dimanche 21 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (suite 1ère partie)

J'ai donc repris ma rédaction de billets après quelques jours qui ont passé trop vite à mon goût. Pendant cette période "sans blog", je n'ai malgré tout pas eu le temps de faire tout ce que je voulais, mais je ne pouvais pas laisser tomber mes lecteurs trop longtemps.

Je poursuis mes billets avec plusieurs films chroniqués car j'ai beaucoup de retard. D'autres suivront.

Sherlock Holmes de Guy Ritchie est un film distrayant où le méchant n'est pas Moriarty (quoique) mais un certain Lord  Blackwell, qui se sert de stratagèmes, de poisons et de tours de passe-passe pour essayer de s'emparer du pouvoir en Angleterre et instaurer une dictature. Heureusement que Sherlock Holmes et son fidèle Watson veillent, jeunes et fringants. Holmes (Robert Downey Jr) n'est pas encore trop "acccro" aux drogues, en revanche, il sait bien se battre à mains nues (il gagne des paris de cette façon). Watson, lui, est médecin-expert auprès des tribunaux. Parmi les méchants, il faut noter un géant parlant un français improbable et avec une force colossale. J'ai trouvé les effets spéciaux réussis et, pour une fois, j'ai tout compris. Mais il est vrai qu'on on nous explique plusieurs fois ce qu'il faut comprendre. Film distrayant.

Le père de mes enfants de Marion Hansen Love. J'ai enfin pu voir (avant qu'il ne soit trop tard) ce film dont j'avais entendu et lu du bien. La réalisatrice s'est inspirée de la vie du producteur Humbert Balsan, lequel s'est suicidé en 2005. Il y a deux grandes parties dans le film: avant et après la mort de Grégoire Canvel (Louis-Do de Lencquesaing, remarquable), producteur indépendant de films un peu d'avant-garde et beaucoup "Art et essai". Mais sa société de production "Moon Films" rencontre de grosses difficultés financières. Malgré une vie de famille équilibrée entre sa femme et ses trois filles, Grégoire se suicide sans que l'on nous donne une raison précise. Sa femme (Chiara Caselli) reprend le flambeau, et Clémence, sa fille ainée, va essayer de comprendre le pourquoi cette disparition. Ce film est une sorte d'hommage à ces personnages passionnés de cinéma qui y vouent leur vie et plus encore. C''est un film sur le milieu du cinéma avec ses doutes et ses problèmes. Le métier de producteur est dur et sans pitié. Mais ce n'est pas un film triste car, à la fin, Clémence s'émancipe en se tournant vers le cinéma. Film intéressant d'une jeune réalisatrice à suivre.

Je m'attendais à autre chose du film An education de la réalisatrice danoise Lone Scherfig, surtout en sachant que le scénario est de Nick Hornby. C'est un film sage dans lequel Carey Mulligan qui joue Jenny est une jolie révélation avec ses airs d'ingénue. Le titre pourrait se traduire en français par "Une éducation sentimentale". Tout est un peu languissant à mon goût, on est à la limite de l'ennui. Ce n'est pas très drôle. Il manque l'humour britannique. Pour résumer, Jenny, élève modèle en dernière année de lycée avant de tenter d'entrer à Oxford, tombe amoureuse d'un homme un peu escroc qui lui fait miroiter une vie romantique. C'est un vrai gentleman plein d'attentions pour elle. Ce faisant, il lui fait découvrir un début de vie aisée et insouciante. Bien entendu, il n'est pas ce qu'il dit être. Cela se termine dans le conformisme sans éclat: Jenny reprend ses études et puis voilà. De Lone Scherfig, je vous conseille plutôt Italian for Beginners: un film vraiment sympa tourné dans la lignée du "Dogme".

