vendredi 23 février 2018

Offshore - Petros Markaris / Prendre les loups pour des chiens - Hervé Le Corre

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J'ai été ravie de retrouver le commissaire Costas Charitos, sa femme Adriani (cuisinière hors-pair), sa fille Katérina et son gendre Phanis. Petros Markaris continue de situer ses intrigues policières dans le contexte de la Grèce en pleine crise financière. Mais dans Offshore (Editions du Seuil, 297 pages), la Grèce qui a désormais à sa tête un nouveau parti ni-de-droite-ni-de-gauche (suivez mon regard) est en train de sortir de cette crise grâce à une manne financière tombée du ciel. Mais d'où vient l'argent, se demandent certaines personnes comme Adriani? Les fonctionnaires vont à à nouveau recevoir leur salaire, tandis que les magasins d'alimentation sont à nouveau achalandés. Les affaires reprennent, les crimes aussi. Charitos et ses collègues enquêtent sur trois meurtres commis à peu de temps d'intervalle: un armateur, un cadre supérieur de l'office du tourisme et enfin un journaliste à la retrraite. Charitos connaissait bien ce dernier (voir les romans précédents). Les coupables tous différents mais issus de minorités sont rapidement appréhendés et ils avouent tout de suite. Charitos comprend que quelque chose "cloche". Je vous laisse découvrir qui sont les vrais coupables et surtout "d'où vient l'argent". Un bon moment de lecture. Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu les quatre romans précédents avec la crise grecque comme toile de fond. Mais lisez-les pour le plaisir. Offshore est le 10ème roman avec le commissaire Charitos. J'espère que M. Markaris ne va pas s'arrêter en si bon chemin.

 

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Je passe maintenant à un roman noir, très noir, Prendre les loups pour des chiens d'Hervé Le Corre (Editions Rivages/Seuil, 317 pages). J'ai été tentée grâce au billet de Jérôme qui l'a choisi comme son roman de l'année 2017. Je n'irai pas jusque là, peut-être parce que j'ai déviné qui était le "méchant" de l'histoire. Franck sort de prison où il vient de purger une peine de 5 ans pour braquage. Il s'attendait à ce que Fabien, son frère aîné (c'est lui avait gardé l'argent) vienne le chercher. A la place, se présente Jessica, moins de trente ans, une jeune femme à la sexualité exarcerbée qui vit avec sa fille Rachel, mutique (elle a 8 ans, presque 9). Toutes les deux vivent dans une maison isolée avec Roland et Maryse, les parents de Jessica. Il y a un énorme molosse noir qui répond au nom de Goliat. La maison est située en Gironde dans la région de Langon / Bazas (personnellement, je connais bien). Roland et Maryse sont usés, flétris et pas très sociables. Lui maquille des voitures volées qu'il vend à un gitan, et elle fait des ménages dans une maison de retraite où il n'y a que "des vieux". Franck tombe immédiatement sous le charme de Jessica. Il est "accro" et il la suit presque partout et en particulier quand elle rencontre des gens peu recommandables. Quant à Rachel, elle voit, elle observe, ne se plaint jamais même quand Jessica lui donne des coups. L'absence de Fabien parti en Espagne soit-disant pour affaires rend Franck un peu inquiet. En effet, Fabien ne donne aucun signe de vie...

A la différence de Jerôme, l'écriture de Le Corre ne m'a pas marquée plus que cela. C'est un polar noir de bonne facture mais pas exceptionnel. Je trouve que l'ensemble manque une peu de légèreté, d'humour, même si l'histoire ne s'y prête pas vraiment.

Lire le billet de Claude Le Nocher.


samedi 10 février 2018

Jusqu'à la garde - Xavier Legrand

J'ai vu Jusqu'à la garde de Xavier Legrand en avant-première dans une salle relativement pleine. C'est une histoire très dure. Un couple divorce. Antoine (Denis Menochet, impressionnant) et Miriam (Lea Drucker) passent devant une femme juge. Cette dernière doit décider les conditions de la garde du plus jeune enfant du couple. La fille aînée qui vient d'avoir 18 ans et vit avec sa mère, a un petit copain. Le fils, Julien qui appelle son père "l'autre" ne voudrait plus le revoir. Il l'a écrit noir sur blanc. Et pourtant, quelques jours après l'audition pendant laquelle les avocates ont plaidé pour leur client respectif, il a été décidé que le père aurait un droit de garde sur son fils. La scène en huis-clos avec la juge montre la maîtrise du réalisateur dans sa manière de filmer. Julien se force à aller avec son père un week-end sur deux. Les relations sont tendues, c'est le moins que l'on puisse dire. Au fur et à mesure que se déroule le film, on se rend compte  que ce père, un peu rondouillard et à l'air larmoyant peut devenir menaçant voire violent. La séquence finale laisse les spectateurs tétanisés. Le film qui est le premier long-métrage du réalisateur a été récompensé à juste titre du prix de la mise en scène et du prix du premier film au dernier Festival du film de Venise. A voir. Lire le billet d'Anne (larroseurarrose).

