mercredi 6 février 2013

Tous ensemble, mais sans plus - Georges Flipo

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Puisque le volume que je devais recevoir en "livre voyageur" comme convenu avec l'auteur n'était jamais arrivé à destination, mon ami m'en a commandé un exemplaire chez ma librairie de quartier. J'ai lu Tous ensemble, mais sans plus (édition Anne Carrière, 280 pages) en moins d'une journée. Sur les 14 nouvelles, j'en connaissais déjà une tirée de L'Etage de dieu. J'ai trouvé ces nouvelles très bien écrites (comme d'habitude), mais il y transparaît de la tristesse et un certain désenchantement sur les relations humaines. Il n'est pas facile de vivre en harmonie avec nos semblables sans qu'à un moment ou un autre les rapports de force, de "classe" (j'ose le mot), de différence de milieu social s'en mêlent, comme dans la nouvelle "Le monsieur de l'autre lit", dans laquelle une estime réciproque naît entre deux hommes avant que tout se termine en brouille sans espoir de réconciliation.

Georges Flipo donne parfois une chance à ses personnages pour qu'ils arrivent à s'entendre, comme dans "L'heure du bain" où Michel et Hélène (des personnes âgées) arriveront peut-être à faire un petit bout de chemin ensemble; mais il n'en donne pas à Yannick et Constance dans "Les choses du marais", au grand désespoir de mon ami. La nouvelle "Tous ensemble, mais sans plus" qui donne le titre au recueil narre la confrontation entre Raoul Noir, candidat sur un poste à pourvoir dans une entreprise de parfumerie, et Adrian Melzer, le DRH de la dite entreprise. Le CV (curriculum vitae) sans photo est digne d'éloges, Adrian croit avoir trouvé le candidat idéal sauf que... Raoul Noir est noir. Je vous laisse découvrir ce qui s'ensuit où tel est pris qui croyait prendre. Comme on sait que Georges Flipo est un passionné de l'Amérique du sud en général et du tango en particulier, il a écrit "Notre-Dame des Tandas" dans laquelle Pauline se retrouve à n'avoir comme partenaire de tango que des hommes bien mal en point physiquement et mentalement et qui ne savent pas danser. Pauline qui est venue seule repartira de même.

Parmi les 14 nouvelles, j'ai beaucoup aimé "Le naturalisme chez Zola" qui se passe pendant un oral du bac en français et où la candidate, Jessica Sainte-Rose, nous tire les larmes aux yeux quand elle raconte sa vie au professeur alors qu'au final celui-ci, beau joueur (je vous laisse découvrir pourquoi), lui met 20/20 pour sa prestation. Même moi, je m'y suis laissée prendre.

Ce recueil de nouvelles a été bien apprécié sur la blogosphère, je vous laisse découvrir ce que les blogueurs en ont pensé sur le site de l'auteur.

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dimanche 13 janvier 2013

Lune de glace - Jan Costin Wagner / Les enfants de cendres - Kristina Ohlsson / Le briseur d'âmes - Sebastian Fitzek

Voici trois romans policiers parmi d'autres lus durant les trois dernières semaines.

Ils se lisent agréablement sauf un.

 

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Je commencerai par Lune de glace (Editions Babel noir, 390 pages) d'un écrivain allemand, Jan Costin Wagner, qui vit la moitié de l'année en Finlande, patrie de son épouse. C'est là qu'il situe les intrigues de ses romans. Lune de glace est le premier d'entre eux, dans lequel on fait la connaissance du jeune inspecteur finlandais Kimmo Joentaa, qui vient de perdre son épouse d'une maladie incurable. Inconsolable, il reprend le travail, tout ses sens en alerte. Kimmo se fie beaucoup à son intuition. A Turku, trois personnes sont étouffées dans leur sommeil. Aucun lien apparent ne semble relier les trois victimes. L'enquête prend son temps, l'écrivain ne précipite rien. Tout est suggéré par petites touches. Ce n'est pas mal mais je suis restée un peu sur ma faim. Mais cela ne m'empêchera pas de lire un autre roman de l'écrivain rien que pour retrouver Kimmo Joentaa, un personnage intéressant.

