jeudi 5 septembre 2013

Quatre films "polars" américains des années 40

L'Action Christine, cinéma d'art et d'essai du VIème arrondissement à Paris, programme pendant l'été, et le reste de l'année d'ailleurs, plein de (vieux) films selon un genre précis. Comme j'ai encore été très moyennement tentée par les nouveautés ces temps-ci, j'ai vu quatre films que je ne connaissais pas et qui sont vraiment très bien.

Angoisse (Experiment Perilous) de Jacques Tourneur (1944, 91 mn) avec Hedy Lamarr, George Brent et Paul Lukas: une histoire d'un garçonnet mal-aimé par son père (la maman étant morte en couches). A Londres, en 1903, cet homme (Paul Lukas) devenu adulte devient le meurtrier de sa soeur et de l'homme qu'il croit être l'amant de sa femme. Dommage que la séquence finale très "happy end" soit mièvre. Paul Lukas en mari et père torturé est remarquable et Hedy Lamarr était bien jolie.

Le suspect (The Suspect) de Robert Siodmak (1944, 85 mn) avec Charles Laughton qui interprète Philip, un homme mal marié à une mégère qui leur fait une vie impossible à lui et à leur fils, lequel s'en va habiter ailleurs. L'histoire se passe à Londres en 1902 dans un quartier cossu qui abrite un maître-chanteur, une femme battue et un meurtrier. Face à eux, on trouve un inspecteur tenace de Scotland Yard. Je ne vous en dis pas plus si ce n'est que Charles Laughton a une coiffure plutôt excentrique et qu'il joue tout en retenue. La fin du film m'a plu.

L'Impasse tragique (The Dark Corner) d'Henry Hathaway (1946, 99 mn) avec Lucille Ball, Clifton Webb, William Bendix et Mark Stevens, met en scène un détective qui va tout faire pour se disculper (il est accusé d'un meurtre) avec l'aide de sa secretaire. L'intrigue où un mari jaloux va imaginer un plan machiavélique pour se débarrasser de l'amant de sa femme est complexe. C'est vraiment bien fait.

L'assassin sans visage (Follow Me Quietly) de Richard O. Fleisher (1949) avec William Lundigan, Dorothy Patrick. Ce film très curieux dure 56 minutes, c'était le troisième film de fiction du réalisateur. Un homme se faisant appeler "Le juge" en est à son 7ème crime quand le film commence. Il frappe sans mobile apparent les jours de pluie. On ne connaît que sa silhouette de dos. Grâce à un mannequin grandeur nature, "Le juge" sera démasqué. A découvrir.
PS: A noter que ce film va être diffusé sur France 3, dimanche 08 septembre à 00H25, dans le cadre d'un cycle polar au cinéma de minuit.

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mercredi 28 août 2013

Elysium - Neil Blomkamp / Insaisissables - Louis Leterrier / Les flingueuses - Paul Feig

J'évoquais dans mon billet cinéma précédent le fait que le cinéma américain d'avant, c'était quand même autre chose surtout au vu de quelques productions américaines sorties cet été dont voici quelques exemples:

Elysium de Neill Blomkamp (District 9) se passe en 2154 (heureusement, je ne serai plus là pour le voir!). La terre est à l'agonie, la majorité de la population vit dans la misère, la pollution, le béton, ils ne peuvent plus se soigner. A Los Angeles, les "Latinos" sont majoritaires. Mais dans l'espace, pas très loin (18 minutes de navette), dans un engin spatial rond et transparent appelé "Elysium", vivent quelques humains privilégiés, en sécurité et en autarcie dans l'opulence et la verdure. De plus, ils possèdent, dans chaque maison, une machine qui est capable de guérir en 10 secondes n'importe quelle maladie. Tout ça pour dire que Matt Damon, irradié à mort sur son lieu de travail sur Terre, va tout faire pour partir sur Elysium. Face à lui, il a deux "très méchants": une femme, Delacourt (notez le nom français) interprétée par Jodie Foster (son rôle est odieux et elle veut devenir "calife à la place du calife"), et Kruger (notez le nom allemand) qui est le bras armé de Delacourt. Comme on est dans un film américain, les méchants sont punis et tous les terriens auront accès à Elysium (je vous passe les péripéties). Le scénario de District 9 du même réalisateur était plus original et nettement plus sombre, pessimiste. Matt Damon fait le minimum syndical. Vous pouvez attendre de le voir en DVD. Lire le billet nettement plus enthousiaste de Géraldine.

