jeudi 14 juin 2018

Champions - Javier Fesser / La mauvaise réputation - Iram Haq

Suite à mes deux billets précédents, voici les 4ème et 5ème films qui m'ont plu.

Je commence par Champions (Campeones), un sympathique film espagnol de Javier Fesser qui raconte comment Marco, un entraîneur d'une équipe professionnelle de basket-ball se retrouve à entraîner une équipe de déficients mentaux (trisomiques et autres). Pour avoir conduit en état d'ébriété, Marco est condamné à trois mois de travaux d'intérêt général par une juge dont le neveu fait partie de l'équipe. Par ailleurs, Marco a des problèmes relationnels avec sa compagne qui est prête à avoir un enfant tandis que lui, non. Entraîner cette équipe composée d'hommes et d'une jeune fille "différents" et aux caractères bien à eux n'est pas une mince entreprise. Certains d'entre eux sont des handicapés de naissance, d'autres ont eu des traumatismes au cours de leur vie qui les ont fait devenir ce qu'ils sont. Marco veut se défiler plusieurs fois mais il ne peut pas, la juge y veille, tout comme un vieil homme qui coordonne l'équipe. Bien évidemment, tout va aller de mieux en mieux. Marco va s'attacher à eux et réciproquement. Un joli film qui peut changer le regard du spectateur sur les handicapés si ce n'est pas le cas.

Je passe à La mauvaise réputation d'Iram Haq. Pascale a eu du mal à se remettre de la projection. On peut la comprendre. En Norvège, dans la communauté pakistanaise, Nisha, 16 ans, vit presque une double vie. A l'extérieur, elle mène une vie d'Européenne, elle voit des amis, elle fréquente des garçons. Chez elle, c'est une autre histoire, elle obéit à ses parents, à cheval sur les traditions, qui n'admettent pas qu'une fille puisse fréquenter un garçon s'il ne se marie pas avec elle. Ils craignent le "qu'en-dira-t-on". Le titre original du film en urdu est "Qu'est-ce que les gens vont dire?". Mirza, le père, un être doux en apparence, devient violent, quand, une nuit, il surprend Nisha dans sa chambre avec un garçon. Mirza tabasse gravement le petit ami et Nisha se réfugie dans un foyer où elle est prise en charge par les services sociaux. Plus tard, quand Nisha revient chez ses parents, elle est enlevée par son père et son frère qui l'emmènent loin. Son père l'accompagne jusqu'au Pakistan chez sa soeur et son beau-frère. Là, elle devra devenir une bonne Pakistanaise. Elle est vraiment prisonnière et ne peut aller nulle part. Je vous laisse découvrir les humiliations qu'elle va subir avant son retour en Norvège. Comme Pascale, je n'ai aucune sympathie pour les adultes, la mère et la tante de Nisha sont à mon avis les pires. On se demande comment elles peuvent se comporter ainsi entre femmes. A priori, le personnage de Nisha ressemble à la réalisatrice qui a écrit le scénario. Pendant 26 ans, cette dernière n'a pas revu ses parents. Son père l'a contactée peu de temps avant qu'il ne décède. Elle lui a pardonné.

Pour l'anecdote, j'ai vu le film dans une immense salle de province d'au moins 400 places, nous étions... 3 spectatrices (je dis bien: zéro spectateurs). C'est peu. Dommage car le film vaut largement la peine qu'on aille le voir.

