dimanche 13 mai 2018

Passage des ombres - Arnaldur Indriðason

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Passage des ombres (Editions Métailie Noir, 300 pages) d'Arnaldur Indriðason clôt en beauté la Trilogie des Ombres (lire les billets sur le un et sur le deux). L'histoire se passe sur deux périodes, 1944 et de nos jours. En 1944, une jeune femme, Rosamunda, est retrouvée morte étranglée dans une rue près du futur théâtre national de Reykjavik. Elle travaillait dans un atelier de couture, elle était très douée dans son travail. Flovent et Thorson dont on avait suivi les enquêtes dans les deux premiers tomes sont chargés de découvrir qui a tué la jeune femme et pourquoi. Leur enquête va déboucher sur une impasse tragique. Plus de 60 ans après, un vieil homme nonagénaire est retrouvé étouffé dans son lit. On apprend assez vite qu'il s'agit de Thorson devenu Stephan Thordarson. Dans ce tome, on fait la connaissance de Konrad, un policier à la retraite qui aide la police à découvrir qui a tué Thorson et pourquoi. Je peux dévoiler que Thorson avait repris l'enquête sur la mort de Rosamunda et par la même occasion sur la mort de Hrund, une autre jeune qui s'était peut-être suicidée en se jetant dans un fjord. Leur point commun était qu'elles avaient été violées et que leur agresseur leur avait dit d'expliquer qu'elles s'étaient fait entreprendre par des elfes comme dans les sagas islandaises. J'ai trouvé l'intrigue bien menée. Indriðason maîtrise parfaitement les récits croisés sur deux périodes. Les histoires se recoupent. C'est vraiment prenant mais empreint d'une grande tristesse. Des trois tomes, c'est mon préféré. Lire le billet de Simone.

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vendredi 22 décembre 2017

Livres lus et non commentés depuis le 20/11/17

Après mon retour du Chili, je me suis remise sérieusement à la lecture.

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Voici quatre romans, deux islandais et deux italiens. L'un des quatre m'a vraiment beaucoup plu (je remercie Dominique pour son conseil).

Je commence par celui que j'ai le moins aimé, Tenebra Roma, le nouveau roman de Donato Carrisi (Editions Calmann Levy, 299 pages), dans lequel on retrouve le pénitentier Marcus déjà rencontré dans Le Tribunal des âmes et Malefico. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres pendant 24 heures dans Rome en proie au chaos à cause de pluies diluviennes qui provoquent le débordement du Tibre. Rome est pillée. Les meurtres perpétrés ont un lien avec une société secrète religieuse, l'Eglise de l'éclipse. J'ai trouvé l'intrigue embrouillée et pas très crédible. Je ne "marche" pas quand c'est trop mystique ou ésotérique. La résolution de l'histoire tient sur les trois ou quatre dernières pages et puis c'est tout. Cela se lit bien mais demeure assez oubliable.     

Je passe à une deuxième petite déception, le roman islandais Ör d'Audur Ava Olafsdottir (Editions Zulma, 236 pages), dont j'avais tant aimé Rosa Candida. J'ai oublié l'histoire assez vite et j'ai été obligée de le refeuilleter pour écrire le billet. Ör, qui est un terme neutre (ni masculin, ni féminin), veut dire "cicatrices" en islandais, des cicatrices sur la peau, mais le terme s'applique à un pays ou à un paysage malmené par une construction ou par une guerre" (Note de l'auteur à la dernière page du livre). En Islande, Jonas Ebeneser, âgé de 49 ans, porte sept cicatrices sur le corps, 4 au-dessus du nombril et 3 au-dessous. Depuis plus de huit ans, il n'a pas touché de femme. Divorcé de Gudrun, il a une fille qui porte aussi ce prénom. Sa vieille mère qui vit dans une maison de retraite s'appelle aussi Gudrun. Quand le roman commence, Jonas qui est malheureux passe son temps à faire des réparations, du bricolage avant d'en finir avec la vie. Mais il se fait d'abord tatouer un nymphéa blanc sur le corps. Il appris que Gudrun Nymphea n'est pas sa fille biologique. Pour éviter que sa famille proche soit traumatisée par son suicide, il part dans un pays qui n'est pas nommé, ravagé récemment par la guerre. Il se donne une semaine avant de mourir, et il emporte donc le strict minimum, dont une perceuse. Je m'arrête là et vous laisse découvrir la suite. Ce n'est pas déplaisant à lire, bien au contraire, mais je ne suis pas arrivée à m'attacher au personnage de Jonas, qui est le narrateur. Lire les billets enthousiastes de Micmelo et de Lou.

