mercredi 15 juin 2016

Retour chez ma mère - Eric Lavaine / Diamant noir - Arthur Harari / Bienvenue à Marly-Gomont - Julien Rambaldi

La semaine dernière, je suis allée trois fois de suite au cinéma pour voir des films français. J'avoue ne pas avoir été totalement convaincue par ce que j'ai vu...

Retour chez ma mère d'Eric Lavaine est une comédie "gentillette" avec Josiane Balasko qui recueille l'une de ses filles, Stéphanie, 40 ans, architecte et sans emploi car sa "boîte" vient de déposer le bilan (elle en était la gérante). Stéphanie (Alexandra Lamy) a du mal à s'habituer à l'appartement surchauffé de sa maman et aux chansons de Francis Cabrel passant en boucle toute la journée. Au bout de quelques jours, Stéphanie craint que Jacqueline (Josiane Balasko) n'ait la maladie d'Alzheimer. Nous, public, on sait que ce n'est pas vrai car Jacqueline n'ose pas tout dire à ses enfants. Elle veut leur faire la surprise. Tout se termine très bien. Je le repète, une comédie "gentillette".

Je passe à Diamant Noir d'Arthur Harari qui est une sorte de polar assez noir se déroulant dans le milieu des diamantaires à Anvers. Pier Ullman, un jeune truand vivant à Paris et doué d'une excellente mémoire visuelle, apprend que son père est mort dans le dénuement le plus complet. Il fut jadis un tailleur de diamant réputé avant d'avoir la main broyée. Pier se jure de demander des comptes à sa famille et de venger son père. J'ai trouvé le film bien filmé mais assez lent. J'ai aussi trouvé tous les personnages antipathiques. Je me suis passablement ennuyée.

Je termine avec Bienvenue à Marly-Gomont de Julien Rambaldi qui se passe en Picardie en 1975. Le village de Marly-Gomont dans l'Aisne est en émoi. Bien que manquant de médecin, les habitants voient d'un très mauvais oeil l'installation de Sayolo Zantoko, un médecin (noir), sa femme et ses deux jeunes enfants arrivant tout droit de Kinshasa au Zaïre. Personnellement, si j'étais Picarde, je porterais plainte contre la production du film car les personnages (blancs) sont  caricaturaux voire demeurés, même s'il y a certainement un fond de vérité. Il est certain qu'on voyait peu de Noirs dans les campagnes françaises il y a 40 ans. Sayolo va avoir beaucoup de mal à se faire accepter mais heureusement qu'il y a ses enfants: sa fille fan et joueuse de foot, et son fils, Kamini, qui sera à l'origine d'un spectacle d'école bien apprécié. La salle a pas mal ri. Sympathique mais avec des réserves.

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lundi 25 avril 2016

Rester groupés - Sophie Henaff / Jugan - Jérôme Leroy

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Avec Rester groupés (Albin Michel, 325 pages) de Sophie Henaff (Albin Michel, 326 pages), on retrouve l'équipe de policiers dont on avait fait la connaissance dans Poulets grillés. Le commissaire Anne Capestan est chargée d'enquêter sur trois morts dont l'un est Serge Rufus, son propre ex-beau-père. A l'approche de Noël, l'équipe bien soudée trouve un lien commun entre les victimes qui vivaient éloignées les unes des autres: un braquage de banque qui tourna mal 25 ans auparavant. Capestan renoue avec son ex-mari, Paul. L'intrigue est bien menée. C'est peut-être un "chouïa" moins drôle que Poulets grillés mais Sophie Henaff, qui m'a fait une gentille dédicace au salon de Quai du Polar, est un écrivain à suivre. A la fin de Rester groupés, on sent que l'on retrouvera "les Poulets".

