lundi 11 mai 2009

Dans la peau / La chambre écarlate - Nicci French

Pour celles (ceux) qui ne le savent pas, sous le pseudonyme de Nicci French se cache un couple d'écrivains anglais, Nicci Gerrard et son mari Sean French, journalistes de profession. Ils écrivent à quatre mains depuis plus de dix ans. Je viens de lire deux de leurs romans policiers: Dans la peau et La chambre écarlate. Comme cela m'a bien plu, je vais en commencer un troisième, Aide-moi... Les points communs des deux premiers sont évidents. Les histoires se passent à Londres et ce sont des femmes qui sont les narratrices. Dans les deux intrigues, les policiers n'ont qu'un rôle vraiment secondaires et ne paraissent pas très compétents. Les conclusions ne sont pas forcément très gaies avec des héroïnes fortes mais seules.

Pour Dans la peau, nous avons trois femmes dont les récits se succèdent: elles ne se connaissent pas mais un lien les relie: un tueur leur écrit qu'il va les tuer. Les deux premières ont une fin tragique, quant à la troisième...

Dans La chambre écarlate, l'héroïne est une jeune psychiatre qui arrive à résoudre une affaire tragique où les deux victimes sont aussi des femmes: une jeune SDF et une mère de famille, dont on apprend à la fin quel lien elles pouvaient avoir.

Petite anecdote en passant: j'avais acheté les deux romans en poche. Le premier, je l'ai lu tranquillement chez moi. Quant au deuxième, il faisait partie de ceux que j'avais emportés pendant mes vacances basques. Et je ne sais pas pourquoi, dans un moment de distraction (je l'avais lu aux trois-quarts), je crois l'avoir oublié sur un banc. Comme je voulais absolument le terminer, je l'ai trouvé à ma biblothèque d'entreprise. J'étais contente de ne pas être obligée de le racheter. Une mésaventure de ce type m'était déjà arrivée il y a quelques années et j'avais racheté le livre (mais je ne me souviens plus du titre). Sinon, le fait d'abandonner un livre terminé sur un banc, pourquoi pas? L'idée n'est pas mauvaise si cela peut faire plaisir à quelqu'un... (cf. ici, ou bien ).

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jeudi 7 mai 2009

Coco avant Chanel - Anne Fontaine

J'ai beaucoup aimé le dernier film d'Anne Fontaine (librement inspiré de l'Irrégulière ou Mon itinéraire Chanel d'Edmonde Charles-Roux). Et pourtant, j'appréhendais de le voir car je me demandais si Audrey Tautou serait à la hauteur du personnage incarné. Eh bien, je la trouve très bien. J'y ai cru dès le départ. Le film est humble et sobre, un peu lisse sans trop d'aspérités, mais moins "racoleur" que ceux d'Olivier Dahan sur Edith Piaf ou de Diane Kurys sur Françoise Sagan [billets du 15/02/07 pour La Môme, et du 25/07/08 pour Sagan]. Anne Fontaine n'a pas voulu retracer toute la vie de Chanel (1883-1971) et c'est tant mieux. De plus, il y a une période de la vie de Chanel (pendant la seconde guerre mondiale) qui n'est pas à son honneur (j'ai appris cela récemment). Pour en revenir au film, j'ai entendu des critiques dire que les époques que traverse la jeune Chanel ne sont pas évoquées (la Belle époque et la 1ère guerre mondiale), je suis d'accord sur ce point. Mais Anne Fontaine et ses scénaristes se sont concentrés sur l'histoire d'une jeune femme cévenole, orpheline, sans fortune, chanteuse de beuglant à ses débuts mais bonne couturière, qui arrive par sa volonté et avec l'aide de deux hommes (dans le film) à s'émanciper et à devenir la personne que l'on sait. Je pense que l'on peut "broder" sur la jeunesse de Chanel; après tout, elle n'a pas écrit ses mémoires, il n'y aucun document d'époque. Tout est connu par ouïe-dire. Chanel qui est restée célibataire toute sa vie (une des répliques du film est "je n'ai pas l'intention de me marier avec qui que ce soit") a connu le grand amour en la personne d'un jeune Anglais, Arthur Capel (Alessandro Nivola), et c'était réciproque. L'autre homme important fut Etienne Balsan (excellent Benoît Poelvoorde). Avant de créer des robes, Chanel s'est spécialisée dans la création de chapeaux. La dernière séquence est très belle avec Coco Chanel, assise en haut de marches avec son tailleur, en train d'assister à un défilé. Armelle a fait un billet nettement plus réservé sur ce film: à vous de voir. Personnellement, j'ai passé un excellent moment. Pour les blogueuses lectrices, vous pouvez vous procurer, en plus du livre d'Edmonde Charles-Roux, celui de Paul Morand, L'allure Chanel (Folio). Je rajouterai enfin que le film est produit (et distribué) par Warner Bros. On sent que le film est vraiment fait pour le marché étranger (dont celui d'outre-Atlantique).

