lundi 15 avril 2019

Tel Aviv on Fire - Sameh Zoabi / Le vent de la liberté - Michael Herbig

Je suis allée voir Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi, ayant aperçu la bande-annonce. Il s'agit d'une comédie qui se passe entre Jérusalem et Ramallah, en zone palestinienne. Salam, un Palestinien qui vit à Jérusalem, passe tout les matins par le même "check-point" pour aller travailler comme stagiaire à Ramallah, sur le plateau d'une série à succès, "Tel Aviv on Fire", qu'Israéliens et Palestiniens regardent avec le même intérêt. Un jour, Salam se fait arrêter au "check-point" par Assi, un officier israélien zélé et très fan de la série. Assi commence à vouloir mettre son "grain de sel" et donner des idées pour le scénario de la série qui est écrit au jour le jour. En effet, Salam fait croire qu'il est le scénariste de la série. J'ai trouvé l'idée de départ très sympa, mais que c'est "mou"! Il n'y a aucun rythme. J'ai été déçue et je pense que je n'étais pas la seule. Lire le billet de ffred qui a beaucoup plus aimé le film que moi.

J'ai nettement préféré Le vent de la liberté de Michael Herbig. Le scénario est tiré d'une histoire vraie qui s'est passée en 1979 dans l'ex-Allemagne de l'Est. Une famile de quatre personnes décide de passer à l'Ouest en montgolfière. Avec un couple d'amis, ils ont fabriqué un ballon qui s'envole une nuit et qui malheureusement retombe à proximité de la frontière avec l'Ouest. A partir de là, un suspense s'installe entre la Stasi, la police d'Etat qui retrouve le ballon et veut retrouver les fuyards, et cette famille qui décide de refaire une tentative en emmenant, cette fois-ci, leurs amis. L'ensemble est haletant avec de très bons acteurs. L'atmosphère pesante qui devait régner à cette époque où tout le monde surveillait tout le monde est plutôt bien rendue. Un bon film qui a aussi plu à ffred et Pascale.

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mardi 9 avril 2019

Vilhelm Hammershøi - Musée Jacquemart-André

Etant en congés trois jours, je suis allée voir la très belle exposition d'une quarantaine de toiles de Vilhelm Hammershøi, un peintre danois (1864-1916), au Musée Jacquemart-André, boulevard Haussmann (qui a servi de décor pour des scènes de Fedora, le dernier film de Billy Wilder, en 1978). J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'oeuvre de ce peintre danois* dont je n'avais jamais entendu parler. Il y a 30 ans, ses tableaux avaient été exposés pour la première fois en France au Petit Palais, et puis une autre exposition avait eu lieu au musée d'Orsay en 1997. Pour mettre en perspective l'oeuvre de Vilhelm Hammershøi, il y a des tableaux de son frère Svend, de son beau-frère Peter Ilsted (le frère de sa femme), et d'un ami, Carl Holsøe. Vilhelm Hammershøi a pris comme modèle ses proches, dont sa femme souvent peinte de dos, ou sa mère. Les tableaux sont dans des gammes de gris et blanc avec parfois des couleurs chaudes. Il représente des intérieurs vides ou parfois occupés par une silhouette féminine. Cette exposition qui dure jusqu'au 22 juillet 2019 m'a beaucoup plu. Le musée, dans un très bel hôtel particulier qui se visite, est ouvert tous les jours de 10h à 18h, et fait nocturne le lundi soir jusqu'à 20 heures 30. Et j'ajouterai que l'on peut prendre les tableaux en photo. J'en ai profité.

20190408_135802 Peter Ilsted : Mère et enfant

20190408_135620 La mère de Villhelm Hammershøi

20190408_135526 Ilda Ilsted La future épouse d'Hammershøi. Il a pas mal travaillé d'après une photo car à l'époque c'était mal vu qu'une jeune femme pose pendant des heures pour un peintre, fut-il son futur mari.

