vendredi 26 février 2016

La vache - Mohamed Hamidi / Nahid - Ida Panahandeh

J'ai attendu la veille de l'ouverture du Salon de l'Agriculture à Paris pour chroniquer le film La vache de Mohamed Hamidi sorti le 17 février 2016. En quelques mots: c'est un road-movie sympathique, avec de bons sentiments. Fatah, paysan d'un bled en Algérie, rêve d'emmener sa vache Jacqueline (une Tarentaise) au Salon de l'Agriculture à Paris. A un moment donné dans le film, il y a une référence au film La vache et le prisonnier (1959) d'Henri Verneuil avec Fernandel, prisonnier de guerre qui traversait l'Allemagne à pied en 1942 en compagnie de la vache Marguerite. Dans le film d'Hamadi, Fatah après plusieurs tentatives infructueuses, est enfin accepté pour venir "exposer" au Salon. Comme le voyage n'est pas pris en charge, tout le village se cotise, et Fatah et Jacqueline débarquent à Marseille et commencent un long périple à pied jusqu'à Paris. Ils feront des rencontres, se lieront d'amitié. Je ne veux pas tout raconter. On sourit souvent et on retient la réplique qui deviendra peut-être culte: "C'est la poire". Il faut passer sur pas mal d'invraisemblances. J'ai trouvé que ce film était plus une suite de saynètes qu'autre chose, mais bon, je vais être indulgente. A l'issue de la projection (j'ai vu le film en avant-première), il y avait une séance de questions-réponses avec le réalisateur et l'acteur principal, Fatsah Bouyamed, que je ne connaissais pas. Il a beaucoup travaillé avec Jamel Debbouze (coproducteur du film et qui joue un petit rôle). De la conversation qui a duré une demi-heure, j'ai surtout retenu qu'il y a eu trois "Jacqueline" pendant le tournage: une pour la partie qui s'est tournée au Maroc (et non en Algérie), une "doublure" au cas où, et une troisième qui a tourné les trois-quart du film qui se déroule en France. A vous de juger.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais évoquer Nahid, un film réalisé par une Iranienne, Ida Panahandeh, et qui est sorti le 24 février 2016. Je pense que la sortie du film est liée au fait qu'il a reçu un prix dans une section parallèle au Festival international du film de Cannes en 2015. Globalement, le film m'a déçue pour une raison: le personnage principal de Nahid m'a profondément crispée et je l'ai trouvée assez antipathique. Je ne suis pas arrivée à éprouver de l'empathie pour elle et ses nombreux problèmes. De nos jours, en Iran, Nahid, divorcée depuis 2 ans, a pu obtenir la garde d'Amir, son fils adolescent, parce qu'elle a renoncé à une pension alimentaire et qu'elle a interdiction de se remarier. Néanmoins, quand le film commence, on comprend qu'elle aime un autre homme qui fait tout pour l'aider. On voit Nahid harcelée par son ex-mari qui l'aime encore, par son ex-belle famille, par sa propre famille, par son fils qui vit mal la situation, etc. A force, j'en ai eu un peu assez de ces situations cahotiques que Nahid n'arrive pas à gérer. Je ne parle même pas de la météo: pendant le film, il pleut beaucoup, le ciel est gris et la mer Caspienne bien agitée. Film pas indispensable selon moi, à vous de voir.

