mercredi 25 novembre 2009

Deux pièces de théâtre

Pour changer, je voudrais évoquer deux pièces de théâtre que j'ai vues pendant ce 4ème trimestre 2009. L'une est encore à l'affiche jusqu'à début 2010 et l'autre s'est donnée de septembre à fin octobre 2009.

D'abord, La Serva amorosa de Carlo Goldoni qui est jouée dans un théâtre privé parisien (théâtre Hébertot) et constitue un des succès de la saison. Je suis allée voir ce spectacle car j'apprécie beaucoup Robert Hirsh comme je l'ai déjà dit ici. Les critiques étaient bonnes. En préambule, je dirais que j'étais au 2ème balcon, 1er rang de face, donc très haut par rapport à la scène avec une barre de fer qui était juste dans mon champ de vision: pas forcément idéal pour apprécier pleinement la pièce. De plus, il n'y a pas beaucoup de place pour les jambes. Ceci mis à part, le spectacle est plaisant mais sans plus (j'ai tellement de bons souvenirs de spectacles d'après des pièces de Carlo Goldoni (auteur vénitien du 18ème siècle) vus dans ma jeunesse que je suis peut-être un peu blasée). Les acteurs principaux ne sont pas mal: Robert Hirsch, en vieil homme riche marié avec une plus jeune (Claire Nadeau) qui n'en veut qu'à son argent, est savoureux. Clémentine Célarié en servante amoureuse joue bien mais l'ensemble manque d'un peu de folie. J'avais beaucoup entendu parler de la scène de la partie de mistigri entre Robert Hirsch et sa femme, c'est en effet drôle mais la scène est trop courte. A côté de moi, il y avait deux jeunes garçons, l'un de presque 10 ans, l'autre plus jeune (environ 7 ou 8 ans). Le premier a semblé apprécier, le deuxième a dormi pendant la deuxième heure. Je dirais que c'est un spectacle familial mais n'emmenez pas des enfants trop jeunes (et il n'y a pas d'entracte). Et il manque peut-être quelque chose à la mise en scène de Christophe Lidon, à moins que la pièce ne soit pas la meilleure de Goldoni.

La Chapelle en Brie (écrite et mise en scène par l'auteur Alain Gautré) a été une sortie théâtre à deux sur une idée de mon ami qui voulait voir jouer Jean-Pierre Darroussin en chair et en os. La pièce se donnait jusqu'au 31 octobre 2009 au Théâtre du Rond-Point Renault-Barrault. Cette oeuvre contemporaine, écrite en 1996, met en scène 4 frères qui ont la même initiale de prénom. Il pleut, c'est même le déluge dans la campagne briarde. Il y a des inondations. André (J.-P. Darroussin), l'ainé des quatre, est seul en scène pendant dix bonnes minutes en cherchant des définitions: il crée des mots croisés briards. Débraillé, il vit dans une ferme briarde: il y a des papiers partout et beaucoup de bouteilles de vin. Au fur et à mesure que la pièce se déroule, on fait la connaissance des 3 frères d'André, Albert, Alain et Arnaud, et même de la maîtresse d'Albert. Avec leurs parcours différents, leurs divergences politiques, ils se mettent à parler, et toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Des secrets de famille que les uns ont découverts et que les autres ignorent sont révélés. La pièce que j'ai trouvée un peu longue à démarrer devient passionnante au bout d'une demi-heure (le spectacle sans entracte durait 1H45). Et mon ami a été très content de sa soirée et de voir Jean-Pierre Darroussin qui n'écrase pas les autres acteurs (que je ne connaissais pas).