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Voici maintenant Les enfants de cendres de Kristina Ohlsson (Editions J'ai lu, 440 pages). Lilian, une petite fille de 5 ou 6 ans, disparaît dans un train qui fait la liaison Stockholm-Göteborg. Sa maman était descendue sur le quai pendant un arrêt inopiné. Quelque temps plus tard, on retrouve Lilian morte à plusieurs dizaine de kilomètres du lieu de l'enlèvement. Sur son front est tracé le mot "indésirable". Quelques jours après, un bébé va subir le même sort après avoir été enlevé dans une maison. Une brigade de trois personnes enquête. Elle est composée d'Alex Recht, qui exerce son métier depuis 25 ans, de Peter Rydh, un jeune père qui a des problèmes de couple, et de Fredrika Bergman, une jeune femme nouvellement arrivée à la brigade, qui a du mal à se faire accepter (je vous laisse découvrir la vie de chacun de ces personnages). Sans dévoiler davantage de l'intrigue, je vous dirais que l'assassin veut punir les mères. Un "thriller" bien mené et il semble que Katrina Bergman soit un personnage récurrent que l'on retrouve dans d'autres romans de K. Ohlsson (pas encore traduits).

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En un mot, ce roman Le briseur d'âmes de Sebastian Fitzek (Edtion de l'Archipel, 260 pages) ne m'a pas plu du tout. J'ai eu l'impression de prendre l'histoire en cours de route, qu'il me manquait des pages. D'ailleurs, la pagination n'est pas la même selon que l'on nous fait lire un dossier médical ou non. C'est une histoire tordue. Dans une clinique près de Berlin, un tueur sévit en commençant par laisser ses victimes anéanties. Tout m'a paru tiré par les cheveux. J'ai eu l'impression de perdre mon temps. C'est le premier et le dernier roman de Fitzek que je lirai.

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mercredi 26 décembre 2012

Occupe-toi d'Amélie - Georges Feydeau

Mon ami et moi sommes allés au théâtre de la Michodière à Paris voir Occupe-toi d'Amélie, pièce légère de Georges Feydeau que je n'avais jamais vue. A la fin du XIXème siècle, Amélie, une femme entretenue, "une cocotte" comme on les appelait, prend la vie du bon côté et vit dans l'opulence entre son amant en titre, son père et même son frère. L'intrigue principale est qu'Amélie va se retrouver au milieu d'un imbroglio conjugal. Pour rendre service, elle accepte d'épouser un homme qui doit faire un bel héritage (qu'il ne peut toucher que s'il se marie). Pour pimenter le tout, s'ajoute un personnage de Slave très entreprenant qui aimerait bien mettre Amélie dans son lit. La mise en scène de Pierre Laville est trépidante, par exemple la scène du lit dans l'obscurité (je vous laisse la découvrir). Hélène de Fougerolles interprète une charmante Amélie et est bien entourée par des comédiens comme Jacques Balutin et Julia Duchaussoy. Les décors et costumes ajoutent à la qualité de ce spectacle idéal pour cette fin de l'année. Néanmoins, il faut noter que les places sont chères (plus de 40 euros à l'orchestre) et que le public n'est pas jeune (tout au moins, c'était le cas le dimanche où nous y avons été). Petite anecdote en passant: quand nous nous sommes installés à nos places, j'ai constaté qu'une dame devant nous était haut perchée en nous empêchant de bien voir la scène. Et en effet, elle s'était assise sur son sac. On lui a demandé de l'enlever, ce qu'elle a fait avec réticence (elle-même trouvait qu'elle était gênée par les gens de devant). Elle faisait partie d'un groupe de personnes du 3ème âge venues nombreuses pour assister à la représentation.

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Je profite de ce billet pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année et espère que vous ne soyez pas trop seuls pendant cette période que tout le monde n'apprécie pas.

 

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mardi 9 octobre 2012

Killer Joe - William Friedkin / Ombline - Stéphane Cazes / Jason Bourne, l'héritage - Tony Gilroy

Voici trois films vu depuis les deux dernières semaines. J'en recommande deux sur trois.