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samedi 20 février 2016

Zootopie - Byron Howard / Rich Moore

Zootopie, le nouveau film des studios Disney, est épatant et devrait ravir petits et grands. Dans la salle où j'étais, il y avait une majorité écrasante d'adultes. Judy Hopps, une jeune lapine issue d'une famille nombreuse (bien entendu) et dont les parents cultivent et vendent des carottes, rêve de devenir officier de police. 15 ans plus tard, elle sort major de sa promotion et est nommé dans un commissariat de Zootopie. Dans cette mégapole où les humains sont absents, les animaux grands et petits, proies et prédateurs, gros mammifères ou petits rongeurs, vivent en bonne intelligence depuis longtemps. Comme les humains, ils sont vêtus de pied en cap et ont une vie sociale. Dès le début, Judy a du mal à se faire une place parmi les gros "balèzes" du poste de police. Elle se retrouve simple contractuelle. C'est lors d'une ronde qu'elle croise le chemin d'un renard, Nick Wilde, qui s'enrichit par ses magouilles avec un bâtonnet de glace à l'eau qu'il a arnaqué: un modèle du genre. Pendant ce temps, le reste des policiers est chargé d'enquêter sur la disparition inquiétante de quatorze mammifères (tous des prédateurs) dont une loutre. L'enquête piétine et cela permet à Judy d'y participer. Nick, à son corps défendant, va l'aider. Pour la suite, allez voir ce film plein de trouvailles, d'humour comme la séquence savoureuse des paresseux employés derrière un guichet, ou celle avec le "big" boss (une souris minuscule) qui parle comme Marlon Brando dans Le Parrain en donnant des ordres à des gros ours blancs. J'ajouterai que les méchants ne sont pas ceux qu'on pense. Tout va bien se terminer sans que cela tombe dans la niaiserie. Un film tonique à l'animation très réussie et qui se termine sur une chanson de Shakira. Lire les billets de Wilyrah et Mymp.

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lundi 1 février 2016

45 ans - Andrew Haigh

Sur les conseils de miriam, de ffred, de mymp et peut-être d'Aifelle, je suis allée voir 45 ans d'Andrew Haigh qui est sorti le 27 janvier 2016 et pour lequel Charlotte Rampling vient d'être nommée aux prochains Oscar dans la catégorie meilleure actrice. Le film qui dure 1H35 narre six jours de la vie de Kate et Geoff (ayant atteint les soixante-dix ans tous les deux) qui doivent célébrer en grande pompe leur 45 ans de mariage. Pendant ces six jours, la vie de Kate va s'écrouler quand elle apprend par une lettre venue de Suisse et adressée à Geoff l'existence de Katya, disparue accidentellement, 50 ans auparavant, dans les Alpes suisses (on vient de retrouver son corps). A la question que Kate pose à Geoff. Il confirme par un simple "oui" qu'il aurait épousée Katya si elle avait vécu. Kate considère qu'elle n'a été peut-être qu'un "second choix" pour son mari. Personnellement, j'ai un peu de mal à comprendre la réaction de Kate, sa rancoeur ou jalousie envers une morte décédée un demi-siècle plus tôt, à moins que cela ne soit parce que son mari ne lui a rien dit pendant toutes ces années. C'est comme si cette union s'était bâtie sur un mensonge. Comme m'a dit mon ami, il aurait fallu que Geoff parle de Katya à Kate dès leur première rencontre ou qu'il se taise à jamais. J'ai été frappée par la lumière du film: les intérieurs et les paysages sont gris bleutés. Cela dégage une grande tristesse avec un côté angoissant. Ce film repose sur les deux acteurs principaux, Tom Courtenay, et surtout Charlotte Rampling, très crédible comme enseignante à la retraite qui mène une vie calme entre son chien et son mari. Dans la dernière séquence, celui du bal, avec sa robe très simple, ses yeux expriment sa rage et sa peine.

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dimanche 17 janvier 2016

Carol - Todd Haynes / Janis: Little Girl Blue - Amy Berg

Concernant Carol de Todd Haynes, sorti ce mercredi 13 janvier 2016, je l'ai découvert en avant-première après avoir vu la bande-annonce. Dans les années 50, Carol, une femme séparée de son mari (elle est en instance de divorce) et mère d'une petite fille, croise le regard de Therese dans un grand magasin. Cette dernière, une jeune femme un peu sauvage ayant comme passion la photographie, est vendeuse au rayon jouets. Carol achète un train électrique à sa fille. Entre les deux femmes, un lien très fort nait. Carol est déchirée par le fait de laisser sa petite fille à son mari qui en obtient la garde. Elles s'enfuient de Cincinnatti (Ohio) et se retrouvent à Chicago. Pendant deux heures, j'ai suivi avec un peu d'ennui l'histoire de cette passion entre ces deux femmes prenant la fuite. Je me réjouissais d'avance et j'avoue avoir été déçue par ce film un peu languissant. Je n'ai pas du tout ressenti la passion qui unit Carol (Cate Blanchett) et Therese Belivet (Rooney Mara). Je suis restée en dehors. Je dirais presque que le film est un peu "gnangnan". Dommage pour Cate Blanchett qui a coproduit le film. J'ai eu l'impression que Todd Haynes avait fait un genre de remake d'un de ses films tourné en 2001, Loin du paradis avec Julianne Moore, sur à peu près le même sujet. Celui-là, je l'avais beaucoup aimé.