 

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Jugan (Editions La Table Ronde, 213 pages) est le troisième roman que je lis de Jérôme Leroy, écrivain dont j'aime l'écriture. Après ses deux romans, Le bloc et L'Ange-gardien, situés dans le milieu d'extrême-droite, Jugan (du nom d'un des personnages principaux) se passe dans une mouvance d'extrême-gauche. Le narrateur se remémore, dans des rêves récurrents, les tragiques événements survenus 10 ans auparavant, au début des années 2000 à Noirbourg. Justement, Joël Jugan vient de sortir de prison après 18 ans d'emprisonnement, il est en liberté conditionnelle. Il revient s'installer dans la ville de Noirbourg en Normandie. C'est là qu'avec son groupe d'extrême-gauche ,"Action Rouge", il avait tué le patron d'une entreprise de la région. Jugan, complètement défiguré, n'a rien perdu de son magnétisme. C'est un prédateur qui va jeter son dévolu sur une jeune "beurette", Assia Rafa. On devine très vite que l'histoire va très mal se terminer. Moins emballée que pour ses deux romans précédents, je le conseille tout de même. J'ajouterais que M. Leroy est un homme affable très sympathique.

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dimanche 17 avril 2016

Le grand n'importe quoi - J.M. Erre

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Le principal ressort scénaristique ou dramatique du nouveau roman de J.M. Erre, Le grand n'importe quoi (Editions Buchet-Chastel, 294 pages), s'inspire du film Un jour sans fin (A Groundhog Day) d'Harold Ramis (1993) [film hautement recommandable que mon ami ne se lasse pas de revoir]. Dans le roman, nous sommes dans un futur pas si lointain, le samedi 7 juin 2042 à Gourdiflot-le-Bombé, il est 20H42, et le jeune Arthur K. déguisé en tenue de Spiderman (il est venu avec sa fiancée à une soirée d'anniversaire) va vivre encore et encore la même soirée en rencontrant plus ou moins les mêmes personnages et en affrontant plus ou moins les mêmes situations à partir de ce moment précis. Immuablement, malgré le temps qui passe, sa montre affiche 20H42. Arthur va croiser la route de personnages plus farfelus les uns que les autres: Alain Delon (un homonyme de l'acteur) qui fait partie des homonymes anonymes, Lucas, un écrivain de science-fiction, des Aliens, Angelina Poyotte (la maire de Gourdiflot-le-Bombé), Francis et J-Bob, l'un patron de bar et l'autre poivrot. En résumé, c'est totalement irracontable mais follement drôle. Tous les événéments s'enchaînent avec une précision d'horloge. La fin apocalyptique nous renvoie à son roman précédent, La fin du monde a du retard (qui m'avait moins plu contrairement à Pierre D). Lire le billet enthousiaste de Clara. Si vous ne connaissez pas J.M. Erre, je vous conseille de commencer par lire Série Z et Le Mystère Sherlock.

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lundi 11 avril 2016

L'avenir - Mia Hansen-Løve

L'avenir de Mia Hansen-Løve sorti le 6 avril 2016 vaut la peine d'être vu, pour l'histoire et pour l'interprétation impeccable d'Isabelle Huppert qui joue le rôle d'un professeur de philosophie (et j'y ai cru). De nos jours, à Paris, Heinz (André Marcon) et Nathalie, professeurs de philo tous les deux, mènent une vie tranquille avec leur deux enfants adultes qui ne vivent plus avec eux. Le couple vit parmi les livres. Nathalie croit en son métier. Grâce à la philosophie, elle souhaite que ses élèves pensent par eux-mêmes. Nathalie s'occupe beaucoup de sa mère Yvette (Edith Scob), qui n'arrête pas de l'appeler pour un oui ou pour un non. Un jour, Heinz annonce à Nathalie qu'il la quitte pour une autre femme. Nathalie ne lui fait pas de scène. Tout se passe à l'amiable entre gens intelligents, même si Nathalie, quand elle est seule, se met à pleurer. Davantage que le fait que son mari soit parti, Nathalie est surtout peinée qu'Heinz ait emporté énormément d'ouvrages, ce qui a vidé les bibliothèques. D'autres événements vont arriver dans la vie de Nathalie, qui change de manière de vivre. Elle part rejoindre dans la région de Valence un groupe de gens plus jeunes qui discutent de philosophie. Parmi eux se trouve Fabien, un de ses anciens élèves. J'ai trouvé ce film agréable à voir, je ne me suis pas ennuyée. Il a reçu l'Ours d'argent de la mise en scène au dernier festival de Berlin, début 2016.

