mercredi 1 avril 2009

Histoire d'un mariage - Andrew Sean Greer

L'histoire d'un mariage d'Andrew Sean Greer (Editions de l'Olivier) se passe principalement en 1953, à San Francisco. La narratrice qui parle/écrit pendant tout le roman s'appelle Pearlie. Elle est née dans le Kentucky. C'est là qu'elle a vu pour la première fois celui qui deviendra son mari: Holland Cook, beau jeune homme ténébreux à la peau foncée et aux yeux couleur miel. En 1953, ils sont mariés depuis 4 ans et ont un petit garçon de 3 ans atteint de polyomélithe. Le roman se compose de quatre parties. La première est en tout point remarquable, les trois parties suivantes ne sont peut-être pas à la hauteur, mais, quelques péripéties aidant, ce roman se lit avec intérêt et plaisir. Pearlie évoque le McCarthysme, l'affaire des Rosenberg et la Guerre de Corée. Sans parler d'un détail d'importance mais que je ne peux pas dévoiler (lire la dernière phrase de la première partie). Pearlie nous fait connaître Buzz (Charles) Drumer (personnage essentiel de l'histoire). Son mari Holland reste très en arrière-plan, Pearlie le ménage sans raison précise (apparemment). Il y a aussi Lyle le chien de la famille qui n'aboit pas. Tout le roman se déroule dans un coin appelé Sunset à San Francisco, habité par des blancs. Pearlie est très nostalgique quand elle évoque cette période où elle a été heureuse malgré ce qu'elle est et ce qu'elle vit. C'est un roman sur les non-dits, la délation (et ses conséquences), l'homosexualité interraciale dans l'Amérique puritaine de ces années-là. Je ne connaissais pas cet auteur mais il vaut la peine d'être découvert. Il a un style fluide très agréable. Voir les avis d'Amanda, de Cuné et de Clarabel.

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mardi 13 janvier 2009

Duel en enfer - Bob Garcia

Premier livre lu parce que je suis identifiée en tant que blogueuse. Après les attachées de presse qui m'invitent à des avant-premières de films, les attachées de presse qui me proposent l'envoi de livres! Evidemment, la règle du jeu est d'en faire un billet. Je précise que je me considère comme tout à fait libre de dire ce que je pense réellement du livre, après l'avoir lu (lecture à laquelle je ne me serai sans doute pas astreinte autrement). Et si cela doit risquer d'entraîner l'arrêt de ce genre de proposition, tant pis... En ce qui concerne ce livre, Duel en enfer, il est paru aux Editions du Rocher. La bande rouge sur la couverture annonce: "Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur". Bien que ce roman se lise vite parce que le sujet est passionnant, il faut noter que l'ensemble manque de distinction dans le style imagé et souvent cru et dans certaines situations où les personnages se trouvent confrontés au sordide et au graveleux. On est loin du côté implicite et "bien élevé" des romans de Conan Doyle écrits à la fin du 19ème siècle. Tout est explicite. Bob Garcia en rajoute peut-être pour faire "moderne", cela fait "trash" comme on dit aujourd'hui. La limite de ce genre d'exercice, c'est de faire intervenir un personnage de fiction dans un fait divers réel. On n'est pas loin du pastiche. Au début de l'histoire, Holmes est mort depuis un moment et Watson a créé une fondation. Il se laisse convaincre, moyennant finance, de confier une partie de son journal inédit dans lequel est narrée l'enquête qu'ils (Holmes et Watson) ont menée d'août à novembre 1888 pour trouver qui était Jack l'Eventreur. Ce "journal" fait la part belle à la libido et aux cauchemars du pauvre docteur. Toujours est-il que quand je suis arrivée à la fin du roman qui nous délivre une thèse sur l'éventreur moyennement satisfaisante (en ce qui me concerne), je me suis dit que j'allais me replonger dans les aventures de Sherlock Holmes, ce dernier ayant été créé sous la plume de Conan Doyle en 1887 (un an avant l'affaire "Jack l'Eventreur"), mais aussi relire des ouvrages sur les thèses concernant Jack l'éventreur, et également regarder à nouveau les aventures de Sherlock Holmes filmées pour la télé avec l'acteur Jeremy Brett (dans le rôle du détective), à qui Bob Garcia dédie son ouvrage. J'ai en tout cas découvert après une petite recherche suite à la lecture de ce roman qu'il y avait eu un film (que je n'ai pas vu), Sherlock Holmes contre Jack l'Eventreur, de James Hill (1965); et qu'allait sortir au mois de mars 2009 avec ce même titre un jeu vidéo (je n'y joue pas).

