jeudi 9 novembre 2017

Carbone - Olivier Marchal / Logan Lucky - Steven Soderbergh / Hommage

Avant de m'envoler aujourd'hui pour le Chili pendant une dizaine de jours, je voulais chroniquer deux films. 

Je commence par Carbone d'Oliver Marchal, que je résumerai par "bof". Je n'ai rien compris à la fraude à la taxe carbone qui a fait perdre à la France plus d'un milliard d'euros en 2008-2009. En revanche, le film permet à Dani de trouver un rôle intéressant. Laura Smet dit à peine trois mots et joue les utilités en étant très maltraitée. Depardieu, en patriarche juif qui veut avoir la garde de son petit-fils, est égal à lui-même. Quant à Benoît Magimel, dont on connait le destin dès l'ouverture du film, on a l'impression qu'il souffre beaucoup. C'est un film violent qui n'apporte pas grand-chose. Lire le billet de Pascale plus enthousiaste que moi.

J'ai nettement préféré Logan Lucky de Steven Soderbergh, dans lequel Daniel Craig (James Bond) joue le rôle d'un taulard que deux frères font évader afin qu'il les aide à faire un casse: siphonner les recettes d'une course automobile sur un circuit fréquentés par des milliers de gens. Les deux frères Logan, l'un manchot, l'autre boiteux, avaient connu jusqu'au casse de méchants coups du sort. Les choses vont peut-être enfin s'arranger. Ce film sympathique a un rythme lent au début, puis tout s'accélère dans la dernière demi-heure. Il n'y a ni violence ni armes, mais les compiices, volontaires ou non, sont nombreux. Le casse est bien organisé. Les coupables seront-ils punis? Je vous laisse le découvrir.

Et enfin, je voulais rendre un petit hommage à un blogueur disparu cet été (je l'ai appris par l'intermédiaire de chez Sentinelle). Depuis le 17 août 2017, il n'écrivait plus de billet. Il est décédé le 22 août. Pour ma part, j'avais échangé avec lui quelques mois auparavant. Il m'avait envoyé le manuscrit d'un roman policier qu'il avait écrit en demandant mon avis. Il s'agit d'Alex-6, son blog "Y a quoi à chercher" est encore ouvert. Une nouvelle qui m'a rendue très triste.

Sur ce, je vous dis à bientôt avec plein de photos.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mardi 7 novembre 2017

Le street art et CHARLIE - Collectif / Marie Christian

Ce mois-ci mon hommage aux tués de Charlie Hebdo est particulier, puisque la présente chronique (signée ta d loi du cine, squatter chez dasola) n'est pas consacrée à l'un de leurs livres ou albums, mais à un recueil d'hommages, Le street art et CHARLIE, sous-titré "La mémoire des murs" (éditions Omniscience, avril 2015, 128 pages, 230 illustrations, rassemblées par Marie Christian).

P1050594    P1050595

Extrait de l'Avant-propos des éditions Omniscience: "Dans les jours qui suivirent les événements dramatiques du mois de janvier 2015 une évidence s'imposait à nous: il fallait faire un livre. (...) pour conserver une trace des innombrables messages, peintures et dessins posés dans la rue par tant d'anonymes et d'artistes du street art." Extrait du texte de 4ème de couv': "Ce livre forme un précieux inventaire de ce qui a été exprimé dans l'urgence, dans l'émotion, sur les murs des villes. C'est aussi et surtout un livre de combat contre toute forme de fanatisme." Je suis bien entendu en accord avec une citation que je relève p.5: "Assassiner pour un dessin qui raille et qui déplaît, une religion qui n'est pas la sienne. Ne nous habituons pas à cela. Jamais." Les photos sont celles d'affiches, tags, pochoirs, et d'autres oeuvres éphémères, avec des motifs liés aux attentats.

On peut trouver des définitions du "street art" sur un site spécialisé ou sur wikipedia bien sûr. Le livre a bénéficié d'un financement participatif: 5614 euros apportés par 171 contributeurs pour une demande initiale de 3300 euros (couverte, donc, à 170%) via KissKissBankBank. Les droits d'auteurs de cet ouvrage sont versés à l'association Les Bâtisseuses de paix

La sélection d'illustrations que j'en tire ci-dessous est bien plus étriquée que le vaste contenu du livre, car je ne cite ci-après (pour rappel, les droits des illustrations appartiennent aux éditions Omniscience ou aux artistes concernés) que ce qui m'a vraiment semblé représenter les dessinateurs assassinés à Charlie hebdo. Même si la Toussaint est passée depuis quelques jours, ils n'en sont plus à cela près je pense. Je n'ai pas repris toutes les oeuvres représentant Cabu (qui a souvent symbolisé l'ensemble des artistes et journalistes assassinés).