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samedi 11 avril 2009

La Cerisaie (Anton Tchekhov) - Mise en scène Alain Françon

Ultime pièce de Tchekhov datant de 1904 (année de la mort du dramaturge), La Cerisaie, très souvent représentée, se donne jusqu'au 10 mai 2009, au théâtre de la Colline, dans le 20ème arrondissement près du métro Gambetta. Ce spectacle fait salle comble tous les soirs et c'est mérité. Je crois savoir que c'est la dernière année où Alain Françon exerce son mandat d'administrateur de ce théâtre. Pendant plusieurs années, il aura donné l'occasion à des milliers de spectateurs de voir des spectacles de grande qualité. Pour en revenir à la Cerisaie, quand la pièce commence, tout est déjà presque terminé pour Ranievskaïa Lioubov Andreevna, propriétaire terrienne en ce début de 20ème siècle. De grands bouleversements sociaux-poliitiques ont eu lieu. De nouvelles classes sociales apparaissent. Ranievskaïa arrive juste de Paris après quelques années d'une vie insouciante et de dépenses inconsidérées avec son amant. Elle et son frère Gaev sont couverts de dettes. Ils ont été trop prodigues. Le seul bien qui leur reste est La Cerisaie, une belle demeure familiale entourée d'arbres fruitiers. Lopakhine, fils d'un ancien moujk et maintenant homme riche annonce que la propriété doit être mise aux enchères dans le mois qui vient. Par la même occasion, il leur annonce qu'il veut acheter La Cerisaie tout en leur proposant un marché avantageux que, bien sûr, ils refusent. Cette pièce donne l'occasion de voir, sur un immense plateau avec un décor assez sobre, quelques comédiens talentueux comme Dominique Valadié, Didier Sandre, Jérôme Kircher (excellent en Lopakhine) et Jean-Paul Roussillon qui joue Firs, le vieux serviteur qui reste dans la demeure jusqu'au bout. C'est lui qui dit la dernière réplique, "ils m'ont oublié" en essayant d'ouvrir désespérément la porte d'entrée fermée à clé. Roussillon est magnifique et émouvant. Et pourtant, Tchekhov considérait que c'était, dans son esprit, une pièce drôle (il disait ne rédiger que des pièces de ce genre)? Je me rappelle avoir déjà vu cette pièce il y a bien des années, c'était naturellement un spectacle bien différent. Un dernier point que je tiens à signaler: dans le programme papier figurent des photos d'époque d'une mise en scène par Constantin Stanislavski (oui, oui, celui de la "méthode" de l'Actor's Studio).

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dimanche 29 mars 2009

Films vus et non commentés depuis le 5 mars 2009

Je suis catastrophée car les semaines passent très vite, je vois beaucoup de films mais j'ai aussi d'autres activités (la lecture par exemple), et en plus, je travaille. Je m'aperçois avec horreur que je prends du retard dans mes billets cinéma, c'est pourquoi je chronique encore 5 films d'un coup, 4 anglo-saxons et 1 italien. Ce billet fait suite à celui du début du mois de mars.

