avais écrit initialement...

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vendredi 10 septembre 2021

L'enfant de Mars - Cyril M. Kornbluth & Judith Merril / Le Marquis de la Dèche - Roland Dorgelès

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Encore de la littérature pour le Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). Comme je l'avais fait naguère pour des livres de Paul Féval ou Howard Fast, je vais profiter d'achats en bouquineries pour présenter deux livres.

Je suis tombé sur le premier par hasard, il y a quelques semaines, en fouillant dans les bacs d'une librairie d'occasion boulevard Saint-Michel, rayon SF / Fantaisy. Aux côtés d'ouvrages très contemporains (pas mal de volumes du Trône de Fer, d'autres "Fantaisies", et de la SF "classique" en Pocket, J'ai Lu et autres Présence du Futur [Denoël]), sur un des "format poche" dont ma main rendait visible un titre après l'autre, un mot m'a accroché l'oeil: "... Mars"! Je l'ai bien sûr sorti du bac et amené jusqu'à la caisse.

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L'enfant de Mars, Cyril M. Kornbluth & Judith Merril,
collection Le Masque - Science Fiction (N°84), Librairie des Champs-Elysées, 1979.

La collection tout d'abord. Je ne la connaissais pas (n'y avais jamais porté attention). Quelques recherches suffisent à n'importe qui pour découvrir que "Le Masque - Science Fiction", créée en 1974 et clôturée en 1981, a publié 116 titres". J'ai eu de la chance en tombant sur le seul volume de cette collection à comporter "Mars" dans son titre. Parmi les auteurs publiés: Philip K. Dick (8 titres), Jack Vance (3 titres), Isaac Asimov (2 titres), Frank Herbert (2 titres), Arthur C. Clarke (1 titre), Robert Heinlein (1 titre)... et bien d'autres auteurs connus (dont quelques Français) dont je n'ai jamais rien lu encore. On y trouve encore Le fusilier Cade, des mêmes Kornbluth & Merril (N°100). Quant à la "Librairie des Champs-Élysées", cette Maison d'édition fut fondée en 1925 par Albert Pigasse, et perdura jusqu'à sa radiation en décembre 1995, après avoir rejoint Hachette en 1971. Sa plus célèbre collection fut celle du Masque.
Aujourd'hui, la marque « Éditions du Masque » est déposée par les Éditions Jean-Claude Lattès, appartenant au groupe Hachette, depuis le 22 février 1996. Pour ma part, j'ai collectionné jadis les 247 tomes de la collection "Western" - ils doivent désormais gésir dans des cartons dans une résidence secondaire à usage de garde-meuble...

J'en viens (enfin!) à L'enfant de Mars. Pour une exégèse du titre, je dirai juste que ça aurait tout aussi bien pu s'appeler "Les enfants de Mars" (il existe au moins un autre livre portant ce dernier titre - rien à voir). On est tout de suite plongé dans l'action sur Mars, alors que le médecin, Tony Hellmann, héros principal, vient de veiller à la mise au monde (martien) d'un nouveau-né tout ce qu'il y a de plus humain, puisque né de colons d'origine terrienne. C'est en suivant le docteur dans ses pensées, ses actions, ses rencontres... que nous est brossé par petites touches, rappelées incidemment par l'un ou l'autre des personnages principaux ou secondaires, l'univers dans lequel ils évoluent, dans un futur indéterminé où la terre est surpeuplée. A noter que les tout premiers colons à avoir "atterri" sur Mars y étaient morts de faim, car le vaisseau-cargo qui devait les précéder avec tout le matériel nécessaire avait été détruit à l'atterrissage.

