dimanche 29 mars 2020

Les fantômes de Reykjavik - Arnaldur Indriðason

P1110650

J'ai eu le plaisir de retrouver Konrad, le policier à la retraite dans Les Fantômes de Reykjavik (Edition Metailié, 316 pages haletantes). Comme Aifelle, je l'ai dévoré en deux jours et je l'ai même préféré au roman précédent Ce que savait la nuit.

Arnaldur Indriðason nous raconte trois histoires en parallèle. Konrad est appelé par un couple qui ont connu Erna, son épouse décédée. Sans nouvelles de leur petite-fille Danni disparue depuis plusieurs jours, ils aimeraient que Konrad fasse des recherches. Ils n'ont pas osé appeler la police car Danni est une jeune femme droguée. Par ailleurs, Konrad va être amené à enquêter sur une mort certainement accidentelle mais restée inexpliquée, celle de Nanna, une petite fille âgée de 12 ans. Cela se passait en 1960. Nanna s'est noyée dans un lac dans un quartier de Reykjavik en voulant récupérer sa poupée. Et Konrad continue de chercher qui a poignardé son père devant des abattoirs plusieurs années auparavant. Indridason passe d'une intrigue à l'autre sans que l'on ne perde le fil. Une fois de plus, certains des personnages masculins n'ont pas le beau rôle, à la différence de femmes comme Martha, une femme policier, l'ancienne collègue de Konrad qui va l'épauler, et Eyglo, une femme médium et qui est la fille de l'ancien associé du père de Konrad. Décidément, Erlendur devient pour moi un lointain souvenir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 4 février 2020

Ce que savait la nuit - Arnaldur Indriðason

P1110615

Dans Ce que savait la nuit (Editions Métailié noir, 284 pages), j'ai retrouvé avec plaisir Konrað, le policier à la retraite dont on avait fait la connaissance dans Passage des ombres. Même si sa personnalité est différente de celle du commissaire Erlendur, Konrað me paraît un homme intéressant avec des zones d'ombres entre un de ses deux bras handicapés et son père medium, escroc et menteur qui le battait. Une nuit, Konrað est appelé par Martha, une ancienne collègue, chef de la Criminelle de Reykjavik, qui lui annonce que l'on a retrouvé le corps de Sigurvin dans un des grands glaciers d'Islande qui est en train de reculer suite au réchauffement climatique. Sigurvin était un homme d'affaires disparu trente ans auparavant. Comme la police n'avait pas trouvé le corps, on n'a pas su ce qui s'était passé, mais l'associé de Sigurvin, Hjaltalin a été soupçonné depuis lors, sans qu'il ne cesse de clamer son innocence. C'est à la demande d'une femme dont le frère a été tué par un chauffard quelques années auparavant que Konrað se remet à enquêter, car bien entendu les deux affaires sont liées. Le récit prend son temps et je trouve cela très agréable. On apprend que Konrað est veuf depuis peu et qu'il a du mal à s'en remettre. Père d'Hugo, un fils avec qui il s'entend bien, il aussi grand-père de jumeaux. Une fois de plus, Indriðason évoque un peu d'histoire avec la fin de la souveraineté danoise en Islande en 1944, les trafics divers et variés entre Islandais et les forces alliées à la fin de la guerre. Un roman que je conseille. Et je viens d'apprendre qu'un nouveau "Konrað", Les fantômes de Reykjavik, va paraître dans deux jours, le 6 février 2020. Je le lirai très certainement. Lire les billets d'Aifelle, Clara, Maggie et Cuné.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,
jeudi 23 janvier 2020