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samedi 21 novembre 2009

A l'origine - Xavier Giannoli

Dès les premières images, j’ai été frappée par la grisaille, la tristesse de l’hiver, saison où semble se passer A l'origine (qui fut sélectionné pour le festival de Cannes 2009). On se sent oppressé. L'histoire se déroule dans un décor du style "no man’s land" entre un chantier d'autoroute à l’abandon, un motel et une petite ville sinistrée où le chômage fait des ravages. Juste avant, on vient de voir un homme dont on ne sait rien, Philippe Miller, passer son temps à escroquer des grands magasins d’outillages d’un département ou d’une région. Il va d’un endroit à l’autre avec méthode en pointant sur une carte. Se faisant passer pour un chef de chantier travaillant pour une grande entreprise, il se fait confier du gros matériel qu’il ne rend pas mais qu’il revend à son comparse joué par Gérard Depardieu à l’allure d’ogre. A un moment donné, il se retrouve donc au milieu de nulle part, attiré par un panneau annonçant un chantier d’autoroute. De fil en aiguille, les gens de la petite ville voisine croient qu’il est un contremaître venu faire des repérages, il ne les contredit pas. Avec aplomb et détermination, il décide de reprendre le chantier et les habitants le suivent. Ils n’attendaient que cela. De là se greffe une relation intime entre Philippe Miller (François Cluzet) et la maire de la ville qui est veuve (Emmanuelle Devos). J'ai aimé ce film même si j'ai trouvé quelques longueurs, dont l'histoire d'amour (qui m'a paru assez improbable bien que cela amorce un changement dans l'attitude de Philippe Miller et sa volonté de ne pas abandonner ces gens). L'apparition en truand minable de Depardieu n'était pas non plus très utile. En revanche, le reste est remarquablement montré avec ces petites gens qui reçoivent Philippe comme le Messie. On sent bien qu’ils sont broyés et démunis face à des forces multinationales qui les dépassent. Et tout à coup, ils y croient: le miracle s’accomplit. Deux kilomètres d’autoroute ont bien été construits sur du vent. Le tout a été d'y croire. Philippe est un escroc mais il a donné quelque chose d'important à tous ces gens: l’espoir et une raison de continuer. François Cluzet a un jeu intériorisé et a peu de dialogues, ce qui rend son personnage opaque (on ne sait pas ce qu’il pense). Emmanuelle Devos est lumineuse et les autres comédiens peu ou pas connus sont bien dans leur rôle. C’est le deuxième film de Xavier Giannoli que je vois après Si j'étais chanteur. C’est un réalisateur qui compte dans le cinéma français.

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samedi 3 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 01/09/09

Voici à nouveau (cf. série précédente ici) quatre films chroniqués dont trois français dont on a beaucoup parlé et que vous pouvez vous dispenser (à mon avis) de voir.

Bienvenue à cadavres les bains de Wolgang Murnberger est un film à voir pour l'humour autrichien (si, si). C'est adapté d'un roman policier, l'histoire se passe (contrairement à ce que dit le titre) dans les montagnes autrichiennes dans une auberge. C'est sanglant, un peu "gore", et pourtant le criminel qui est un aubergiste ne le fait pas par plaisir mais plutôt pour se défendre et/ou pour éviter qu'on l'embête. Il déteste les maîtres-chanteurs. Pour se débarrasser de ses victimes, je vous laisse le plaisir de voir comment il fait (le film n'étant malheureusement plus à l'affiche, il faudra attendre le DVD). En même temps, cet aubergiste fait de bonnes actions en recueillant un transexuel et une prostituée en détresse. Et puis, il n'est pas gâté avec son fils qui voudrait bien prendre sa place à l'auberge (même s'il ignore les actes criminels de son père). J'avais lu que cela ressemblait au thème de "L'auberge rouge": je ne suis pas d'accord. C'est un film qui ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai passé un bon moment. Rien que le titre est savoureux.

A part ça, je voudrais évoquer trois films français vus coup sur coup qui m'ont beaucoup déçue.