Il faut noter que Carol est l'adaptation d'un roman de Patricia Highsmith dont je souhaite rappeler qu'elle fut un très grand écrivain un petit peu oubliée aujourd'hui. Je vous recommande tous ses romans dont plusieurs ont été adaptés à l'écran (Plein Soleil, Le talentueux Mr Ripley, Eaux profondes, L'inconnu du Nord-Express, Le cri du hibou, L'ami américain, etc.). Lire le billet de Pierre D. qui, lui, a aimé Carol, et celui de Chris qui, lui, n'a pas aimé le film.

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En revanche, je vous recommande un documentaire sur Janis Joplin sorti le 6 janvier dernier. Ce film, Janis: Little Girl Blue, retrace la vie de cette chanteuse morte à 27 ans le 4 octobre 1970. Le film est constitué de témoignages, d'images et de films d'archives où l'on entend et voit Janis Japlin chanter, rire, prendre la pose. C'était une personnalité très attachante qui aimait s'entourer d'hommes. Née en 1943 à Port Arthur au Texas, ce fut une jeune fille mal dans sa peau qui ne supportait pas le racisme anti-noir de l'époque. Elle a été le "vilain petit canard" de son école et est devenue par la suite une des très grandes chanteuses de blues avec sa voix à la tessiture étendue. Le documentaire n'occulte en rien le fait que Janis buvait et était héroïnomane. C'est ce qui l'a tuée. A voir.

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mercredi 16 décembre 2015

Ixcanul - Jayro Bustamente / Béliers - Grímur Hákonarson

Comme il n'y a pas que le cinéma américain ou français dans la vie, voici deux films venus "d'ailleurs" que je vous conseille avant qu'il ne soit trop tard. Ces deux films sont sortis malheureusement dans très peu de salles à Paris. Quant à leur sortie en province, je ne sais pas ce qu'il en est.

Je commence par Ixcanul, un film guatémaltèque à l'affiche depuis le 25 novembre. Ixcanul signifie "volcan" dans une des langues Mayas parlée par les protagonistes du film. Au pied de ce volcan. Maria, 17 ans, travaille à la plantation de café, tout comme son père et sa mère. Ils sont pauvres et ne parlent pas espagnol, au contraire du contremaître. Ce jeune veuf d'une trentaine d'années avec trois enfants voudrait bien épouser Maria qui, elle, aime Pepe, du même âge qu'elle. Pepe rêve de partir aux Etats-Unis, là-bas, derrière le volcan. Une nuit, Maria couche avec Pepe et elle tombe enceinte. Le film joué par des acteurs pour la plupart non professionnels s'inspire d'une histoire vraie: les bébés volés à la naissance pour être adoptés par la suite. On y parle aussi de serpents venimeux qui nuisent aux plantations. Certaines scènes entre la mère et la fille sont d'une grande douceur. On touche à l'intime. Il y a des maladresses mais j'ai été touchée par cette histoire. Ce film a reçu de nombreux prix dans différents festival dont un à Berlin.

Après le Guatémala, je suis partie retrouver des Béliers en Islande dans un endroit magnifique et pratiquement désert, battu par les vents et où le ciel est bas. Gummi et Kiddi, deux sexagénaires, sont des bergers qui bichonnent leur cheptel de moutons Bolstad. Il faut voir Gummi caresser son bélier favori et lui parler. On sent qu'il aime ses moutons. On apprend assez vite que Gummi et Kiddi sont frères mais ne se parlent plus depuis 40 ans (on n'en saura pas la raison). Quand ils communiquent, ils le font par l'intermédaire du chien de Kiddi. Il apporte des messages dans sa gueule. Les deux hommes font partie d'une petite communauté qui va vivre une tragédie: un des moutons, une bête primée à un concours, a tous les symptômes de la "tremblante". Le verdict est sans appel, tous les troupeaux de moutons alentour sont abattus. Gimmi choisit de le faire lui-même. Il abat 147 de ses bêtes mais en sauve clandestiment une dizaine dans sa cave (dont un bélier reproducteur). Je vous laisse découvrir la suite de Béliers, premier long-métrage du réalisateur Grímur Hákonarson qui a aussi écrit le scénario. Les deux acteurs principaux, très connus en Islande, sont formidables. Le film a été récompensé à juste titre du prix de la section "Un certain regard" au dernier Festival international du film à Cannes en 2015. Lire les billets enthousiastes de Miriam et Chris.