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mardi 9 décembre 2008

The Duchess - Saul Gibb

The Duchess m'a été notamment recommandé par une collègue, je suis donc allée me plonger dans le 18ème siècle anglais et j'ai vu avec un grand plaisir ce film de Saul Gibb (un réalisateur que je ne connais pas), qui narre l'histoire d'une ancêtre lointaine de Lady Diana (comme quoi...). L'histoire, qui commence vers 1780, montre que la condition des femmes, fûssent-elles duchesses, n'était pas facile, puisque ces femmes étaient souvent réduites à n'être que des ventres pour faire naître des mâles. William Cavendish, duc de Devonshire (Ralph Fiennes), qui a déjà une petite fille illégitime, épouse Georgina Spencer pour qu'elle lui donne au moins un fils, et il n'est pas question d'amour dans cette relation. Mais après tout, est-ce que cela a beaucoup changé de nos jours (dans certains pays tout au moins?). Bref (fin de cet aparté), le duc devient furieux quand Giorgina ne lui donne tout d'abord que deux filles. Un fils naîtra par la suite (mais je ne vous dirai pas dans quelles circonstances le bébé a été conçu). Ce duc, qui est un être froid et n'éprouve qu'indifférence pour sa femme, tombe amoureux de Bess Foster, une femme chassée par son mari qui la battait. Un ménage à trois se forme. De son côté, la duchesse retrouve un amour de jeunesse, Charles Grey (futur Premier Ministre). Elle vit une folle passion clandestine mais tout s'arrête brutalement (elle devra même abandonner un bébé né de cette liaison). Après Orgueil et préjugés, Keira Knightley se retrouve dans un film d'époque qui lui convient bien. Les costumes et les décors sont superbes, c'est du bel ouvrage. Pour ceux qui aiment le genre, je recommande aux lecteurs de mon blog ce film qu'ils peuvent aller voir sans hésiter.