Rien de personnel de Mathias Gokalp ou les malheurs de certains cadres dans une entreprise. Lors d'une soirée cocktail avec pince-fesses et petits fours, des cadres sont mis à l'épreuve (sans le savoir) en passant des genres de tests notés avec un coach. L'entreprise va être rachetée et donc des licenciements de certains cadres sont programmés dont celui du personnage joué par Mélanie Doutey. Ce sont les meilleurs qui resteront. Les acteurs font ce qu'ils peuvent: les incontournables Jean-Pierre Darroussin et Bruno Podalydès (les réalisateurs ne peuvent plus se passer d'eux) jouent un coach pour le premier et un responsable syndical du CE pour le deuxième. Zabou Breitman en DRH se demande bien ce qu'elle fait là. D'ailleurs, à un moment donné, son personnage enferme le PDG dans les toilettes (elle règle un compte personnel). Peu de temps avant, ce même PDG chantait du Eugène Chabrier pour adoucir l'atmosphère. Il y a une idée de scénario mais pas plus. La seule petite originalité est que l'on voit la même scène répétée plusieurs fois dans des mises en situation différentes avec les mêmes protagonistes dont, tous comptes faits, on finit par comprendre certaines réactions. Le film se termine en queue de poisson.

L'armée du crime de Robert Guédiguian a été une vraie déception. Vu le sujet qui a été peu traité au cinéma, je m'attendais à mieux. Les acteurs (surtout la jeune génération) ne sont pas en cause. Le film raconte l'histoire de Missak Manouchian et de tout un groupe de Juifs étrangers et de communistes qui ont commis des sabotages et des attentats contre l'occupant nazi à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il y a bien entendu une courte évocation de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 pendant laquelle un flic joué par Jean-Pierre Darroussin (encore lui) montre un certain zèle à traquer les Juifs: il est ignoble. La police française n'est pas décrite sous son meilleur jour. On nous montre comment on arrivait à faire parler les gens. A part ça, la mise en scène est trop sage. Il manque les tenants et les aboutissants. J'ai assisté à une suite de scènes sans véritable lien. Je m'attendais à être émue, bouleversée. Je suis restée en dehors. On est loin du chef d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'Armée des Ombres (1969). Pour avoir un avis très différent, lire le billet de Edisdead.

L'affaire Farewell de Christian Carion fut ma troisième déception. Ffred l'avait bien dit! L'histoire est pourtant passionnante (j'en ai lu des comptes-rendus récemment). Elle est une des raisons de la chute du bloc soviétique. J'ai quand même appris pourquoi les Français avaient baptisé l'affaire "Farewell" (pour tromper les Américains). Guillaume Canet a un rôle effacé (il était mieux dans Espions). J'ai noté pour l'anecdote que Philippe Magnan qui joue le rôle de François Mitterrand est d'une ressemblance frappante avec son modèle. David Soul (Hutch de Starsky et Hutch) joue le conseiller de Ronald Reagan (Fred Ward). Je trouve que ce qui nous est narré n'est pas très clair. Et j'ai tout juste compati au sort réservé à Grigoriev (Emir Kusturica), le "traitre". C'est d'ailleurs lui qui est la seule raison de voir ce film très lisse. En y repensant, j'aurais dû me méfier en sachant qui était le réalisateur (celui du catastrophique Joyeux Noël).

Voilà donc mes avis, à vous de juger.

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jeudi 3 septembre 2009

De l'eau pour les éléphants - Sara Gruen

J'ai lu d'une traite en une journée les 460 pages de De l'eau pour les éléphants. Je me suis plongée dans la vie d'un cirque aux Etats-Unis, dans les années 30. La grande dépression de 1929 fait encore les ravages économiques que l'on sait. Jacob Jankowski, 23 ans, fils de vétérinaire et qui allait passer son ultime examen pour devenir lui-même vétérinaire, apprend la mort tragique de ses parents dans un accident de la route. N'ayant plus rien, il s'embarque sur un convoi ferroviaire qui transporte un cirque ambulant, celui des frères Benzini, et se fait engager comme homme à tout faire. Pendant toute ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de me rappeler le film de Cecil B. de Mille Sous le plus grand chapiteau du monde (1952), avec des histoires un peu similaires. Mais, dans le roman, les anecdotes sont plus tristes et sordides (les employés n'étaient pas payés ou alors on les faisaient mourir en les faisant tomber du train quand ils étaient malades). Nous faisons connaissance avec des phénomènes de foire comme la femme obèse ou le nain ainsi que les machinistes qui tiennent le coup grâce au whisky. Jacob tombe amoureux de la belle écuyère Marlène (mariée à August, un homme violent, responsable des animaux et directeur équestre). Il y a aussi Rosie, l'éléphante, qui ne comprend que la langue polonaise (elle joue un rôle central dans le dénouement donnant une certaine morale à l'histoire). Tout ce petit monde est dirigé par le directeur Oncle Al, personnage peu recommandable. Sara Gruen s'est appuyée sur de nombreux documents de cette période pour raconter cette fiction; elle évoque, en particulier, les alcools frelatés (nous somme en pleine prohibition) vendus clandestinement qui provoquaient des paralysies ou faisaient mourir des gens comme certains protagonistes de l'histoire. Des photos d'époque (la plupart de la collection du cirque Barnum) insérés en tête ou en fin de chapitres aèrent l'ensemble. Publié aux éditions Le Livre de poche, c'est le genre de roman que je ne lâche plus une fois que je l'ai commencé.

