mercredi 7 novembre 2018

Marx, ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné? - Bernard Maris

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Cela faisait longtemps que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais plus mis Oncle Bernard à l'honneur dans mes hommages aux morts de Charlie Hebdo. Avec la reprise universitaire, il est temps de proposer aux étudiants une autre voie en économie que celle des classiques libéraux.

Ce livre de Bernard Maris au titre torturé (Marx, ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné?) a été édité pour la première fois en 2010 aux éditions Les Echappés, puis réédité en 2012 chez Flammarion (coll. Champs actuel n°1058 - le volume que j'ai entre les mains).

Il n'est pas facile de présenter cet ouvrage. Sa présentation matérielle (sinon matérialiste?) m'a fait penser à celle des Pensées de Pascal: de courts paragraphes numérotés... avec parfois des envolées hugoliennes.

J'en extraierais "arbitrairement" quelques citations (de Bernard Maris, et non de Karl Marx), en vrac.

Je commence par relever l'évocation de la "parabole des égoïsmes" provenant d'Adam Smith (p.59): "Ce n'est pas de l'altruisme du boulanger que je tire mon pain, c'est de son égoïsme et de sa cupidité".

Selon Maris, "très vite, [Marx] jugea qu'il n'existe pas d'être plus abominable sur terre que l'économiste" (p.17), et "la question de savoir si Marx déteste les philosophes plus que les économistes reste ouverte; et les philosophes marxistes sont aussi méprisable que les autres" (p.18). Notre Oncle Bernard, plutôt mordant ici, règlerait-il quelque compte personnel?

p.17: "Karl Marx ne souhaitait que l'abolition de ce qui fait notre vie de tous les jours, avec ses lancinantes chansons sur la croissance, l'emploi et le reste: l'économie." p. 33: "Le capitalisme est aussi ce bref moment de l'histoire où les hommes sont productifs. Le jardinier d'une entreprise est productif, le jardinier qui travaille directement pour un consommateur, improductif. Le tailleur privé est improductif, le tailleur de la grande entreprise qui travaille douze heures et n'est payé que six est productif. L'artisan est improductif, car il ne fait que se reproduire sans passer par l'exploitation du travail. Il est proche de l'autoconsommation, de l'autarcie, sa production équivaut à sa consommation, il ne génère pas de plus-value. Aucun capitaliste ne produit pour consommer son produit". [parenthèse: décidément, à cette aune-là, je (ta d loi du cine) ne suis sûrement pas un capitaliste, si je dis vive les AMAP et les SEL...].

"Qu'est-ce que le minimum vital nécessaire au producteur? En 1836, quand Karl dédie des poèmes brûlants à Jenny von Westphalen, le minimum est un bol de soupe et une litière de paille, ce que gagne le journalier agricole qui construit les murets de pierre. En 2010, le minimum inclut une voiture et un portable, sinon le prolétaire ne peut travailler" (p.69). Comme ne le dit pas exactement Bernard Maris: "tu parles, Karl!".

Pour finir, je partage aussi une analyse critique du marxisme revu à l'aune de notre "société de consommation" contemporaine (p.65): Les ouvriers doivent consommer les objets qu'ils fabriquent. Mais que se passe t-il s'ils n'en veulent pas? On objectera, à juste titre, que les besoins sont imposés, fabriqués par la pub, dont le miracle perpétuellement renouvelé est de faire acheter à celui qui n'en a pas les moyens ce dont il n'a pas besoin. Et en contrepoint: "A qui les capitalistes vendront-ils les marchandises produites par les robots?" (p.78).

Ce que je retiens donc de ce livre? Que Marx a brillamment analysé le passé et le présent dont il était contemporain, mais que ses prévisions, 135 ans (désormais) après sa mort, se sont révélées erronées à ce jour: il avait sous-estimé la "résilience" du capitalisme et l'adaptabilité des capitalistes.

On pourra consulter plusieurs blogs ou articles qui ont mentionné ce livre: Bibliothèque farenheit 451, un billet de Denis Clerc, Ludovic (en quelques phrases sur son blog-notes sous-titré "une opinion parmi d'autres"), ou Le prolétariat universel, un blog plus "politique" et qui a fait une critique plutôt acerbe (à mon avis), reprochant à Bernard Maris de ne rien proposer pour "dépasser" Marx (si j'ai bien compris)..

Pour ma part, en ce qui concerne Bernard Maris, il me reste encore pas mal de ses livres à lire avant de pouvoir définir le "marisme".

