mardi 8 mai 2012

Livres lus et non commentés depuis le 04/01/12

Voici trois romans que j'ai lu récemment et que je n'avais pas encore eu le temps de chroniquer. Je vous les conseille vivement.

 

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J'ai trouvé ce court roman, Les liaisons culinaires (145 pages, Editions Babel), très plaisant, même si je soupçonne l'écrivain grec, dramaturge et traducteur de Molière, Marivaux Laclos et Labiche, d'être quelque peu misogyne. Nana est une femme qui mène les hommes par le bout du nez (pour ne pas dire autre chose). Dimitris et Damoclès sont deux représentants de la gente masculine assez nigauds. Où il est démontré que  les relations entre homme et femme ne sont pas simples! Dans les Liaisons culinaires, en 17 chapitres, on suit la liaison torride qu'entretient Nana  avec deux hommes en même temps, Dimitris et Damoclès qui sont tous les deux fins cuisiniers et amants très corrects. Chaque fin de chapitre nous propose des recettes de plats grecs assez appétissantes dont il est question dans le récit. La fin m'a laissé un peu sur ma faim mais conclut le roman de manière logique. Lire aussi le billet de A_girl_from_eart.

 

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Dans Code 1879 (Editions Babel noir, 360 pages), l'écrivain Dan Waddel nous fait partager sa passion pour la généalogie (qu'il a étudiée à titre personnel). De nos jours, des cadavres horriblement mutilés sont retrouvés dans le quartier de Notting Hill à Londres, un inspecteur de police, Grant Foster, mène l'enquête grâce à l'aide d'un généalogiste (qui ne laisse pas indifférent Heather, une charmante inspectrice de police). Ces crimes nous permettent de remonter le temps et nous font nous retrouver dans les bas-fonds de l'ère victorienne où les conditions de vie étaient dures pour beaucoup et où des innocents étaient condamnés à mort à la place des vrais coupables. Ce roman haletant se lit d'une traite et l'on apprend pas mal de choses sur la recherche généalogique grâce aux recensements et divers autres documents de ce genre (actes de décès, naissance, mariage). Un deuxième tome des enquêtes du généalogiste vient de paraître aux Editions du Rouergue avec les mêmes protagonistes principaux. Je ne manquerai pas de le lire.

 

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Voici enfin un roman étonnant, Le retour d'Elsa Champion de Joe Keenan, paru il y a 20 ans et qui a été réédité en collection 10/18 (380 pages). J'ai été attirée par la couverture. Je qualifierai cette histoire de vaudeville à l'américaine. Dans les années 80, à Manhattan, on assiste à une rivalité entre deux colosses de la société new-yorkaise. Le premier, Peter Champion, a fait fortune dans l'immobilier (mais il est aussi patron de presse). Le second, Boyd Larkin, s'occupe essentiellement de son groupe de presse. Il se trouve qu'Elsa Champion, l'épouse de Peter, veut remonter sur scène après quelques années d'absence, et elle engage un parolier, Philip Cavanaugh (qui est le narrateur du récit), et une pianiste, Claire. Vous aurez deviné qu'Elsa n'a pas une voix exceptionnelle. L'histoire pleine de rebondissements est souvent très drôle. Je ne me suis pas ennuyée en compagnie de ces personnages hauts en couleur qui arrivent à se sortir des situations les plus invraisemblables. La mécanique est très bien huilée. Je vous le conseille.


samedi 11 février 2012

Les nouveaux chiens de garde - Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

"Pluralisme", "Objectivité", "Indépendance" devraient être les maîtres-mots de ce "contre-pouvoir" que sont les médias. Depuis 30 ans, c'est malheureusement le contraire qui se passe. Comme je sais que vous pouvez trouver 100 minutes (1H40, qui passent très vite) de temps de cerveau disponible, je vous conjure d'aller voir Les nouveaux chiens de garde, documentaire salutaire, subjectif, sans nuance et très parti pris sur les liens plus qu'incestueux qu'entretiennent les médias avec la finance et la politique. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les télévisions, la presse et les radios appartiennent à de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir en place. C'est pourquoi, à longueur d'année, on voit et on entend les mêmes individus (journalistes, économistes, etc.) qui disent tout et le contraire. Les postes de directeurs (presse ou radios) sont interchangeables d'une année sur l'autre entre le public et le privé. On rit souvent jaune devant ce documentaire tragi-comique quand on constate par exemple qu'un journaliste anciennement trotskyste est devenu animateur de meeting de l'UMP ou qu'un ancien de Charlie Hebdo est devenu directeur d'une grande chaîne de radio publique. Car on se glisse dans le moule, ou on tombe dans les oubliettes. Une grande partie de ce petit monde (issu souvent de la même classe sociale privilégiée) se réunit le dernier mercredi de chaque mois dans un bel hôtel parisien lors d'un dîner organisé par un club très fermé, Le Siècle, d'où rien ne filtre de ce qui se décide ou se dit. Ce que je trouve de plus triste, c'est qu'un journal comme Le Monde est devenu comme les autres.

