mercredi 31 juillet 2019

Le roi lion - Jon Favreau

J'ai hésité à aller Le roi lion de Jon Favreau, n'ayant pas trop aimé le dessin animé sorti il y a 25 ans. J'ai eu un peu peur que ça me déplaise devant les cinq premières minutes avec ces animaux qui parlent humain. Ensuite, je me suis laissée porter par les images et l'animation. J'ai été bluffée par ces animaux que l'on croirait vrais au milieu de cette savane africaine. Et bien ils sont entièrement artificiels. Les ordinateurs font vraiment des merveilles. Entre le film de 1994 et celui sorti cette année, les histoires sont identiques avec pratiquement les mêmes plans. Je ne me rappelais plus le rôle central des hyènes. Cette histoire qui s'inspire en partie d'Hamlet se passe donc en Afrique dans une tribu de lions. Mufasa vient d'être papa et son fils Simba est présenté à toute la faune alentour. Le frère de Mufasa, Scar (balafre, cicatrice), ronge son frein. Il est jaloux et veut devenir roi à la place de son frère qu'il hait. Avec toute sa persuasion, il rallie les hyènes à ses côtés. Accusant Simba de la mort de Mufasa, Scar le chasse du clan. Après une période d'errance, Simba trouve du soutien de la part de Timon, un suricate, et Pimbaa, un phacochère "grassouillet" mais courageux. Le film permet de réécouter la chanson "Hakuna Matata" avec une musique d'Elton John. Le long-métrage dure presque deux heures et il n'y avait que des adultes dans la salle. Personnellement, je trouve qu'il y a, comme dans le dessin animé, des passages un peu effrayants pour les tout-petits. Un film aussi recommandé par Pascale.

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dimanche 23 octobre 2016

Ma vie de Courgette - Claude Barras

Je n'ai pas lu le roman de Gilles Paris Autobiographie d'une courgette (paru en 2002) dont ce film d'animation "en volume" est adapté. Ma vie de Courgette sorti cette semaine dure 1 heure 06. Il vaut vraiment la peine que l'on se déplace pour aller le voir, que l'on soit adulte ou enfant. Icare alias Courgette, un petit garçon âgé de 9 ou 10 ans, aux cheveux bleus, vit avec sa mère qui s'alcoolise à la bière depuis que le papa est parti avec une "poule". Un jour, Courgette tue accidentellement sa maman en voulant éviter une fois de plus les coups que celle-ci lui assène régulièrement. Courgette (Icare tient absolument à ce qu'on l'appelle "Courgette", surnom que lui avait donné sa maman) est alors placé dans un foyer d'accueil où vivent d'autres enfants comme lui dont les parents sont soit décédés soit incapables de s'occuper de leur progéniture. Les personnages animés en "stop-motion" sont des marionnettes aux yeux immenses et très expressifs. Vous n'oublierez pas de sitôt les sept enfants de ce foyer où alternent tristesse et gaieté. Le film est fait de plein de détails évocateurs comme ce tableau où est indiqué "la météo journalière des émotions des enfants". Un joli film qui se termine sur une belle note d'espoir.

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samedi 9 juillet 2016

La tortue rouge - Michaël Dudok de Wit

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Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir La tortue rouge, un film d'animation réalisé par un Néerlandais et coproduit par les studios japonais Ghibli et deux maisons de production françaises. Michaël Dudok de Wit est aussi le co-scénariste avec Pascale Ferran. C'est un film sans paroles mais très sonore avec des cris d'oiseaux, le bruit de la mer et pas mal de musique. L'animation est très réussie et la palette des couleurs superbe. Il y a beaucoup de poésie et un soupçon de fantastique. Un naufragé qui vient on ne sait d'où échoue sur une île déserte habitée seulement par quelques crabes affamés et survolée par des oiseaux. Grâce à la forêt de bambous qui a poussé sur l'île, l'homme construit un radeau, puis deux, puis trois... parce que dès qu'il met son radeau à l'eau, une force invisible détruit l'embarcation. Jusqu'à ce que l'homme se retrouve nez à nez avec une très belle et grande tortue rouge qui se métamorphosera en femme pour lui. Le film dure 1H20 et c'est un enchantement pour les yeux. Dans la salle, il n'y avait que des adultes. A vous de voir si vous voulez y aller avec vos enfants ou vos neveux. Lire les billets de Géraldine, Nio et Pascale qui partagent mon enthousiasme.

