dimanche 13 mai 2018

Passage des ombres - Arnaldur Indriðason

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Passage des ombres (Editions Métailie Noir, 300 pages) d'Arnaldur Indriðason clôt en beauté la Trilogie des Ombres (lire les billets sur le un et sur le deux). L'histoire se passe sur deux périodes, 1944 et de nos jours. En 1944, une jeune femme, Rosamunda, est retrouvée morte étranglée dans une rue près du futur théâtre national de Reykjavik. Elle travaillait dans un atelier de couture, elle était très douée dans son travail. Flovent et Thorson dont on avait suivi les enquêtes dans les deux premiers tomes sont chargés de découvrir qui a tué la jeune femme et pourquoi. Leur enquête va déboucher sur une impasse tragique. Plus de 60 ans après, un vieil homme nonagénaire est retrouvé étouffé dans son lit. On apprend assez vite qu'il s'agit de Thorson devenu Stephan Thordarson. Dans ce tome, on fait la connaissance de Konrad, un policier à la retraite qui aide la police à découvrir qui a tué Thorson et pourquoi. Je peux dévoiler que Thorson avait repris l'enquête sur la mort de Rosamunda et par la même occasion sur la mort de Hrund, une autre jeune qui s'était peut-être suicidée en se jetant dans un fjord. Leur point commun était qu'elles avaient été violées et que leur agresseur leur avait dit d'expliquer qu'elles s'étaient fait entreprendre par des elfes comme dans les sagas islandaises. J'ai trouvé l'intrigue bien menée. Indriðason maîtrise parfaitement les récits croisés sur deux périodes. Les histoires se recoupent. C'est vraiment prenant mais empreint d'une grande tristesse. Des trois tomes, c'est mon préféré. Lire le billet de Simone.

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jeudi 12 avril 2018

Red Sparrow - Martin Lawrence/ L'île aux chiens - Wes Anderson / La mort de Staline - Armando Iannucci / Hostiles - Scott Cooper

Voici quatre films vus en quatre jours (1 par jour). Je suis contente d'avoir pu retourner au cinéma. En effet, j'ai été privée d'un de mes loisirs favoris pendant presque une semaine (l'angoisse) car ma carte d'abonnement avait été perdue et/ou volée. J'en ai une nouvelle, je suis contente.

Red Sparrow de Martin Lawrence (le réalisateur des Hunger Games) est un bon thriller qui se regarde agréablement même si c'est un peu violent. Cela se passe de nos jours avec des espions russes et américains. Lors d'une représentation, une jeune danseuse étoile du Bolchoï, Dominika, se casse la jambe (son partenaire y est pour quelque chose). Sa carrière est brisée mais son oncle, agent du SVR (Service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie), l'engage comme "Red Sparrow" (moineau rouge). Elle est chargée de séduire des hommes à éliminer par les services secrets russes. En particulier, elle doit s'approcher d'un agent secret américain qui connaît un agent double. Le scénario est un peu complexe mais on est pris dans l'histoire. Le film dure 2H20 et se regarde sans ennui.

Je passe à L'ïle aux chiens de Wes Anderson qui est sorti hier, mercredi 11 avril 2018. Je l'ai vu en avant-première et j'en attendais beaucoup. J'avoue avoir été déçue. Le film a été tourné en "stop motion", image par image, avec des marionnettes. En 2040, au Japon, le maire d'une ville juge qu'il y a trop de chiens infectés par la grippe canine. Il les condamne à la déportation sur une île "poubelle" au large des côtes nippones. Atari, 12 ans, un garçon, pupille du maire, part à la recherche de Spot, son chien qui a été le premier à être envoyé sur l'île. Des compagnons à quatre pattes vont l'aider dans sa recherche. J'ai vu le film en VO sous-titrée, c'est-à-dire en anglais et en japonais. Déjà, ce parti pris m'a perturbée. Les humains parlent japonais, les chiens parlent anglais (pourquoi pas?), mais le dialogue en japonais était parfois traduit, parfois non. J'ai été un peu perdue. Il y a quelques "flash-back", et somme toute, visuellement, j'ai trouvé l'ensemble laid. Une déception donc.