*** Je suis Charlie ***

Une anecdote sans rapport avec la chronique de ce mois en particulier. J'ai aperçu un jour, il y a déjà quelque temps, un "migrant" sous la ligne de métro 2 (à une des stations où se tient la vente à la sauvette de "Malboro-Malboro-Malboro"...). Il portait un T-shirt "Je suis Charlie". Ca m'a fait gamberger. Je doute qu'il l'ait acheté lui-même en janvier 2015. Sait-il seulement la signification de ce qu'il arbore? Est-il croyant ou mécréant? Et du coup, je me suis dit que c'était peut-être un T-shirt qui avait été donné à une association venant en aide aux migrants, ou encore un don dont il aurait bénéficié en direct. Mais quid du donateur? A quoi a-t-il pensé? Etait-il conscient, ou non, du symbole? Y a-t-il vu malice ou non? Pour ma part, je n'aurais pas fait don d'un tel T-shirt, mais l'aurais conservé pour moi.

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mardi 23 octobre 2018

Le ciné de Fred - présentation de Ffred (à l'occasion de son 500e commentaire chez dasola)

Cette quatrième présentation de blogueur innove en présentant cette fois un blogueur (et non plus une blogueuse), mais aussi un auteur de blog cinéma (et non plus littérature). Ffred a été dès février 2007 la 8ème personne à mettre un commentaire chez dasola (elles sont plus de 1160 à ce jour). Il vient d'y effectuer son 500ème commentaire. Pour mémoire, les trois présentations précédentes concernaient Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018, Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 et Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017. Cette fois-ci, j'ai décalqué certaines questions de mon questionnaire "Livres", pour d'autres, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis inspiré de celles du Questionnaire Cinéma chez Martin (K), http://1001bobines.blogspot.fr, en essayant de trouver des formulations différentes des siennes puisqu'on risque d'y retrouver une année ou l'autre les mêmes blogueurs...

Merci donc à Ffred d'avoir trouvé un petit moment pour répondre, et surmonté quelques petits aléas techniques pour transmettre ses réponses dans un format compatible!

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LeCinedeFred_semaine Bonjour Ffred, pour que les lecteurs comprennent bien qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un spectateur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec le cinéma?

Bonjour,

Je m’appelle Fred (Frédéric). J’ai 53 ans, je suis né et je vis à Paris. Je suis cadre dans une grande société d’Etat, je travaille en décalé donc du temps pour aller souvent dans les salles obscures. J’ai un bac + 2 mais pas d’études en rapport avec le cinéma.

Parlons un peu de vous et de votre site: Le ciné de Fred (les sorties de la semaine). Quand et pourquoi avez-vous souhaité le créer?

Le Ciné de Fred va bientôt fêter ses 12 ans (en décembre). Je ne connaissais pas les blogs au départ. Je laissais des avis sur les fiches des films sur Allociné dans la rubrique « Critiques spectateurs ». Mais le nombre de caractère était limité. En naviguant sur le site, j’ai découvert les blogs ciné et la liberté que cela pouvait apporter, je me suis donc lancé.

Pourquoi la plateforme over-blog aujourd’hui ? Un peu d’histoire (du temps des blogs d’Allociné)?

Par facilité. Allociné ayant supprimé les blogs et basculé le tout sur Over-blog, j’y suis resté.

Quel est votre but avec ce blog?

Le but était d’abord personnel. Garder une trace de ce que je voyais (plutôt que sur papier comme avant l’avènement d’internet). Et puis très vite, il y a eu une émulation avec d’autres blogueurs ciné (nous sommes d’ailleurs devenus un groupe d’amis dans « la vraie vie »). Et les visites étaient là, c’était stimulant. Puis c’est devenu une habitude.

En moyenne et à titre indicatif, combien voyez-vous de films par semaine / par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour?

Cela varie. En moyenne je vois entre 10 et 20 films par mois, entre 2 et 5 films par semaine. Parfois moins (vacances ou état de santé). Il m’est arrivé de voir une trentaine de films dans un mois (mais je ne travaillais pas), cela reste exceptionnel. Je ne regarde plus la fréquentation du blog. Cela m’obnubilait au départ mais plus maintenant. Les dernières fois où j’ai regardé, la fréquentation oscillait entre 50 et 100 visiteurs uniques par jour.

Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Voir question précédente ;-)

En tant que spectateur, comment vous définiriez-vous? Le cinéma tient-il un rôle important dans votre vie?

Le cinéma tient une place importante. C’est une passion et cela depuis le plus jeune âge. Des Disney vus en famille puis du ciné-club du lycée jusqu’à aujourd'hui, cela n’a fait que s’amplifier.

Avant-premières, rencontres avec les réalisateurs, les acteurs, festivals… Les recherchez-vous?

Plus maintenant non. Moins le temps et puis je préfère voir les films dans de bonnes conditions, dans des salles vides ou presque…

Votre type de salle de cinéma préféré? Multiplexes? Art et essai?

Je n’avais pas de préférence mais la fréquentation devient un peu « houleuse ». Entre les gens qui arrivent en retard, qui parlent, qui mangent, sont sur leurs téléphones etc…C’est parfois difficile. Les cartes illimitées ont d’ailleurs fait beaucoup de mal (même si c’est une très belle invention pour ceux qui « consomment » beaucoup). Quand je peux, je privilégie les petites salles d’art et essai, les spectateurs sont en principe plus respectueux. Pour un blockbuster ou une grosse comédie, les multiplexes me gênent moins.

