mercredi 2 novembre 2011

Romans lus et non commentés

J'ai lu pas mal de romans policiers depuis l'été qui m'ont laissé plus ou moins de souvenirs. Mais ce furent des lectures agréables sur l'instant.

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Je commence par La bibliothèque du géographe de Jon Fasman (Points Seuil) qui est un roman intriguant mêlant passé et présent et qui nous présente des objets (fictifs) dotés de pouvoirs magiques et/ou alchimiques que des hommes sans scrupules essayent de s'approprier depuis des siècles. Le géographe du titre se réfère à al-Idrisi qui vécut au XIIème siècle et fut le cartographe du roi Roger II de Sicile. Parallèlement, Paul Tomm, un jeune journaliste, essaye d'élucider la mort inexpliquée d'un professeur d'histoire. Par ailleurs, le médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie meurt peu après renversé par une voiture. Quand on arrive à la fin de l'histoire, on n'est pas très avancé. Toutes les clés ne nous sont pas données. Mais j'ai passé un excellent moment de lecture.

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Nature morte de Louise Penny (Actes Sud Noirs) se passe dans la province de Québec au Canada. Près d'un village où elle habitait, une institutrice à la retraite, Jane Neal, 76 ans, est retrouvée morte à l'orée d'un bois. Il semble qu'elle ait été tuée d'une flèche tirée par un arc. Accident? Meurtre? L'inspecteur-chef Armand Gamache de la sûreté de Montréal, marié depuis 32 ans, est chargé de l'enquête. Jane Neal était aussi peintre à ses heures. Il semble qu'elle ait peint quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. C'est un roman qui m'a quelque peu déçue car il manque de vrais rebondissements. Ce roman de 300 pages est un peu "plan plan". Je pense que 200 pages auraient suffi. C'est semble-t-il le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Gamache. Attendons les tomes suivants.

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Seul demeure son parfum de Feng Hua (Picquier Poche) est un roman policier chinois dans lequel de nos jours, en Chine, un tueur étrangle ses victimes (des femmes) après leur avoir fait l'amour. Un jeune inspecteur, Pu Ke, aidé d'une jeune femme, Mi Duo, rencontrée à une fête chez des amis communs, mène une enquête sur plusieurs mois. Ces crimes ne sont pas les premiers perpertrés par le tueur. J'ai deviné assez vite de qui il s'agissait. Le plus dur pour Pu Ke est de découvrir le mobile. L'auteur prend son temps pour dérouler l'histoire. Il nous montre qu'il n'est pas aisé d'enquêter en Chine quand certaines personnes comme des cadres administratifs sont impliqués. Ils ne peuvent pas être interrogés facilement. C'est toute une affaire de hiérarchie et de préséance. Roman pas désagréable même s'il m'a paru un peu lent.

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La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino (Actes Sud Noirs) constitue un roman policier japonais à la limite du fantastique. Une jeune femme demande à son ancien petit ami de l'accompagner dans une demeure reculée et isolée à flanc de montagne. A la mort de son père, elle a reçu une clé à tête de lion qui semble ouvrir une porte de cette bâtisse, qui ressemble à un tombeau et où le temps s'est arrêté un jour à 11H10. Sayaka n'a aucun souvenir d'avant l'âge de 5 ans. Elle veut découvrir pourquoi. Cette maison permettra peut-être de lui faire recouvrir la mémoire et d'exorciser ses démons. En effet, elle a fait plusieurs tentatives de suicide et est séparée de sa petite fille qu'elle maltraite. Ce roman tient en haleine jusqu'à la fin. Lire le billet d'Ys.

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Le roman de Ken Bruen, Calibre (Série Noire Gallimard), se lit vite, mais l'auteur ne s'est cette fois-ci vraiment pas foulé. L'histoire qui se passe à Londres rappelle celle de Mort aux cons de Carl Ayerhold mais en nettemement moins drôle. Un tueur qui a comme roman de chevet Le démon dans ma peau de Jim Thompson tue des personnes qu'il considère mal élevées. Les flics qui se mettent à sa recherche ne valent pas mieux que lui. A vous de voir.