Soul Kitchen de Fatih Akin, troisième film que je vois de ce réalisateur germano-turc, est a priori une comédie. Je l'ai vu en avant-première en présence du réalisateur et des distributeurs français, qui nous ont surtout dit que le film avait fait 1 million d'entrées en Allemagne. Je pense ne pas avoir le même goût que les Allemands.... Fatih Akin s'essaye donc à faire sourire: il a encore des progrès à faire. C'est surtout le scénario que j'ai trouvé faiblard. Les acteurs s'amusent plus que nous, certains ne font que des apparitions comme Birol Unel (Head on). Cela se passe à Hambourg de nos jours. Zinos, un Allemand d'origine grecque, est le propriétaire d'une sorte de grand hangar qui fait restaurant. Les clients sont rares et la nourriture peu variée, mais des habitués se plaisent en ce lieu. Zinos est amoureux d'une jeune femme qui part en Chine. Il engage un nouveau chef de cuisine caractériel qui fait fuir les clients et Zinos se retrouve avec des problèmes de dos. Quel est le rapport, me direz-vous? Et bien pas beaucoup. On trouve quelques bonnes idées dont celle de l'Allemand blond, le "méchant" qui fait tout pour récupérer le hangar: c'est le terrain qui l'intéresse à des fins de spéculations immobilières. Selon le dossier de presse, l'histoire est inspirée de la vie de l'acteur principal Adam Dousdoukos qui a participé au scénario. Toujours est-il que je trouve Fatih Akin plus inspiré dans des films graves comme Head-on (cf. mon billet du 15/01/07).

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samedi 19 décembre 2009

La route - John Hillcoat

La route de John Hillcoat est une adaptation assez fidèle, du point de vue purement dramatique, du roman de Comac McCarthy (cf. mon billet du 09/03/2008) et c'est justement là où le bât blesse. Car on n'entend pas, dans les dialogues ou la voix "off", le style d'écriture si particulier du roman qui en fait presque un long poème et donne toute la force à l'ensemble. Il faut vraiment, ai-je trouvé, soit faire abstraction du roman, soit, mieux encore, ne pas l'avoir lu. Alors dans ce cas-là, on apprécie mieux le film qui commence par nous montrer le monde AVANT l'apocalypse avec une séquence pendant laquelle un mari (Viggo Mortensen, très convaincant) et sa femme (Charlize Theron) vivent dans une maison avec un paysage bucolique. Puis tout n'est plus que désolation, il fait de plus en plus froid et sombre. Des mini-tremblements de terre se produisent. Il faut saluer le travail du décorateur: c'est grandiose. L'homme, en compagnie de son petit garçon, pousse, sur une route, un caddie rempli de leurs maigres biens. Ils vont vers le sud, vers la mer où le temps sera peut-être plus clément. Les faits marquants du roman sont repris, dont le cannibalisme (d'ailleurs j'ai fermé les yeux au moment de ces scènes). Ils font aussi quelques rencontres, comme un vieillard au regard voilé par la cataracte ou un noir qui tentent de voler leurs affaires. L'homme tente de protéger au mieux le petit, mais ce père tombe malade et meurt. La fin est presque mièvre mais elle me paraît plus logique dans le film que dans le roman. A vous de voir. Personnellement, n'ayant pas beaucoup aimé le roman La route qui n'est pas adaptable en l'état, j'ai trouvé le film très regardable (même les flash-back ne m'ont pas gênée bien qu'ils n'apportent rien à l'histoire).

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mercredi 9 décembre 2009

Jan Karski - Yannick Haenel

Pour en revenir à la rentrée littéraire et comme je l'avais dit dans mon billet du 19/11/2009, je viens de lire Jan Karski (collection L'infini, Editions Gallimard). Ce roman, qui a reçu les prix du roman Fnac et Interallié 2009, est composé de trois parties comme Yannick Haenel l'indique en note au début de l'ouvrage. La première partie, la plus courte (20 pages), est un description d'un moment dans le film Shoah de Claude Lanzmann (1985), où un homme, grand, maigre et très digne revient sur des événements douloureux qui se sont passés 35 ans auparavant pendant la seconde guerre mondiale. Il s'agit de Jan Karski, né polonais catholique, qui a échappé au massacre de Katyn en se faisant passer pour un ouvrier. A partir de ce moment-là, il est entré dans la Résistance polonaise, faisant le messager entre elle et le gouvernement en exil à Londres. Parmi les missions qui lui sont confiées, il y a celle de s'introduire clandestinement dans le ghetto de Varsovie pour voir ce qui s'y passe. Il voit l'indescriptible et l'horreur absolue. La deuxième partie (80 pages) est un résumé du livre autobiographique de Jan Karski, Histoire d'un état secret, qui se passe de 1939 à 1943: il y raconte ce qu'il a vécu pendant cette période, sa mission dans le ghetto et comment il a pu entrer dans un camp d'extermination en se faisant passer pour un garde ukrainien qui lui avait prêté ses vêtements. Plusieurs fois arrêté et torturé par la Gestapo, il rappelle que la Pologne a été une nation démantelée, coincée entre l'Allemagne et l'Union soviétique, entre les nazis et les staliniens. La résistance polonaise a fait ce qu'elle a pu mais ses moyens étaient limités. Il est arrivé plusieurs fois à quitter la Pologne, à rejoindre Londres, à aller jusqu'aux Etats-Unis où il a rencontré F. D. Roosevelt à qui il a raconté ce qui était en train d'arriver au peuple juif. Dans la dernière partie, qui fait 70 pages, Yannick Hanael écrit une fiction à la première personne où il se met à la place de Jan Karski en revenant sur l'extermination des Juifs. Il écrit cette phrase terrible: l'extermination des Juifs d'Europe n'est pas un crime contre l'humanité mais un crime par l'humanité. Il déplore que personne ne l'ait cru parce que personne ne voulait le croire. Par la suite, Jan Karski, de messager, est devenu témoin. Il fait partie des Justes au mémorial de Yad Vashem. Je ne saurais trop vous conseiller ce très beau roman que tout le monde devrait lire. C'est un livre nécessaire. On est bouleversé.