Désormais, les humains ont découvert une substance, l'oxygène enzyme (OxEn), produite à grand frais sur Mars même, qui, prise régulièrement, leur permet de survivre sur cette planète (atmosphère, atmosphère... et autres inconvénients). Mais tous ne s'y acclimatent pas. Parmi les produits exportés vers la Terre depuis Mars figure une une substance, la "marcaïne", qui peut devenir une drogue dont raffolent les Terriens, et qui rapporte de gros bénéfices - légaux - à ses producteurs. Pour sa part, le docteur Tony Hellmann fait partie d'une communauté, "Sun Lake", qui semble en autogestion, contrairement aux autres implantations terriennes sur Mars (un centre administratif, des mines appartenant à de grandes entreprises, des usines privées, quelques fermes familiales des "pionniers"...). L'équipement dans lequel ont investi les colons de Sun Lake, leur outil de travail et leur moyen d'existence, un laboratoire de chimie, est convoité par d'autres, et une crise éclate avec les autorités.

Après diverses péripéties (la pression ne se relâche pas un instant!), le "deux ex machina" sera un journaliste qui "n'est pas un simple rapporteur reporter" [p.109]. Son quatrième pouvoir l'emporte, très symboliquement, sur les autres: il éclaire le judiciaire, et il se permet de "manipuler" l'exécutif lorsque celui-ci exerce un "excès de pouvoir" règlementaire sinon législatif. Quant à l'enfant, disons juste qu'il a muté...

En deux mots, j'ai trouvé ce roman écrit à l'origine en 1952 particulièrement attachant et facile à lire. Je n'ai rien de spécial à dire sur les auteurs (dont j'ignorais jusqu'au nom avant de découvrir ce livre). Je vous renvoie donc à internet (et notamment à Wikipedia) si vous voulez d'autres informations sur Kornbluth et Merril!

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L'autre titre chroniqué dans ce billet contient un mot qui commence par "MAR" et finit par un "S". Le lien peut paraître un peu ténu pour en parler ici, alors je vais user d'une pirouette et arguer du privilège de l'organisateur du Challenge! Plus sérieusement, je rapproche les deux ouvrages parce que j'ai aussi "chiné" celui-ci dans une librairie d'occasion (pas la même).

L'étal de celle-ci (qui s'affiche "Livres anciens et modernes") m'avait attiré depuis l'autre côté de la rue, avenue Denfert-Rochereau. Pour fouiller dans les bacs de "Poche", il fallait écarter les livres à la couverture passée, posés à l'horizontale, qui les protégeaient du soleil. Le libraire m'a rappelé que les livres craignaient l'humidité, la moisissure, ...et aussi le soleil. En ce qui concerne l'humidité, son arrière-boutique et les livres qu'elle contenait ont subi un dégât des eaux l'an dernier, en provenance du voisin du dessus qui était parti se confiner en province sans couper son arrivée d'eau... Depuis, ça sèche péniblement. Bref.

Je n'avais, je crois bien, jamais croisé (ou, en tout cas, jamais prêté attention à) un "Poche" de Roland Dorgelès autre que son célébrissime Les croix de bois. Alors, quand je suis tombé par hasard sur celui-ci, Le Marquis de la Dèche, bradé à 1,50 euro, je me le suis offert. 

