samedi 7 mai 2022

Exposition "Tignous Forever" à Montreuil (avril-mai 2022)

C'est une information entendue sur France Inter la semaine dernière par dasola qui l'a amenée à me signaler cette exposition Tignous Forever. Du coup, je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) suis passé il y a quelques jours au Centre Tignous d'art contemporain, à Montreuil (93100).

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Deux affiches obtenues via l'accueil de l'exposition

Tignous ("petite teigne"), c'était le surnom affectueux donné par sa grand-mère à Bernard Verlhac, comme le rappelle l'un des panneaux explicatifs de cette exposition. Chloé Verlhac, la veuve de Tignous (dont le vrai nom était Bernard Verlhac) est la commissaire de l'exposition, qui a débuté le 21 avril et dure jusqu'au 21 mai 2022 (accès gratuit). Qu'y trouve-t-on?

Des dessins, beaucoup de dessins (je ne les ai pas comptés!), souvent petits, parfois sous verre, classés par thèmes. Ceux qui connaissent déjà l'oeuvre de Tignous peuvent y reconnaître certains dessins déjà vus ou parus dans Ni dieu ni eux ou dans Comment rater ses vacances, entre bien d'autres. Mais l'exposition propose également des témoignages d'autres dessinateurs, dont certains qui avaient bénéficié des conseils de Tignous à leurs débuts (Catherine, Aurel, ...). Les salles enchevêtrées offrent bien des murs servant de supports.

Sur un écran mural passe une interview par des étudiants (si j'ai bien compris les quelques minutes où je m'y suis arrêté?), sur un autre écran, la série de dessins animés des pandas de Tignous (série dérivée de Pandas dans la brume). Dans un recoin, on trouve aussi des photos panoramiques de son atelier, pendant que la voix de Chloé Verlhac évoque la manière dont elle a dû annoncer la mort de leur père à ses enfants, après son assassinat à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Après avoir demandé l'autorisation, j'ai pris quelques photos (pas assez, selon dasola).  

P1010585 La photocopieuse... comme instrument de travail dans l'atelier?

P1010595 Tignous interviewé... (en vrai, il parle et il bouge!)

P1010594 Une des salles en perspective  P1010593

P1010592 Dessin en noir et blanc, puis couleurs aquarelle (sur une photocopie en papier cartonné)

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Même avec l'aide de l'accueil sur place, je n'ai pas trouvé dans les accrochages un dessin figurant dans le catalogue de l'exposition (ci-dessous): aurait-il risqué de heurter certaines sensibilités?

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Pour visiter à votre tour l'exposition, vous trouverez les informations pratiques sur le site du Centre (adresse, horaire). Voici aussi le lien vers le catalogue de l'exposition (ses 24 pages sont aussi disponible sur place en version imprimée gratuite). Le programme des animations annonce, entre autres choses intéressantes, une visite commentée par Chloé Verlhac samedi 14 mai 2022 à 17 h, suivie d'une séance de dédicace et vente de dessins de Tignous. Je tâcherai de my rendre. 

Pour finir, je vais citer les derniers mots du catalogue, signés Chloé Verlhac: "Lorsqu'ils sont entrés le 7 janvier, Tignous demandait à la cantonade: «Quelle est notre part de responsabilité dans la souffrance de ces jeunes qui partent faire le djihad et pour qu'ils en arrivent là?»... Ils ont tué un mec bien. Donner à voir ses dessins est notre plus belle revanche. L'intelligence contre la connerie, le rire contre l'obscurantisme et la vie plus forte que la mort. Nous te continuons. Nous te continuerons."

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 7 avril 2022

Lettre au futur locataire de l'Elysée - Riss / Elysée 2022 - Des candidats à croquer! (HS Charlie Hebdo N°27H)

Hé bien, cela n'arrive pas si souvent que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rédige mon "hommage du sept" à Charlie Hebdo en lien avec l'actualité immédiate. Cette fois-ci, j'assume de focaliser sur deux ouvrages clairement "politiques" et orientés vers l'avenir tandis que mon billet d'il y a 5 ans l'était davantage vers le passé.

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Lettre au futur locataire de l'Elysée: ce petit ouvrage (15 x 24,5 cm, 5 euros pour 80 pages) de Riss paru en mars 2022 m'avait alléché par son titre. Il ne souscrit clairement pas à la mode de l'écriture inclusive - même s'il n'est pas inenvisageable qu'il s'agisse d'une locataire. Je m'attendais, a priori, à quelques pistes enthousiasmantes de conseils ou d'analyses "vous devriez / pourriez / voudriez": point! Mais 80 pages de pamphlet contenant force injonctions basées sur des constats fracassants. On en sort (c'est du moins mon cas) plus désabusé que soulevé par l'enthousiasme, avec à l'esprit: "hé ben, on n'est pas rendus!".