20190408_135508 Autoportrait

20190408_134807 Intérieur (Musée d'Orsay)

20190408_134546 Intérieur avec un pot de fleur

20190408_134442 Intérieur

20190408_134308 Intérieur avec rayon de soleil sur le sol

20190408_134124 Intérieur

20190408_134100 Intérieur avec une femme de dos

20190408_133944 Intérieur avec une femme arrangeant des fleurs dans un vase

20190408_133744 Superbe tableau qui se trouve au Musée d'Orsay. On sent le relâchement de la femme assise. Titre : Hvile ou Repos

20190408_133643 Intérieur avec coin de salle à manger

20190408_133609 Intérieur avec une femme debout

20190408_133515 Cour intérieure de la maison où habitait le peintre

20190408_132901 Cathédrale de Copenhague

20190408_132800 Paysage : très sobre

20190408_132731 Paysage

20190408_132648 La mère du peintre Vilhelm Hammershøi

20190408_132531 Etude d'une femme vue de dos

20190408_132323 Carl Holsøe : Femme de l'artiste dressant la table

20190408_132221 Intérieur avec un jeune homme lisant (Svend Hammershøi)

 * et non hollandais comme je l'avais écrit par erreur (merci Keisha).

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jeudi 4 avril 2019

Le hibou - Samuel Bjørk / Art et décès - Sophie Henaff

Pour ceux qui ont lu et aimé Poulets grillés et Rester groupés, vous risquez d'être déçus, comme je le suis, par Art et Décès de Sophie Henaff (309 pages, Albin Michel). On retrouve la brigade de police commandée par le commissaire Anne Capestan, qui a accouché d'une petite Joséphine qui capte toute l'attention de sa maman. J'ai trouvé que l'intrigue ne cassait pas trois pattes à un canard. La capitaine de police Eva Rosière, un membre du groupe, a pu enfin vendre un de ses scénarios et un film est en train d'être tourné. Manque de chance, un jour, le réalisateur est retrouvé mort à l'heure du déjeuner, un poignard entre les omoplates. Bien entendu Capestan et son groupe vont mener l'enquête dans le studio où s'est déroulé le meurtre. Et Eva est la première suspecte pour diverses raisons. Moi qui avais souvent souri en lisant les deux précédents, je n'ai pas retrouvé l'humour des deux précédents. Les membres de la brigade manquent de relief. Et pour ceux qui n'ont pas lu les tomes précédents, on a dû mal à comprendre ce qui fait leur personnalité. Sophie Henaff, ou l'éditeur (?), y a d'ailleurs pensé car à la fin du volume, il y a des extraits choisis des deux volumes précédents sur les "poulets grillés".

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 Je passe à Le Hibou de Samuel Bjørk (Pocket, 470 pages), un excellent thriller norvégien qui m'a captivée de bout en bout (hi!). Une jeune fille est retrouvée assassinée dans un clairière. Son corps est recouvert de plumes d'oiseaux (de hibou). L'enquêteur criminel Holder Munch aidé par Mia Krüger, une jeune femme un peu traumatisée mais très intelligente, vont mener l'enquête ,dont une partie se déroule dans une exploitation horticole où vivent des jeunes en rupture avec leur famille. Les suspects sont nombreux mais le nom du ou la coupable ne nous est révélé qu'à la toute fin. J'ai trouvé que l'intrigue tenait debout et elle tient en haleine. J'ai tellement aimé que je compte lire le roman précédent de l'écrivain, Je voyage seule.                                                               