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Il s'agit d'un livre dont le copyright Editions Albin Michel est millésimé de 1971 (du vivant, donc, de Roland Dorgelès), cependant que l'édition "poche" semble avoir été imprimée en octobre 1974 (après son décès - même si celui-ci n'est pas mentionné dans la présentation de l'auteur en page de garde). A l'époque (pas encore un demi-siècle, alors que j'étais collégien), quatre titres étaient mentionnés "Dans Le Livre de Poche" en début de livre, et une vingtaine étaient listés en fin d'ouvrage comme "Oeuvres de Roland Dorgelès". Je reviendrai sur l'auteur plus bas, intéressons-nous donc au livre pour commencer. Ce fameux Marquis de la Dèche, notre héros (ou presque!), campe un personnage pittoresque parmi d'autres qui ne le sont pas moins, sur une Butte Montmartre imprécisément datée de "peu avant la Grande Guerre". Le livre se présente en 13 (oui, 13! Superstition?...) chapitres dont on imagine tout à fait la publication en feuilleton. Les bons mots fleurissent, les "types" sont parfois quelque peu caricaturaux: la bohème et ses artistes fauchés, géniaux, méconnus, enragés de réussite; les anarchistes; les indics; les (petites) crapules, et autres filous ou escroc (personnage attachant!); les "bourgeois" qui viennent s'encanailler; et tout un monde de bars et autres bouges plus ou moins interlopes (souvent tenus par des femmes). Mais tout tourne autour d'un jeune... non pas futur écrivain, mais chansonnier qui rêve d'écrire une opérette sinon un opéra (et d'y trouver la fortune!). Ses amis ou compagnons sont sculpteur, peintre, danseuse, chanteuse, accordéoniste... On sent parfois que Dorgelès a la plume facile du journaliste, avec de grands "morceaux de bravoure" sous forme de discours ou de descriptions, tandis qu'ailleurs quelques phrases suffisent à marquer les jours qui passent et/ou à faire avancer l'action... En ce qui concerne le "genre", il n'y a guère de mise en avant d'homosexuel(le)s - je n'ai pas dit qu'il n'en était nulle part fait mention! Les hommes apparaissent plutôt soucieux de leurs intérêts ou de leur orgueil d'artiste, mais aussi intéressé par la bagatelle, cependant que les femmes semblent plutôt volages... On est davantage dans le registre comique que tragique. Bref, c'est une pochade qui se laisse lire, même si le monde décrit paraît aujourd'hui bien suranné.

Par associations d'idées, je lierais ce livre à deux autres que j'ai lus dans le temps. L'un, pour la jeunesse, Fanchette (le jardin de l'espérance), de Saint-Marcoux, est aussi situé sur la Butte Montmartre, mais dans les années 1950. L'autre, Nuits de princes de Joseph Kessel, se déroule à Pigalle, après la 1ère guerre mondiale.

Je reviens à Roland Dorgelès, dont je ne savais pas grand-chose, comme -je suppose- la plupart des lycéens puis lecteurs de ma génération. Un coup d'oeil sur Wikipedia consulté le 16 août 2021 (je vous laisse vous y reporter - je ne veux pas allonger la sauce davantage!) m'en a appris bien plus que la biographie succincte du livre de poche. J'avoue ne pas m'être reporté à une biographie de Dorgelès, qui m'en aurait sans doute encore appris davantage sur mon livre du jour et son auteur. En tout cas, ce sont une cinquantaine d'ouvrages qui semblent avoir été publiés par notre prolifique auteur, membre de l'académie Goncourt de 1929 à sa mort, et qui l'a même présidée de 1954 à sa mort en 1973. J'ai l'impression que tout cela est bien oublié aujourd'hui. Pour son passage dans le domaine public et une éventuelle exhumation, attendons 2044: peut-être assistera-t-on à un retour à la surface éditorial(e) de toute son oeuvre?

Et pour finir ce long billet, une question subsidiaire: d'ici 2044, l'homme aura-t-il, ou non, posé le pied sur la planète Mars? 

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jeudi 6 mai 2021

La piscine - Jacques Deray / Max et les ferrailleurs - Claude Sautet

Dans treize jours, les salles de cinéma devraient rouvrir, hip hip hip, hourra!!!

En attendant, je continue à revoir quelques films qui sont devenus des classiques. Ce billet est une sorte de mini-hommage à Romy Schneider (disparue le 29 mai 1982) qui joue dans les deux films chroniqués.

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La piscine de Jacques Deray, sorti en France en janvier 1969 (il a été tourné en 1968), a permis à Romy Schneider de relancer sa carrière. Elle interprète Marianne qui file le parfait amour avec Jean-Paul (Alain Delon), un agent publicitaire. Ils passent des vacances idylliques dans une superbe villa au-dessus de Saint-Tropez. Ils reçoivent un coup de fil inattendu d'Harry Lannier (Maurice Ronet), qui a l'intention de venir avec sa fille Pénélope (Jane Birkin).  Harry, au sourire charmeur, arrive en Maserati, accompagné de Pénélope. Harry est le meilleur ami de Jean-Paul et l'ancien amant de Marianne. Petit à petit, un malaise s'installe au sein de ce quatuor, dans lequel Pénélope, qui parle peu va provoquer le chaos. Quelqu'un est assassiné, noyé dans la piscine, l'enquête n'aboutit à rien (dans la version que j'ai vue). Mais il existe une fin alternative. J'ai beaucoup aimé revoir ce film pour les acteurs qui sont tous magnifiquement filmés sous le soleil de Saint-Tropez dans une villa de rêve. Voir le billet d'Armelle. Le film a été redifffusé récemment sur Arte en hommage à Jean-Claude Carrière qui a co-écrit le scénario.