Ce documentaire qui est sorti depuis le 11 janvier 2012 rencontre un bon succès d'estime car le bouche-à-oreille marche remarquablement bien. C'est mérité. Voir les billets élogieux d'Ed et de Phil Ciné.

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mardi 27 décembre 2011

A dangerous method - David Cronenberg / Le Havre - Aki Kaurismaki

FestAut01 Que dire de ce film (A dangerous method), le dernier de la sélection du Festival d'automne créé par Chris? Pas mal mais sans plus. Ne connaissant pas grand-chose à la psychanalyse, j'avoue n'avoir pas tout compris sur la cause de la rupture intellectuelle entre Freud et Carl Jung son disciple, si ce n'est que Jung a été trop loin dans sa relation avec une patiente. L'histoire qui se déroule sur 9 ans reste anecdotique. En 1904, en Suisse, Carl Jung exerce dans une institution psychiatrique. Une jeune femme hystérique, Sabina Spielrein, juive russe, devient donc la patiente et la maîtresse de Carl Gustave Jung, lui-même marié (à une femme très riche) et père de famille. Sabina Spielrein, elle-même, deviendra plus tard une grande psychanalyste et se rapprochera des idées de Freud. Episodiquement, Jung rencontre Sigmund Freud ou correspond avec lui jusqu'à la rupture complète. Le film est beau à regarder, rien ne manque dans les décors ni les costumes. C'est un film relativement sage. Je note surtout la prestation de Keira Kneightley qui se sort très bien du rôle pas facile de Sabina.

En revanche, ne passez pas à côté du Havre du cinéaste finlandais Aki Kaurismaki, un joli conte décalé où André Wilms, Jean-Pierre Darroussin et Kati Outinen font merveille. Je ne vous parle même pas du plaisir de revoir Pierre Etaix jouant le rôle d'un médecin et Jean-Pierre Léaud en délateur odieux digne du pire collabo. Idrissa, un jeune Congolais arrivé avec d'autres dans un container par bateau, est pris sous l'aile protectrice de Marcel Marx, cireur de chaussure à la gare du Havre. Toute l'histoire repose sur un élan de solidarité (d'amis ou connaissance de Marcel) qui permet à Idrissa de rejoindre sa mère à Londres. Il faut noter quelques hommages au cinéma français. Kati Outinen qui interprète le rôle de la femme de Marcel Marx (André Wilms) s'appelle Arletty dans le film. Les décors et les costumes sont datés années 80. On voit une Renault 16, une vieille cabine téléphonique. C'est un joli film qui fait chaud au coeur.

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mercredi 12 octobre 2011

Le dîner - Herman Koch

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Ayant lu quelques chroniques sur ce roman (Alex mot-à-mots par exemple), je me suis procuré ce roman vendu à 400 000 exemplaires aux Pays-Bas. C'est le premier roman d'Herman Koch publié en France (Editions Belfond).

En résumé, le roman se passe pendant un dîner, où deux frères, Paul et Serge Lohman, accompagnés de leurs épouses, Claire et Babette, discutent de choses et d'autres et n'abordent pas le vrai sujet de fond sauf vers la fin. En effet, Michel, le fils de Claire et Paul (le narrateur), a commis un acte monstrueux avec la complicité de son cousin Rick, le fils de Babette et Serge (politicien et peut-être futur premier ministre des Pays-Bas). Cette tablée de personnes peu recommandables sous leur vernis de respectabilité m'a donné la nausée. Cet acte barbare au quotidien cautionné par des parents irresponsables me fait m'interroger sur ce que j'aurais fait à leur place. Je pense que je n'aurai pas couvert ces garçons de 16 ans qui ne se rendent pas compte de la gravité de leur acte. Ce serait aux parents de le leur expliquer et ils ne le font pas. Seul l'avenir de leur progéniture les préoccupe. Je ne vous dévoilerai pas l'acte que Michel et Rick ont commis si ce n'est qu'ils recommencent, d'une autre manière ailleurs. Par ailleurs le repas qui est servi ne m'a pas paru très appétissant.