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mardi 11 août 2009

Signore et Signori - Pietro Germi

Si vous ne savez pas quoi aller voir au cinéma ces temps-ci (c'est un peu mon cas); si vous avez envie d'apprécier ce qu'est une histoire à la mécanique bien huilée (digne de Feydeau et Labiche (en plus acide) pour le théâtre, et de Billy Wilder pour le cinéma); si vous vous posez la question: quel film a gagné la Palme d'Or à Cannes en 1966?; si vous voulez rire et sourire pendant 2 heures; si vous voulez entendre parler italien; si vous voulez voir des hommes mariés (pas si jeunes) issus de la bourgeoisie locale qui ne pensent qu'à "ça", si cela ne vous dérange pas de voir des hommes et des femmes qui n'hésitent pas à se donner des gifles; si vous voulez voir un film à la morale corrosive où l'argent résoud bien des choses; si vous voulez voir une peinture au vitriol d'une certaine classe de la population; si vous aimez Virna Lisi; si le fait de découvrir des acteurs italiens pas très connus (enfin pour moi), ne vous dérange pas... Alors allez, que dis-je, courez voir Signore & Signori (Ces messieurs dames) de Pietro Germi (film que je n'avais jamais vu, honte à moi!) qui me paraît être UNE des comédies de l'année. Deux salles à Paris le projettent. C'est dans le cadre d'une rétrospective de films italiens. J'espère que des copies circulent en province (et/ou que la sortie en DVD ne va pas tarder). Ce film tourné en noir et blanc se divise en 2 parties et 3 mouvements. Il se passe à Trevise en Vénétie (où le film fit scandale). L'histoire se concentre sur un groupe d'amis constituant la bourgeoisie locale qui navigue entre sauteries et coucheries. 1er mouvement: avant une sauterie, Toni Gasparini confesse son impuissance à son médecin à qui il demande de garder le secret. Ce dernier, bien entendu, s'empresse d'en faire part à tout le monde. Mais "est pris qui croyait prendre". 2ème mouvement: le comptable Bisigato séduit une caissière de bar (Virna Lisi), en tombe amoureux et veut donc quitter sa femme, une mégère pas apprivoisée du tout. Mais, à cette époque, le divorce étant interdit avec une Eglise omnipotente, le pauvre Bisigato se retrouve à avoir tous ses amis, sa femme, la cousine de sa femme et même la police face à lui pour le faire renoncer à son projet. 3ème mouvement: une jeune fille aguichante, arrivée en ville pour faire du shopping, se retrouve en butte à la concupiscence de membres du groupe d'amis (ils se la "repassent" tour à tour). Sur ces entrefaites, le père de la jeune fille (un paysan mal dégrossi) arrive: sa fille est mineure et il porte plainte. Le rythme du film est effréné, sans temps mort, et la musique ne laisse aucun répit. Un grand film à revoir ou à découvrir.

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vendredi 17 juillet 2009

Dans l'or du temps - Claudie Gallay

Dans l’or du temps (Editions de poche Babel) m'a été recommandé par Aifelle lors de notre rencontre au Salon du livre à Rouen. Je l’en remercie.