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vendredi 5 décembre 2008

Caos calmo - Antonio Grimaldi

J'ai vu ce film en avant-première (Ffred y était aussi - nous l'ignorions l'un et l'autre). La sortie en France est prévue le 10 décembre. Une fois de plus, je me demande pourquoi avoir gardé le titre original Caos calmo puisque le roman de S. Veronesi dont est tiré le film (et que je n'ai pas lu) a pour titre Chaos calme (Editions Grasset), prix fémina 2008 et prix Stregha (Sorcière), en Italie, équivalent à notre prix Goncourt. Donc, le soir de l'unique avant-première en France (dixit le présentateur), Nanni Moretti (qui ne se déplace que rarement pour présenter un film) était là en personne et portait le costume qu'il a dans le film: pantalon et pull noir. Il était accompagné du réalisateur Antonio Grimaldi, du producteur, d'une actrice italienne et de Denys Podalydes (un des trois acteurs français qui jouent dans le film des petits rôles, coproduction oblige). Nanni Moretti a dit qu'il avait beaucoup aimé le roman. Il est l'un des adaptateurs pour le scénario mais il n'a jamais envisagé de le réaliser, interpréter le rôle principal lui a suffi. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, Pietro (Nanni Moretti) sauve une femme de la noyade (le mari de cette dernière en revanche ne s'était pas précipité dans l'eau pour secourir sa femme). Pendant ce temps, la femme de Pietro, tombée d'un arbre de son jardin, vient de mourir. Pietro, malgré son veuvage, ne semble pas trop bouleversé. C'est comme cela que je comprends "chaos calme". Il n'est pas atteint, et sa fille âgée d'environ 10 ans prend modèle sur son père. Ils ne font pas leur deuil. Le chaos calme peut être aussi perçu dans le changement de vie de Pietro. Il semble avoir un poste important dans une entreprise (sur le point de fusionner) et peut-être avoir une promotion, mais il décide d'accompagner sa fille à l'école tous les jours et de l'attendre sur une grande place en face de l'établissement jusqu'à la fin de la classe. Une grande partie du film se passe sur cette place où Pietro devient un habitué (il y fait ses réunions avec sa secrétaire), et il croise régulièrement les mêmes personnes, même la femme qu'il a sauvé de la noyade. Cette oeuvre ne révolutionnera pas le cinéma. Tout cela reste un peu anecdotique, je n'ai pas été touchée. En revanche, il y a une scène de sexe qui arrive comme un cheveu sur la soupe (comme dit ffred), sans autre raison que le fait qu'après, la vie de Pietro reprend (peut-être) un cours normal. Nanni Moretti est très très bien. Les autres personnages sont moins intéressants, et je ne conseille pas franchement la musique.

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samedi 29 novembre 2008

Two Lovers - James Gray

En ce qui concerne Two lovers de James Gray, après avoir lu et entendu de nombreuses critiques et parcouru des blogs, je pense être (pratiquement) la seule à ne pas avoir trouvé ce film génial. Je l'ai trouvé long et lent. Je ne dirai rien de la première séquence pour la bonne raison que je m'attendais à ce que le film se termine comme la scène d'ouverture. L'histoire se passe dans la communauté juive (russe?) à Staten Island, pendant l'hiver. Un homme, Leonard (Joachim Phoenix) qui vit encore chez ses parents, tombe amoureux de deux femmes en même temps, une blonde, Michelle (Gwyneth Paltrow) et une brune Sandra (Vinessa Shaw). Il a le coup de foudre pour Michelle qui est une voisine de palier. Sandra est la fille d'amis des parents de Leonard. On nous parle de passion, je ne l'ai pas ressentie. Gwyneth Paltrow est terne et un peu froide (comme la saison où se déroule l'histoire, en décembre-janvier). Je n'arrive pas à comprendre le coup de foudre de Léonard (Joachim Phoenix) mais tous les goûts sont dans la nature. Joachim Phoenix (trop mûr pour ce rôle) a d'ailleurs l'air de s'ennuyer pendant toute l'histoire, il traîne son "spleen". Pendant tout le film, je me disais "cela ne peut que mal finir", cela aurait été logique à mes yeux. Mais non, la raison l'emporte sur la passion et voilà tout.

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mardi 5 août 2008

Serge Gainsbourg aurait eu 80 ans...

... cette année (il était né le 2 avril 1928 pour être précise). Cela ne nous rajeunit pas. Avant que j'oublie et que l'année s'achève, je voudrais rendre hommage à l'homme à la tête de chou, Gainsbarre. Je l'avais vu en concert au Casino de Paris peu d'années avant sa disparition le 2 mars 1991. C'était l'époque de la Guerre du Golfe et moi je travaillais dans une maison d'édition qui a maintenant disparu. Ce n'était pas mon chanteur préféré mais je reconnais qu'il était un très bon musicien. Provocateur: il a brûlé un billet de 500 francs (à l'époque) devant une caméra de télévision, mais à côté de cela, il s'était montré ému quand sa fille Charlotte a reçu un César pour l'Effrontée. Gainsbourg s'était créé un personnage public qui devait cacher un homme timide et pudique. Pour en revenir au concert auquel j'avais assisté, son petit Lulu était venu sur la scène: touchant. Gainsbourg avait chanté ses classiques comme La Javanaise que le public connaissait par coeur. Cinéaste un peu sulfureux: Je t'aime moi non plus (1976) ou Equateur (1983), il a même été acteur chez Claude Berri dans Je vous aime (1980) ou dans quelques puplums des années 60. Ses chansons ont été reprises depuis par de nombreux musiciens et chanteurs. 17 ans après sa mort, Gainsbourg est toujours bien vivant.