Miss Islande - Auður Ava Ólafsdóttir

P1110613

Je viens de terminer Miss Islande d'Auður Ava Ólafsdóttir (Editions Zulma, 261 pages). J'ai trouvé ce roman lumineux, avec des personnages attachants qu'on est triste de quitter quand on arrive à la fin en suspens. En 1942, en Islande, dans une ferme sur les terres de la Saga des Gens du Val-au-Saumon, est née Hekla, trois semaines avant terme. Hekla est aussi le nom d'un volcan islandais qui fera une éruption peu d'années après. C'est son père, passionné par les volcans, qui lui a donné ce prénom. Il y a plus de 200 volcans en Islande. On retrouve Hekla en 1963, en route pour Reykjavik par autocar. Elle cherche du travail tout en rêvant d'écrire pour être publiée. Arrivée dans la capitale, elle rend d'abord visite à Ysey, son amie d'enfance, qui à 22 ans est déjà mariée et mère d'une petite fille. Isey s'évade de la réalité en écrivant un journal. Elle admire beaucoup Hekla. Cette dernière va partager un appartement avec Jon John son meilleur ami, côté masculin. Ce marin qui rêve de créer des robes est homosexuel. Ce n'est pas facile dans les années 60 pour une femme et un homosexuel de vivre leur vie comme ils l'entendent. Dans ce roman, il est question du concours de Miss Islande qu'Hekla pourrait tenter, mais il est surtout question de livres, de sagas et d'écrivains islandais. Après une période un peu rude pour moi, j'ai beaucoup apprécié ce livre qui se lit vite, avec une belle histoire qui fait du bien. Je le recommande bien sûr, tout comme Eimelle, Hélène, Philisine Cave, Krol, Cathulu et Cuné. Miss Islande a été récompensé du Prix Médicis étranger fin 2019.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 18 décembre 2018

Les fils de la poussière - Arnaldur Indriðason

P1100691

Les fils de la poussière (Edition Metailié, 291 pages) d'Arnaldur Indriðason est, semble-t-il, son premier roman, paru en 1997. Il a été traduit en français seulement cette année. Je peux le comprendre car cela m'a moyennement plu. Je n'ai pas adhéré à l'intrigue. L'histoire se passe à la fin des années 80. Il est question d'eugénisme, de jeunes enfants scolarisés dans une même classe d'un collège, tous issus du milieu ouvrier, qui ont servi de cobayes pour des expériences avec des amphétamines, et aussi de clonage. Daniel, un homme encore jeune souffrant de schizophrénie, se jette par la fenêtre d'un institut psychiatrique. Le témoin de cette tragédie est son frère, Palmi, un libraire vendant des livres d'occasion. Le même jour, Halldor, un retraité et ancien enseignant, est brûlé vif dans sa maison. Le commissaire Erlendur et son adjoint, Sigurdur Oli, enquêtent et font rapidement le lien entre les deux victimes. Pendant ce temps-là, Palmi et un ancien aide-soignant qui s'est occupé de Daniel mènent une enquête en parallèle. Ce sont eux les premiers qui découvreront l'horrible vérité (que je vous laisse découvrir). J'ai trouvé qu'Erlendur et Sigurdur Oli restaient en retrait. Ils sont relativement peu présents. C'est peut-être la cause de ma frustration après ma lecture. Heureusement qu'Indriðason nous a habitués à mieux par la suite. LIre les billets d'Eva et Baz'art.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 13 mai 2018

Passage des ombres - Arnaldur Indriðason

passagedesombres

Passage des ombres (Editions Métailie Noir, 300 pages) d'Arnaldur Indriðason clôt en beauté la Trilogie des Ombres (lire les billets sur le un et sur le deux). L'histoire se passe sur deux périodes, 1944 et de nos jours. En 1944, une jeune femme, Rosamunda, est retrouvée morte étranglée dans une rue près du futur théâtre national de Reykjavik. Elle travaillait dans un atelier de couture, elle était très douée dans son travail. Flovent et Thorson dont on avait suivi les enquêtes dans les deux premiers tomes sont chargés de découvrir qui a tué la jeune femme et pourquoi. Leur enquête va déboucher sur une impasse tragique. Plus de 60 ans après, un vieil homme nonagénaire est retrouvé étouffé dans son lit. On apprend assez vite qu'il s'agit de Thorson devenu Stephan Thordarson. Dans ce tome, on fait la connaissance de Konrad, un policier à la retraite qui aide la police à découvrir qui a tué Thorson et pourquoi. Je peux dévoiler que Thorson avait repris l'enquête sur la mort de Rosamunda et par la même occasion sur la mort de Hrund, une autre jeune qui s'était peut-être suicidée en se jetant dans un fjord. Leur point commun était qu'elles avaient été violées et que leur agresseur leur avait dit d'expliquer qu'elles s'étaient fait entreprendre par des elfes comme dans les sagas islandaises. J'ai trouvé l'intrigue bien menée. Indriðason maîtrise parfaitement les récits croisés sur deux périodes. Les histoires se recoupent. C'est vraiment prenant mais empreint d'une grande tristesse. Des trois tomes, c'est mon préféré. Lire le billet de Simone.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 22 décembre 2017