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mardi 12 mars 2019

Sibel - Guillaume Giovanetti et Çagla Zencirci / Exfiltrés - Emmanuel Hamon

Sibel, c'est le prénom du personnage principal d'un film turc que je recommande. Sibel a des yeux verts magnifiques qui lui mangent le visage. Elle vit comme une sauvageonne, le fusil à l'épaule, prête à tirer sur un loup vivant dans la forêt. J'ignorais que la Turquie avait une telle forêt située à l'est de la Mer Noire. Sibel vit, ainsi que sa petite soeur, dans un village dont son père veuf est le maire. Sibel ne parle pas, mais elle siffle pour s'exprimer. Son père la comprend ainsi que quelques villageois. Il s'agit d'une langue sifflée ancestrale de la région. Un jour, dans la forêt, Sibel tombe non pas sur un loup mais sur un homme jeune, hirsute qui vient de se blesser. Il est une sorte de déserteur qui n'a pas voulu s'enrôler dans l'armée turque. Sibel le soigne et s'attache à lui. Pendant ce temps-là, sa soeur cadette est promise à un garçon, car, en Turquie, les mariages sont encore arrangés, les femmes portent le foulard sur la tête (sauf Sibel) et le poids des traditions est lourd. Sibel n'est pas vue d'un bon oeil par les villageois qui l'épient. J'espère que je vous aurais donné envie de découvrir ce film où Sibel est présente de la première à la dernière image avec une caméra au plus près d'elle.

Je passe à Exfiltrés d'Emmanuel Hamon que j'ai eu envie de voir grâce à la bande-annonce. J'ai trouvé le film dur dans son propos. Faustine, une jeune mère de famille d'origine africaine convertie à l'Islam depuis peu, part en "mission" pour 15 jours avec Noah, son petit garçon métis de 5 ans, en Turquie laissant Sylvain (Swann Arlaud), son mari, infirmier en chirurgie. Assistante sociale, elle veut aider. Elle avait tout prévue. Elle passe clandestinement la frontière turco-syrienne et elle se retrouve à Rakka, fief de Daech. L'histoire est inspirée d'une histoire vraie qui s'est déroulée en 2015. J'avoue que j'ai été un peu étonnée par le comportement de cette femme (l'actrice est un peu terne). Elle n"est pas fanatique mais elle se jette dans la gueule du loup. Très vite, elle se rend compte dans le piège où elle est tombée. Heureusement que des amis vont l'aider: son mari qui veut revoir son fils, le patron de Sylvain qui est chirugien, ainsi que Gabriel, le fils de ce dernier qui travaille dans une ONG en Turquie. Les trois derniers quart d'heure sont assez angoissants car on se demande si Faustine va arriver à s'échapper. Un film qui se laisse voir éventuellement ,mais j'ai trouvé certains moments assez pénibles et parfois "clichés" par rapport à des reportages que l'on a pu voir.

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samedi 19 janvier 2019

Undercover: une histoire vraie - Yann Demange / Ben is back - Peter Hedges

Voici deux films américains vus en ce début d'année dont le point commun est la drogue et la déliquescence de l'Amérique profonde. Undercover: une histoire vraie se passe dans les années 80 à Detroit, ville fantôme à cause du déclin de l'industie automobile. En revanche, le trafic de drogue, la corruption et le racisme font des ravages. Des gangs de narcotrafiquants dont certains composés d'Afro-Américains tiennent le marché de la drogue. Ils achètent des armes à Rick Wershe Sr (Matthew McConaughey, très très bien), un blanc. Celui-ci a un fils, Rick Wershe Jr, qui veut aider son père. Il devient le membre d'un de ces gangs et revend de la drogue. Il est rapidement répéré par des agents du FBI qui font pression sur lui pour qu'il devienne leur informateur. Je ne vous dirai rien de plus sur l'intrigue. Yann Demange, le réalisateur d'origine française qui avait réalisé un très bon film (71), sait filmer les fusillades, les scènes de rues et aussi des scènes plus intimistes. J'ai été contente de revoir Jennifer Jason Leigh qui se fait rare sur nos écrans *. En agente du FBI sans état d'âme, elle est excellente. Et j'ai mis quelques secondes à reconnaître Piper Laurie (The Hustler, L'arnaqueur de Robert Rossen avec Paul Newman [1961]) dans le rôle de la grand-mère. Bruce Dern joue le grand-père.