Je continue avec La femme de l'ombre d'Arnaldur Indridason. Il s'agit du tome 2 de la Trilogie des ombres (Editions Métailié, 317 pages). Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu le tome 1, les histoires étant distinctes même si l'on retrouve les enquêteurs Flovent et Thorson. Cela se passe toujours dans les années 40, en plein conflit mondial, à Reykjavik. En 1943, l'Islande est une base des Alliés. Malheureusement, les relations entre les miliataires et les habitants de Reykjavik sont parfois tendues et à juste raison. Le corps d'un homme est rejeté par la mer, un deuxième homme est sauvagement tabassé  dans un pub et meurt suite à ses blessures, enfin une jeune femme disparaît alors qu'elle fréquentait les militaires de la base aérienne. Flovent et Thorson se partagent le travail. C'est un roman d'atmosphère. Plusieurs personnages dont une femme dont on ne connaîtra le prénom qu'à la toute fin de l'histoire sont présents tout au long de ces histoires qui s'entremêlent plus ou moins. Indridason a très bien su jouer avec la chronologie des événements. Il y a un décalage dans le temps entre deux récits. On s'en rend compte au fur et à mesure de la lecture. Je n'ai pas boudé mon plaisir, même si ce n'est pas un coup de foudre. Les personnages de Flovent et Thorson manquent un peu de vie. Malgré tout, comme Aifelle, je lirai le troisième tome.

Je termine par mon "chouchou", Huit montagnes de Paolo Cognetti (Editions Stock, 299 pages), que j'ai eu envie de lire grâce à Dominique. En juillet 1984, Pietro Guasti part pour la montagne dans la région du Val d'Aoste pour la première fois. Lui, l'enfant des villes, découvre la randonnée en montagne avec son père, un montagnard fervent. Mais Pietro souffre du mal des montagnes sans oser l'avouer. Cependant, c'est là que Pietro rencontre Bruno Guglielmina, né dans ces montagnes, qui n'arrête pas de travailler dur. Une belle amitié va débuter qui durera plus de 20 ans, même s'ils se perdent de vue pendant quelques années. Comme Dominique, j'ai aimé tous les personnages, même ceux qui sont moins présents, comme les deux mères des deux garçons. Le père de Pietro, pas très commode, a beaucoup de dignité. L'écriture est limpide. Je me suis sentie bien en leur compagnie et je les ai quittés à regret. Un roman qui a été justement récompensé du Prix Médicis Etranger cette année.

jeudi 5 octobre 2017

Snjor et Mörk - Ragnar Jonasson / La fille d'avant - JP Delaney

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Attirée par découvrir des auteurs de polars scandinaves, j'ai été tentée de lire le premier roman de Ragnar Jonasson traduit en français (d'après le texte anglais) après avoir lu une ou deux critiques sur des blogs comme celui de Yv. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.

Snjor (Editions points Seuil, 335 pages) se passe entre 2008 et 2009. Ari Thor, 24 ans, vient de terminer l'école de police de Reykjavik. Il accepte, sans en parler à Kristin, sa petite amie infirmière, une première affectation à Siglufjördur dans le nord de l'Islande. A Siglufjördur, il ne se passe rien jusqu'au moment où un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre. Ari Thor va mener une enquête qui le ramène dans le passé de certains personnages.

Dans Mörk (Edtions de la Martinière, 326 pages), on retrouve Ari Thor deux ou trois ans plus tard, marié à Kristin, et père d'un petit garçon appelé Stefnir âgé de 10 mois. A Siglufjördur où il ne se passe toujours pas grand-chose, Herjolfur, le collègue d'Ari, est brutalement assassiné, pas loin d'une maison abandonnée à l'entrée de la ville. L'enquête n'avance pas vite. Plusieurs personnages sont plus ou moins liés à cet assassinat, dont le maire du village et son assistante, Elin, qui fuit un homme violent. Il y aussi un homme qui fut interné dans un hôpital psychiatrique, 25 ans auparavant. Son journal fait partie du récit et l'on découvre à la fin quel est son rôle dans l'assassinat. Comme pour Snjor, Ragnar Jonasson prend son temps pour dévoiler la clé de l'énigme. Il y a un enchaînement logique dans le déroulement des événements. Le lecteur ne se perd pas.

