samedi 14 mars 2015

Crosswind (La croisée des vents) - Martti Helde / Pause vacancière

Comme je m'absente de France pendant presque deux semaines, je voulais évoquer un film singulier.

Je conseille en effet Crosswind (La croisée des vents), un film tourné dans un très beau noir et blanc avec une caméra qui avance, recule, fait des aller-retour et passe d'un endroit à l'autre, passant à côté ou entre des personnages figés tels des statues. Et pourtant, on voit que ce sont des êtres vivants. Ils prennent la pose comme s'ils allaient être peints. Il suffirait d'un souffle pour qu'ils bougent, ainsi le tablier d'une vieille femme en haut de marches. Le réalisateur estonien, Martti Helde, a choisi un parti pris esthétique audacieux pour mettre en images les lettres d'une jeune femme estonienne, Erna, qui écrivit à son mari pendant les quinze ans de sa captivité en Sibérie. En effet, en juin 1941, sur ordre de Staline, des habitants (plus de 500 000 mille) des pays Baltes - Estonie, Lithuanie et Lettonie - ont été déportés en Sibérie. Erna en "voix off" lit quelques lettres qu'elle écrit à son mari (elle ne les a jamais envoyées, ignorant ce qu'il était devenu). Car à l'époque, dès qu'ils montaient dans les trains en partance pour la Sibérie (26 jours de voyage dans des wagons à bestiaux sans pouvoir se laver ni presque manger), les femmes et les enfants étaient séparés des maris. Erna a connu la faim, les privations, le viol, les conditions de travail harassantes. Le film qui ne dure qu'1H27 est envoûtant et pas ennuyeux. J'espère qu'il ne va pas disparaître trop tôt des écrans. Dans la salle, le soir où j'ai vu le film, il n'y avait qu'une vingtaine de spectateurs: c'est peu.

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Sinon, pendant que je serai au Guatemala, je pense que mon bouton d'Amarillys va pousser de plus en plus. La plante était en sommeil depuis presque un an. Quand j'ai découvert ce bouton, j'ai été très contente. Mon ami m'a promis de l'arroser en mon absence. Et moi, je vous dis à bientôt.

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dimanche 25 janvier 2015

Je hais les petites phrases - Honoré

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Ma commande passée le 8 janvier 2015 chez l'une de mes librairies de quartier du livre d'Honoré Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / Editions Les Echappés (2011, 112 pages) est arrivée en fin de semaine dernière.

Extrait de la 4ème de couv': "Des petites phrases, degré zéro de la pensée, en français approximatif, creuses ou vulgaires, à l'image de la vie politique des années Sarkozy: Je hais les petites phrases dresse une galerie de portraits pris sur le vif des meilleurs paroliers du quinquennat, où le dessin révèle les sous-entendus les plus inavouables."

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne prêtais certainement pas assez attention aux dessins carrés d'Honoré quand j'achetais Charlie Heddo, quelques rares fois par an (à l'occasion de voyages en train, en général), et je le regrette, ô combien, aujourd'hui.

Publié avant la fin de l'unique quinquennat de Nicolas S., cette sélection de dessins publiés dans l'hebdomadaire fait la part belle aux ministres ou personnalités de droite (le Président apparaît lui-même 11 fois, suivi par Mme Lagarde (10 occurrences), Fillon (6 dessins), Woerth (5 portraits), mais aussi Boutin ou Amara (4). S'y ajoute un peu de société civile (Laurence Parisot 3), mais aussi quelques religieux catholiques (le Pape, des évêques) ou des mises en situation de musulmans voire musulmanes... Méconnu, Honoré dessinait bien en véritable iconoclaste.