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lundi 15 janvier 2018

Films à éviter en ce début d'année 2018

Comme je l'ai laissé entendre dans mon billet précédent, il y a quelques films que vous pouvez vous passer de voir à mon avis en ce début d'année 2018.

Je commence par Normandie nue de Christian Le Guay que je me réjouissais d'aller voir, avec un sujet sympa: un photographe américain a le coup de foudre pour un champ en Normandie (le champ Chollet) et il souhaite que les habitants du Mèle sur Sarthe, voisins du champ, se fassent photographier nus. En l'occurrence, la plupart des habitants sont des éleveurs de bétail qui se battent pour survivre puisque les prix du lait et de la viande baissent. Le maire du village, Balbuzard (François Cluzet), voit une bonne opportunité de faire connaître leurs problèmes. Je m'attendais à sourire voire à rire mais l'ensemble est poussif. On se demande à quoi servent certains personnages comme Thierry Levassaeur (François-Xavier Demaison) qui joue un Parisien allergique à la campagne. D'autres sont caricaturaux comme le boucher qui ne veut pas que sa femme, ex-Miss Calvados, se déshabille. Contentez-vous de voir la bande-annonce. C'est ce qu'il y a de plus réussi du film. Je m'attendais à mieux du réalisateur d'Alceste à bicyclette ou des Femmes du 6ème étage.

Je continue avec Vers la lumière de Naomi Kawase. Le film avait été sélectionné au dernier festival de Cannes. Quelle déception! On est très loin des Délices de Tokyo. Aucune émotion dans cette histoire d'une jeune femme, Misako Ozaki, qui écrit des textes audiodescriptifs de films à destination de personnes malvoyantes avec qui elle travaille en étroite collaboration. Elle se lie en particulier avec un photographe qui perd la vue. Par ailleurs, le père de Misako est décédé depuis longtemps et la maman qui perd la tête croit qu'il va revenir. L'image n'est pas très belle, la musique envahissante. Je ne suis pas entrée dans le film. Je n'ai même pas fait attention à comment cela se terminait.

Je termine avec un OFNI (objet filmique non identifié). J'avais été attirée par la bande-annonce et la distribution. J'ai même du mal à retenir le titre du film de Joan Chemla, Si tu voyais son coeur, et je ne pourrais pas vous dire comment il se temine non plus. C'est son premier long-métrage, et il bénéficie d'une distribution de qualité: Gaël Garcia Bernal, Nahuel Perez Biscaryart, Marina Vacth, Karim Leglou ou Wojciech Pszoniak. Le film a été paraît-il filmé à Marseille. Daniel (Gaël Garcia Bernal), un gitan, se sent responsable de la mort de son meilleur ami Costel (Nahuel Perez Biscayart). Rejeté par sa communauté, il trouve à se loger dans un hôtel étrange, Le Métropole, où vivent des paumés, des drogués, des laissés-pour-compte. Le film dégage une atmosphère étrange et on sent une menace envers certains des personnages. On est dans l'onirique. Mais je suis restée perplexe. Vraiment pas le genre de film que je conseille.