Insaisissables de Louis Leterrier raconte l'histoire de quatre illusionnistes qui se servent de leur talent pour dévaliser des banques. Ils semblent qu'ils obéissent à une cinquième personne dans l'ombre qu'ils n'ont jamais vue. Il y a de grands mouvements de caméra, des mouvements de foule, de l'esbroufe, du clinquant. Ca bouge beaucoup, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, si ce n'est que les personnages joués par Morgan Freeman et Michael Caine vont être les "dindons" de cette farce. Tout ça est creux et même pas drôle. Lire le billet d'Oriane pas très convaincue non plus. Captain Navarre est plus enthousiaste.

Je voudrais quand même terminer par un film très amusant (si, si), j'ai nommé Les flingueuses de Paul Feig qui réunit un duo de choc formé par Sarah Ashburn (Sandra Bullock) et Shannon Mullins (Melissa McCarthy), une "dodue harmonieuse" qui a une pêche d'enfer, un vocabulaire de charretier, une descente d'alcool assez remarquable, et une famille complètement "barje". Ashburn, agent du FBI à Chicago, est, elle, plutôt coincée, seule, intelligente, et a des problèmes relationnels avec ses collègues tous masculins. Mullins est simple agent de terrain. Elles se retrouvent à enquêter ensemble à Boston, là où travaille Mullins, sur un réseau de trafiquants de drogue. Ce n'est pas toujours très subtil mais j'ai passé un excellent moment et on rit bien. Lire le billet de ffred.

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lundi 26 août 2013

La fabrique de crimes - Paul Féval / Tu peux crever! - Howard Fast

En ce dimanche pluvieux de 25 août 2013 pré-rentrée, je [ta d loi du cine] viens de m'avaler successivement ces deux livres, chinés cette semaine pour 2 euros chacun à Bécherel, village breton comportant une douzaine de libraires d'occasion (première cité du livre en France). Hé bien, c'est une expérience extraordinaire, et que je souhaite partager avec les lectrices et lecteurs de ce blog sur lequel il m'arrive parfois de squatter (au grand dam de ses statistiques de commentaires). En fait, je ne parlerai même que tout à fait accessoirement de l'intrigue de chacun des bouquins.

Quand, par la lecture du premier titre évoqué, vous vous êtes bien surexcité vos neurones jusqu'au paroxysme, et avant la "descente", plongez-vous donc (ou replongez-vous) ensuite dans un ce ces polars à l'ancienne (2ème moitié du XXème siècle), avec un héros ou une héroïne (honni soit qui mal y pense!) improbable mais "identifiant(e)" et pétillant(e) d'intelligence, une intrigue réglée comme du papier à musique (invraisemblable bien que plausible, si vous voyez ce que je veux dire), et beaucoup de dialogues "ping-pong". Je pense par exemple à Compartiment tueur (Sébastien Japrisot), ou même aux Agatha Christie avec Tuppence et Tommy, ou encore à du William Irish (que je découvrais il y a plus de 30 ans via le recueil de nouvelles Du crépuscule à l'aube - mais ceci est une autre histoire), ou tout autre choix de revisite répondant aux critères ci-dessus. Et savourez votre nouvelle "grille de lecture".

Pour commencer, sachez que dans La fabrique de crimes rédigé en 1866, Paul Féval (1816-1879) parodie ouvertement le roman feuilleton dont il a été l'un des maîtres incontestés. Au prétexte des aventures d'Elvire et de Fandango, on trouve, à l'excès, tous les rebondissements rocambolesques (Ponçon du Terrail), quelques développements d'ambiance misérabiliste (Hugo), des scènes épiques auprès desquelles les dumasiennes font pâle figure (encore que, dans Le Capitaine Pamphile...). A chaque page et même parfois plus souvent, un coq-à-l'âne jette aux oubliettes l'action en cours pour des péripéties plus incroyables encore, jusqu'à la chute finale de cette pochade, chute par laquelle je vous interdis de commencer (non mais!). Accroché(e) jusqu'au bout, vous serez alors dans l'état d'esprit adéquat afin de savourer votre livre suivant.