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Je trouve que le style de dessin d'Honoré fait penser à de la linogravure: format du dessin carré ou rectangulaire, traits épais, décors géométriques en arrière-plan souvent composé de lignes droites. Comme on le remarque ci-dessus, les dessins sont en fait constitués de trois éléments: en haut, en rouge et entre guillemets, la "petite phrase" servant de prétexte à Honoré (avec toujours son auteur crédité). Le dessin lui-même, généralement statique. Et en queue, le venin (quelques mots faussement attribués au personnage, ou un commentaire de situation...). Les types de portraits sont variés: de face ou de profil, du plan italien au plan poitrine en passant par le plan taille. On peut aussi voir deux personnages qui échangent, ou bras-dessus-bras-dessous. Parfois est caricaturée une situation outrée: Lagarde sautillante, Bayrou en écorché ou Villepin râlant au croc. Anecdotiquement, sont représentés des animaux: nounours, trois (cul de) vaches, un magnifique canard mandarin polychrome. Les vignettes de ce livre sont le plus souvent en noir et blanc, très rares sont celles comportant un aplat monochrome, et seuls 3 dessins sont égayés de deux couleurs (j'ignore ce qu'il en était des parutions originales dans Charlie, ou si ces couleurs sont spécifiques au livre). On pourrait noter enfin que, à l'époque de parution, la gauche était à la portion congrue: peu visible, peu visée? Valls apparaissait dans 3 dessins peu flatteurs, Rocard 2 fois, DSK et Hollande 1 fois chacun... Je suppose que des ouvrages reprenant des dessins plus récents ne manqueront pas d'être publiés?

Pour l'anecdote, j'en profite pour signaler avoir demandé ces derniers temps, dans deux librairies différentes, pourquoi il n'y avait pas une table dédiée aux livres des six journalistes (dessinateurs ou chroniqueurs) assassinés, et avoir obtenu des réponses très similaires: "on s'est posé la question / j'y ai réfléchi; ça m'a / ça nous a mis mal à l'aise : ça aurait fait un peu... [le mot juste a un peu de mal à sortir: opportuniste? vautour? commercial]; on va laisser passer un peu de temps; si on nous en demande, on répond bien sûr; tous leurs titres ne sont pas actuellement disponibles".

En conclusion, un dernier dessin papillonnant d'Honoré, illustrant cette fois un autre livre (tout juste acheté), de Bernard Maris (Oncle Bernard), Petits principes de langue de bois économique, Bréal / Charlie Hebdo, 2008 (billet à venir) [chroniqué le 27/02/2016].

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*** Je suis Charlie ***

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lundi 29 septembre 2014

Elle l'adore - Jeanne Herry / 3 coeurs - Benoit Jacquot / Avant d'aller dormir - Rowan Joffe

Voici un billet sur trois films, dont deux m'ont mise de très mauvaise humeur.

Je commence par le moins mauvais film selon moi, Elle l'adore de Jeanne Herry, avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte. Je l'ai vu en avant-première dans une salle de province, nous étions 2 (deux) dans une grande salle. Muriel Bayen (Sandrine Kiberlain), divorcée, mère de deux enfants et qui exerce la profession d'esthéticienne, est une "groupie" du chanteur Vincent Lacroix (Laurent Lafitte). Celui-ci commet un acte irréparable et lui demande son aide. Muriel s'acquitte plus ou moins bien de sa tâche mais s'en tire en mentant avec aplomb à un couple de policiers. Car Muriel est une affabalutrice-née, c'est ce qui la sauve. J'ai oublié de préciser que le couple de policiers, une femme et un homme, sont amants. Cela génère quelques scènes assez drôles. Kiberlain est très bien comme souvent. Mais je trouve que le ressort dramatique manque de "punch". Sans dévoiler davantage l'histoire, on peut dire qu'à la fin, Vincent a perdu une fan. Regardable. Pour ceux qui l'ignorent, Jeanne Herry est la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc.

Maintenant, je passe à deux films que j'ai vus dans la même soirée (que j'ai eu l'impression d'avoir gâchée).