P1050599 Ces portaits magnifiques sont dûs à Morèje.

P1050598 Jef Aérosol a rendu hommage à toutes les victimes (connues ou anonymes) de ces jours massacrants.

P1050597 Cabu et Wolinski sont représentés par Big Ben comme rigolant de voir Hollande tagué par un pigeon le 11 janvier 2015...

P1050600 Pochoir de Nice Art ("on a assassiné mon Grand Duduche (...) [qui] pour moi est comme un cousin.").

Mon ressenti, à la lecture de ce que disent les artistes qui ont pu s'exprimer dans le livre, c'est que les trois jours d'attentats sont parfois entrés en résonnance avec les causes qui, chacun et chacune, leur tiennent à coeur, au-delà de Charlie Hebdo. Par ailleurs, j'ai aussi trouvé quelques autres oeuvres (non répertoriés dans le livre sauf erreur de ma part) sur le blog Piwee

Pour l'anecdote, ce livre, dasola me l'a offert lors de notre visite au Musée de l'Homme (qui porte notamment des thématiques humanistes et anti-racistes). Il figurait parmi les titres proposés par leur petite librairie, dont j'ai trouvé la sélection fort pertinente. Le Musée de l'Homme, inauguré en 1938 et rénové de 2009 à 2015, conserve aujourd'hui "l'objectif de présenter une synthèse de l’histoire de l’espèce humaine par un discours allant du biologique au culturel et de l’universel au particulier. (...) Il aborde aussi bien l’étude des périodes les plus anciennes que la période contemporaine qui questionne le devenir de l’Homme", selon son site internet.

Pour en revenir au livre, en conclusion, j'ai été frappé par le témoignage d'un artiste, qui dit (p.116) travailler "depuis deux ans sur un projet contre le racisme et l'incompréhension entre communautés. (...) En ce moment je travaille avec des jeunes en difficulté. (...) J'ai essayé de leur faire comprendre qu'on ne tue pas les gens avec qui ont n'est pas d'accord. Ils ont peu à peu modifié leur raisonnement, et ils ont été touchés à leur tour". Misère de misère! Tout ça pour ça! Et qu'en sera-t-il des milliers et milliers d'autres "jeunes", qui, eux, ne bénéficient pas d'un tel programme de sensibilisation, certainement financés par des fonds publics (qui se font rares à l'heure actuelle)? Ne risquent-ils pas de ne jamais "modifier leur raisonnement"?

*** Je suis Charlie ***

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 25 octobre 2017

Le goût des livres - présentation d'Aifelle (à l'occasion de ses 750 commentaires chez Dasola)

Voici une deuxième présentation de blogueuse fidèle commentatrice du présent blog, après Dominique de A sauts et gambades le 28 avril 2017. Sollicitée par moi (ta d loi du cine, squatter chez dasola) quand elle avait passé le cap des 500 commentaires sur le Blog de dasola (fin août 2014), Aifelle n'avait pas alors souhaité inaugurer la présente rubrique. Elle a eu la gentillesse de prendre un peu de hauteur pour répondre à son tour au questionnaire, après avoir passé son... 750e commentaire ici. Nous le publions aujourd'hui, exactement 9 ans après sa première manifestation chez dasola!

Banniere_blog_AIFELLE

Bonjour Aifelle, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ?

J’aurais dû répondre au questionnaire plus tôt. J’aurais encore pu être dans la tranche soixante. C’est fini depuis cette année (et ça ne me fait pas plaisir).

Non aux deux questions. Je n’ai pas fait d’études et je n’ai pas exercé de métier proche de la littérature. Mes goûts se sont forgés au petit bonheur la chance d’abord, puis se sont affinés au fil des années.

* Parlons un peu de vous et de votre site: Le goût des livres. Quand et pourquoi avez-vous souhaité le créer?