 J'ai beaucoup apprécié ces deux romans. J'espère que l'auteur en écrira d'autres avec Ari Thor car il y a encore plein de choses à découvrir sur ce personnage.

Valérie est nettement moins enthousiaste concernant Snjor.

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Parmi mes emprunts en bibliothèque de la fin de l'été, je suis tombée par hasard sur La fille d'avant de JP Delaney (Editions Mazarine, 428 pages). J'avais vu plein d'affiches en gare et dans le métro, en début d'année 2017, qui faisaient la pub de ce roman. Un "page-turner" que j'ai refermé en me disant que je m'étais fait "avoir": ce n'est pas désagréable à lire mais c'est un peu vain. A Londres, Jane, qui vient de perdre un enfant, emménage dans une maison unique à la conception minimaliste, imaginée par un jeune architecte prometteur. Elle a même répondu à un questionnaire de candidature pour avoir la chance d'habiter cette maison. A peine installée, elle ne se sent plus tout à fait la même, comme Emma, la locataire précédente. Comme Emma, elle a une relation torride avec l'architecte minimaliste Edward Monkford. Jane apprend qu'Emma a connu une mort tragique dans la maison un an auparavant, et elle essaye de découvrir comment et pourquoi. Le récit alterne de courts chapitre de 2 ou 3 pages "Maintenant Jane" et "Avant Emma". Mais il m'est arrivé de ne plus savoir dans quel récit j'étais. Physiquement, elles se ressemblent mais psychologiquement, l'une est plus "forte" que l'autre. Le méchant de l'histoire n'est pas celui auquel l'auteur veut nous faire croire, quoique... Bref, roman à emprunter en bibliothèque mais pas plus.

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vendredi 24 mars 2017

Dans l'ombre - Arnaldur Indridason

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Dans l'ombre (Editions Métaillé, 334 pages), le nouveau roman de l'Islandais Arnaldur Indridason, est le premier tome d'une trilogie: La trilogie des ombres. En 1941, Reykjavik grouille de soldats britanniques et américains. Eyvindur, un voyageur représentant de commerce, revient d'une tournée. Il a hâte de retrouver sa compagne Vera. En effet, il l'avait quittée deux semaines plus tôt après une dispute. Il se rend compte que Vera a vidé les lieux en prenant toutes ses affaires. Peu de temps après, Eyvindur est retrouvé mort, le visage à moitié arraché par une balle tirée par un colt, dans l'appartement de Felix Lunden, un autre réprésentant. Sur le front du cadavre, quelqu'un a inscrit "SS" en lettres de sang. Deux jeunes hommes sont chargés de mener l'enquête: Flovent, le seul inspecteur islandais disponible, et Thorson, un Islandais de l'ouest, né au Canada, faisant partie de la police militaire. Ils découvrent assez vite que la victime n'était pas la cible visée. Eyvindur était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de coup de théâtre. Thorson et Flovent interrogent encore et toujours les suspects ou les témoins. Ces interrogatoires ont un côté lancinant. Indridason n'épargne pas non plus le lecteur. Quand le roman s'achève, on a des réponses à des questions mais des choses restent dans l'ombre comme qui a tué Eyvindur, même si on sait pourquoi. J'attends la suite avec intérêt.

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dimanche 27 mars 2016

Le lagon noir - Arnaldur Indriðason / Evangile pour un gueux - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans sortis tout récemment que je vous recommande, à l'unisson d'autres blogueurs.