La mort de Staline d'Armando Iannucci (In the Loop) est un film anglais qui va vite à tous points de vue. Les dialogues fusent, la caméra ne tient pas en place. L'histoire est une adaptation d'une bande dessinée française écrite et dessinée par Thierry Robin et Fabien Nury (Editions Dargaud). En mars 1953, Joseph Staline est victime d'une hémorragie cérébrale. Ses proches collaborateurs dont Khrouchtchev (Steve Buscemi, excellent) vont attendre 2 jours pour annoncer le décès du Petit Père des peuples. Pendant ces deux jours, on assiste à une lutte pour savoir qui va devenir le nouveau chef de la Russie. En l'occcurence, c'est Malenkov qui est choisi. Khrouchtchev est désigné volontaire pour l'organisation des obsèques. Pendant ce temps, les listes de noms de personnes à exécuter continuent de circuler grâce à Lavrenti Beria, le responsable des purges staliniennes en tant que chef du NKVD. Un film à voir pour les acteurs qui sont tous excellents.

Je termine avec Hostiles de Scott Cooper, un film qui m'a beaucoup plu. Tinalakiller et Pascale sont totalement conquises. Une histoire qui prend son temps, qui émeut. La séquence d'ouverture, le massacre d'une famille (sauf la mère) par des guerriers comanches, est saisissante. En 1892, le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale, impeccable), devenu une légende dans l'armée américaine, est chargé à son corps défendant de ramener un Indien mourant et la famille de celui-ci dans le Montana. Blocker déteste les Indiens. Dès le début du voyage, le cortège croise la route de Rosalie Quaid (Rosamund Pike, magnifique), la mère survivante. Elle décide de les accompagner. Il y a peu de dialogues, aucune scène en trop. Les paysages et la lumière sont magnifiques et la fin bouleversante. Un très beau film que je recommande.

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vendredi 22 décembre 2017

Livres lus et non commentés depuis le 20/11/17

Après mon retour du Chili, je me suis remise sérieusement à la lecture.

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Voici quatre romans, deux islandais et deux italiens. L'un des quatre m'a vraiment beaucoup plu (je remercie Dominique pour son conseil).

Je commence par celui que j'ai le moins aimé, Tenebra Roma, le nouveau roman de Donato Carrisi (Editions Calmann Levy, 299 pages), dans lequel on retrouve le pénitentier Marcus déjà rencontré dans Le Tribunal des âmes et Malefico. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres pendant 24 heures dans Rome en proie au chaos à cause de pluies diluviennes qui provoquent le débordement du Tibre. Rome est pillée. Les meurtres perpétrés ont un lien avec une société secrète religieuse, l'Eglise de l'éclipse. J'ai trouvé l'intrigue embrouillée et pas très crédible. Je ne "marche" pas quand c'est trop mystique ou ésotérique. La résolution de l'histoire tient sur les trois ou quatre dernières pages et puis c'est tout. Cela se lit bien mais demeure assez oubliable.     

Je passe à une deuxième petite déception, le roman islandais Ör d'Audur Ava Olafsdottir (Editions Zulma, 236 pages), dont j'avais tant aimé Rosa Candida. J'ai oublié l'histoire assez vite et j'ai été obligée de le refeuilleter pour écrire le billet. Ör, qui est un terme neutre (ni masculin, ni féminin), veut dire "cicatrices" en islandais, des cicatrices sur la peau, mais le terme s'applique à un pays ou à un paysage malmené par une construction ou par une guerre" (Note de l'auteur à la dernière page du livre). En Islande, Jonas Ebeneser, âgé de 49 ans, porte sept cicatrices sur le corps, 4 au-dessus du nombril et 3 au-dessous. Depuis plus de huit ans, il n'a pas touché de femme. Divorcé de Gudrun, il a une fille qui porte aussi ce prénom. Sa vieille mère qui vit dans une maison de retraite s'appelle aussi Gudrun. Quand le roman commence, Jonas qui est malheureux passe son temps à faire des réparations, du bricolage avant d'en finir avec la vie. Mais il se fait d'abord tatouer un nymphéa blanc sur le corps. Il appris que Gudrun Nymphea n'est pas sa fille biologique. Pour éviter que sa famille proche soit traumatisée par son suicide, il part dans un pays qui n'est pas nommé, ravagé récemment par la guerre. Il se donne une semaine avant de mourir, et il emporte donc le strict minimum, dont une perceuse. Je m'arrête là et vous laisse découvrir la suite. Ce n'est pas déplaisant à lire, bien au contraire, mais je ne suis pas arrivée à m'attacher au personnage de Jonas, qui est le narrateur. Lire les billets enthousiastes de Micmelo et de Lou.