Pour ne rien vous cacher (et même si bien d'autres titres peuvent faire l'affaire), Tu peux crever! (titre en français) fait partie de la série d'une douzaine de romans policiers avec comme titre un prénom féminin rédigés par Howard Fast sous le pseudonyme de E.V. Cunningham, à une époque où il figurait sur la liste noire du maccarthysme. Shirley, l'héroïne éponyme (dans la version anglaise), est une secrétaire de 20 ans qui attend plus ou moins le prince charmant. Mais, intelligente comme elle est, elle le démasque rapidement, à peine a-t-il achevé de se présenter. Là, il sort un flingue... avant qu'ils se sauvent par les toits. La fille n'a pas sa langue dans sa poche et fait tourner ces messieurs de la jaquette en bourrique en les ridiculisant (le roman est daté...). Mais tout est bien qui finit mieux, et, après moult aventures, elle renonce à son cri de guerre (j'aimerais assez connaître l'expression anglaise qui a inspiré le titre français de 1965!) pour finir par dire d'accord à son brave chef de service. Mais ça n'en fait pas une harlequinade pour autant (ce n'est pas de la chick lit non plus - à mon avis), il y a eu des morts.

Voilà, j'aimerais bien connaître, maintenant, d'autres récits de "voyages" causés par la lecture à la queue leu leu de livres ayant une influence sur l'humeur et l'état d'esprit... Pas besoin de recourir à des substances illicites, on peut se droguer avec des bouquins (outre l'addiction), si, si!


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La fabrique de crimes, Paul Féval, Ouest France, Coll. La crème du crime, 125 pages.

Tu peux crever! (Shirley), Howard Fast (E.V. Cunnigham), Folio Policier, 248 pages.

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vendredi 31 mai 2013

Le passé - Asghar Farhadi

Après La Grande bellezza (reparti malheureusement bredouille de Cannes), voici Le passé, qui était aussi en compétition au Festival International du cinéma de Cannes de cette année (2013). Le film a été récompensé grâce au prix d'interprétation féminine à Bérénice Bejo (plutôt mérité). Je dis tout de suite que c'est un film estimable mais pas aussi fort qu'Une séparation, A propos d'Elly ou Les enfants de Belle Ville. Déjà le titre "Le passé" me paraît incongru car on parle très peu du passé des personnages, mais plutôt du présent et d'un futur incertain. Ahmad, un Iranien, revient en France quatre ans après être parti. Il doit signer les papiers de son divorce avec Marie. Cette dernière vit dans un pavillon de banlieue triste. L'appartement est aussi en friche que sa vie. Enceinte de deux mois et mère de deux filles, elle loge aussi Fouad, un petit garçon, le fils de son nouveau compagnon, Samir. On ne saura rien d'Ahmad, même pas sa profession. Il s'implique dans la vie de cette famille, même si c'est pour peu de temps, et de façon parfois maladroite, en voulant bien faire. Face à lui, Marie est une jeune femme nerveuse qui frôle parfois l'hystérie. Je dois dire que ce personnage m'a beaucoup horripilée. Pendant 2H10, on va de révélation en révélation sur la vie de cette famille recomposée, où je n'ai pas trouvé beaucoup de tendresse, sauf des mains qui se touchent ou qui se frôlent. Marie et Samir sont censés s'aimer et bien cela ne se voit pas à l'écran. J'ai trouvé que le film s'étirait en longueur sur la fin, dommage. Malgré mes réserves, c'est quand même un film à voir encore que j'ai préféré L'attentat.

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dimanche 7 avril 2013

Perfect mothers - Anne Fontaine / Quartet - Dustin Hoffman

Je voudrais rendre compte de deux films qui viennent de sortir le mercredi 3 avril 2013.