Le lagon noir (Edition Métailié noir, 319 pages) est le 14ème roman d'Arnaldur Indriðason que je lis. Ce roman fait suite aux Nuits de Reykjavik. J'ai encore éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur qui est âgé de 33 ans (nous sommes en 1979) et Marion Briem. Le roman se compose de deux intrigues: la mort d'un Islandais trouvé flottant dans un lagon près d'un volcan et la disparition non résolue depuis 1953 d'une jeune fille de 19 ans sur le chemin de l'école ménagère où elle suivait des cours. Marion avec l'aide d'une jeune Afro-américaine, Caroline va mener son enquête sur l'Islandais. Leurs investigations vont les mener jusqu'à la base américaine de Keflavik. Erlendur, lui, obsédé depuis longtemps par les personnes disparues, mène une enquête officieuse sur ce qu'est devenue Dagbjört qui s'est littéralement volatilisée 25 ans auparavant. Je ne vous dévoilerai rien de plus sur ces deux histoires. Indriðason prend son temps dans la narration, c'est agréable et reposant. Lire les billets d'Aifelle, Clara, Eva et Keisha.

Je passe à Evangile pour un gueux (Edition Viviane Hamy, 359 pages) d'Alexis Ragougneau, qui comme pour son précedent roman choisit à nouveau Notre-Dame de Paris et ses alentours comme décor. Aux alentours de Pâques, un SDF surnommé Mouss est retrouvé mort noyé dans la Seine après avoir reçu les mêmes blessures que le Christ sur la croix. Il est mort assassiné après avoir agonisé pendant des semaines. Quatre mois auparavant, la veille de Noël, Mouss et quelques autres SDF ont occupé pendant presque deux jours Notre-Dame de Paris pour faire entendre leur voix, celle des laissés-pour-compte. Ils ont été soutenus par le père Kern dont on avait fait la connaissance dans La madone de Notre-Dame en même temps que celle de la juge d'instruction Claire Kaufman ainsi que de Landard et Gombrowicz, deux policiers du 36. Kern avec l'aide des clochards dont un dénommé Stavros va mener son enquête parallèlement à celle du juge d'instruction et des deux flics. C'est un très bon deuxième roman bien mené avec une conclusion mystique. J'attends avec intérêt le prochain roman de cet écrivain car j'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là. Lire le billet très enthousiaste de Valérie.

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dimanche 15 février 2015

Méchant loup - Nele Neuhaus / Les Nuits de Reykjavik - Arnaldur IIndriðason

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Voici deux romans policiers que je vous recommande.

Dans Méchant loup (que Dominique a beaucoup apprécié) de Nele Neuhaus (Actes noirs, 400 pages), on retrouve le duo de policiers opérant à Francfort, Pia Kirchhoff et Oliver Von Bodenstein, menant une double enquête: d'un côté une jeune femme retrouvée morte noyée dans le Main, et de l'autre, quinze jours plus tard, l'agression sauvage d'une animatrice et productrice télé qui n'a pas que des amis (c'est une femme redoutable et surtout sans état d'âme). L'histoire se déroule sur une période d'environ un mois, au début de l'été. Les policiers avancent difficilement dans la résolution de ces deux drames qui sont reliés par une épouvantable histoire de pédophilie, dans laquelle trempent de nombreux notables de la province de Hesse. Mme Neuhaus ne fait pas toujours dans la dentelle (c'est du "brutal") mais elle sait maintenir le suspens jusqu'au bout. C'est presque aussi bien que Blanche-Neige doit mourir.

Dans Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indriðason (Edition Métailié noir, 260 pages), j'ai été très contente de retrouver Erlendur tout jeune. Policier de 28 ans, il n'est pas encore marié (mais cela ne saurait tarder). Avec deux collègues, il "fait" les nuits comme simple policier de proximité en parcourant en voiture les rues de Reykjavik. Ils interviennent dans des incidents domestiques. Cela n'empêche pas Erlendur, qui est un homme obstiné ne "lâchant" rien, de mener, pendant son temps libre, une enquête sur la mort d'un clochard, Hannibal, avec qui il s'était un peu lié. En effet, Hannibal est retrouvé noyé dans une tourbière. Cette mort est peut-être liée à la disparition d'une jeune femme survenue à peu près en même temps. Erlandur interroge beaucoup, il reste toujours calme. Dans ce roman apparaissent les traits de caractère du commissaire qu'il est devenu dans les romans déjà parus. Et on se rend compte que les cas de disparitions le touchent beaucoup. Un bon roman "préquelle". Lire les billets de Cathulu et Clara.