Pour 3 coeurs de Benoît Jacquot, je reprends à mon compte la critique assassine de Mymp et je pense être encore plus déçue que lui. Dans une ville de province, Valence (dans la Drôme), en fin de soirée, Marc Beaulieu (Benoît Poelvoorde), inspecteur des impôts, vient de rater son train et il erre comme une âme en peine dans la ville déserte. Il croise le chemin de Sylvie Berger (Charlotte Gainsbourg). C'est le coup de foudre. Ils se perdent de vue (je vous passe les détails à part le fait que Marc est fragile du coeur), et voici que Marc, revenu à Valence, tombe sous le charme de Sophie (Chiara Mastroianni), venue en pleurs dans son bureau des impôts pour régler un problème. Sophie est la soeur de Sylvie, ce que Marc ignore jusqu'au jour où ils se marient, et Sophie ignore que Sylvie a connu Marc avant elle. Les deux soeurs, qui tiennent un magasin d'antiquités, ont une relation fusionnelle. Que ce film est triste à voir et mortellement ennuyeux! Malgré le titre, je n'ai ressenti aucune passion amoureuse. Charlotte Gainsbourg passe son temps à allumer des cigarettes d'une scène à l'autre. Chiara Mastroianni n'est pas en reste. Quand elles ne fument pas, elles déjeunent chez leur mère (Catherine Deneuve, très bien), et face à elles, Benoit Poelvoorde qui fait ce qu'il peut. Je l'ai trouvé touchant, mais pas crédible en amoureux des deux soeurs. Il faut dire que l'on peut se demander pourquoi il tombe amoureux de Charlotte Gainsbourg qui "fait la gueule" tout le temps. J'ai eu de la peine pour lui. La musique n'est pas terrible et la voix off qui fait avancer l'action n'ajoute rien. Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé le film, sauf la fin, qui m'a paru logique.

Je termine par mon deuxième "coup de gueule". Avant d'aller dormir, de Rowan Joffe (le fils de Roland), est d'abord un roman que je n'ai pas lu mais qui a été chroniqué sur des blogs (par exemple ici et [ce dernier article comporte d'autres liens]). On peut dire que l'histoire est Un jour sans fin sans humour. Depuis 14 ans, suite à un grave accident, Christine (Nicole Kidman) se réveille tous les matins sans se souvenir de ce qu'elle a fait la veille. Ben (Colin Firth) est toujours à ses côtés. Un certain docteur Nash (Mark Strong) essaye de lui faire retrouver la mémoire. Ce film est sinistre à tout point de vue, et j'ai été choquée par quelques scènes entre Colin Firth et Nicole Kidman. Pauvre Colin! Ceux qui ont vu ou verront le film me comprendront. Vivement le prochain Woody Allen, dans lequel il joue un des rôles principaux. Quant à Avant d'aller dormir, vous pouvez vous abstenir de le voir.

...Heureusement que mes deux prochains billets évoqueront deux films très réussis: Leviathan (chroniqué le 02/10/2014) et Saint Laurent (chroniqué le 05/10/2014).

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dimanche 31 août 2014

Le spectre de la rue du Puits - Indrek Hargla

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Comme j'avais beaucoup aimé le premier tome des enquêtes de Melchior l'apothicaire, j'ai été contente de lire le second tome, Le spectre de la rue du Puits d'Indrek Hargla (Editions Gaïa, 300 pages). Je l'ai emprunté en bibliothèque.
Nous retrouvons Melchior en 1419, soit 10 ans plus tard. Toujours marié avec Keterlyn (déjà très présente dans le tome précédent), il est devenu le père de jumeaux de cinq ans, un garçon et une fille (Melchior et Agatha). Melchior et sa famille habite toujours la rue du Puits à Tallin en Estonie. Les événements se déroulent du 2 au 15 août. De jeunes amoureux croient voir un spectre sorti d'une des maisons de la rue. Ils ne sont pas les premiers. Ce spectre s'est manifesté devant quelques personnes qui sont décédées de façon plus ou moins violentes peu après. Voilà ce qu'apprend Melchior qui décide de mener sa propre enquête avec le soutien de son ami, le conseiller bailli Wentzel Dorn qui lui-même est très peiné par la mort de quelques notables. Bien entendu, toutes ces morts (naturelles ou non) sont liées. Sans en dévoiler plus, je dirais, qu'un homme fou de chagrin est à l'origine de ces crimes. Il est aidé dans sa funeste entreprise par deux personnes. Voici un roman qui prend son temps, l'intrigue est bien menée, Hargla dévoile quelques us et coutumes de l'époque, la bière coulent à flots et la liqueur d'apothicaire préparée par Melchior rencontre toujours beaucoup de succès. Les deux romans assez dépaysants peuvent se lire indépendamment. Je vous les recommande tous les deux.

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samedi 19 juillet 2014

Les fantômes de Belfast - Stuart Neville / L'énigme de Saint-Olav - Indrek Hargla / Le cercle - Bernard Minier

 

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Voici trois romans lus récemment qui n'ont pas de rapport entre eux (si ce n'est que ce sont des romans policiers) et qui m'ont procuré d'agréables moments de lecture.