C’était le premier livre que je lisais de Claudie Gallay (qui d'ailleurs m'a fait une dédicace). Quand j’ai commencé à lire ce roman, j’ai tout de suite été sensible au style: des phrases courtes avec ou sans verbes conjugués ou à l’infinitif. C’est peut-être pourquoi je l'ai lu très vite. Au tout début, je m’attendais à lire une chronique vacancière du narrateur (dont on ne connaîtra pas le prénom) avec sa famille (sa femme, Anna et ses deux filles jumelles) faisant un séjour dans leur maison près de Dieppe. Et puis, à l’occasion d’une rencontre du narrateur avec une vieille dame nommée Alice habitant une maison voisine, le récit nous fait remonter le passé. Nous nous retrouvons 60 ans en arrière grâce aux souvenirs d’Alice. Elle possède sur une armoire des statues que le narrateur devine être des kachinas, qui incarnent des esprits pour les Indiens hopi. C’est là que Claudie Gallay nous évoque André Breton et son voyage en Amérique, à New York et chez les Indiens hopi en Arizona, de 1941 à 1946. En effet, à cette époque, Alice, jeune adolescente, s’est exilée avec son père, sa mère et sa sœur aux Etats-Unis. Ils ont pris le même bateau que Breton et sa femme. Le père d’Alice était photographe et était l’ami d’André Breton à l’époque. Alice et son père ont suivi André jusqu’en Arizona. On apprend quelques-uns des us et coutumes, dont la danse du Serpent, de ces Indiens qui n’aimaient pas qu’on les prenne en photo ou qu’on les dessine. Le roman alterne ce récit dans le passé et ce que ces souvenirs provoquent pour le narrateur. Il remet sa vie en question sans s’en rendre compte. Avant la fin de leur séjour, sa femme Anna le quitte en emmenant les jumelles. C’est peut-être le point faible du roman comme l’a souligné Dominique. Je n’ai pas compris le lien entre les souvenirs d’Alice et ce qui arrive au narrateur. Ceci mis à part, c’est un roman qui donne envie de mieux connaître la culture amérindienne et de se plonger dans les ouvrages qui ont servi à écrire ce roman et qui sont indiqués dans la bibliographie à la fin de l’ouvrage. Quant au titre un peu mystérieux du roman, il s’agit d’une partie de l’épitaphe inscrite sur la tombe d’André Breton, au cimetière des Batignolles: «Je cherche l’or du temps».

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mercredi 13 mai 2009

La vague - Dennis Gansel

D'après ce que j'ai lu, La vague (d'abord un livre, puis maintenant un film) est inspirée d'un fait divers qui s'est passé aux Etats-Unis. C'est le genre d'oeuvre que j'aurais bien vu dans une émission télé de mes jeunes années, "Les dossiers de l'écran", pendant laquelle on nous diffusait un film suivi d'un débat. En ce qui me concerne, j'ai trouvé La vague (Die Welle) bien écrite avec une montée de tension: on pressent que cela va mal finir. L'histoire se passe en Allemagne dans une classe de jeunes de 16-17 ans dans un lycée. Pendant une semaine, un professeur est chargé d'un cours/séminaire sur le thème de l'autocratie. C'est impressionnant de voir que les jeunes en face du professeur (surtout les garçons) lui obéissent aveuglément en agissant parfois plus que demandé. Il est terrible de constater que les élèves pas encore adultes sont très influençables. Ils ont besoin de repères, de guide. Un en particulier, assez perturbé, prend le professeur comme "maître à penser" et commet un acte irrémédiable. Ce qui n'était qu'une expérience fictive devient une tragédie. A mon avis, le seul vrai fautif est le prof qui n'a pas vu venir (ou qui n'a pas voulu voir) ce qui allait se passer. Il éprouve un sentiment de puissance (même inconscient) face à ses élèves. Il ne martèle pas assez que c'est un cours comme un autre. Il n'a pas mis assez de garde-fous. Lui-même semble avoir des problèmes avec sa compagne (professeur comme lui). Ce n'est pas facile d'expérimenter l'autocratie. Il faut rester vigilant. Le sujet du film m'a beaucoup fait penser à un autre, allemand lui aussi, l'Expérience, d'Olivier Hirschbiegel (2003), où des hommes "jouaient" les rôles de matons et de prisonniers dans une prison. Cela dégénérait très vite.