Passages choisis (hors contexte, bien évidemment: il faudrait que chacun de mes lecteurs prenne la peine de lire l'intégralité des 80 pages pour les resituer). La 4e de couv' ci-dessus s'inspire de l'introduction, mais de manière plus "soft" que celle-ci, qui dit (p.5): "Rassurez-vous, il n'est pas question ici de vous donner des solutions aux problèmes que connaît la France. C'est vous qui avez été élu, c'est à vous de les trouver tout seul. Chacun sa merde" (et le reste à l'avenant). Dans la partie I, sur la droite, p.11: "Flatter les idées reçues, entretenir les clichés, exciter les peurs, ça marche à tous les coups. C'est facile, c'est pas cher et ça rapporte gros aux élections." La gauche prend aussi son paquet, rassurez-vous (même si je ne peux pas tout citer). Plus généralement, cette diatribe ne souhaite ni "un président qui copie comme un cancre sur son voisin", ni "un président qui perde son temps à changer la Constitution". Citons la p.19: "Evidemment, un candidat à l'élection présidentielle ne peut espérer recueillir la majorité des suffrages des Français en leur expliquant qu'ils sont une bande de tocards. mais quelle personnalité, dans le secret de sa conscience, à l'abri du jugement public, n'a pas été, dans un moment de désillusion, tentée de le penser fortement?". Le génie créatif français existe-t-il donc encore? "On est en droit d'en douter, à la lecture des programmes politiques des uns et des autres, qui se résument à des empilements de propositions dont la première qualité est de séduire plutôt que de créer" (p.29). La partie II (p.37) liste "trois problèmes inédits à traiter par le prochain locataire de l'Elysée". Toujours dans le même style rageur, ça commence par "Nous voulons un président qui fasse rendre gorge aux Gafam", mais aussi "... plus fort que la fin du monde" (p.47), et enfin "... plus fort que Dieu" (p.61). Citation: "(...) c'est un fait constant dans l'Histoire: les religions évoluent rarement de l'intérieur mais le plus souvent sous la pression de forces venues de l'extérieur. Jamais elles ne font le premier pas vers la modernité et, pour leur indiquer aimablement la direction à suivre, quelques coups de pied au cul s'avèrent indispensables". Je reviens en arrière pour quelques autres citations, évoquant capitalisme, industrie et société de consommation (p.50): "satisfaire nos besoins vitaux ne suffit pas à cette société industrialisée, car ses marges bénéficiaires ne seraient pas assez élevées". Et sur la destruction des écosystèmes [, qui] atteint des niveaux irréversibles (p.52): "aujourd'hui, les destructions ne sont plus artisanales comme autrefois, elles sont désormais industrielles". Avec la bonne grille d'analyse concernant le capitalisme, bien évidemment (p.54): "en matière d'écologie et de protection de la vie sur terre, il n'y a rien, mais absolument rien à espérer du marché". La conclusion débute p.70. Extrait: "Vous croyez avoir été élu président de la République. En réalité, vous avez été élu président du bonheur des Français. Sur vos épaules repose la mission écrasante et inédite dans l'histoire de ce pays - et peut-être de l'humanité - de rendre heureux la totalité de vos sujets" (p.71). Et maintenant, au boulot... (pourrait-on dire avec amertume).

Au final, cet opuscule n'est pas vraiment une "feuille de route de circonstance" (contrairement à ce que j'imaginais), mais davantage fait pour "prendre date" et être relu dans 10 ans. Je ne sais pas si c'est le cas des programmes des 12 candidats (si la plupart font au moins quelques dizaines de pages, certains sont plus courts, d'autres plus longs que 80 pages!). Qui donc, aujourd'hui, a pris la peine de relire les programmes d'il y a 10 ans des cinq candidats qui se présentent en 2022 pour la troisième fois devant nous, leurs électeurs, qui devrions nous en souvenir?

...Bon, comme tout ça me paraissait manquer un peu de "grands dessins" (livre quelque peu austère si je compare, disais-je, avec mon billet d'il y a 5 ans), j'ai rajouté sur le présent billet le HS de Charlie Hebdo.

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Ce Hors-série Elysée 2022: des candidats à croquer est, lui, paru le 1er mars 2022. Du coup, sa préparation a bien dû être lancée à un moment où les candidats définitifs n'étaient pas plus "cristallisés" que ne le sont, à trois jours du premier tour, les intentions d'un paquet de millions d'électeurs (entre les abstentionnistes potentiels et ceux qui ne sont pas encore certains de voter pour un candidat précis), et son "bouclage" est intervenu largement avant la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel. On pourrait supposer, à la lecture des signataires des articles choisis, que chaque membre de la rédaction a (plus ou moins) "ses têtes", et c'est la somme qui fait que tout le monde en prend pour son grade. Tout le monde? Non. La rédaction avait prévu Taubira et Thouy (qui ont reçu respectivement 274 et 139 parrainages validés), mais ni Lassalle, ni Arthaud, ni Dupont-Aignan n'ont été "traités". Chaque candidat retenu "bénéficie" d'un dossier avec une page introductive sur fond rouge, suivi d'un nombre variable d'articles et de dessins. On peut relever 5 articles sur Macron, 4 sur Mélenchon, 4 sur Marine Le Pen. On a un peu l'impression que Thouy (octobre 2021) et Roussel (janvier 2022) ne sont là que par raccroc (un unique article chacun). Il s'agit souvent de "reprises" (je crois que la plus ancienne, du 3 mai 2017, concerne Marine Le Pen, avant celle du 7 mai 2017 dont la cible est Macron). 

L'édito de Riss titré "Bonne dégustation!" formule des griefs comparables à ceux contenus dans son livre, avec des mots plus savoureux: "Cette campagne a des airs de quinzaine commerciale où chaque commerçant vous accueille dans sa boutique pour faire connaître ses produits du terroir. Et celui qui vous offrira le meilleur pot-au-feu, le plus beau cassoulet, la plus belle raclette, aura gagné et dirigera la France pour cinq ans."