D'abord, Perfect Mothers, de la réalisatrice française Anne Fontaine, est adapté d'un roman de Doris Lessing, Les grands-mères. De nos jours, l'histoire pas banale se déroule en Nouvelle Galles du Sud, en Australie, au bord de la mer dans un cadre assez idyllique. Deux femmes à la quarantaine épanouie, Lil (Naomi Watts) qui est veuve, et Roz (Robin Wright) qui est mariée, sont amies depuis des années. Elles ont chacune un fils, Ian et Tom, qui sont amis depuis l'enfance. Ils font du surf ensemble. Un soir, Ian (le fils de Lil), amoureux de Roz, devient son amant. Pour se venger, Tom (le fils de Roz) fait de même avec Lil. On aurait pu attendre d'Anne Fontaine, réalisatrice de Nettoyage à sec, Coco avant Chanel, Entre ses mains ou Nathalie, quelque chose de plus sulfureux, de transgressif. Mais non, c'est un film sage, beau à regarder (tant les acteurs que les paysages). Les deux actrices sont vraiment bien (surtout Robin Wright). Les deux jeunes hommes sont plutôt bien de leur personne. Je vous laisse découvrir ce que devient ce quatuor (presque incestueux) qui s'agrandit pendant un certain temps (Ian et Tom se marient et ont chacun une fille). Petite remarque: le titre original anglais (!) est Two mothers (Deux mères). Pour sa sortie française, le titre devient, toujours en anglais (!), Perfect mothers (Mères parfaites). C'est un film qui m'a donné envie de découvrir la Nouvelle Galles du Sud et de lire Les grands-mères, et que je peux vous conseiller (1).

En ce qui concerne Quartet, c'est la première réalisation de l'acteur Dustin Hoffman. Il permet d'admirer, une fois de plus, des acteurs comme Maggie Smith ou Tom Courtenay, qui ont l'âge des rôles. Dans un paysage idyllique en Angleterre, une maison de retraite abrite des artistes retraités: chanteurs d'opéras, musiciens et acteurs, etc. Une soirée de gala se prépare afin de recueillir des fonds pour garder l'établissement ouvert. Jean Horton (Maggie Smith), ancienne chanteuse lyrique, vient juste d'intégrer l'institution, provoquant la fureur de Reggie (interprète lyrique lui aussi). Je vous laisse découvrir pourquoi. La musique classique (Bach) et des airs d'opéra comme Rigoletto de Verdi servent de musique de film. D'ailleurs, le quatuor de Rigoletto sert de "clou du spectacle" et conclut le film. Il semble que c'est la passion de Dustin Hoffman pour l'opéra qui l'a amené à faire un tel film. C'est plaisant, avec quelques répliques plutôt drôles, même si on sent aussi une certaine tristesse qui se dégage de l'ensemble. En effet, c'est une histoire sur la vieillesse qui atteint beaucoup d'entre nous un jour ou l'autre. A voir et à entendre.

(1) Pour répondre à la question de Keisha ci-dessous, je précise que j'ai vu le film en VO.

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mercredi 6 février 2013

Tous ensemble, mais sans plus - Georges Flipo

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Puisque le volume que je devais recevoir en "livre voyageur" comme convenu avec l'auteur n'était jamais arrivé à destination, mon ami m'en a commandé un exemplaire chez ma librairie de quartier. J'ai lu Tous ensemble, mais sans plus (édition Anne Carrière, 280 pages) en moins d'une journée. Sur les 14 nouvelles, j'en connaissais déjà une tirée de L'Etage de dieu. J'ai trouvé ces nouvelles très bien écrites (comme d'habitude), mais il y transparaît de la tristesse et un certain désenchantement sur les relations humaines. Il n'est pas facile de vivre en harmonie avec nos semblables sans qu'à un moment ou un autre les rapports de force, de "classe" (j'ose le mot), de différence de milieu social s'en mêlent, comme dans la nouvelle "Le monsieur de l'autre lit", dans laquelle une estime réciproque naît entre deux hommes avant que tout se termine en brouille sans espoir de réconciliation.