J’ai commencé à fréquenter la blogosphère il y a une dizaine d’années ; je suis tombée par hasard sur le site de Cathulu (toujours parmi nous) et j’ai ouvert la boite de Pandore en suivant ses liens. Toutes ces passionnées de lecture, c’était inespéré. J’ai d’abord laissé des commentaires à droite à gauche pendant un an avant de me lancer moi-même (sous la pression amicale de quelques-unes qui se reconnaîtront)

* Malgré son titre, vous y parlez d'autre chose que de livres (avec des billets cinéma, photos, des vidéo musicales): pourquoi?

Je n’ai pas un rythme de lecture effréné, je prends mon temps et je pensais au début que mon blog n’était pas assez alimenté. Comme je fréquentais aussi des blogs ciné et photos, tout naturellement j’ai inclus quelques billets plus diversifiés. J’ai d’ailleurs remarqué que j’avais davantage de commentaires sur les billets photos que sur les autres. Au fil du temps j’ai ralenti et maintenant les billets viennent comme ils veulent et comme je peux.

* En ce qui concerne la lecture: quel est votre but avec ce blog ? Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Mon souhait était surtout d’échanger sur mes lectures et d’élargir mon horizon. Objectif pleinement rempli, surtout au début, les échanges étaient vifs et porteurs. Je déplore depuis quelque temps le peu de retour sur les blogs, peu de commentaires et peu de réponses aux commentaires. Les échanges se tarissent. La faute à Facebook, Twitter, Instagram et autre??

Un point positif que je ne voyais pas au départ est que je me sers aussi du blog comme aide-mémoire !

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour? Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Je suis fâchée avec les chiffres et avec les statistiques! Je ne vais jamais les regarder. Je lis à peu près 5-6 livres par mois, évidemment ça dépend de leur nombre de pages. Je ne cherche pas à faire plus ou moins. J’ai en général deux lectures en cours. Un broché chez moi, un poche pour mes sorties (ne jamais sortir sans un livre, on ne sait jamais...).

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

La lecture a toujours tenu un rôle important dans ma vie. Je crois que l’apprentissage de la lecture a été un moment merveilleux pour moi. Je n’avais pas de livres à ma disposition à la maison. En primaire, j’ai lu 5 ou 6 fois la bibliothèque de l’école, assez restreinte à l’époque. Dès que j’ai gagné quelques sous, j’ai acheté des livres. Je me souviens encore de mes deux premiers achats en livre de poche: L’adieu aux armes d’Hemingway et Vipère au poing d’Hervé Bazin, en poche. L’un m’a marquée plus que l’autre, je vous laisse deviner lequel.

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Je lis à peu près deux heures par jour, réparties sur la journée. Evidemment, c’est variable selon mon emploi du temps. Contrairement aux idées reçues, je ne lis pas davantage depuis que je suis à la retraite, je lis autrement.

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous?

Les blogs m’ont donné l’idée d’aller dans les salons du livre, ce que je ne faisais pas avant. Je fuis la foule, mais je ne déteste pas l’effervescence autour de la chose littéraire de temps en temps. Et c’est surtout l’occasion de rencontrer en vrai des blogueuses (pardon aux Messieurs qui sont très rares) et de faire plus ample connaissance. J’avais par contre déjà l’habitude d’aller aux rencontres organisées par ma librairie. Je les trouve en générale intéressantes, même les auteurs que je n’ai pas l’intention de lire. Et j’ai quelquefois de belles surprises.

* Votre endroit favori pour lire?

Je suis capable de lire partout (sauf dans ma chambre). Dedans, dehors, dans les transports en commun, dans les cafés, dans les jardins, dans les salles d’attente.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Je suis résolument papier. J’ai fait un essai de liseuse lorsque j’ai été opérée des yeux. J’ai apprécié les gros caractères et de pouvoir continuer à lire, mais je me suis empressée de la rendre à la bibliothèque lorsque j’ai pu reprendre la lecture normale. Il est possible que je revienne vers la liseuse quand mes articulations ne pourront plus supporter le poids des pavés, mais ce ne sera pas de gaîté de cœur.

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

Je ne sais pas si je choisis mes lectures ou si ce sont elles qui me choisissent maintenant. Je suis une grande fan de radio et j’y entends constamment des auteurs et des thèmes qui me font fébrilement noter. Ces temps-ci je reviens davantage vers des récits de vie ou de voyage, j’aime les alterner avec des romans. Je ne peux pas dire que j’ai un auteur préféré, j’ai des goûts éclectiques; j’essaie de suivre les auteurs que j’aime, le problème c’est qu’ils se multiplient au fil des années et je n’y arrive plus.