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Je passse à Max et les Ferrailleurs dont Strum a tiré un très beau billet. J'ai eu envie de revoir ce film de Claude Sautet sorti en 1971 et qui réunit une brochette d'acteurs français comme il n'y en a plus beaucoup: Bernard Fresson, François Périer, Georges Wilson, Phlippe Léotard, Bobby Lapointe (dans un petit rôle). Et bien entendu le couple de Les Choses de la vie, Michel Piccoli et Romy Schneider. Max (Michel Piccoli) est un inspecteur de police qui rêve d'attraper des gangsters en flagrant délit lors d'un casse. C'est un homme d'un abord froid au visage blafard à l'air inquiétant qui porte un chapeau et un costume sombre. Il rencontre fortuitement Abel, un ancien camarade de régiment (Bernard Fresson) qui est ferrailleur, pillant les chantiers avec toute une bande de petits truands aux casiers judiciaires plus ou moins chargés. Abel vit avec Lily (Romy Schneider), une prostituée d'origine allemande. De manière préméditée, Max fait la connaissance de Lily, dont il devient un des clients sans jamais coucher avec elle. Il se fait passer pour un banquier et arrive à influencer les ferrailleurs, par l'intermédiaire de Lily, pour organiser un futur hold-up. Michel Piccoli est absolument remarquable dans le rôle de Max et Romy Schneider est bien charmante. Un film à (re)voir.

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lundi 29 mars 2021

Charade - Stanley Donen

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Rien que pour Audrey (Hepburn) et Cary (Grant), il faut (re)voir Charade de Stanley Donen (1963), cette divine comédie qui se passe pour l'essentiel à Paris. Regina ("Reggie") Lampert (Audrey Hepburn) a décidé de divorcer de son mari Charles qui -manque de chance- vient de mourir, en ayant été poussé d'un train entre Paris et Bordeaux. En revenant d'un séjour aux sports d'hiver, Reggie trouve son immense appartement entièrement vide. Elle apprend que son mari est décédé, qu'il avait 4 passeports, qu'il a vendu tous les meubles de l'appartement et qu'il partait à l'étranger. Reggie se rend compte qu'elle ne connaissait pas vraiment son mari, qui n'avait pas de famille. Trois "méchants" se mettent à la poursuivre car ils veulent récupérer un magot de 250 000 dollars-or qu'a priori Charlie voulait garder pour lui seul. Heureusement qu'un certain Peter Joshua vient à son secours, même si lui aussi semble intéressé par retrouver ledits 250 000 dollars. Le film est mené tambour battant. Audrey Hepburn porte différentes tenues Givenchy à chaque nouveau plan. Le Palais Royal, le théâtre du Palais Royal, le théâtre de Guignol des Champs-Elysées, le marché aux timbres, le métro, les promenades sur la Seine et même Notre-Dame de profil sont mis en valeur. Les "méchants" comme James Coburn ou George Kennedy ont l'air de bien s'amuser. Un film très sympa en cette période morose.