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dimanche 29 novembre 2009

Lucky Luke - James Huth

[Attention, ceci n'est pas un billet de Dasola, mais bien le 2ème signé par "Ta d loi du cine" (le précédent est ici).]
Dasola ayant catégoriquement refusé de m'accompagner (la bande-annonce lui avait suffi, ai-je cru comprendre), j'ai été au bout de mon souhait d'aller voir l'oeuvre en question, quelque temps après sa sortie (qui a eu lieu le 21 octobre 2009). Du coup, je me fends d'une critique pour raconter l'aventure. Premier challenge: réussir à trouver un cinéma qui passait encore ce film: ils sont deux, sur Paris, en cette 6ème semaine depuis sa sortie. Effectivement, j'avais laissé passer le gros des spectateurs (QUI est gros?); c'est pas une blague, j'ai eu droit à la salle pour moi tout seul: j'étais LE spectateur du jeudi soir.
Côté parodie, ce n'est pas du léger. J'ai plus souvent fait la grimace que souri. Le plus réussi, ce sont les bottes, tout à fait dans l'esprit de la BD. Et je retiendrai le "Ouaip!" de Dujardin. Mais, dans les scénarios de Goscinny (tu parles d'un hommage!), ça allait de pair avec l'allumage d'une cigarette. Ici, on a droit à du brin d'herbe fumeux qui a tout du pétard mouillé. Le seul gag qui m'a fait rire était plutôt gore. Hé non mesdames, il ne faut pas ôter les bottes d'un cow-boy, surtout dans une baignoire (gare au gremlin des familles). Le film semble hésiter au croisement de différents univers: celui du cartoon à la sauce franco-belge, et celui du post-western spaghetti-paëlla. Au final, ça donne du Guignol. Ce n'était certes pas facile de trouver la bonne distance parmi cinq ou six influences. D'où peut-être l'impression d'une succession de tableaux, de morceaux de bravoure. Un peu comme à la guerre: pendant 95% du temps, on ne fait qu'attendre qu'il se passe enfin quelque chose (avec des méchants anonymes un peu statiques en figurants qui font nombre, le genre qui a vocation à se faire massacrer par paquet de six - en principe?); puis tout se passe effectivement trop vite pour qu'on puisse voir et comprendre (à part l'unique ralenti du film). Et c'est pas mal elliptique. N'ayant pas lu les deux tomes de la série "dérivée" Kid Lucky (désolé!), j'ignore si des éléments y ont été repris, ou non, pour l'enfance de LL. Pour dire quelques mots des personnages: Billy the Kid m'a fait penser à Sylvestre (à cause du zeveu sur la langue?). Je ne sais pas si Dujardin a le menton assez pointu par rapport au LL "classique"? Il semble s'être calqué sur - ou cantonné à (j'ai pas dit Cantona!) - celui des (disons) 12 premiers albums parus chez Dupuis? Soyons juste, il y a tout de même des réminiscences dans ce film. "Pat Poker" a une tête de O'Sullivan dans Phil Defer, et le coup de la fausse sortie provient peut-être de cet album. On aurait peut-être au moins pu avoir droit à la mention du seul "sept-coup" de l'Ouest, modèle spécial créé par un vieil armurier: même pas! OSS Luke nous refait le coup du chargeur inépuisable déjà vu dans Rio ne répond plus (à moins que ce soit dans Le Caire nid d'espion?). Il pourrait nous dire "il faut quand même que je pense à recharger, un de ces jours": pas non plus. Pour finir, je me demande un peu s'il n'y a pas eu une erreur sur le bon format: peut-être aurait-il fallu en faire une série TV en épisodes de 2 ou 3 minutes? [C'est bon, je sors]. Et, c'est pas pour spoiler, mais restez donc jusqu'au bout du générique: vous pourrez apprendre (si, si!) que Ran-Tan-Plan n'apparaît pas dans ce film! Bien, pour pouvoir comparer les sorts faits à Goscinny, il me reste à voir les 4 Astérix, et Le Petit Nicolas (ou Iznogoud, avec Billy the Kid), dont je n'ai encore vu aucun. A ma connaissance, personne ne s'est attaqué à Oumpapah. Qu'attend Dany Boon? Mais, après tout, peut-être reverrai-je avec plaisir ce Lucky Luke 2009, d'ici une quinzaine d'années...