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

J’aime les livres qui se tiennent bien en main, au format pratique, je suis sensible aussi à la qualité du papier (qui se fait rare). Lorsque le texte est aussi de qualité, c’est un plaisir total.

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

Il m’arrive d’offrir des livres; je les choisis soigneusement en fonction de ce que je sais de mon interlocuteur. Mais j’ai hélas peu de vrais lecteurs dans mon entourage immédiat.

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que avez pu lire? Pourquoi celui-ci?

Retenir un seul livre ? Ça me paraît impossible. Un livre cependant que je voudrais relire tellement il m’avait secouée: Une vie bouleversée d’Etty Hillesum. Il ne peut pas s’explorer en une seule fois. C’est  un témoignage sur la vie des juifs à Amsterdam dans les années 40, une recherche spirituelle, une réflexion sur les camps où elle est morte à 27 ans, sur l’humain en général.

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Dans mes lectures enfantines, j’ai été déchirée par l’épopée de Rémy, le petit orphelin d’Hector Malot. Ah là là, qu’est-ce que j’ai pu l’aimer celui-là et le relire indéfiniment. Je n’ose pas l’aborder maintenant, j’ai peur de ne rien y retrouver de mes émotions d’enfant.

SansFamille

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Je ne suis pas tentée du tout par l’écriture, je sais que je ne suis pas douée pour cela. J’ai écrit quelquefois pour moi, plus pour clarifier certaines situations que pour le plaisir pur d’écrire.

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

La question qui se pose régulièrement: vais-je continuer le blog? Je suis dans l’expectative, si les échanges continuent à se raréfier, aura-t-il encore un intérêt? Je réfléchis. Pour le moment il est urgent d’attendre...

Merci Aifelle!

****************
Prochaine présentation: ... 1 de celles et ceux qui ont d'ores et déjà franchi le cap des 400 commentaires, sans doute!

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 19 octobre 2017

Danielle Darrieux (1917-2017)

Encore une disparition, Danielle Darrieux nous a quittés à l'âge de 100 ans. Née à Bordeaux, le 1er mai 1917, elle avait commencé sa carrière dans les années 30. Je l'avais appréciée dans Madame D. de Max Ophüls (1953), dans L'affaire Cicéron de Joseph Mankiewicz et La vérité sur Bébé Donge (1952) d'Henri Decoin (qui fut son mari), dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954) où elle interprétait Mme de Rénal. On peut aussi retenir Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959) et plus récemment Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967). François Ozon l'a fait tourner dans 8 femmes en 2002 et et Pascal Thomas dans L'heure zéro en 2007 (d'après Agatha Christie). Après Jeanne Moreau et Jean Rochefort, Gisèle Casadesus, le cinéma français est en deuil une nouvelle fois.

Posté par dasola à 11:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 9 octobre 2017

Jean Rochefort (1930-2017)

Le cinéma français a perdu un acteur qui avait beaucoup d'élégance. Jean Rochefort nous a quitté et il nous manque déjà. J'avais revu tout récemment en DVD Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) que je vous conseille. Ce passionné d'équitation fut un grand monsieur du cinéma et du théâtre. Je suis trop jeune pour l'avoir vu dans les pièces d'Harold Pinter comme l'Amant, C'était hier et La Collection où il donnait la réplique à Delphine Seyrig. Je l'avais beaucoup aimé dans Ridicule de Patrice Leconte, Que la fête commence de Bertrand Tavernier, Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer, Cible émouvante de Pierre Salvadori.

Posté par dasola à 15:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 7 octobre 2017

Scoopette - Wolinski

Je repasse à Wolinski sous l'angle (arrondi) d'une de ses héroïnes féminines (pas seulement une silhouette). Après avoir évoqué des oeuvres "gentilles", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais revenir à un peu plus de truculence wolinskienne. Voici donc Scoopette, la nympho de l'info (Canal+ éditions, DL avril 1994).