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mercredi 23 mai 2018

Everybody knows - Asghar Farhadi

Sur les conseils de Pascale et Aifelle, je suis allée voir Everybody knows (Tout le monde sait) du cinéaste iranien Asghar Farhadi. J'ai hésité, j'y suis allée et verdict: j'ai aimé mais sans plus. Cela n'a pas la force de Une Séparation (2011 - pour moi, c'est son meilleur film), A propos d'Elly (2009) ou même Les enfants de Belle Ville (2004). C'est en revanche plus réussi que Le passé et même que Le client. Comme Matchingpoints, je me demande pourquoi le film porte un titre anglais (plus vendeur?). En effet, l'histoire se passe en Espagne avec des acteurs qui parlent espagnol. Tout le début du film est réussi, en particulier la séquence du mariage puis le repas et la fête qui s'ensuivent. Laura (Penelope Cruz) est venue assister au mariage de sa soeur dans un village espagnol. Elle arrive d'Argentine avec ses deux enfants dont Irène, l'ainée, une jeune fille assez insupportable. Le mari de Laura, Alejandro (Ricardo Darin), est resté en Amérique du sud. Après la cérémonie et les réjouissances, l'histoire vire au tragique, quelqu'un est enlevé et une rançon est rapidement demandée. Ce ressort dramatique ne m'a pas convaincue, je ne l'ai pas trouvé vraisemblabe surtout quand on fait la connaissance des ravisseurs vers la fin. La famille ne voulant pas appeler la police, chacun mène l'enquête et les jalousies et les rancoeurs sont mises au jour. Seul Paco (Javier Bardem), l'ancien amant de Laura, m'a paru sympathique. Quand le film se termine, c'est là que l'histoire commence vraiment. On aimerait connaître ce qui va se passer. On peut aller voir le film pour les acteurs, même si j'ai trouvé que Ricardo Darin, qui est un acteur que j'adore, joue les utilités. Dommage pour lui. Lire le billet de ffred pas très convaincu non plus.

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mardi 10 avril 2018

Un mois à la campagne - Ivan Tourgueniev - Mise en scène d'Alain Françon

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Une fois n'est pas coutume, je fait un billet "théâtre". Au théâtre Déjazet à Paris, jusqu'au 28 avril 2018, on peut voir la pièce d'Yvan Tourgueniev datée de 1850, Un mois à la campagne. La traduction et l'adaptation sont de Michel Vinaver. Dans une maison à la campagne, pendant un été, sont réunis autour de Natalia Petrovna son mari Arkadi, son fils Kolya, sa belle-mère avec sa dame de compagnie, la pupille de Natalia, Alexei le précepteur de Kolya ainsi que Takitine, un ami de la famille. Se joignent à eux un médecin et un propriétaire terrien voisin. Natalia s'ennuie malgré les attentions de Takitine qui l'aime sans lui dire. Elle se rend compte qu'elle est en train de tomber amoureuse d'Alexei, le jeune précepteur de son fils. Par ailleurs, la pupille de Natalie n'est pas non plus insensible à Alexei. La pièce dure deux heures sans entracte. J'y suis allée pour le metteur en scène Alain Françon et pour les acteurs: j'étais contente de revoir Anouk Grinberg et j'apprécie Micha Lescot et Catherine Ferran. Et en fin de compte, j'ai été sensible au jeu d'India Hair qui joue Vera, la pupille de Natalia. Elle est très à l'aise sur scène. Je l'avais découverte dans Crash Test Aglaé où elle était irrésistible. Le décor est lumineux, ce qui va bien avec la sobriété du spectacle. Le petit bémol que j'émettrai, c'est l'acteur Nicolas Avinée qui joue Alexei. Il fait "paysan mal dégrossi". J'ai eu un peu de mal à croire qu'il soit l'objet d'une passion amoureuse. Néanmoins, j'ai passé une agréable soirée.