Ce roman se lit bien, mais quant à ce qu'il raconte, je ne sais que penser. Voir aussi le billet d'Amanda.

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lundi 7 mars 2011

Films vus et non commentés depuis le 11/02/11

Je voudrais évoquer trois films que j'ai vus le week-end dernier. Ils n'ont aucun rapport entre eux, si ce n'est qu'ils sont sortis dans très peu de salles à Paris et qu'ils ne resteront peut-être pas à l'affiche très longtemps (ce qui est bien dommage).

Je commence par le film kirghize (sorti cette semaine), Le Voleur de lumière de Aktan Arym Kubat (qui interprète le rôle principal avec une bouille sympathique). Pendant 1H15, on se retrouve dans un Etat de l'ex-Union soviétique que personne ou presque ne peut situer sur une carte géographique. Dans les montagnes, dans un village oublié par la civilisation, vit M. Lumière, électricien de son métier. Il entretient les lignes électriques tout en trafiquant les compteurs pour les plus démunis qui ne peuvent pas payer les factures. Il est heureux en ménage, entouré de sa femme et de ses trois filles, et il conseille et écoute les autres. Son rêve est de construire des éoliennes dans la vallée battue par les vents. Mais des hommes corrompus, nouveaux maîtres du pays, ne l'entendent pas ainsi. Le fil de l'histoire m'a paru décousu mais le film dégage une certaine chaleur humaine et la dernière image avec l'ampoule qui fonctionne grâce à une éolienne bricolée donne une lueur d'espoir. Voir le billet de Neil.

J'ai suivi le conseil d'Ed concernant Santiago 73, post mortem de Pablo Larrain. J'ai été assez surprise par le début, au point de me demander si je m'étais pas trompée de film. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'allais voir. Mario, homme sans âge défini avec ses cheveux gris mi-long, traîne sa solitude entre chez lui (une petite maison impersonnelle) et la morgue où il travaille comme fonctionnaire (il tape les rapports du médecin légiste). On assiste à trois autopsies dont une femme (qu'on aura vu vivante dans le film) et un homme (le président Allende). C'est difficile d'évoquer ce film à l'atmosphère grise et métallique comme l'image. Les scènes de morgue sont hallucinantes avec des cadavres entassés (tués par balles) ou des agonisants. Il n'y aucun cri, quelques pleurs et des coups de feu. Le réalisateur évoque le coup d'Etat de Pinochet en 1973 et l'assassinat (ou le suicide?) de Salvador Allende, mais rien n'est montré. Tout est figé sauf la scène de larmes (que je n'ai pas comprise) à un moment donné du film. En revanche, la séquence finale est remarquable. Je l'ai comprise comme un drame de la jalousie (une femme a des relations intimes avec un homme: Mario ne peut l'admettre). Car plus tôt dans l'histoire, Mario avait bien fait comprendre à l'assistante du médecin légiste qu'il ne coucherait pas avec elle puisqu'elle avait couché auparavant avec ledit médecin. C'est un film abstrait mais qui mérite d'être vu. On ne voit pas ce genre de film très souvent.

Je terminerai avec Amours salés, plaisirs sucrés, un film espagnol de Joaquin Oristell qui donne la pêche. L'histoire se passe entre 1968 (année de la naissance de Sofia, l'héroïne du film sur un fauteuil de coiffeur) et 2001. Sofia se découvre très tôt une passion pour la cuisine et les garçons. Elle devient une cuisinière d'exception grâce à deux hommes: son mari et son amant (très mignons tous les deux). Ce ménage à trois fait des étincelles. Le film dégage une bonne humeur communicative. Le film a des saveurs salées, poivrées, pimentées, acides et sucrées. La charmante actrice qui illumine le film s'appelle Olivia Molina (elle est la fille d'Angela Molina qui a débuté dans un film de Luis Bunuel, Cet obscur objet du désir, en 1977). Je vous recommande vraiment ce film, tout comme Neil (encore lui - j'ai d'ailleurs vu son billet affiché à un des frontons du cinéma où j'ai assisté à la projection du film).