P1050677

Si j'ai bien compris, cet album reprend des dessins réalisés pour Canal Plus, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs lors de la saison 1993-94 (?). Faute d'avoir regardé cela à l'époque, j'ignore quel est le volume publié par rapport à la production. En 2017, il semble qu'on ne puisse trouver sur la Toile d'images des dessins présentés lors de l'émission (en tout cas, je n'ai pu en trouver).

En couverture de cet album, la litanie des 10 prénoms évoque pour moi le charme suranné d'une chanson de Marie Laforêt (Boris, en dernier lieu...), empreinte du temps qui passe. En feuilletant les pages, les décomptes de fréquence d'apparition donnent: François 7 (Mitterrand 5 et/mais Bayrou 2!), Helmut [Kohl] et John [Major] zéro (publicité mensongère! - mais Wolinski aurait pu [me] répondre que c'était les prénoms des "anonymes" représentés par ailleurs...), Charles [Pasqua] 2, Edouard [Balladur] une douzaine, loin devant Jacques [Chirac] (5 - mais ce dernier a les honneurs - prémonitoires? - de la 4ème de couv'), Valéry [Giscard d'Estaing] 2, Bill [Clinton] 4, Boris [Eltsine] 5. Je suppose que mettre en avant Bernard [Tapie] (4 apparitions) aurait été malvenu, tandis que Georges (Marchais - 2 ou même l'auteur, une fois!) aurait été ambigu... L'ironie pouvait viser le personnage public concerné, ou une situation. Plus de 20 ans après, les politiciens concernés ont pour la plupart disparu du paysage politique actif... mais les situations peuvent perdurer. 

   P1050679   P1050687   P1050699

Quel "gimmick" caractérise notre Scoopette? C'est évidemment un peu répétitif en terme de dialogue (question / réponse - qui s'adresse rarement à elle-même), tandis que les situations sont variées (dedans, dehors, en l'air, sur l'eau...). On remarquera que le Père Noël est seul (dans l'album) à l'appeler de son nom et à la tutoyer. Le reste du temps, Scoopette tend son micro phallique à tel ou tels interviewés (quand elle n'a pas les deux mains occupées). Notre intervieweuse de charme (soit voyeuse, soit actrice) se frotte à des hommes politiques politiques, des anonymes, des people, des sportifs, quelques missionnaires (dont 1 en apesanteur), masculins le plus souvent... On trouve de très rares interview en tête-à-tête avec des femmes (Simone Veil, sévère (x2!); Diana, sous les objectifs des photographes; Margaret Thatcher, des patineuses sur glace; une ménagère russe... ou la petite-fille de Mussolini - plus hard). Et en terme de zoophilie? Scoopette n'interroge pas de raton laveur (seulement Mickey!), mais quelques animaux: ours, flamand rose, kangourou... Ses principaux accessoires? le micro sus-évoqué, et un nagra - j'ai bien écrit nagra).

  P1050680   P1050685   P1050696

La publication remontant aussi à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (avant le "décollage" d'internet), on trouve très peu de critiques spécifique à Scoopette sur la Toile. Et plus de 20 ans avant le massacre de Charlie Hebdo, les seuls religieux mis en situations sont l'abbé Pierre et le pape.

Sans transition, voici encore quelques dessins picorés dans cet album sans numéro de pages.

P1050684   P1050683

Pour finir, j'ai aussi pioché quelques jolies journalistes préfigurant Scoopette, ou les réflexions sur le journalisme visibles ci-dessous, dans les albums Le programme de la droite (1986, Denoël), Bonne année (1987, Denoël) et Il n'y a plus d'hommes (1988, Flammarion). Le personnage même de Scoopette a été réutilisé dans quelques planches en couleur de Trop beau pour être vrai (1998, Albin Michel), montrant ses aventures phantasmées en tant que journaliste à L'Echo des savanes (je n'ai pas pris les planches avec Chirac lubrique ou Jospin soporifique). Bien entendu, je ne m'interdis nullement de revenir moi-même sur chacun de ces albums, ultérieurement.

 1987: P1050690  1986: P1050691  

1988: P1050692   P1050693  

1998: P1050695

*** Je suis Charlie ***

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 26 septembre 2017

Barry Seal - Doug Liman / Patti Cake$ - Geremy Jasper / Good Time - Benny et Josh Safdie / Hommage

J'ai décidément été beaucoup au cinéma pendant le mois de septembre (2017).

Voici trois films américains très différents vus la même semaine.