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jeudi 29 octobre 2015

Belles familles - Jean-Paul Rappeneau / Un héros ordinaire "Elser" - Olivier Hirschbiegel

Belles familles de Jean Paul Rappeneau m'a plu pour son rythme trépidant (qui m'a fait penser au film Le Sauvage de 1975 du même réalisateur). On n'a pas le temps de réfléchir sur le scénario qui comporte des invraisemblances (mais ce n'est pas grave). La mécanique est bien huilée. Jérôme Varenne (Mathieu Amalric) est de passage en France avec sa fiancée chinoise car il vit à Shanghaï. Il apprend que le beau manoir de sa famille est presque vendu et cherche à en savoir davantage. Pour ce faire, il renoue avec son frère Jean-Michel et sa mère Florence (Nicole Garcia). Il va aussi faire la connaissance de Florence (Karine Viard) et de la fille de cette dernière, Louise (Marine Vacth), qui ont représenté la deuxième famille (la vie cachée) de son père décédé avec qui il ne s'entendait pas. La vente de la maison est au coeur d'une opération immobilière pas très nette qui se déroule dans une petite ville de province dont le maire est secrètement amoureux de Florence. André Dussolier, dans le genre obséquieux, est parfait dans son rôle. Je n'ai pas boudé mon plaisir.

Elser d'Oliver Hirschbiegel raconte avec de nombreux flash-back ce qui a amené Georg Elser, un Allemand souabe jurassien, à attenter à la vie de Hitler en fabriquant et armant tout seul une bombe artisanale. Cette bombe a explosé treize minutes trop tard un soir de novembre 1939 dans un grand lieu de réunion à Munich. Quand eut lieu l'explosion (qui provoqua la mort de huit personnes), Hitler venait de quitter la salle après un discours. Georg Esler, ébéniste de métier, était un homme banal proche du parti communiste. Il ne supportait pas les exactions contre la population allemande perpétrées par les nazis depuis qu'ils étaient arrivés au pouvoir. On assiste à quelques scènes de tortures un peu pénibles, qui alternent avec des souvenirs du passé quand Georg rencontre Elsa à un bal en 1934 et le début de leur histoire d'amour alors qu'Elsa est déjà mariée. Georg Elser ne fut pas exécuté tout de suite car les nazis voulaient pouvoir l'interroger encore et encore, car ils ne voulaient pas croire qu'il avait agit seul. Jusqu'en 1945, il fut détenu à Dachau avant de mourir d'une balle dans la nuque tirée le 9 avril 1945, un mois avant la capitulation de l'Allemagne. Le film est un peu didactique, mais il a le mérite de faire connaître un homme qui est resté longtemps méconnu. Ce n'est que dans les années 1990 que l'on l'a reconnu comme résistant contre le nazisme.

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vendredi 23 octobre 2015

Livres lus en septembre et octobre 2015

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J'avoue avoir toujours un peu de mal à écrire des billets sur les livres que je lis: je n'ai pas toujours grand-chose à en dire, même de ceux qui m'ont plu. C'est plus facile avec les films. Toujours est-il que voici un billet qui regroupe six romans.

Je commence par La Maladroite d'Alexandre Seurat (Edition La brune au Rouergue, 120 pages éprouvantes). Un texte poignant sur une enfant maltraitée dès son plus jeune âge par son beau-père et sa mère. Tout le récit (inspiré d'un fait divers) est écrit au présent de narration. Différents témoins de ce drame prennent la parole: l'institutrice, la pédiatre, la tante, la grand-mère, l'instituteur, la directrice, le policier, la médecin scolaire, le frère (pas très souvent). Diana, la petite fille martyrisée, est la seule que l'écrivain appelle par son prénom. On sait dès le début que cela se termine mal. L'écrivain ne porte aucun jugement. Il décrit l'impuissance des protagonistes cités qui n'ont rien pu faire ou qui n'ont pas compris ce qui se passait. Un roman qui m'a plu. Lire les billets de Noukette, Cathulu, Eimelle, Stephie et Leiloona.

