vendredi 6 mars 2020

Films vus et non commentés en février (1/2)

Lara Jenkins ne semble pas plaire à tout le monde, mais, personnellement, j'ai été fascinée par l'actrice allemande Corinna Harfouch (qui interprétait Magda Goebbels dans La Chute). Elle m'a fait un peu penser à Helen Mirren et à Isabelle Huppert. Et moi qui ne suis pas germanophone, j'ai apprécié sa diction. Le film pourrait être sous-titré "24 heures dans la vie de Lara Jenkins" qui fête ses 60 an. L'histoire se passe à Berlin et on comprend vite que Lara est une femme dure et très seule au visage fermé qui a fait le vide autour d'elle. Depuis longtemps, son ex-mari, son fils et sa mère se sont éloignés d'elle. Son fils Viktor, pianiste et compositeur, doit interpréter son premier concert. Lara a appris cet événement par hasard. Tout au long de cette journée, Lara qui va acheter 22 tickets pour le concert rencontre des personnes à qui elle les distribue. Son seul but est de croiser la route de Viktor car c'est elle qui a été son professeur exigeant et sans pitié. Même si elle n'est pas sympathique, j'ai plaint Lara. Un film que j'ai aimé voir et entendre. 

Quand je suis allée voir Invisible man, je savais que l'homme invisible serait un "méchant", à l'inverse de la série télévisée des années 70 que j'avais tant appréciée (avec David McCallum). Dans le film, non seulement il est méchant, mais c'est un sociopathe qui persécute Cecilia, sa compagne, après qu'elle l'ait quitté. J'ai trouvé le film violent, sans humour, avec une pointe de "gore" quand la soeur de Cécilia est égorgée. Il y a du suspense et Elisabeth Moss en victime (et bourreau?) est bien, mais cela n'a pas suffit à mon bonheur de spectatrice. 

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dimanche 26 janvier 2020

Les siffleurs - Corneliu Porumboiu / Les filles du Dr March - Greta Gerwig / Un vrai bonhomme - Benjamin Parent

J'ai voulu voir le film roumain Les Siflleurs car j'ai trouvé la bande-annonce pas mal du tout, et bien je n'ai absolument rien compris. Cela se passe entre la Roumanie et les Canaries. Il y quelques millions d'Euro en jeu. On entend une langue sifflée, le silbo, qui sert de langue de communication entre quelques personnages. Et sinon, je retiens l'actrice principale et la musique d'Offenbach, les Contes d'Hoffmann, ainsi que l'air de Casta Diva dans Norma de Bellini. Il y aussi une scène d'une violence inouÏe (un homme égorgé), un matelas rempli d'Euro et puis c'est tout. Il faut peut-être voir le film deux fois pour le comprendre.

Je passe aux Filles du Dr March, énième adaptation du roman publié en 1868 par l'Américaine Louisa May Alcott. Les quatre filles vivent avec leur mère et la domestique pendant que le père s'est engagé dans le conflit de la guerre de Sécession. Le film est composé de nombreux flash-backs qui nous présentent plusieurs moments dans la vie de de cette famille soudée malgré quelques jalousies entre filles. Meg, qui rêve de faire du théâtre, se marie avec un homme aimant mais sans le sou, Jo, le garçon manqué de la famille, écrit en comptant se faire publier et jure de ne jamais se marier, Beth à la santé fragile, joue du piano, et Amy dessine et peint. C'est un film plein de bons sentiments. Il y a un clin d'oeil à la France avec les acteurs Louis Garrel et Timothée Chalamet. Saoirse Ronan qui interprète Jo confirme être une actrice à suivre. Je l'avais bien appréciée dans Reviens-moi, Hannah, Brooklyn et Lady Bird. Il faut noter que, plus de trois semaines après sa sortie, le public est toujours au rendez-vous. J'ai vu le film dans une salle pleine.