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mercredi 30 mars 2016

The Lady in the Van - Nicholas Hytner / Triple 9 - John Hillcoat

Je suis allée voir The Lady in the Van pour Maggie Smith. Je n'ai pas été déçue par sa prestation de vieille clocharde nauséabonde au caractère bien trempé. Avant d'être un film, The Lady in the Van écrit par Alan Bennett a été joué au théâtre et interprété déjà par Maggie Smith en 1999 et 2000 à Londres. Alan Bennett s'est inspiré d'un fait qui lui est arrivé entre 1974 et 1989. L'allée qui menait à sa demeure londonienne dans un quartier très chic a servi de parking à un vieux van appartenant à une certaine Miss Shepherd. L'histoire nous apprend que Miss Shepherd a passé sa vie à avoir peur que son passé ne la rattrape. Cette personne au "mauvais" caractère ne dit jamais merci. Tout lui est dû (ou presque). Mais cela n'empêche pas qu'on s'attache à elle le temps du film, qui aurait gagné à être un peu plus court. Mais pour Maggie Smith, le film vaut la peine d'être vu. Lire le billet d'Armelle.

Dans Triple 9 de John Hillcoat, ça tire à tout va. Les personnages de l'histoire ne sont pas anges. De nos jours, à Atlanta (Georgie), ville sudiste gangrénée par la violence, on note la présence de la mafia russo-israélienne dirigée par Irina Vlaslov, la femme d'un mafieux en prison. Cette femme est interprétée par Kate Winslet, méconnaissable avec ses cheveux longs en arrière. Elle suinte la vulgarité et le danger. On la sent prête à tout pour arriver à ses fins. Pour récupérer des documents mettant en cause son mari, Irina engage des policiers corrompus. Ces derniers pour faire diversion décident de tuer un de leur collèque. Le terme « triple 9 » (ou 999) est une alerte lancée en cas d'extrême urgence, quand un policier est touché lors d'une fusillade. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et on dénombre un nombre de morts impressionnant à la fin du film dont le rythme ne faiblit pas. C'est le genre de film que je vois une fois mais pas deux. Lire les billets de ffred et mymp.

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vendredi 18 mars 2016

L'étrangleur de Pirita - Indrek Hargla

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Nous avions laissé Melchior l'Apothicaire en 1422 (ici) et nous le retrouvons dans L'étrangleur de Pirita (Editions Gaïa Polar, 383 pages) toujours à Tallin, neuf ans plus tard, en 1431 (entre mars et juin), entouré de sa femme Keterlyn et de ses jumeaux Melchior et Agatha qui ont presque atteint l'âge adulte. Melchior a désormais plus de 50 ans. Agatha est une jeune fille intelligente qui apprend plus vite que son frère les secrets de remèdes pour guérir. A une lieue de Tallin, Melchior est appelé dans le monastère des brigittines pour essayer d'identifier le mal dont souffre une des religieuses, Taleke, qui ne prononce plus que des borborygmes depuis plus de trois mois. Sur le chemin du monastère, Melchior déterre un cadavre qui été étranglé et a été à demi dévoré. Il semble être là depuis l'automne précédent. D'autres meurtres par strangulation vont suivre, dont la pauvre Taleke elle-même. Les bâtiments et en particulier la chapelle sont en construction depuis des années. Ce monastère pratique une certaine mixité puisqu'il y a des moines et des moniales qui cohabitent sans se cotoyer, et le monastère accueille des pélerins qui séjournent un temps plus ou moins long. Comme pour les trois autres romans, Hargla sait nous plonger dans le XVème siècle du nord de l'Europe (peu connu - en ce qui me concerne). Comme dans les romans précédents, il y a un avant-propos éclaiant. Pour résoudre ces meurtres, Melchior va se retrouver à déchiffrer des caractères runiques qui mettront sur la piste du meurtrier. Hargla sait rendre les personnages proches de nous ,et il est toujours précis dans ses descriptions, dont la fabrication de certains remèdes. Dans ce roman, Melchior va vivre une tragédie que je vous laisse découvrir, mais a priori, on devrait le retrouver dans un cinquième tome, enfin je l'espère. A nouveau, je vous conseille de lire les romans dans l'ordre. Des quatre romans, L'étrangleur de Pirita est presque mon préféré. Lire le billet de Sandrine.