Ben is back de Peter Hedges vaut pour l'interprétation de Julia Roberts qui est de tous les plans. Dans une petite ville américaine, pendant la période des fêtes de fin d'année, Holly (Julia Roberts) et ses enfants répètent le spectacle du réveillon dans une église. De retour chez eux, Holly a un choc. Ben, son fils aîné est revenu. Il est parti du centre de désintoxication où il était soigné. Depuis 77 jours, il est "clean". Cela n'empêche pas que la famille s'inquiète à juste raison sur son retour anticipé. Et en effet, au fur et à mesure, on apprend beaucoup de choses sur Ben, comment et pourquoi il est devenu drogué, le fait qu'il "dealait" et qu'il a provoqué pas mal de drames dans la ville. Ce n'est pas un film violent. Beaucoup de choses se passent hors champ puisque que le réalisateur s'est concentré sur Julia Roberts en mère courage.

Ces deux films se laissent voir mais ne sont pas indispensables.

* merci Pascale!

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dimanche 13 janvier 2019

Asako 1&2 - Ryûsuke Hamaguchi

J'ai vu Asako 1&2 de Ryusuke Hamaguchi il y a déjà une semaine, un matin de dimanche à 9h20 (!) dans une salle à moitié pleine. Les séances du matin marchent bien dans ce cinéma du centre de Paris. Il s'agit du nouveau film du réalisateur de Senses. Asako est le prénom de la jeune femme dont on va suivre l'histoire sur une période de sept ans. L'histoire se passe entre Osaka et Tokyo. En sortant d'une galerie où sont exposées des photos, Asako croise le regard de Baku, un grand jeune homme échevelé, un peu hippie, qui a un comportement presque erratique. Elle tombe immédiatement sous son charme. Il l'embrasse, et pendant quelques mois, Asako et Baku vivent une histoire d'amour. Puis Baku disparaît une première fois 2 ou 3 jours. La deuxième fois, il ne revient pas. Deux ans plus tard, Asako devenue serveuse dans un café va faire la connaissance de Ryôhei, un jeune homme qui travaille dans un immeuble voisin. Elle reste tétanisée car Ruyhei est le portrait craché de Baku (les deux personnages sont joués par le même acteur). Là, c'est Ryôhei qui la courtise. Ils vont vivre cinq ans une vie presque rangée. Ils ont des amis. Et puis Baku réapparait. J'ai eu un peu de mal à "entrer" dans le film. J'ai trouvé que c'était un peu trop psychédélique pour moi, et puis le charme a opéré, j'ai suivi l'histoire d'Asako avec intérêt, même si, comme Pascale, j'ai trouvé l'actrice (bien que ravissante) un peu terne, molle. Par ailleurs, J'ai eu le plaisir de voir un chat japonais. Je conseille, comme Oriane et Anne.

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mardi 11 décembre 2018

Pupille - Jeanne Herry / Asterix et le secret de la potion magique - Alexandre Astier

Pupille est un film touchant qui m'a plu car il n'est pas "bébé"tifiant. Une jeune femme accouche sous X (dès la naissance, elle refuse de voir son enfant). Le petit garçon appelé Théo est aussitôt pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, le service adoption et une assistante sociale pour la préparation à son adoption. Théo est confié à un accueillant, Jean (Gilles Lellouche, magnifique), sur les conseils de Karine (Sandrine Kiberlain) qui fait partie de l'aide sociale à l'enfance. Pendant les deux mois et demi qui s'écoulent de la naissance de Théo à son adoption par Alice, on suit comment tous ces travailleurs sociaux exercent leur métier avec dévouement. Ce n'est pas simple tous les jours. Concernant Alice, elle aura attendu dix ans avant d'être choisie comme mère adoptante. La rencontre entre Théo et Alice est émouvante. J'ai apprécié que Théo soit considéré comme une personne à qui l'on parle normalement. Un film sensible qui fait du bien. Lire le billet de Pascale.