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jeudi 19 novembre 2015

Avril et le monde truqué - Christian Desmares, Franck Ekinci / L'hermine - Christian Vincent

Si vous appréciez l'univers visuel de Jacques Tardi, allez voir Avril et le monde truqué, dans la lignée d'Adèle Blanc-Sec. L'histoire se passe en France en 1941 sous Napoléon V. Des savants disparaissent depuis un certains temps. Parmi eux, il y les parents d'Avril, qui les croit morts. Les "méchants" de 'l'histoire sont de gros lézards, des varans. J'ai aimé ce film à l'animation réussie, où l'on voit Paris avec deux tours Eiffels. Il y a des dirigeables, des sous-marins et des fusées. Paris baigne dans la grisaille et la fumée. Il y a plein de rebondissements. C'est un film idéal et réussi pour petits et grands avec une vraie histoire pas niaise du tout.

Je suis aussi allée voir L'Hermine de Christian Vincent en avant-première, dimanche 15 novembre 2015: la salle était pleine. Pour son interprétation dans ce film, Fabrice Luchini a reçu le prix d'interprétation masculine à la dernière Mostra de Venise en septembre. Il faut dire qu'il fait merveille en président de tribunal d'assises à Saint-Omer, une ville du nord de la France. La vie personnelle de ce magistrat, Michel Racine, est pour le moment chamboulée: il vit à l'hôtel après avoir été chassé du domicile conjugal. On ne nous en dira pas plus. Michel Racine est surnommé le "Président à deux chiffres": les condamnés en prennent pour 10 ans minimum. La plus grande partie du film se passe dans une salle d'audience du tribunal. Michel Racine, très grippé, préside un procès en infanticide. Au moment du tirage au sort des jurés, il tire le nom d'une femme dont il était tombé amoureux quelques années auparavant. On peut le comprendre car l'actrice qui joue le personnage de cette jurée, Ditte Lorensen Coteret, est Sidse Babett Knudsen, connue en France pour son rôle de Premier ministre dans Borgen. Le film alterne les scènes du procès, assez réalistes semble-t-il, avec celles des considérations des jurés issus de milieux sociaux différents, et avec les tête-à-tête hors audience de Michel Racine et Diete. Le film se laisse voir agréablement et Luchini, tout en retenue comme dans ses derniers films (il n'écrase pas ses partenaires), est très bien.

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mardi 28 avril 2015

Jauja - Lisandro Alonso / Shaun le mouton - Mark Burton, Richard Starzak

Voici deux films qui n'ont rien voir l'un avec l'autre, sauf que je les ai vus dans la même soirée.

Jauja de Lisandro Alonso est sorti mercredi 22 avril 2015 dans quelques salles à Paris. C'est un film qui sort de l'ordinaire. Les dialogues sont en deux langues, le danois et l'espagnol. Le format de l'image est carré avec des bords arrondis. La lumière tire plutôt vers les tons jaune ocre et gris. Le décor principal est le paysage venté (on entend peu de musique et beaucoup le vent), caillouteux et assez aride de la Patagonie argentine. De nombreux plans fixes s'attardent sur ce paysage. A la fin du XIXème siècle, en plein coeur de la Patagonie, Gunnar Dinesen, un ingénieur danois, et Ingeborg, sa fille âgée de 15 ans, bivouaquent avec l'armée argentine qui est là pour exterminer la population indigène dont le chef habillé en femme se nomme Zuluaga. L'armée est en quête d'une ville mythique appelée Jauja qui a disparu depuis des siècles. Gunnar est nommé capitaine dans l'armée pour l'occasion. Bien qu'il surveille de près sa fille (blonde aux yeux bleus), cela n'empêche pas Ingeborg de s'enfuir avec un soldat. Le père désespéré part à sa recherche. Si vous voulez vivre une expérience cinématographique qui change du tout venant, allez voir ce film un peu abstrait où le rêve et le fantastique se mêle à la réalité. Viggo Mortensen (coproducteur du film) est très bien. En revanche, je n'ai pas compris une partie de l'épilogue qui se passe de nos jours. Lire le billet très complet d'Alex-6.