Dans le Hors-série, j'ai compté plus de 80 dessins dans les 64 pages intérieures (en comptant pour "un" les nombreuses vignettes des "reportages dessinés" (lors de meetings) même si ces derniers se prolongent parfois sur 2 pages). Mais malgré tout, j'ai dû faire une sélection drastique pour ne pas trop dépasser les 10% de citations (ci-dessous) et vous en laisser à découvrir, tout en prenant un dessin par "dossier" (de candidat)! Je précise à chaque fois la page et le dossier concernés, et vous laisse déguster mes choix!

P1140272 p.7 (Emmanuel Macron) P1140273 p.18 (Jean-Luc Mélenchon)

P1140274 p.22 (Marine Le Pen)  P1140275 p.39 (Eric Zemour)

P1140276 p.43 (Anne Hidalgo)  P1140277 p.44 (Christiane Taubira)

P1140279 p.51 (Valérie Pécresse)  P1140280 p.53 (Yannick Jadot)

P1140281 p.57 (Philippe Poutou)   P1140282 p.61 (Hélène Thouy)

P1140283 p.64 (Fabien Roussel)

PS: pour l'anecdote, je signalerai que j'ai dû réécrire intégralement mon billet, l'ayant malencontreusement effacé avant publication. Bref.

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lundi 14 mars 2022

William Hurt (1950-2022)

Je viens d'apprendre que l'acteur américain William Hurt était décédé et cela m'a rendue très triste. Il a été un de mes béguins de cinéma. En effet, dans les années 80 que les jeunes de 20 ans ne peuvent pas connaître, il y a eu de très bons films américains où les acteurs interprétaient des personnages dignes de ce nom. J'avais découvert cet acteur dans Body Heat (La fièvre au corps - 1981) de Lawence Kasdan, un polar noir d'une grande sensualité. Face à lui, Kathleen Turner lui donnait la réplique. J'ai vu ce film au moins six ou sept fois. Je vous le recommande. J'avais retrouvé ce couple de cinéma dans The Accidental Tourist (Voyageur malgré lui) en 1988, encore de Lawrence Kasdan (avec un scénario tiré d'un roman d'Anne Tyler). William Hurt faisait partie de la distribution de The Big Chill (Les copains d'abord) en 1983, toujours de Lawrence Kasdan. Je l'avais aussi apprécié dans Children of a lesser God (Les Enfants du silence) de Martha Haynes (1986), Gorky Park de Michael Apted (1983), Broadcast News de James L. Brooks (1987), Altered States (Au delà du Réel) de Ken Russell (1980), Le baiser de la femme araignée d'Hector Babenco) dans un rôle pour lequel il avait reçu le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes et l'Oscar du meilleur acteur en 1985. Il a participé à des films européens comme celui de Wim Wenders Jusqu'au bout du monde (1991) ou Un divan à New-York de Chantal Akerman (1996). 

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Les deux photos font partie de ma collection personnelle

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lundi 7 mars 2022

Dessiner encore - Coco

Le livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui m'a été offert en 2021, plus ou moins à l'occasion de mon anniversaire. J'avais évoqué la "campagne de communication" (affichage dans le métro) qui avait accompagne son lancement, lors d'un billet, l'an dernier, qui concernait Coco: nature, culture et poil à gratter. Cette fois, c'est bien l'ouvrage de Coco que j'évoque.

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Dessiner encore, Coco, Les Arènes éditions, 346 pages, 2021

Ce livre est l'oeuvre cathartique -encore une- d'une dessinatrice de l'équipe de Charlie Hebdo qui a subi intimement le traumatisme du massacre du 7 janvier 2015. Le livre commence par des images d'une grande vague bleue (vague d'Hokusai, vaque scélérate?) qui emporte une petite silhouette noire avec un crayon à la main - celle de la dessinatrice, qui l'engloutit, qui la fait couler... Et puis? Dessiner, dessiner pour ne plus penser (p.21)? On voit ensuite Coco tenter, sur les conseils de quelques membres de l'équipe de Charlie, l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), sans être convaincue: ce n'est pas son truc comme thérapie. Elle n'a pas été au-delà de la seconde séance. Un autre thérapeute, plus classique, est capable, lui, de l'entendre, d'écouter le récit explicatif qui constitue une grande partie du livre, et de lui tendre en silence le mouchoir nécessaire au bon moment (p.299).  

Entre autres exemples, Coco se remémore à un moment un débat sur les banlieues entre Onc' Bernard et Tignous, le matin du 7 janvier, Bernard Maris disant qu'on avait tout tenté et injecté des milliards, Tignous répliquant "je connais la banlieue, j'y vis... Il n'y a pas de crèche, en banlieue!" (p.100-101). Et puis (p.108) déboulent l'horreur, les horribles (des silhouettes noires qui font penser au masque de Scream, sans la bouche...). Face à elles/à eux, une silhouette bleue, pitoyable, qui ne cesse pas d'être sous les gueules des fusils d'assaut. Et des pages remplies de hachures noires. Ensuite, on vit / on vit des enchaînements "et si" de plus en plus rapides de la petite silhouette féminine sous la menace des deux fanatiques armés, en alternance avec des cases à aplat d'un rouge de sang, sur une douzaine de pages (pp.133-144). Aucune alternative viable. Puis revient le bleu insondable qui engloutit la petite silhouette, couleur qui tourne au marronnasse (de la dépression?), avant que reviennent à la surface des images auxquelles se raccrocher: celles du collectif préparant le "journal des survivants", à partir du 9 janvier, chez Libération (p.154-155). Et des réminiscences d'un premier hébergement dans les locaux de cette rédaction engagée. Occasion de se repasser le film des précédents "problèmes" et jugements divers subis par Charlie, en retournant aux origines de l'affaire des caricatures", à partir de 2005-2006 (p.180 et suivantes). Sur une page, elle clame: "Les dessinateurs ne se cachent pas derrière des cagoules, eux. Ce sont des pacifiques, qui s'amusent, tout en défendant leurs idées. Un dessin ne tue pas ...". Cela m'a fait repenser aux mots que j'ai lu quelque part (Philippe Lançon? Riss?), "notre petit journal qui n'avait fait de mal à personne" (ou quelque chose comme ça...). Ci-dessous quelques-unes des pages que j'ai citées.