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mardi 30 janvier 2018

La douleur - Emmanuel Finkiel

Parmi les cinq films vus récemment et pas encore chroniqués, je voudrais m'attarder sur La douleur d'Emmanuel Finkiel, d'après l'oeuvre de Marguerite Duras. Je suis certainement la seule à le penser au vu de ce que j'ai lu et entendu, mais j'ai trouvé le film beaucoup trop long: plus de deux heures, c'est interminable! Le texte magnifique de Duras que l'on entend par bribes est dilué, noyé dans les images et les sons. Je fais partie des chanceux qui avaient vu Dominique Blanc sur scène dirigée par Patrice Chéreau il y a presque 10 ans, qui interprétait ce texte dans un décor nu avec une table et une chaise. Le spectacle durait 1H20 (seulement) et c'était sublime. On entendait le texte et rien que le texte. On sortait la gorge serrée. A la fin du film de Finkiel, rien de tout cela. Mélanie Thierry n'est pas en cause, elle est très bien dans le rôle de Marguerite, mais j'ai été gênée par la manière, par le parti pris du réalisateur, de filmer Paris à travers des volets ou avec des prises de vue improbables, sans parler des images floues. Le réalisateur a voulu recréer Paris de 1944/1945 avec l'atmosphère qui y régnait. Personnellement, cela m'a barbée. Au bout d'une heure, j'ai commencé à regarder ma montre. Et puis, je voudrais savoir pourquoi on voit les personnages fumer. Ils ne font que ça ou presque pendant deux heures. Marguerite et Dionys attendent le retour de Robert Antelme, le mari de Marguerite. L'attente est longue aussi pour le spectateur. Pour résumer, je me suis ennuyée et je le regrette. J'en attendais trop. Lire le billet de Pascale sur le film et celui d'Aifelle sur le livre. Sinon (tout de même), je trouve l'affiche très belle.

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mercredi 6 décembre 2017

Films vus et non commentés depuis le 20 novembre 2017

Depuis que je suis rentrée du Chili, j'ai recommencé à aller au cinéma. Et je viens de voir quatre films français qui se laissent regarder.

Dans ce billet, j'en commente deux dans l'ordre où je les ai vus.

D'abord Jalouse, de David et Stéphane Foenkinos, qui permet à Karin Viard de prouver une fois de plus son talent dans un rôle pas facile, pas très sympathique. Nathalie Pécheux, une cinquantenaire, est prof de français en khâgne dans un lycée parisien. Divorcée, elle vit avec sa fille danseuse, qui espère entrer très prochainement à l'école de danse de l'Opéra de Paris. Nathalie (Karin Viard), par ses remarques mordantes et son comportement, est devenue odieuse auprès des siens, qui par ailleurs sont plutôt patients avec elle. Je n'ai pas compris le titre du film. Nathalie n'est pas jalouse des autres, elle est mal dans sa peau durant une période parfois délicate pour les femmes. Karin Viard est à l'écran dans pratiquement tous les plans du film. Face à elle, Dara Dombroff qui interprète sa fille joue très juste, ainsi que la Québecoise Anne Dorval dans le rôle de l'amie de Nathalie. Une autre actrice que je n'avais jamais vu jouer et que j'ai trouvé surprenante et épatante, c'est Julie-Marie Baup, dans le rôle de la nouvelle compagne de l'ex-mari de Nathalie. Je n'oublie pas Anaïs Desmoutiers qui joue la collègue du lycée de Nathalie et qui ne se laisse pas démonter devant l'agressivité de cette dernière. Lire les billets de Pascale, de Tinalakiller et Ffred.

Je passe à Prendre le large de Gaël Morel, dans lequel Sandrine Bonnaire interprète le rôle d'Edith Clerval, une ouvrière en usine qui décide, comme l'usine qui l'emploie, d'être délocalisée au Maroc à Tanger. C'est la seule qui n'accepte pas le plan de licenciement qui lui permettrait de tenir financièrement un moment. A Tanger, où elle compte s'installer, les conditions de travail sont dures et le salaire est au niveau du pays, c'est-à-dire très bas. Qu'à cela ne tienne, ayant trouvé à se loger dans une pension de famille tenue par une mère et son fils, elle essaye de vivre au jour le jour avec des handicaps comme la barrière de la langue et le fait qu'elle soit une femme seule dans un pays musulman. Dans l'usine, à Tanger, on l'appelle l'étrangère. Elle n'est pas acceptée. Le thème du film fait penser au scénario de Crash Test Aglaé dont le ton était plus léger. Sandrine Bonnaire, en femme qui n'envisage pas de s'arrêter de travailler, est crédible, c'est la seule actrice connue du film. Face à elle, le jeune Kamal El Amri et Mouna Fettou (le fils et la mère propriétaires de la pension) sont bien. La fin optimiste que je ne dévoilerai pas rend l'ensemble moins sombre. Lire le billet enthousiaste de ffred.