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dimanche 21 novembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 31/07/2010

Comme j'ai repris du retard dans mes critiques de films, voici un billet sur quatre films vus depuis un petit moment et dont je voulais absolument parler.

Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman, documentaire chilien qui se passe dans la région du désert d'Atacama, là où sont installés les télescopes les plus puissants du monde car l'air y est d'une grande pureté. Les astronomes peuvent étudier le ciel, les étoiles, les galaxies dans des conditions optimales. Mais Atacama fut (et cela, je l'ignorais) un des endroits où furent emprisonnés et tués des milliers de personnes sous la dictature de Pinochet. Le documentaire se concentre sur ce douloureux sujet en montrant quelques femmes qui sont à la recherche dans ce désert des os des squelettes de victimes, qui un frère, qui des parents. A mesure que le temps passe (35 années se sont écoulées), elles sont de moins en moins nombreuses à chercher. Elles voudraient que l'on n'oublie pas ces disparus. L'une d'elle dit que les télescopes devraient servir à radiographier le sol pour trouver les corps. J'ai aussi noté le témoignage d'un rescapé d'un camp (à ciel ouvert) qui a appris à lire la cartographie du ciel pendant sa détention. Ce documentaire nous fait entendre une voix off un peu pompeuse, mais je trouve que c'est un documentaire intéressant et émouvant.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen, comédie douce-amère qui a un début, un milieu mais pas de fin (en tout cas, on ne la voit pas à l'écran). Retour à Londres pour une histoire pessimiste et misanthrope où l'on sent un certain désenchantement de la part de Woody qui se fait peu d'illusions sur les relations entre les personnes. Tout se rapporte au sexe et à l'argent, même s'il y a un peu de sentiment (le veuf qui essaye de communiquer avec sa femme défunte dans l'au-delà). Mais tout est raconté de façon suffisamment légère pour amener un sourire de temps en temps. Pour résumer, un homme, Alfie (Anthony Hopkins), ne supportant pas de vieillir, quitte sa femme, Helena (Gemma Jones), avec qui il était marié depuis plus de 30 ans. Il se remarie avec une jeune femme écervelée qui fait de la musculation, et il prend du V**gr*. La mère, pour se rassurer, écoute les conseils de voyance d'une bonimenteuse, et finit par se réfugier dans le spiritisme. La fille du couple séparé, Sally (la délicieuse Noami Watts), est quittée par son mari Roy (Josh Brolin), écrivain en mal d'inspiration, qui trouve la jeune voisine de l'immeuble d'en face très à son goût. Non seulement ce mari est un goujat, mais en plus il est malhonnête: il pique le manuscrit d'un copain qu'il croit mort dans un accident, mais qui en fait est "seulement" dans le coma. Sally, elle, travaille dans une galerie d'art, mais est convaincue que sa mère va lui prêter de l'argent pour ouvrir sa propre galerie. Le film virevolte d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre. Je sais que ce film ne fait pas l'unanimité dans la blogosphère. Personnellement, je l'ai beaucoup apprécié.

Moi, moche et méchant de Chris Renaud et Pierre Coffin: et oui, vous avez bien lu, j'ai vu ce film en 2D dans ma province. Je ne sais pas ce que donnait la 3D, mais là, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de ces trois orphelines qui arrivent à apprivoiser Gru, le "méchant" qui veut voler la lune en la miniaturisant. En revanche, les minions n'ont pas de rôles marquants, mais ils aident à sortir Gru et les petites de situations dangereuses.

Divorce à la finlandaise de Mika Kaurismaki (le frère d'Aki). On croit à une simple histoire d'un couple qui se sépare, mais pas du tout. Ce n'est même qu'un prétexte. Les personnages qui gravitent autour de Tuula et Juhani sont hauts en couleur, comme un proxénète ou une chef de gang jouée par Katie Outinen (habituée des films d'Aki). Rien que le voisin qui surveille la maison du couple vaut le détour. C'est foutraque, ça part dans tous les sens mais j'ai trouvé le film sympathique.