P1140208 p.154-155

P1140209 p.100-101

P1140211 p.142-143

P1140212 p.198-199 (un mouvement oculaire?).

P1140213 p.273 (une belle réinterprétation de la fable "Le loup et l'agneau" illustrée par Gustave Doré - sur la page précédente figurait le héron que j'ai déjà montré dans un précédent article). Tout le monde connaît la mauvaise foi du loup, bien sûr. 

P1140216 p.171 

P1140215 p.299. 

Coco évoque encore, dans ces jours sombres, le traumatisme du massacre de l'hyper-Cacher à Vincennes, le 9 janvier. Et la manifestation du dimanche 11 janvier 2015. J'y étais, et je sais qu'y étaient aussi un certain nombre des "anciens" du petit canard étudiant dont j'ai fait partie dans les années 1980-2000. Avec, évidemment, des millions d'autres personnes.

Le livre se termine sur le premier "reportage dessiné" de Coco, sur une autre crèche, la "crèche vivante" de Civitas, dans les beaux quartiers, en décembre 2014.

Je n'ai bien évidemment pu citer que quelques-unes des pages de cette longue BD. Lisez-la, et même relisez-la. Vous trouverez d'autres choix d'images sur d'autres blogs. Par exemple, sur L'Apostrophée (près de 10 minutes d'entretien de Coco avec Léa Salamé pour France Inter, sur son "récit graphique", le 8 mars 2021), Encoreunetranche, Collectif polar: chroniques de nuit, Culture VsNews, Carnets 2 Wees-ends, le blog de Noctenbule (avec un long entretien sur France Culture). Ou juste d'autres textes de chroniques, comme chez PativoreJadorelalecture, Trouble bibliomane, Au fil des livres, Le coin lecture de Nath, avec une mention spéciale pour le court texte du blog Nouveautés littérature jeunesse... (liste non exhaustive).

Je tâcherai de me procurer avant la fin de l'année la BD de Luz, Indélébiles.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 7 février 2022

Lettre à mon fils Charb - Denise Charbonnier

C'est dasola qui m'a procuré ce livre que j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) repéré il y a déjà plusieurs semaines, Lettre à mon fils Charb, de Denise Charbonnier, paru en mai 2021 (176 pages). 

  Lettre-a-mon-fils-Charb

Le livre entrelace deux chronologies: d'une part, celle de la manière dont est vécue l'année 2020, depuis le 7 janvier 2020 (cinq ans après le massacre de Charlie Hebdo) jusqu'au 31 décembre 2020, un réveillon de plus en l'absence de Stéphane Charbonnier, dit Charb, fils ainé de Denise. Et d'autre part, le mois de janvier 2015, à partir de ce 7 janvier de malheur. Une petite soixantaine de jours-chapitres, avec quelques doublons et retours en arrière, certaines pages pour telle ou telle journée ne comportant que trois lignes, lui permettent de s'adresser à son "Chachane", surnom bégayé à l'origine par une jeune cousine du garçonnet. Le livre se clôt sur le dernier Noël passé par Charb avec sa famille, le 25 décembre 2014. 

La presse avait rendu compte à l'époque (2015), de manière plus ou moins sensationnaliste, de différents épisodes (l'affaire de la négation de la relation de Charb avec Jeannette Bougrab par exemple, ou le versement de l'argent récolté par Charlie pour les familles des victimes). Denise Charbonnier donne ici sa version des faits. Ainsi, alors qu'on continue à pouvoir lire sur internet (et même sur Wikipedia) que Laurent Charbonnier, le frère de Charb, avait démenti formellement l'engagement relationnel de Charb avec Jeannette Bougrab, Madame Charbonnier explique que c'est lors de leur trajet en voiture, de retour de l'Institut Médico-légal où la famille avait été reconnaître le corps de Charb, que l'AFP a contacté Laurent, pour lui demander confirmation de ce que l'Agence s'apprétait à publier (?). Denise Charbonnier précise que le père de Charb lui avait demandé si Jeannette et lui avait bien une relation (et qu'il avait répondu par l'affirmative), qu'il leur parlait d'elle et leur montrait des photos de lui-même avec la petite fille, May, de cette compagne.

Madame Charbonnier semble ne plus avoir trop foi dans le sérieux des services de l'Etat. Elle garde manifestement rancune à François Hollande d'avoir fait sienne la version policière disant que les deux assassins étaient tellement déterminés que la présence d'un véhicule statique en bas de Charlie Hebdo (retiré à la demande d'un syndicat de policiers quelques mois avant l'attentat) n'aurait rien changé, mais aurait amené le décès supplémentaire de policiers. Et c'est avec amertume qu'elle constate que, malgré les menaces qui étaient connues, ni son fils ni le journal qu'il dirigeait n'ont été à l'abri. 