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mercredi 24 mars 2021

Raphaël ou le débauché - Michel Deville

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En ce moment, je suis d'humeur à visionner des films comme celui de Michel Deville sorti en 1971. Raphaël ou le débauché est un film qui me touche énormément. Pour me procurer le DVD il y a quelques années, il a fallu que j'achète un coffret de six long-métrages de Deville dont celui-ci que l'on ne trouve pas séparé. Je trouve cela très dommage. Cela faisait quelque temps que je ne l'avais plus vu et mon plaisir est intact. Cette histoire à la "Alfred de Musset" a été écrite et dialoguée par Nina Companeez avant qu'elle ne devienne réalisatrice. Ce fut sa dernière collaboration avec Michel Deville. Elle a aussi fait le montage du film. Quelque part en France dans les années 1830, une jolie veuve, Aurore de Charoy (Françoise Fabian), vit dans une gentilhommière en compagnie de son oncle, de deux amies et de sa cousine. Quand le film commence, les quatre femmes arrivent trop tard au bord d'un lac pour voir le soleil se lever ce dernier jour de l'été. Aurore est très belle mais elle n'attend rien des hommes qui la courtisent. Très pieuse, elle rend visite aux malades dans l'hôpital de la ville. Lors d'un bal donné en ville, elle va croiser le regard de Raphaël de Loris (Maurice Ronet), un bel homme brun aux yeux bleus qui ne fait rien de sa vie à part séduire les femmes, aller au bordel avec ses trois amis et boire du vin. Il cause des ravages parmi la gente féminine. Il y en a même une qui se pend à cause de lui. Il l'annonce souvent qu'il ne désire plus les femmes qu'il a eues. La vie l'ennuie, il se complaît dans la fange car il ne s'aime pas. C'est pourquoi cette rencontre entre Raphaël et Aurore va les bouleverser tous les deux, d'abord lui et ensuite elle. Après avoir repoussé ses avances, elle commence à éprouver des sentiments mais lui ne veut pas changer, il n'a plus quinze ans. Il a choisi cette vie dans laquelle Aurore n'a pas sa place. Il lui dit bien qu'il ne franchira jamais la ligne qu'il a tracée entre lui et elle. Et pourtant, elle est suffisamment amoureuse pour s'avilir. Je ne dirai rien de plus à part que les dialogues sont étincelants. C'est un très beau mélodrame qui ne peut qu'émouvoir. Françoise Fabian et Maurice Ronet sont magnifiques. Je les trouve inoubliables dans les rôles d'Aurore et Raphaël. J'imagine mal Alain Delon et Catherine Deneuve jouer dans ce film alors qu'ils étaient les premiers choix de Michel Deville et Nina Companeez. A mon avis, on l'a échappé belle. Il faut noter que la musique de Bellini apporte un plus au film. On reconnait des extraits des opéras Norma (1831) et de La sonnanbula (1831). Et enfin, Jean Vilar, en vieux sénateur libidineux, joue dans trois scènes marquantes. Lire le billet de Cinéluctable.

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lundi 4 janvier 2021

Les chemins de la haine - Eva Dolan

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Je ne connaissais pas cette romancière. Je viens de réparer cette lacune grâce à son premier titre paru en français en 2018, Les chemins de la haine (Points - Seuil, 524 pages). L'histoire se passe de nos jours à Peterborough, une ville de l'est de l'Angleterre. Jaan Stepulov, un Estonien, est retrouvé mort brûlé dans un abri de jardin des Barlow, un couple presque sans histoire mais aux opinions un peu extrêmes comme certains Anglais qui ne supportent pas les migrants venus chercher un travail et une meilleure vie après avoir quitté leur pays d'origine. L'enquête pour savoir ce qui s'est passé est menée par l'inspecteur Dushan Zigic (immigré de troisième génération) et sa coéquipière, le sergent Melinda Ferreira (ses parents sont portugais). Tous les deux appartiennent à la section des crimes de haine. Grâce à leurs investigations, ils vont faire face à une réalité peu reluisante: l'esclavage humain dans le BTP (et dans d'autres corps de métier). Des hommes et femmes issus de l'immigration sont traités comme du bétail, exploités sans espoir de s'en sortir à quelques exceptions près, et à quel prix! J'ai trouvé que ce roman avait un rythme soutenu sans temps mort et que les personnages étaient bien campés. Il m'a tellement plu que je viens de commencer Haine pour haine, le roman suivant de Mme Dolan. Un troisième est paru, Les oubliés de Londres. Une romancière à suivre.