Et le cinéma « en boite » (DVD, TV, « vidéo à la demande », visionnage sur ordinateur portable…)?

Peu de films à la télé, je n’achète plus de DVD, sauf les films qui m’ont marqué, quelques téléchargements, mais je regarde aussi beaucoup de séries (abonné Netflix).

Comment choisissez-vous vos films? (bouche-à-oreille, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un réalisateur et/ou un acteur – vraiment – préféré?

J’essaie d’éviter les bandes-annonces et je ne lis pas les critiques avant de rédiger mes avis. J’essaie d’arriver vierge devant un film mais cela devient assez difficile de nos jours avec la promotion intensive. Je vais voir les films de certains réalisateurs ou acteurs/actrices (la liste serait trop longue ici) systématiquement. Après, c’est sur le bouche à oreille, la rumeur, le sujet, les prix, et parfois complètement au hasard (souvent des bonnes surprises…ou pas…).

A quoi êtes-vous sensible dans un film?

Je cherche avant tout une émotion, quelle qu’elle soit (rire, pleurer, trembler, s’instruire, etc…). Le film peut être mal réalisé, mal filmé, les images pas belles, les personnages détestables etc… mais si j’ai ressenti une émotion c’est gagné.

Offrez-vous des films en DVD (ou Blu-ray…)? Si oui comment les choisissez-vous?

Parfois oui. En principe à quelqu’un dont je connais bien les goûts, ou si la personne a aimé un film et qu’elle ne l’a pas.

S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel film vous a le plus profondément marqué, parmi tous ceux que vous avez pu voir?

Mon film préféré est The Hours de Stephan Daldry.

thehours

Pourquoi celui-ci?

C’est un tout. L’histoire, l’interprétation, la mise en scène, la musique… Je l’ai vu une centaine de fois, et toujours la même émotion à chaque fois. C’est comme l’amour, ça ne se commande pas et ça ne s’explique pas ;-)

Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’un film vu dans votre enfance ou adolescence?

Les deux premiers films vus au ciné-club du lycée et qui m’ont marqué et même choqué mais m’ont fait aimé le cinéma immédiatement: Midnight Express et Elephant Man. Bambi et Blanche-Neige m’avaient terrorisé, pour d’autres raisons, mais je devais avoir entre 3 et 5 ans ;-)

midnightexpress     Elephant_Man

Etes-vous parfois tenté par la rédaction de scénarios voire la réalisation (courts-métrages…)?

Non, et je n‘ai aucun talent artistiques. D’autres le font si bien…

Que pensez-vous des adaptations d’œuvres littéraires au cinéma?

En principe je suis toujours déçu. Je pense qu’il faut mieux voir le film et lire le livre après, cela passe mieux dans ce sens. Cela apporte quelque chose au film, l’inverse non. Dernière exemple avec Call me by your name. Un vrai plus, même si l’adaptation est plutôt réussie.

Une opinion sur les « remakes »? Les « franchises » (suites, reboots…)?

A part faire de l’argent, aucun intérêt. Les suites, remakes, reboot, sagas, sont, soit ratés, soit moins bien que l’original. Mais il y a toujours des exceptions (par exemple le remake de son propre film par Michael Haneke: Funny Games / Funny games US).

Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

C’est parfait comme ça. Merci beaucoup.

Merci Ffred!

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dimanche 7 octobre 2018

Pétillon et Charlie Hebdo

Ce mois-ci, dans mon hommage mensuel aux disparus de Charlie Hebdo, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais effectuer un petit pas de côté pour inclure un dessinateur de presse (et bédéiste) qui vient de mourir le 30/09/2018 (des suites d'une longue maladie, comme on dit). J'avais noté il y a déjà des mois qu'il ne dessinait plus dans Le Canard Enchaîné, mais j'ignorais qu'il fût malade, et j'attendais avec impatience le prochain "Jack Palmer" (dasola avait chroniqué le dernier paru ici). Sur son lit d'hôpital, semble-t-il, il a pu feuilleter la biographie de Cabu que vient de rédiger Jean-Luc Porquet (journaliste au Canard), un ouvrage dont j'aurai probablement l'occasion de reparler.

A l'époque de l'attentat du 7 janvier 2015, Pétillon ne dessinait pas pour Charlie. Il envoyait, si j'ai bien compris, entre autres, 8 dessins chaque lundi soir au Canard Enchaîné (pour publication en noir et blanc), et illustrait aussi les Dossiers du Canard. Mais, comme d'autres confrères dessinateurs, il a dessiné dans quelques numéros juste postérieurs à l'attentat de janvier 2015. Je me suis plongé dans ma "série complète" de Charlie Hebdo post-attentat. Sauf erreur de ma part, un total de 7 dessins de Pétillon a été publié (en couleur, dans trois numéros), dont j'extrais ceux qui suivent (il avait, semble-t-il, liberté des thèmes sur lesquels dessiner). 