Concernant The International (l'Enquête) de Tom Tykwer, j'y suis allée les yeux (presque) fermés car je fais partie du "fan club" de Clive Owen, bel acteur brun aux yeux verts qui fait fondre la gent féminine (et peut-être masculine). C'est lui qui aurait pu être James Bond... En revanche, Noami Watts joue un peu les utilités dans ce thriller dont le moment fort est une fusillade au musée Guggenheim à New-York. On en apprend de belles sur les banques d'affaires au travers de celle qui est prise pour exemple. Son siège est un grand immeuble de verre aussi inhumain que les hauts dirigeants qui y travaillent. Le film confirme l’adage que «l’argent n’a pas d’odeur». Ici, la banque est impliquée dans la vente d'armements sophistiqués. A défaut, elle peut faire aussi dans l'humanitaire du moment que l'on en parle dans les journaux. L’histoire est bien menée. Je ne suis pas ennuyée.

Le déjeuner du 15 août
de Gianni di Gregorio est un film italien qui dure une heure 10 (c’est sa grande qualité). Ffred a été sévère pour ce film (Dominique un petit peu moins), je suis plus indulgente. Nous sommes à la veille du 15 août, à Rome, un homme d’une cinquantaine d’année, célibataire, vit avec sa mère (du genre vieille coquette). Il est aux petits soins pour elle. Ils habitent dans un appartement spacieux à Rome en copropriété: endettés, ils ont 3 ans de factures d'électricité à payer ainsi que des travaux d’ascenseur. C'est le réalisateur qui est l'acteur principal: il aime faire la cuisine et boit volontiers (un peu beaucoup) du vin blanc. Il se retrouve à s'occuper de 4 vieilles dames dont sa mère pendant ce week-end. Elles se chamaillent mais en fin de compte, le pauvre Gianni n'est pas prêt de s'en débarrasser. Film sympathique mais pas inoubliable.

Marley et moi de David Frankel est une histoire bien-pensante et pleine de bons sentiments. Une histoire sur la famille idéale pour l’Américain de base qui s’est reconnu (le film a fait un carton aux Etats-Unis). Un couple se marie, ils travaillent tous les deux dans le journalisme. Elle voudrait un enfant, il lui achète un chien, Marley (en hommage à Bob), un labrador très tout-fou. Elle tombe tout de même enceinte et arrête de travailler. Lui continue sa carrière où il gagne une certaine notoriété grâce une chronique sur sa famille (3 enfants tout de même) et Marley. Owen Wilson et Jennifer Aniston ne s’en tirent pas mal et Marley est très convaincant. Sa disparition à la fin a fait pleurer ma voisine à côté de moi dans la salle.

Dans Last chance for love, (traduction française de Last Chance Harvey!!!!) de Joel Hopkins, j'ai trouvé qu'Emma Thompson n'était pas bien filmée. Moi qui l'aime beaucoup, cela m'a fait quelque chose. Mais elle est à l'aise dans son rôle d'Anglaise, vieille fille à la quarantaine bien sonnée, qui rend encore des comptes à sa maman. Quand elle croise Dustin Hoffmann à l'aéroport d'Heathrow de Londres (elle mène des enquêtes de satisfaction), rien n'est gagné d'avance. Lui interprète un compositeur américain de musique de pub qui se rend au mariage de sa fille. C'est lui qui fait les premiers pas. L'histoire se passe sur 48 heures. A part ça, la fille (et l'ex-femme) de Dustin Hoffman dans le film sont absolument "à baffer". Antipathiques au possible. Cela m'a fait plaisir de revoir Dustin Hoffman dans un rôle où je l'ai trouvé à l'aise. Mais tout cela est un peu languissant. Peut se voir éventuellement si on a du temps et si on se sent romantique.

Je suis allée voir Miss Pettigrew d'un réalisateur que je ne connais pas (Bharat Nalluri) parce que j'avais bien aimé la BA, je me suis dit que cela ressemblait à Miss Henderson présente de Stephen Frears (film que je recommande). Avec Miss Pettigrew, on est loin du compte. Ce qui pêche principalement, c'est la mise en scène (totalement inexistante). On assiste à une suite de scènes où les acteurs ont l'air de bien s'amuser; dans la salle presque déserte où je me trouvais, c'était moins évident. L'histoire se passe à la fin des années 30. Les décors et les costumes sont bien. Les acteurs aussi. Frances Mc Dormand en gouvernante mal attifée qui a du mal à trouver un travail est touchante. Tout finit très bien mais c'est tout.