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dimanche 26 juin 2011

L'inspecteur Columbo est mort

Eh oui, j'ai appris cette triste nouvelle concernant Peter Falk (1927-2011). Il a incarné l'inoubliable inspecteur pendant plus de 30 ans avec sa vieille gabardine, sa Peugeot 403 hors d'âge, sa femme (que l'on ne voyait jamais), son cigare (éteint?) et son chien, un basset artésien, les oreilles au vent. Il arrivait à attraper chaque fois le coupable avec une de ses fameuses phrases restée dans les mémoires: "Ah, encore un petit détail...". Il ne faut cependant pas oublier que Peter Falk a interprété beaucoup d'autres rôles et qu'il fut un ami de John Cassavetes. Il a joué dans deux films de ce dernier: Husbands (1970) et Une femme sous influence (1976). Les deux hommes ont aussi formé un tandem dans un film d'Elene May, Mickey & Nicky (1976). Je retiens par ailleurs un film de Robert Aldrich, Deux filles au tapis (il était l'entraîneur de deux catcheuses), Un cadavre au dessert de Robert Moore (1976), un film méconnu de Sidney Pollack, Un château en enfer (1969), Cookie de Susan Seidelman (1989) et dans Les ailes du désir de Wim Wenders (1987). Un acteur attachant est parti. Je viens de l'apercevoir (dans une courte apparition) dans un film de 2001 diffusé hier soir sur France 4, Les aventuriers du monde perdu.

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vendredi 17 juin 2011

Une séparation - Asghar Farhadi

Une séparation du réalisateur iranien Asghar Farhadi, récompensé par l'Ours d'or du meilleur film et de deux Ours d'argent aux deux acteurs principaux à l'issue du dernier festival de Berlin, est bien à mon avis le chef-d'oeuvre annoncé. Courez le voir. D'ailleurs, deux semaines après sa sortie, c'est un triomphe en France.
Tout est réussi dans ce film: le scénario très bien écrit, la réalisation, l'interprétation. Je retiens la première séquence où Nader et Simin, assis devant le juge (que l'on ne voit pas), se déchirent face à la caméra. Simin veut partir à l'étranger avec sa fille de 11 ans. C'est pourquoi elle demande le divorce. Nader, qui s'occupe de son père atteint de la maladie d'Alzheimer, la laisse partir du foyer conjugal, mais garde sa fille, Termeh. A partir de là, on assiste à un enchaînement d'événements dans lesquels un autre couple (avec une petite fille) joue un rôle essentiel: Hodjat, le cordonnier chômeur souffrant de dépression, et Razieh, sa femme, très attachée aux préceptes de l'Islam, embauchée par Nader pour s'occuper de son père. Un drame survient. On peut noter qu'en Iran, les conflits entre les êtres, la lutte des classes, les problèmes de couple sont les mêmes que partout ailleurs dans le monde. L'histoire montre que les gens vont volontiers devant le juge pour plaider leur cause. Le juge, c'est chaque spectateur qui doute de ce qu'il entend ou de ce qu'il croit voir. C'est tellement bien que je pense retourner le revoir une deuxième fois rien que pour certains scènes du film dont celle que j'ai considéré tout de suite comme la scène-clé: Razieh part à la recherche du père de Nader qui s'est enfui de l'appartement. Cette scène est coupée avant la fin. La séquence finale (une attente) est remarquable. Un des films de l'année 2011 et un réalisateur à suivre après A propos d'Elly. Lire les billets de Chris et Jérémy.

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dimanche 5 juin 2011

Films vus et non commentés depuis le 21/05/11

Voici encore deux films vus récemment et qui m'ont assez plu pour que je vous les conseille.

De l'eau pour les éléphants de Francis Lawrence représente une adaptation du roman de Sara Gruen, dont j'avais dit tout le bien que j'en pensais ici. Pour parler du film, l'essentiel y est mais il manque la cruauté, l'aspect sordide de cette vie dans un grand cirque en perdition en pleine crise d'après 1929. Ce film a été mis en valeur du fait que Robert Pattison (Twilight) y tient le rôle principal. Il est mignon tout plein et se débrouille pas mal, mais il semble un peu fade. Reese Witherspoon m'a paru très en retrait, voire éteinte. Seul Christopher Waltz, dans le rôle du méchant de service, sort du lot. Et mention spéciale à l'éléphante, très bien dressée, qui réagit aux ordres en polonais.