Petillon_P1100451  Petillon_P1100450 n°1179 du 25/02/2015 p. 8 & 12.

Petillon_P1100449  Petillon_P1100448 n°1180 du 04/03/2015 p. 4 & 10.

Petillon_P1100447 n°1181 du 11/03/2015.

Un an plus tard, quinze de ses dessins (en couleurs aussi) illustrent le Hors-série Dossiers du Canard Enchaîné sur la liberté d'expression paru en avril 2016, dont il faisait même la couverture. 

Petillon_P1100452

Le Canard Enchaîné lui a rendu hommage dans son numéro paru mercredi 3 octobre 2018 (en couv' et en p.5)

Petillon_P1100455   Petillon_P1100454

Charlie aussi (p.4). Petillon_P1100453

Pétillon laisse une vingtaine de recueils de ses dessins de presse (j'en possède plusieurs) et quinze albums des aventures de Jack Palmer, son détective maladroit. Après L'Enquête corse paru en 2000, dont tout le monde parle aujourd'hui, René Pétillon avait aussi dessiné L'Affaire du voile, dévoilé en 2006 mais moins connu (?). Il ne me reste plus qu'à apporter l'un et l'autre à dasola (qui ne les a encore jamais lus!) pour qu'elle fasse une de ses prochaines chroniques sur l'un ou l'autre selon ses préférences...

Son trait va me manquer.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 1 octobre 2018

Charles Aznavour n'est plus... (22 mai 1924 - 01 octobre 2018)

Depuis le temps, on s'est dit que ce grand monsieur de la chanson française, compositeur et chanteur (qui fut aussi acteur) était immortel. Et bien non, la grande Faucheuse ne l'a pas oublié.

 j'ai eu le plaisir de voir et entendre Charles Aznavour sur scène. Il avait beaucoup de présence et quelle voix!

Parmi le millier de chansons qu'il a écrites, j'ai retenu Le temps, Comme ils disent, Je me voyais déjà, La Bohème, Emmène-moi, For me formidable.

Et puis n'oublions pas les trois films notables dans lesquel il a joué : Tirez sur le pianiste de François Truffaut (1960), Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière (1961) et Les fantômes du chapelier de Claude Chabrol (1982).

Un grand artiste est parti.

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vendredi 7 septembre 2018

Petit traité d'intolérance / Nouveau petit traité d'intolérance - Charb

Charb n'était pas seulement dessinateur, il rédigeait aussi des chroniques régulières, titrées "Charb n'aime pas les gens", dans Charlie Hebdo. En son temps, il a aussi tenu une chronique mensuelle dans Fluide Glacial, "La fatwa de l'Ayatollah Charb". Mais si les deux livres que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) présente ce mois-ci sont sous-titré "Les fatwas de Charb", il n'y figure aucune indication de date ou de lieu de publication de chacun des textes y figurant.

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Quatrième de couv' pour l'un ou couverture pour l'autre annoncent respectivement 50 et 40 chroniques, or j'en ai compté en fait 59 et 47: ne sous-estimons donc pas Charb! Avant Librio (collection Idées), les deux titres avaient été publiées aux éditions Les Echappés (créées en 2008 par Riss pour éditer les auteurs de Charlie), en 2009 et 2014 (textes choisis par l'auteur, donc, sans doute parmi un "corpus" publié plus vaste?). Puis Librio a édité le premier Petit traité... en octobre 2012 (coll. Idées, N°1050, réédité en mai 2015), et le second en septembre 2016 (N°1216).

Toutes les chroniques du 1er volume sont précédées d'un dessin (j'en ai choisi deux pour illuster le présent billet), mais aucune de celles du second. Il s'agit de textes courts, le plus souvent sur 2 pages, sauf exception ("Mort aux bonnets de père Noël", qui en fait 3), et se terminant par la ritournelle "Je crois que vous en serez d'accord, il faut [ultime châtiment absolument horrifique]... Amen".

Dans ses chroniques percutantes, Charb témoigne d'une vision plutôt amère que rigolotte. Au premier abord, l'humoriste pourrait passer pour un abominable guide suprême intimant d'exterminer les cibles de sa vindicte, qu'il s'agisse d'objets, de personnes, de tendances ou d'idéologies. Mais je suppose qu'il avait foi en l'intelligence de ses lecteurs. Il les provoque, p.31, dans "Mort au vote utile", qui vise (à quel degré? Au premier, second, ...n ?) les "cons" qui le prônent ou le pratiquent sans réfléchir plus loin. C'est par contre comme un militant qu'on peut le pressentir dans la chronique révolutionnaire titrée Mort à "On lâche rien" (p.49 dans le Nouveau...): "On lâche rien!" me fout le moral à zéro. C'est "On conquiert tout" qu'il faut gueuler! (...) "On lâche rien" est un slogan qui fait totalement l'impasse sur ce qu'on a déjà lâché. C'est un slogan qui entérine le fait que, ce qu'on a perdu, on ne le retrouvera jamais. 