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lundi 23 février 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button (le film) - David Fincher

Malgré quelques réticences au vu de la longueur du film, je suis allée voir L'étrange histoire de Benjamin Button. J'ai été assez enthousiasmée par cette oeuvre non pas tant par les prouesses techniques du numérique (changements physiques de Brad Pitt), mais parce que l'histoire est bien racontée et qu'elle m'a beaucoup touchée (surtout la fin).
En préambule, à part le titre et le fil directeur, je n'ai pas trouvé beaucoup de liens entre la nouvelle de Fitzgerald (mon billet du 19/02/2009) et le film et c'est tant mieux.
D'abord et avant tout, je trouve que ce film fait la part belle aux rôles féminins. Nous avons d'abord la mère adoptive, Queenie (jouée par une actrice inconnue absolument formidable), qui prend Benjamin comme il est avec une immense générosité. Puis une parenthèse avec Elizabeth Abbott (Tilda Swinton), la première grande expérience amoureuse de Benjamin Button pendant la seconde guerre mondiale, et dont le rêve est de traverser un jour la Manche à la nage. Arrive ensuite Daisy (Cate Blanchett, un de ses meilleurs rôles), personnage central, l'amie et l'amante qui s'occupera jusqu'au bout de Benjamin avec dévouement et compassion. Et enfin la fille de Daisy, Caroline (Julia Ormond), qui, en lisant (à sa mère mourante) le journal de Benjamin Button, saura tout sur sa naissance. Et justement, Benjamin Button paraît bien en retrait par rapport à toutes ces femmes mais il est le "facteur commun" entre elles.
L'époque où se passe l'histoire est postérieure à celle de la nouvelle. Fitzgerald avait fait naître Benjamin Button la même année que lui-même, en 1896. Dans le film, Benjamin naît au moment de l'Armistice de 1918. Il s'ensuit bien évidemment des événements personnels et un contexte historique très différents entre la nouvelle et le film.
Le prologue de l'histoire met en scène Monsieur Gâteau (en français dans le texte), horloger de profession, qui fabrique une horloge (pour une gare) avec des aiguilles qui reculent. Son fils vient de mourir au combat et il aimerait pouvoir remonter le temps pour que son enfant et des millions d'autres puissent revivre. Une des idées intéressantes du scénario est que Benjamin, abandonné à la naissance par son père qui est au désespoir (la mère étant morte en couches), est recueilli par une jeune femme noire qui s'occupe de personnes âgées en fin de vie (Benjamin reviendra régulièrement dans ce lieu où les gens meurent de vieillesse). La présence de Benjamin, vieux dès la naissance, ne semble pas incongrue dans la maison de retraite située à la Nouvelle Orléans.
 C'est là qu'il fera la connaissance de Daisy, jeune fille rousse aux yeux bleus (dont la grand-mère est pensionnaire de l'institution). Au fur et à mesure que Benjamin "avance en âge", il rajeunit. Le temps passant, à la veille de ses 18 ans (il en paraît 50), il quitte ce cocon douillet pour s'embarquer sur un bateau. En revanche, en y réfléchissant, dès sa naissance, Benjamin peut savoir vers quel âge il va disparaître (il meurt de "jeunesse"). Durant toute sa vie d'adulte, il voyagera beaucoup. Pendant la seconde guerre mondiale, il sera marin dans la région de Mourmansk en plein conflit germano-soviétique, et c'est à ce moment là qu'il rencontre Elisabeth Abbott. Mais il aime Daisy, devenue une grande danseuse classique. Je m'arrête là pour l'histoire. J'ajouterai que j'ai versé une larme à la fin quand Daisy, dans les dernières séquences, prend soin de Benjamin redevenu garçonnet puis nourrisson.
PS: après vérification, je viens de constater que Cate Blanchett n'est pas "nominée" aux Oscars de cette année (alors que Brad Pitt l'est), c'est un scandale.