Barry Seal de Doug Liman permet à Tom Cruise de montrer ses talents de pilote d'avion. Le scénario est tiré d'une histoire vraie. Barry Seal fut commandant de bord dans des avions de grandes lignes d'une compagnie américaine dans les années 70. Puis, par un concours de circonstances, on le voit devenir pilote de petits avions transportant des armes et de la drogue pour le cartel de Medellin. Marié et père de deux enfants, il s'installe dans une petite ville de l'Arkansas. Il est rapidement repéré par la DEA, le FBI, etc qui lui demandent de collaborer. Il accumule des millions de dollars mais aura une mort violente assez attendue. Le film lorgne vers le docu-fiction. C'est bien fait. Tom a l'air de s'amuser (ce n'est que du cinéma). Ca se laisse voir. Après, quant au message et à la morale du film, je vous laisse juge.

Patti Cake$ raconte l'histoire de Patricia Dombrowski, aussi connue sous le nom de Killa P et Patti Cake$, qui vit dans le New Jersey. Cette jeune femme blonde, pas très mince (elle a comme surnom "Dumbo" comme l'éléphant), exerce des petits boulots tout en composant du rap. Les paroles sont souvent assez crues. Elle rêve de gloire et de gagner un peu mieux sa vie. Elle trouve du soutien de la part de sa grand-mère et d'un jeune Noir qui devient son amant. Une histoire sympathique à la fin attendue. Mais pas de quoi fouetter un chat.

Good Time permet à Robert Pattison d'interpréter un malfrat plutôt attachant. Connie Nikas (Robert Pattison) commet un braquage avec Nick, son frère un peu attardé. Au moment de s'enfuir, Nick se blesse et se faire prendre par la police. Connie passe une nuit à essayer de trouver de l'argent pour le faire libérer. Il faut prévenir que la caméra est au plus près des acteurs. L'image n'est pas belle. Les couleurs sont parfois saturées. C'est assez particulier. J'avais lu des critiques positives. Bon, bof. Sans plus.

***********************************************************************

Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais rendre un petit hommage à une dame de théâtre (elle fut Sociétaire de la Comédie Française) qui vient de disparaître à 103 ans, Gisèle Casadesus. Elle nous a quittés dimanche 24 septembre 2017. Elle vivait dans le XVIIIème arrondissement de Paris et la mairie de cet arrondissement lui avait rendu hommage pour son centenaire en 2014. En plus du théâtre, elle avait tourné au cinéma jusqu'à récemment. Je l'avais vue dans La tête en friche (en 2010) ainsi que dans Sous le figuier (2012).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 7 septembre 2017

Petite anthologie du dessin politique - Honoré

J'avais déjà (ta d loi du cine, squatter chez dasola) rendu hommage au dessinateur Honoré dans un de mes billets précédents (le 25 janvier 2015), après son assassinat à Charlie Hebdo. Cette fois-ci, je me suis intéressé au recueil des dessins d'Honoré qu'a édité sa fille, sous le titre Petite anthologie du dessin politique (La Martinière, avril 2016, 288 pages). De coups d'oeils dans des dictionnaires, je retiens qu'une anthologie est un recueil de morceaux choisis (des vers, de la prose, de la musique: ici, donc, des dessins de presse).

Anthologie_H

Quelle logique, autre que subjective, a présidé au travail d'édition? J'aurais aimé en lisant le livre en apprendre davantage sur les modalités de choix, savoir si Honoré lui-même avait pré-sélectionné ses dessins préférés, ou si la sélection (par Hélène Honoré, par l'éditeur?) est intégralement posthume. J'ai constaté qu'Hélène Honoré avait répondu en avril 2016 à certaines questions que je me posais lors de son passage (12 minutes) sur le 14/16 de LCI pour présenter le livre (elle a voulu un livre qui puisse rester intemporel, avec les thématiques chères à son père, en choisissant de beaux dessins dont parfois l'élégance n'exclut pas la férocité...).