J'ai trouvé que La défense Lincoln de Brad Furman constituait un bon polar au scénario solide (je n'ai pas lu le roman de Michael Connelly). La Lincoln du titre est une voiture dans laquelle Mick Haller (avocat divorcé et père d'une petite fille) étudie ses dossiers, parle avec ses clients, pendant que son chauffeur parcourt les rues de Los Angeles. Il défend surtout les malfrats coupables de trafics en tout genre. On lui confie une affaire dans laquelle une prostituée a été sauvagement battue. Le présumé coupable, Louis Roulet, un homme riche et sans scrupules, engage Mick (celui-ci ne sait pas dans quoi il s'est engagé!). Il y a pas mal d'humour, des retournements de situations, des moments tragiques (comme l'assassinat de son enquêteur), des moments de tendresse avec son ex-femme, procureur. C'est un film qui se suit avec beaucoup de plaisir. Et j'apprécie de voir jouer des acteurs comme William M. Macy, Marisa Tomei ou John Leguizamo. Matthew McConaughey est très convaincant. Un bon film.

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samedi 21 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011 (fin)

Voici mon deuxième billet sur 5 autres films que j'ai vus. Les deux derniers sont à voir toutes affaires cessantes.

La fille du puisatier de Daniel Auteuil se laisse voir si on accepte les dialogues très datés, des situations un peu "cuculs", d'entendre Auteuil avec un accent à couper au couteau. L'histoire de cette fille du puisatier qui perd sa virginité (à cause d'un bel aviateur, fils d'un marchand de la ville) et qui se retrouve "fille-mère" peut faire sourire. C'est un film plein de bon sentiments et désuet, comme le film de Pagnol dont il est le "remake". Jean-Pierre Darroussin est très bien.

L'homme d'à côté de Mariana Cohn et Gaston Duprat, film argentin où le principal décor se trouve être la seule construction (la maison Curutchet) bâtie par Le Corbusier en Amérique du sud, en 1948. Là vit une famille: un homme, sa femme et sa fille. L'homme a acquis une notoriété grâce à un fauteuil révolutionnaire de son invention. Sa femme (que je n'ai pas trouvée sympathique du tout) donne des cours de relaxation, et la gamine vit dans son monde avec des écouteurs et de la musique plein les oreilles toute la journée. Leur vie à tous les trois se trouve bouleversée du jour au lendemain par un voisin installé récemment dans un immeuble mitoyen de la maison. Ce voisin, Victor, a en effet décidé (pour bénéficier du soleil) de percer une fenêtre qui donne sur la cour intérieure de l'édifice classé (celui-ci a été conçu pour la transparence... à l'usage de ses occupants, mais non depuis l'extérieur!), violant ainsi l'intimité de la famille au style de vie "bourgeois bohême". Le film repose sur l'affrontement de ce voisin récalcitrant, à la tessiture de voix grave, qui arrive à avoir de l'emprise sur cette famille. Le film est un peu long. On sent une menace qui pèse dans la relation entre ces êtres, mais le danger ne vient pas de là où on l'attend. La fin m'a quand même laissée perplexe.

Il était une fois un meurtre (Le grand silence en VO) de Bo Odar n'a pas rencontré que des avis favorables. En ce qui me concerne, j'ai trouvé ce film allemand assez remarquable avec cette histoire de meurtre pédophile qui se passe sur une période de 23 ans. En 1986, une jeune fille est assassinée et violée dans un champ. Le crime reste impuni (mais nous, spectateurs, nous savons qui a tué). De nos jours, dans une bourgade peu éloignée du lieu de ce premier meurtre, une deuxième jeune fille disparaît (on la retrouvera morte). Il semble que cela soit le même modus operandi (mais nous, les spectateurs, on ne sait rien). La police rouvre l'enquête depuis l'origine. C'est un film glaçant et glacial car les meurtriers mènent une vie banale sans histoire dans cette bourgade. L'un des deux, devenu architecte, est marié et père de famille. C'est un film sur le mal qui peut se nicher chez les individus. Un film qui reste en mémoire. Et pourtant, ce film comporte quelques défauts comme le personnage caricatural du policier pertubé.

