samedi 27 juin 2009

Du Riffifi chez les hommes - Jules Dassin

Avant de continuer de chroniquer les films sortis en salle, cette année, je veux évoquer le film Du Riffifi chez les hommes, qui vient de sortir en DVD dans une belle édition. Réalisé par le réalisateur américain Jules Dassin (1955), qui a aussi participé au scénario avec Auguste Le Breton (auteur du roman), je ne l'avais jamais vu: cette grave lacune est réparée. Jean Servais interprète un truand, Tony le Stéphanois, qui vient de sortir de taule. Après avoir réglé un petit compte avec son ancienne maîtresse, il renoue avec deux comparses: Joe le Suédois (marié et père d'un petit garçon) et Mario. Ensemble, ils décident de cambrioler une bijouterie et pour ce faire, ils recrutent un perceur de coffre-fort de grand talent, César le Milanais, Don Juan à ses heures - ce qui le perdra (c'est Jules Dassin lui-même qui joue le rôle). Mais d'autres truands sont à l'affût (dont Robert Hossein, tout jeunot), qui vont tout faire pour récupérer les bijoux volés, même kidnapper le garçonnet du Suédois. On retient de ce film, entre autre, toute la partie cambriolage, qui dure presque vingt minutes sans qu'une parole ne soit échangée, où l'on voit comment un parapluie peut jouer un rôle important. Mon ami m'a dit que cette séquence lui avait fait penser à des scènes du Trou de Jacques Becker (1960). On entrevoit aussi un Paris disparu avec les gendarmes à bicyclettes, les anciennes stations de métro, une atmosphère générale. Jules Dassin venait de fuir les Etats-Unis, il fut une des victime du McCarthysme. Il a une manière bien à lui de filmer ce film noir à l'américaine. La mise en scène est nerveuse sans temps mort. La musique de Georges Auric complète l'ensemble. Les comédiens plus très connus du grand public de nos jours sont tous très bien. Je vous recommande de louer ou d'acheter Du Riffifi chez les hommes qui n'est pas qu'un film de gangster.

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lundi 19 janvier 2009

Les Implacables - Raoul Walsh

Vu dans le cadre d'un cycle western à l'Action Christine, The Tall Men (en VO) est un film de 1955 que je ne connaissais pas. Petite anecdote en passant, Clark Gable, qui partage l'affiche avec Robert Ryan et Jane Russell, ne me semblait pas grand. Il m'a paru même être très petit. Je ne sais pas si la position de la caméra en est la cause, mais ce détail m'a frappée. Je reprends. Peu après la fin de la guerre de Sécession, dans le Montana, deux frères texans, un peu voleurs, Ben (Clark Gable) et Clint (Cameron Mitchell), acceptent la proposition d'un homme (Robert Ryan), à qui ils ont dérobé beaucoup de pièces d'or, de l'aider à convoyer un très important troupeau de bétail (avec chevaux et chariots) du Texas vers le Montana. La première partie du film voit les trois hommes chevaucher vers le Texas. Sur leur route, ils croisent le chemin de Nella (Jane Russell) en la sauvant d'une attaque des Indiens. Elle rêve d'une vie tranquille dans le sud. Ben et Nella tombent amoureux l'un de l'autre mais n'osent se l'avouer. Nella décide d'accompagner les trois cavaliers. Durant la seconde partie du film, nous assistons au convoyage proprement dit. Des Mexicains qui sont tout dévoués à Ben sont aussi du voyage. Le film fait la part belle aux paysages grandioses, à la vie rude des hommes. Un film distrayant et agréable à voir. Je remarque une fois de plus que le public qui vient aux projections paraît être constitué de connaisseurs. Il y a des femmes (comme moi), la moyenne d'âge est la quarantaine. C'est bien, les westerns sur grand écran!