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Voici quelques citation choisies. Je commence par un extrait de "Mort aux lecteurs de journaux gratuits" (p.21 du 1er opus): "Faut pas laisser perdre! On serait bien con de ne pas profiter de ce qui est gratuit, même si on n'en a pas besoin. On distribuerait des coups de pied au cul à l'entrée du métro qu'ils en réclameraient tous plusieurs s'ils ont la certitude que c'est gratuit." Ou, p.63, dans "Mort aux binoclards « Tendance »": "Evidemment, le marché ne s'est pas adapté à la demande, comme trop de gens le croient encore, les gens ne demandent rien. Le seul talent du marché consiste à faire croire aux consommateurs que ce sont eux qui ont désiré les produits qu'on leur impose. Vous imaginez l'humanité se lever un jour en hurlant d'une seule voix "On veut des lunettes rectangulaires"?

Bon, il faut que j'en laisse à découvrir. P.87 du Petit..., la totalité de la chronique "Mort à la business class" vaudrait à mon avis son pesant de caviar phantasmé.

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C'est vrai que c'est difficile de choisir, mais dans "Mort aux concepteurs de portables" p.89, à propos de la multitude de fonctionnalités proposées par les [téléphones] portables sans permettre cependant les cédilles ou les accents circonflexes, je relèverais la phrase profonde: "On nous offre le futile pour nous confisquer l'essentiel".

Pour ma part, je regrette un peu l'absence de toutes autres informations que les textes eux-mêmes. Du coup, il manque les dates des chroniques, le contexte... ("les années Hollande", pour l'une d'elles [p.68 du Nouveau petit traité...], indique juste qu'on est entre mai 2012 et la date de 1ère publication, en 2014). Je me demande ce que les historiens de 2075 trouveront comme informations sur la vie quotidienne en France au début du XXe siècle dans ces opuscules. J'espère en tout cas qu'ils auront conservé la capacité d'en rire. Sur les blogs, Keisha avait parlé du Traité... en 2014, Virginie dès 2013, Petite noisette après l'attentat en 2015.

Et si je devais vraiment retenir une seule chronique sur plus de 100? Je pense que ce serait celle p.71 (Nouveau...): "Mort aux dévots incroyants". Au final, je placerais bien ce texte, en termes opératoires, à peu près au niveau du "Pari" de Pascal. Mais l'ensemble est à lire, et chacun pourra y piocher ce qui lui parlera personnellement.

Je crois que vous en serez d'accord, à partir de cette rentrée 2018, il faut introduire des morceaux choisis (par roulement) de ces Traités d'intolérance au programme du collège et du lycée. Amen.

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 12 août 2018

Mille et un classiques - présentation de Maggie (à l'occasion de son 600e commentaire chez dasola)

Voici une troisième présentation de blogueuse fidèle commentatrice du présent blog, après Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 et Aifelle le 25 octobre 2017. Une seconde fois sollicitée, à l'occasion de son 600e commentaire chez Dasola (après avoir décliné une invitation à se présenter à l'occasion de son 500e il y a un an), c'est Maggie [76] qui a cette fois-ci accepté de répondre à quelques-unes des questions posées. Soit dit en passant, 100 commentaires ici en même pas un an, cela mérite un petit coup de chapeau. Enfin, pour rappel, lorsque j'avais (ta d loi du cine, "squatter" et secrétaire de rédaction chez dasola) préparé ce questionnaire, je m'étais inspiré pour les questions littéraires de plusieurs blogs littéraires ayant une rubrique "interview de blogueurs / blogueuses" (Delph, de http://mespetitesidees.wordpress.com, Le bouquineur, de http://lebouquineur.hautetfort.com, Linette de http://lire-en-nuisette.fr), et pour les quelques questions cinéma posées, de celui de Martin [K], de ... Mille et une bobines.

Donc, au tour de Maggie, c'est parti!

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Banniere_Maggie Bonjour Maggie [76], pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

Bonjour Dasola et Ta d loi du ciné.
Je vais me présenter brièvement. Je n'ai pas répondu aux questions comportant des classements, des comptages, etc., ce n'est pas mon fort...
J'ai 39 ans et j'ai fait des études de Lettres et d'histoire des arts. J'ai aussi un métier en lien avec les Lettres. Merci d'avoir pensé à moi pour ce questionnaire!

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Mille et un classiques. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Pourquoi la plateforme "canalblog"?

J'ai commencé ce blog par hasard. Une collègue tenait un blog, justement sur canablog et c'est pourquoi j'ai choisi cette plateforme. C'est plutôt simple à gérer.
Je me suis aperçu que j'oubliais rapidement mes lectures donc ce blog a été comme un carnet de lectures mais visible de tous. Il m'obligeait, en outre, à développer mes idées. C'était un peu un défi: serais-je capable d'exprimer correctement ce que je ressentais? Pourrais-je donner envie de lire?