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samedi 7 novembre 2009

Le ruban blanc - Michael Haneke

Le ruban blanc (Das Weisse Band en VO) est la Palme d'Or méritée (1) du dernier festival de Cannes. Le film de Michael Haneke est un chef-d'oeuvre visuel (le noir et blanc est une splendeur) et scénaristique, et l'interprétation est de tout premier ordre (adultes et enfants). L'histoire se passe de 1913 à l'été 1914 dans une petite communauté villageoise protestante en Prusse qui travaille essentiellement pour un baron (et sa femme) propriétaires des terres cultivables alentour. La communauté est composée de paysans mais aussi de personnalités emblématiques comme le pasteur rigoriste, le médecin (et la sage-femme), le régisseur et l'instituteur (le narrateur du film). Le pasteur comme le régisseur et les paysans sont des pères de familles nombreuses. D'ailleurs, on remarque vite ces ribambelles d'enfants ou d'adolescents tous plus blonds les uns que les autres qui se déplacent en groupe (les filles d'un côté et les garçons de l'autre). Grâce à la voix "off" vieillie de l'instituteur, on est tout de suite dans le vif du sujet: le village est en émoi à cause d'actes malveillants perpétrés contre le médecin, la femme d'un paysan victime d'un accident mortel, le petit garçon (attardé mental) de la sage-femme, le fils du baron et un nourrisson (sauvé in-extremis). Pendant ce temps, le pasteur fait régner une sorte de terreur feutrée dans sa maison. Deux de ses six enfants (un garçon et une fille) ont fait des bêtises. Ils sont obligés de porter un brassard blanc pour redevenir purs (et ils reçoivent dix coups de cravache en guise de punition). Cette vie se déroule au rythme des saisons et des moissons. L'instituteur tombe amoureux d'une jeune fille; le médecin (guéri) qui est revenu de l'hôpital se montre odieux envers la sage-femme et se permet des privautés sur sa fille; un oiseau en cage fait les frais de la colère d'une enfant; un paysan se pend; une grange brûle. C'est à ce moment-là que la guerre de 14 est déclarée. Rien n'est résolu, les crimes restent impunis (et pourtant, comme l'instituteur, on devine ce qui s'est passé). L'histoire se situe en Allemagne mais cela pourrait se passer ailleurs. Le réalisateur montre surtout les dégâts que peut faire une éducation faite de punitions et de violence mentale sur de jeune esprits et tout cela au nom de Dieu et de la recherche de la pureté. Je répète que c'est à mon avis un grand film qu'il faut voir.

(1) Les nombreux commentaires évoquant cette Palme d'Or (et notamment celui de MichCiné qui rappelle la polémique) me font souvenir que j'avais moi-même été dubitative sur ses conditions d'attribution méritée ou non dans mon billet du 26/05/09. Hé bien, maintenant que j'ai vu le film, mon opinion est faite: "chef-d'oeuvre". Dont acte.