Je termine avec un film que sans l'avis de Pascale je ne serais pas forcément allée voir, Un vrai bonhomme de Benjamin Parent. Il s'agit d'une comédie française très enlevée avec deux jeunes comédiens épatants. Tom (Thomas Guy) et Leo (Benjamin Voisin) sont des frères inséparables jusqu'à ce qu'un accident de voiture les sépare, même s'ils continuent à se parler. C'est l'histoire de l'émancipation de Tom, le jeune frère, qui va arriver grâce à de belles rencontres à se dégager de l'influence de Léo, son frère aîné et adoré. Je trouve dommage que le titre du film ne soit pas à la hauteur de cette histoire émouvante et pas mièvre du tout. Une jolie surprise à ne pas manquer.

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mercredi 13 novembre 2019

Derniers jours à Berlin - Harald Gilbers

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Après Germania et Les fils d'Odin, Harald Gilbers, avec Derniers jours à Berlin (10/18, 542 pages), nous entraine à Berlin à partir du 20 avril 1945. Le commissaire Richard Oppenheimer et sa femme Lisa sont terrés dans le sous-sol d'une usine à bière appartenant à un truand, Ed, qu'Oppenheimer connait bien. C'est la dernière fois que la ville est bombardée, mais désormais les Russes sont à 5 km de la ville allemande. Tout est en ruine, les Berlinois ont faim et froid. L'eau potable est rare. Ils savent qu'avec les Russes, les choses vont mal tourner pour les Berlinoises. C'est ce qui arrive d'ailleurs à Lisa qui se fait violer. Mais il faut survivre. Oppenheimer arrive encore à écouter du Beethoven sur son tourne-disque. Un certain Dieter qui porte une mystérieuse valise se réfugie dans le sous-sol de l'usine. Mais Dieter est assassiné peu après et Oppenheimer cache la valise qui est convoitée et par les Russes et par un mystérieux Américain. Le roman se termine le 7 août 1945, un jour après Hiroshima. Plus qu'un roman policier, c'est la description de Berlin et de la vie quotidienne des Berlinois qui rend le roman intéressant. A lire.

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jeudi 7 novembre 2019

Les années 70 - Cabu / Gébé / Willem

Dans le cadre de mes hommages mensuels aux victimes du 7 janvier 2015, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) reviens cette fois-ci aux origines (sinon aux "fondamentaux"?) de Charlie Hebdo, grâce à un livre que j'avais déniché (chiné) il y a déjà quelque temps.

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Les années 70, Cabu - Gébé (avec la participation de Willem), texte de Gébé, éditions First, 1992. Comme chacun sait, ces dessinateurs se sont connus à Hara Kiri (mensuel créé en septembre 1960 et qui durera jusqu'en 1989), ayant engendré Hara Kiri Hebdo, apparu en 1969, et devenu Charlie Hebdo en 1970. "En ce temps là, "...

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... c'est ainsi que commence le texte, page 7, de ce livre publié en 1992, l'année de la renaissance de Charlie Hebdo. Rappelons que le N°1 de la série actuelle est paru mercredi 1er juillet 1992 et s'est vendu à 120 000 exemplaires. Mais Les années 70, voilà des années que la génération Y, les Millenials, ou la génération Z (encore moins), ne peuvent pas connaître en les ayant vécues. Pour ma part, je peux dire "j'y étais!", même si les événements dépeints dans cet ouvrage me sont passés, je crois, largement au-dessus de la tête.

Le texte de Gébé assure le fil conducteur, tandis que les reportages dessinées de Cabu scandent la diversité des luttes (manifestations antimilitaristes, Larzac, luttes antinucléaires, Lip, procès de Charlie [1978]...). C'est de manière plus ou moins allusive que l'ouvrage brosse, p.20-22, l'histoire très conviviale (ou la légende, bien connue de tous) de l'apparition de Hara Kiri Hebdo, puis de sa transformation en Charlie Hebdo.

J'ai bien apprécié les crédits iconographiques, très bien faits (p.126-127 - quelques coquilles minimes) et qui m'ont servi pour mes comptages. Comme je l'ai déjà indiqué dans certaines de mes chroniques précédentes, je trouve que beaucoup de compilations ou anthologies de dessinateurs de la série actuelle de Charlie omettent de préciser la date et le numéro de parution pour chaque dessin. Bref, Les années 70 alignent 170 dessins (41 de Gébé, 19 de Willem, 108 de Cabu, et 2 de Fournier). Ce Fournier-là (Pierre, le fondateur de La Gueule ouverte), ne doit pas être confondu avec ceux de Spirou (Jean-Claude, ou un autre Pierre!).