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

Je suis une lectrice éclectique: je lis un peu de tout...
La lecture est très importante pour moi. J'aime à penser que je suis comme Simone de Beauvoir, dans les Mémoires d'une jeune fille rangée, dont la vie a été jalonnée par des romans, dans lesquels elle se projetait. De même, je vois la vie au prisme de la littérature: les personnes ou les situations m'évoquent souvent un livre (ou un film). Et puis, la lecture est importante dans ma vie pour des raisons banales: elle me permet de rire aux éclats (récemment, j'explosais de rire en lisant Ada de Bello) ou m'évader.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Je n'ai pas de liseuse et je n'en veux pas. Je n'ai pas l'habitude de lire de longs textes sur les écrans. De toute manière, j'ai besoin d'écrire sur mes livres, de relire des passages, de les souligner et de mettre des post-its. En revanche, j'aime beaucoup les livres audio.

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

Je suis sensible à tout, au format (je préfère les livres de poche, plus maniables), à l'illustration de couverture (je me rappelle une horrible couverture des Travailleurs de la mer de V. Hugo qui me rebutait à chaque fois que je reprenais le livre... jugez par vous-même! [ci-dessous]), à l'odeur (je déteste les odeurs de vieux livres), à l'épaisseur des pages (je les aime épaisses!) et j'aimais même découper les feuilles des livres de la collection Corti - mais je digresse trop... 

Travailleurs_de_la_Mer

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

Je suis incapable de choisir un seul roman même avec un couteau sous la gorge. J'ai été marquée aussi bien par la poésie du Spleen de Paris que par l'humour et le burlesque de Scarron. J'adore l'audace stylistique de Claude Simon mais aussi les exagération feuilletonnesque de certains auteurs etc. J'ai plutôt des toquades!

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Je lisais surtout des Contes de Perrault et je les relisais sans fin (j’idolâtrais Perrault, Grimm etc.) mais la lecture la plus marquante, ce devait être à 12 ans environ quand j'ai découvert Les Misérables: ce n'était sûrement pas une version intégrale car je me rappelle surtout les amours de Cosette et Marius (je n'ai peut-être lu que le tome II). Ma mère ne se souvient pas de ces deux bouquins hugoliens. Mais je sais que j'ai gardé un goût immodéré pour Hugo.
En revanche, en seconde, j'ai lu L'étranger de Camus qui m'a fait une forte impression à cause de l'absurde et Nana qui a failli me détourner de Zola!

* Vous avez aussi écrit quelques dizaines de billets sur des séries TV ou des films.
Quels seraient les dix films que vous conseilleriez? Et les dix séries?

J'ai des difficultés pour classer, ranger, calculer donc j'ai mis plus de films, qui sont classés au hasard, au lieu de 10, et je n'ai pas fait un top 10 des séries car je n'en regarde pas assez pour que ce soit significatif, je pense...

1)    Hot fuzz, E. Wrigth
2)    Taxi Téhéran, Panahi
3)    L'île aux chiens, Anderson
4)    The Host, Bong Joon Ho
5)    Black swan, Aronofsky
6)    Blade runner, R. Scott
7)    Les temps modernes, Chaplin
8)    Get out, Peele
9)    Thor, Branagh
10)    Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro
11)    L'homme qui tua Don Quichotte, Gilliam
12)    Au poste!, Dupieux

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

"A quoi ressemble ta bibliothèque?"

Elle paraît rangée mais ce n'est qu'une illusion. Je l'aime pourtant. J'ai des livres ailleurs mais posés n'importe comment!

Bibliotheque-Maggie

Merci Maggie! 

Banniere_Maggie

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mardi 7 août 2018

Comment rater ses vacances - Tignous et Gros

Ce mois-ci, je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] (re)mets à l'honneur un album contenant des dessins de Tignous, provocateur comme souvent.

  Couverture_2  P1090479

Le dessinateur Gros écrit en préface de Comment rater ses vacances, paru en 2015 aux Editions du Chêne: "En 2014, Tignous et moi, dans Marianne (...) on a décidé de parler des vacances. Faut toujours qu'il y ait un truc qui cloche avec les vacances. On allait faire un guide pour que les gens sachent comment rater leurs vacances. ils nous remercieraient sûrement après. (...) Un an après, c'est de nouveau les vacances, mais y a plus Tignous. Faut toujours qu'il y ait un truc qui cloche avec les vacances." 

La 4ème de couv' de ce recueil de dessins à deux "crayons" parle de "plus de 150 dessins". Pour ma part, je les ai pointés, et je n'en ai trouvé que 80 de Tignous (couverture comprise) et 63 de Gros (4e de couv' comprise): le compte n'y est pas?

Je vais d'abord présenter quelques "citations" des dessins de Tignous.