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samedi 14 octobre 2017

Le jeune Karl Marx - Raoul Peck / Confident royal - Stephen Frears

Le jeune Karl Marx du réalisateur haïtien Raoul Peck m'a beaucoup plu. C'est après avoir lu le billet de Pascale que j'ai eu envie de le voir. J'ai surtout apprécié d'entendre les deux acteurs, trilingues, qui donnent une certaine authenticité à l'ensemble. Le réalisateur a choisi de retracer la vie et l'oeuvre de Marx entre 1844 et 1848, années pendant lesquelles Marx va de Paris à Bruxelles et puis Londres. En septembre 1844, à Paris, Karl Marx (August Diehl, très bien), gagne chichement sa vie en écrivant des articles. Il est marié à Jenny Von Westphalen depuis un an. C'est à Paris qu'il rencontre Engels, fils d'un riche industriel allemand vivant et possédant une usine en Angleterre. Entre Marx et Engels, c'est le début d'une profonde amitié qui durera jusqu'à la mort de Karl Marx. Ensemble, ils se mettent à écrire des livres en commun. Ils rencontrent Proudhon (célèbre pour la phrase "La propriété, c'est le vol"). Etant en désaccord avec la pensée de Proudhon, ils continuent d'écrire. A cause de leurs écrits, ils sont chassés de France, puis de Belgique et ils s'installent en Angleterre. C'est là qu'ils écriront Le manifeste du Parti communiste publié en février 1848. J'ai trouvé le film intéressant car il n'est pas didactique. Les acteurs sont tous bien dans leur rôle. Et je pense avoir appris des choses. S'il passe par chez vous, vous pouvez aller le voir. 

Je vous conseille aussi d'aller voir Confident Royal de Stephen Frears, rien que pour Judi Dench en reine Victoria. Elle est impériale en reine d'Angleterre et impératrice des Indes. Le réalisateur, qui n'est pas tendre avec les us et coutumes de la royauté anglaise, nous raconte une histoire vraie pour l'essentiel. En 1887 pour le jubilé célébrant les 50 ans de la Reine Victoria, une médaille (mohar) est offerte à Victoria par deux Indiens qu'on a fait venir spécialement du "sous continent" britannique. En effet, l'Inde est sous domination britannique depuis 29 ans. Malgré les instructions très strictes faites à Abdul Karim, l'un des deux Indiens, sur le fait de ne pas croiser le regard de la Reine, il ne peut s'empêcher de le faire et Victoria, âgée de presque 70 ans, à l'époque trouve cet homme très beau. De là, commence une amitié entre la reine et l'Indien qui ne plaît pas du tout à l'entourage royal. Je n'en dirai pas plus, sauf pour saluer encore le talent de Mme Dench. J'ai retenu son monologue percutant où elle parle de ses divers problèmes de santé, concluant qu'elle n'est certainement pas folle. 

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dimanche 13 août 2017

Crash test Aglaé - Eric Gravel / Les filles d'Avril - Michel Franco

Si vous voulez voir un film rafraîchissant, allez voir Crash test Aglaé, le premier long-métrage d'Eric Gravel. Vous aurez l'occasion de cotoyer Aglaé Lanctot pendant son périple, qui l'emmenera de la Lorraine vers la Suisse puis l'Allemagne, pour se terminer en Inde, en passant par le Kazakhstan. Aglaé, qui n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie, s'est découvert une passion pour travailler dans une usine qui fait du "crash-test" sur les voitures. Quand le film commence, Aglaé apprend par ses deux meilleures collègues, Liette (Julie Depardieu) et Marcelle (Yolande Moreau, hilarante), que l'usine va être délocalisée en Inde. A la surprise de la direction qui est convaincue que tous les ouvriers vont acccepter leurs indemnités de licenciement, Aglaé, elle, accepte de partir en Inde pour retravailler avec un salaire bien moindre. Ses deux collègues décident de l'accompagner. Ce voyage effectué en voiture (un peu déglinguée), en caravane, en vélo et à pied nous fait passer un bon moment. Liette et Marcelle vont abandonner assez vite (pour différentes raisons), mais Aglaé ira jusqu'à bout sans se poser de question. Je vous laisse découvrir ce qui l'attend au bout du chemin. Un film d'été d'1H25 qui fait du bien, même s'il y a beaucoup d'invraisemblances. Lire les billets de Pascale et Alex.