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lundi 21 juillet 2008

Films deux par deux (2)

Comme annoncé dans mon billet du 05/07/2008, je regroupe certains des films que je vois à la queue leu leu en ce moment dans mes billets estivaux.

A la différence de quelques blogueurs, je n'ai pas vu Ciao Stefano de Giani Zanasi par hasard mais parce que la bande-annonce m'avait paru prometteuse. Et je ne le regrette pas car ce film italien est une comédie sympathique avec des acteurs inconnus. Stefano, chanteur d'un groupe musical, découvre que sa copine a trouvé quelqu'un d'autre pour le remplacer. Dépité, il décide de partir voir sa famille: son père retraité joue au golf, sa mère a trouvé un gourou dans une secte dont elle suit les préceptes, sa soeur préfère se consacrer aux dauphins plutôt qu'à ses études qu'elle a laissées tomber. Enfin son frère, marié (mais avec des problèmes de couple) et père de 2 enfants, a repris l'usine familiale qui fabrique des bocaux de cerises en conserve. Malheureusement, la société en proie à une grosse financière n'a pas payé ses employés depuis plusieurs mois. La révolte gronde. Mais grâce à un ami du père qui va investir dans la société, celle-ci est peut-être sauvée (pour l'instant). Entretemps, le frère est tombé amoureux d'une call-girl (Caterina Murino). Portrait d'une Italie éloignée des clichés habituels et qui se laisse regarder.

On retrouve Caterina Murino (on ne voit plus qu'elle dans le même genre de rôle, attention, on va se lasser) dans Made in Italia de Stéphane Giusti dans lequel Gilbert Melki joue le double rôle du père et du fils. Cela commence comme une comédie musicale avec une chanson de variété italienne très entraînante. Le film est d'ailleurs ponctué de chansons pas désagréables à écouter. Luca Morandi (Gilbert Melki), écrivain né en Italie mais vivant en France, apprend que son père (qu'il n'a pas vu depuis des années) vient de décéder. A cette occasion, il retourne en Italie et rencontre beaucoup de femmes (jeunes et moins jeunes) qui ont été liées à son père. C'est l'occasion pour Luca et sa soeur de voir que l'Italie d'aujourd'hui a beaucoup changé et pas en bien avec la télé "berlusconienne" qui atteint des sommets de crétinerie. Made in Italia n'est pas un chef d'oeuvre, certes, mais se laisse regarder un soir d'été. Je ne me suis pas ennuyée.