Livres lus et non commentés depuis le 20/11/17

Après mon retour du Chili, je me suis remise sérieusement à la lecture.

  P1070132 P1070122  P1070123 P1070131

Voici quatre romans, deux islandais et deux italiens. L'un des quatre m'a vraiment beaucoup plu (je remercie Dominique pour son conseil).

Je commence par celui que j'ai le moins aimé, Tenebra Roma, le nouveau roman de Donato Carrisi (Editions Calmann Levy, 299 pages), dans lequel on retrouve le pénitentier Marcus déjà rencontré dans Le Tribunal des âmes et Malefico. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres pendant 24 heures dans Rome en proie au chaos à cause de pluies diluviennes qui provoquent le débordement du Tibre. Rome est pillée. Les meurtres perpétrés ont un lien avec une société secrète religieuse, l'Eglise de l'éclipse. J'ai trouvé l'intrigue embrouillée et pas très crédible. Je ne "marche" pas quand c'est trop mystique ou ésotérique. La résolution de l'histoire tient sur les trois ou quatre dernières pages et puis c'est tout. Cela se lit bien mais demeure assez oubliable.     

Je passe à une deuxième petite déception, le roman islandais Ör d'Audur Ava Olafsdottir (Editions Zulma, 236 pages), dont j'avais tant aimé Rosa Candida. J'ai oublié l'histoire assez vite et j'ai été obligée de le refeuilleter pour écrire le billet. Ör, qui est un terme neutre (ni masculin, ni féminin), veut dire "cicatrices" en islandais, des cicatrices sur la peau, mais le terme s'applique à un pays ou à un paysage malmené par une construction ou par une guerre" (Note de l'auteur à la dernière page du livre). En Islande, Jonas Ebeneser, âgé de 49 ans, porte sept cicatrices sur le corps, 4 au-dessus du nombril et 3 au-dessous. Depuis plus de huit ans, il n'a pas touché de femme. Divorcé de Gudrun, il a une fille qui porte aussi ce prénom. Sa vieille mère qui vit dans une maison de retraite s'appelle aussi Gudrun. Quand le roman commence, Jonas qui est malheureux passe son temps à faire des réparations, du bricolage avant d'en finir avec la vie. Mais il se fait d'abord tatouer un nymphéa blanc sur le corps. Il appris que Gudrun Nymphea n'est pas sa fille biologique. Pour éviter que sa famille proche soit traumatisée par son suicide, il part dans un pays qui n'est pas nommé, ravagé récemment par la guerre. Il se donne une semaine avant de mourir, et il emporte donc le strict minimum, dont une perceuse. Je m'arrête là et vous laisse découvrir la suite. Ce n'est pas déplaisant à lire, bien au contraire, mais je ne suis pas arrivée à m'attacher au personnage de Jonas, qui est le narrateur. Lire les billets enthousiastes de Micmelo et de Lou.

