mardi 8 mai 2018

La révolution silencieuse - Lars Kraume / Comme des garçons - Julien Hallard

Cela serait dommage que vous passiez à côté de La révolution silencieuse de Lars Kraume. Je ne sais pas si le film rencontre son public d'autant plus que j'ai constaté que les critiques étaient un peu tièdes: "film académique, mise en scène convenue", etc. Ce film allemand raconte comment quelques lycéens, en 1956 à Berlin-Est pendant un cours d'histoire, ont respecté deux minutes de silence en hommage aux victimes faisant suite à l'insurrection de Budapest en Hongrie. La répression par les soviétiques fut terrible. C'est l'année du bac pour Kurt, Théo, Erik, Lena et les autres. C'était cinq ans avant le construction du mur. Les habitants de Berlin-Est étaient autorisé à passer à l'Ouest pour rendre visite à de la famille. Kurt va souvent sur la tombe de son grand-père enterré à Berlin-Ouest. Il emmène la plupart du temps Theo avec lui. Ils allaient souvent deux par deux au cas où l'un des deux serait arrêté. Un jour, ces jeunes gens vont écouter une radio clandestine chez l'oncle d'un des leurs. C'est là qu'ils apprennent les événéments de Budapest. Les deux minutes de silence décidée par l'un d'entre eux et accepté par les autres provoquent la colère de leur professeur qui en réfère au directeur. Un engrenage s'enclenche et une envoyée du pouvoir est-allemand mène l'enquête. Il lui faut un coupable qui sera sévèrement puni. Elle met la pression sur tous ces élèves qui résistent. Tous les coups, même les coups bas, sont permis. On fait connaissance des familles de ces élèves. Certains sont des notables, d'autres des ouvriers. Les convictions de chacun sont différentes et le nazisme reste dans les mémoires. D'ailleurs, ce passé douloureux joue un rôle partiel dans le dénouement du film que j'ai trouvé passionnant. Les jeunes comédiens sont tous remarquables. Un très bon film.

Je voudrais maintenant parler de Comme des garçons de Julien Hallard, un film sans prétention et sympathique qui raconte comment une équipe de France de foot féminine fut créée en 1970 à Reims. Un journaliste sportif du journal local a l'idée de créer une équipe de football féminine pour qu'elle joue à l'occasion d'une kermesse. Les candidates passent un entretien, elles sont jeunes ou moins jeunes, plus oui moins jolies, salariées pour quelques-unes et presque toutes mariées. A cette époque encore, le mari doit donner la permission pour que sa femme puisse jouer au football. Nous sommes pourtant après mai 68! Ces femmes toutes motivées pour jouer au foot s'entraînent malgré les obstacles administratifs, le machisme ambiant et la misogynie. Il faut voir Emmanuelle Bruno (Vanessa Guide), une secrétaire compétente et fille d'un ancien footballeur, dribbler de manière magistrale. Allez voir le film pour l'originalité du sujet.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mercredi 2 mai 2018

Sonate pour Roos - Boudewijn Koole / Game Night - Jonathan Goldstein / Jersey Affair - Michael Pearce

Après avoir écouté les conseils d'une critique de l'émission Le Masque et la Plume, je suis allée voir Sonate pour Roos de Boudewijn Koole (un réalisateur hollandais). Roos, une femme photographe, revient auprès de sa mère (professeur de piano) et de son jeune frère Bengt, dont le passe-temps favori est d'enregistrer des sons. L'histoire se passe en Norvège dans des paysages enneigés loin de tout. Le film baigne dans une atmosphère ouatée. On comprend très vite qu'entre Roos et sa mère, une femme austère, les rapports sont tendus. En revanche, Roos et Bengt sont très complices. Roos (Rifka Lodeizen, magnifique) est revenue parce qu'elle doit faire une annonce à sa mère et à son frère. Nous, spectateurs, on sait très vite ce qu'il en est. Le film traite des relations mère-fille et d'autres choses. Le tout est traité avec délicatesse et douceur et j'ai aimé la fin, mais je n'avais vraiment pas le moral quand je suis sortie de la projection.