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mardi 19 décembre 2017

Seule la terre - Francis Lee

On arrive à la fin de l'année 2017 et il y a encore des sorties cinéma digne d'intérêt. Par exemple, Seule la terre. En effet, après avoir lu le billet enthousiaste de Pascale, je me suis décidée à aller voir le premier long-métrage très abouti de Francis Lee, qui a aussi écrit le scénario. L'histoire se passe dans les landes du Yorkshire, de nos jours. Johnny (25 à 35 ans) travaille dans la ferme familiale, avec son père et sa grand-mère qui n'arrêtent pas de lui faire des reproches. Le travail avec le bétail (vaches et brebis) est dur, Johnny fait de son mieux à aider les vaches à vêler. Le soir pour tenir le coup, il boit beaucoup à en vomir. Par ailleurs, il s'adonne à des relations homosexuelles sans lendemain. Johnny est rustre. Le père qui marche avec une canne consécutif à un AVC va être diminué encore plus à cause d'une deuxième attaque. Pourtant, la ferme doit tourner. Pour aider Johnny, une annonce est publiée dans le journal et seul Gheorghe, un Roumain y répond. Johnny et Gheorghe s'en vont dans la campagne sauvage et désolée mais si belle du Yorkshire pour aider les brebis qui mettent-bas. C'est là que Johnny va tomber tomber amoureux. Les étreintes entre les deux hommes commencent par être rudes puis elles vont s'adoucir au fur et à mesure. J'ai été sensible à la beauté des paysages, aux relations entre ces deux jeunes hommes, leurs gestes de tendresse. Pendant tout le film, on ne perd pas de vue que de s'occuper de bovidés ou d'ovins est un travail prenant. C'est presque un sacerdoce. J'ai aimé la scène où Gheorghe récupère la peau laineuse d'un agneau qui vient de mourir. Il fabrique une sorte de manteau qu'il enfile sur un autre agneau. Puis il installe l'animal près de la maman brebis qui hume la laine et laisse donc têter le petit agneau, le prenant pour le sien. Un très beau film à voir en version originale de préférence. Lire aussi le billet enthousiaste du Bison.

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mercredi 13 décembre 2017

Les Vieux fourneaux : La magicienne - Cauuet et Lupano

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Depuis deux ans que je les avais quittés, j'avais hâte de retrouver Pierrot, Antoine et Emile, nos "vieux fourneaux". Il est conseillé de lire les tomes précédents pour situer les personnages dans ce tome-ci. Je vous avoue qu'à la première lecture, j'ai été un peu déçue. Je viens de le relire pour écrire ce billet et je l'ai bien apprécié, même si j'ai préféré les tomes précédents. Je l'ai trouvé moins humoristique. C'est peut-être le sujet qui le veut.

Antoine suit la tournée de marionnettes de sa petite-fille Sophie, car il veille sur Juliette, la fille de cette dernière. Ce tome porte le sous-titre "La magicienne". Cela se réfère au nom d'une sauterelle, appelée "la magicienne dentelée", qui se reproduit par "parthénogénèse télythoque" (son vrai nom est Saga pedo, après vérification dans wikipedia - je croyais qu'il s'agissait d'une invention des auteurs!). Cet insecte vit sur un terrain jouxtant l'usine Grand-Servier qui voulait s'agrandir. Bien entendu, les écolos veulent protéger la zone où vit cet insecte protégé, au grand désespoir d'Antoine qui considérait que l'extension de l'usine aurait permis une relance économique du département du Tarn-et-Garonne avec de la création d'emplois. Sophie, le personnage central de ce tome, est aussi surnommée "la magicienne dentelée", en raison du mystère qu'elle laisse planer sur l'identité du papa de sa fille. Toujours est-il qu'à la fin de cet épisode, on connaît les identités des pères de Sophie et de Juliette. Et on devine que Sophie a peut-être enfin trouvé l'homme dont elle rêvait. Enfin, on observe comment Emile, revenu d'Ecosse, reçoit du lisier sur la figure malgré ses bonnes intentions. J'avais cru, quand le premier tome était paru, qu'il n'y aurait que 4 tomes. A posteriori, en raison du succès de ces "Vieux fourneaux", un cinquième tome est prévu, puisqu'il est écrit sur la dernière vignette "fin de l'épisode". Il faut noter qu'il y a un "merchandising" autour de cette série: des mugs (j'en ai acheté un) et des tee-shirts entre autres.

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mardi 26 septembre 2017

Barry Seal - Doug Liman / Patti Cake$ - Geremy Jasper / Good Time - Benny et Josh Safdie / Hommage

J'ai décidément été beaucoup au cinéma pendant le mois de septembre (2017).

Voici trois films américains très différents vus la même semaine.

Barry Seal de Doug Liman permet à Tom Cruise de montrer ses talents de pilote d'avion. Le scénario est tiré d'une histoire vraie. Barry Seal fut commandant de bord dans des avions de grandes lignes d'une compagnie américaine dans les années 70. Puis, par un concours de circonstances, on le voit devenir pilote de petits avions transportant des armes et de la drogue pour le cartel de Medellin. Marié et père de deux enfants, il s'installe dans une petite ville de l'Arkansas. Il est rapidement repéré par la DEA, le FBI, etc qui lui demandent de collaborer. Il accumule des millions de dollars mais aura une mort violente assez attendue. Le film lorgne vers le docu-fiction. C'est bien fait. Tom a l'air de s'amuser (ce n'est que du cinéma). Ca se laisse voir. Après, quant au message et à la morale du film, je vous laisse juge.