Je continue avec La femme de l'ombre d'Arnaldur Indridason. Il s'agit du tome 2 de la Trilogie des ombres (Editions Métailié, 317 pages). Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu le tome 1, les histoires étant distinctes même si l'on retrouve les enquêteurs Flovent et Thorson. Cela se passe toujours dans les années 40, en plein conflit mondial, à Reykjavik. En 1943, l'Islande est une base des Alliés. Malheureusement, les relations entre les miliataires et les habitants de Reykjavik sont parfois tendues et à juste raison. Le corps d'un homme est rejeté par la mer, un deuxième homme est sauvagement tabassé  dans un pub et meurt suite à ses blessures, enfin une jeune femme disparaît alors qu'elle fréquentait les militaires de la base aérienne. Flovent et Thorson se partagent le travail. C'est un roman d'atmosphère. Plusieurs personnages dont une femme dont on ne connaîtra le prénom qu'à la toute fin de l'histoire sont présents tout au long de ces histoires qui s'entremêlent plus ou moins. Indridason a très bien su jouer avec la chronologie des événements. Il y a un décalage dans le temps entre deux récits. On s'en rend compte au fur et à mesure de la lecture. Je n'ai pas boudé mon plaisir, même si ce n'est pas un coup de foudre. Les personnages de Flovent et Thorson manquent un peu de vie. Malgré tout, comme Aifelle, je lirai le troisième tome.

Je termine par mon "chouchou", Huit montagnes de Paolo Cognetti (Editions Stock, 299 pages), que j'ai eu envie de lire grâce à Dominique. En juillet 1984, Pietro Guasti part pour la montagne dans la région du Val d'Aoste pour la première fois. Lui, l'enfant des villes, découvre la randonnée en montagne avec son père, un montagnard fervent. Mais Pietro souffre du mal des montagnes sans oser l'avouer. Cependant, c'est là que Pietro rencontre Bruno Guglielmina, né dans ces montagnes, qui n'arrête pas de travailler dur. Une belle amitié va débuter qui durera plus de 20 ans, même s'ils se perdent de vue pendant quelques années. Comme Dominique, j'ai aimé tous les personnages, même ceux qui sont moins présents, comme les deux mères des deux garçons. Le père de Pietro, pas très commode, a beaucoup de dignité. L'écriture est limpide. Je me suis sentie bien en leur compagnie et je les ai quittés à regret. Un roman qui a été justement récompensé du Prix Médicis Etranger cette année.

jeudi 5 octobre 2017

Snjor et Mörk - Ragnar Jonasson / La fille d'avant - JP Delaney

 P1050730

Attirée par découvrir des auteurs de polars scandinaves, j'ai été tentée de lire le premier roman de Ragnar Jonasson traduit en français (d'après le texte anglais) après avoir lu une ou deux critiques sur des blogs comme celui de Yv. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.

Snjor (Editions points Seuil, 335 pages) se passe entre 2008 et 2009. Ari Thor, 24 ans, vient de terminer l'école de police de Reykjavik. Il accepte, sans en parler à Kristin, sa petite amie infirmière, une première affectation à Siglufjördur dans le nord de l'Islande. A Siglufjördur, il ne se passe rien jusqu'au moment où un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre. Ari Thor va mener une enquête qui le ramène dans le passé de certains personnages.

Dans Mörk (Edtions de la Martinière, 326 pages), on retrouve Ari Thor deux ou trois ans plus tard, marié à Kristin, et père d'un petit garçon appelé Stefnir âgé de 10 mois. A Siglufjördur où il ne se passe toujours pas grand-chose, Herjolfur, le collègue d'Ari, est brutalement assassiné, pas loin d'une maison abandonnée à l'entrée de la ville. L'enquête n'avance pas vite. Plusieurs personnages sont plus ou moins liés à cet assassinat, dont le maire du village et son assistante, Elin, qui fuit un homme violent. Il y aussi un homme qui fut interné dans un hôpital psychiatrique, 25 ans auparavant. Son journal fait partie du récit et l'on découvre à la fin quel est son rôle dans l'assassinat. Comme pour Snjor, Ragnar Jonasson prend son temps pour dévoiler la clé de l'énigme. Il y a un enchaînement logique dans le déroulement des événements. Le lecteur ne se perd pas.

 J'ai beaucoup apprécié ces deux romans. J'espère que l'auteur en écrira d'autres avec Ari Thor car il y a encore plein de choses à découvrir sur ce personnage.