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jeudi 23 avril 2009

Films vus et non commentés depuis le 29/03/09

Pour mon retour sur la blogosphère après une semaine de pause, je commence par un billet sur des films que j'ai vus depuis un certain temps et que je n'ai pas eu le temps de chroniquer (suite de ma série).

Je débuterai par 35 Rhums de Claire Denis qui a été projeté dans peu de salles et peu de temps. Personne ou presque n'en a parlé et c'est dommage. Claire Denis est une réalisatrice à part dans le cinéma français. Elle réalise des films qui sortent des sentiers battus (je recommande en particulier Beau Travail [que je chroniquerai un jour]). De film en film, elle reste fidèle à la même équipe technique dont Agnès Godard, la chef op', qui nous permet de voir des films beaux à regarder. Elle fait aussi tourner souvent les mêmes acteurs, dont Grégoire Colin et Alex Descas. Dans 35 rhums, ils jouent des personnages moins sombres que leurs rôles habituels. Lionel (Alex Descas), conducteur de RER, est veuf. ll vit avec sa grande fille Joséphine dans un immeuble genre HLM de banlieue. Une grande complicité les unit. Des voisins (ines) de l'immeuble, dont Noé (Grégoire Colin), gravitent autour d'eux, ainsi qu'un collègue de Lionel récemment mis à la retraite et qui s'ennuie beaucoup. Le film dégage une certaine chaleur humaine qui fait du bien. C'est un film doux et apaisé. S'il existe un jour en DVD, louez-le.

Espions de Nicolas Saada: ce film, qui est le premier long métrage du réalisateur, est une réussite grâce en particulier à Guillaume Canet et Géraldine Pailhas, tous les deux très convaincants. Pour ce qui est de l'histoire, Vincent (Guillaume Canet) se retrouve à être espion malgré lui à Londres (employé par la DST). Il est chargé de s'approcher d'un couple dont le mari anglais et homme d'affaires est soupçonné d'avoir des accointances avec des terroristes islamistes (même si lui-même ne l'est pas). Pour ce faire, Vincent se rapproche de l'épouse française, Claire (Géraldine Pailhas) et il en fait sa complice (malgré elle). Bien évidemment, il tombe amoureux d'elle. La fin n'est pas forcément attendue grâce à un scénario subtil. Vraiment une bonne surprise.

Duplicity: comme pour The International (l'enquête) [cf. mon billet du 29/03/09], je suis surtout (beaucoup) allée voir le film pour Clive Owen. Et en plus il y a Julia Roberts (très bien). Pour être brève, le film ne casse pas trois pattes à un canard. J'ai trouvé le scénario un peu compliqué. C'est d'ailleurs un scénariste (Tony Gilroy) qui a tourné le film. Ray (Clive Owen) est un ancien du MI5, et Claire (Julia Roberts) ne travaille plus à la CIA. Ils ont trouvé des emplois qui payent mieux avec peut-être moins de risques (encore que...). A la fin, ils se retrouvent, tous les deux, les dindons de la farce. Je n'ai pas tout compris de cette histoire où la repousse des cheveux et la calvitie sont au coeur de l'intrigue. A part ça, il y a Clive...

Loin de la terre brûlée de Guillermo Arriaga: pour une fois, j'ai trouvé que la bande-annonce ne rend pas justice au film qui est nettement mieux. J'y suis allée sur les conseils d'une collègue et je ne le regrette pas. Guillermo Arriaga est connu pour être le scénariste de Babel [cf. mon billet du 19/01/07], de 21 grammes et de 3 enterrements. L'histoire se passe dans deux endroits différents (Mexique et une région des Etats-Unis) et sur deux périodes séparées par une dizaine d'années. Une mère (Kim Basinger) et sa fille (que l'on retrouve à deux âges de la vie et qui se sent responsable de la tragédie à laquelle nous assistons) sont les héroïnes d'un film que l'on n'oublie pas. Les trois actrices, Kim Basinger, Charlize Theron et la jeune Jennifer Lawrence, sont formidables.   