Je commencerai par celui que j'ai préféré des trois: Les fantômes de Belfast de Stuart Neville (Rivages Noir, 423 pages qui se lisent d'une traite). A Belfast, Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, est hanté par les fantômes de 12 personnes  qu'il surnomme les "12 suiveurs". Il les a assassinées plusieurs années auparavant. C'étaient des meurtres commandités. Venant de sortir de prison, il commence à éliminer ceux qu'il juge responsable de ces morts. Petit à petit, les fantômes cessent de le harceler tandis que Gerry supprime des êtres peu recommandables. L'histoire est bien menée et tant pis si l'on juge que Gerry ne devait pas se faire justice lui-même. C'est un personnage que l'on n'oublie pas. Stuart Neville est un écrivain à suivre car Les fantômes de Belfast est son premier roman.

Je continue avec un roman policier estonien. C'est le premier d'une série. Dans L'énigme de Saint Olav - Melchior l'Apothicaire, livre 1 (Babel noir, 420 pages intrigantes), Indrek Hargla situe son intrigue entre le 15 et le 22 mai 1409 à Tallinn en Estonie. Cette ville était partagée entre ville basse et ville haute où se situait la forteresse de l'ordre des chevaliers teutoniques. Le bailli de la ville demande à Melchior Wakenstede, l'apothicaire, de l'aider à découvrir qui a décapité un ancien commandeur de l'ordre Teutonique de Gotland. Dans la bouche du mort, l'assassin a placé une vieille pièce de monnaie. Trois autres morts suspectes vont suivre dont deux empoisonnements. Il est question de position des pions dans un jeu d'échecs, de brasseur de bière, de la guilde des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de bâtisseurs d'églises. L'arrière-plan historique n'est pas forcément très simple car assez méconnu, mais cela ne m'a pas empêché de bien apprécier ce roman que je vous conseille.

Je terminerai avec Le cercle de Bernard Minier (Pocket, 780 pages) où l'on retrouve le commandant Servaz (dont on avait fait connaisance dans Glacé).  Dans la région de Toulouse à Marsac, Hugo, un étudiant, est retrouvé dans la maison où l'on découvre le corps d'une prof. Elle a été ligotée et laissée sans vie dans sa baignoire. Servaz est chargé de l'enquête par sa hiérarchie et surtout par Marianne, la mère d'Hugo. Ce dernier apparaît être le principal suspect. D'autres morts vont suivre. Les victimes ont un lien commun. J'ai trouvé que 780 pages, c'était un peu long. Il y a pas mal de digressions, de sous intrigues. J'ai préféré Glacé.


jeudi 10 juillet 2014

On a failli être amies - Anne Le Ny / Duo d'escrocs - Joël Hopkins

Après Cornouailles de la même réalisatrice (le film ne m'avait pas convaincue), je vous recommande d'aller voir On a failli être amies car Karine Viard est formidable tout comme Emmanuelle Devos. L'histoire bien écrite se termine plutôt bien (selon moi). Les spectatrices dans la salle (nous étions une dizaine) avaient l'air très contentes de leur choix. Quelque part dans le centre de la France, Marithé (Karine Viard), une femme divorcée, travaille dans un organisme qui s'occupe de personnes en quête d'une nouvelle orientation professionnelle. Carole (Emmanuelle Devos) assiste à l'une de ces sessions sans révéler qui elle est vraiment. C'est par hasard, en entrant dans un restaurant "étoilé", que Marithé découvre que Carole est l'épouse du Chef, Sam, très bien joué par Roschdy Zem. On découvre assez vite que Carole voudrait changer de vie (avoir un haras) et prendre un nouveau départ, tandis que dans le même Marithé a des vues sur Sam. Le film est bien écrit. Et il faut avouer qu'une invitation dans le restaurant de Sam ne serait pas pour me déplaire.