J'ai compté 201 (?) dessins (de juin 1995 au célèbre dessin envoyé quelques minutes avant sa mort - le dessin de couverture date, lui, de septembre 2009). Ces dessins sont essentiellement en noir et blanc, il n'y en a jamais plus d'un par page, mais beaucoup de pages de gauche sont blanches (72!), sans que j'aie trouvé la logique correspondante (mise en valeur du dessin unique de la double page? - j'espère qu'il ne s'agit pas de censure). Les années 1995 et 1996 ne comportent qu'un dessin chacune, 1997 en a deux, du mois de juin (double page). Il peut y avoir des "retours en arrière" (pour 1998, on a janvier, juin, avril-août, décembre; ou bien un dessin de décembre 2006 entre deux de mars 2007), et beaucoup de mois de production (plusieurs dessins chaque semaine dans Charlie?) non représentés, tout comme des mois dont plusieurs dessins ont été choisis (6 pour octobre 2008), surtout pour les périodes les plus récentes. Une double page contient un dessin de décembre 1999 et à droite un de mars 2000... Je suppose que le parti pris a vraiment été de faire se suffire à lui-même chaque dessin, plutôt que de le remettre dans le contexte de l'hebdomadaire. Je n'ai choisi aucun des 9 dessins comportant de la couleur (majoritairement du rouge).

Dans ma propre sélection (qui peut-être en dit autant sur moi que sur Honoré?), je cite seulement quelques dessins qui m'ont particulièrement "parlé":  

l'environnement...   P1050573    P1050563    P1050568    P1050562

des pastiches BD (Tintin, Milou, Pif...) ou références culturelles P1050561    P1050569     P1050574

quelque peu de provocation, de religion voire de politique...  P1050564    P1050566    P1050570    

P1050572    P1050593

Dans son texte introductif, Hélène Honoré parle du perfectionnisme artistique de son père, qui revenait sur ses dessins, même après publication, jusqu'à en être satisfait. Je me suis aperçu que j'avais déjà cité un dessin de l'album dans mon billet sur Je hais les petites phrases: la phrase au-dessus de la vignette est différente...

P1050571    

On peut aussi lire un article du vénérable Yves Frémion (critique et écrivain sur la BD) à l'occasion de la sortie de ce recueil. Je vous invite bien entendu à feuilleter la Petite anthologie... vous-même. 

In fine, je voudrais revenir sur une anecdote dont parle Hélène Honoré ici: quelques jours après l'attentat de Charlie Hebdo, un tagueur a rendu hommage à Cabu, Wolinski, Tignous et Charb, en oubliant Honoré. Elle-même, ainsi que la dessinatrice Catherine et Sigolène Vinson, ont monté un véritable "commando" pour rajouter au pochoir le visage de son père près de ses pairs. Ci-dessous l'anecdote racontée par Catherine [Meurisse] dans son album La légèreté (Dargaud, 2016), qui narre comment elle "s'est retrouvée" après le massacre de ses amis.

P1050575   P1050576

*** Je suis Charlie ***

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 7 août 2017

Je suis très tolérant - Charb

P1050502  P1050518

Le poids des mots, le choc de l'image: une provocation, bien charbienne (est-ce que cela se dit, est-ce comme cela qu'on dit? Ou faut-il utiliser "charbesque"?). Ce livre paru en 1996 (peut-être l'un de ses premiers albums, sauf erreur de ma part?), Je suis très tolérant!, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) me l'étais offert en 1998 (avant de rencontrer Charb lors d'une séance de dédicaces - je raconterai cela une autre fois).

Dans ce recueil de dessins, les "victimes" de "l'intolérance" du dessinateur sont (pêle-mêle): les fumeurs, les forces de l'ordre, les Corses, quelques politiques, des religieux, les vacanciers, sans oublier tous les braves concitoyens ou sommés de consommer que nous sommes... La violence est omniprésente - sur le papier (ah, la souffrance de la brave voiture défoncée à coup de masse par le garagiste retors...). Ca flingue, ça explose, ça cogne... Je suis loin d'avoir choisi les dessins les plus terrifiants pour illustrer mon propos. En metttant l'accent sur la violence symbolique ou l'antiphrase (le texte ou la légende), parmi cette diversité de dessins parus il y a plus de 20 ans, j'en extrais quelques-uns plus ou moins intemporels.

P1050513   P1050515  P1050503   

Le compteur à air, ça n’existe pas encore: patience, je suis sûr que ça viendra! J'ai juste pris quelques-uns des dessins en N&B ou en couleur; l'album comporte également des cases formant une histoire suivie ou des gags de répétition (plus ou moins une page?).

Est-ce qu'il y aurait déjà plus de 20 ans que le PS ne savait plus ou il devait siéger [Charb ne posait pas la question en ces termes, bien sûr]? 