Lire les billets d'Encore du noir, de Jostein, de Pierre Faverolle, de Cannibales Lecteurs et de Jean-Marc Laherrère.

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lundi 19 octobre 2020

Louise Petibouchon - Eric Albert et Jean Depelley

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Allant au moins une fois par mois à Limoges, j'ai découvert l'année dernière que deux BD avaient paru sur des enquêtes policières menées par Louise Petibouchon. Ces deux BD ont été publiées en 2018 et 2019 chez un éditeur alsacien, Editions du Long bec, qui semble avoir malheureusement cessé toute activité. Le premier tome n'est plus disponible et pour le deuxième, le nombre d'exemplaires diminue de jour en jour. C'est bien dommage car Louise Petibouchon mérite qu'on fasse sa connaissance. Les histoires se passent toutes à Limoges (Haute-Vienne) en 1959-1960. Louise vient d'être admise deuxième au concours d'inspecteur de police et elle a choisi Limoges. Sa vieille maman habite dans la région. Au détour d'une bulle, on apprend qu'elle a eu un amoureux mort dans un attentat en Algérie. Louise est une jeune femme intelligente qui doit travailler avec un incapable raciste et porté sur la bouteille, Aimable Plumier, qui avec ses trois poils sur le caillou aime faire des jeux de mots pas toujours subtils. Heureusement que Louise, pendant ses enquêtes, va être aidée par Gérard Drôle, un journaliste du quotidien local, et par Roseline, une prostituée au grand coeur qui est une amie d'enfance de Louise. Et je n'oublie pas Géronimo, un petit scotch-terrier dont le flair va sauver la vie de Louise. Les histoires sont assez ancrées dans l'époque avec par exemple des allusions à la Guerre Froide et aux soldats amércains basés à Châteauroux,

Il y a trois histoires dans le premier tome de 46 pages Perdreaux aux pruneaux. Pour sa première enquête, "La fin de Monsieur Carnaval", Louise et Plumier doivent retrouver des feuilles d'or qui ont été volées dans une usine de porcelaine. L'histoire se termine lors du carnaval de Limoges quand Monsieur Carnaval est brûlé et jeté dans la Vienne. Pour "Crime au Champ de juillet", Louise enquête sur la mort d'une prostituée retrouvée éventrée. Cela permet au dessinateur de dessiner la rue de la Boucherie, rue bien connue des Limougeauds. C'est dans une des maisons de cettte rue que Louis emménage (pas longtemps). Dans "Le mystère de l'homme en bleu", on apprend le vol de documents secret défense par des Russes dont un ouvrier avec une casquette rouge et des bottes jaunes. L'histoire va se terminer au cimetière de Louyat, un des plus grands de France en superficie.

Le deuxième tome 44 pages, Jazz, goupillon et macchabées, est composé de deux enquêtes et d'un épilogue. "Requiem en sous-sol" se passe intégralement dans une salle de spectacle, Le Palace. Aujourd'hui (2020), l'endroit s'appelle Le Lido et c'est le cinéma "Art et Essai" de Limoges avec trois salles et des films en VO sous-titrés. Au palace, en octobre 1959, un militaire américain a été assassiné pendant un concert de jazz. Pour "Les gants du treizième apôtre de Saint-Junion", l'action se déplace à 32 km de Limoges dans les environs de la collégiale de Saint-Junien. Des gants d'une grande valeur ont été dérobés. On se retrouve dans une histoire de trésor caché par un moine au XIIIème siècle. 

Je ne vous dirai rien de l'épilogue. Deux BD très sympathiques avec des histoires rondement menées. Peut-être les trouverez-vous en bibliothèque. Sinon, j'espère qu'un jour, un éditeur aura la bonne idée de les rééditer.

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Post scriptum, à propos du cimetière de Louyat où reposent mes parents, j'ai vu un volatile que je ne connais pas qui est resté sur une tombe pendant un moment. Est-ce que quelqu'un pourrait me dire s'il connait cet oiseau?