C'est pour ça que deux jours après, je suis allée Game Night de Jonathan Goldstein. J'ai trouvé le film distrayant. Les acteurs jouent le jeu (si je puis dire). Max (Jason Bateman) et Annie (Rachel McAdams), qui ont une libido au point mort, se rattrapent en s'amusant à des jeux de sociétés avec deux autres couples une fois par semaine. Un jour, Brooks, qui a réussi dans ses affaires, vient rendre visite à son frère Max. Il l'invite lui, sa femme Annie et les deux autres couples, à une soirée jeu inoubliable. Je m'arrête là pour le résumé, car l'histoire comporte plein de rebondissements où il est question d'un oeuf de Fabergé, d'un Bulgare, d'un kidnapping, d'une liste, d'une belle voiture rouge, d'un voisin étrange, policier de son état. Ce n'est pas la comédie du siècle mais c'est plaisant.

Je termine avec Jersey Affair de Michael Pearce. Comme son titre l'indique, l'histoire se passe dans l'île de Jersey, île où est né le réalisateur qui a aussi écrit le scénario. J'ai découvert à cette occasion la beauté de l'île très pentue. Moll (Jessie Buckley, une révélation) est une jeune femme perturbée qui vit avec sa mère despote et le père qui perd la tête. Un jour, elle fait la connaissance de Pascal Renouf, un jeune blond aux ongles sales, à l'allure sauvage. Elle tombe amoureuse de lui (et réciproquement). Pendant ce temps, l'île vit dans la peur, des jeunes femmes sont assassinées. Et Pascal devient vite le suspect numéro 1. On est assez vite pris par cette histoire à l'atmosphère inquiétante. Pascal est-il coupable ou non? Qu'en est-il de Moll? Le film m'a plu, sauf les cinq dernières minutes que j'ai trouvé ratées, car un peu "gore" à mon goût. C'est dommage car le reste du film vaut la peine. Lire le billet de Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
mercredi 18 avril 2018

The Third murder - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Tel père, tel fils, I wish, Notre petite soeur, Après la tempête et Still walking, je suis allée sans hésitation voir The Third murder (le troisième meurtre en VF). J'ai beaucoup aimé même si j'ai trouvé le rythme de ce film très lent, et il dure deux heures. Il ne s'agit pas vraiment du même genre d'histoire que dans les films précédents. La scène d'ouverture montre Misumi, un homme d'une cinquantaine d'années, tuer un homme d'un coup mortel à la tête au bord d'une rivière. Dans la scène suivante, Misumi qui a avait déjà été arrêté 30 ans auparavant pour un meurtre, est emprisonné et attend son procès. Il risque la peine de mort. Pour le défendre, Shigemori, un jeune avocat, vient le voir souvent pour lui parler et il se met à douter de la culpabilité de son client. En effet, Misumi est un homme énigmatique et peu bavard mais qui dit tout et son contraire quand on l'interroge. Les scènes de parloir sont passionnantes. Le réalisateur a une manière de placer sa caméra qui nous fait oublier qu'il y une vitre de séparation entre les deux hommes. Il faut noter l'importance de la fille de la victime. Jusqu'à la fin, le spectateur s'interroge sur la culpabilité de Misumi. Le film est très bien interprété. Pascale est du même avis. Et, petite question pour ceux qui auront vu le film, "Quel est le troisième meurtre en référence au titre car pour moi, avec les sous-titres, il n'est fait mention que de deux meurtres": la peine de mort elle-même, "meurtre légal"?