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mercredi 9 septembre 2009

Numéro 9 - Shane Hacker

J'ai hésité à voir ce Numéro 9, mais quelques bonnes critiques comme celles de ffred et Alex m'ont convaincue et je ne le regrette pas. Numéro 9 est d'abord un film d'animation visuellement très beau. Le scénario (écrit par une femme) n'est pas d'une originalité folle avec ces machines très "terminatoresques". En revanche, je me suis tout de suite attachée aux petits personnages qui portent des numéros et ont des jumelles à la place des yeux. L'histoire est sombre. Au commencement, sur une planète que l'on devine être la Terre, tout n'est que ruines et désolation. Seule une grande église (peut-être une cathédrale) tient encore debout. Une horrible machine arachnéenne sème la terreur autour d'elle et son repaire est une ancienne usine désaffectée. Jusqu'à présent, elle était seule. Quand Numéro 9 "se réveille", il ne sait pas trop où il est. Il a en sa possession une sorte de clé électronique avec des signes kabbalistiques. Par inadvertance, il l'emboite dans l'alvéole correspondante sur l'araignée de métal, ce qui active la machine infernale et déclenche une fabrication à la chaîne de robots, volants ou non, très destructeurs. Puis Numéro 9 fait la connaissance de Numéro 1 (le chef pas très sympa) assisté du numéro 8 (un gros balourd) et de quelques autres numéros dont un numéro "fille". Malheureusement certains sont déjà morts tragiquement. Les survivants vont s'unir pour combattre les machines. On découvre à la fin qu'ils sont les éléments d'une seule entité que je vous laisse découvrir. Numéro 9 fut une bonne surprise en ce qui me concerne. Mais je ne conseillerai pas ce film aux jeunes enfants (il n'y avait que des adultes dans la salle où je l'ai vu) et j'ai moi-même eu peur devant certaines scènes.

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samedi 13 juin 2009

Trois films vus avec mon ami

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, Millenium de Nils Arden Oplev et Wolverine X men origins de Gavin Hood sont trois films que j’ai vus coup sur coup avec mon ami moins cinéphile que moi (personne n'est parfait mais il a d'autres qualités).

Pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (je l'ai vu à une séance tardive), j’émets quelques réserves quant au déroulement de l’intrigue car j'ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que le réalisateur a voulu aller à l’essentiel sans prendre son temps. Les caractères des personnages ne sont qu’esquissés. D’ailleurs, je ne me rappelle pratiquement plus l’histoire à part le fait que l'on trouve des ossements d’un Noir enchaîné au fond du bayou et que des jeunes filles ont été assassinées. Je retiens surtout les paysages de Louisiane et les maisons en bois dévastées qui restent à l’abandon, après le passage de l’ouragan Katrina. L’apparition de revenants (des soldats confédérés) donne une touche de surnaturel originale. La photo jaunie que l’on voit à la fin aussi. Je suis allée le voir parce que Tavernier est un réalisateur que j’apprécie et Tommy Lee Jones dans le rôle du shérif Dave Robicheaux m’a semblé crédible dans son rôle (au vu de la bande-annonce). J'ai eu aussi plaisir à revoir John Goodman (Barton Fink des frères Coen) dans un rôle inquiétant et Mary Steenburgen (dans le rôle de la femme de Robicheaux), un des rôles féminins qui adoucit l'ensemble. L’histoire est adaptée d’un roman de James Lee Burke, écrivain dont je n’ai jamais rien lu (le shérif Robicheaux est un personnage récurrent dans l’œuvre de Burke). A part ça, j’attends la sortie en DVD de Dans la brume électrique. J'ai cru comprendre que le film ne bénéficiait que d'une sortie directe en DVD sur le territoire américain (je me demande bien pourquoi?) et que les scènes avec les revenants avaient été coupées (je me demande à nouveau pourquoi?).

Pour Millénium de Nils Arden Oplev (réalisateur danois), je n’ai pas été déçue du tout par cette adaptation même s’il y a des coupes sombres par rapport au roman. Tout est concentré sur l’histoire criminelle de la disparition d’Harriet Vanger. Vu que j’ai lu le roman Millénium 1, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, dès sa parution en septembre 2006, ce film m’a permis de faire une bonne révision. Quant à mon ami qui n’avait rien lu, il a «dévoré» la trilogie en 4 jours (c’est un lecteur avide), ce qui démontre au moins que le film donne envie de lire le roman. Concernant l’atmosphère générale du film, c’est noir, très noir, mais le roman l’est. Bien évidemment, les acteurs qui jouent les rôles principaux ne sont pas ceux que l’on imaginait forcément. Noami Rapace qui joue Lisbeth m’a paru plus âgée que dans le roman mais cela n’est pas très grave. C’est dommage que l’on ne la voie pas plus avec ses ordinateurs et tout ce qu’elle est capable de faire avec, plutôt que d’assister aux actes violents dont elle est la victime. En revanche, j’ai aimé que ce film tiré d’un roman suédois soit tourné dans cette langue. Et j’attends impatiemment les deux adaptations suivantes de Millénium 2 et 3 qui doivent sortir fin de cette année ou début de l’année prochaine. [15/11/07: ma chronique du 3e tome]