Je veux seulement que vous m'aimiez de Rainer Werner Fassbinder était un film inédit tourné pour la télévision. Il date de 1976. Je ne peux que vous le recommander. Il est sorti dans très peu de salles à Paris, je ne sais ce qu'il en est en province. C'est un drame social qui se passe en 1976 mais qui pourrait se passer de nos jours. Peter, un jeune homme courageux, n'ose pas affronter ses parents qui semblent le mépriser. Ils sont très ingrats envers leur fils qui leur a construit une maison. Peter épouse Erika qu'il veut rendre heureuse à tout prix. Parti à Munich, il s'endette pour elle, il n'arrête pas d'acheter davantage que ses moyens financiers ne le lui permettent. Bien qu'apprécié par son patron, il a un petit salaire. Il se crève à la tâche. C'est la triste histoire d'un homme surendetté qui commet l'irréparable. Les acteurs (que je ne connaissais pas) sont formidables. Ce film n'a pas pris une ride. Voir le billet du ciné d'Alain.

Tomboy de Céline Sciamma est une merveille de délicatesse. Ce très beau film (qui rencontre un joli succès) nous raconte l'histoire de Laure (garçon manqué), âgée de 9 ou 10 ans, qui se fait appeler Mickael. Elle/Il fait comme si elle était un garçon, s'habille comme eux, crache, joue au foot, fait tout comme un garçon (à l'extérieur de chez elle). Elle apprécie aussi de tenir le volant de la voiture familiale installée sur les genoux de son père. Vivant dans une famille unie entre un papa qui travaille avec les ordinateurs et une maman très enceinte, Laure est très complice avec sa petite soeur, Jeanne, une petite fille absolument irrésistible. Laure/Mickael attire l'attention d'une fille de son âge qui trouve qu'elle est un garçon pas comme les autres. On ne sait pas pourquoi Laure se voit comme un garçon. Aucune explication ne nous est donnée. Simplement, Laure semble plus à l'aise dans sa peau de garçon. La réalisatrice nous montre une jeune fille en quête d'une identité sexuelle. La jeune Zoé Héran est une révélation. Voir les billets de Wilyrah et de Phil Siné.

PS: Pour finir, une bonne nouvelle, le 22 juin ressort un chef d'oeuvre du cinéma: Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984) en version numérique entièrement restaurée. Cela dure presque 4 heures. Je peux vous dire que sur grand écran, cela vaut la peine.

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mercredi 16 mars 2011

La commissaire n'a point l'esprit club - Georges Flipo

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Je n'ai pas résisté quand je l'ai vu chez mon libraire, j'ai acheté et lu le dernier Georges Flipo, La commissaire n'a point l'esprit club (Editions de la Table ronde, 280 pages). Comme j'avais eu une impression mitigée suite à la lecture de La commissaire n'aime pas les vers, j'espérais que la nouvelle enquête de Viviane Lancier me plairait peut-être plus. Hé bien, désolée, mais non. J'ai été très déçue par ce roman (encore plus que l'autre). Il partait avec un handicap de taille: je l'ai lu juste après le Leonardo Padura (le contraste fut rude, je n'aurais pas dû). Viviane Lancier (toujours aussi peu sympathique, selon moi) est envoyée dans un club de vacances à Rhodes où le chef du village club, surnommé "Le King", a été retrouvé pendu en haut d'un mât dans un amphithéâtre. Elle a comme adjoint, non pas son cher Augustin Monot, mais un jeune inspecteur, Willy Cruyff. Je ne vous parlerai pas des personnages aux surnoms génériques ou particuliers tels que "Hétoilas", "Chéris", "Cocos", "Piqûre", "Picole", "Vent-Debout", "Clown", j'en passe et des meilleurs. Je n'ai pas bien compris comment Viviane et Willy arrivaient à démasquer le ou les coupables car je n'ai pas trouvé l'enquête clairement menée et décrite. Sinon, moi non plus, je n'ai pas l'esprit club.

S'il vous plaît, Georges, laissez Viviane à ses amours hypothétiques, à son (mauvais) caractère et à ses régimes amaigrissants et réécrivez des nouvelles, genre dans lequel vous êtes tellement doué (lire ici et ). Voilà, c'est dit.

PS: tous les goûts sont dans la nature: je dois ajouter que mon ami, qui l'avait lu avant moi, avait ri à plusieurs reprises lors des 30 premières pages...

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mercredi 1 décembre 2010

Inside job - Charles Ferguson

Comme annoncé, je continue à faire des billets sur des films que je conseille absolument.