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samedi 3 janvier 2009

Trois courts-métrages d'Harold Lloyd

Si vous passez par Paris, que vous soyez petits ou grands, allez voir trois courts-métrages d'Harold Lloyd qui sont projetés dans une belle salle Art et Essais, le "Grand Action" dans le 5ème arrondissement. Les 3 films, Get out and Get under (1920), The Eastern Westerner (1920) et Never Weaken (1921) narrent des aventures délirantes bourrées de gags visuels dans lesquelles the Boy (le garçon) (Harold Lloyd) est le héros récurrent. Il y a aussi the Girl (la fille) (Mildred Davis). Chaque aventure dure environ une vingtaine de minutes. Dans Get out and Get under, the Boy, acteur amateur, doit rejoindre un théâtre le plus vite possible (car il est en retard). Il doit jouer le rôle principal. Pour ce faire, il prend une voiture (genre torpédo d'époque) légèrement récalcitrante. Dans the Eastern Westerner, il est envoyé dans l'ouest du far west: the Boy est en costume de ville. Il sauve une jeune fille des griffes d'un homme, croise des "méchants" portant cagoules genre KKK, mais triomphe de toutes les embûches qu'on lui tend. Dans Never Weaken, à New-York ou une autre grande ville qui lui ressemble, the Boy veut se suicider croyant que sa belle est prête à convoler avec un autre. Il occupe un bureau dans un étage élevé d'un building, et on assiste pendant tout le film à ses tentatives ratées qui l'entraînent à des acrobaties vertigineuses. Je ne connaissais pas du tout, et cela a vraiment été une belle découverte. La salle était réceptive à ce qu'elle voyait à l'écran, les adultes comme les enfants. Harold Lloyd a un physique de "jeune premier" avec des lunettes, est plutôt bien habillé, et durant toutes ses (més)aventures, il ne perd rien de son assurance. Il n'est jamais une victime, il ne se laisse pas "démonter" comme on dit. Il se tire avec brio de toutes les situations. Harold Lloyd a créé un personnage très différent de Chaplin, de Buster Keaton ou de Laurel et Hardy.

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vendredi 27 juin 2008

La femme aux cigarettes - Jean Neguslesco

J'ai vu récemment La Femme aux cigarettes (Road House) (1948) de Jean Negulesco dans le cadre d'un hommage à Richard Widmark (récemment disparu, voir mon billet du 03/04/08). Très beau film noir en noir et blanc avec dans les rôles principaux Ida Lupino et sa belle voix rauque, Cornel Wilde, Celeste Holm et Richard Widmark. Jefty (Richard Widmark) est propriétaire d'un bar relais avec bowling et cabaret dans la région de Chicago, pas très loin de la frontière canadienne. Après quelques jours d'absence, il revient en compagnie de Lily Stevens (Ida Lupino) qui est chanteuse occasionnelle. Il est tombé amoureux de cette femme, qui en préfèrera un autre en la personne de Peter Morgan (Cornel Wilde), gérant du bar et ami de Jefty. D'ailleurs, on peut dire de façon triviale qu'elle le drague au cours d'un pique-nique. Avant de succomber aux avances de Lily, Peter essaie de la convaincre de repartir d'où elle est venue car Jefty est coutumier du fait de ramener avec lui des jeunes femmes dont il tombe (éventuellement) amoureux et cela risque de mal finir. Mais ça y est, Lily et Peter décident de s'enfuir tous les deux lors d'une absence de Jefty. Celui-ci voulait justement faire sa demande en mariage à Lily. Fou de rage et réagissant comme un enfant gâté, Jefty fait croire que Peter lui a dérobé 2000 US dollars et le fait arrêter par la police. Avec Lily, Peter se retrouve dépendant de Jefty, qui se porte garant de lui pour lui éviter la prison mais surtout pour le contrôler et l'humilier. Bien entendu, Lily et Peter ne peuvent supporter longtemps cette situation et avec l'aide de Susie Smith (Celeste Holm), la comptable du bar, ils décident de partir au Canada. Jefty les poursuit et cela finira mal pour l'un d'entre eux. Je voudrais faire une remarque sur Ida Lupino et son rôle dans le film. C'est la deuxième fois que je la voyais en tant qu'actrice. J'ai aussi entendu parler d'elle comme réalisatrice, elle a été une des pionnières à Hollywood. Pour en revenir au rôle, cela m'a fait une étrange impression.  On sent que l'actrice est une femme forte qui serait capable de se défendre toute seule alors que dans le film, elle subit son sort pratiquement sans réagir. C'est le rôle qui le veut mais j'aurais aimé que ce soit elle qui affronte Jefty. Cornel Wilde (Peter Morgan) paraît terne à côté d'elle. Et puis, moi qui suis très sensible aux intonations de voix, Ida Lupino en avait une, grave et très sensuelle. Quant à Richard Widmark, il joue le genre de personnage anthipathique et dérangé qui l'a rendu célèbre dans Carrefour de la mort d'Henry Hathaway (1947).