dimanche 24 février 2013

L'énigme de Flatey - Viktor Arnar Ingolfsson

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Après l'Est de l'Islande avec l'Erlendur d'Indridason, voici L'énigme de Flatey de Viktor Arnar Ingolfsson (Editions du Seuil, 350 pages), que j'ai donc lu juste après Etranges rivages. L'intrigue de ce livre se situe dans la partie Ouest de l'Islande, à Flatey (île plate en islandais), à une centaine de milles au nord de Reykjavik. L'histoire se déroule entre le jeudi 2 juin 1960 et le mercredi 8 juin 1960. Un corps à l'état de squelette est trouvé sur une petite île au large de Flatey. Kjartan, l'adjoint du préfet de cette région, est envoyé sur place pour établir un rapport et découvrir la cause du décès de cette victime dont on découvre assez vite l'identité. Il s'agit d'un universitaire qui était spécialistes des sagas (islandaises) - c'est un genre littéraire -, qui voulait découvrir la solution d'une énigme en quarante questions contenue dans "Le livre de Flatey", un manuscrit écrit en langue islandaise sur du parchemin, regroupant des textes sur la vie de rois de Norvège au Moyen-Age. L'énigme de Flatey nous donne surtout l'occasion de découvrir de manière pittoresque les us et coutumes des habitants de cette île. Se nourrissant de viande de phoque et de macareux, ils n'avaient pas l'électricité, et ils étaient reliés à la "civilisation" grâce au bateau postal qui faisait une halte dans l'île une fois par semaine. Le téléphone fonctionnait grâce à une dynamo. On n'oublie pas de sitôt le bourgmestre ou le maître d'école, pécheurs et chasseurs de phoques comme les 70 habitants de cette île aux dimensions liliputiennes : 500 mètres de large pour 2 km de long. Pendant tout le livre, l'écrivain égrène les 40 questions permettant de trouver la solution de la charade littéraire. C'est un roman très agréable à lire. Je le recommande.

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mardi 12 février 2013

Etranges rivages - Arnaldur Indriðason

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Comme l’annonce l’accroche qui entoure le roman, Erlendur est revenu. On sait enfin ce qu’il a fait de ses vacances qu’il a passées dans les fjords à l’est de l’île (lire les romans La rivière noire et La muraille de lave).

Dans Etranges rivages d’Arnaldur Indriðason (300 pages, Editions Métailié noir), Erlendur est décidé à mettre un point final à la tragédie qui l’a frappé, lui et ses parents (la disparition de son petit frère Bergur, 8 ans à l’époque), plusieurs dizaines d’années auparavant, pendant un blizzard. Erlendur, qui avait deux ans de plus, se sent responsable de ce qui s'est passé. En parallèle, il mène une enquête officieuse sur ce qui est arrivé le 14 janvier 1942 à Matthildur, une jeune femme habitante de la région et disparue lors d’une tempête effroyable le même jour que des soldats britanniques (qui faisaient partie de l’armée d’occupation en Islande pendant cette période trouble).

La narration ne laisse aucun répit au lecteur (j’ai lu le roman d'une traite en une journée avec un immense plaisir). C’est absolument haletant. Petite précision: presque tous les témoins directs ou indirects survivants qui interviennent dans l'histoire sont octogénaires ou nonagénaires.

Erlendur est un homme entêté qui arrive à faire parler les différents personnages dont Ezra (90 ans) qui a été l’amant de Matthildur. C'est comme cela qu'Erlendur découvre que Matthildur a été assassinée. Je vous laisse découvrir le mobile et si le squelette est ou non retrouvé. Concernant la mort de Bergur, une petite voiture rouge (comme celle photographiée sur la couverture du roman) est un élément important qui ressurgit. Quand le roman s’achève, la boucle est bouclée pour Erlendur même si ce n’est pas totalement satisfaisant. Indridason rend les personnages attachants malgré leurs défauts. On n’oublie pas de sitôt Hrund (l’une des sœurs de Matthilidur), Ezra, Boas (un chasseur de renards), Ninna (une amie de Matthildur), sans oublier Jakob, le mari de Matthildur. Je trouve que ce roman d’Indriðason est un excellent cru.