Autant j'avais trouvé que Home était un roman éblouissant, autant Délivrances de Toni Morrison (Editions Christian Bourgois, 200 pages) ne m'a pas convaincue plus que cela. L'histoire ne m'a pas du tout passionnée. Cele se passe de nos jours. Le personnage central du roman s'appelle Lula Ann, surnommée Bride. Elle a une peau noire comme l'ébène alors que sa maman Sweetness passe pour une femme blanche. Bride est une femme ravissante qui sait se mettre en valeur. Elle travaille dans une entreprise de cosmétiques. Elle vient de se faire "plaquer" par Booker qui est parti en disant: "t'es pas la femme que je veux". Bride n'aura de cesse de reconquérir Booker. Son chemin va être semé d'embûches. C'est à vous de vous faire une opinion. Lire les billets d'Hélène, Noukette, Cathulu.

Pour Evariste (Editions Gallimard, 165 pages), je remercie François-Henri Désérable qui, pour son premier roman, m'a fait découvrir (un peu) Evariste Galois (1811-1832), mathématicien français de génie qui est mort en duel à l'âge de 20 ans. Il semble qu'on ne sache rien sur la vie de ce jeune homme qui a découvert les mathématiques à 16 ans en lisant, en très peu de temps, Euclide, Gauss, Cauchy et Euler. Il a donné son nom à une branche des mathématiques, la théorie de Galois. Son génie en mathématique ne fut découvert que 15 ans après sa mort (il fut enterré à la fosse commune) quand Joseph Liouville, professeur de Polytechnique publia "Les papiers d'Evariste Galois". C'est un livre à découvrir mais dont le style peut hérisser le poil à certains (comme Eva). Je vous livre un ou deux phrases: "Le 27 juillet 1830 tombait un mardi, le 28 un mercredi. Le 29 un roi" ou "... avant février 1830, date à laquelle il dépose son grand oeuvre à l'Académie, ce mémoire sur Les conditions de résolubilité des équations par radicaux qui est à l'Algèbre ce que le Requiem est à la musique, la Saison du gamin des Ardennes à la poésie". Tout le roman est écrit de cette manière et l'écrivain s'adresse directement au lecteur. Lire les billets de Laure, Zazimut et Pierre D.

J'ai lu La fractale des raviolis de Pierre Raufast (Edition Folio, 234 pages) pendant ma croisière norvégienne. Peut-être avais-je d'autres préoccupations en tête mais je ne me souviens pratiquement plus des intrigues de ce roman gigogne très agréable à lire. Tout commence par un plat de raviolis bourré de digitaline. Une femme veut assassiner son mari qui la trompe depuis toujours. Mais un grain de sable menace son plan. Que faire, se dit-elle alors que son propre père aurait pris une décision très rapide comme dans l'épisode Pussemange. De Pussemange, on passe aux sorcières de Barofk, puis c'est un certain Paul Sheridan qui entre en scène, etc., etc., etc., jusqu'à l'épilogue "Le destin" où on retrouve la narratrice du début qui se demande comment sortir du pétrin dans lequel elle s'est mise. Je répète, un livre vite lu et assez vite oublié (en ce qui me concerne). Lire les billets de Philisine Cave, Keisha, Jérôme, Piplo.

Je continue avec le nouveau Yves Ravey, Sans état d'âme (Edition de Minuit, 120 pages), dont j'avais apprécié Un notaire peu ordinaire. Gustave Leroy dit Gu est le narrateur de cette histoire assez noire. Gustave est chauffeur poids lourd. Il est amoureux depuis son enfance de Stéphanie, sa voisine. Ils ont le même âge. Blanche, la mère de Stéphanie, était la patronne du père de Gustave. La vie de Gustave bascule quand il apprend que Stéphanie en aime un autre, un certain John Lloyd, qu'elle a rencontré on ne sait comment. C'est un simple touriste. Du jour au lendemain John Loyd disparaît sans laisser de traces. Gu y est pour quelque chose. C'est un roman court, très concis. La résolution de l'histoire m'a paru expédiée un peu rapidement. Lire les billets de Laure, Cannibalelecteurs, Shangols