P1090498 p.81 (tout est permis?) P1090499 p.108 (le permis, vous dis-je...) P1090495 p.60-61 (trois d'un seul coup d'oeil!) P1090492 p.40 (celui-là, il me parle vraiment!) P1090494 p.49 (accro...) P1090491 p.31 (provoc... et toujours d'actualité en 2018...) P1090489 p.25 (hé oui...)

Je passe maintenant à Pascal Gros, co-dessinateur, dont certains des dessins m'ont fait pleurer de rire. Je trouve que les phylactères de ses dessins expriment un humour décalé qui me fait un peu penser à du Gérard Mathieu. Collègue de Tignous à Marianne, Gros a contribué un temps à Charlie Hebdo après le massacre.

P1090481 p.16 (le Français est chauvin?) 

 P1090482 p.32-33  P1090487 p.110 P1090490 l'avion [3 fois...], y compris encore un dessin de Tignous!

P1090486 p.67 (d'actualité toujours...) P1090488 p.118 (toujours d'actualité?) P1090483 p.42

Par_deux (j'ai pas été capable de choisir entre les deux illustrations, même si j'en préfère une...)

Sur un registre plus grave, Chloé Verlhac écrit en ouverture du recueil: "Tignous aurait dédicacé ce livre à ses enfants. Parce qu'il n'aimait rien tant que les vacances avec ses enfants."

P1090496 p.69 (allez, un dernier T. pour la route, avant de déconnecter)

Comme la sortie du livre date d'il y a déjà trois ans (réédité en 2016), je n'ai guère déniché trace de billets sur des blogs. Vous trouverez cependant 4 autres dessins sur le blog Baz'Art, et un joli billet signé Guillaume Doizy sur son portail Caricatures&caricatures.

Enfin, je profite de ce billet estival pour m'expliquer sur le fait que mes photos de citations ne montrent jamais les dessins aussi beaux qu'ils sont: c'est exprès! C'est pour pousser mes lecteurs à aller feuilleter l'ouvrage original...

*** Je suis Charlie ***

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samedi 7 juillet 2018

Passe ton bac, après on verra (Le Grand Duduche - L'intégrale) - Cabu

Les résultats du Bac 2018 sont tombés (avant oraux de rattrapage  - "épreuve de contrôle" - le cas échéant). Les bacheliers 2018, nés pour certains avec le XXIe siècle, seront certainement des citoyens capables de suivre la vie politique française et de voter aux prochaines élections. En janvier 2015, lors de l'assassinat de Cabu (né en 1938, il aurait eu 80 ans) et de ses confrères à Charlie Hebdo, ils ne lisaient vraisemblablement pas encore la presse (ni ses dessins), par contre... Il m'a paru intéressant de reparler du titre d'un des volumes axés sur le personnage du Grand Duduche (Cabu y évoque notamment ses débuts de carrière de dessinateur...), même si je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] l'avais déjà cité dès le 18 janvier 2015.

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... Mais j'ai surtout réussi à jeter un petit coup d'oeil sur Le Grand Duduche - L'intégrale. On voit l'épaisseur de la somme (dont j'avais évoqué l'existence ici alors que je ne l'avais pas encore eue entre les mains).  

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Après (re)lecture de ces 640 pages (dans lesquelles sont disséminées les quelque 62 pages de Passe ton bac, après on verra!), j'y ai picoré quelques citations appropriées: aussi bien de grandes planches, des "duduchoramas" bourrés de détails (dont je me permets parfois d'extraire un élément), que des personnages saisis en un dessin. Les lecteurs de Cabu savent qu'il y représentait un univers disparu (internat d'un lycée de province) avec sa galerie de personnages pittoresques: des archétypes de profs caricaturaux, les uns imaginés en une seule vignette, d'autres suivis sur plusieurs planches), le pion "Belphégor", écrivain raté mais adulé par sa dominatrice de maman, le cuistot, le concierge (et madame)... sans oublier la fille du proviseur! En postface, en 2008, Cabu précisait: "Soit, Duduche me ressemble, comme la plupart des personnages de BD ressemblent à leurs auteurs, mais je n'ai pas voulu me représenter".

P1090505 p.55  P1090504 pp.24-25  P1090509 Un extrait d'une de ses galeries de profs plus caricaturaux les unes que les autres (p.204)...   P1090507 p.161 (ce qui nous ramène au sujet!) 
P1090508 p.198 (mais j'aurais pu mettre aussi la p.317!)  P1090524 p.446 (lycée occupé ou grève lycéenne)  P1090523 p.467  (ça existe encore, les "boites à bac"?)

P1090522 p.542 (extrait)  P1090521 p.480 (détail)  P1090520 p.58 (dans Passe ton bac!...) et 84 (dans L'intégrale).