Dans les dix dessins que j'ai choisi de citer ci-dessous, j'ai fait, proportionnellement, la part fort belle à Gébé, Fournier ou Willem. J'ai en effet déjà consacré plusieurs billets à Cabu, et j'aurai d'autres occasions de le faire. En tout cas, si Fournier et Gébé sont décédés trop jeunes (à 35 et 74 ans) cependant que Cabu a, lui, été assassiné (à 76 ans, presque 77), Willem (né en 1941) continue à dessiner chaque semaine dans Charlie Hebdo (merci à lui!).

 p.16 Gébé (10/05/1971). P1110544 Et pour la retraite à 64 ans, comment insulter les libéraux?

p.22 Gébé (10/01/1971). P1110545 Sourire... de quelle couleur? 

p.41 Cabu (08/01/1976). P1110547 La Révolution, ce n'est plus demain la veille...

p.54 Cabu & Willem (22/12/1977). P1110556  P1110553 Fauchon plastiqué (les textes de Cabu sont excellents, je trouve!).

p.61 Gébé (14/08/1972). P1110548 Je suppose que cela ne visait même pas l'usine de La Hague, mais tout simplement l'absence de stations d'épurations en bord de mer? Il faudrait relire le numéro concerné ...

p.62 Fournier (10/07/1972). P1110549 (à Mururoa, c'était bien l'époque des essais nucléaires aériens, dont certaines retombées ont pu voyager loin...).

72 Gébé (05/08/1976). P1110550 Un dessin bien symbolique.

p.118 Willem (05/07/1979). P1110557 Remplaçons donc "boat-people" par "migrants, et il serait publiable tel quel de nos jours!

p.119 Cabu (05/07/1979). P1110552 Moi, ce masque me fait un peu penser à quelqu'un d'autre...?

Je me suis permis de remarquer qu'effectivement (comme le mentionne wikipedia consulté le 3 novembre 2019), les textes des BD du Néerlandais Willem, à cette époque, sont truffés de fautes d'orthographe, et il refusait de les faire corriger (cela donnait un genre certain à ses grandes planches). J'ai encore vu sur internet que cet album a pu être qualifié de "chronique historique dans la liste des ouvrages de Gébé". Par contre, je n'ai pas trouvé sur la blogosphère de critiques concernant cet ouvrage déjà ancien. Peut-être en existe-t-il et ai-je mal cherché, je corrigerai si nécessaire!

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 25 septembre 2019

Ad Astra - James Gray

A force de lire quelques critiques plus ou moins positives, je suis allée voir Ad Astra de James Gray pour me faire une idée. Personnellement, je ne suis pas trop fan de ce genre de film. Et bien je suis sortie de la projection plutôt conquise. En particulier, j'ai trouvé l'aspect visuel réussi. En ce qui concerne l'histoire, elle est simple; certains diront simpliste. On entend le récit de Roy en voix off tout au long du film. Brad Pitt, qui est co-producteur du film, est à l'aise dans le rôle de Roy McBride, un astronaute qui travaille sur une immense station orbitale. Il est de tous les plans (ou presque) du film. Une "surcharge" électro-magnétique venue de l'univers commence à provoquer des catastrophes qui menacent l'humanité sur Terre et même le système solaire. On apprend que cette "surcharge" viendrait de Neptune, où 29 ans auparavant une mission spatiale, le projet Lima, devait étudier l'existence d'une vie extraterrestre. Le commandant de cette mission était Clifford McBride (père de Roy). Roy est chargé d'envoyer un message à son père. L'action se situant dans un futur relativement proche (quoique), les voyages vers la Lune (face cachée incluse) et vers Mars sont devenus des voyages routiniers. C'est sur Mars que Roy va lancer son message. Puis il va se diriger vers Neptune car il aimerait bien savoir si son père est toujours vivant et ce qu'il est devenu. Les séquences qui se passent aux environs de Neptune, la planète bleue avec ses anneaux (il n'y a pas que Saturne qui en a), m'ont paru réussies. J'ai passé un très bon moment. Lire les billets de différents blogueurs (ils sont listés du plus positif au très négatif): Pascale, Princecranoir, Ffred, Henri Golant, Strum, Ornelune et Mymp.