Je passe à Astérix et le secret de la potion magique d'Alexandre Astier. Il s'agit d'un scénario original et l'animation est très réussie. Panoramix chute d'un arbre pendant qu'il cueillait du gui. S'étant fait une entorse douloureuse, Panoramix se rend compte tout à coup qu'il faudrait qu'il transmette à un jeune druide la recette de la potion magique avant qu'il ne soit trop tard. Avec l'aide d'Obelix qui le porte sur son dos, d'Astérix et de tous les hommes du village, Panoramix se rend dans la forêt des Carnutes pour demander les noms de candidats potentiels. Pendant ce temps, Sulfurix, un druide renégat, se sert de tour de magie pour connaître le secret de la potion. Quant aux Romains, toujours présents, ils profitent de l'absence des hommes du village des irréductibles pour l'attaquer. Mais les femmes se défendent grâce à la potion et aux conseils d'Assurancetourix, le barde resté au village. L'histoire est pleine de trouvailles. J'ai passé un très bon moment.

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dimanche 25 novembre 2018

Amanda - Mikhaël Hers

Amanda a 7 ans, c'est une petite fille rieuse qui aime manger des Paris-Brest une fois tous les deux jours juste avant de dîner. Amanda vit avec sa maman Sandrine dans le XIIème arrondissement de Paris. Sandrine, professeur d'anglais, élève seule sa fille. Elle a souvent recours, pour aller chercher Amanda à l'école, à son jeune frère David, âgé de 24 ans, qui travaille au service des espaces verts de la Ville de Paris. Il complète ses revenus en servant d'intermédiaire entre un propriétaire foncier de plusieurs studios et des locataires. David est un jeune homme qui se cherche encore. Il prend la vie comme elle vient jusqu'au jour où Sandrine meurt brutalement. La séquence où l'on voit des corps ensanglantés sans vie sur l'herbe est marquante. Le chagrin s'abat sur David et Amanda. David ne sait pas quoi faire. Etant pratiquement le seul parent d'Amanda, il décide de devenir son tuteur. Avant la tragédie, on a appris à connaître David et sa soeur qui sont proches. A cause de tout de ce qui arrive, David va renouer, au moins le temps d'un match de tennis, avec sa mère anglaise qui avaient abandonnés ses enfants 20 ans auparavant. C'est un film plein de pudeur où l'on voit David et Amanda pleurer (pas en même temps) pour différentes raisons, et c'est beau. Amanda de Mikhaël Hers vaut la peine d'être vu au moins pour Vincent Lacoste qui s'affirme de plus en plus comme un très bon acteur. Sinon, je n'ai pas été autant émue que Pascale. Lire aussi les billets de Strum et de mymp.

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vendredi 28 septembre 2018

Alpha - Albert Hughes / Première année - Thomas Lilti

Voici deux films tout à fait estimables.

Je commence par Alpha d'Albert Hughes, sorti fin août et qui est resté très peu de temps à l'affiche à Paris (ce qui est dommage), mais qui est encore projeté dans quelques dizaines de salles en France (ce qui est très bien). Le scénario nous ramène dans le passé, vers -20 000 ans "avant le présent", au paléolithique supérieur en Europe. Les hommes (dont le jeune Keda), membres d'une tribu de chasseurs-cueilleurs, partent à la chasse au bison des steppes. Lorsqu'ils se retrouvent face à face avec un troupeau, les choses tournent mal et Keda tombe dans un ravin. Il reste inanimé longtemps. Les autres membres de la tribu, dont son père, qui le croient mort, le laissent tout seul. Tant bien que mal Keda va essayer de retrouver les siens. Pendant son voyage, il croise la route d'une meute de loups. L'un d'entre eux par un concours de circonstances va s'attacher à ses pas. Keda le nomme Alpha. Une jolie histoire qui peut plaire aux jeunes et aux adultes. Ce n'est jamais mièvre et les paysages sont beaux. Je vous laisse découvrir le coup de théâtre final. Lire les billets d'Henri Golant et Martin.