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mardi 15 mars 2016

The Assassin - Hou Hsiao-hsien

Pour tous ceux qui voudraient aller voir The Assassin de Hou Hsiao-hsien (prix de la mise en scène au Festival International de Cannes en 2015), il faut les prévenir tout de suite qu'il ne s'agit pas d'un film d'arts martiaux traditionnel. Cela leur évitera de sortir pendant la projection pour ne plus revenir. Dans la salle où j'étais, il y a eu au moins 30 personnes qui sont parties avant la fin, sur une salle de 200 sièges. C'est d'ailleurs la première fois dans ma vie de spectatrice que je vois ça. Pour ma part, ce défilé m'a perturbée et m'a empêchée d'apprécier pleinement ce film épuré. Dans un prologue somptueux (l'histoire se passe en Chine sous la dynastie Tang au IXème siècle), une femme demande à une autre, nommée Nie Yinniang, de tuer un haut dignitaire. Nie Yingniang, qui été élevée par une nonne, est devenue un assassin redoutable. D'un coup de dague, elle porte un coup mortel à la victime désignée. Cette séquence est filmée dans un très beau noir et blanc. Puis on passe à la couleur et on a le loisir d'admirer les costumes et les décors chatoyants. Quelques duels durant chacun entre une et deux minutes émaillent le récit. Nie Yinniang revient après des années d'exil, hostile vis-à-vis du pouvoir impérial, au point de vouloir assassiner le nouveau gouverneur. Mais sa mission est périlleuse car elle connaît sa cible, un cousin à elle, qu'elle a naguère aimé et dont elle fut séparée, pour des raisons d'Etat. Le film comporte peu de dialogues et la fin m'a paru un peu hors sujet, mais ce n'est pas bien grave au regard du reste. Je pense que ce film de presque deux heures mérite un deuxième visionnage.

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samedi 12 mars 2016

La lumière de la nuit - Keigo Higashino / Vent de sang - Nele Neuhaus / Les yeux plus grands que le ventre - Jô Soares

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Après La maison où je suis mort autrefois, Le dévouement du suspect X et Un café maison, j'ai lu avec plaisir La lumière de la nuit de Keigo Higashino (Actes noir, Actes sud), un gros "pavé" de 660 pages. L'histoire se passe sur plus de 20 ans entre les années 1970 et 1990. Un prêteur sur gages est trouvé mort par un jeune garçon.La victime a été poignardée dans un immeuble en contruction dans un quartier de Tokyo. Sasagaki, un policier chargé de l'enquête, aura des soupçons envers un ou deux suspects, mais il mettra vingt ans (il sera retraité) pour établir la vérité qui laisse un goût amer. L'histoire s'attache surtout au destin de deux jeunes adolescents: une fille, Yukiho, dont la mère était proche du prêteur à gages, et Ryoji, le fils du prêteur sur gages. Yukiho et Ryoji se révèlent être des êtres dominateurs et prêts à tout pour arriver à leur fin. L'intrigue est bien menée mais on se perd un peu dans les noms japonais: il y a beaucoup de personnages et les noms se ressemblent, mais à part ça, c'est un roman recommandable qui aurait peut-être gagné à être un peu plus court.