mercredi 3 novembre 2010

Vénus Noire - Abdellatif Kechiche

Je dois dire tout de suite que ce film est une épreuve émotionnelle et visuelle mais je ne la regrette pas. En effet, on n'oublie pas de sitôt ce film qui dure 2H48 dont plus d'1H assez insoutenable pour le spectateur qui assiste à l'humiliation d'une femme, Saartjie (Sarah) Baartman, traitée tour à tour comme un animal de foire, un objet sexuel et un sujet d'étude pour des savants français fascinés par les attributs sexuels hors norme et les fesses proéminentes de cette femme hottentote. Le cadavre de cette dernière (morte à 25 ans) finit disséqué comme une (pauvre) grenouille par ces mêmes savants/anatomistes du musée d'histoire naturelle de Paris à la fin de 1815. Le film commence d'ailleurs par la fin, avec un exposé fait en 1817 par Georges Cuvier dans un amphi "démontrant" que cette femme était un être inférieur apparenté au singe.
Pendant le reste du film, le spectateur assiste impuissant à la lente descente aux enfers de Saartjie, née dans une tribu d'Afrique du Sud, d'abord exhibée à Londres en 1810
, dans une sorte de mini-salle de spectacle obscure, par son "maître", Ceasar (un Afrikaaner). Pour elle et surtout pour gagner de l'argent, il a quitté femme et enfants (dont Saartjie fut la nourrice). Pour tenir le coup, Saartjie a pris la mauvaise habitude de boire de l'alcool. Elle parle peu et uniquement l'afrikaaner. On apprend qu'elle a perdu son petit garçon de deux ans quelques années auparavant. Quelques Londoniens s'étant émus de la condition de Saarttjie, elle et Ceasar (devenu persona non grata à la suite d'un procès) quittent Londres pour Paris en compagnie d'un Français, Réaux (Olivier Gourmet), montreur d'ours. Les scènes des spectacles de foire et plus tard celles dans un salon parisien sont longues (interminables?) et mettent le spectateur mal à l'aise. Et je vous épargne les scènes de bordel. En revanche, je m'arrêterais sur celle, édifiante, où Sarah, à qui on demande de se déshabiller entièrement devant un anatomiste comme Cuvier, refuse énergiquement en s'accrochant à son pagne qui cache sa nudité.
Je trouve que le film vaut la peine d'être vu, rien que pour l'actrice Yamina Torres qui joue Saartjie. Elle est magnifique. Pour le reste, on peut reprocher au réalisateur le côté complaisant de certaines scènes qui se répètent sans se renouveler. On pourrait dire au réalisateur "on a compris le message, c'est bon, stop". Il nous martèle trop les choses. On se lasse. C'est un film que j'ai vu une fois. Je ne le reverrai pas car il est trop perturbant. Je rappelerai pour finir que le réalisateur, Abdellatif Kechiche, est connu pour avoir réalisé La graine et le mulet.

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jeudi 17 juin 2010

Splash - Sheila Kohler

Après avoir vu le premier film de Jordan Scott, Cracks, j'ai eu envie de lire le livre dont la réalisatrice s'est inspirée. C'est mon ami qui me l'a offert pour mon anniversaire (merci à lui). Il s'agit de Splash (titre français) de Sheila Kohler publié aux éditions Gallimard dans la collection "Haute enfance". Le titre original est bien Cracks. Je ne sais pas s'il s'agit d'un roman/récit autobiographique ou non. Toujours est-il qu'une des filles de l'histoire faisant partie de l'équipe de natation porte le même nom que l'écrivain. Pourtant, la narratrice (qui n'est pas Sheila Kohler) est une des treize (mais laquelle?). Dans le livre, l'histoire se passe en Afrique du Sud, dans les années 60 dans un collège de jeunes filles (toutes âgées de 13 à 15 ans) issues de la classe moyenne. Elles sont treize élèves autour de Mlle G., leur professeur de natation. Parmi les treize, se trouve Fiamma, une jeune italienne arrivée en cours d'année. Fiamma est belle, Fiamma est une excellente nageuse mais Fiamma souffre d'asthme. Mlle G. tombe instantanément sous son charme au grand dam des 12 autres. Je dois dire que l'adaptation cinématographique est plutôt réussie, la réalisatrice a gardé la trame de l'histoire jusqu'au dénouement final et fatal qui est différent du film et que j'ai trouvé plus cruel et tragique. Le film et le livre valent vraiment la peine d'être vu pour l'un et lu pour l'autre. 