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mardi 10 septembre 2019

Les hirondelles de Kaboul - Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec / Andy - Julien Weill

Après avoir vu la bande-annonce des Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman qui a écrit le scénario et Eléa Gobbé-Mévellec qui est la dessinatrice, je n'ai pas hésité à aller voir ce superbe film d'animation. Il s'agit d'une adaptation du roman de Yasmina Khadra (que je n'ai pas lu). J'ai adoré les dessins (des aquarelles) dans lesquels les personnages bougent ou parlent dans un décor très éclairé. Cela se passe à Kaboul en Afghanistan sous le règne des Talibans à la fin des années 1990. Ils font régner la terreur, ils exécutent sommairement tout individu qui ne se conforme à leur diktat. Ce sont surtout les femme qui sont les victimes. La musique et tout ce qui ressemble à un divertissement est interdit, les femmes sortent entièrement voilées. Les hommes sont obligés d'aller à la mosquée plusieurs fois par jour. Un jeune couple attendrissant, Zunaira (très jolie jeune femme) et Mohsen, qui sont très amoureux, ont du mal à joindre les deux bouts. Zunaira est douée en dessin mais ne travaille pas et Mohsen voudrait enseigner mais pas dans une école coranique. Ils se chamaillent souvent concernant leur avenir et c'est au cours d'une dispute sur un acte inacceptable qu'a commis Moshen que leur destin va basculer. Zunaira va croiser le chemin d'Atiq dont la femme est en train de mourir. Atiq est l'un des gardiens de la prison pour femmes de Kaboul. C'est plus un film plus pour adultes que pour enfants, dans la lignée du Chat du Rabbin ou de Parvana. L'histoire est triste mais j'ai perçu une lueur d'espoir au bout.

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Je voudrais évoquer maintenant une comédie douce-amère très sympathique, Andy. Sortie le 4 septembre 2019, elle risque de passer inaperçue. Thomas, un quadragénaire qui vient de se faire virer de chez sa n-ième copine est un homme qui considère que le travail, c'est fatigant (au point de le rendre physiquement malade). Il trouve refuge dans un foyer du SAMU social grâce à l'aide d'une de ses ex. Il veut trouver de l'argent vite gagné. Il devient "escort-boy" sous le nom d'Andy. Ce n'est pas un métier aussi facile et agréable que l'on pense. Ses débuts sont un fiasco et la suite aussi d'ailleurs. Heureusement qu'avec l'aide de Margaux, qui travaille au foyer, il met au point une combine que je vous laisse découvrir. Ce film sans prétention fait passer un bon moment grâce à Vincent Elbaz et Alice Taglioni.

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samedi 31 août 2019

Les baronnes - Andrea Berkoff / Late night - Nisha Ganatra

Je trouve que le mois d'août nous a réservé de bonnes surprises cinématographiques même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je suis allée voir Les baronnes au vu de la bande-annonce. Une fois de plus, Melissa McCarthy m'a convaincue qu'elle était une bonne actrice. Comme Pascale, je m'attendais à une comédie, et bien non. Il s'agit plutôt d'un polar assez noir dont les héroïnes sont trois femmes, épouses de mafieux (irlandais) dans le quartier de Hell's Kichen à Manhattan, à la fin des années 70. L'une est noire, mariée avec un homme qui la délaisse. La deuxième est mariée avec deux enfants, et la troisième est régulièrement battue par son mari. Après que leurs conjoints se soient faits arrêtés après un braquage et aient écopé de trois ans de prison, les femmes décident de se prendre en main. Et en peu de temps, elles reprennent les affaires de leurs maris: rackets et trafics en tout genre. C'est surtout le moment pour elles de s'émanciper dans cet univers machiste dans lequel elles ne sortent pas forcément indemnes. J'ai vu le film sans m'ennuyer mais j'ai trouvé qu'il manquait peut-être un peu d'humour. Il y a des rebondissements, quelques scènes "gore" en hors champ, de nombreuses exécutions et un peu d'amour. Les trois actrices sont formidables: Melissa McCarthy déjà citée, Tiffany Haddish que je ne connaissais pas et Elizabeth Moss (l'héroÏne de La servante écarlate).