Valérie est nettement moins enthousiaste concernant Snjor.

 *******************************************************

P1050732

Parmi mes emprunts en bibliothèque de la fin de l'été, je suis tombée par hasard sur La fille d'avant de JP Delaney (Editions Mazarine, 428 pages). J'avais vu plein d'affiches en gare et dans le métro, en début d'année 2017, qui faisaient la pub de ce roman. Un "page-turner" que j'ai refermé en me disant que je m'étais fait "avoir": ce n'est pas désagréable à lire mais c'est un peu vain. A Londres, Jane, qui vient de perdre un enfant, emménage dans une maison unique à la conception minimaliste, imaginée par un jeune architecte prometteur. Elle a même répondu à un questionnaire de candidature pour avoir la chance d'habiter cette maison. A peine installée, elle ne se sent plus tout à fait la même, comme Emma, la locataire précédente. Comme Emma, elle a une relation torride avec l'architecte minimaliste Edward Monkford. Jane apprend qu'Emma a connu une mort tragique dans la maison un an auparavant, et elle essaye de découvrir comment et pourquoi. Le récit alterne de courts chapitre de 2 ou 3 pages "Maintenant Jane" et "Avant Emma". Mais il m'est arrivé de ne plus savoir dans quel récit j'étais. Physiquement, elles se ressemblent mais psychologiquement, l'une est plus "forte" que l'autre. Le méchant de l'histoire n'est pas celui auquel l'auteur veut nous faire croire, quoique... Bref, roman à emprunter en bibliothèque mais pas plus.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
vendredi 24 mars 2017

Dans l'ombre - Arnaldur Indridason

P1050206

Dans l'ombre (Editions Métaillé, 334 pages), le nouveau roman de l'Islandais Arnaldur Indridason, est le premier tome d'une trilogie: La trilogie des ombres. En 1941, Reykjavik grouille de soldats britanniques et américains. Eyvindur, un voyageur représentant de commerce, revient d'une tournée. Il a hâte de retrouver sa compagne Vera. En effet, il l'avait quittée deux semaines plus tôt après une dispute. Il se rend compte que Vera a vidé les lieux en prenant toutes ses affaires. Peu de temps après, Eyvindur est retrouvé mort, le visage à moitié arraché par une balle tirée par un colt, dans l'appartement de Felix Lunden, un autre réprésentant. Sur le front du cadavre, quelqu'un a inscrit "SS" en lettres de sang. Deux jeunes hommes sont chargés de mener l'enquête: Flovent, le seul inspecteur islandais disponible, et Thorson, un Islandais de l'ouest, né au Canada, faisant partie de la police militaire. Ils découvrent assez vite que la victime n'était pas la cible visée. Eyvindur était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de coup de théâtre. Thorson et Flovent interrogent encore et toujours les suspects ou les témoins. Ces interrogatoires ont un côté lancinant. Indridason n'épargne pas non plus le lecteur. Quand le roman s'achève, on a des réponses à des questions mais des choses restent dans l'ombre comme qui a tué Eyvindur, même si on sait pourquoi. J'attends la suite avec intérêt.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 27 mars 2016

Le lagon noir - Arnaldur Indriðason / Evangile pour un gueux - Alexis Ragougneau

   P1030059   P1030062

Voici deux romans sortis tout récemment que je vous recommande, à l'unisson d'autres blogueurs.

Le lagon noir (Edition Métailié noir, 319 pages) est le 14ème roman d'Arnaldur Indriðason que je lis. Ce roman fait suite aux Nuits de Reykjavik. J'ai encore éprouvé beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur qui est âgé de 33 ans (nous sommes en 1979) et Marion Briem. Le roman se compose de deux intrigues: la mort d'un Islandais trouvé flottant dans un lagon près d'un volcan et la disparition non résolue depuis 1953 d'une jeune fille de 19 ans sur le chemin de l'école ménagère où elle suivait des cours. Marion avec l'aide d'une jeune Afro-américaine, Caroline va mener son enquête sur l'Islandais. Leurs investigations vont les mener jusqu'à la base américaine de Keflavik. Erlendur, lui, obsédé depuis longtemps par les personnes disparues, mène une enquête officieuse sur ce qu'est devenue Dagbjört qui s'est littéralement volatilisée 25 ans auparavant. Je ne vous dévoilerai rien de plus sur ces deux histoires. Indriðason prend son temps dans la narration, c'est agréable et reposant. Lire les billets d'Aifelle, Clara, Eva et Keisha.