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 2 avril 2018

La prière - Cédric Kahn

J'ai vu La prière de Cédric Kahn car j'avais apprécié la bande-annonce. J'ai été plutôt déçue contrairement à Pascale ou Ffred.
L'histoire est intéressante. Elle se déroule dans les Alpes. Thomas vient de rejoindre une communauté de jeunes drogués. Leur seule thérapie pour s'en sortir est la prière. Thomas, âgé d'une vingtaine d'années, a du mal, au bout d'un certain temps, à accepter la discipline et la vie monacale, bien qu'il soit aidé par les autres. Puis, miracle, suite à deux rencontres féminines, Thomas change d'attitude et son cheminement vers la foi est très rapide. Et à partir de là, c'est moi qui n'y ai pas cru. Et par ailleurs, je n'ai pas été convaincue par le jeune acteur Anthony Bajon qui a pourtant reçu un prix d'interprétation au dernier festival de Berlin. J'ai noté qu'au moins deux spectateurs sont partis avant la fin. Pour résumer, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce fim. J'ai nettement préféré L'apparition de Xavier Giannoli.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 15 janvier 2018

Films à éviter en ce début d'année 2018

Comme je l'ai laissé entendre dans mon billet précédent, il y a quelques films que vous pouvez vous passer de voir à mon avis en ce début d'année 2018.

Je commence par Normandie nue de Christian Le Guay que je me réjouissais d'aller voir, avec un sujet sympa: un photographe américain a le coup de foudre pour un champ en Normandie (le champ Chollet) et il souhaite que les habitants du Mèle sur Sarthe, voisins du champ, se fassent photographier nus. En l'occurrence, la plupart des habitants sont des éleveurs de bétail qui se battent pour survivre puisque les prix du lait et de la viande baissent. Le maire du village, Balbuzard (François Cluzet), voit une bonne opportunité de faire connaître leurs problèmes. Je m'attendais à sourire voire à rire mais l'ensemble est poussif. On se demande à quoi servent certains personnages comme Thierry Levassaeur (François-Xavier Demaison) qui joue un Parisien allergique à la campagne. D'autres sont caricaturaux comme le boucher qui ne veut pas que sa femme, ex-Miss Calvados, se déshabille. Contentez-vous de voir la bande-annonce. C'est ce qu'il y a de plus réussi du film. Je m'attendais à mieux du réalisateur d'Alceste à bicyclette ou des Femmes du 6ème étage.

Je continue avec Vers la lumière de Naomi Kawase. Le film avait été sélectionné au dernier festival de Cannes. Quelle déception! On est très loin des Délices de Tokyo. Aucune émotion dans cette histoire d'une jeune femme, Misako Ozaki, qui écrit des textes audiodescriptifs de films à destination de personnes malvoyantes avec qui elle travaille en étroite collaboration. Elle se lie en particulier avec un photographe qui perd la vue. Par ailleurs, le père de Misako est décédé depuis longtemps et la maman qui perd la tête croit qu'il va revenir. L'image n'est pas très belle, la musique envahissante. Je ne suis pas entrée dans le film. Je n'ai même pas fait attention à comment cela se terminait.

Je termine avec un OFNI (objet filmique non identifié). J'avais été attirée par la bande-annonce et la distribution. J'ai même du mal à retenir le titre du film de Joan Chemla, Si tu voyais son coeur, et je ne pourrais pas vous dire comment il se temine non plus. C'est son premier long-métrage, et il bénéficie d'une distribution de qualité: Gaël Garcia Bernal, Nahuel Perez Biscaryart, Marina Vacth, Karim Leglou ou Wojciech Pszoniak. Le film a été paraît-il filmé à Marseille. Daniel (Gaël Garcia Bernal), un gitan, se sent responsable de la mort de son meilleur ami Costel (Nahuel Perez Biscayart). Rejeté par sa communauté, il trouve à se loger dans un hôtel étrange, Le Métropole, où vivent des paumés, des drogués, des laissés-pour-compte. Le film dégage une atmosphère étrange et on sent une menace envers certains des personnages. On est dans l'onirique. Mais je suis restée perplexe. Vraiment pas le genre de film que je conseille.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