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dimanche 2 décembre 2012

L'embellie - Audur Ava Olafsdottir / Le dévouement du suspect X - Keijo Higashino

Voici deux romans qui n'ont rien en commun. Le premier faisait partie des romans que j'avais emportés pendant mes grandes vacances. L'autre est un emprunt à la bibliothèque loisirs dont je m'occupe et qui m'a beaucoup plu.

 

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Autant j'avais été emballée par Rosa Candida, autant L'embellie d'Audur Ava Olafsdottir (Edition Zulma, 400 pages) m'a un peu déçue. Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. La narratrice est correctrice de tout document écrit (livres, articles, lettres, etc) et traductrice de l'Islandais en onze langues. Son mari vient de la quitter pour une autre (enceinte de ses oeuvres). Grâce à un gros gain de loterie, elle entame un périple en compagnie d'un petit garçon d'environ cinq ans, Tumi, le fils d'une amie (enceinte). Tumi, souffrant d'une déficience auditive et somnambule, est un garçon intelligent et attachant. Ce "road novel" est agréable à lire mais l'ensemble reste superficiel. Il n'y a  pas vraiment d'histoire, ni de rebondissements marquants. Et je n'ai pas  bien compris l'ajout des recettes à la fin de l'ouvrage (40 pages). Pas indispensable.

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Le Dévouement du suspect X (Editions Actes noirs Actes Sud, 310 pages) est le deuxième roman que je lis de Keijo Higashino (après La maison où je suis mort autrefois). Je vous le recommande vivement car l'intrigue criminelle assez originale est bien menée. A Tokyo, Ishigami, un professeur de mathématiques remarquablement intelligent doublé d'un chercheur très doué, se retrouve impliqué dans le meurtre de l'ex-mari de sa voisine (dont il est tombé amoureux). L'inspecteur chargé de l'enquête consulte Yukagawa, un ancien collègue d'université d'Ishigami. Ces deux hommes s'étaient passionnés par cette question mathématique (qui joue un rôle capital dans la résolution de l'intrigue): "Est-il plus difficile de chercher la solution d'un problème que de vérifier sa solution?" Le résumé de la 4ème de couv' révèle beaucoup de l'histoire sauf le "twist" ("coup de théâtre", NDSR) final que je n'avais pas deviné. Vraiment très bon roman. Lire l'avis de A_girl_from_eart.

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jeudi 17 mai 2012

La muraille de lave - Arnaldur Indridason

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En l'absence du commissaire Erlendur, parti depuis plus de deux semaines quelque part dans les fjords, et tandis que sa collègue Elinborg enquête sur des viols (voir La Rivière noire), voici l'inspecteur Sigurdur Oli qui se retrouve être le personnage principal de La Muraille de lave (300 pages, Métailié noir). Cette fois-ci, Indridason aborde deux sujets: la pédophilie, et l'une des prémices (parmi d'autres) de la crise financière qui a mis l'Islande en faillite (le roman a été écrit en 2009). En effet, certains employés d'une banque islandaise n'ont aucun scrupule à spéculer avec de l'argent qui ne leur appartient pas sur des produits "toxiques". Sigurdur Oli, qui vient de se séparer de sa femme Bergthora, mène deux enquêtes différentes en parallèle. Pour la première, il va se trouver face à un pauvre hère, Andrès, dont on apprend au fur et à mesure les violences qu'il a subies dans son enfance et dont il ne se remettra jamais. Pour la seconde affaire, Sigurdur Oli s'y trouve impliqué après qu'un de ses amis, Patrikur, le charge d'aller récupérer chez un couple des photos compromettantes qu'ils ont prises pendant une soirée échangiste (surnommée "soirée entrecôtes"). Ils veulent s'en servir pour un chantage. Il arrive trop tard, Lina, la femme, vient d'être tabassée à mort. De fil en aiguille, on apprend la relation entre cette mort (involontaire ou non) et les malversations commises par des employés de banque indélicats. Mais je ne vous dis pas tout car les raisons de ce crime sont plus complexes que prévues. C'est le 9ème roman d'Indridason que je lis sur un total de 9 publiés en français, et, une fois de plus, son intrigue est passionnante. Je le conseille. Voir le billet d'Alain.

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