Je n'en dirais pas autant du film Les filles d'Avril du Mexicain Michel Franco qui m'a un peu perturbée. Quand la séance s'est terminée, certains spectateurs semblaient aussi abasourdis que moi. Quelle histoire! Valeria, 17 ans, est enceinte et fait l'amour avec son petit copain. Elle vit dans une maison en bord de mer avec Clara, sa demi-soeur plus âgée qu'elle. Clara parle peu et a des problèmes de poids. Abril, la mère, la cinquantaine épanouie, arrive soudainement. Longtemps absente, elle n'avait pas vu que sa fille attendait un enfant. Dès la naissance, Abril s'occupe du bébé, une petite fille, considérant que Valeria n'est pas capable de s'en occuper. Pour ce faire, elle subtilise le bébé en disant à sa fille que Karen (le bébé) a été adoptée. Et on n'est qu'au début de l'histoire, qui m'a mise mal à l'aise tout du long avec ce personnage d'Abril que j'ai trouvé monstrueux. Le réalisateur, qui est aussi le scénariste, doit avoir peut-être des problèmes avec les femmes, car je trouve le personnage d'Abril indéfendable. Ce n'est pas un film que je conseillerais à tout le monde malgré des bonnes critiques. Lire le billet de ffred.

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samedi 29 juillet 2017

Une femme fantastique - Sebastian Lelio / I am not Mme Bovary - Xiaogang Feng

Le film chilien Une femme fantastique raconte l'histoire touchante de Marina, une belle jeune femme chanteuse dans un night-club qui est la maîtresse d'Orlando, un homme plus âgé. Ce dernier a tout quitté pour elle. Malheureusement, victime d'une rupture d'anévrisme, il meurt. C'est à la clinique où Orlando vient de mourir que les ennuis de Marina commencent. Selon ses papiers d'identité, elle s'appelle Daniel. Marina est en effet une transgenre. Elle se retrouve harcelée par beaucoup de monde, dont la police et la famille qui n'avait bien évidemment pas admis cette relation scandaleuse. Marina est surtout peinée d'être empêchée d'assister aux obsèques du défunt. La famille dont l'ex-femme et le grand fils du défunt l'humilient, lui mettent des bâtons dans les roues. Qu'à cela ne tienne. Marina pourra tout de même faire un dernier adieu à Orlando. C'est un film un peu bancal, surtout la deuxième partie, il y a des scènes qui s'enchaînent sans qu'elles soient vraiment reliées mais ce n'est pas trop grave. On peut trouver quelques plans surréalistes comme celui où l'on voit Marina penchée à cause du vent sans qu'elle tombe. Un film à voir. Lire le billet de ffred.

Je passe à I am not Mme Bovary de Xiaogang Feng, film chinois de 2H10 qui m'a semblé un peu long, très bavard avec un procédé visuel pas banal. Pendant plus d'une heure, on voit le film avec une image ronde comme si on était au bout d'un tube et que l'action se passait à l'autre bout. Par la suite, l'image devient carrée et puis elle s'élargit vers la fin. Pendant plus de deux heures, on suit l'obstination et l'entêtement de Li Xuelian qui, divorcée "pour de rire" de son mari Qin (afin d'obtenir un plus grand appartement,) se rend compte qu'elle s'est "fait avoir": le divorce est entériné par le tribunal de la ville et son mari s'est remarié. A partir de là, pendant 10 ans, Li Xuelian n'aura de cesse de faire annuler le divorce devant différentes juridictions (uniquement des hommes). Elle ira jusqu'à Pékin. L'ensemble est assez répétitif. Sans succès. Même si l'on apprend ses vraies motivations à la toute fin du film, le personnage de Li Xuelian est crispant. Cela m'a empêchée d'adhérer à l'histoire. Lire le billet de Pascale.