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jeudi 19 février 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button - Francis Scott Fitzgerald

Tout d'abord, j'avoue que j'ignorais que le film qui vient de sortir était tiré d'une nouvelle et a fortiori que l'auteur en était Francis Scott Fitzgerald (Gatsby le Magnifique et Tendre est la nuit). L'étrange histoire... vient d'être publié en Presse Pocket (1,50 €), la nouvelle fait 40 pages, soit 1/2 heure de lecture. Benjamin naît vieillard et s'évapore (si je puis dire) en étant redevenu nourrisson. Entretemps, il passe sa vie à rajeunir. Quand il naît, le médecin accoucheur voit cet événement comme un scandale. Cela va nuire à sa réputation. Les parents sont effondrés mais ils "font avec". Benjamin va à l'école puis à l'université. Au début, il a une canne puis, au fur et à mesure, il s'en passe. Ses cheveux blancs foncent. Il devient de plus en plus  fringant. Il paraît n'avoir que 50 ans, alors même qu'il est né depuis 25 ou 30 ans. C'est au cours d'un bal qu'il fait la connaissance de celle qui devient sa femme, Hildegarde. Elle dit aimer les hommes mûrs. Mais le temps passe, elle vieillit, lui rajeunit. Ils ont un fils ensemble. Benjamin se désintéresse de sa femme dont le caractère s'aigrit. Il se retrouve en concurrence avec son fils qui semble ne pas avoir beaucoup d'affection pour son père étrange. D'homme, Benjamin devient enfant puis bébé, puis plus rien. Le récit est assez clinique. L'écrivain n'a pas une grande compassion pour son héros qui n'est pas très sympathique. Ce n'est pas du tout romantique, c'est même assez froid. Je n'ai pas encore vu le film. Les scénaristes semblent avoir gardé la trame, mais je pense qu'ils ont ajouté des personnages et des situations qui ne sont pas dans la nouvelle (et notamment développé l'histoire d'amour). Vu le succès, il va encore se donner un moment. J'en ferai sans doute un billet en temps utile. [film chroniqué le 23/02/2009]

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lundi 5 janvier 2009

L'étage de Dieu - Georges Flipo

Suite à mes vaines recherches pour acheter dans une librairie L'Etage de Dieu aux éditions Jordan (2006), l'auteur m'a gentiment proposé de me l'envoyer. J'ai reçu l'ouvrage accompagnée d'une jolie dédicace. Merci Georges. J'avais décidé de le lire au vu du titre, et du sous-titre "Douze nouvelles à la gloire de la libre entreprise". J'ai vraiment beaucoup aimé le recueil dans son ensemble. Les nouvelles varient entre 7 et 15 pages. L'étage de Dieu est le titre de la première nouvelle. L'étage en question est le dernier d'un immeuble tout entier occupé par une société. Au septième se trouve le bureau du président, Achille Theodos (incarnation de Dieu), et plus loin se situe LA salle fermée à double tour où se dissimule peut-être un lourd secret. Tanguy, un jeune loup qui a gravi tous les échelons et les étages dans la hiérarchie, veut connaître le secret derrière la porte de LA salle: mal lui en prendra de le faire. Avec cette nouvelle, j'en retiens trois autres assez jubilatoires dont deux dans lesquelles les femmes sont les personnages déterminants. La première des trois s'appelle Dans la chaleur de la doc. Ce titre a une connotation un peu licencieuse pas du tout usurpée. Sophie, la responsable de la documentation, déploie des trésors d'imagination littéraire pour empêcher que son service ne disparaisse pour raison budgétaire. Pour Ad nutum (d'un signe de tête), Stéphanie Bouchard, directrice de marketing d'une compagnie (d'assurances?) rachetée par les Américains, deviendra calife à la place du calife, grâce à une lettre qu'elle envoie à un marionnettiste (avec 2 "n"). La troisième nouvelle, Le passage du Sphinx, met en scène Tzoum, diminutif de Hampartzoum (Ascension en arménien) Ter-Hovhannisian qui vient d'être admis à la Division des Produits Laitiers (avec des majuscules svp) de la société Compalim. Il n'est "que" diplômé d'une école de commerce de province alors que ses "gentils" collègues sortent de grandes écoles parisiennes. Tzoum a de bonnes idées mais il est en butte à la condescendance des autres. Le sphinx du titre est le patron omnipotent de la Compalim. C'est une exposition du peintre Vuillard qui permettra de "booster" la carrière de Tzoum, je ne vous dirai pas comment. Les huit autres nouvelles sont aussi réussies avec presque toujours des personnages principaux moins chanceux. La vie de l'entreprise n'est pas une sinécure. Pas de pitié pour les faibles! J'imagine très bien des films tirés de ces histoires. Le style des nouvelles est une fois de plus enlevé, pas un mot de trop. Georges Flipo va à l'essentiel. C'est un véritable plaisir de lecture. Le recueil a reçu un prix littéraire "A la découverte d'un écrivain du Nord-Pas-de-Calais". D'ailleurs l'avant-dernière nouvelle, Van Dupont, se passe à Lille. Messieurs les éditeurs, refaites paraître cet ouvrage! Il le mérite.