En premier, donc, Killer Joe de William Friedkin que je ne conseille pas vraiment, car tout est glauque dans ce huis-clos où les personnages s'entre-déchirent physiquement et moralement. Les femmes sont plus malmenées que les hommes. J'aurais dû me méfier (au vu du titre) avant d'aller voir ce film qui est dans la lignée de Bug. Je pense qu'il faut prendre cette histoire de crime à l'assurance-vie au second degré. La conclusion du film est amorale et je me suis sentie très mal à l'aise devant certaines image. C'est outré et cela manque cruellement d'humour. J'aurais interdit le film aux moins de 16 ans (l'interdiction n'est qu'aux moins de 12 ans). J'ai poussé un "ouf" de soulagement quand le film s'est terminé (comme pour Bug).

En revanche, voici deux films que j'ai beaucoup appréciés:

D'abord Ombline de Stéphane Cazes où Mélanie Thiery crève l'écran en jeune détenue qui devient maman. On ne sait pas pourquoi Ombline se trouve derrière les barreaux d'une prison mais on la sent prête à tout pour garder Lucas, même à travailler au sein de la prison. Elle s'adoucit. La caméra suit Ombline au plus près. Elle est de tous les plans. Seule, la conclusion m'a parue un peu trop optimiste (selon moi) mais je vous garantis que vous ne pouvez pas rester insensible devant Ombline et son petit garçon Lucas, que l'on voit grandir pendant 18 mois en restant enfermé avec sa maman. 

Enfin Jason Bourne: L'héritage de Tony Gilroy, film trépidant qui bénéficie d'un acteur épatant, Jeremy Renner dans le rôle d'Aaron Cross. L'histoire n'a pas beaucoup d'importance. Je crois avoir compris qu'il s'agissait de tests "top-secret" sur des cobayes humains (Aaron Cross étant l'un d'eux). J'ai été scotchée à mon fauteuil devant des péripéties qui nous emmènent en Alaska puis plus tard Manille en passant par la Nouvelle-Angleterre. Rachel Weisz se défend bien en chercheuse scientifique. Ce film est un excellent divertissement et il n'est pas nécessaire d'avoir vu les trois volets précédents avec Jason Bourne (j'avais chroniqué le troisième ici).

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samedi 6 octobre 2012

Lectures de vacances (septembre 2012)

Concernant les lectures que j'avais prévues pendant mes vacances, j'ai presque rempli mon contrat si ce n'est que je n'ai pas encore lu L'embellie de d'Audur Ava Olafsdottir [chroniqué le 02/12/2012]. En revanche, j'en lu un assez savoureux:

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Les vacances d'un serial killer (Pocket, 250 pages) de Nadine Monfils (une Belge qui vit à Montmartre) se passe au soleil (!) de la mer du Nord. Alfonse (surnommé Fonske) et Josette Destrooper s'embarquent avec leurs deux ados glandeurs et la grand-mère complétement azimutée. L'histoire loufoque n'a que peu d'importance mais Nadine Monfils a un style bien à elle. C'est parfois très cru et souvent drôle. A découvrir.

 

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Ouatann d'Azza Filali (elizad, 390 pages) est un roman qui se lit agréablement, mais j'avoue n'avoir pas compris le destin tragique d'un des personnages à la fin du roman. L'histoire se passe Tunisie en 2008. Ce pays en crise se trouve en proie aux magouilles en tout genre (collusion entre politique et pègre). L'écrivain nous fait rencontrer quelques personnages désenchantés dont Michkat, l'avocate à la recherche d'un nouveau travail (elle vient de démissionner du précédent); Rached, fonctionnaire sans idéal qui vit loin volontairement de sa femme et de ses jumelles; Naceur, ingénieur en bâtiment en partance pour un ailleurs hypothétique (il a un lourd passé). Sans oublier Mansour que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de la maison d'un Français située au bord de la mer près de Bizerte. Cette maison recèle quelques pièces secrètes. Ce roman m'a fait découvrir un éditeur tunisien, elizad, et une femme écrivain, Azza Filali, qui est romancière et médecin.