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vendredi 7 mai 2010

Les visages - Jesse Kellerman

Ce roman est resté sur ma PAL un grand moment et puis je me suis décidée. Considéré comme un "thriller", Les Visages de Jesse* Kellerman (Editions Sonatine) est aussi une saga familiale. L'histoire se passe de 1847 (avec Salomon Mueller, venu d'Allemagne, qui commence comme simple colporteur aux Etats-Unis) jusqu'à nos jours. Salomon fonde une dynastie dont on suit le cheminement avec intérêt. Le récit alterne le passé (les interludes où l'on voit l'ascension fulgurante de la famille Muller (le "e" a disparu) dans les affaires immobilière, et le présent, où Ethan Muller, propriétaire d'une galerie d'art et un des derniers descendants de Salomon, découvre des dessins extraordinaires (l'oeuvre d'un génie) faits par un homme appelé Victor Cracke. Ce dernier semble s'être évaporé récemment après avoir vécu dans un appartement miteux. Rendus publics, les dessins attirent l'attention d'un flic à la retraite sur le point de mourir. Il apprend à Ethan que certains dessins représentent des visages d'enfants victimes d'un "serial-killer", il y a plus de plus de 30 ans. Ethan Muller mène l'enquête. Il découvrira peut-être où et qui est Victor Crake et renouera avec son propre père, David, avec qui il est en froid depuis des années. De notre côté, on va découvrir peu à peu le lien qui relie la famille Muller (dont un des personnages essentiels est une certaine Bertha), Victor et les dessins d'enfants. Stop. Je m'arrête. Je n'en dirai pas plus. J'ai trouvé le roman très bien construit et l'histoire originale. J'ai lu en un week-end les 470 pages et je vous les recommande. Voir les billets d'Amanda, d'Ys, et de Cécile. Toutes les trois ont beaucoup aimé.

* et non Jonathan (le père de Jesse) comme je l'avais écrit et comme me l'a fait judicieusement remarqué K (voir son commentaire ci-dessous).

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lundi 3 mai 2010

Mammuth - Gustave de Kervern et Benoît Delepine

Après Louise-Michel, voici Mammuth du duo Gustave de Kervern et Benoît Delepine. Je ne savais pas trop ce que j'allais voir mais les critiques étaient plutôt bonnes, et beaucoup de blogs en disent du bien. Mammuth, surnom donné à Serge Pilardos (Gérard Depardieu, tel un ogre obèse, avec des cheveux longs - très longs!) vient d'être mis à la retraite après avoir travaillé quelques années dans une usine d'abattage de porcs. Dès le discours (mal) lu par le chef de Mammuth en présence de ses futurs ex-collègues mangeant leur chips bruyamment, le ton de comédie douce-amère est donné. En plus du discours, Mammuth reçoit un cadeau magnifique: un puzzle de 2000 morceaux! Qu'à cela ne tienne, afin de pouvoir toucher sa retraite complète, Mammuth qui a beaucoup travaillé au "noir" doit essayer de récupérer des feuilles de paye (des "papelards" comme il dit) auprès de ses anciens employeurs. La femme de Mammuth, Catherine (Yolande Moreau, toujours irrésistible), le pousse dans cette direction car son salaire d'hôtesse de caisse ne suffit pas à subvenir aux besoins du ménage. Et voilà Mammuth enfourchant sa vieille moto sur les routes de la Charente. La quête des "papelards" n'est qu'un prétexte qui permet à Mammuth de rencontrer des gens de peu, parfois très bizarres pour ne pas dire farfelus (Benoît Poelvoorde avec son détecteur de métaux sur la plage est inénarrable). Et aux trois-quarts du film, il n'est même plus question de "papelards" du tout. En revanche, pendant tout le film, le fantôme d'un amour perdu (Isabelle Adjani) lui parle par-dessus l'épaule. J'ai trouvé ce film pas mal mais sans plus. Tout le début est vraiment bien. Et puis au fur et à mesure des rencontres, les réalisateurs perdent le fil de l'histoire. Le personnage de Yolande Moreau devient très secondaire, au profit de celui de Miss Ming (la nièce de Pilardos) joué par Miss Ming (sic!) dont je vous laisse découvrir l'occupation. On sent que Depardieu a aimé joué Mammuth. Je conseille néanmoins ce film même si j'ai préféré Louise-Michel.

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