Et maintenant, je passe à Shaun le mouton (sorti le 1er avril 2015), produit pour partie par les studios Aardman. Nick Park, le créateur de Wallace et Gromit et des poules de Chicken Run, a imaginé le personnage de Shaun, un mouton intelligent, plein de ressources qui, un jour, en a assez de la routine de la ferme où il habite avec six ou sept de ses congénères. Régulièrement, il passe à la tondeuse comme les autres. Il faut dire que le fermier est un as de la tonte. Ces moutons sont gardés par Bitzer, un chien de berger très attaché à son maître. Pour profiter un peu de liberté, Shaun a l'idée d'enfermer le fermier dans une caravane après que celui-ci se soit endormi en ayant compté les moutons. La caravane se met à rouler toute seule et se dirige vers la grande ville voisine. A partir de là, les gags se multiplient. Shaun et les autres partent à la recherche du fermier qui, entretemps rendu amnésique par accident, devient un coiffeur à la mode (il tond les cheveux comme la laine). Ils doivent faire face à un méchant gardien de fourrière digne de Mme Tweedy dans Chicken Run. J'ai vu des clins d'oeil aux films Le silence des agneaux ou Les évadés (The Shawshank Redemption). Il y aussi des références aux films précédents de Nick Park. Le chien Bitzer a un air de famille avec Gromit (en moins intelligent, tout de même). Ce film qui dure 1H20 est très amusant. Le public de la salle (des adultes en majorité) riait beaucoup. Un film à voir et à conseiller.

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lundi 26 novembre 2012

Frankenweenie - TIm Burton

J'ai adoré Frankenweenie (1), filmé en noir et blanc, qui rend hommage aux films d'horreur des années 30 et des années 50, ainsi qu'aux acteurs Boris Karloff, Elsa Lanchester (qui interpréta la fiancée de Frankenstein), Bela Lugosi et Vincent Price. C'est l'histoire d'un jeune garçon, Victor Frankenstein, qui perd accidentellement le seul ami qu'il avait: Sparky, son chien. Il arrive à le ramener à la vie dans des circonstances que je vous laisse découvrir, avec un petit quelque chose en plus: l'amour. Visuellement, le film est magnifique. Un grand soin a été porté à l'éclairage dans les rendus du noir et blanc. Sparky et Persephone (autre personnage) forment un couple touchant. Pour les blogueuses qui aiment les chats, celui que l'on voit dans le film, apathique et médium, n'est malheureusement pas très sympathique surtout après sa métamorphose digne de La mouche (The fly), en "chat-garou". Il y a aussi d'autre animaux effrayants, comme une tortue devenue un dragon digne de "Godzilla". C'est bourré de références et de clins d'oeil. La petite ville où se situe l'histoire m'a fait penser à celle d'Edward aux mains d'argent. Je sais que ce film ne fait pas l'unanimité (lire Captain Navarre et Wilyrah par exemple), mais mon ami et moi avons aimé. Je vous le conseille en 2D (c'est comme ça que je l'ai vu pour ma part).

 (1) OUPS, j'avais laissé passer la coquille "Franekenweenie" relevée ci-dessous par le puriste Fabior, désolé [(s) ta d loi du cine, secrétaire de rédaction].