Pour Wolverine – X men origins de Gavin Hood, je viens de constater qu’il n’est plus du tout à l’affiche à Paris. Je suis allée voir le film parce que j’avais beaucoup aimé X-Men, 1, 2 et 3: les effets spéciaux, en particulier, sont une grande réussite. Concernant ce film, Wolverine..., c’est l’occasion d’apprendre comment tout a commencé pour Wolverine avec ses mains d’où poussent des lames quand il veut attaquer ou se défendre ou quand il est en colère. Comme les vampires, il passe les siècles sans vieillir après avoir atteint l’âge adulte. Agé d’une dizaine d’années, Wolverine a pris conscience de sa mutation dans les années 1860, après un crime commis contre son père. Il a un demi-frère, Dent de sabre, un être peu recommandable. On apprend aussi comment une «confrérie» de mutants va se former. Tout cela pour dire que le film se regarde avec plaisir mais il faut aimer ce genre sans faire la fine bouche. Le scénario tient moins la route que les trois premiers. Les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et sont moins spectaculaires. Ce genre de film peut attendre la sortie DVD (en location).

Moi qui vais la plupart du temps au cinéma toute seule, j’ai été bien contente pour ces fois-là d’être accompagnée. Merci "Ta d loi du cine".

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lundi 1 juin 2009

Films vus et non commentés depuis le 23/04/09 (début)

Je constate une fois de plus mon retard impardonnable pour commenter les films que j'ai vu plus ou récemment (suite de ma série). J'ai déjà vu 66 films depuis le début de l'année.
En voici 4 que je ne conseille pas forcément. Vous pouvez attendre de les voir en location en DVD ou lors d'un passage à la télé.

Tulpan de Sergei Dvortsevoy est un film que j'ai vu il y a deux mois. Je considère que c'est plus un documentaire qu'une fiction. Ce film kazakh raconte les mésaventures d'un jeune homme qui voudrait se marier avec une jeune fille dont il ne connaît pas le visage. Cette dernière ne le trouve pas à son goût: il a les oreilles décollées. Et pourtant, former un couple et fonder une famille est nécessaire pour pouvoir continuer à vivre dans la steppe sous la yourte. Tout cela est un prétexte à voir une nature désertique et des brebis qui mettent bas avec difficulté. Le film m'a un peu ennuyée et il se termine en queue de poisson. J'avais nettement préféré L'histoire du chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2006).

The other man (dans le texte) de Richard Eyre, réalisateur précédemment d'Histoire d'un scandale (cf. mon billet du 03/03/07): là, je m'attendais à un bon thriller. C'est complètement raté. Adapté d'une nouvelle de Bernard Schlink, un homme, Peter (Liam Neeson, très monolithique et pas très expressif) suspecte sa femme de le tromper. Il fait tout pour retrouver "l'autre homme", Ralph (prononcez Raife), joué par Antonio Banderas que j'ai vu meilleur. Entretemps, on ne revoit jamais la femme (Laura Linney, très bien). Le découpage du scénario est à mon avis maladroit car, au moment du générique de fin, je me suis dit que je n'avais rien compris. On assiste à des flash-back. Même le début du film est un long flash-back. C'est l'occasion de voir Romola Garai (l'héroïne d'Angel de François Ozon (2007) [cf. mon billet du 25/03/07]). Le film se passe entre Milan et Cambridge. Rien d'autre à dire.

La 1ère étoile de Lucien Jean-Baptiste: il y a quelques années, je m'étais divertie avec un film que je recommande si vous ne l'avez pas (encore) vu, Rasta Rocket en VF et Cool Runnings en VO (1993), qui narrait l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine en route pour les JO de Montréal (histoire authentique). C'était absolument hilarant. Pour la 1ère étoile, je m'attendais un peu à la même chose. Malheureusement, c'est nettement moins drôle et un peu répétitif mais la comédie est sympathique. Jean-Gabriel (joué par le réalisateur), un père de famille antillais marié à une femme blanche, a promis à sa progéniture de les emmener aux sports d'hiver. Le problème est qu'il a perdu aux courses la somme mise de côté pour les vacances. Qu'à cela ne tienne, avec le "système D", le père, les enfants et la grand-mère passeront une semaine à la montagne et la fille de la famille arrivera à gagner sa 1ère étoile de ski. Le film est encore un grand succès, tant mieux pour lui mais je m'attendais à autre chose.