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samedi 19 juillet 2008

Gomorra - Matteo Garrone

Je viens de voir ce film en avant-première (sa sortie en France est prévue le 13 août prochain) devant une salle comble (à Paris) en présence de plusieurs membres de l'équipe technique et artistique (le producteur, deux des scénaristes, le réalisateur, et trois acteurs dont deux enfants). En préambule, je dirais que le réalisateur n'a pas prononcé un mot et que tous les autres n'ont fait que le remercier en souhaitant refaire un film avec lui. Le scénario est inspiré de l'essai de Roberto Saviano qui vient de paraître aux Editions Gallimard, Gomorra, Dans l'empire de la Camorra que j'ai lu et dont je ferai un billet prochainement [chroniqué le 13/08/2008]. La Camorra est la mafia napolitaine. Avec un parti-pris lorgnant vers le quasi-documentaire, le réalisateur et les scénaristes se sont attachés à quelques personnages évoqués dans le livre et les mettent en situation pour brosser un portrait réaliste. Des petites gens ou des caïds pas très jeunes et bedonnants survivent grâce aux services rendus à la Camorra. A priori, tout se passe dans un quartier de Naples entièrement bétonné et d'un sinistre épouvantable. Gomorra montre beaucoup de choses mais ne dit, ni n'explique, rien. Pas une fois n'est prononcé le mot Camorra (sauf à la fin quand des intertitres apparaissent sur l'écran juste avant le générique). Le film commence dans un bain de sang, des gangs rivaux se font la guerre, et se termine avec deux jeunes qui, ayant voulu faire les malins, sont chargés dans un camion-benne comme de vulgaires déchets après avoir été abattus dans un traquenard. Entre les deux, ce sont des tranches de vies misérables et dangereuses où même les femmes sont exécutées quand elles deviennent une menace. Les jeunes sont enrôlés très tôt pour servir d'intermédiaires. Ils subissent une épreuve d'initiation qui consiste à mettre un gilet pare-balles pour ensuite recevoir une balle qui provoque un hématome sur la poitrine. Ils peuvent aussi, à l'occasion, conduire des camions pleins de déchets toxiques (une des branches florissantes de l'économie "camorraise"). On suit aussi un homme, tailleur et couturier, qui fait de la contrefaçon de vêtements de marque. Il donnera même des cours clandestins à des Chinois à ses risques et périls. A part un ou deux, tous les acteurs sont des non-professionnels, ce qui donne d'autant plus de force au propos. Pour en revenir à l'avant-première, on aurait pu s'attendre à un débat plus qu'à une présentation minimaliste.

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jeudi 5 juin 2008

Dans la main du Diable - Anne-Marie Garat

Grâce à Rosa (je la remercie) qui m'a fait parvenir Dans la main du Diable d'Anne-Marie Garat, je viens de passer quelques jours, dont le dernier week-end, immergée dans ce gros pavé de 1287 pages édité aux éditions de poche Babel / Actes Sud. A Paris, Gabrielle Demachy et sa tante Agota Kertész (d'origine hongroise toute les deux) viennent d'apprendre par le Ministère de la Guerre, en ce mois de septembre 1913, qu'Endre Luckàcz, cousin de l'une et fils de l'autre, est décédé en Birmanie. Une malle avec les affaires du jeune homme va leur être restituée. Chimiste de formation, Endre était parti en 1908 et n'avait jamais donné de nouvelles depuis. Comme Gabrielle veut en savoir plus sur la mort de ce cousin qu'elle aimait, et grâce à une information donnée par un certain Michel Terrier qui travaille au ministère, elle va devenir la gouvernante d'une petite Camille (Millie) de Galay, dont le père Pierre, spécialiste en maladies infectieuses, est celui qui a assisté à la mort d'Endre, et a pu récupérer un cahier d'une vingtaine de pages rédigées par Endre en hongrois, porteur d'un terrible secret. Gabrielle est une jeune femme déterminée d'une vingtaine d'années, jolie, intelligente et qui a appris à jouer du piano grâce à une amie polonaise, Dora Gombrowicz. Cette dernière est un personnage important du roman qui se déroule jusqu'en août 1914, au moment de la mobilisation générale. En effet, Dora se trouve avoir en sa possession deux ampoules dont le contenu peut anéantir une partie de la population parisienne. Quand Gabrielle commence son service, la famille de Galay nous est présentée: Mathilde née Bertin, la mère, dirige d'une main de fer à Paris la fabrique de biscuits Bertin-Galay, héritée de son père. Elle sait même s'adapter (grâce à un adjoint efficace) aux revendications de ses employées qui décide la grève. Le mari de Mathilde, Henri, est pratiquement toujours parti de par le monde en quête d'objets exotiques. Mathilde a quatre enfants dont elle ne s'est pas beaucoup occupée: Pierre (que j'ai déjà mentionné); Daniel, réalisateur de films muets qui partira aux Etats-Unis; Blanche, femme au foyer et mère possessive d'un garçon nommé Didier; et enfin Sophie, la petite dernière, enfant non désirée, et déjà mère, elle-même, de 3 enfants (elle en attend un 4ème) et dont le mari, Charles, notaire de son état, la trompe outrageusement tout en profitant de sa dot. Elle saura se venger à sa manière. Cette grande famille bourgeoise a une nombreuse domesticité dans la demeure du Mesnil à 20 km à l'ouest de Paris. De plus, Mathilde possède un grand appartement à la Chaussée d'Antin. Au fil de ce long roman qui prend son temps mais où je ne me suis pas ennuyée une seconde (il y a suffisamment de rebondissements pour que j'ai eu envie de continuer), Gabrielle croise le chemin d'un anarchiste Marcus, de Clarisse Zepwiller et de son frère Jean (compagnon de route d'Endre), d'un commissaire à la belle moustache, dénommé Louvain. On n'entend pas trop les rumeurs de la guerre prochaine, mais on a une évocation fouillée de cette période d'insouciance avant cette terrible guerre, dont l'Affaire Caillaux, les recherches à l'Institut Pasteur, la valse des ministères, Jaurès. On suit au jour le jour la vie de ces quelques personnes dont j'ai presque pensé qu'elles avaient véritablement existé. A part une incursion à Venise où Gabrielle va mettre sa vie en danger, tout le roman se passe à Paris et dans sa banlieue. Un journaliste nommé Max Jamais, du journal "Le Temps", portera à la connaissance du grand public le secret d'Endre. Le style de Garat est uni et fluide. C'est un très bon roman bien structuré. Elle ne perd jamais le fil, il n'y a pas de digression. Il ne faut surtout pas se décourager devant autant de pages écrites serrées. Cela en vaut vraiment la peine. Une suite qui se passe 20 ans après vient de paraître avec Camille (Millie) Galay comme personnage principal. Je le lirai certainement mais il faut que je me remette de celui-ci.