Elle n'a garde d'oublier les erreurs d'état-civil, que ce soit sur une plaque d'hommage où le nom de Wolinski était gravé avec un "y" final, ou lors du procès des complices ayant fourni les armes des attentats de janvier 2015, au cours duquel les prénoms voire le patronyme de plusieurs victimes ont été énoncés de manière erronée (fac-similé d'un passage de l'ordonnance du tribunal reçue en janvier 2019 à l'appui, p.47). L'une des dernières journées évoquées est celle du verdict, le 16 décembre 2020.

Bien entendu, cette maman nous raconte aussi au fil des pages l'enfance, l'adolescence, la jeunesse de son fils aîné. Gamin, il dessinait déjà, quelques photos l'attestent dans un cahier central (par ailleurs, p.27, je n'ai pas compris comment, au collège, sa prof de français pouvait être aussi celle de dessin). Elle précise que bien des aspects de sa vie (voire les plus dangereux), elle les a découverts petit à petit - il les en protégeait.

La page de titre mentionne, sous le nom de l'auteur, "avec Liliane Roudière". Vérification faite, celle-ci avait été "responsable presse et communication" chez Charlie Hebdo de 1998 à 2008. Je suppose qu'elle a "accompagné" Denise Charbonnier dans la préparation éditoriale de ce livre-témoignage. La postface de Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, est un véritable manifeste explicitant l'engagement de Charb. 

Je n'ai pas réussi, aujourd'hui, à trouver de blog littéraire ayant chroniqué ce livre. En faisant une recherche sur G@@gle avec des mots-clés tels que "chronique blog livres denise charbonnier lettre fils charb", on obtient quelques résultats (titres de presse, librairies...), mais surtout un avertissement "Certains résultats peuvent avoir été supprimés conformément à la loi européenne sur la protection des données". Que les blogueurs-euses ayant rédigé une chronique n'hésitent pas à me demander d'en rajouter le lien! Dans des sites de presse ou d'associations, on peut en trouver, par exemple sur celui de l'ass. Apprivoiser l'absence qui reprend un article paru dans Siné mensuel. Le site de Charlie Hebdo donne à lire en ligne l'article de Gérard Biard sur le livre, paru dans Charlie N°1500 du 21/04/2021 et celui de Luce Lapin paru dans le N°1504 du 19/05/2021. 

En conclusion, ce livre fait écho à ceux déjà publiés par d'autres proches des victimes du massacre. Je n'ai pas encore lu ceux concernant Bernard Maris (Prends le temps de penser à moi, écrit par sa fille), Tignous (Si tu meurs, je te tue, écrit par sa veuve), ou même celui que deux des filles de Wolinski (Elsa et Natacha) ont écrit en prenant comme sujet "en abyme" Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, avec en sous-titre "Histoire de soeurs" (peut-être existe-t-il encore d'autres "livres de proches" que je n'ai pas repérés).

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 9 janvier 2022

15 ans de blog / La chaîne - Stanley Kramer (hommage à Sidney Poitier [1927-2022])

Il y a 15 ans, le 9 janvier 2007, je créais mon blog. J'avais une mononucléose et je me rappelle que j'étais très fatiguée. Aujourd'hui, le 9 janvier 2022, mon blog est toujours là et j'ai été testée positive au covid 19 (je ne pourrai pas vous dire si c'est le variant Delta ou Omicron ou même un troisième inconnu). Les symptômes sont apparus mercredi 5 janvier et j'ai fait mon test le 6 janvier. Pour résumer, depuis trois jours, j'ai l'impression d'avoir un gros rhume mais pas de fièvre. Donc pour le moment, tout va bien.

Mais je vais être privée de sortie pendant une bonne semaine puisque je suis confinée chez moi.

Heureusement, je ne m'ennuie pas avec mes PALs et des DVD à (re)voir. D'ailleurs, ayant appris la disparition de l'acteur Sidney Poidter à 94 ans, je viens de voir La Chaîne (The Defiant ones en VO) de Stanley Kramer, un film de 1958 en noir et blanc avec Tony Curtis et Sidney Poitier. Je ne savais pas que le film était si bien. Il a été récompensé par de nombreux prix dont l'ours d'argent du meilleur acteur à Sidney Poitier au Festival International du Film de Berlin. Dans les années 50, dans le sud des Etats-Unis où règne la ségrégation entre blancs et noirs, un Blanc, John Jackson (Tony Curtis) et un Noir, Noah Cullen (Sidney Poitier) profitent d'un accident du fourgon cellulaire dans lequel ils étaient transportés vers un nouveau lieu de détention pour s'enfuir. Ils sont enchaînés l'un à l'autre par un bracelet au poignet et une chaîne en acier. Les forces de police se mettent à les poursuivre avec une meute de chiens même s'ils sont persuadés que les deux fugitifs vont s'entretuer rapidement. Mais Cullen et John ont le même but, s'enfuir le plus loin possible et arriver à se débarrasser de la chaîne. Lors d'un passage dans un village pour trouver de la nourriture, ils sont pris et menacés d'être pendus. Heureusement qu'un des villageois, interprété par Lon Chaney Jr, les libère. Lui-même a été un forçat. Peu après, ils arrivent chez une jeune femme qui vit seule avec son petit garçon, Billy, dans une ferme. Elle a le rêve de partir loin. Son mari l'a quittée depuis huit mois. C'est chez elle que les deux hommes vont se libérer de la chaîne. Le noir et blanc donne beaucoup de force à l'histoire. On se demande jusqu'au bout comment cela va se terminer, grâce à un rythme soutenu. Je vous conseille vivement de voir ce film. Pour l'anecdote, Tony Curtis avait lourdement insisté pour que le nom de Sidney Poitier apparaisse à côté du sien sur l'affiche du film.