Je continue avec La femme de l'ombre d'Arnaldur Indridason. Il s'agit du tome 2 de la Trilogie des ombres (Editions Métailié, 317 pages). Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu le tome 1, les histoires étant distinctes même si l'on retrouve les enquêteurs Flovent et Thorson. Cela se passe toujours dans les années 40, en plein conflit mondial, à Reykjavik. En 1943, l'Islande est une base des Alliés. Malheureusement, les relations entre les miliataires et les habitants de Reykjavik sont parfois tendues et à juste raison. Le corps d'un homme est rejeté par la mer, un deuxième homme est sauvagement tabassé  dans un pub et meurt suite à ses blessures, enfin une jeune femme disparaît alors qu'elle fréquentait les militaires de la base aérienne. Flovent et Thorson se partagent le travail. C'est un roman d'atmosphère. Plusieurs personnages dont une femme dont on ne connaîtra le prénom qu'à la toute fin de l'histoire sont présents tout au long de ces histoires qui s'entremêlent plus ou moins. Indridason a très bien su jouer avec la chronologie des événements. Il y a un décalage dans le temps entre deux récits. On s'en rend compte au fur et à mesure de la lecture. Je n'ai pas boudé mon plaisir, même si ce n'est pas un coup de foudre. Les personnages de Flovent et Thorson manquent un peu de vie. Malgré tout, comme Aifelle, je lirai le troisième tome.

Je termine par mon "chouchou", Huit montagnes de Paolo Cognetti (Editions Stock, 299 pages), que j'ai eu envie de lire grâce à Dominique. En juillet 1984, Pietro Guasti part pour la montagne dans la région du Val d'Aoste pour la première fois. Lui, l'enfant des villes, découvre la randonnée en montagne avec son père, un montagnard fervent. Mais Pietro souffre du mal des montagnes sans oser l'avouer. Cependant, c'est là que Pietro rencontre Bruno Guglielmina, né dans ces montagnes, qui n'arrête pas de travailler dur. Une belle amitié va débuter qui durera plus de 20 ans, même s'ils se perdent de vue pendant quelques années. Comme Dominique, j'ai aimé tous les personnages, même ceux qui sont moins présents, comme les deux mères des deux garçons. Le père de Pietro, pas très commode, a beaucoup de dignité. L'écriture est limpide. Je me suis sentie bien en leur compagnie et je les ai quittés à regret. Un roman qui a été justement récompensé du Prix Médicis Etranger cette année.

vendredi 24 mars 2017

Dans l'ombre - Arnaldur Indridason

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Dans l'ombre (Editions Métaillé, 334 pages), le nouveau roman de l'Islandais Arnaldur Indridason, est le premier tome d'une trilogie: La trilogie des ombres. En 1941, Reykjavik grouille de soldats britanniques et américains. Eyvindur, un voyageur représentant de commerce, revient d'une tournée. Il a hâte de retrouver sa compagne Vera. En effet, il l'avait quittée deux semaines plus tôt après une dispute. Il se rend compte que Vera a vidé les lieux en prenant toutes ses affaires. Peu de temps après, Eyvindur est retrouvé mort, le visage à moitié arraché par une balle tirée par un colt, dans l'appartement de Felix Lunden, un autre réprésentant. Sur le front du cadavre, quelqu'un a inscrit "SS" en lettres de sang. Deux jeunes hommes sont chargés de mener l'enquête: Flovent, le seul inspecteur islandais disponible, et Thorson, un Islandais de l'ouest, né au Canada, faisant partie de la police militaire. Ils découvrent assez vite que la victime n'était pas la cible visée. Eyvindur était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de coup de théâtre. Thorson et Flovent interrogent encore et toujours les suspects ou les témoins. Ces interrogatoires ont un côté lancinant. Indridason n'épargne pas non plus le lecteur. Quand le roman s'achève, on a des réponses à des questions mais des choses restent dans l'ombre comme qui a tué Eyvindur, même si on sait pourquoi. J'attends la suite avec intérêt.