Après les dessins, voici quelques images moins drôles. De mon côté, étant de passage (pour passer moi-même le bac) à Châlons-en-Champagne où est enterré Cabu (il était né à Châlons - à l'époque! -, qui s'est ensuite appelée Châlons-sur-Marne), je suis allé faire un tour à l'un des cimetières de la ville, le plus proche de la gare, et ai réussi à y trouver sa tombe. In memoriam, quelques photos...

P1080209   P1080208   P1080211 

Et quand même, je n'ai pas résisté, j'ai souri au spectacle que j'ai capté dans cette dernière photo.

P1080212 Est-ce qu'il aurait pu en tirer un dessin?

Enfin, cela fait trois mois d'affilée que mes billets-hommages mettent Cabu à l'honneur. Il sera temps, les mois prochains, de revenir sur d'autres des victimes du 7 janvier 2015.

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 7 juin 2018

Vive les comédiens! - Cabu (le livre)

Je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] me suis dépêché pour compléter mon hommage à Cabu du mois dernier (dans ma série en mémoire des tués de Charlie hebdo)...

Quelques semaines après notre sortie à la Comédie Française, dasola m'a offert le livre-catalogue de l'exposition Cabu (Vive les comédiens!), qui n'était pas encore paru lorsque nous étions allé voir à la librairie du théâtre.

P1090444   P1090445

L'ouvrage contient quelques textes sur les rapports qu'a entretenu Cabu avec le théâtre toute sa vie, mais rappelle aussi les figures et événements marquants des dernières décennies. Cerise sur le gâteau pour un gestionnaire de bases de données: j'y ai trouvé une liste "complète" des affiches théâtrales illustéres par Cabu (qui fleure le catalogue de la collection particulière d'un passionné). Mais j'en ai maintenant la certitude: nous n'avions pas vu tous les dessins exposés! En voici quelques-uns pour compléter les photos précédentes.

P1090452 p. 93, un dessin datant de 1957 et des débuts de Cabu dans la presse nationale (Ici Paris). A l'époque, on ne parlait pas encore en France de "kawaii" (dessin "mignon", dans les manga)...

Dans les années 60, faute de photocopieuse, Cabu découpait des têtes particulièrement réussies pour les réutiliser dans d'autres compositions comme des "rustines" [terme que m'avait enseigné le 1er dessinateur que j'aie jamais interviewé, il y a une trentaine d'années]. Voici, entre autres exemples, Jean Piat,

 P1090447  P1090446 p.26 et 86. 

P1090448  P1090450  P1090449  Cabu pouvait semble-t-il avoir ses "têtes". Ici, Robert Lamoureux, bien reconnaissable dans trois dessins différents (pp. 59, 69, 61).

Le livre propose à plusieurs reprises d'intéressants parallèles entre les illustrations réalisées pour la critique théâtrale du Figaro pour telle ou telle pièce et la chronique / critique complète (dessin + texte) dans Hara-Kiri (pour le même spectacle) [personnellement, je n'ai jamais lu Hara-Kiri - j'étais trop jeune]. Ici, cela concerne une pièce nommée Les poissons rouges, ... (p.66).

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Le choix de dessins de l'exposition et du livre ne montre pas grand-chose sur la religion (tandis que la critique sociale est largement présente - j'ai bien aimé le dessin sur le Festival d'Avignon p.99). P1090453

Imagine-t-on les Anglais lançant l'anathème pour crime de lèse-auteur national? (p.100)  P1090454

Ci-après un document intéressant, un "Grand Duduche" inédit (?), ou en tout cas refusé, à l'époque, pour Pilote, par Goscinny (pourquoi?).  P1090462 p. 135.

Pas facile, la vie d'artiste / d'acteur? (p.140) [il m'a fallu regarder attentivement le croquis avant d'en savourer le sens].

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Et pour finir, j'ai bien aimé ce dessin "de jeunesse" (13 ans?! Inédit?), p.130.

P1090455 

Le blog Marque pages en parle aussi.

Pour ma part, mon prochain article à venir pour juillet portera peut-être encore sur Cabu... avant de repasser les mois suivants sur d'autres auteurs assassinés aussi le 7 janvier 2015 - que je n'oublie pas non plus.

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 24 mai 2018

Mini hommage à Philip Roth

J'ai appris hier matin (23 mai 2018) la disparition de ce grand monsieur de la littérature. Pour ma part, j'ai découvert tardivement l'oeuvre de Philip Roth (1933-2018). J'ai commencé  avec Pastorale Américaine (1999), puis J'ai épousé un communiste (2001) et enfin La tache (2002). Ces trois titres que j'ai lus lors de leur parution forment une trilogie très recommandable. J'ai aussi beaucoup apprécié Indignation (2010) et Nemesis (2012 - son dernier roman). J'ai encore une dizaine de romans de Philip Roth à découvrir. Son oeuvre est très bien traduite en français et elle est publiée aux Editions Gallimard. Philip Roth n'a pas été récompensé par le prix Nobel de littérature et c'est regrettable.

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