Je termine avec Neverhome de Laird Hunt (Editions Actes sud, 258 pages) qui se passe pendant la guerre de Sécession. Un couple, Bartholomew et Constance (la narratrice), mène une vie calme dans une ferme de l'Indiana jusqu'à ce que la guerre de Sécession éclate. C'est Constance qui en habit d'homme s'enrôle, sous le nom d'Ash Thompson, dans l'armée des confédérés, à la place de son mari Bartholomew qui est moins résistant qu'elle. On suit Constance dans ses marches forcées. Elle est au plus près des combats. Tireuse d'élite, elle n'hésite pas à tuer hommes ou écureuils. Quand elle sauve une femme menacée de viol, ses camarades lui donne le surnom de "Gallant Ash". Elle souffre du froid, du manque de nourriture, du manque d'hygiène. Ayant été séparée de son régiment, elle décide de revenir vers sa ferme pour revoir son Bartholomew. Sur ce chemin du retour, elle a repris des habits féminins. Elle croise des personnages souvent excentriques. A un moment donné, croyant qu'elle est une espionne de l'armée de l'Union, des soldats sudistes la font prisonnière. Enfermée dans un asile de fous, elle arrive à s'échapper. C'est un roman ample, imagé, descriptif où le rêve et la réalité se mélangent. Un très beau portrait de femme. Lire les billets d'Efelle, Charibde27 et Winniethepooh

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jeudi 15 octobre 2015

Millenium 4 - David Lagercrantz / Poulets grillés - Sophie Henaff / La méthode du crocodile - Maurizio de Giovanni

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Suite à mon billet du 5 octobre 2015, je continue avec une deuxième série de trois romans policiers / thriller.

Comme beaucoup de fans de la trilogie Millenium de Stieg Larsson (disparu en 2004), je me suis demandé ce que donnerait ce Millenium 4 - ce qui ne me tue pas (Actes noirs, 480 pages) écrit par quelqu'un d'autre. J'avoue avoir lu ce roman avec plaisir. Cela se lit bien, comme m'a dit mon ami. On retrouve avec intérêt Lisbeth Salander et Michaël Blomkvist. La revue Millenium existe toujours malgré de gros problèmes d'argent, mais le coeur de l'intrigue se situe dans le monde de l'intelligence artificielle, du "hacking" informatique, de la collusion entre mafia russe et services secrets américains. Lisbeth en tant qu'hackeuse de génie n'est pas étrangère à ce qui se passe. Elle va défendre, au péril de sa vie, un petit garçon autiste (dont le père, qui devait faire des révélations à Michael Blomkvist, vient d'être exécuté). Je n'en dit pas plus. La fin, très ouverte, peut faire penser qu'il y aura une suite.

Je passe à Poulets grillés de Sophie Henaff (Albin Michel, 340 pages), un roman sympathique. En 2012, Anne Capestan, une brillante commissaire de la PJ, qui a été mise à pied tout récemment (à la suite d'une bavure), reprend du service dans une brigade créée exprès pour elle. Des policiers mis sur la touche pour différentes raisons la rejoignent: Lebreton, un ancien de l'IGS; un alcoolique qui répond au nom de Merlot; Torrez, un flic qui porte la poisse; Eva Rosière, une femme flic qui avait quitté le Quai des orfèvres pour écrire des best-sellers et un feuilleton à succès. Viennent s'ajouter Orsini, un délateur, ou Evrard, une joueuse compulsive. Tout ce petit monde est chargé de reprendre des "cold case", comme on dit en anglais. En effet, après avoir épluché plusieurs dossiers, ils tombent sur deux assassinats irrésolus, celui d'un marin en 1993, et une vieille dame étranglée chez elle en 2005. Ils vont découvrir que les crimes sont liés. C'est un premier roman qui se lit très agréablement avec une intrigue bien menée et qui m'a plu. Lire le billet de La petit souris.