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dimanche 11 novembre 2012

Le jour des corneilles - Jean-Christophe Dessaint / Une famille respectable - Massoud Bakhshi / Augustine - Alice Winocour

Chaudement recommandé par Alex, Le jour des corneilles de Jean-Christophe Dessaint est un film d'animation français visuellement très beau qui parle d'amour, d'une histoire en particulier, celle de Courge qui a perdu sa bien-aimée (morte en couches). Vivant comme un ermite dans la forêt, cet homme fort comme un bûcheron élève son fils à la dure. Le fils de Courge vit presque comme un enfant sauvage. Avec trois poils sur le caillou, il découvre néanmoins un jour, avec l'aide des esprits de la forêt, que la vie existe ailleurs. Il va se frotter à la civilisation en la personne de la jeune Manon, la fille d'un docteur, et aussi à des gens hostiles. La période où se passe l'histoire est assez indéfinie. Dans le village pas loin de la forêt, on voit des soldats blessés, et des poteaux électriques font partie du paysage. Les corneilles du titre sont capables de prononcer deux mots et jouent un rôle important vers la fin de l'histoire. Je ne suis pas sûre que le film soit compris par les tout-petits mais je le conseille à tous les autres.

Une famille respectable de Massoud Bakhshi est un film iranien très noir que l'on pourrait sous-titrer "Laisse l'oseille et tire-toi". C'est une histoire de captation d'héritage (une grosse somme est en jeu) au sein d'une famille iranienne plutôt ordinaire. Un professeur d'université (c'est lui qui doit hériter), parti depuis plus de 20 ans à l'étranger (conséquence de la révolution islamique de Khomeyni ) et revenu à Chiraz afin de donner des cours, attend qu'on lui délivre son passeport pour qu'il puisse repartir. Il retrouve sa mère qui reste inconsolable de la mort de son autre fils mort adolescent et martyr de la révolution. Le réalisateur brosse un portrait peu reluisant de cette famille où les femmes portent le foulard et les gants même chez elles. Cela n'empêche pas la jeune génération de vivre avec son temps: le portable et internet. Le neveu du professeur, personnage avide, cache bien son jeu. Ce cinéma ne ressemble pas du tout à celui d'Asghar Farhadi. On ne ressent aucune sympathie pour aucun des personnages.

Augustine d'Alice Winocour commence bien, car j'ai été tout de suite prise par cette histoire qui se déroule pour une grande part à l'hôpital de La Salpétrière à Paris dans le service du docteur Jean-Martin Charcot dans les années 1880. Une jeune femme de 19 ans, employée de maison, souffre de crises nerveuses (elle souffre d'hystérie) qui la laissent paralysée de l'oeil droit (sa paupière ne s'ouvre plus) et plus tard de la main gauche qui se rétracte. Le docteur pratique l'hypnose et elle fait partie des malades auscultées lors de séances presque publiques. J'ai été interloquée que le docteur fasse un diagnostic sans jamais ni regarder ni s'adresser à ses patientes (comme si elles n'étaient pas douées de raison). Il ne considère que le cas clinique. Vincent Lindon dans le rôle du docteur et Soko dans le rôle d'Augustine sont très bien ainsi que Chiara Mastroianni qui joue la femme du docteur (que l'on voit assez peu). J'ai été un peu déçue par la fin. Le docteur n'aurait pas dû agir comme il le fait. Sinon, il faut quand même dire que ce n'est pas du grand cinéma du point de vue de la réalisation. Un film que je conseille pour ce qu'il raconte et pour la prestation de la jeune Soko.

La réalisatrice a dû s'inspirer d'un tableau, semble-t-il assez célèbre, qui montre Charcot et une de ses patientes hystériques. Cette scène ressemble assez à une de celles du film.