Georges Flipo donne parfois une chance à ses personnages pour qu'ils arrivent à s'entendre, comme dans "L'heure du bain" où Michel et Hélène (des personnes âgées) arriveront peut-être à faire un petit bout de chemin ensemble; mais il n'en donne pas à Yannick et Constance dans "Les choses du marais", au grand désespoir de mon ami. La nouvelle "Tous ensemble, mais sans plus" qui donne le titre au recueil narre la confrontation entre Raoul Noir, candidat sur un poste à pourvoir dans une entreprise de parfumerie, et Adrian Melzer, le DRH de la dite entreprise. Le CV (curriculum vitae) sans photo est digne d'éloges, Adrian croit avoir trouvé le candidat idéal sauf que... Raoul Noir est noir. Je vous laisse découvrir ce qui s'ensuit où tel est pris qui croyait prendre. Comme on sait que Georges Flipo est un passionné de l'Amérique du sud en général et du tango en particulier, il a écrit "Notre-Dame des Tandas" dans laquelle Pauline se retrouve à n'avoir comme partenaire de tango que des hommes bien mal en point physiquement et mentalement et qui ne savent pas danser. Pauline qui est venue seule repartira de même.

Parmi les 14 nouvelles, j'ai beaucoup aimé "Le naturalisme chez Zola" qui se passe pendant un oral du bac en français et où la candidate, Jessica Sainte-Rose, nous tire les larmes aux yeux quand elle raconte sa vie au professeur alors qu'au final celui-ci, beau joueur (je vous laisse découvrir pourquoi), lui met 20/20 pour sa prestation. Même moi, je m'y suis laissée prendre.

Ce recueil de nouvelles a été bien apprécié sur la blogosphère, je vous laisse découvrir ce que les blogueurs en ont pensé sur le site de l'auteur.

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dimanche 13 janvier 2013

Lune de glace - Jan Costin Wagner / Les enfants de cendres - Kristina Ohlsson / Le briseur d'âmes - Sebastian Fitzek

Voici trois romans policiers parmi d'autres lus durant les trois dernières semaines.

Ils se lisent agréablement sauf un.

 

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Je commencerai par Lune de glace (Editions Babel noir, 390 pages) d'un écrivain allemand, Jan Costin Wagner, qui vit la moitié de l'année en Finlande, patrie de son épouse. C'est là qu'il situe les intrigues de ses romans. Lune de glace est le premier d'entre eux, dans lequel on fait la connaissance du jeune inspecteur finlandais Kimmo Joentaa, qui vient de perdre son épouse d'une maladie incurable. Inconsolable, il reprend le travail, tout ses sens en alerte. Kimmo se fie beaucoup à son intuition. A Turku, trois personnes sont étouffées dans leur sommeil. Aucun lien apparent ne semble relier les trois victimes. L'enquête prend son temps, l'écrivain ne précipite rien. Tout est suggéré par petites touches. Ce n'est pas mal mais je suis restée un peu sur ma faim. Mais cela ne m'empêchera pas de lire un autre roman de l'écrivain rien que pour retrouver Kimmo Joentaa, un personnage intéressant.

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Voici maintenant Les enfants de cendres de Kristina Ohlsson (Editions J'ai lu, 440 pages). Lilian, une petite fille de 5 ou 6 ans, disparaît dans un train qui fait la liaison Stockholm-Göteborg. Sa maman était descendue sur le quai pendant un arrêt inopiné. Quelque temps plus tard, on retrouve Lilian morte à plusieurs dizaine de kilomètres du lieu de l'enlèvement. Sur son front est tracé le mot "indésirable". Quelques jours après, un bébé va subir le même sort après avoir été enlevé dans une maison. Une brigade de trois personnes enquête. Elle est composée d'Alex Recht, qui exerce son métier depuis 25 ans, de Peter Rydh, un jeune père qui a des problèmes de couple, et de Fredrika Bergman, une jeune femme nouvellement arrivée à la brigade, qui a du mal à se faire accepter (je vous laisse découvrir la vie de chacun de ces personnages). Sans dévoiler davantage de l'intrigue, je vous dirais que l'assassin veut punir les mères. Un "thriller" bien mené et il semble que Katrina Bergman soit un personnage récurrent que l'on retrouve dans d'autres romans de K. Ohlsson (pas encore traduits).