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Et maintenant, je vais dire deux mots de Duo d'escrocs, un film que j'ai vu dans un moment de faiblesse, mais je ne le regrette pas, car le duo formé par Pierce Brosnan et Emma Thompson est irrésistible. L'histoire est abracadabrantesque: deux Anglais, Richard et Kate (Brosnan et Thompson), la cinquantaine tous les deux, sont divorcés depuis quelques années. Eprouvant encore des sentiments l'un envers l'autre, ils s'unissent pour se venger d'un méchant homme d'affaires français (!) qui par un rachat d'un fond de pension vient de les dépouiller de l'argent de leur retraite prochaine. Cela nous permet de faire une virée en leur compagnie à Paris et sur la Côte d'Azur (dans une très belle demeure surplombant la mer). Les différentes péripéties qui jalonnent le film sont complétement invraisemblables mais je me suis bien amusée. Un film que l'on peut toutefois attendre en DVD.

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dimanche 22 juin 2014

Two Faces of January (Les deux visages de Janvier VF) - Hossein Hamini

Sorti mercredi 18 juin 2014, Two Faces of January d'Hossein Hamini est un film assez prenant jusqu'au final (je suis moins dure que ffred qui s'est ennuyé). L'histoire est adaptée d'un roman de Patricia Highsmith, qui porte le même titre et que je ne connaissais pas. En 1962, un couple d'Américains, Colette (Kirsten Dunst) et Chester McFerland (Viggo Mortensen), font un voyage d'agrément en Grèce, et séjournent à Athènes. Là, ils croisent Rydal (Oscar Isaac), un américain comme eux, qui parle grec. Son métier de guide lui permet aussi d'escroquer les touristes. Il est tout de suite fasciné par Colette. On découvre assez vite que ce couple fortuné qui semble sans histoire n'est pas aussi lisse qu'il le paraît. Ils ont beaucoup à se reprocher. Le film bénéficie d'une lumière superbe et d'une belle musique d'Alberto Iglesias (le compositeur de prédilection des films de Pedro Almodovar). Les paysages grecs dont ceux d'Heraklion et de Crète sont bien filmés. Les spectateurs dans la salle où j'étais m'ont semblé assez captivés par cette histoire criminelle où les décès surviennent accidentellement (?). J'ai trouvé la mise en scène fluide. L'une des dernières séquences qui se passe à Istanbul est très réussie. Le couple formé par Viggo Mortensen et Kirsten Dunst m'a paru crédible. A vous de voir. En tout cas, je compte bien lire un jour le roman reparu pour l'occasion et dont j'ai trouvé une édition de 1986 dans la bibliothèque loisirs dont je m'occupe.

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mercredi 4 juin 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (le film) - Felix Herngren

Après le roman très remarqué (un excellent bouche-à-oreille), chroniqué sur les blogs (dont le mien), l'adaptation cinématographique n'a pas tardé. Sorti mercredi 28 mai 2014, le film, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren se laisse voir même si je l'ai trouvé nettement moins amusant que le roman qu'il est préférable d'avoir lu avant, à mon avis. Allan Karlsson se fait la belle de la maison de retraite où il est pensionnaire, le jour de son centenaire. Il saute par la fenêtre sans se faire mal (du rez-de-chaussée quand même). Allan est un drôle de bonhomme, spécialiste en explosifs. C'est d'ailleurs à cause d'une explosion qu'il s'est retrouvé dans la maison de retraite: il venait de faire sauter une bombe entourée de saucisses qui ont servi à appâter un renard responsable de la mort de son chat Molotov, et son voisinage n'a pas apprécié. Le film alterne les séquences entre le présent et le passé. Après sa fuite, on suit Allan (et sa valise), qui fait la connaissance de Julius, Gunilla et surtout Sonja (une éléphante). Un flic désabusé est sur sa piste ainsi que toute une bande de "méchants" qui veulent remettre la main sur la valise (pleine de billets de banque, et qu'un jeune malfrat lui avait confiée). Et on retrouve Allan depuis sa naissance à des périodes différentes de sa vie tumultueuse: son séjour en hôpital psychiatrique, sa rencontre dans les années 50 avec Staline et Truman, puis en Mai 68 à Paris, et son séjour au goulag avec le frère idiot d'Albert Einstein. Avec toujours ce fil conducteur: les explosifs sous toutes ses formes. C'est un film sans prétention qui, j'espère, donnera envie de lire le roman.

