samedi 4 janvier 2014

Tel père, tel fils - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Still walking et I wish, voici Tel père, tel fils du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda. Ce film qui a reçu le prix du Jury au dernier festival de Cannes en 2013 est sorti le 25 décembre 2013. L'histoire reprend largement l'argument de La vie est un long fleuve tranquille réalisé par Etienne Chatiliez (1988). Ryoata, la quarantaine, est un architecte qui se consacre entièrement à son travail. Il forme, avec sa femme et son fils unique Keita, une famille presque idéale qui vit dans l'opulence. Ryoata n'est pas très présent pour son fils, un enfant calme. Heureusement que ce dernier sait s'occuper tout seul. La sérénité de cette famille est mise à mal quand ils apprennent par la direction de l'hôpital où est né leur fils que Keita n'est pas leur fils biologique et qu'il y a eu un échange de bébés à la naissance. Ils font la connaissance de Ryusei, leur enfant biologique, qui est élevé dans une famille plus modeste. Cette famille est composée de trois enfants (Ryusei étant l'aîné), très épanouis grâce à un père qui s'occupe beaucoup d'eux. Je dois dire que ce film de 2H00 est superbe et émouvant. Une fois de plus, le réalisateur montre qu'il sait très bien diriger les enfants et on ne sent aucune mièvrerie. Ce qui est terrible dans l'histoire, c'est que du jour au lendemain, des parents sont censés rendre un enfant dont ils se sont occupés pendant des années, et par là même deux garçonnets de 6 ans se retrouvent désemparés devant cette situation. En effet, pour quelle raison changer de père et mère? Ruysei, par exemple, n'arrête pas de demander "pourquoi?" à son "vrai" père. La fin de l'histoire m'a paru logique et la mieux pour tout le monde. Très beau film qui me fait bien démarrer l'année. Lire le billet de Leunamme.

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lundi 9 décembre 2013

Casse-tête chinois - Cédric Klapisch

J'ai vu Casse-tête chinois de Cédric Klapisch, dernier volet de la trilogie commencée avec L'auberge espagnole et Les poupées russes. C'est le deuxième film que j'ai vu dans un nouveau cinéma du XIXème que ne semble pas avoir apprécié Wilyrah. Dans Casse-tête chinois, on retrouve Xavier, Wendy, Isabelle et Martine qui approchent tous les quatre de la quarantaine. Xavier écrit un roman. Papa d'un garçon et d'une fille, il vient de se séparer de Wendy qui part à New-York avec leurs deux enfants. Ne voulant pas vivre loin de sa progéniture, Xavier part s'installer à son tour dans la "Grande Pomme" et squatte un temps chez Isabelle qui vit avec Ju, une charmante eurasienne (mais cela n'empêche pas Isabelle d'aller voir ailleurs). Quant à Martine, divorcée et aussi mère de deux enfants, elle arrive à New-York pour des vacances et pour rencontrer des Chinois (je vous laisse découvrir pourquoi). Comme les deux autres films, Casse-tête chinois est un film sympathique avec une séquence calquée sur l'une de celles de l'Auberge espagnole. Kelly Reilly qui a le rôle le plus ingrat de cette histoire est toujours aussi jolie et Romain Duris est égal à lui-même. J'avoue avoir quand même préféré Les Poupées russes qui est pour moi le meilleur des trois (il y avait un vrai scénario). Et pourtant j'ai apprécié New-York vu sous l'oeil de Klapisch - j'ai  bien reconnu la ville avec des quartiers ou des lieux comme Columbus Circle et Chinatown (d'où le titre "Casse-tête chinois"). Lire les billets d'Aifelle, Alain, Chris et celui très négatif de Wilyrah.