Je passe maintenant à Première année, un bon film tonique au rythme soutenu comme la vie que mènent les deux personnages principaux, Antoine et Benjamin. Antoine a réussi à avoir une dérogation afin de tripler sa première année pour accéder sur concours en deuxième année de médecine. Il avait été admis la deuxième fois mais était trop loin dans le classement pour espérer avec une place en médecine. Il n'avait plus le choix qu'entre dentaire et pharmacie. Il a préféré se désister et refaire une année. L'histoire a été écrite avant la fin du "numérus clausus". Benjamin, lui, arrive directement du lycée. Il a des capacités évidentes et il commence son année plutôt "cool". On apprend vite que son père est chirurgien viscéral. C'est par hasard que Benjamin et Antoine vont se cotoyer et commencer à réviser ensemble. Malgré le fait qu'ils soient dans une année où la compétition est très rude, ils s'entraident sauf quand Antoine "pète un cable" après avoir pris connaissance du résultat d'un partiel. On suit l'emploi du temps d'enfer que ces étudiants ont pendant cette année éliminatoire. Le concours final, c'est 60 QCM en 3 heures soit 2 minutes par question avec un choix de 0 à 5 réponses. Vincent Lacoste et William Lebghil sont sensationnels. J'ai vu le film dans une salle pleine de gens jeunes (des étudiants ou des futurs médecins?). Ffred a passé un bon moment ainsi que Princecranoir.

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mercredi 15 août 2018

Détective Dee: la légende des rois célestes - Tsui Hark / Maltese - Gianluca Maria Tavarelli (mini-série)

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer une mini-série que j'ai vu trois dimanches de suite sur France 3, fin juillet - début août 2018, Maltese (qui n'a rien à voir avec Corto). Cela se passe en 1976, au tout début à Rome, puis en Sicile à Trapani. Pour la France, les 4 épisodes originaux ont été coupés chacun en deux pour faire 8 épisodes. J'ai trouvé la série réussie, on s'attache vite aux personnages et en particulier au commissaire Dario Maltese (Kim Stuart Rossi avec sa silhouette longiligne et ses yeux bleus), qui décide de se faire muter en Sicile pour savoir qui a assassiné son ami d'enfance Gianni Peralta (lui aussi commissaire). Deux tueurs à moto ont tiré sur Peralta et sur sa fiancée enceinte. Maltese, qui n'était pas revenu en Sicile depuis presque 25 ans, apprend que Peralta menait une enquête impliquant certains notables de la ville et la mafia locale. Maltese en profite pour remonter dans le passé, à l'époque où son père, lui-même commissaire, a été retrouvé pendu chez lui (suicide ou assassinat?). Il essaye enfin d'avoir des réponses. Au cours de sa double enquête, les cadavres vont s'accumuler, les tueurs n'ont aucune pitié. Les enjeux financiers sont trop importants. Si elle repasse un jour, vous verrez les épisodes qui durent en tout presque 7 heures sans le moindre ennui. On remarque le soin apporté aux costumes et aux décors (en particulier les voitures, très années 60-70). Je crois que tous les épisodes sont disponibles  en "replay" sur une "box". Je vous les conseille.

Si la télé ne vous tente pas, allez voir Détective Dee: la légende des rois célestes de Tsui Hark, c'est le troisième film de la série (j'espère qu'il y en aura d'autres). Nous retrouvons le juge Dee (un personnage ayant existé), qui au VIIème siècle en Chine (nous sommes sous la dynastie Tang), fait face une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique (comme Excalibur) est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice Wu, Dee devra affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques. Concernant la chronologie, l'histoire se passe après celle du Dragon des mers et avant celle de La flamme fantôme. Mais vous pouvez les voir dans n'importe quel ordre. Dans cet opus, on assiste à des moments époustouflants plein de féérie avec un gorille blanc, un jeune bonze, un gros bouddha en colère, une créature aux mille yeux. J'ai appris que le réalisateur Tsui Hark était passionné par la personnalité de l'impératrice Wu (624-705), la seule impératrice régnante de toute l'histoire de Chine (entre 690 et 705). Un film à voir sur grand écran et peut-être en 3D. Personnellement, je préfère le 2D. Et j'attends la suite.

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