Patti Cake$ raconte l'histoire de Patricia Dombrowski, aussi connue sous le nom de Killa P et Patti Cake$, qui vit dans le New Jersey. Cette jeune femme blonde, pas très mince (elle a comme surnom "Dumbo" comme l'éléphant), exerce des petits boulots tout en composant du rap. Les paroles sont souvent assez crues. Elle rêve de gloire et de gagner un peu mieux sa vie. Elle trouve du soutien de la part de sa grand-mère et d'un jeune Noir qui devient son amant. Une histoire sympathique à la fin attendue. Mais pas de quoi fouetter un chat.

Good Time permet à Robert Pattison d'interpréter un malfrat plutôt attachant. Connie Nikas (Robert Pattison) commet un braquage avec Nick, son frère un peu attardé. Au moment de s'enfuir, Nick se blesse et se faire prendre par la police. Connie passe une nuit à essayer de trouver de l'argent pour le faire libérer. Il faut prévenir que la caméra est au plus près des acteurs. L'image n'est pas belle. Les couleurs sont parfois saturées. C'est assez particulier. J'avais lu des critiques positives. Bon, bof. Sans plus.

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Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais rendre un petit hommage à une dame de théâtre (elle fut Sociétaire de la Comédie Française) qui vient de disparaître à 103 ans, Gisèle Casadesus. Elle nous a quittés dimanche 24 septembre 2017. Elle vivait dans le XVIIIème arrondissement de Paris et la mairie de cet arrondissement lui avait rendu hommage pour son centenaire en 2014. En plus du théâtre, elle avait tourné au cinéma jusqu'à récemment. Je l'avais vue dans La tête en friche (en 2010) ainsi que dans Sous le figuier (2012).

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dimanche 27 août 2017

Une femme douce - Sergueï Loznitsa

Il faut tout de suite prévenir qu'Une femme douce du réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa, sorti mercredi 16 août 2017, n'est pas un film facile. Il dure 2H23 et l'on sort de la projection assez secoué (en ce qui me concerne). Quand le film commence, une femme trouve un avis de la poste dans sa boîte aux lettres. Le colis qu'elle avait envoyé à son mari en prison vient de lui être retourné sans explications. C'est au bureau de poste que l'on découvre l'univers kafkaïen dans lequel vivent les gens en Russie de nos jours. La préposée n'est pas aimable quand elle redonne le colis à la femme qui décide d'aller le porter elle-même. A partir de là, comme la prison est très très loin dans une campagne reculée, on part avec cette femme digne et belle qui a mis une jolie robe, qui ne sourit pas et prononce peu de mots. L'actrice Vasilina Makovtseva est extraordinaire. Elle prend un train, puis un autre dans lequel les gens chantent en buvant de la vodka. A chaque étape, la femme subit des humliations et des rebuffades sans qu'elle réagisse vraiment. Arrivée dans la ville où se trouve la prison, un taxi la conduit pas très loin du bâtiment sinistre bâti au milieu d'un paysage désolé. On sent sourdre une violence latente. Dans la prison et aux alentours, ce n'est que refus, bêtise, incompréhension, menaces à peine voilées, fausse gentillesse. La violence, la femme l'évitera longtemps jusqu'à la scène finale que j'ai trouvé insoutenable. Le film est baigné par une belle lumière. Les plans sont travaillés et j'ai trouvé certaines séquences marquantes comme le moment surréaliste qui réunit plein de personnages vus auparavant dans l'histoire. Ce n'est pas un film grand public. Il peut plaire ou rebuter mais il ne peut pas laisser indifférent. Il faut noter que ce film est une production franco-germano-lituanienne. Le réalisateur vit en Allemagne et le film a été tourné en Lituanie. Lire le billet de ffred.