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mercredi 2 septembre 2020

Effacer l'historique - Gustave Kervern et Benoît Delépine

Comme je n'ai rien compris ou presque à Tenet, je n'écrirai pas de billet dessus. Je préfère évoquer Effacer l'historique de Gustavec Kervern et Benoît Delépine qui ont aussi écrit le scénario. Quelque part, dans une zone pavillonnaire des Hauts-de-France, Marie (Blanche Gardin), Bertrand (Denis Podalydès) et Christine (Corinne Masiero) ne vont pas bien. La première loge dans un pavillon, vidé de ses meubles qu'elle vend au fur et mesure car elle n'a pas de travail. A l'occasion d'une sortie trop arrosée dans un bar, elle va se faire piéger, et sa prestation a été filmée sur une "sextape". Le "sextapeur" (Vincnt Lacoste) lui réclame de l'argent que, bien sûr, elle n'a pas. Par ailleurs, Marie va voir son fils la nuit venue en s'introduisant chez son ex qui en a la garde.
Bertrand, lui, vit avec sa grande fille adolescente qui est ne veut plus aller au lycée où elle est harcelée via une vidéo prise sur smartphone. Cherchant peut-être l'âme soeur, il fait durer des appels quand il est démarché au téléphone et que la voix est féminine et exotique. Cette voix le fera voyager jusqu'à l'Ile Maurice.
Quant à Christine, chauffeur VTC, elle attend désespérément que son nombre d'étoiles "données par les clients" augmente. Et malheureusement, rien n'arrive.
On a donc trois histoires séparées mais tortillées ensemble, avec comme points communs les réseaux sociaux et les nouvelles technologies numériques qui font partie de leur vie. Nos trois sujets ne contrôlent rien et ne peuvent pas revenir en arrière, à moins que "Dieu" (Bouli Lanners), installé dans une éolienne, puisse les tirer d'affaires. Le lien qui les unit est le fait qu'ils ont été, il n'y a pas si longtemps, des "gilets jaunes". Mais depuis, ils sont complètement largués. Le film dégage un humour souvent desespéré. Certains personnages ne font que passer, comme un livreur "Alimerzone" (Benoït Poelvoorde, irrésistible), ou bien Michel Houellebecq, un client dépressif qui entre dans la boutique où travaille Bertrand. L'humour n'est pas toujours très fin mais on passe un bon moment. Lire les billets d'Anne, Ffred, Pascale et Henri Golant.

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dimanche 16 février 2020

La fille au bracelet - Stéphane Demoustiers

La fille au bracelet commence avec une séquence sur une plage. On voit une famille de loin, le père, la mère et les enfants, dont une fille adolescente. Deux policiers arrivent. On ne comprend pas ce qu'ils disent mais l'adolescente se rhabille et suit les policiers sans protester. Deux ans plus tard, Lise Bataille, âgée désormais de 18 ans et qui porte un bracelet électronique, attend de passer en jugement. Elle est accusée d'avoir poignardée à mort Flora, sa meilleure amie. On assiste à des moments du procès assez passionnants. On ne sait pas vraiment ce que ressent Lise. Elle ne réagit pas beaucoup, sauf juste avant le verdict. Ses parents, très bien interprétés par Roschdy Zem (décidément, il n'arrête pas de tourner) et Chiara Mastroianni, la soutiennent comme ils peuvent même si la mère prend du recul sur l'affaire. Ils ne reconnaissent pas leur fille qui, avant le drame, était a priori joyeuse et sociable et qui désormais est devenue renfermée et peu causante. J'ai beaucoup aimé l'avocate de la défense, très humaine. En revanche, la procureure, interprétée par Anaïs Demoustiers (la soeur du réalisateur) m'a paru très antipathique. Il faut noter le jeu sobre de Melissa Guers qui interprète Lise. Tout au long du film, le mystère reste entier, et ce jusqu'au terme de l'histoire, même si on assiste au verdict final sur lequel je ne vous dirai rien. Un très bon film. Lire le billet de Baz'art.

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