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dimanche 27 mars 2016

Le lagon noir - Arnaldur Indriðason / Evangile pour un gueux - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans sortis tout récemment que je vous recommande, à l'unisson d'autres blogueurs.

Le lagon noir (Edition Métailié noir, 319 pages) est le 14ème roman d'Arnaldur Indriðason que je lis. Ce roman fait suite aux Nuits de Reykjavik. J'ai encore éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur qui est âgé de 33 ans (nous sommes en 1979) et Marion Briem. Le roman se compose de deux intrigues: la mort d'un Islandais trouvé flottant dans un lagon près d'un volcan et la disparition non résolue depuis 1953 d'une jeune fille de 19 ans sur le chemin de l'école ménagère où elle suivait des cours. Marion avec l'aide d'une jeune Afro-américaine, Caroline va mener son enquête sur l'Islandais. Leurs investigations vont les mener jusqu'à la base américaine de Keflavik. Erlendur, lui, obsédé depuis longtemps par les personnes disparues, mène une enquête officieuse sur ce qu'est devenue Dagbjört qui s'est littéralement volatilisée 25 ans auparavant. Je ne vous dévoilerai rien de plus sur ces deux histoires. Indriðason prend son temps dans la narration, c'est agréable et reposant. Lire les billets d'Aifelle, Clara, Eva et Keisha.

Je passe à Evangile pour un gueux (Edition Viviane Hamy, 359 pages) d'Alexis Ragougneau, qui comme pour son précedent roman choisit à nouveau Notre-Dame de Paris et ses alentours comme décor. Aux alentours de Pâques, un SDF surnommé Mouss est retrouvé mort noyé dans la Seine après avoir reçu les mêmes blessures que le Christ sur la croix. Il est mort assassiné après avoir agonisé pendant des semaines. Quatre mois auparavant, la veille de Noël, Mouss et quelques autres SDF ont occupé pendant presque deux jours Notre-Dame de Paris pour faire entendre leur voix, celle des laissés-pour-compte. Ils ont été soutenus par le père Kern dont on avait fait la connaissance dans La madone de Notre-Dame en même temps que celle de la juge d'instruction Claire Kaufman ainsi que de Landard et Gombrowicz, deux policiers du 36. Kern avec l'aide des clochards dont un dénommé Stavros va mener son enquête parallèlement à celle du juge d'instruction et des deux flics. C'est un très bon deuxième roman bien mené avec une conclusion mystique. J'attends avec intérêt le prochain roman de cet écrivain car j'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là. Lire le billet très enthousiaste de Valérie.

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lundi 29 février 2016

The revenant - Alejandro G. Iñárritu

Ayant lu et entendu des avis très contrastés à propos de The Revenant du Mexicain Alejandro G. Iñárritu, j'y suis allée sans a priori. J'ai été agréablement surprise par ce film à la très belle photographie, aux paysages enneigés grandioses et par l'histoire du trappeur Hugh Glass (qui a existé). Le scénario est a adapté d'une partie du roman The Revenant de Michael Punke écrit en 2002. L'histoire se passe dans les années 1820 dans le Missouri. Une vingtaine de trappeurs, qui ont déjà pas mal de fourrures, sont attaqués par des Indiens à la recherche de la fille d'un des leurs qui été enlevée. Hugh Glass (Leonardo di Caprio, pas mal du tout), le guide du groupe de trappeurs, est attaqué peu de temps après afoir fui les indiens par un ours Grizzly vindicatif qui veut protéger son petit. Grièvement blessé, Hugh Glass assiste impuissant au meurtre de son fils, un sang mêlé indien Pawnee par un dénommé Fitzgerald. Ce Fitzgerald abandonne Hugh en l'enterrant plus ou moins vivant. Revenu à la vie, Hugh n'aura de cesse de poursuivre Fitzgerald, parcourant 300 km afin de venger son fils. Le film qui dure 2H30 ne laisse pas de répit aux spectateurs. J'ai trouvé le rythme soutenu. Il y a quelques séquences marquantes comme celle où il se protège du froid en se pelotonnant dans une carcasse de cheval qui vient juste de mourir. J'ai été surtout frappée par les paysages, la neige, le froid que l'on ressent presque. La seule couleur qui ressort le plus souvent, c''est celle du sang sur la neige. D'après ce que j'ai lu, l'ours grizzly n'est qu'une image numérique; eh bien j'ai trouvé le trucage très réussi. Personnellement je conseille ce film "nommé" dans plusieurs catégories aux Oscars 2016. Lire les billets très contrastés d'Alain, de ffred, d'Alex-6, de Wilyrah et de Mymp. Et lire le billet élogieux de Pascale.