jeudi 26 octobre 2017

La nuit des béguines - Alicie Kiner

P1050734

J'ai lu La nuit des béguines d'Alice Kiner (Editions Liana Levi, 321 pages), qui fait partie des romans de la rentrée littéraire 2017, car j'aime beaucoup les histoires qui se passent au Moyen-Age. En lisant ce livre, j'ai appris l'existence d'une institution unique en France, le grand béguinage de Paris, fondé par Louis IX, Saint-Louis. Il se situait dans le quartier du Marais. Des femmes indépendantes et libres (ce qui les rend suspectes aux yeux des ecclésiastiques), appartenant à une communauté religieuse laïque, y ont vécu pendant plus d'un siècle, entre le XIIIème et le XIVème siècle. Le livre se déroule entre janvier 1310 et mai 1315. En préambule du livre, il est fait allusion au 1er juin 1310, jour où, place de Grève à Paris, Marguerite Porete, une béguine, est brûlée vive pour avoir écrit un texte, "Le miroir des âmes simples et anéanties", qui critique les clercs et les théologiens en prônant une fusion amoureuse avec le Créateur sans besoin de l'intercession de l'Eglise. Avant d'être condamnée au bûcher, elle avait été mise à disposition de la justice papale et de l'inquisition. Il ne faut pas oublier qu'on est en pleine période de procès des Templiers. Mais le livre se concentre plus particulièrement sur le destin de quelques béguines, jeunes et moins jeunes, dans l'enceinte de ce lieu clos où les hommes ne sont pas admis. La vieille Ysabel fait office de médecin en composant des remèdes à base de plantes, elle accepte de recueillir Maheut, à la chevelure rousse, enceinte, qui fuit son mari. Agnès est l'intendante d'Ysabel. Elle a fui son mari violent et dépensier qui a ruiné sa famille. Je m'arrête là pour les présentations. Le béguinage était composé de maisonnettes séparées les unes des autres dans un grand enclos fermé la nuit. Ces cinq ans en compagnie de ces béguines m'ont beaucoup intéressée. Un livre à découvrir. Lire le billet d'Edyta.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 23 octobre 2017

Numéro Une - Tonie Marshall / Taxi Sofia - Stephan Komandarev

Numéro Une de Tonie Marshall est un film réussi, même si je l'ai trouvé un peu sage. Il est classique et sobre. Il donne la part belle aux acteurs et permet de revoir avec plaisir Francine Bergé et Sami Frey peu présents sur les grands écrans depuis un moment. Numéro Une raconte comment Emmanuelle Blachey (Emmanuelle Devos) va parvenir à la tête d'une entreprise du CAC 40. L'histoire est librement inspirée de celle d'Anne Lauvergeon et d'Areva. Emmanuelle Blachey est une brillante ingénieure à qui on propose cette opportunité grâce à un réseau de femmes influentes bien organisées qui se battent avec les mêmes armes que les hommes: le sexe, le pouvoir et l'argent. Tous les coups sont permis dans ce milieu misogyne. La pression est énorme. Emmanuelle a un peu mal à concilier vie personnelle et vie professionnelle. Son père (Sami Frey), ancien professeur d'université, est à l'hôpital. Gary, le mari d'Emmanuelle, est obligé de démissionner de son emploi. Même si on sait comment le film se termine, on suit avec intérêt les différentes péripéties qui permettent à Emmanuelle de parvenir à la présidence d'Anthéa (nom fictif). En sortant de la salle, on se dit que, malheureusement, ce n'est que de la fiction. Suzanne Clément, Benjamin Biolay, Bernard Verley et Richard Berry (en méchant) complètent une distribution homogène. J'aurais aimé un peu plus d'audace. Lire les billets de Pascale, ffred et Colette.