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dimanche 7 décembre 2008

Quantum of solace (James Bond 007) - Marc Forster

Quantum of Solace de Marc Forster (traduction littérale en français: la loi du minimum de réconfort) est un film frénétique. 007 poursuit ceux qui sont responsable de la mort de la femme qu'il a aimée (Vesper Lynd), disparue tragiquement dans l'opus précédent (Casino Royale). Au bout de deux heures, on est abasourdi car on s'est baladé d'Italie en Haïti, retour à Londres, départ en Bolivie, crochet en Autriche et à nouveau la Bolivie pour finir à Londres (après un nouveau crochet en Russie). On a vu plein de voitures se faire ratatiner, il y a des morts (surtout les témoins capitaux qui devraient servir à l'enquête). Dominic Greene (Mathieu Amalric) veut devenir le maître du monde grâce à l'eau des nappes phréatiques (dont il vendrait le droit d'usage à prix d'or) dans les sous-sols de certains pays aux dirigeants peu scrupuleux (c'est un pléonasme). Il faut ajouter... que cela fait du bien quand cela s'arrête. La caméra bouge tellement et sans temps d'arrêt que l'on a le tournis. Le film manque de respiration, on est dans un état d'apnée constant, guerre de l'eau oblige. Le "méchant" est décevant car justement Mathieu Amalric n'est pas très méchant. Il fait un peu freluquet. On a du mal à croire qu'il peut faire autant de mal à lui tout seul. Daniel Craig (cf. mon billet du 30/05/2007) est toujours bien mais c'est tout. J'espère que le prochain James Bond (l'acteur a signé pour 4 films) sera mieux.