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mercredi 4 novembre 2015

Opération Napoléon - Arnaldur Indridason

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Avec Opération Napoléon (Métailié Noir, 450 pages), ne vous attendez pas au retour du commissaire Erlendur. Ce roman a été écrit en 1999. Dans le prologue qui se passe en 1945, juste avant la fin de la deuxième guerre mondiale, un avion allemand camouflé en avion américain s'écrase en Islande sur le Vatnajökul, le plus grand glacier d'Europe. A son bord, se trouvaient six passagers dont un avait une mallette menottée à son poignet. La carcasse de l'avion est prise dans les glaces et disparaît. Les seuls témoins du crash sont deux frères qui habitent une ferme à côté du fjord. Des recherches infructueuses se sont déroulées quelques années plus tard. Enfin, en 1999, l'épave est repérée par des satellites. Et voilà que la cavalerie arrive, si je puis dire. En effet, les forces spéciales de l'armée américaines font irruption sur le fjord (c'est malgré tout une opération clandestine). Malheureusement, il se trouve que deux jeunes Islandais sur des motoneiges repèrent la carcasse et les forces spéciales. L'un des deux s'appelle Elias et il a juste le temps d'appeler au téléphone sa soeur Kristin, une avocate employée dans une chambre de commerce, afin de lui décrire ce qu'il voit. Elias et son compagnon sont torturés et laissés pour mort dans une crevasse. Quant à Kristin, l'héroïne de cette histoire assez prenante, elle est la cible de quelques Américains très méchants. Un dénommé Ratoff, l'homme de main d'un général fait tout pour éliminer la jeune femme qui heureusement a de la ressource et est pleine de courage. Dans ce roman, on apprend que les Américains (qui ont une base militaire) ne sont pas très bien vus des Islandais. Indridason nous confirme que l'Islande est une belle île mais que le climat est détestable: il fait nuit et il fait froid la plupart du temps. Je vous laisse découvrir qui peuvent être les six passagers de l'avion, pourquoi les Américains veulent s'emparer de l'avion et ce qu'est l'Opération Napoléon. J'ai trouvé la lecture agréable, mais, décidément, il manque Erlendur. Lire le billet de Keisha.

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lundi 2 mars 2015

Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance) - Alejandro IñarrItu

Birdman du réalisateur mexicain Alejandro Iñarritu* vient d'être récompensé de quatre Oscars en 2015 (dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur), mais rien pour les acteurs, alors que le film est centré sur eux et leur métier. Le film brosse un portrait sans concession des acteurs, avec un peu d'humour et pas mal de vitriol. Riggan Thomson (Michael Keaton), plus de vingt ans après avoir été l'interprète au cinéma d'un super héros, Birdman, est en train de monter, à Broadway, une pièce de Raymond Carver dans laquelle il jouera un des rôles principaux. Le "challenge" est de taille, Riggan a beaucoup à perdre pour son retour. Les dernières répétitions avant la générale ne se passent pas au mieux. Un acteur que Riggan juge mauvais est victime d'un "malheureux" accident. L'actrice principale (Naomi Watts), peu sûre d'elle, n'en revient pas d'avoir été choisie pour jouer la pièce, tandis que le "pur acteur de théâtre" (Edward Norton) qui a remplacé au pied levé l'acteur "accidenté" est imbu de sa personne face à Riggan. Quant à la fille (Emma Stone) de Riggan, qui vient de sortir de désintoxication, elle n'est pas tendre avec son père en lui disant ses quatre vérités. Riggan, lui-même très égocentrique, se laisse dominer par sa voix intérieure (celle de Birdman). Dans un bar, pas loin du théâtre, la critique du New-York Times est déjà en train d'écrire sa critique assassine sans avoir vu la pièce. La réalisation d'Iñarritu est virtuose. La caméra suit au plus près les acteurs entre scène, coulisses et loge d'un théâtre de Broadway. J'ai trouvé le film intéressant, très bien joué. Sur la fin, les scènes où Birdman vole dans les airs cassent un peu le rythme et n'ajoutent rien. En revanche, mon gros bémol serait pour la musique que j'ai détestée. Il s'agit d'une musique de batterie plutôt dissonnante (pour mes oreilles). Néanmoins, un film à voir.
Lire les billets de Wilyrah, Alex-6 et Ffred.