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vendredi 7 janvier 2022

Coronavirus: on est les champions! - Charlie Hebdo HS N°22H (juillet-septembre 2020)

N'ayant rien préparé à l'avance pour "marquer le coup" du 7ème anniversaire du massacre de Charlie Hebdo, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais vous présenter un de leurs Hors-Série "d'actualité" que j'avais acheté il y a 18 mois, en fin juin 2020 (une fois levé le premier confinement "Covid-19").

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Coronavirus: on est les champions!
- Charlie Hebdo HS N°22H (juillet-septembre 2020)
La crise du Covid-19 vue par Charlie Hebdo, 80 pages, juin 2020.

Selon la présentation en 4e de couv', "durant le confinement, l'équipe de Charlie Hebdo a observé avec attention l'évolution de cette crise inédite. Chaque semaine, les dessinateurs, chroniqueurs et journalistes ont cherché à rendre compte de la gestion de la pandémie, en France et dans le monde. Pour prendre du recul sur ces événements, Charlie Hebdo a compilé une sélection des meilleures publications du site internet". On ne trouve évidemment dans ce numéro aucun dessin de Cabu, Charb, Honoré, Tignous ni Wolinski, ni de chronique d'Elsa Cayat ou Bernard Maris. 

Différents articles ou interviews rappellent utilement que, durant des années et sous des gouvernements successifs, l'hôpital public a été géré "à la calculette" (masse salariale gelée conduisant mécaniquement à des suppressions de postes, hôpitaux managés comme des "entreprises" avec pour objectif, sinon la "rentabilité", du moins l'absence de "déficit" budgétaire...). Les angles des articles sont très variés, comme le montrent les 31 entrées du sommaire sur deux colonnes p.3. Ils présentent une recension critique de pas mal des discours qui avaient été donnés précédemment sur le virus (diverses antivérités à large spectre - l'expression est de moi). Je relève que Riss comparait (p.61) l'impréparation de notre système médical avec celui de l'armée française en 1940 - dans les deux cas, on était convaincus d'avoir la meilleure armée, ou le meilleur système médical, du monde. Mais ce hors-série comporte aussi des articles de réflexions sur les aspects non seulement sanitaires, mais aussi politiques ou en termes de libertés publiques. Parmi les quelque 112 dessins (environ: j'ai compté les planches de BD pour "un", les colonnes de trois dessins de Bitche avec trois signatures pour "trois" et celles avec une seule pour "un"...), j'ai relevé 34 fois "le journal de Félix [date]". Ci-dessous quelques-uns de ceux qui m'ont le plus interpellé ou fait sourire.

P1140179 p.47, pour illustrer un entretien titré "La crise de la biodiversité favorise les maladies infectieuses émergentes".

P1140178 p.45

P1140177 p.32 (un dessin qui demeure d'actualité en 2022?)

P1140180 p.64-65. Vous noterez le titre de l'article p.65...

P1140185 p.76 (au nez!).

Et pour finir... à tout seigneur tout honneur (j'ai pas dit "soigneur"). 

P1140176 p.18 (en janvier 2022, il a employé un langage plus... franc [au sujet des non-vaccinés]).

P1140181 p.68. P1140183 p.72-73.

Précisons qu'on peut aujourd'hui encore acheter ce hors-série en ligne (8 euros) sur le site de Charlie Hebdo

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Dans Charlie Hebdo N°1543 du 15 décembre 2021, p.3, j'ai relevé dans l'hommage rendu par la rédaction du journal à Maryse Wolinski, décédée le 9 décembre 2021 des suites d'un cancer du poumon, sous le titre "Au revoir Maryse", le paragraphe de conclusion: "On ne pouvait pas parler de Georges sans Maryse et de Maryse sans Georges. Elle était souvent présente dans les dessins de Wolinski. Lorsque Charlie publia, durant l'été 2020, une série de dessins de Wolinski, Maryse nous dit à quel point cela l'avait touchée de voir Georges à nouveau dans les pages de son journal, qu'il avait contribué à créer et à faire vivre de son humour et de son esprit uniques. A notre tour de saluer Maryse. Nous adressons nos vives condoléances à Elsa, Frederica et Natacha. Tant que Charlie vivra, il y aura toujours une place pour les dessins de Georges". 
Pour rappel, figurent déjà dans mes propres "hommages du 7" plusieurs livres de Maryse et Georges, ou de Maryse seule (cf. Index des livres sur le blog).

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PS: pas énormément d'intérêt, de la part de la presse, pour ce 7e anniversaire de l'attentat chez Charlie Hebdo (malgré le déroulement du procès du 13 novembre)... Cependant, dasola m'a signalé quelques mots, sur France Inter, d'hommage à Bernard Maris (qui y tenait une chronique), en rappelant que "cela fait sept ans aujourd'hui".

*** Je suis Charlie ***

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mardi 7 décembre 2021

Paris Pontoise - Charb

Je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) vous présente ce mois-ci, dans le cadre de mes hommages "Charlie Hebdo", un recueil paru très récemment. Je me rappelle avoir savouré certaines chroniquettes de Charb, lorsque j'achetais épisodiquement Charlie Hebdo au numéro à l'occasion de voyages en train lors de mes vacances. Le livre couvre la période 1992-2004.