Je passe à Vent de sang (Babel noir, 560 pages) de Nele Neuhaus, dont j'ai déjà chroniqué Flétrissure, Blanche-Neige doit mourir et Méchant loup. Dans Vent de sang (c'est celui que j'ai, pour le moment, le moins aimé de la série), on retrouve le commissaire Oliver Van Bodestein (à la vie privée chamboulée après sa séparation avec sa femme) et l'inspectrice Pia Kirchhoff. Dans la région de Francfort, ils sont chargés d'enquêter sur le meurtre d'un veilleur de nuit sur son lieu de travail: une société chargée prochainement de construire un parc d'éoliennes. Puis un dénommé Hirtreiter, ami du père d'Oliver, est tué de deux coups de carabine. Il ne voulait pas vendre son terrain qui aurait permis d'y implanter les éoliennes. On fait la connaissance de plusieurs suspects, tous plus antipathiques les uns que les autres, dont les motivations éthiques sont sujets à caution. Le roman où il est question du réchauffement climatique aurait aussi gagné à être plus court.

Je termine par Les yeux plus grands que le ventre de Jô Soares, dont la photo de couverture a attiré mon oeil. J'avais bien apprécié Meurtres à l'académie (non chroniqué) du même écrivain. L'histoire se passe à Rio de Janeiro en 1938. On connaît dès le début le coupable, mais cela n'empêche de savourer (si je puis dire) cette histoire de meurtres où sept femmes à la surchage pondérale avérée vont être victimes de leur gourmandise. Le tueur en série s'appelle Charon et il est directeur d'une entreprise de pompes funèbres appelée Styx. On apprend très vite pourquoi il choisit ses victimes au physique avantageux. Son modus operandi est original: il étouffe ses victimes en les gavant de mousse au chocolat ou d'autres gourmandises de ce type. Un commissaire aidé par Esteves, un ex-inspecteur de police Lisboète exilé au Brésil où il est devenu pâtissier enquêtent en compagnie de Diana, une jeune femme reporter photographe, et de Calixto, un mulâtre, adjoint du commissaire. Le roman est très plaisant à lire et le texte est entrecoupé de dessins et de reproductions de coupures de journaux.