Je passe à Late Night dont l'intérêt principal (le seul?) est Emma Thompson. Elle est sensationnelle dans un rôle pas forcément très sympathique. Elle incarne Katherine Newbury, l'animatrice d'un show en fin de soirée sur la télé américaine. Son émission, qui perd de l'audience depuis 10 ans, est sur la sellette. La directrice de la chaîne lui dit que c'est sa dernière saison. C'est là que Molly, une femme noire un peu dodue, intervient. Dans le cercle masculin des auteurs qui écrivent pour Katherine, et afin de féminiser l'équipe, Molly est engagée pour écrire des textes. Katherine qui connait à peine l'équipe avec qui elle travaille (elle leur donne comme prénom des numéros) n'est pas très aimable avec Molly, qui est pourtant de très bonne composition tout en lui tenant tête. C'est une comédie sympathique qui égratigne les réseaux sociaux. Pas de quoi fouetter un chat mais il y a Emma, sublissime. Lire les billets d'Armelle et Ffred.

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mercredi 24 avril 2019

Les oiseaux de passage - Ciro Guerra et Cristina Gallego

Avant qu'il ne disparaisse des écrans, je veux évoquer le film colombien Les oiseaux de passage de Ciro Guerra et Cristinal Gallego que je vous conseille comme Princecranoir. Juste avant l'émergence des cartels de la drogue en Colombie dans les années 80, les premières personnes à tirer avantage de la culture de la marijuana et à faire fortune en vendant du cannabis aux gringos de la fin des années 60 au début des années 80, étaient des membres de tribus vivant dans l'arrière-pays. Les Wayyu (une tribu amérindienne) sont les protagonistes de cette histoire, où les croyances, sortilèges et présages dans les airs ou sur terre guident leur vie. Ils font parler les os des défunts, qu'ils déterrent pour prévoir l'avenir. Un peu par hasard, ils vont faire partie de ceux qui prospéreront grâce à la culture de la marijuana (Bonanza (prospérité en espagnol) Marihuana). Chez les Wayyu, certaines femmes commandent, comme par exemple Ursula, une maîtresse-femme, un peu sorcière, celle qui donne sa fille Zaida en mariage à Rapayet lors d'une cérémonie tribale, au tout début du film. C'est la même Ursula qui, à la fin, récupérera le corps de son petit-fils au milieu d'hommes armés qui pourraient tirer sur elle. C'est une femme sans pitié qui fait passer sa famille avant tout. Le film est découpés en cinq chapitres. La violence va crescendo. On presssent que l'histoire se terminera en tragédie pour ces tribus de Wayyu qui se font la guerre entre eux. Le film est visuellement superbe avec un rythme soutenu. A voir avant qu'il ne soit trop tard.

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mardi 12 mars 2019

Sibel - Guillaume Giovanetti et Çagla Zencirci / Exfiltrés - Emmanuel Hamon

Sibel, c'est le prénom du personnage principal d'un film turc que je recommande. Sibel a des yeux verts magnifiques qui lui mangent le visage. Elle vit comme une sauvageonne, le fusil à l'épaule, prête à tirer sur un loup vivant dans la forêt. J'ignorais que la Turquie avait une telle forêt située à l'est de la Mer Noire. Sibel vit, ainsi que sa petite soeur, dans un village dont son père veuf est le maire. Sibel ne parle pas, mais elle siffle pour s'exprimer. Son père la comprend ainsi que quelques villageois. Il s'agit d'une langue sifflée ancestrale de la région. Un jour, dans la forêt, Sibel tombe non pas sur un loup mais sur un homme jeune, hirsute qui vient de se blesser. Il est une sorte de déserteur qui n'a pas voulu s'enrôler dans l'armée turque. Sibel le soigne et s'attache à lui. Pendant ce temps-là, sa soeur cadette est promise à un garçon, car, en Turquie, les mariages sont encore arrangés, les femmes portent le foulard sur la tête (sauf Sibel) et le poids des traditions est lourd. Sibel n'est pas vue d'un bon oeil par les villageois qui l'épient. J'espère que je vous aurais donné envie de découvrir ce film où Sibel est présente de la première à la dernière image avec une caméra au plus près d'elle.