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mercredi 30 octobre 2013

La vie d'Adèle (chapitres 1 & 2) - Abdellatif Kechiche

Ca y est, je viens de passer 3 heures en compagnie d'Adèle. La vie d'Adèle narre donc la rencontre d'Adèle, bonne élève en 1ère L dans un lycée à Lille, avec Emma, étudiante en 4ème année aux Beaux-Arts. On assiste à leurs ébats passionnés (certainement sur plusieurs années) avant leur séparation brutale. Le coeur du film est en effet la relation très charnelle que partagent Adèle et Emma. Elles se donnent du plaisir mutuellement mais sont mal assorties sur tout le reste. Je n'ai pas ressenti le fait qu'elles s'aimaient vraiment d'amour pendant leur liaison, plus particulièrement Emma, qui est un personnage en retrait dans cette histoire. Je me suis posée la question pendant tout le film de savoir ce qu'Adèle avait pu trouver à Emma. En plus, cette dernière se révèle assez méchante quand elle rejette Adèle, j'ai été choquée par les mots qu'elle emploie. Quant au film lui-même, il aurait gagné à durer 1/2 heure de moins. Les scènes de s*xe sont assez explicites (mais pas beaucoup plus que dans Shame) et vaguement répétitives. Personnellement, je préfère imaginer les choses plutôt que les voir à l'écran. En revanche, tous mes éloges vont vers Adèle Exarchopoulos qui joue Adèle. Elle est extraordinaire. Présente à l'écran de la première à la dernière image (le réalisateur ne la lâche pas un instant), elle supplante haut la main Léa Seydoux (Emma) qui ne m'a pas paru très expressive. Quand l'histoire se termine, Adèle aura réalisé son rêve de devenir institutrice. J'ai d'ailleurs trouvé toutes les séquences qui se passent avec les jeunes élèves très réussies. Quant à moi, j'ai été contente de voir ce film qui comporte des moments superbes, mais je ne suis pas sûre de le revoir contrairement à Chris (il est très admiratif du film). Lire d'autres billets tout aussi enthousiastes, d'Alain, Wilyrah, et Ffred, et un peu plus mesurés, d'Alex, Alain et de Mymp. Et celui très intéressant de Mathilde (je suis en accord avec ce qu'elle écrit).

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mardi 18 juin 2013

Shokuzai 1 et 2 - Kiyoshi Kurosawa

Tournés à l'origine pour la télévision japonaise, ces deux films (dont le scénario est adapté d'un roman) durent 2H00 pour le premier volet et 2H30 pour le second. Ils forment un tout indissociable, décomposé en une introduction, quatre chapitres et une longue conclusion.

"Dans la cour d'école d'un paisible village japonais, quatre fillettes, Sae, Maki, Akiko et Yuka, sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir du visage du tueur. Asako, la mère d’Emili, désespérée de le savoir en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde: si elles ne s’en souviennent pas, elles devront faire pénitence (Shokuzai) toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues?"...

...Voici le résumé de ces deux films que j'ai vus en une soirée l'un à la suite de l'autre. Il faut dire que Shokuzaï 1, "Celles qui voulaient se souvenir", m'a totalement enthousiasmée.
Dans ce premier volet, 15 ans après le meurtre d'Emili, Sae travaille comme esthéticienne. Rejetant toute sexualité (elle n'a jamais eu ses règles), elle se marie avec un homme impuissant et fétichiste (il a une passion pour les poupées françaises). Maki, elle, est devenue une enseignante très sévère qui se fait mal voir par les parents d'élèves. Dans Shokuzaï 2, "Celles qui voulaient oublier", Akiko vient d'être internée, elle essaye d'expliquer pourquoi à Asako (cette dernière sert de fil rouge à tout le film). Akiko n'a jamais vraiment grandi dans sa tête, elle vit chez ses parents, n'a aucune vie sociale. En revanche, elle est très observatrice... Ces trois jeunes femmes traumatisées à vie craignent les hommes et elles le payent très cher à tout point de vue. C'est tout le contraire qui se passe avec Yuka, qui se sert des hommes pour arriver à ses fins: ouvrir un magasin de fleur et se faire faire un enfant. Quant à la conclusion (qui dure presque 3/4 d'heure), dans laquelle Asako va enfin savoir qui a violé et tué Emili, elle aurait gagné à être plus resserrrée. Peut-être aussi étais-je un peu fatiguée après 4 heures de film.

Je conseille ce film-diptyque superbement filmé, glaçant, inquiétant, triste (que de vies gâchées). L'interprétation est d'un très bon niveau. Le réalisateur nous fait ressentir l'angoisse et la peur qu'éprouvent les protagonistes. Lire les billets d'Armelle, Chris, Ffred, Dr Orlof et Trillian.