 

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Au bon roman de Laurence Cossé (Folio, 450 pages) m'a été prêté par une de mes connaissances. Je la remercie. Au bon roman, c'est (mise en abyme) l'enseigne d'une librairie située à Paris dans le 6ème arrondissement. Les fondateurs de cette librairie, Ivan et Francesca, se sont donné comme credo de ne proposer à la vente que de bons romans et rien d'autre. Pour ce faire, je vous laisse découvrir comment la sélection est faite. Je ne vous parle pas de toutes les embûches dont ils sont victimes, eux et d'autres qui font partie du comité de sélection. Voilà un roman qui se lit comme un polar. Je vous le recommande rien que pour l'écriture. Mme Cossé a du talent (c'est le premier roman que je lisais d'elle).

 

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Je termine par Motel Blues, "mon" troisième Bill Bryson (Petite bibliothèque Payot, 390 pages), où notre chroniqueur voyageur nous décrit son périple aux Etats-Unis. Il a parcouru 22364 kilomètres en traversant tous les Etats continentaux sauf 10 (ce qui fait à peu près 30 états) en deux voyages. Son point de départ était bien entendu Des Moines (Iowa) où Bill Bryson est né. Je vous laisse découvrir les endroits découverts et les autochtones qu'il a croisés. Il est encore assez critique sur certains travers de son pays (en particulier le racisme entre blancs et noirs). Il n'aime pas par exemple le style de William Faulkner. Il s'est aussi arrêté dans la ville natale de John Wayne. Il apprécie enfin peu New-York (bouh). Mais je l'aime quand même (sacré Bill!).

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mercredi 3 octobre 2012

Monsieur Lazhar - Philippe Falardeau / Cherchez Hortense - Pascal Bonitzer

Comme je l'avais écrit dans mon billet "pause", je reviens sur deux films vus il y a un mois, - même si la "rentrée" des enseignants est déjà loin aujourd'hui.

D'abord Monsieur Lazhar d'un réalisateur québecois, Philippe Falardeau. Dans un collège à Montréal, Bachir Lazhar (arrivé d'on ne sait d'où) propose de remplacer, au pied levé, une jeune femme professeur qui s'est pendue dans sa salle de classe. Bachir Lazhar (formidable Fellag) se fait accepter par des élèves plus ou moins traumatisés, car c'est un bon professeur (j'aurais adoré avoir un prof comme lui). Mais Bachir n'est pas celui que l'on croit... Des secrets douloureux nous sont révélés. Les grands atouts de ce film sont sa sobriété, le jeu des acteurs (enfants compris) et j'ai apprécié d'entendre l'accent québécois. Un film vraiment à voir.

Quant à Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, ce film est agréable à voir pour plusieurs raisons, mais il n'est pas exempt de défauts. Côté positif, on a le plaisir de retrouver Jean-Pierre Bacri (en prof de civilisation chinoise pour managers pressés) au mieux de sa forme et Claude Rich (qui joue son père) savoureux dans un rôle de grand commis de l'état qui sait profiter de la vie. Et on sait qui est Hortense vers la fin du film. Damien marié à Iva (Kristin Scott-Thomas), metteur en scène de théâtre, a un fils (rebelle et insolent). Le couple enfoncé dans la routine va mal. Bien que ses relations avec son père soient très distantes, Damien se décide à aller le voir pour intercéder en faveur d'une jeune sans-papier (Isabelle Carré), à la demande d'Iva. Les scènes entre les deux hommes sont ce qu'il y a de mieux dans le film. En revanche, dommage que les personnages féminins soient sacrifiés. Elles ne font que fumer pendant tout le film, et pas grand-chose d'autre. Un film à voir si vous aimez Bacri et Rich.