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vendredi 14 mars 2014

Dans l'ombre de Mary, la promesse de Walt Disney - John Hancock

J'ai beaucoup aimé ce film dont l'histoire m'a émue. Le film alterne deux périodes et deux histoires. D'abord, en 1906, Helen et sa famille vivent dans une bourgade loin de tout en Australie. Le père, Travers Lyndon Goff, directeur de banque, aime tendrement toute sa petite famille (sa fille ainée, Helen, est en adoration devant lui). Malheureusement, en proie à des problèmes d'alcool dont il mourra, il fait souffrir toute sa famille et en particulier la maman aux tendances suicidaires. En 1961, Helen, devenue Pamela Lyndon Travers, connaît des difficultés financière. Depuis plus de 10 ans, elle est en négociation pour laisser les droits cinématographiques de son oeuvre à Walt Disney qui fait tout pour l'amadouer. En effet, depuis le début, elle n'est pas vraiment d'accord avec la vision édulcorée et musicale de ce que veut en faire le producteur. Ce dernier a promis à ses filles d'arriver à ses fins (que le film existe).  Mary Poppins, qui comporte pas mal d'éléments biographiques sur l'écrivain, sortira en 1964. Julie Andrews gagnera un Oscar pour son interprétation. Le film de John Hancock bénéficie d'une distribution impeccable avec Emma Thompson dans le rôle de P. L. Travers, parfaite en anglaise coincée qui n'a pas oublié son enfance difficile, face à Tom Hanks, très crédible dans le rôle de Walt Disney. Colin Farrell dans le rôle de Travers montre une fois de plus qu'il est un bon acteur. Pendant le film, on entend pas mal la musique et quelques bribes des chansons du film. Et cela m'a donné vraiment envie de le revoir. Je le conseille tout comme ffred et Alex-6.

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jeudi 5 septembre 2013

Quatre films "polars" américains des années 40

L'Action Christine, cinéma d'art et d'essai du VIème arrondissement à Paris, programme pendant l'été, et le reste de l'année d'ailleurs, plein de (vieux) films selon un genre précis. Comme j'ai encore été très moyennement tentée par les nouveautés ces temps-ci, j'ai vu quatre films que je ne connaissais pas et qui sont vraiment très bien.

Angoisse (Experiment Perilous) de Jacques Tourneur (1944, 91 mn) avec Hedy Lamarr, George Brent et Paul Lukas: une histoire d'un garçonnet mal-aimé par son père (la maman étant morte en couches). A Londres, en 1903, cet homme (Paul Lukas) devenu adulte devient le meurtrier de sa soeur et de l'homme qu'il croit être l'amant de sa femme. Dommage que la séquence finale très "happy end" soit mièvre. Paul Lukas en mari et père torturé est remarquable et Hedy Lamarr était bien jolie.

Le suspect (The Suspect) de Robert Siodmak (1944, 85 mn) avec Charles Laughton qui interprète Philip, un homme mal marié à une mégère qui leur fait une vie impossible à lui et à leur fils, lequel s'en va habiter ailleurs. L'histoire se passe à Londres en 1902 dans un quartier cossu qui abrite un maître-chanteur, une femme battue et un meurtrier. Face à eux, on trouve un inspecteur tenace de Scotland Yard. Je ne vous en dis pas plus si ce n'est que Charles Laughton a une coiffure plutôt excentrique et qu'il joue tout en retenue. La fin du film m'a plu.

L'Impasse tragique (The Dark Corner) d'Henry Hathaway (1946, 99 mn) avec Lucille Ball, Clifton Webb, William Bendix et Mark Stevens, met en scène un détective qui va tout faire pour se disculper (il est accusé d'un meurtre) avec l'aide de sa secretaire. L'intrigue où un mari jaloux va imaginer un plan machiavélique pour se débarrasser de l'amant de sa femme est complexe. C'est vraiment bien fait.

L'assassin sans visage (Follow Me Quietly) de Richard O. Fleisher (1949) avec William Lundigan, Dorothy Patrick. Ce film très curieux dure 56 minutes, c'était le troisième film de fiction du réalisateur. Un homme se faisant appeler "Le juge" en est à son 7ème crime quand le film commence. Il frappe sans mobile apparent les jours de pluie. On ne connaît que sa silhouette de dos. Grâce à un mannequin grandeur nature, "Le juge" sera démasqué. A découvrir.
PS: A noter que ce film va être diffusé sur France 3, dimanche 08 septembre à 00H25, dans le cadre d'un cycle polar au cinéma de minuit.

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