PS: pour celle ou celui qui serait intéressé(e) que je lui envoie ce livre (afin qu'elle ou il le lise), comme Rosa l'a fait pour moi, j'en serais ravie. Il suffit de me le faire savoir.

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lundi 7 avril 2008

La Ronde de nuit - Peter Greenaway

Je n'avais pas vu de film de ce réalisateur depuis un certain temps. J'ai découvert le cinéma de Greenaway avec Meurtre dans un jardin anglais (voir mon billet du 15/10/07). Je m'attendais à un film de ce type, sorte de jeu intellectuel intriguant. Après avoir vu La Ronde de nuit, ma déception est à la hauteur de mon attente. La ronde de nuit, le tableau, n'est qu'un prétexte pour s'attacher à la vie sentimentale agitée (semble-t-il) de Rembrandt, fils de meunier et mort ruiné d'avoir peint ce tableau. Le film est filmé comme une pièce de théâtre sur un grand plateau. On voit successivement sa femme Saskia (qui meurt d'une infection à la suite de ses couches), sa maîtresse puis celle qui sera la compagne des derniers jours de Rembrandt que l'on ne voit jamais peindre. Le film est très bavard et l'ensemble est filmé dans un clair-obscur proche des tableaux du Maître. Cette Ronde de nuit est une commande passée par des notables qui sont représentés d'une certaine façon, un est plus petit que l'autre, des personnages dissimulés derrière d'autres, etc. Rembrandt a voulu dénoncer un complot pour l'assassinat d'un personnage du tableau. Le peintre n'a récolté que disgrâce et ruine. L'énigme policière représentée dans le tableau est noyée dans un film esthétiquement très beau mais beaucoup trop long et ennuyeux et qui ne m'a pas passionnée. Même la musique n'est pas celle de Michael Nyman qui était le compositeur de prédilection de Peter Greenaway.

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