P1050511

Voici deux dessins de saison...

P1050509  P1050505

... en attendant la rentrée... et l'automne qui, peut-être, sera chaud (ou chiant?).

P1050506   P1050504 

P1050507

En tout cas, en 1996, la liberté du dessinateur de presse ne posait pas question: même pour un dessin sur Chirac et son cerveau, dont on va dire (méchamment) que c’était prématuré, à ma connaissance, Charb n’a pas été inculpé d’outrage au Chef de l’Etat… Il est vrai que Chirac était déjà le "héros" de plusieurs albums de Cabu (j'en parlerai aussi, à l'occasion...). Pour terminer, je signalerai pour ceux qui l'ignorent que Charb rédigeait par ailleurs des "chroniques", dans Fluide glacial ou dans Charlie Hebdo (exemple de titre de rubrique: "Charb n'aime pas les gens"). Plusieurs recueils en ont été publiés, dont les Petit traité d'intolérance et Nouveau petit traité d'intolérance (Librio) que je finirai bien par chroniquer aussi un jour. En attendant, continuez à découvrir (si pas déjà fait) les dessins de Charb, ils ne vieillissent pas... si je puis dire.

*** Je suis Charlie ***

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
vendredi 7 juillet 2017

Murs murs - Tignous

Encore un livre de Tignous (pour le second mois consécutif), me direz-vous? Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] pense qu'on n'en parlera jamais assez. Je viens pour ma part tout juste de me procurer Murs murs, sous-titré "La vie plus forte que les barreaux" (Glénat, 2015, 119 pages). 

    P1050420-2

Alors que la presse va bientôt commercer à nous parler de la montée en température estivale au sein des prisons françaises, avec surpopulation carcérale, absence de perspective pour les détenus (le temps de la grâce présidentielle du 14 juillet est loin!), et grogne des personnels pénitenciaires, ce peut être le moment de mettre à l'honneur cet ouvrage - posthume - de Tignous. Ce livre était encore en cours de mise en forme quand notre dessinateur a été assassiné avec ses collègues et amis de Charlie Hebdo. L'avant-propos de la compagne de Tignous et la préface de Christiane Taubira (alors Ministre de la justice) en contextualisent la réalisation.

Cabu, jadis, effectuait des "reportages dessinés" avec beaucoup de dessins et du texte. Aujourd'hui, dans Charlie Hebdo, Riss, Juin, Foolz, ... ont repris le flambeau. Le présent album de Tignous s'inscrit dans cette veine: du dessin illustratif, comme support aux phrases rapportées, et non du dessin de presse ou du dessin d'humour. Il est bâti autour de cinq "reportages dessinés - documentaires", concernant le centre pénitenciaire de Lannemezan, celui pour femmes de Rennes, l'établissement pénitenciaire pour mineurs de Porcheville, les maisons d'arrêt de Douai et de Fleury-Mérogis. On y voit des détenus, des "surveillants", des directeurs... (hommes ou femmes), qui s'expriment, plus ou moins librement... ainsi que leur cadre de vie tel que le dessinateur l'a capté.

Je ne vais "citer" qu'une dizaine de planches. En voici deux qui donnent juste un aperçu d'ambiance à Fleury Mérogis.

 P1050422    P1050421   

Mais surtout, pour ma part, dans cet album, ce qui m'a frappé, c'est le témoignage sur les jeunes en prison (et je ne parle pas des bébés qu'on laisse à leurs mères jusqu'à 18 mois, mais bien des mineurs incarcérés à l'EPM de Porcheville): c'est quelque peu désespérant à mon avis (impression d'un autre univers)... Je vous laisse vous faire votre propre opinion d'après les extraits ci-dessous.

P1050425    P1050424    P1050423    P1050429  

  P1050428    P1050427    P1050426

A noter pour finir que, lorsque l'album est paru en novembre 2015, plusieurs blogs en ont parlé. Entre autres, vous pouvez lire les chroniques de Sabeli, Livrelibre, Bado, Jean-Luc Truc et même un blog "juridique", Sine lege.

Décidément, je ne serais sans doute pas capable de m'engager dans une association intervenant en prison, comme certains de mes proches avaient su le faire en leur temps. Tignous était vraiment bien plus courageurx que moi!

*** Je suis Charlie ***

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,