P1140110  P1140112

Charb, Paris-Pontoise, Charlie Hebdo 1992-2004, Les échappés, 180 pages, 8 euros, octobre 2021.

Charb prenait les transports en commun entre chez lui (Pontoise) et le journal, les oreilles grandes ouvertes aux conversations des autres voyageurs. Il en nourissait sa colonne d'actualité dans Charlie Hebdo. Mais, selon la préface signée Riss d'où je tire ces informations, Charb avait très vite trouvé la formule définitive: "une simple phrase, dont la concision était inversement proportionnelle à la profondeur de la réflexion", accompagnée "d'un petit portrait du voyageur qui en était l'auteur".

Seules les pages 8-9 présentent la préhistoire de la chronique: deux dessins complexes, pleins de bulles. La quasi-totalité du corpus correspond au "canon": plus de 400 saynètes (dont il faut reconstituer l'ambiance, au-delà d'un visage croqué). Cela correspond bien à 8 années multipliées par une cinquantaine de parutions... Je suppose que le recueil est donc quasi-exhaustif? Pour le vérifier, il faudrait que je retourne en bibliothèque consulter la "série complète" papier comme je l'avais commencé il y a plus de deux ans... avec ce livre d'un côté et le journal de l'autre, pour pointer chaque date à coté de son dessin et de sa phrase!

Sans reprendre les classements "thématiques" du recueil, je me suis permis une petite sélection subjective (mes lecteurs reconnaîtront mon attrait pour l'agriculture, l'économie, la politique... ou la sociologie!).

P1140113 p.15 (encore de l'anti-blaireauisme primaire, bien sûr... Tout est dans la chaussure)

P1140114 p.16

P1140115 p.20

P1140117 p.32 et p.61 P1140121 (on trouve vraiment tout, à la FN*C).

P1140118 p.38

P1140119 p.44 (dasola m'a fait remarquer que le dessin du haut - repris en 4e de couv' - rappelait un crayon).

P1140120 p.60 (mais pas du tout, voyons: ce sont juste les conditions qui changent!)

P1140122 p.66 (deux dessins sur cette page... et un utile rappel qu'il faut que je recommence à m'occuper de la planète Mars!

P1140125 p.101 P1140126 p.110

P1140127 p.114 P1140124 p.85

P1140128 p.124 (sagesse populaire?)

P1140123 p.82 P1140129 p.149 (on sait enfin pourquoi il est colère, le monsieur de la couv...)

P1140132 p.156 (la concurrence épinglée?)

P1140134 p.167

P1140116 p.34 P1140133 p.161 (encore une phrase de dasola: "il ressemble à Bérégovoy!")

Quand j'aurai dit que les illustrations des quatre coins de la couverture proviennent des pp. 18, 121, 149 et 162, et celle de la 4ème de couv' de la p.44, ... il ne vous restera plus qu'à aller vérifier et voir les phrases et dessins qui vous parlent, à vous!

La parution est peut-être trop récente pour avoir généré beaucoup de critiques sur les blogs littéraires, en tout cas je n'en ai pas trouvé. Que les blogueur.euse.s. ayant chroniqué Paris-Pontoise n'hésitent pas à laisser un commentaire ici!

Charb prenait-il des notes dans sa poche, comme Cabu dessinait des portraits? Comment transmutait-il la matière brute? Est-il arrivé que certains locuteurs se reconnaissent dans la publication? Cette rubrique générait-elle un courrier des lecteurs? Il paraît que Charb répondait à chaque lettre qu'il recevait...

J'ai aussi repéré le livre Lettre à mon fils Charb écrit cette année par Denise Charbonnier, sa mère. Je tâcherai de me le procurer et de le chroniquer un prochain mois.

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 7 novembre 2021

La divine sieste de papa (2) - Maryse Wolinski / illustrations de Georges Wolinski

Ca y est, j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) enfin déniché d'occasion (dans une bouquinerie où il était en vente depuis près de trois mois, selon date sur l'étiquette) ce livre dont je connaissais l'existence depuis plusieurs années, et dont j'avais chroniqué le volume précédent ici. Curiosité!

P1120418

Maryse Wolinski, La divine sieste de papa (2), illustrations de Georges Wolinski, Massidor / La Farandole, 1986, 61 pages

En 2e de couverture, un court texte d'introduction et remerciements de Maryse Wolinski explique que lorsqu'elle avait publié en 1981 le premier livre, elle ne pensait pas que cette histoire d'un père amateur de sieste et de sa fille passionnée de contes serait adaptée pour la télévision - ce qui a été le cas (sur FR3 en 1985). 

P1120419Le livre présente les textes de six contes déjantés: Joe l'Enfer, Ricardo Siesto, XR 315, Carlus Premier, Oeil de Bille, Maître Mysterius. Leur thème commun? Un personnage de papa ventripotent autant qu'omnipotent n'aspire qu'à une chose: siester en paix. Mais sa fillette maligne et gourmande ne l'entend jamais de cette oreille dès que les ronflements s'élèvent. Et s'ensuit le récit truculent d'aventures pétaradantes et bonbonesques aux quatre coins de l'unvers, à la recherche de butins, de cités perdues, de trésor de pirates (avec un crocodile!), ou de planètes exotiques... (que d'histoires!). 

Chacun des contes bénéficie d'une belle illustration en couleurs, dont les principaux éléments (père et fille...) sont repris dans les pages suivantes en N&B en simili ainsi que dans une autre situation. 