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jeudi 16 mai 2013

Films vus et non commentés pendant les vacances de printemps 2013

Voici quatre films vus assez récemment. Il y en a pour tous les goûts.

Je commence par L'hypnotiseur de Lasse Hallström, adaptation du roman de Lars Kepler paru en 2010. J'avoue que ce roman m'était tombé des mains assez vite. Je n'avais pas aimé le ton et j'avais été très rapidement mal à l'aise. En Suède, un adolescent massacre sa famille. On le retrouve en état de choc et grièvement blessé lui-même. Pour aider la police, un certain Erik Maria Bark pratique l'hypnose médicale sur les gens traumatisés. Il joue un grand rôle dans la solution de l'intrigue. En ce qui concerne le film, on est loin de l'univers de Millenium. Les paysages et décors sont oppressants, les couleurs sont ternes. Par rapport au peu que j'ai lu du roman (il faisait 500 pages, j'en avais lu moins de 100), le film m'a paru plus "soft". Je n'ai pas éprouvé le même malaise. La fin qui se passe dans un paysage glacé et enneigé est assez marquante. Malgré la critique négative de Chris, je conseille néanmoins ce film (comme ffred). Je ne me suis pas ennuyée mais je n'ai pas envie de me remettre au roman.

Pour rester dans l'hypnose, voici Trance de Danny Boyle, un film complètement psychédélique dans le traitement: musique, angle de vue, etc. Je ne suis pas trop fan de la surenchère dans le son et l'image. Simon, un jeune commissaire-priseur se trouve être complice d'une bande de malfrats prêts à tout pour récupérer un (petit) tableau de Goya. Ayant reçu un coup sur la tête, et étant seul à savoir où est dissimulé le tableau volé, Simon est soigné par hypnose par une charmante jeune femme. Le film m'a semblé davantage un long clip vidéo qu'autre chose. La touche "gore" m'a moyennement emballée. A vous de juger. Wilyrah n'a pas vraiment apprécié.

C'est grâce à FredMJG que j'ai découvert Survivre du réalisateur islandais Baltasar Kormakur (également réalisateur de Jar city, d'après La cité des jarres de Inaldur Indridason). Il nous raconte l'histoire vraie de l'Islandais Gulli et de ses 4 ou 5 compagnons d'infortune, tous pêcheurs. En plein hiver et en pleine nuit, par -3° de température extérieure avec une mer d'une température de 5°, leur bateau chavire. Les hommes se noient rapidement sauf Gulli qui surnage et nage pendant plus de 6 heures dans l'eau glaciale avec une mouette au-dessus de lui comme seule compagne. Après un séjour à l'hôpital, Gulli est considéré comme un phénomène de la nature. Jusqu'à présent, personne n'avait été capable de survivre dans une eau glaciale si longtemps. Il semble qu'il soit un cas unique inexplicable. Après une batterie de tests qui va l'emmener jusqu'en Angleterre, Gulli reviendra parmi les siens. C'est un film entre fiction et documentaire qui se laisse voir.

On change de registre avec Le coeur a ses raisons de Rama Burshtein. Ce film israëlien se passe à Tel Aviv, dans la communauté des Juifs hassidiques ultra-orthodoxes (la réalisatrice appartient à cette communauté). Une jeune épouse, Rachel, meurt en couches (elle a accouché d'un petit garçon). Pendant ce temps, sa soeur Shira, 18 ans, doit se fiancer avec un garçon de son âge. Mais Rakel, la mère des deux jeunes femmes, a l'idée d'arranger une union entre Shira et Yohai, le veuf éploré. Rakel n'envisage pas de ne plus voir son petit-fils si Yohai se remariait. Le film est surtout l'occasion de se trouver au plus près de cette communauté assez fermée où l'on chante et prie beaucoup, où les femmes se couvrent les cheveux, où le Rabbin donne des conseils pour choisir une gazinière (si, si) ou donne l'aumône à ceux qui le demandent. Un film intéressant que je conseille.


lundi 17 décembre 2012

Le serment des cinq Lords - Yves Sente et André Juillard / Le magasin des suicides - Olivier Ka et Domitille Collardey

 