Je passe à Taxi Sofia de Stephan Komandarev que je n'ai pas encore vu beaucoup chroniqué sur les blogs (je trouvais cela dommage - mon ami m'a déniché Aurore). L'histoire se passe à Sofia, capitale de la Bulgarie. Pendant vingt-quatre heures, plusieurs taxis vont se croiser dans la ville au bord de la crise de nerf. On sent que la ville et ses habitants vont mal. En tout cas, ceux qui restent et qui prennent un taxi. « La Bulgarie est le pays des optimistes : tous les dépressifs et les pessimistes sont partis depuis longtemps. » « c'est un pays "que Dieu a depuis longtemps quitté avec un tiers de la population" ». Micho, un chauffeur de taxi (un petit entrepreneur), après avoir déposé sa fille de 12 ans au collège et s'être fait insulté par une fille de 16 déguisée en "call-girl", part à un rendez-vous avec son banquier qui pour lui débloquer un prêt multiplie par deux le pot-de vin demandé. Micho abat le banquier et se tire une balle dans la tête. Plus tard, on voit un vieux chauffeur malmené par un couple adultère. Il vient de perdre son fils de maladie et on le retrouvera plus tard sur le bord d'une route en train de raconter la mort de son fils à un chien amateur de pizza. Un troisième chauffeur de taxi plutôt dragueur sauve un suicidaire qui voulait se jeter d'un pont. C'est le cinquième de l'année qu'il sauve! Puis il y aussi une femme, chauffeur de taxi, qui prend en charge des jeunes ivres, puis plus tard, un homme qu'elle a jadis connu (je vous laisse découvrir ce qui arrive). Il ne faut pas oublier le chauffeur pope qui a des doutes sur l'existence de Dieu et enfin un chauffeur qui voulant escroquer un client connait une fin tragique. J'ai apprécié l'humour noir de film dont le rythme est rapide et intense. Il s'agit du premier film du réalisateur (un ancien pédo-psychiatre) qui est distribué en France. Peut-être parce qu'il a été sélectionné dans la section "Un certain Regard" au Festival de Cannes de cette année 2017.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 20 juin 2017

Creepy - Kiyoshi Kurosawa / La momie - Alex Kurtzman

Samedi soir le 17 juin, dans ma province limogeaude, je suis allée voir Creepy du réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa dans l'une des trois salles "art et essais" de la ville. C'était à la séance de 22H15 et nous étions 3 (trois) spectatrices, moi comprise. J'avoue que c'est dommage qu'il n'y ait pas eu plus de monde car ce film très réussi est "creepy" (qui fait frissonner) à souhait. Takakura, la trentaine, un ancien policier devenu professeur en criminologie, s'installe avec sa femme Yasuko et leur chien Max (une grosse bête poilue) dans un petit pavillon dans la banlieue de Tokyo. Yasuko, très bonne cuisinière, fait la connaissance de ses voisins et en particulier de Nishino et sa fille Mio. Nishino avec son visage de clown grimaçant ou souriant, c'est selon, paraît assez vite étrange et inquiétant tant par ses remarques que par son comportement. Les jours passent, Nishino apprivoise Max, pendant que Yasuko, souvent seule semble perturbée par des coups de fil mystérieux. Elle devient apathique. Pendant ce temps, Takakura, consulté par d'anciens collègues, enquête sur la disparition survenue six ans auparavant d'un couple et d'une famille de trois personnes (un père, une mère et leur fils). Takakura interroge la fille de cette famille. Elle est encore traumatisée si longtemps après. Les choses s'accélèrent, et on découvre un psychopathe sans pitié qui sort de l'ombre, une incarnation du mal qui manipule ses victimes (et les autres) par la pensée et en fait des tueurs. Je ne peux rien révéler de plus. On a de plus en plus peur. Le film dure 1H51. J'ai été captivée de bout en bout. J'espère que les deux autres spectatrices ont autant que moi apprécié le film. Lire le billet de l'Arroseurarrose.

Je passe maintenant à un film qui m'a déçue: le nouveau Tom Cruise, qui doit affronter la Momie: une jeune princesse, Ahmaneth, qui, il y a plus de 2000 ans, apprenant qu'elle ne pourra pas régner sur l'Egypte, s'est s'adonnée au culte de Seth, incarnation du mal. Momifiée vivante, Amaneth fut mise dans un sarcophage enterré en Mésopotamie (Irak) à plus de 2000 km des terres égyptiennes. De nos jours, Tom Cruise et un acolyte sont des pilleurs de tombes. Ils dérobent des reliques et les revendent. Bien entendu, Amaneth va renaître par-delà le temps, et jeter son dévolu sur Tom pour en faire son alter ego et lui donner la vie éternelle. C'est compter sans Dr Jekill (Russell Crowe, impayable), qui fait la chasse aux forces du mal. Ce film est bourré d'effets spéciaux (certains spectaculaires), mais j'ai trouvé que l'histoire était "du grand n'importe quoi" avec des zombies et quelques templiers plus très frais. Vraiment pas terrible. Lire le billet de Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 3 mai 2017