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mardi 7 octobre 2008

Qui comme Ulysse - Georges Flipo

Mon cher G. Flipo (j'ose cette familiarité), je viens de lire les nouvelles qui composent Qui comme Ulysse et je constate que tout ce que vous racontez n'est pas gai. Très bien écrites et structurées, elles se lisent avec plaisir pour le style mais avec tristesse et effroi pour ce que narrent certaines. Vous devriez envoyer vos doléances à Mme Anne Carrière car je n'ai pas compris le texte de présentation de la 4ème de couverture, il ne donne pas forcément envie de lire les nouvelles (il ne leur rend pas non plus hommage, elles sont beaucoup mieux). Pour ma part, il n'est pas facile d'en parler. Les 14 nouvelles sont toutes très différentes dans ce qu'elles racontent. Le voyage sous toutes ses formes et surtout les expériences (souvent tragiques) que les personnages en tirent, tel est le thème central de l'ensemble des nouvelles. La plupart des personnages ne font pas des voyages d'agrément. Ce ne sont pas non plus des voyages reposants, parfois ce sont des punitions, ou alors on peut les assimiler à des fuites de quelque chose. J'ai ressenti un certain désenchantement et l'âme humaine n'est pas toujours décrite sous son meilleur jour. Dans le dernier récit, "Rapace", le narrateur/écrivain "voyage" en faisant parler des gens, tire "la substantifique moelle" des pensées de chacun et s'en inspire pour écrire une oeuvre de création. Dans "la route de la soie", un peu comme Jules Verne, Joseph qui ne quitte pas son "chez-lui" pour rédiger son blog voyage entouré de tous ses guides "papier" provoque une certaine confusion chez les "globe-trotter". Pour ma part, lors de mon voyage en Argentine en 1999, j'ai eu le coup de foudre pour ce pays. Et j'ai donc bien apprécié les 4 nouvelles qui s'y situent ou qui mettent en situation des ressortissants de ce beau pays. Nous avons, par exemple, un romancier argentin exilé en France dans "Qui comme Ulysse", qui suite à une panne d'inspiration, se retrouve à faire des "empanadas" (spécialité argentine). "Nocturne" et "Un éléphant de Pattaya" (les deux se passent en Asie, en Inde et en Thaïlande) sont à mon avis les nouvelles les plus terribles du recueil, l'une sur le comportement humiliant des Occidentaux envers les autochtones, l'autre sur le tourisme sexuel (sans beaucoup de mauvaise conscience). Mon cher G. Flipo, je vous avais découvert grâce à votre blog, maintenant ce livre confirme votre talent d'écrivain qui sort des sentiers battus.

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dimanche 31 août 2008

Films deux par deux (7)

Pour clore ma série estivale, voici deux oeuvres françaises à voir. Je me réjouis que de si bons films existent et puissent rencontrer leur public (surtout le premier).

Versailles de Pierre Schoeller (dont c'est le premier film en tant que réalisateur) vaut plus que le détour. Pierre Schoeller est aussi le scénariste de ce film qui aurait gagné à être un tout petit peu plus court (un quart d'heure de moins) mais je le conseille pour Guillaume Depardieu, comédien rare qui joue un rôle de marginal qui lui va comme un gant, pour Judith Chemla qui interprète la mère et je le recommande surtout pour le petit garçon, Enzo, dans le film, époustouflant de naturel. L'histoire ne tombe jamais dans le larmoyant ni le misérabilisme. Cela se passe à Paris (au début), on voit une mère avec son enfant dans la rue. On devine vite qu'ils sont SDF. Ils ont faim et froid. Un soir le Samu social les recueille et leur trouve un lit dans un foyer à Versailles. De fil en aiguille, Enzo et sa maman se retrouvent dans les bois pas très loin du château. Ils rencontrent un homme jeune, Damien (G. Depardieu) qui vit en marge de la société (mais qui se rappelle à un moment donné qu'il a une famille). Il y a quelques invraisemblances scénaristiques dont une fin un peu trop "deus ex-machina" mais ce n'est pas grave. Un film vraiment maîtrisé. Un réalisateur à suivre.

Après Entre ses mains (2005), très bon thriller psychologique, Anne Fontaine nous emmène avec La Fille de Monaco dans la Principauté où Fabrice Luchini (aussi bon que dans Confidences trop intimes (2004) de Patrice Leconte) joue Bertrand Beauvois, un avocat d'assises qui doit défendre une femme, plus toute jeune, meurtrière d'un amant de passage d'origine russe et mafieux. Le procès s'annonce explosif et dangereux. Bertrand se retrouve à être protégé par un garde du corps en la personne de Christophe Abadi (Roschdy Zem), impassible mais au regard qui en dit parfois long. L'avocat se trouve aussi à croiser une présentatrice de la météo locale, Audrey (Louise Bourgoin), dont il tombe amoureux instantanément et pour son malheur. Ce personnage d'Audrey fait bien évidemment penser à celui que joue Brigitte Bardot dans En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958) - d'ailleurs la chanson du générique est chantée par Bardot -, avec le même côté vulgaire qui convient bien. Le film vire au noir mais reste léger. Si vous êtes allergique à Luchini, passez votre chemin, pour les autres, allez-y, on passe un bon moment.

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