Je termine avec La méthode du crocodile (10/18, 300 pages) de Maurizio de Giovanni, qui est un roman très noir. Pour vous donner une idée, je vous livre la première page du roman: "La Mort descend sur le quai numéro trois à 8h14 avec sept minutes de retard". Cette première phrase n'est pas mensongère et donne le ton de l'ensemble. A Naples, trois jeunes gens, fille et garçons, sont exécutés d'une balle dans la nuque. On croit à des crimes commis à l'instigation de la Camorra. Lojacono, un policier sicilien (mis au placard et exilé à Naples car soupçonné d'être en cheville avec la mafia), plus observateur que ses collègues, soupçonne que ce n'est pas le cas. En effet, il note que des mouchoirs mouillés de larmes sont laissés sur les lieux des crimes. Le tueur est surnommé "le crocodile", c'est un vieux monsieur qui a un but très précis. L'histoire se termine mal. On referme le livre hébété. Un roman que je vous recommande. De cet écrivain, je vous conseille aussi la quadrilogie "du commissaire Ricciardi", qui se passe dans les années 30 à Naples en pleine période mussolinienne: L'hiver du commissaire Ricciardi, Le printemps..., L'été..., et L'automne....

mardi 28 juillet 2015

Je suis Pilgrim - Terry Hayes (Challenge pavé de l'été 2015)

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C'est la troisième année que je m'inscris chez Brize au challenge "pavé de l'été" (merci à elle). Après 2666 de Roberto Bolaño et Les corrections de Jonathan Franzen, je me suis attaquée à un thriller écrit par Terry Hayes qui comporte 900 pages. Le narrateur, dont on ne saura jamais le vrai nom, est un homme qui a écrit un livre de référence en criminologie et médecine légale. Il a aussi travaillé dans le passé dans les services secrets. Quand le roman commence, il est appelé à titre d'expert sur la scène d'un crime à New-York. Une femme a été sauvagement assassinée et rendue méconnaissable. L'homme qui utilise comme nom de code Pilgrim devine que ce crime a été commis par une femme et qu'elle s'est inspirée de son ouvrage pour effacer tous les indices. Cette affaire va servir de contrepoint au reste de l'histoire dans laquelle Pilgrim va nous raconter l'histoire du Sarrasin. En Arabie Saoudite, le Sarrasin assiste à l'exécution de son père par décapitation. Ce dernier, zoologiste de profession, avait critiqué la famille royale. Le Sarrasin n'aura de cesse sa vie durant d'assouvir sa vengeance contre la famille des Saoud et leurs alliés, les Américains. Le roman tient en haleine et jusqu'au bout on se demande si le Sarrasin traqué par Pilgrim va arriver ou non à ses fins. Malgré les 900 pages, le roman se lit vite. C'est un "page-turner" idéal pour l'été. Personnellement, j'aurais aimé que l'histoire du crime du début soit plus étoffée. Elle m'a paru presque plus passionnante que le reste. L'auteur nous fait voyager de Djeddah (en Arabie Saoudite) au Liban puis en Afghanistan; des Etats-Unis pour repartir en Allemagne avant de repartir dans la région de Bodrum en Turquie. Je ne suis pas aussi enthousiate que je m'y attendais mais pourquoi pas?

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dimanche 19 juillet 2015

Le glaive du bourreau - Indrek Hargla

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Je viens de terminer la troisième enquête avec l'apothicaire Melchior. Les deux premières ( et ) m'avaient beaucoup plu, tout comme comme celle-ci. Dans Le glaive du bourreau d'Indrek Hargla (Editions Gaïa, 444 pages), nous retrouvons Melchior en 1422. Les événéments se passent entre le 16 septembre et 13 octobre à Tallin en Estonie. Wibeke Bose, la fille du bourreau de la ville, assiste à l'assassinat d'un homme par un autre dans la forêt avoisinante. Elle devient un témoin gênant pour le meurtrier, elle le paiera de sa vie. Jusqu'à ce que l'on découvre le meurtrier, le bourreau ne procédera plus à des exécutions. Comme dans les romans précédents, Indrek Hargla nous décrit les us et coutumes estoniennes au XVème siècle ainsi que les relations très étroites qu'entretenait Tallin avec d'autres villes hanséatiques comme Lübeck et son marché aux harengs (schonemarkt). Melchior, une fois de plus, démontre son intelligence et sa perspicacité autour d'une table de jeu. Il démasque l'assassin grâce à d'un magicien et un jeu de cartes (qui ressemble au tarot). C'est brillamment mené, j'ai beaucoup aimé. D'ailleurs, j'attends les romans  suivants avec un certaine impatience. J'ai noté qu'il y en avait encore au moins deux à traduire en français (source wikipedia).

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