vendredi 26 février 2016

La vache - Mohamed Hamidi / Nahid - Ida Panahandeh

J'ai attendu la veille de l'ouverture du Salon de l'Agriculture à Paris pour chroniquer le film La vache de Mohamed Hamidi sorti le 17 février 2016. En quelques mots: c'est un road-movie sympathique, avec de bons sentiments. Fatah, paysan d'un bled en Algérie, rêve d'emmener sa vache Jacqueline (une Tarentaise) au Salon de l'Agriculture à Paris. A un moment donné dans le film, il y a une référence au film La vache et le prisonnier (1959) d'Henri Verneuil avec Fernandel, prisonnier de guerre qui traversait l'Allemagne à pied en 1942 en compagnie de la vache Marguerite. Dans le film d'Hamadi, Fatah après plusieurs tentatives infructueuses, est enfin accepté pour venir "exposer" au Salon. Comme le voyage n'est pas pris en charge, tout le village se cotise, et Fatah et Jacqueline débarquent à Marseille et commencent un long périple à pied jusqu'à Paris. Ils feront des rencontres, se lieront d'amitié. Je ne veux pas tout raconter. On sourit souvent et on retient la réplique qui deviendra peut-être culte: "C'est la poire". Il faut passer sur pas mal d'invraisemblances. J'ai trouvé que ce film était plus une suite de saynètes qu'autre chose, mais bon, je vais être indulgente. A l'issue de la projection (j'ai vu le film en avant-première), il y avait une séance de questions-réponses avec le réalisateur et l'acteur principal, Fatsah Bouyamed, que je ne connaissais pas. Il a beaucoup travaillé avec Jamel Debbouze (coproducteur du film et qui joue un petit rôle). De la conversation qui a duré une demi-heure, j'ai surtout retenu qu'il y a eu trois "Jacqueline" pendant le tournage: une pour la partie qui s'est tournée au Maroc (et non en Algérie), une "doublure" au cas où, et une troisième qui a tourné les trois-quart du film qui se déroule en France. A vous de juger.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais évoquer Nahid, un film réalisé par une Iranienne, Ida Panahandeh, et qui est sorti le 24 février 2016. Je pense que la sortie du film est liée au fait qu'il a reçu un prix dans une section parallèle au Festival international du film de Cannes en 2015. Globalement, le film m'a déçue pour une raison: le personnage principal de Nahid m'a profondément crispée et je l'ai trouvée assez antipathique. Je ne suis pas arrivée à éprouver de l'empathie pour elle et ses nombreux problèmes. De nos jours, en Iran, Nahid, divorcée depuis 2 ans, a pu obtenir la garde d'Amir, son fils adolescent, parce qu'elle a renoncé à une pension alimentaire et qu'elle a interdiction de se remarier. Néanmoins, quand le film commence, on comprend qu'elle aime un autre homme qui fait tout pour l'aider. On voit Nahid harcelée par son ex-mari qui l'aime encore, par son ex-belle famille, par sa propre famille, par son fils qui vit mal la situation, etc. A force, j'en ai eu un peu assez de ces situations cahotiques que Nahid n'arrive pas à gérer. Je ne parle même pas de la météo: pendant le film, il pleut beaucoup, le ciel est gris et la mer Caspienne bien agitée. Film pas indispensable selon moi, à vous de voir.

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samedi 20 février 2016

Zootopie - Byron Howard / Rich Moore

Zootopie, le nouveau film des studios Disney, est épatant et devrait ravir petits et grands. Dans la salle où j'étais, il y avait une majorité écrasante d'adultes. Judy Hopps, une jeune lapine issue d'une famille nombreuse (bien entendu) et dont les parents cultivent et vendent des carottes, rêve de devenir officier de police. 15 ans plus tard, elle sort major de sa promotion et est nommé dans un commissariat de Zootopie. Dans cette mégapole où les humains sont absents, les animaux grands et petits, proies et prédateurs, gros mammifères ou petits rongeurs, vivent en bonne intelligence depuis longtemps. Comme les humains, ils sont vêtus de pied en cap et ont une vie sociale. Dès le début, Judy a du mal à se faire une place parmi les gros "balèzes" du poste de police. Elle se retrouve simple contractuelle. C'est lors d'une ronde qu'elle croise le chemin d'un renard, Nick Wilde, qui s'enrichit par ses magouilles avec un bâtonnet de glace à l'eau qu'il a arnaqué: un modèle du genre. Pendant ce temps, le reste des policiers est chargé d'enquêter sur la disparition inquiétante de quatorze mammifères (tous des prédateurs) dont une loutre. L'enquête piétine et cela permet à Judy d'y participer. Nick, à son corps défendant, va l'aider. Pour la suite, allez voir ce film plein de trouvailles, d'humour comme la séquence savoureuse des paresseux employés derrière un guichet, ou celle avec le "big" boss (une souris minuscule) qui parle comme Marlon Brando dans Le Parrain en donnant des ordres à des gros ours blancs. J'ajouterai que les méchants ne sont pas ceux qu'on pense. Tout va bien se terminer sans que cela tombe dans la niaiserie. Un film tonique à l'animation très réussie et qui se termine sur une chanson de Shakira. Lire les billets de Wilyrah et Mymp.

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