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vendredi 4 août 2017

Cinq films vus et non commentés depuis le 15 juillet 2017

Tom of Finland de Dome Karukoski évoque la vie du finlandais Touko Laaksonen (1920-1991), un homosexuel qui a été en butte à l'intolérance du fait de son orientation sexuelle comme d'autres en Finlande. On apprend que des homosexuels se mariaient pour éviter d'être pourchassés. Après la deuxième guerre mondiale où il a combattu contre les Russes, Touko est devenu dessinateur dans l'industrie publicitaire. Par la suite, il est devenu célèbre pour ses dessins de motards et bûcherons très "gays". Tom a inspiré entre autre Jean-Paul Gautier. Concernant Tom of Finland, j'y suis allée car le sujet m'intéressait, mais j'ai été déçue car le film, lui, n'est pas du tout intéressant. Il est trop long (1H56) pour ce qu'il raconte. Les scènes se ressemblent. Il ne se passe pas grand-chose. L'image n'est pas belle. Tout est terne et le tout manque cruellement d'émotion. Dommage.

Ma cousine Rachel de Roger Michell fut aussi une déception et pourtant j'aime les films à costumes se passant dans des demeures anglaise du début du XIXème siècle. Et j'apprécie beaucoup Rachel Weisz. Mais là, je me suis ennuyée devant cette histoire d'un jeune homme qui déteste sans la connaître et puis qui tombe amoureux de Rachel, la veuve de son oncle. Il ne sait pas quoi faire pour lui faire plaisir. Rachel reste un personnage mystérieux dont on ne connaitra pas les desseins. Est-elle une empoisonneuse ou non? La fin arrive comme un cheveu sur la soupe et on s'en moque un peu.

Un vent de liberté de Behnam Behzadi se passe de nos jours à Téhéran, ville très polluée. Niloufar, 35 ans et pas mariée, vit avec sa mère. Douée en affaires, elle dirige l'entreprise familiale de retouche de vêtements. Sa maman âgée fait un malaise dû à la pollution et le médecin veut qu'elle quitte Téhéran. Niloufar n'étant pas chargée de famille, son frère et sa soeur trouvent logique qu'elle (Niloufar) parte ailleurs dans le nord avec la maman. La pauvre Niloufar se révolte contre les deux autres, mais le frère et la soeur l'expulsent littéralement de l'entreprise. Seule sa nièce avec qui elle s'entend bien la soutient. Je ne vous dirai pas comment cela se termine, mais j'avoue qu'en tant que femme pas mariée et sans enfant, je préfère vivre en France qu'en Iran, où l'émancipation des femmes n'apparaît pas encore tout à fait à l'ordre du jour. Un film qui m'a laissée un goût amer. Lire le billet de larroseurarrose.

The Circle de James Ponsoldt est adapté d'un roman de David Eggers (scénariste du film). J'y suis allée car j'apprécie Tom Hanks et Emma Watson. L'histoire se passe dans un futur proche où tout passe par internet. Mae vient d'être recrutée dans une société appelée The Circle (le Cercle), la plus importante société en matière technologique. Peu de temps après, Mae accepte d'être filmée 24/24 (sauf aux toilettes). Cela impacte sa vie sociale et familiale. Il n'y a rien à comprendre, si ce n'est me répéter que les réseaux sociaux ne sont vraiment pas fait pour moi. C'est 1984 de George Orwell en pire. Emma Watson et Tom Hanks sont bien mais ce n'est pas suffisant. Je lirai plus volontiers le roman un de ces jours. Lire le billet de Tinalakiller.

It comes at night de Trey Edward Shults est un film d'horreur pas comme les autres. Il se passe dans un futur proche (?). Une famille, un père, une mère et leurs fils métis, vivent reclus dans une maison au fond d'une forêt. Il semble qu'une épidémie mystérieuse ait décimée les humains. L'arrivée par hasard d'une autre famille (un couple et son petit garçon) va semer le chaos. On ne voit pas grand-chose mais on sent une menace insidieuse. C'est un film sur la peur, surtout la peur des "autres". Bien entendu, tout cela se termine mal mais je ne vous dirai pas comment. Pas mal.

mardi 1 août 2017

Sacrifices - Pierre Lemaître / De cauchemar et de feu - Nicolas Lebel

Voici deux romans policiers français très différents et que je conseille.