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dimanche 30 septembre 2012

Le sermon sur la chute de Rome - Jérôme Ferrari

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Le sermon sur la chute de Rome (Actes sud, 200 pages), qui fait partie de la rentrée littéraire 2012, est un des cinq ouvrages que j'avais pris pendant mes vacances. J'ai trouvé le style superbe, il n'y a pas un mot de trop. L'histoire se passe peut-être de nos jours ou dans un passé proche en Corse dans un village perché loin des côtes avec des retours dans le passé au moment de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Algérie. C'est l'histoire de Matthieu Antonetti et Libero Pintus, deux jeunes étudiants, amis d'enfance qui reprennent la gérance du bar du village. Le roman se dénoue dans le drame survenu de manière inattendue (pour la lectrice que je suis). Je n'ai pas forcément compris le rapport entre l'histoire racontée et le sermon (suite à la chute de Rome) dit par Saint-Augustin et que Jérôme Ferrari évoque au dernier chapitre du roman. Mais je conseille la lecture de ce beau roman plein de passions exacerbées et de non-dits.

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mercredi 5 septembre 2012

Superstar - Xavier Giannoli / Madame Solario - René Féret

Superstar, le nouveau film de Xavier Giannoli, constitue un drame en trois actes:

  • Pourquoi Richard Kazinski, un parfait inconnu (banal), devient célèbre sans qu'il le veuille (il est reconnu dans le métro, dans les supermarchés  par de parfaits inconnus - des gens banals comme lui);
  • Pourquoi il se met à accepter peut-être cette situation malgré les conséquences sur sa vie privée (il n'en a plus);
  • [et enfin] Pourquoi tout le monde se met à lui "cracher" dessus.

Tout cela en l'espace de quelques semaines.

Ce très bon film ne nous donne pas de réponse quant aux "pourquoi", mais il interroge sur notre société de l'"instantanéité" (on prend, on jette, on aime, on n'aime plus), sur le pouvoir de l'image, d'internet, des médias de masse, de la rumeur. Comme le dit l'un des protagoniste de cette farce grotesque, producteur de télé, ce fut "divertissant". Ce film a été librement adapté d'un roman de Serge Joncour, l'Idole, et je vous le conseille même si j'aurais aimé encore plus de virulence dans le propos et quelques facilités scénaristiques en moins. Par exemple, le début d'idylle entre Kazinski (Kad Merad) et Fleur (Cécile de France), l'assistante du producteur télé, et l'amitié improbable de Kaminski avec un transexuel. Lire le billet de Mymp.

En revanche, vous pouvez vous épargner d'aller voir Madame Solario de René Féret adapté d'un roman (un chef d'oeuvre, parait-il) de Gladys Huntington (épuisé en édition française). Le réalisateur a donné le rôle principal de Mme Solario à sa fille: grave erreur. Marie Féret n'arrive pas à faire croire qu'elle est amoureuse de son frère (joué par Cyril Descours), ni qu'elle puisse faire tourner les têtes. L'histoire se passe au début du XXème siècle. On admire les belles robes des femmes et leur voilette, dans une résidence hôtelière très "viscontienne" au bord d'un lac italien C'est très beau avec un peu de charme, mais on s'ennuie beaucoup (en tout cas, en ce qui me concerne).

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lundi 16 juillet 2012

Les enfants de Belle Ville - Asghar Farhadi / Hommage à Patrick Dewaere

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Suite aux bons conseils d'Oriane (que je remercie) et du Canard Enchaîné, je suis allée voir, ce week-end, Les enfants de Belle Ville, le deuxième film (qu'il a tourné en 2004 et inédit en France) d'Asghar Farhadi (Une séparation, A propos d'Elly). Courez voir cet excellent film que je recommande aussi. De nos jours, à Téhéran, Belle Ville est un établissement pour mineurs délinquants où Akbar, qui vient de fêter ses 18 ans, est détenu depuis deux ans. Quand le film commence, il est transféré dans une prison d'adultes dans l'attente de son exécution. En effet on apprend qu'Akbar a tué une jeune fille quand il avait 16 ans. Son meilleur ami, A'la, qui lui vient d'être libéré après avoir purgé sa peine, décide d'obtenir le pardon auprès du père de la jeune morte. Il est aidé en cela par Firouzeh, la soeur d'Akbar, mère d'un petit garçon. Ce pardon permettrait qu'Akbar soit libéré. Malheureusement le père, Rahmati Abolghassem, homme très croyant, semble rester inflexible dans sa décision. Il est pour la loi du Talion. C'est vraiment un film magnifique qui émeut beaucoup et j'ai appris que dans le système juridique iranien, il existe le prix du sang (une sorte de dédommagement que l'auteur d'un crime peut payer à la famille de sa victime afin de se libérer de sa peine). Il faut noter que ce prix du sang est deux fois moindre si la victime est une femme que si la victime est un homme... (sans commentaire). Les acteurs sont tous magnifiques, mention à Taraneh Alidoosti (Firouzeh) qui joue aussi dans A propos d'Elly. Comme dans Une séparation, le film se termine par une interrogation.