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PS : Sinon, n'allez pas voir Paperboy de Lee Daniels, un film épouvantable à tout point de vue (et je n'ai rien d'autre à dire). J'ai souffert pendant la projection.

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jeudi 18 octobre 2012

Dans la maison - François Ozon / Le magasin des suicides - Patrice Leconte

Voici deux films qui n'ont rien en commun l'un avec l'autre, que j'ai été voir tout dernièrement et dont je voulais parler.

D'abord Dans la maison de François Ozon encensé par la critique. Pour ma part, je m'attendais peut-être à autre chose par rapport au déroulement de cette histoire. Un élève, Claude Garcia, fraîchement arrivé dans un collège "pilote", écrit des dissertations sur la vie d'une famille (qu'il côtoie en donnant des cours de maths au fils de la famille). Il ménage le suspens en terminant chaque dissertation par "A suivre". Germain, le prof de français, lit cette prose à haute voix chez lui, sa femme étant une auditrice attentive. Responsable d'une galerie d'art contemporain, elle devine assez vite que Claude est peut-être dangereux voire pervers sous son visage d'ange. Germain, écrivain raté, s'attache plus au style des textes et trouve que Claude a du potentiel. Bien entendu, un grain de sable va tout faire exploser. J'ai noté le clin d'oeil du réalisateur à Fabrice Luchini (très bien) quand ce dernier est assommé dans une séquence par un gros exemplaire du Voyage au bout de la nuit de Céline (un des textes que Luchini a interprété sur scène). Kristin Scott Thomas et Emmanuelle Seigner sont aussi pas mal du tout. C'est l'arrière-plan de l'histoire qui est bancal avec des personnages caricaturaux, comme celui du père de famille épié par Claude. Pas mal mais pas génial à mon avis.

En revanche - et tant pis pour les mauvaises critiques lues et entendues - j'ai beaucoup apprécié Le magasin des suicides de Patrice Leconte. Adapté d'un roman de Jean Teulé que je n'ai pas encore lu, ce film d'animation nous fait rencontrer une famille pas banale, les Tuvache: Mishima, Lucrèce et leur trois enfants qui sont propriétaires d'un magasin où l'on trouve tout pour se suicider. Tout est fait "maison" ou presque. Parmi les trois enfants, le petit dernier fait figure de vilain petit canard car il est heureux de vivre et sourit tout le temps à la différence des deux autres. L'histoire est ponctuée de morceaux de musique et de chansons pas mal du tout (pour mes oreilles). J'ai passé un très bon moment et je n'ai pas boudé mon plaisir.

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vendredi 30 décembre 2011

Welcome in Vienna (trilogie) - Axel Corti / Le tableau - Jean-François Laguionie

Avant la fin de cette année 2011 (et avant mon palmarès cinéma), je voulais ne pas oublier de parler d'un événement cinématographique sorti le 30 novembre 2011 dans deux salles à Paris. Il s'agit de trois films (en noir et blanc, image format télé) d'Axel Corti (1933-1993) dont les deux premiers volets étaient restés jusqu'à présent inédits en France.

L'oeuvre Welcome in Vienna (Wohin und Zurück) se compose donc de trois films écrits par le scénariste Georg Stefan Troller, qui confirme dans le dossier de presse que cette suite d'histoires est autobiographique à 70 ou 80%. Il est né en 1921 et vit à Paris depuis 1949.

Dieu ne croit plus en nous (1982, inédit en France) commence à Vienne en 1938. Après la "Nuit de cristal" et le meurtre de son père, Ferry Tobler, un adolescent juif, fuit l'Autriche. Echoué à Prague, il continue sa fuite vers la France en compagnie d'un soldat allemand anti-nazi échappé de Dachau et d'une Tchèque chargée d'aider les réfugiés. Sans papiers, ils sont arrêtés et internés par les Français. Arrivant à s'échapper, ils parviennent à Marseille dans l'espoir de s'embarquer pour les Etats-Unis.