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dimanche 1 juin 2008

L'or du Hollandais - Delmer Daves

Ce film dont le titre original est "The badlanders" (1958) vient de ressortir à Paris dans une salle. Pour ma part, je ne le connaissais pas. Mais après vérification, j'ai constaté qu'eeguab l'avait chroniqué dans un billet. L'histoire commence au pénitentier de Yuma en Arizona en 1898. Grâce à un concours de circonstances, Mc Bain (Ernest Borgnine) qui avait commis un meurtre et Peter Van Hoeck, "le Hollandais" (Alan Ladd) sont libérés le même jour. Van Hoeck propose à Mc Bain de l'accompagner dans une ville (Prescott) que tous les deux connaissent, l'un parce qu'il y a été spolié de ses terres, l'autre parce qu'une mine d'or l'attend. Ce film est a posteriori un "remake" d'Asphalt Jungle (Quand la ville dort) de John Huston (tourné en 1951, avec Marilyn Monroe qui débutait, Sam Jaffé et Sterling Hayden). Adapté d'un roman de William Burnett, et malgré les réserves d'eeguab, je trouve l'Or du Hollandais, bien que film mineur, très sympathique. Les deux héros (l'un géologue et l'autre fermier) vont escroquer des plus malhonnêtes qu'eux. Et ils y arrivent. Cela finit très bien pour eux. Je suis d'autant plus indulgente pour ce film distrayant sans temps mort que je venais de voir pendant 3h30, deux des trois parties (j'ai "zappé" la troisième) de l'Orestie d'Eschyle au théâtre de l'Odéon, mise en scène par Olivier Py, avec Agamemnon qui arrive en DS et des acteurs qui crient (plutôt que disent) leur texte. L'or du Hollandais a été ma bouffée d'oxygène et cela m'a bien reposée.

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mercredi 7 mai 2008

Monkey Business - Norman Mc Leod

J'ai vu Monkey Business (Monnaie de singe, 1931), mon premier film avec les Marx Brothers, avec mon ami, parce qu'il fallait que nous utilisions des places de cinéma du réseau Action avant leur date de péremption. Franchement, je trouve que ce film a mal vieilli. Et puis, il faut vraiment être anglophone pour pouvoir savourer les jeux de mots: les dialogues vont à toute allure, bien trop vite pour que les sous-titres traduisent tout. L'histoire se résume à une suite de saynètes: 4 passagers clandestins sur un bateau de croisière (Groucho, Harpo, Chico et Zeppo Marx) vont y semer le trouble. Le film se finit en queue de poisson plutôt abruptement dans une grange avec une vache (je n'exagère pas). Les deux seuls moments de grâce sont les deux prestations musicales d'Harpo et Chico (à la harpe et au piano): quel talent! A part ça, je dirais qu'aujourd'hui, c'est plutôt un film pour cinéphiles qui veulent compléter leur connaissance du cinéma qu'autre chose.
Petite anecdocte: il n'y avait pas beaucoup de monde dans la salle - dernière nous, une petite famille dont j'ai l'impression qu'au moins l'un des jeunes enfants s'est endormi pendant le film, et presque personne n'a ri.