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Ce 16 juillet 2012, je voulais rappeler qu'il y a exactement 30 ans, le 16 juillet 1982, disparaissait Patrick Dewaere, qui s'est suicidé d'un coup de carabine. Il avait 35 ans. Il avait mené une vie pleine d'excès dont ceux de la drogue. C'était un acteur de talent, fort et fragile à la fois, que j'avais beaucoup apprécié dans Série Noire, Beau-Père, Un mauvais fils, F. comme Fairbanks, Le juge Fayard dit "Le shériff", Coup de tête, Préparez vos mouchoirs (pour Les Valseuses, bizarrement, je n'en ai jamais vu l'intégralité). Il n'a jamais été récompensé par un César ou un prix d'interprétation alors qu'aujourd'hui un prix porte son nom. Il est une référence pour beaucoup de jeunes comédiens. Il est mort trop tôt mais on ne l'oublie pas. Je viens de lire, en une demi-journée, un livre qui lui est consacré, écrit par un journaliste, Christophe Carrière (Editions Balland, juin 2012). Je ne pense pas avoir appris grand-chose car il ne fait que survoler son sujet (à mon avis), mais il donne envie de revoir les films de l'acteur.

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mardi 6 mars 2012

La liseuse - Paul Fournel

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Je n'ai pas résisté à l'envie de lire La liseuse de Paul Fournel (Editions P.O.L), repéré chez quelques blogueuses dont Aifelle, et je n'ai pas été déçue. Ce roman a une forme poétique particulière inventée au XIIème siècle: la sextine, dont la définition est donnée à la fin de l'ouvrage. Pour résumer, le roman-poème est composé de 180 000 signes et blancs. Robert Dubois, éditeur dans une maison d'édition germano-pratine, reçoit une liseuse de 730 gr où sont stockés les manuscrits qu'il doit lire. C'est la séparation du texte et du papier: une véritable révolution est en marche. Cette évocation du métier d'éditeur et de l'édition en général constitue une merveille d'écriture légère et fine. Paul Fournel est un écrivain que je ne connaissais pas. Je suis contente d'avoir réparé cet oubli. La liseuse est un joli hommage aux métiers du livre, aux éditeurs et aussi aux écrivains. Je voudrais vous donner quelques exemples du texte pour vous donner envie de le lire: "Mme Martin, la propriétaire du Tilbury, rue du Dragon, qui a exactement l'âge de Pauline Réage, est responsable de la bedaine d'une grosse moitié de l'édition française. Elle est du genre mitonneuse, une mère lyonnaise en exil germano-pratin... Il y avait deux ascètes notoires qui rehaussaient le tableau en se livrant à leurs célèbres solos d'Evian. Ils étaient les statues du Commandeur de la profession. Des Giacometti. J'ai plongé. Au final, je n'aurai pas fait fortune dans ce métier mais j'aurai bien mangé". "L'artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu'un, divin lorsqu'on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets. D'abord du dur, du charnu, puis, peu à peu, du plus mou, du plus fin, du moins vert...". Dernier paragraphe: "Lorsque j'aurais la lecture du dernier mot de la dernière phrase du dernier livre, je tournerai la dernière page et je déciderai seul si la vie devant moi vaut encore la peine d'être lue." Lisez-le.

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