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En un mot, ce roman Le briseur d'âmes de Sebastian Fitzek (Edtion de l'Archipel, 260 pages) ne m'a pas plu du tout. J'ai eu l'impression de prendre l'histoire en cours de route, qu'il me manquait des pages. D'ailleurs, la pagination n'est pas la même selon que l'on nous fait lire un dossier médical ou non. C'est une histoire tordue. Dans une clinique près de Berlin, un tueur sévit en commençant par laisser ses victimes anéanties. Tout m'a paru tiré par les cheveux. J'ai eu l'impression de perdre mon temps. C'est le premier et le dernier roman de Fitzek que je lirai.

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mercredi 26 décembre 2012

Occupe-toi d'Amélie - Georges Feydeau

Mon ami et moi sommes allés au théâtre de la Michodière à Paris voir Occupe-toi d'Amélie, pièce légère de Georges Feydeau que je n'avais jamais vue. A la fin du XIXème siècle, Amélie, une femme entretenue, "une cocotte" comme on les appelait, prend la vie du bon côté et vit dans l'opulence entre son amant en titre, son père et même son frère. L'intrigue principale est qu'Amélie va se retrouver au milieu d'un imbroglio conjugal. Pour rendre service, elle accepte d'épouser un homme qui doit faire un bel héritage (qu'il ne peut toucher que s'il se marie). Pour pimenter le tout, s'ajoute un personnage de Slave très entreprenant qui aimerait bien mettre Amélie dans son lit. La mise en scène de Pierre Laville est trépidante, par exemple la scène du lit dans l'obscurité (je vous laisse la découvrir). Hélène de Fougerolles interprète une charmante Amélie et est bien entourée par des comédiens comme Jacques Balutin et Julia Duchaussoy. Les décors et costumes ajoutent à la qualité de ce spectacle idéal pour cette fin de l'année. Néanmoins, il faut noter que les places sont chères (plus de 40 euros à l'orchestre) et que le public n'est pas jeune (tout au moins, c'était le cas le dimanche où nous y avons été). Petite anecdote en passant: quand nous nous sommes installés à nos places, j'ai constaté qu'une dame devant nous était haut perchée en nous empêchant de bien voir la scène. Et en effet, elle s'était assise sur son sac. On lui a demandé de l'enlever, ce qu'elle a fait avec réticence (elle-même trouvait qu'elle était gênée par les gens de devant). Elle faisait partie d'un groupe de personnes du 3ème âge venues nombreuses pour assister à la représentation.

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Je profite de ce billet pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année et espère que vous ne soyez pas trop seuls pendant cette période que tout le monde n'apprécie pas.

 

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mardi 9 octobre 2012

Killer Joe - William Friedkin / Ombline - Stéphane Cazes / Jason Bourne, l'héritage - Tony Gilroy

Voici trois films vu depuis les deux dernières semaines. J'en recommande deux sur trois.

En premier, donc, Killer Joe de William Friedkin que je ne conseille pas vraiment, car tout est glauque dans ce huis-clos où les personnages s'entre-déchirent physiquement et moralement. Les femmes sont plus malmenées que les hommes. J'aurais dû me méfier (au vu du titre) avant d'aller voir ce film qui est dans la lignée de Bug. Je pense qu'il faut prendre cette histoire de crime à l'assurance-vie au second degré. La conclusion du film est amorale et je me suis sentie très mal à l'aise devant certaines image. C'est outré et cela manque cruellement d'humour. J'aurais interdit le film aux moins de 16 ans (l'interdiction n'est qu'aux moins de 12 ans). J'ai poussé un "ouf" de soulagement quand le film s'est terminé (comme pour Bug).

En revanche, voici deux films que j'ai beaucoup appréciés:

D'abord Ombline de Stéphane Cazes où Mélanie Thiery crève l'écran en jeune détenue qui devient maman. On ne sait pas pourquoi Ombline se trouve derrière les barreaux d'une prison mais on la sent prête à tout pour garder Lucas, même à travailler au sein de la prison. Elle s'adoucit. La caméra suit Ombline au plus près. Elle est de tous les plans. Seule, la conclusion m'a parue un peu trop optimiste (selon moi) mais je vous garantis que vous ne pouvez pas rester insensible devant Ombline et son petit garçon Lucas, que l'on voit grandir pendant 18 mois en restant enfermé avec sa maman. 