Si voulez approfondir vos connaissance sur la crise financière de 2008 qui a touché le monde, allez voir Inside Job, documentaire édifiant et précis sur les mécanismes qui ont mis l'économie mondiale sur les genoux. Selon lui, Wall Street dirige l'Amérique, grâce aux secrétaires du trésor (banquiers d'affaires) qui se sont succédé à ce poste, grâce aux lobbys puissants qui graissent la patte aux sénateurs républicains et démocrates pour empêcher que toute loi régulatrice soit à nouveau promulguée. En effet, depuis 1980 et l'élection de Ronald Reagan, on assiste à une dérégulation générale laissant libre cours aux banques d'affaires de faire ce qu'elles veulent, aidées en cela par des compagnies d'assurances. Quand je suis sortie de la salle, j'étais plus atterrée qu'autre chose. J'ai surtout été frappée par le cynisme, le mépris et la mauvaise foi de certains interviewés qui se sentaient piégés d'avoir accepté de répondre à des questions gênantes. Ils les éludent en répondant par des "hum" ou rien du tout. Le réalisateur, diplômé du MIT (Massuchussett Institute of Technology), connaît bien son sujet. Son documentaire se divise en 5 parties en commençant par "Comment en est-on arrivé là"  jusqu'à "Et maintenant". Juste avant le générique du début, il évoque l'Islande, petite île prospère jusqu'à la crise: le PIB était de 13 milliards de dollars pour une population de 300 000 habitants. Quand le krach boursier a eu lieu, cet état avait 100 milliards de dette, le film explique comment. De ce documentaire passionnant que je viens de voir 2 fois tellement il est dense, j'ai retenu que la richesse financière des Etats-Unis se trouvaient entre les mains de 1% de la population américaine; que les lobbys financiers sont très puissants; que les classes moyennes américaines peinent de plus en plus à arriver à joindre les deux bouts; que les "sans-abris" sont de plus en plus nombreux, que les responsables du krach, non seulement n'ont pas été condamnés, mais ont été dédommagés de leur peine en démissionnant des conseils d'administration de Lehman-Brothers ou Goldman-Sachs par exemple, en partant avec des sommes de plusieurs millions de dollars; que les banques d'affaires créaient des produits dérivés "pourris" puis les "jouaient à la baisse" en pariant contre, tout en disant le contraire à leurs clients; que tout ce petit beau monde ne dédaignent pas la cocaïne et les prostituées de luxe; que des professeurs d'économie enseignant à Harvard ou Berkeley prônent ce capitalisme sauvage puisqu'ils sont aussi rémunérés en faisant partie des CA de ces grandes banques d'affaires; et, last but not least, le président Obama a repris les mêmes responsables financiers, à peu de choses près, pour s'occuper de l'argent de l'Amérique. L'avenir est incertain. Cela fait peur. Courez voir ce film, il est vraiment passionnant.

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mardi 19 octobre 2010

The Social Network - David Fincher

Ayant entendu et lu de (très) bonnes critiques sur ce film, je suis allée voir The Social Network qui narre la genèse du réseau social Facebook (d'abord appelé TheFacebook, "trombinoscope" en français) créé par deux étudiants d'Harvard, Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin, en 2003-2004. Le film commence très vite par une scène de rupture entre Mark et sa petite amie, Erica, dans un des bars de l'université. Cela ressemble plus à un dialogue de sourds. Mark, dépité, crée un programme avec son ami Eduardo où on doit voter pour la fille d'Harvard la plus canon. Il se venge d'Erica en l'humiliant via ce forum qui deviendra par la suite Facebook. L'histoire alterne entre l'extension de ce réseau social et les démêlés juridiques entre différents partenaires. En effet, Mark Zuckerberg est accusé d'avoir volé l'idée du réseau social à deux frères jumeaux, étudiants aussi à Harvard et rameurs émérites, et Eduardo Saverin se retourne contre Mark quand il se retrouve dépossédé des parts de Facebook qui devient très rapidement une entreprise florissante grâce à des actionnaires associés et des sponsors. Ce que je trouve remarquable de la part du réalisateur, David Fincher, et du scénariste, Aaron Sorkin, c'est d'avoir rendu passionnante une histoire où le héros n'est qu'un "pauvre type" asocial (ironie de l'histoire), incapable de se faire des amis, plus à l'aise derrière un écran que dans la vie réelle, et qu'on a envie de gifler pendant tout le film. On ne sait rien de lui ni de sa famille. C'est un jeune homme seul. Je n'envie pas sa vie même s'il est devenu le plus jeune milliardaire d'Amérique. Le film nous trace un portrait peu flatteur des universités américaines en général et d'Harvard en particulier, où sont formées les élites américaines. Pauvre Amérique! Sinon, je n'ai pas vu passer les deux heures que dure le film. La salle était très attentive. Je reconnais que c'est un grand film américain, comme je n'en avais pas vu depuis longtemps.