P1120421

On nage en plein imaginaire... Au lieu d'un "Georges" comme dans le livre précédent, le papa ventripotent est figuré par un "Carlus aénobarbus" (Carlos oblige).

 P1120422

Car j'oubliais les textes de chansons qui s'intercalent entre chaque conte. Le générique de l'émission (paroles de Maryse Wolinski et Claude Lemesle, chanté par Carlos, Sarah Mesguish et Bernadette Lafont), dont le texte ouvre le bouquin en p.5, est déjà kitchissime (le clip ici en vidéo!). Je vous laisse chercher si l'on peut (ou non) dénicher les autres chansons voire les contes eux-mêmes, diffusés semble-t-il un soir de Noël 1985...

*** Je suis Charlie *** 

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jeudi 7 octobre 2021

Du goudron et des plumes - Collectif

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rends hommage ce mois-ci à Charlie Hebdo en citant un ouvrage paru il y a 10 ans. Du goudron et des plumes est sur-titré Charlie Hebdo fête les 100 ans de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux).

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Editions Les Échappés, 2011, 143 p.

On peut découvrir dans cet ouvrage un large panel (ou éventail) de plumes, avec même des dessinateurs anciens collaborateurs de Charlie hebdo que je n'avais encore jamais eu l'occasion de mentionner dans d'autres billets, pas forcément tous mentionnés dans la.présentation sur le site de la Maison d'édition, qui dit: "À quoi sert l’oiseau ? se demande Allain Bougrain-Dubourg, à l’occasion des 100 ans de la LPO. Marc Jolivet, Albert Jacquard, Luc Jacquet, Laetitia Barlerin, Maud Fontenoy, Patrick Pelloux, Laurent Baffie, Pierre Rabhi et François Cavanna ont pris la plume pour lui répondre et accompagner les meilleurs dessins d’oiseaux parus dans Charlie Hebdo, signés Bernar, Cabu, Catherine, Charb, Coco, Gébé, Honoré, Jul, Luz, Riss, Tignous, Willem, Wolinski. Dans ce livre à thème, c’est toute la société qui passe sous la « plume » des dessinateurs, au gré des marottes de chacun. Un regard d’aigle sur des problématiques toutes politiques, un angle original et ébouriffant sur notre société !". Comme l'écrit A. Bongrain-Dubourg dans sa préface de l'ouvrage (p.4-5), les dessins ont été ressortis de leurs cartons ou tracés, au gré de l'émotion. 

Voici ma propre sélection subjective, piochée sur 22 pages, parmi les plus de 240 dessins que comporte l'ouvrage.

P1120346 p.23, Gébé se payait l'appeau de Jospin.

P1120345 p.10, Honoré, le dodo.

P1120344 p.8, un magnifique dessin de Coco!

P1120343 ... précédé d'un autre (p.6).

P1120347 p.29, Tignous et Charb.

P1120348 p.35, sur le thème des colombes, Cabu et Gébé.

P1120349 Honoré brocarde p.44.

P1120350 Riss, en deux mots, beaucoup de bruit pour rien? (p.49).

P1120351 p.55, Jul, Cabu et Honoré.

P1120353 p.57, Bernar (très joli dessin!), Charb, et Wolinski (thème récurrent...).

P1120355 p.61 (Wolinski et Tignous)

P1120354 p.60, Honoré (je ne sais pas comment le prendre, si ce n'est qu'il ne faut pas confondre fiction et réalité?).

P1120356 p.62 (Tignous): déjà un virus asiatique effrayait la planète...

P1120357 p.66, Charb et Wolinski

P1120358 Willem, p.81.

P1120359 Gébé, p.93.

P1120360 Cabu, piquant... (p.98).

P1120361 p.105 (Riss, Willem, Catherine).

P1120362 Cabu, p.106 (Juppé hors contexte?).

J'en profite pour dire que la page de texte de Laurent Baffie, p.107, m'a fait rire.

P1120363 Charb (prémonitoire?) p.117.

P1120364 p.134, Lagarde en autruche, par Mougey (?).

P1120368 Kamagurka (p.79)

Bien entendu, on peut trouver des dessins d'oiseaux dans d'autres ouvrages de nos dessinateurs. 

P1120446 Mes fidèles lecteurs reconnaîtront le dessin de gauche, qui provient de Une vie compliquée...  P1120447 ... de Wolinski (chroniqué le mois dernier)... Je ne sais pas si les deux dessins sont contemporains ou non? 

P1140091 Et puisque je complète ce billet avec quelques autres dessins aviens, voici encore un dessin magnifique par Coco, dans son livre Dessiner encore que je chroniquerai un mois ou l'autre (il contient plusieurs autres images d'oiseaux). 

Pour cette fois-ci, j'espère que tout le monde aura bien noté que la LPO a 110 ans désormais? Quand j'étais jeune, pour moi, Allain Bougrain-Dubourg, c'était le masochiste qui allait une fois par an se faire casser la figure par les chasseurs de palombes. Ensuite, la LPO, ça a été le démazoutage médiatisé de quelques-uns des malheureux oiseaux touchés par les marées noires. Aujourd'hui, je suis davantage sensible à leurs actions de soutien au replantage des haies champêtres sur des terres agricoles...

J'ai trouvé mention de ce livre seulement sur quelques sites ou blogs de libraires, ou en rapport avec la LPO (partenaires, antennes locales...), mais pas sur des blogs de lecture. En tout cas, si vous avez des cadeaux à faire, Du goudron et des plumes est toujours en vente dans la boutique des éditions Les échappés...  

 *** Je suis Charlie ***

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