Je passe à Exfiltrés d'Emmanuel Hamon que j'ai eu envie de voir grâce à la bande-annonce. J'ai trouvé le film dur dans son propos. Faustine, une jeune mère de famille d'origine africaine convertie à l'Islam depuis peu, part en "mission" pour 15 jours avec Noah, son petit garçon métis de 5 ans, en Turquie laissant Sylvain (Swann Arlaud), son mari, infirmier en chirurgie. Assistante sociale, elle veut aider. Elle avait tout prévue. Elle passe clandestinement la frontière turco-syrienne et elle se retrouve à Rakka, fief de Daech. L'histoire est inspirée d'une histoire vraie qui s'est déroulée en 2015. J'avoue que j'ai été un peu étonnée par le comportement de cette femme (l'actrice est un peu terne). Elle n"est pas fanatique mais elle se jette dans la gueule du loup. Très vite, elle se rend compte dans le piège où elle est tombée. Heureusement que des amis vont l'aider: son mari qui veut revoir son fils, le patron de Sylvain qui est chirugien, ainsi que Gabriel, le fils de ce dernier qui travaille dans une ONG en Turquie. Les trois derniers quart d'heure sont assez angoissants car on se demande si Faustine va arriver à s'échapper. Un film qui se laisse voir éventuellement ,mais j'ai trouvé certains moments assez pénibles et parfois "clichés" par rapport à des reportages que l'on a pu voir.

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samedi 9 février 2019

Minuscule 2 - Hélène Giraud et Thomas Szabo / Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu? - Philippe de Chauveron

Après Minuscule - La vallée des fourmis perdues, voici Minuscule 2 - Les mandibules du bout du Monde où l'on retrouve, les coccinelles (celles rouges à pois noirs), les fourmis noires et fourmis rouges dans la vallée du Mercantour. L'hiver arrive et une famille de coccinelles fait des provisions pour l'hiver. Sur le chemin du retour vers un trou d'arbre qui leur sert de nid, l'une d'elles fait preuve de son caractère aventureux. Par la suite, par un concours de circonstances, elle se retrouve enfermée dans un carton de conserves de châtaignes à destination de la Guadeloupe. Heureusement qu'une coccinelle de sa parentèle suit le même trajet en prenant l'avion avec elle. Arrivée à destination, elle appelle à l'aide son amie la fourmi. Celle-ci de son côté demande de l'aide à l'araignée mélomane que l'on avait déjà croisé et la convainc de partir avec elle. C'est sur un genre de galion suspendu par des ballons (comme le bateau du Baron de Münchausen, ou la maison du grand-père de Là-haut) que la fourmi et l'araignée vont faire un voyage plein de périls, avec un requin qui va les engloutir (bateau compris) tel Jonas avalé par la baleine. En Guadeloupe, ce sont d'autres dangers que vont affronter nos coccinelles, dont des mantes religieuses ou une mygale toute poilue. En revanche, elles vont trouver des alliées comme des chenilles urticantes (si si) et croiser d'autres coccinelles noires à gros pois rouges. Les vrais "méchants" de l'histoire, ne sont-ce pas les humains qui déforestent à tout va pour contruire des résidences bétonnées? Les insectes n'ont peut-être pas dit leur dernier mot. Comme pour le premier opus, pas de paroles mais des bruitages, de la musique, des sons divers et variés. L'épilogue du film se passe à Pékin, sûrement parce que les Chinois ont produit en partie le film. Un film sympa pour toute la famille.

Je dirai deux mots de Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu? de Philippe de Chauveron. J'avoue que, comme pour le premier opus, mon ami et moi, nous avons pas mal souri. C'est cocardier, pas toujours subtil, mais on passe un moment avec la famille Verneuil, surtout Claude et Marie, les parents de toute cette tribu, qui vont tout faire pour que leurs filles, gendres et petit-enfants ne quittent pas la France. Et par ailleurs, Claude Verneuil, notaire à la retraite, décide d'écrire une biographie sur un homme dont j'entendais parler pour la première fois, Alfred Tonnelé, un Tourangeau poète, essayiste et pyrénéiste (allez voir sur wikipédia).

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