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Avec Sacrifices (Edtions Albin Michel, 362 pages), Pierre Lemaître a clos sa trilogie Verhoeven commencé avec Travail soigné et poursuivie avec Alex. Dans Sacrifices, on retrouve le commandant Camille Verhoeven, 1m50, qui assiste à l'enterrement d'Armand, l'un de ses deux collègues les plus proches. Et on apprend qu'il a une nouvelle compagne, Anne Forestier, qui vient se faire méchamment tabasser pour avoir été le témoin direct d'un braquage de bijouterie vers les Champs Elysées. Hospitalisée, Anne se remet néanmoins relativement vite. Camille garde en mémoire le meurtre de sa femme Hélène dans Travail soigné. Il veut comprendre et trouver les responsables. Sans dévoiler plus avant l'intrigue, je peux dire qu'Anne n'est pas celle que l'on croit et qu'un des personnages d'un roman précédent de la trilogie est le narrateur des passages écrits à la première personne. J'en ai déjà presque trop dit. Un roman qui se lit bien. Mais Pierre Lemaître ne fait jamais dans le "happy end".

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Je passe à De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel (Marabout, 413 pages) dans lequel on retrouve le capitaine Mehrlicht et ses deux collègues, les lieutenants Sophie Latour et Mikael Dossantos, dont j'avais fait la connaissance dans les trois romans précédents. Lire le billet sur deux d'entre eux. Nicolas Lebel a choisi de remonter dans le temps vers les années 1960-70 en Irlande du Nord dans le comté de Derry, en plein conflit entre catholiques et protestants. Une bande de garçons catholique, amis d'enfance, vont réagir différemment devant les événements dont ils sont plus ou moins acteurs. On va suivre le parcours de quelques uns d'entre eux entre 1966 et début 1974. En particulier Seamus Kirkpatrick et Matthew Kenny. En 2016, pendant le semaine sainte, un compte-à-rebours a commencé. Pendant 50 heures, dans Paris, Mehrlicht, Latour et Dossantos vont tout faire pour retrouver le Far Darrig (en gaélique) et Croquefeu (en français) qui tue des Irlandais considérés comme traitres à l'aide d'une vieille arme à feu ou de bombes au phosphore. L'histoire alterne entre le présent et le passé. Le récit est bien construit. Même si j'ai trouvé l'ensemble un peu long, un roman à lire.

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samedi 29 juillet 2017

Une femme fantastique - Sebastian Lelio / I am not Mme Bovary - Xiaogang Feng

Le film chilien Une femme fantastique raconte l'histoire touchante de Marina, une belle jeune femme chanteuse dans un night-club qui est la maîtresse d'Orlando, un homme plus âgé. Ce dernier a tout quitté pour elle. Malheureusement, victime d'une rupture d'anévrisme, il meurt. C'est à la clinique où Orlando vient de mourir que les ennuis de Marina commencent. Selon ses papiers d'identité, elle s'appelle Daniel. Marina est en effet une transgenre. Elle se retrouve harcelée par beaucoup de monde, dont la police et la famille qui n'avait bien évidemment pas admis cette relation scandaleuse. Marina est surtout peinée d'être empêchée d'assister aux obsèques du défunt. La famille dont l'ex-femme et le grand fils du défunt l'humilient, lui mettent des bâtons dans les roues. Qu'à cela ne tienne. Marina pourra tout de même faire un dernier adieu à Orlando. C'est un film un peu bancal, surtout la deuxième partie, il y a des scènes qui s'enchaînent sans qu'elles soient vraiment reliées mais ce n'est pas trop grave. On peut trouver quelques plans surréalistes comme celui où l'on voit Marina penchée à cause du vent sans qu'elle tombe. Un film à voir. Lire le billet de ffred.

Je passe à I am not Mme Bovary de Xiaogang Feng, film chinois de 2H10 qui m'a semblé un peu long, très bavard avec un procédé visuel pas banal. Pendant plus d'une heure, on voit le film avec une image ronde comme si on était au bout d'un tube et que l'action se passait à l'autre bout. Par la suite, l'image devient carrée et puis elle s'élargit vers la fin. Pendant plus de deux heures, on suit l'obstination et l'entêtement de Li Xuelian qui, divorcée "pour de rire" de son mari Qin (afin d'obtenir un plus grand appartement,) se rend compte qu'elle s'est "fait avoir": le divorce est entériné par le tribunal de la ville et son mari s'est remarié. A partir de là, pendant 10 ans, Li Xuelian n'aura de cesse de faire annuler le divorce devant différentes juridictions (uniquement des hommes). Elle ira jusqu'à Pékin. L'ensemble est assez répétitif. Sans succès. Même si l'on apprend ses vraies motivations à la toute fin du film, le personnage de Li Xuelian est crispant. Cela m'a empêchée d'adhérer à l'histoire. Lire le billet de Pascale.

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