Dans Santa Fé (1986, inédit en France), l'action se passe à New-York en 1940. Un bateau, Le Tonka, arrive avec, à son bord, des réfugiés dont Ferry Tobler qui se noie accidentellement en cherchant à sauver une jeune femme mutique qui voulait échapper au contrôle des services d'immigration. On suit surtout le parcours de Freddy Wolff, jeune émigrant juif autrichien qui rêve du Far-West mais qui se retrouve isolé dans sa vie d'immigré même s'il trouve un peu d'entraide au sein de sa communauté. Il trouve même un travail de vendeur dans un "delicatessen". Mais dès l'entrée en guerre des Etats-Unis fin 1941, lui et ses semblables sont assimilés à l'ennemi allemand. Il s'engage dans l'armée américaine pour regagner l'Europe. Pour moi, des trois films, c'est celui que je préfère, peut-être parce que l'histoire se passe à New-York et que le réalisateur prend son temps pour nous rendre les personnages attachants.

Enfin, Welcome in Vienna (1986, et que j'avais vu à l'époque) se déroule en 1944 dans une Europe dévastée et à reconstruire. Freddy Wolff et George Adler, intellectuel de gauche berlinois, découvrent les horreurs nazies et l'antisémitisme qui règne jusque dans leurs rangs. Ils assistent à la reddition d'un colonel nazi qui offre son aide à l'U.S. Army, laquelle l'accepte bien volontiers, tout cela pour combattre le communisme. Dans Vienne, Freddy trouve les restes de son passé familial, la maison de ses parents en ruines. Dans le chaos où est plongée l'Autriche, Freddy est écoeuré en voyant un ancien nazi devenir roi du marché noir. La corruption et l'arrivisme règnent partout mais cela n'empêche pas Freddy de rester dans ce pays qu'il aime. Aussi étrange que cela puisse être, j'ai trouvé cette partie (que j'avais appréciée à l'époque) la moins réussie, un peu trop touffue.

En tout cas, si vous en avez l'occasion, je vous conseille de voir, comme moi, cette trilogie dans l'ordre. Elle a rencontré un beau succès d'estime et c'est mérité.

Sinon, comme dernier film à voir absolument en cette fin d'année, et déjà chaudement conseillé par Aifelle, allez voir Le tableau de Jean-François Laguionie (sorti le 23 novembre 2011). C'est une merveille d'animation qui ravira les grands et peut-être les plus jeunes. Dans ce très beau film (graphiquement et visuellement), vous n'oublierez pas les toupins, les pafinis et les reufs. Vous essaierez de deviner les peintres et les tableaux qui sont évoqués. Cela fait plaisir, des films d'animation intelligents et sensibles.

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jeudi 14 juillet 2011

Chico et Rita - Fernando Trueba et Javier Mariscal

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Le 6 juillet 2011 est sorti un film que je vous conseille, Chico et Rita de Fernando Trueba et Javier Mariscal. Ce film d'animation flamboyant, coloré, musical en diable avec une très belle histoire d'amour en toile de fond, se déroule sur 50 ans entre Cuba et les Etats-Unis. L'histoire commence à Cuba de nos jours avec un retour en arrière en 1948 où les Cubains menaient une vie insouciante. Chico, jeune pianiste de talent, accompagne des chanteuses comme Rita, femme légère, orgueilleuse mais amoureuse. Leur liaison orageuse les éloigne pour mieux se retrouver et se séparer de nouveau. Partie aux Etats-Unis, Rita devient célèbre; Chico, lui, va accompagner des orchestres comme celui de Dizzie Gillepsie. L'arrivée de Fidel Castro au pouvoir est évoquée en pointillé mais l'histoire d'amour ainsi qu'une chanson intitulée "Rita" rebaptisée par la suite"Lilly" résument le film. Vraiment, vous ne devriez pas regretter de voir ce "dessin animé" pour adultes qui tient toutes ses promesses.

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