* et non Iñarratu comme me l'a fait remarquer Luocine ci-dessous (merci pour ce rectificatif)

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dimanche 15 février 2015

Méchant loup - Nele Neuhaus / Les Nuits de Reykjavik - Arnaldur IIndriðason

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Voici deux romans policiers que je vous recommande.

Dans Méchant loup (que Dominique a beaucoup apprécié) de Nele Neuhaus (Actes noirs, 400 pages), on retrouve le duo de policiers opérant à Francfort, Pia Kirchhoff et Oliver Von Bodenstein, menant une double enquête: d'un côté une jeune femme retrouvée morte noyée dans le Main, et de l'autre, quinze jours plus tard, l'agression sauvage d'une animatrice et productrice télé qui n'a pas que des amis (c'est une femme redoutable et surtout sans état d'âme). L'histoire se déroule sur une période d'environ un mois, au début de l'été. Les policiers avancent difficilement dans la résolution de ces deux drames qui sont reliés par une épouvantable histoire de pédophilie, dans laquelle trempent de nombreux notables de la province de Hesse. Mme Neuhaus ne fait pas toujours dans la dentelle (c'est du "brutal") mais elle sait maintenir le suspens jusqu'au bout. C'est presque aussi bien que Blanche-Neige doit mourir.

Dans Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indriðason (Edition Métailié noir, 260 pages), j'ai été très contente de retrouver Erlendur tout jeune. Policier de 28 ans, il n'est pas encore marié (mais cela ne saurait tarder). Avec deux collègues, il "fait" les nuits comme simple policier de proximité en parcourant en voiture les rues de Reykjavik. Ils interviennent dans des incidents domestiques. Cela n'empêche pas Erlendur, qui est un homme obstiné ne "lâchant" rien, de mener, pendant son temps libre, une enquête sur la mort d'un clochard, Hannibal, avec qui il s'était un peu lié. En effet, Hannibal est retrouvé noyé dans une tourbière. Cette mort est peut-être liée à la disparition d'une jeune femme survenue à peu près en même temps. Erlandur interroge beaucoup, il reste toujours calme. Dans ce roman apparaissent les traits de caractère du commissaire qu'il est devenu dans les romans déjà parus. Et on se rend compte que les cas de disparitions le touchent beaucoup. Un bon roman "préquelle". Lire les billets de Cathulu et Clara.

dimanche 23 février 2014

Le duel - Arnaldur Indridason

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Dès que j'ai vu qu'un nouveau roman d'Arnaldur Indridason était paru, je n'ai pu résister. Je me suis procuré Le Duel (Editions Métailié noir, 300 pages) sans connaître l'histoire. Ce roman est l'occasion pour Indridason de nous faire remonter le temps, en 1972 pour être précis, juste avant les JO de Munich. A Reykjavik, un duel aux échecs se prépare: Bobby Fisher, l'Américain, contre Boris Spassky, le Russe. Au même moment, dans un petit cinéma de cette ville, un meurtre a lieu. Un jeune homme, un peu simplet, passionné de cinéma, enregistre la bande sonore du film pendant la projection (il est coutumier du fait). Poignardé à mort et son magnétophone disparu, Ragnar était là au mauvais endroit, au mauvais moment. La police criminelle est chargée de l'enquête ou plus précisément le commissaire Marion Briem et son adjoint Albert. Pour ceux qui ont lu les autres romans d'Indridason, vous avez déjà croisé Marion Brem. C'est elle qui deviendra le mentor du commissaire Erlendur. Dans Le Duel, Indridason revient sur la vie de Marion Brem petite fille, atteinte de tuberculose (mal endémique en Islande), qui aura connu des traitements lourds dans des sanatoriums comme d'autres enfants. Un roman qui prend son temps, très agréable à lire. Je recommande, tout comme Dominique.

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