Confessions d'une accro du shopping de P.J. Hogan n'est pas aussi réussi que Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai pas lu les livres de Sophie Kinsella, mais j'ai l'impression que les intrigues sont mieux tournées. Moi, je suis allée le voir car j'avais envie de me changer les idées (mon hygiène mentale). Tout est hautement invraisemblable, mais le beau Hugh Dancy et quelques scènes sympathiques sauvent le film.

(à suivre...)

lundi 13 avril 2009

Frozen River - Courtney Hunt

Frozen River de Courtney Hunt est un film que j'ai vu tardivement après sa sortie. Je voulais le voir (parce que l'on m'en avait dit beaucoup de bien). Et en effet, je vous le recommande pour lors de sa sortie en DVD ou sur une chaîne cablée. Il a été tourné en numérique par une réalisatrice qui nous met tout de suite dans l'ambiance d'un paysage enneigé. Cela se passe aux Etats-Unis à la frontière canadienne. Une femme, Ray Eddy, qui vient d'être "plaquée" par son mari, survit tant bien que mal dans un mobile-home vétuste avec ses deux garçons, l'un encore très jeune et l'autre "post-ado". Ray a du mal à joindre les deux bouts en travaillant à mi-temps dans un drugstore. Le mari s'est enfui avec l'argent qui devait servir à acheter une nouvelle maison sur roues. Nous sommes dans l'Amérique "d'en-bas" chez ceux qui doivent se battre pour vivre. Suite à sa rencontre avec une indienne de la réserve voisine, Ray se retrouve à "passer" des clandestins dans le coffre de sa voiture des clandestins en roulant sur la rivière gelée qui sépare le Canada des Etats-Unis (Frozen river). Elle veut regagner l'argent disparu. C'est une combattante. Rien ne l'effraie. La réalisatrice suit l'actrice, Melissa Leo (Ray Eddy), qui porte le film du début à la fin. Grâce au numérique, le rythme est alerte. C'est une autre façon de faire du cinéma mais qui convient bien au sujet.

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jeudi 9 avril 2009

Frost-Nixon - Ron Howard

Je suis allée Frost/Nixon de Ron Howard, le jour de sa sortie en salle, mercredi 1er avril 2009. Je ne savais pas trop quoi voir d'autre; je ne l'ai pas regretté, j'ai même beaucoup aimé. J'ai découvert ce "face-à-face" dont je n'avais jamais entendu parler. Suite à l'affaire du Watergate en 1974, Nixon a "démissionné" de ses fonctions de Président des Etats-Unis. Dans l'oeuvre de fiction, qui a d'abord été une pièce de théâtre et maintenant un film, David Frost, un Anglais, anime des émissions en Australie (pas très prestigieuses pour un journaliste). Dans le film, quand l'histoire débute, c'est Frost qui a l'idée d'interviewer l'ex-Président déchu. Il y arrive en faisant une avance de fonds importante afin de convaincre l'entourage de Nixon. Au bout du compte, nous avons quatre entretiens qui sont enregistrés avec des interruptions de plusieurs jours voire de plusieurs semaines entre chacun. Chaque entretien porte sur un thème particulier, dont le Vietnam et, bien entendu, l'affaire du Watergate. Les deux comédiens principaux, Michael Sheen (qui joue Frost, et qui était déjà très brillant dans le rôle de Tony Blair dans The Queen de Stephen Frears) et Frank Langella (Nixon) sont remarquables. Ils ont joué au théâtre le texte de la pièce. De facture classique, ce film est très bien fait avec un dialogue intelligent. Certains échanges verbaux montrent comment on peut destabiliser un adversaire rien qu'avec des mots. Le point culminant ("climax" comme on dit en anglais) du film se passe la nuit juste avant LE dernier entretien traitant du Watergate. Là, tout bascule. Je recommande vivement ce film. Ceci dit, dans la réalité, David Frost est quelqu'un d'une autre trempe (il semble qu'il ait accepté qu'une fiction soit tirée de l'épisode réel, sans intervenir dessus). D'ailleurs, dans la réalité toujours, je ne pense pas que Nixon aurait accepté d'être interviewé par n'importe qui.

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