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mardi 7 avril 2009

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano

J'ai lu ce roman, La solitude des nombres premiers (éditions du Seuil) sans déplaisir, après avoir remarqué le grand nombre de billets (en général favorables) le concernant sur la blogosphère et en avoir lu la plupart (je ne mets pas de liens!). Du coup, l'ayant croisé d'occasion (déjà!), j'ai sauté sur cette chance. J'ai été un peu déçue par la fin "plate". Cela finit sans finir. Il n'y a pas d'événement précis qui clôt l'histoire. Le roman s'étale sur 24 ans entre 1983 et 2007. L'auteur trace le portrait parallèle de deux êtres "à part". D'abord Alice, âgée d'environ 8 ans, qui se blesse gravement au ski et reste boîteuse. Elle est mal à l'aise avec son corps. Les années passant, elle fait de l'anorexie. Elle a un père très autoritaire et une mère qui meurt d'un cancer. Son anorexie est autant mentale que physique (l'auteur décrit très bien ce phénomène). L'autre héros, Mattia, est plus mystérieux. Enfant "normal", il a eu le malheur d'avoir une soeur jumelle, Michela (son portrait craché), attardée mentale qu'il abandonne un jour sur un banc (ils ont huit ans) parce qu'il est honteux d'avoir une soeur pareille. Jamais on ne la retrouvera. Depuis, Mattia traîne son sentiment de culpabilité. II vit presque en marge des autres en devenant un surdoué en math. Ses parents sont peu disponibles pour lui et et ils n'apportent pas beaucoup d'aide. Que Mattia se punisse, on le comprend; pour Alice, beaucoup moins. Ce premier roman d'un jeune écrivain doué a reçu le prix "Stregha" (l'équivalent du Goncourt en Italie) en 2008. J'ai trouvé que ce livre se lit bien, sans style particulier (est-ce dû à la traduction?). Il n'y a pas de quoi se relever la nuit non plus.

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mercredi 1 avril 2009

Histoire d'un mariage - Andrew Sean Greer

L'histoire d'un mariage d'Andrew Sean Greer (Editions de l'Olivier) se passe principalement en 1953, à San Francisco. La narratrice qui parle/écrit pendant tout le roman s'appelle Pearlie. Elle est née dans le Kentucky. C'est là qu'elle a vu pour la première fois celui qui deviendra son mari: Holland Cook, beau jeune homme ténébreux à la peau foncée et aux yeux couleur miel. En 1953, ils sont mariés depuis 4 ans et ont un petit garçon de 3 ans atteint de polyomélithe. Le roman se compose de quatre parties. La première est en tout point remarquable, les trois parties suivantes ne sont peut-être pas à la hauteur, mais, quelques péripéties aidant, ce roman se lit avec intérêt et plaisir. Pearlie évoque le McCarthysme, l'affaire des Rosenberg et la Guerre de Corée. Sans parler d'un détail d'importance mais que je ne peux pas dévoiler (lire la dernière phrase de la première partie). Pearlie nous fait connaître Buzz (Charles) Drumer (personnage essentiel de l'histoire). Son mari Holland reste très en arrière-plan, Pearlie le ménage sans raison précise (apparemment). Il y a aussi Lyle le chien de la famille qui n'aboit pas. Tout le roman se déroule dans un coin appelé Sunset à San Francisco, habité par des blancs. Pearlie est très nostalgique quand elle évoque cette période où elle a été heureuse malgré ce qu'elle est et ce qu'elle vit. C'est un roman sur les non-dits, la délation (et ses conséquences), l'homosexualité interraciale dans l'Amérique puritaine de ces années-là. Je ne connaissais pas cet auteur mais il vaut la peine d'être découvert. Il a un style fluide très agréable. Voir les avis d'Amanda, de Cuné et de Clarabel.

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