Je passe à Evangile pour un gueux (Edition Viviane Hamy, 359 pages) d'Alexis Ragougneau, qui comme pour son précedent roman choisit à nouveau Notre-Dame de Paris et ses alentours comme décor. Aux alentours de Pâques, un SDF surnommé Mouss est retrouvé mort noyé dans la Seine après avoir reçu les mêmes blessures que le Christ sur la croix. Il est mort assassiné après avoir agonisé pendant des semaines. Quatre mois auparavant, la veille de Noël, Mouss et quelques autres SDF ont occupé pendant presque deux jours Notre-Dame de Paris pour faire entendre leur voix, celle des laissés-pour-compte. Ils ont été soutenus par le père Kern dont on avait fait la connaissance dans La madone de Notre-Dame en même temps que celle de la juge d'instruction Claire Kaufman ainsi que de Landard et Gombrowicz, deux policiers du 36. Kern avec l'aide des clochards dont un dénommé Stavros va mener son enquête parallèlement à celle du juge d'instruction et des deux flics. C'est un très bon deuxième roman bien mené avec une conclusion mystique. J'attends avec intérêt le prochain roman de cet écrivain car j'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là. Lire le billet très enthousiaste de Valérie.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
dimanche 15 février 2015

Méchant loup - Nele Neuhaus / Les Nuits de Reykjavik - Arnaldur IIndriðason

 P1000655   P1000656

Voici deux romans policiers que je vous recommande.

Dans Méchant loup (que Dominique a beaucoup apprécié) de Nele Neuhaus (Actes noirs, 400 pages), on retrouve le duo de policiers opérant à Francfort, Pia Kirchhoff et Oliver Von Bodenstein, menant une double enquête: d'un côté une jeune femme retrouvée morte noyée dans le Main, et de l'autre, quinze jours plus tard, l'agression sauvage d'une animatrice et productrice télé qui n'a pas que des amis (c'est une femme redoutable et surtout sans état d'âme). L'histoire se déroule sur une période d'environ un mois, au début de l'été. Les policiers avancent difficilement dans la résolution de ces deux drames qui sont reliés par une épouvantable histoire de pédophilie, dans laquelle trempent de nombreux notables de la province de Hesse. Mme Neuhaus ne fait pas toujours dans la dentelle (c'est du "brutal") mais elle sait maintenir le suspens jusqu'au bout. C'est presque aussi bien que Blanche-Neige doit mourir.

Dans Les nuits de Reykjavik d'Arnaldur Indriðason (Edition Métailié noir, 260 pages), j'ai été très contente de retrouver Erlendur tout jeune. Policier de 28 ans, il n'est pas encore marié (mais cela ne saurait tarder). Avec deux collègues, il "fait" les nuits comme simple policier de proximité en parcourant en voiture les rues de Reykjavik. Ils interviennent dans des incidents domestiques. Cela n'empêche pas Erlendur, qui est un homme obstiné ne "lâchant" rien, de mener, pendant son temps libre, une enquête sur la mort d'un clochard, Hannibal, avec qui il s'était un peu lié. En effet, Hannibal est retrouvé noyé dans une tourbière. Cette mort est peut-être liée à la disparition d'une jeune femme survenue à peu près en même temps. Erlandur interroge beaucoup, il reste toujours calme. Dans ce roman apparaissent les traits de caractère du commissaire qu'il est devenu dans les romans déjà parus. Et on se rend compte que les cas de disparitions le touchent beaucoup. Un bon roman "préquelle". Lire les billets de Cathulu et Clara.