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Dans Le serment des cinq Lords, nous retrouvons bien entendu Blake et Mortimer. L'histoire se passe entièrement en Angleterre en général et dans le musée Ashmolean à Oxford en particulier. Et il y a une nouveauté de taille par rapport aux "suites" précédentes: l'absence d'Olrik, l'ennemi juré de nos deux héros. Néanmoins, on peut noter la présence d'un personnage ayant réellement existé: Thomas Lawrence alias Lawrence d'Arabie, qui fait partie intégrante de l'intrigue, bien que mort avant que l'histoire commence. Il s'agit d'une histoire de trahison. Les cinq lords du titre, qui ont été des fans de Lawrence, vont être assassinés l'un après l'autre. Je dirais que l'histoire est gentillette. On est à nouveau très loin de l'univers apocalyptique d'Edgar P. Jacobs. Cela se laisse lire mais cet album paru aux éditions Blake et Mortimer (64 pages) n'est pas inoubliable.

 

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Après avoir bien apprécié le film d'animation de Patrice Leconte adapté du roman Le magasin des suicides de Jean Teulé, j'ai lu la BD d'Olivier Ka et Dimitille Collardey parue aux éditons Delcourt (c'est un cadeau de mon ami). Je dois dire que, bien que l'histoire soit proche du film (je n'ai toujours pas lu le roman), le graphisme, le décor, le dessin, la perspective n'ont rien à voir. J'ai été frappée par le nombre de desssins en contreplongée pour montrer l'intérieur du magasin et ses occupants à différents endroits en même temps. Le dessin, les couleurs sont plus ternes que dans le film. En revanche, il semble que la fin assez triste est similaire au roman. J'ai trouvé intéressant de lire la BD après avoir vu le film: deux visions très différentes pour une même histoire. J'avoue avoir préféré le film, plus coloré que la BD.

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mercredi 13 juin 2012

Le grand soir - Benoît Délepine et Gustave Kervern

Après Louise Michel et Mammuth, voici Le grand soir, le troisième film que je vois du duo "grolandais" Delépine/Kervern. Je voudrais tout d'abord dire que dans la séance à laquelle j'ai assisté, j'ai évité les bandes-annonces mais surtout les pub. En effet, Gustave de Kervern est venu impromptu présenter son film juste avant la projection. Il nous a livré quelques anecdotes, par exemple: Dupontel et Poelvoorde s'étaient brouillés avant le début du tournage, et se sont réconciliés à la dernière minute (au point que de Kervern et Delépine avaient envisagé de s'attribuer eux-mêmes les rôles). Le chien que tient en laisse Benoît Poelvoorde dans le film a mordu un des techniciens qui s'est retrouvé avec cinq points de suture. Les figurants du film ont tous été soigneusement choisis: ce sont des personnes que connaissait de Kervern. Brigitte Fontaine, cette grande artiste, est une personnalité extraordinaire qui voulait que dans son texte soit mentionné qu'elle était une sorcière (?). Avant d'accepter le scénario, Dupontel avait envisagé d'abandonner le métier d'acteur. Il a fallu aussi gérer Benoît Poolvoerde avec ses addictions. Néanmoins, tout s'est bien passé. Certains dialogues étaient parfois donnés au jour le jour aux acteurs. Concernant les morceaux musicaux, les réalisateurs ont demandé à la veuve d'Alain Bashung l'autorisation d'utiliser un morceau de musique joué à l'harmonica. Gustave de Kervern nous a répété que ce film, qui est avant tout une comédie, n'est pas toujours drôle, et c'est volontaire. C'est l'époque dans laquelle nous vivons qui veut ça.

J'ai écrit ce long préambule pour vous dire d'aller voir Le grand soir, qui est donc une comédie douce-amère de notre époque très réussie. L'histoire se passe dans une zone commerciale du sud-ouest de la France. "Not" (Benoît Poelvoorde), "le dernier punk avec chien", déambule dans cette zone qu'il n'arrive pas à quitter. Ses parents y tiennent un restaurant, "La pataterie", et son frère, Jean-Pierre, futur "Dead" (Albert Dupontel), est vendeur-démonstrateur dans un magasin de matelas. Il faut noter les apparitions dans des petits rôles de Gérard Dépardieu, qui lit l'avenir dans un petit verre japonais, et de Yolande Moreau, cheveux gris et courts et mère d'une punkette. On sent que les réalisateurs aiment tous leurs personnages. Le film qui dure 1H30 est une suite de saynètes formant un tout. Je dirais que la fin se termine en apothéose avec cette phrase écrite en anglais: "We are not dead" (Nous ne sommes pas morts). Le film en dit beaucoup sur notre monde d'aujourd'hui et le constat est assez triste. C'est un film formidable. Voir les billets enthousiastes de ffred et de Pascale.