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mardi 19 février 2008

Assurance sur la mort - Billy Wilder

Barbara Stanwick et Fred Mc Murray sont les héros de ce film (récemment chroniqué par Jade). Assurance sur la mort (Double indemnity) de Billy Wilder (1944) est tiré d'un roman de James M. Cain qui est aussi l'auteur du Facteur sonne toujours deux fois. Dès que le film commence, on sait déjà comment il finit. Walter Neff (Fred Mc Murray), agent d'assurances depuis au moins 11 ans, raconte sa mésaventure sur un magnétophone à l'intention de son collègue Barton Keyes (Edward G. Robinson). Neff a tué un homme pour s'assurer et une femme et de l'argent (100 000 dollars). Au bout du compte, il ne récupère ni l'une, ni l'autre (là, nous en sommes dans les 6 premières minutes du film). L'histoire est un long flash-back. Neff, à l'occasion d'un démarcharge à domicile pour renouveler une assurance, tombe instantanément amoureux d'une femme, Phyllis Dietrichson (Barbara Stanwick), blonde fatale s'il en est. Elle est mariée à un homme qu'elle n'aime pas (dit-elle). Avec sa complicité, Neff échafaude un plan pour se débarrasser du mari en faisant croire à un accident de chemin de fer. En effet, le mari (pas sympathique, il est vrai) a contracté, "à l'insu de son plein gré", une assurance avec une clause de double indemnité en cas d'accident (de train par exemple). Malheureusement, le crime commis (hors champ), Neff a le pressentiment que tout va aller mal. Et effectivement, il se retrouve le dindon de cette farce tragique où l'on se rend compte que Phyllis est une "garce" et que Neff, lui-même, est un meurtrier de sang-froid. La réalisation de Billy Wilder (auteur aussi du scénario adapté) fait de ce long métrage un des chefs-d'oeuvre du 7ème art. Les réalisateurs d'aujourd'hui devraient s'en inspirer. A la différence du crime commis, la mécanique du scénario est sans défaut, tout va à toute allure sans temps mort. La superbe musique de Milos Rosza complète la qualité de l'ensemble. Merci à Jade de m'avoir fait penser à revoir ce film.

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vendredi 15 février 2008

La flibustière des Antilles - Jacques Tourneur

Anna of the Indies (titre original à Hollywood du film de Jacques Tourneur en 1951) est un film où le pirate... est une femme. Je ne connaissais pas cette oeuvre, mais, grâce au DVD, cette lacune est réparée. Tous les ingrédients du film de pirates y sont: la mer des Caraïbes, les beaux bateaux (pareils à celui de l'ancêtre du Capitaine Haddock), une jolie musique qui accompagne très bien l'histoire, des combats à l'épée et des abordages au canon. Je ferai un aparté sur le mot "flibustier". Selon le "Petit Robert", on a donné le nom de "flibustiers" aux aventuriers de l'une des associations de pirates qui aux 16ème, 17ème et 18ème, écumaient les côtes et dévastaient les possessions espagnoles en Amérique. Pour en revenir à l'histoire, Anne (Jean Peters), "élevée" par le pirate Barbe Noire, est le capitaine Providence du "Sheba Queen" (La Reine de Saba). Elle est la seule femme sur le bateau parmi tous ces hommes qui lui obéissent au doigt et à l'oeil. De plus, ce n'est parce qu'elle est une femme qu'elle a plus de pitié au moment des abordages et du partage des butins. Même les prisonniers qui se sont rendus sont jetés par-dessus bord. Cependant, quand elle trouve dans le dernier bateau attaqué un marin mis aux fers à fond de cale (le beau Louis Jourdan), Anne l'épargne pour cette fois car elle a le coup de foudre. C'est une première pour elle. L'espace d'une scène avec une robe jaune-doré, elle se métamorphose en vraie femme. Mais Anne connaît les affres de la jalousie (le traître faux prisonnier et vrai capitaine LaRochelle est déjà marié) et elle veut se venger... Ce film, sans autre prétention que de distraire et sans temps mort, peut être vu par tous les publics. Comme d'habitude, je ne raconterai pas la fin. En revanche, je conclurai en disant que le personnage d'Anne dans La Flibustière des Antilles a été inspiré par deux femmes-pirates qui ont réellement existé : Anne Bonny et Mary Read.