Après la tempête - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Still walking, I Wish, Tel père tel fils, et Notre petite soeur, voici le sixième film que je vois du réalisateur japonais. Après la tempête m'a bien réconciliée avec Hirokazu Kore-Eda car j'avais eu un sentiment mitigé à propos de I Wish et Notre petite soeur. Dès les premières images, j'ai su que j'allais aimer le film. Ryôta (Hiroshi Abe), la quarantaine, père divorcé, travaille dans une agence de détectives privés. Il n'arrête pas d'emprunter de l'argent à droite et à gauche, même à ses collègues. Il triche, il ment mais il a un côté irrésistible. Joueur invétéré, il perd de grosses sommes et n'arrive donc pas à payer la pension alimentaire qu'il doit à sa femme Kyôko, qui élève leur fils âgé d'une dizaine d'années. Avant d'être détective privé, Ryôta  a écrit un roman quinze ans auparavant, mais rien depuis, par manque d'inspiration? Par paresse? Toujours est-il que son éditeur lui propose d'écrire un texte de manga sans que cela enthousiasme Ryôta plus que cela. Ryôta est un père plutôt absent, comme le fut son propre père décédé tout récemment. En revanche, sa mère, encore en vie, est une sacrée personnalité. Un typhon, phénomène météorologique fréquent dans certaines régions du Japon, va peut-être contribuer à un rapprochement entre Ryôta et Kyôko. En tout cas, c'est ce que souhaite ardemment la grand-mère Shinoda Yoshiko. Le rythme est lent mais pas trop. Je n'ai pas vu passer les deux heures que dure le film. Mon personnage préféré est celui de la grand-mère (Karin Kiki). C'est l'actrice qui jouait dans Les délices de Tokyo et Still walking. Il faut noter que le réalisateur est fidèle à certains de ses acteurs.

Lire le billet de Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 18 mars 2017

L'autre côté de l'espoir - Aki Kaurismäki

J'aurais pu évoquer Kong - Skull Island (bien fait et distrayant, et j'ai trouvé le gorille très sympa [lire le billet de Pascale]), ou même Les Figures de l'ombre (sur des femmes américaines et noires dans les années 60, (très) douées en maths et qui ont permis à la NASA d'envoyer le premier Américain dans l'espace).

Et bien non, je préfère écrire un billet sur le nouveau film du Finlandais Aki Kaurismäki, L'autre côté de l'espoir. Le réalisateur n'avait pas tourné de long-métrage depuis Le Havre sorti en 2011. L'autre côté de l'espoir commence dans le port de fret d'Helsinki. Un homme surgit d'un container rempli de charbon. Noir de suie, le premier mot qu'il prononce est "douche", quand il demande à un musicien de rue où il peut se doucher. Cet homme s'appelle Khaled, un Syrien d'Alep qui demande l'asile à la Finlande. Cet homme jeune, d'une grande dignité, est confronté à l'administration finlandaise qui veut le renvoyer dans son pays, considérant qu'il n'est pas en danger. Et pourtant, les images d'actualités diffusées tout de suite après la scène montrent le contraire. Khaled est arrivé en Finlande car il ne cesse de chercher sa soeur Miriam. Dans le même temps, Wikström, un VRP dans la cinquantaine qui a quitté sa femme alcoolique, recommence une nouvelle vie en rachetant un restaurant ainsi que les trois employés qui y travaillent. Il a pu le payer en gagnant au poker. Khaled et Wikström vont bien entendu se rencontrer et je vous laisse découvrir la suite, en allant voir ce film s'il passe par chez vous. Le film plein d'humanité dans lequel la solidarité côtoie la violence, comporte des moments humoristique, tristes et mélancoliques. Je vous conseille cette oeuvre d'1H38, pas ennuyeuse du tout et qui bénéficie d'un beau travail sur l'image.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,