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mercredi 23 mai 2012

I Wish - Hirokazu Kore-Eda / 11 fleurs - Wang Xiaoshuai

Je voudrais évoquer deux films venus d'Asie, ayant comme point commun que les rôles principaux y sont tenus par des enfants.

Tout d'abord, I Wish, du Japonais Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur du sublime Nobody Knows), qui dirige à nouveau des enfants avec talent et délicatesse. Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés par une distance de plus de 500 km après le divorce de leurs parents. Koïchi, l'ainé, vit au sud de l'île avec sa mère et ses grands-parents au pied d'un volcan en activité qui rejette des nuages de cendres. Ryunosuke, le plus jeune, vit avec son père, guitariste de rock un peu bohême, dans le nord de l'île. Koïchi souhaite (wish) que sa famille soit à nouveau réunie. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les deux régions, Koïchi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques copains de classe jusqu’au point de croisement des trains où, dit‐on, il suffit de formuler un souhait pour qu'il se réalise. C'est un très beau film sur l'enfance insouciante malgré le divorce, la séparation et le volcan en éruption. Toute l'histoire se focalise sur ce voyage effectué par des enfants sans qu'aucun adulte ou presque n'intervienne. Je ne vous dirai pas si les souhaits se réalisent ou non, mais peut-être que quelque chose va se passer. J'ai été un peu moins convaincue que pour Nobody Knows et même Still walking. J'ai trouvé le film un peu (trop?) léger. Mais il vaut la peine d'être vu pour ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, qui sait très bien diriger les enfants.

Maintenant, 11 fleurs du Chinois Wang Xiaoshuai, vu grâce au conseil avisé d'Aifelle (qui n'a pas écrit de billet sur ce film) que je remercie. Voici un film dont l'histoire, tirée d'un souvenir du cinéaste, se passe en 1975, un an avant la fin de la "Révolution culturelle" et la mort du grand Timonier Mao Tsé-toung. L'action se situe dans un village ouvrier situé au sud-ouest de la Chine, niché dans un décor magnifique de collines et de rivières Les habitants vivent au rythme des paroles et des chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Wang, un gamin de 11 ans, qui vit entre une mère assez dure et un père féru de peinture impressionniste, est toujours fourré avec une bande de trois copains inséparables. Une belle chemise blanche dont le tissu a été acheté et cousu par sa mère (grâce à des tickets de rationnement) va faire basculer la vie de ce jeune garçon dans le monde des adultes, où il va connaître la violence et le crime. En 1H50, le réalisateur ne fait qu'évoquer la Chine sous Mao, mais on sent que la vie de ces gens est dure, même s'ils ne se révoltent pas: peu d'électricité, rarement de la viande, pas de loisirs. Et l'on voit un homme pleurer car sa fille a été violentée et que son fils est devenu un meurtrier. Tout est décrit par petites touches comme chez les impressionnistes. C'est un film prenant que je vous conseille.

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mardi 8 mai 2012

Livres lus et non commentés depuis le 04/01/12

Voici trois romans que j'ai lu récemment et que je n'avais pas encore eu le temps de chroniquer. Je vous les conseille vivement.

 

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J'ai trouvé ce court roman, Les liaisons culinaires (145 pages, Editions Babel), très plaisant, même si je soupçonne l'écrivain grec, dramaturge et traducteur de Molière, Marivaux Laclos et Labiche, d'être quelque peu misogyne. Nana est une femme qui mène les hommes par le bout du nez (pour ne pas dire autre chose). Dimitris et Damoclès sont deux représentants de la gente masculine assez nigauds. Où il est démontré que  les relations entre homme et femme ne sont pas simples! Dans les Liaisons culinaires, en 17 chapitres, on suit la liaison torride qu'entretient Nana  avec deux hommes en même temps, Dimitris et Damoclès qui sont tous les deux fins cuisiniers et amants très corrects. Chaque fin de chapitre nous propose des recettes de plats grecs assez appétissantes dont il est question dans le récit. La fin m'a laissé un peu sur ma faim mais conclut le roman de manière logique. Lire aussi le billet de A_girl_from_eart.