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mardi 25 avril 2017

The Young Lady - William Oldroy / Sous le même toit - Dominique Ferrugia

The Young Lady de William Oldroy est une adaptation d'un roman russe de 1865 écrit par Nicolaï Leskov, Lady Macbeth du district de Mtsensk, que je n'ai pas lu. Le musicien Dimitri Chostakovitch s'est servi de ce roman pour écrire un opéra en 1930-32. Comme le roman russe, the Young Lady se passe en 1865. L'action se situe en Angleterre dans un paysage austère. Katherine, à peine 20 ans, vient d'être mariée à un homme de deux fois son âge. Ce mariage arrangé ne s'annonce pas bien: Alexander, le mari, semble impuissant. La grande demeure où ils vivent avec Boris, le beau-père odieux de Katherine, et quelques domestiques, est sinistre. Katherine se distrait en allant se promener dans la lande alentour. Pendant que les deux hommes partent pour affaires durant quelques semaines. Katherine tombe dans les bras de Sebastian, un des palefreniers du domaine. C'est un amour fou et exclusif qui va mal se terminer. On découvre en Katherine un être glaçant et dangereux. Elle est prête à toutes les extrémités. Comme l'a écrit Matchingpoints, certaines scènes sont dures. La mise en scène est très travaillée avec les scènes les plus violentes filmées de loin ou hors champ. Un film prenant mais un peu perturbant car c'est dur voire impossible de s'attacher au personnage de Katherine. La jeune Florence Pugh est une révélation, avec son air presque impassible. Lire aussi les billets de Ffred et Pascale.

Je serai très brève concernant le film français Sous le même toit: pas terrible du tout. Si vous avez vu la bande-annonce, c'est amplement suffisant. Delphine, infirmière dans un hôpital, et Yvan, agent d'un footballeur (enfin il essaie), viennent de divorcer, mais Yvan, qui n'a presque pas un sou, habite néanmoins sous le même toit que sa femme et ses deux enfants. Il possède 20% de la maison et donc 20% du frigo, et peut utiliser quelquefois la salle de bain ou le salon. Louise Bourgoin a beau être charmante et Gilles Lellouche faire ce qu'il peut, la comédie est poussive et rarement drôle. On peut passer. Lire le billet de Ffred.

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samedi 14 janvier 2017

Harmonium - Koji Fukada

Harmonium qui a été beaucoup apprécié par Chris est un film japonais de Koji Fukada (un réalisateur que je ne connaissais pas). l'harmonium renvoie à l'instrument de musique dont joue Hotaru, la fille de Akie et Toshio. Dans une petite ville japonaise, de nos jours, Toshio, Akie et Hotaru mènent une vie relativement morne. Toshio, un homme mutique, travaille dans un atelier de métallerie qui jouxte la maison d'habitation. Sa femme Akie suit de près l'éducation de leur fille et en particulier l'aide pour jouer de l'harmonium. Jusqu'au jour où Yasaka, en pantalon noir et chemise blanche, se présente dans l'atelier. Il ne sait pas où aller. On comprend tout de suite que Yasaka et Toshio se connaissent. Ils partagent un lourd secret. Yasaka, qui est logé et nourri, selon la volonté de Toshio, devient un intime de la famille jusqu'à ce qu'une tragédie survienne. Huit ans plus tard, Toshio est devenu plus loquace, alors que sa femme, rongée par le remord, souffre de "TOC" (trouble obsessionnel compulsif). Quant à Hotaru, elle est devenue gravement handicapée. Il y a beaucoup de précision dans la réalisation. Les comédiens sont bien, mais j'avoue avoir été frustrée par la toute fin. Néanmoins, dans son ensemble, Harmonium constitue un film à voir. Il a reçu le prix du jury de la section "Un certain regard" au Festival International du film de Cannes en 2016. Lire aussi le billet d'Alex-6.

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