Enfin Jason Bourne: L'héritage de Tony Gilroy, film trépidant qui bénéficie d'un acteur épatant, Jeremy Renner dans le rôle d'Aaron Cross. L'histoire n'a pas beaucoup d'importance. Je crois avoir compris qu'il s'agissait de tests "top-secret" sur des cobayes humains (Aaron Cross étant l'un d'eux). J'ai été scotchée à mon fauteuil devant des péripéties qui nous emmènent en Alaska puis plus tard Manille en passant par la Nouvelle-Angleterre. Rachel Weisz se défend bien en chercheuse scientifique. Ce film est un excellent divertissement et il n'est pas nécessaire d'avoir vu les trois volets précédents avec Jason Bourne (j'avais chroniqué le troisième ici).

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samedi 6 octobre 2012

Lectures de vacances (septembre 2012)

Concernant les lectures que j'avais prévues pendant mes vacances, j'ai presque rempli mon contrat si ce n'est que je n'ai pas encore lu L'embellie de d'Audur Ava Olafsdottir [chroniqué le 02/12/2012]. En revanche, j'en lu un assez savoureux:

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Les vacances d'un serial killer (Pocket, 250 pages) de Nadine Monfils (une Belge qui vit à Montmartre) se passe au soleil (!) de la mer du Nord. Alfonse (surnommé Fonske) et Josette Destrooper s'embarquent avec leurs deux ados glandeurs et la grand-mère complétement azimutée. L'histoire loufoque n'a que peu d'importance mais Nadine Monfils a un style bien à elle. C'est parfois très cru et souvent drôle. A découvrir.

 

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Ouatann d'Azza Filali (elizad, 390 pages) est un roman qui se lit agréablement, mais j'avoue n'avoir pas compris le destin tragique d'un des personnages à la fin du roman. L'histoire se passe Tunisie en 2008. Ce pays en crise se trouve en proie aux magouilles en tout genre (collusion entre politique et pègre). L'écrivain nous fait rencontrer quelques personnages désenchantés dont Michkat, l'avocate à la recherche d'un nouveau travail (elle vient de démissionner du précédent); Rached, fonctionnaire sans idéal qui vit loin volontairement de sa femme et de ses jumelles; Naceur, ingénieur en bâtiment en partance pour un ailleurs hypothétique (il a un lourd passé). Sans oublier Mansour que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de la maison d'un Français située au bord de la mer près de Bizerte. Cette maison recèle quelques pièces secrètes. Ce roman m'a fait découvrir un éditeur tunisien, elizad, et une femme écrivain, Azza Filali, qui est romancière et médecin.

 

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Au bon roman de Laurence Cossé (Folio, 450 pages) m'a été prêté par une de mes connaissances. Je la remercie. Au bon roman, c'est (mise en abyme) l'enseigne d'une librairie située à Paris dans le 6ème arrondissement. Les fondateurs de cette librairie, Ivan et Francesca, se sont donné comme credo de ne proposer à la vente que de bons romans et rien d'autre. Pour ce faire, je vous laisse découvrir comment la sélection est faite. Je ne vous parle pas de toutes les embûches dont ils sont victimes, eux et d'autres qui font partie du comité de sélection. Voilà un roman qui se lit comme un polar. Je vous le recommande rien que pour l'écriture. Mme Cossé a du talent (c'est le premier roman que je lisais d'elle).

 

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Je termine par Motel Blues, "mon" troisième Bill Bryson (Petite bibliothèque Payot, 390 pages), où notre chroniqueur voyageur nous décrit son périple aux Etats-Unis. Il a parcouru 22364 kilomètres en traversant tous les Etats continentaux sauf 10 (ce qui fait à peu près 30 états) en deux voyages. Son point de départ était bien entendu Des Moines (Iowa) où Bill Bryson est né. Je vous laisse découvrir les endroits découverts et les autochtones qu'il a croisés. Il est encore assez critique sur certains travers de son pays (en particulier le racisme entre blancs et noirs). Il n'aime pas par exemple le style de William Faulkner. Il s'est aussi arrêté dans la ville natale de John Wayne. Il apprécie enfin peu New-York (bouh). Mais je l'aime quand même (sacré Bill!).

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