 

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Dans Code 1879 (Editions Babel noir, 360 pages), l'écrivain Dan Waddel nous fait partager sa passion pour la généalogie (qu'il a étudiée à titre personnel). De nos jours, des cadavres horriblement mutilés sont retrouvés dans le quartier de Notting Hill à Londres, un inspecteur de police, Grant Foster, mène l'enquête grâce à l'aide d'un généalogiste (qui ne laisse pas indifférent Heather, une charmante inspectrice de police). Ces crimes nous permettent de remonter le temps et nous font nous retrouver dans les bas-fonds de l'ère victorienne où les conditions de vie étaient dures pour beaucoup et où des innocents étaient condamnés à mort à la place des vrais coupables. Ce roman haletant se lit d'une traite et l'on apprend pas mal de choses sur la recherche généalogique grâce aux recensements et divers autres documents de ce genre (actes de décès, naissance, mariage). Un deuxième tome des enquêtes du généalogiste vient de paraître aux Editions du Rouergue avec les mêmes protagonistes principaux. Je ne manquerai pas de le lire.

 

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Voici enfin un roman étonnant, Le retour d'Elsa Champion de Joe Keenan, paru il y a 20 ans et qui a été réédité en collection 10/18 (380 pages). J'ai été attirée par la couverture. Je qualifierai cette histoire de vaudeville à l'américaine. Dans les années 80, à Manhattan, on assiste à une rivalité entre deux colosses de la société new-yorkaise. Le premier, Peter Champion, a fait fortune dans l'immobilier (mais il est aussi patron de presse). Le second, Boyd Larkin, s'occupe essentiellement de son groupe de presse. Il se trouve qu'Elsa Champion, l'épouse de Peter, veut remonter sur scène après quelques années d'absence, et elle engage un parolier, Philip Cavanaugh (qui est le narrateur du récit), et une pianiste, Claire. Vous aurez deviné qu'Elsa n'a pas une voix exceptionnelle. L'histoire pleine de rebondissements est souvent très drôle. Je ne me suis pas ennuyée en compagnie de ces personnages hauts en couleur qui arrivent à se sortir des situations les plus invraisemblables. La mécanique est très bien huilée. Je vous le conseille.

samedi 11 février 2012

Les nouveaux chiens de garde - Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

"Pluralisme", "Objectivité", "Indépendance" devraient être les maîtres-mots de ce "contre-pouvoir" que sont les médias. Depuis 30 ans, c'est malheureusement le contraire qui se passe. Comme je sais que vous pouvez trouver 100 minutes (1H40, qui passent très vite) de temps de cerveau disponible, je vous conjure d'aller voir Les nouveaux chiens de garde, documentaire salutaire, subjectif, sans nuance et très parti pris sur les liens plus qu'incestueux qu'entretiennent les médias avec la finance et la politique. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les télévisions, la presse et les radios appartiennent à de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir en place. C'est pourquoi, à longueur d'année, on voit et on entend les mêmes individus (journalistes, économistes, etc.) qui disent tout et le contraire. Les postes de directeurs (presse ou radios) sont interchangeables d'une année sur l'autre entre le public et le privé. On rit souvent jaune devant ce documentaire tragi-comique quand on constate par exemple qu'un journaliste anciennement trotskyste est devenu animateur de meeting de l'UMP ou qu'un ancien de Charlie Hebdo est devenu directeur d'une grande chaîne de radio publique. Car on se glisse dans le moule, ou on tombe dans les oubliettes. Une grande partie de ce petit monde (issu souvent de la même classe sociale privilégiée) se réunit le dernier mercredi de chaque mois dans un bel hôtel parisien lors d'un dîner organisé par un club très fermé, Le Siècle, d'où rien ne filtre de ce qui se décide ou se dit. Ce que je trouve de plus triste, c'est qu'un journal comme Le Monde est devenu comme les autres.

Ce documentaire qui est sorti depuis le 11 janvier 2012 rencontre un bon succès d'estime car le bouche-à-oreille marche remarquablement bien. C'est mérité. Voir les billets élogieux d'Ed et de Phil Ciné.

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