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dimanche 17 octobre 2010

Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg - Jacques Fortier

Et voici un billet sur Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg le deuxième livre que j'ai reçu dans le cadre de la dernière opération de Masse Critique Babelio. Pourquoi deux, me direz-vous? Et bien lors d'une édition précédente de cette opération, je n'ai jamais reçu l'ouvrage qui m'était attribué, pas encore paru (paraît-il?). Toujours est-il que ce roman policier (de 180 pages chez le Verger Editeur, 9,50 euros), d'un journaliste des Dernières Nouvelles d'Alsace à Strasbourg, a été écrit en hommage à Sir Conan Doyle (1859-1930) pour le 150ème anniversaire de sa naissance. C'est un roman élégant, bien écrit dont l'histoire se passe en 1909 en Alsace et plus précisément au château du Haut-Koenigsbourg dont la restauration vient d'être achevée grâce à l'argent du Kaiser Guillaume II. N'oublions que l'Alsace et la Lorraine sont annexées au IIème Reich allemand depuis 1870 et la défaite de Sedan. Sherlock Holmes flanqué de son fidèle Watson sont envoyés sur place car les gouvernements anglais et français (dans les débuts de l'Entente cordiale) craignent que la restauration du château ne soit qu'une couverture pour dissimuler de noirs desseins, peut-être même une arme secrète. Durant leur enquête pleine de rebondissements, Sherlock et Watson apprennent que trois ouvriers du chantier de restauration sont morts de manière peu naturelle quelques mois auparavant. Ils ont découverts quelque chose qu'ils n'auraient pas dû voir. Ils croisent le chemin de personnages historiques tels que Guillaume II (dont on rappelle que Holmes l'avait tiré d'une situation embarrassante, vingt ans auparavant) ou Bodo Ebhardt (l'homme qui tel Viollet-Leduc a supervisé la restauration du château du Haut Konigsbourg entre 1901 et 1908), et des personnages de fiction comme des envoyés du Vatican et la belle et mystérieuse Xénia Honegger, historienne à Berlin. Sans rien dévoiler de l'intrigue, je dirais que l'arme secrète n'est pas une invention diabolique mais elle renvoie au début de la chrétienté et à la passion du Christ. J'ai passé un très agréable moment à lire ce pastiche holmesien. Je vous le recommande.

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mardi 27 juillet 2010

Copacabana - Marc Fitoussi

Copacabana de Marc Fitoussi est l'occasion de voir Isabelle Huppert dans un rôle plus léger que d'habitude: elle joue Babou, la mère d'Esmé(ralda) qui est sur le point de se marier d'ici peu. Esmé ne souhaite pas que sa mère assiste au mariage car elle lui fait honte. En effet, toute sa vie, Babou, de caractère assez fantasque, a eu du mal à trouver un travail stable et elle a fait mener à sa fille une vie chaotique en déménageant souvent. Rêvant de partir peut-être un jour au Brésil, Babou se résout, afin de remonter dans l'estime de sa fille, à accepter un emploi de vendeuse d'appartements en multipropriété à Ostende. Contre toute attente, Babou est douée dans ce domaine et obtient les meilleurs résultats. Elle attire la jalousie de ses collègues mais c'est son bon coeur qui va la perdre (je ne vous dirai pas comment ni pourquoi). Allez voir ce film bien joué par Isabelle Huppert et tous les autres, dont Aure Atika en "méchante", Noemie Lvovsky dans le rôle de la "bonne copine" qui prête sa voiture et Luis Régo qui interprète un amoureux transi (très convaincant dans les deux scènes où il apparaît). Je n'oublie pas Lolita Chammah (la fille d'Isabelle Huppert dans la vie) qui est vraiment très bien. Le film se termine joliment en musique. Tout cela donne envie de partir. Ce film simple et sans prétention semble rencontrer un certain succès public, c'est mérité.

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