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samedi 1 décembre 2007

Bijoux de la comédie américaine (3)

Pour finir ma trilogie subjective, "the Last but not least", La Garçonnière (The Apartment) de Billy Wilder (1906-2002), film en noir et blanc de 1960 avec les décors d'Alexandre Trauner, est un chef-d'oeuvre (je ne lésine pas sur le terme). C.C. "Bud" Baxter (Jack Lemmon), employé dans une grande entreprise située dans un building de New-York, est amené à prêter son appartement (sa garçonnière) à des supérieurs hiérarchiques qui lui promettent monts et merveilles, en particulier de l'avancement. Il doit gérer un agenda pour ne pas commettre d'impairs. Et bien évidemment, le pauvre Bud se trouve souvent à la porte dehors, le soir, quand ce n'est pas la nuit, pendant que ses "chefs" prennent du bon temps avec des représentantes du sexe féminin. Et on ne peut pas dire qu'il en soit remercié. Dans cette société, les ascenseurs jouent un certain rôle grâce à une liftière, Fran Kubelik (Shirley Mc Laine). Cette charmante jeune femme va croiser de plus en plus le chemin de Bud. Je ne dévoilerai pas la fin que tout le monde devinera peut-être. Mais avant d'y arriver, on aura pu admirer la superbe mécanique bien huilée du scénario et la mise en scène à la hauteur de Billy Wilder. Un classique à voir et à revoir. On ne s'en lasse pas.
J'ai choisi ces trois films sans raison particulière (mais les ai rangés dans un certain ordre), les trois histoires se passent à New-York, ville que j'adore, et j'aime beaucoup tous les acteurs. Ces films sont sans prétention et ne sont là que pour distraire.

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mercredi 28 novembre 2007

Les bourreaux meurent aussi - Fritz Lang

Ressorti dans une salle à Paris, le 24 octobre dernier, je viens de voir Les bourreaux meurent aussi (Hangmen also die) de Fritz Lang, aussi scénariste du film avec Bertold Brecht. Le film date de 1943 et raconte la traque de l'assassin de Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême-Moravie, dauphin d'Hitler. Dans la réalité, le meurtre fut commis le 27 mai 1942 par la Résistance Tchèque. Filmé en noir et blanc avec des vues de Prague de cette époque, les Allemands parlent allemand et les Tchèques (joués par des acteurs anglo-saxons) parlent anglais. L'histoire commence juste avant que Reinhard Heydrich, surnommé "Le bourreau", ne soit assassiné (même le bourreau meurt). L'acteur qui joue Heydrich est une caricature du vrai, accentuée par des lèvres que l'on devine écarlates comme s'il avait mis du rouge à lèvres. Les autres Allemands, la plupart de la Gestapo, ont vraiment la tête de l'emploi. Suite à l'attentat, des Tchèques sont pris en otages et fusillés les uns après les autres en attendant que le vrai meurtrier soit arrêté. Ce dernier est un chirurgien que l'on voit dès le début du film en train de fuir. Il est recueilli par une famille. Il se fait appeler Vanek mais son vrai nom de famille est Svoboda (Liberté) en langue tchèque. Tout un symbole. Grâce à la population praguoise, un autre Tchèque, qui s'avère être un traître à son peuple, servira de bouc-émissaire et sera exécuté. Tout est bien qui finit (presque) bien pour Fritz Lang. Dans la réalité, le village de Lidice sera rasé de la carte. Toute la population sera exécutée ou déportée. Puis d'autres représailles suivront: plus de 1000 personnes en seront les victimes. Quand Fritz Lang a réalisé le film, la Seconde Guerre Mondiale allait durer encore deux ans.

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