lundi 19 novembre 2018

Trois BD : Lucky Luke - Un cowboy à Paris / Les Vieux Fourneaux 5 / Blake et Mortimer - La vallée des immortels

A défaut d'autre chose, novembre 2018 aura été un mois faste pour les sorties BD.

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Je commence par Lucky Luke, Un Cow-boy à Paris, dessins d'Achdé, texte de Jul d'après Morris (Editions Lucky Comics), 46 pages. Sur le chemin du pénitencier de Cross Junction, après que Lucky Luke a arrêté pour la enième fois les 4 frères Dalton, ils vont croiser des Indiens qui sont prêts de scalper Auguste Bartholdi. Bartholdi souhaite faire connaître aux Américains son projet de statue. Il veut faire une levée de fonds pour la construction du socle. Pour ce faire, Bartholdi présente la main tenant la torche. Pour lui, il considère son oeuvre comme l'incarnation de la Liberté. Un mot honni par Locker, le directeur du pénitencier qui va tout faire pour que la statue ne soit jamais érigée au large de l'ïle de Manhattan. Heureusement que Lucky Luke veille. Il accompagne Bartholdi jusqu'à Paris malgré son mal de mer. L'album est très plaisant à lire. Un bon cru à mon avis.

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Je passe maintenant au 5ème tome des Vieux fourneaux - Bons pour l'asile (Editions Dargaud, 56 pages). J'ai retrouvé avec grand plaisir Pierrot, Antoine et Emile (et les autres). L'histoire se passe entièrement à Paris où Pierrot et toute une bande de "vieux"se retrouvent au poste de police après s'être fait remarquer devant un organisme suisse. Pendant ce temps-là, Emile et Antoine, son arrière-petite fille Juliette (qui a bien grandi) descendent d'un train. Antoine doit ramener Juliette auprès de sa maman, Sophie, avant de partir au Stade de France avec Emile pour assister à un match de rugby " "France-Australie". Bien entendu rien ne se passe comme prévu puisqu'à la place de Sophie, c'est le fils d'Antoine qui arrive. C'est un stratagème de Sophie qui souhaiterait que les deux hommes se réconcilient. Pierrot est retenu plus longtemps que prévu au poste de police, tandis qu'Emile se dirige vers l'immeuble de l'ïle de la tordue (voir le tome 2, Bonny et Pierrot), devenu un refuge pour "vioques" et "migrants clandestins" avec une plaque professionnelle qui dévoile tout.

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C'est un album politiquement incorrect mais irrésistiblement drôle. Avec la mention "Fin de l'épisode", je me doute qu'un sixième tome est prévu.

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Je termine avec La vallée des immortels - Tome 1 d'Yves Sente, Teun Berserik et Peter Van Dongen (Editions Blake et Mortimer, 56 pages). Yves Sente reprend la plume pour la 8ème fois comme scénariste de la saga de Blake et Mortimer. C'est le 25 album de la série créée par Edgar P. Jacobs (disparu en 1987). Yves Sente situe cette nouvelle histoire (en deux tomes) juste après Le secret de l'espadon. La capitale du Tibet est détruite, tout le monde est mort sauf Olrik qui en réchappe. En Chine, les rivalités se font entre Nationalistes de Taïwan, les Communistes, fidèles à Mao, et un Seigneur de la Guerre à la recherche d'une partie d'un texte disparu prouvant qu'il pourrait être le descendant d'un héritier du premier empereur de Chine (la dynastie Qin), il y a quelques 2200 ans. Blake travaille toujours au Foreign Office, tandis que Mortimer part à Hong-Kong pour le travail, il a conçu un nouvel engin volant, le "Skylantern". Olrik, quant à lui, se vend au plus offrant et cherche une fois encore à se venger de Blake et Mortimer. Il faut noter les clins d'oeil à Hergé et à son Lotus bleu : la couverture par exemple et la mention de William Gibbons, l'une des fripouilles qui cherchent à nuire à Tintin dans la concession internationale de Shangaï.

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J'attends le deuxième tome avec impatience.

Des albums à s'offrir et à offrir, à lire et à relire.

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samedi 27 octobre 2018

Le jeu - Fred Cavayé / Le grand bain - Gilles Lellouche

Pour les deux films que je présente, je commence avec celui que j'ai préféré et de loin: Le jeu de Fred Cavayé, qui raconte le dîner entre amis de trois couples et un homme seul - et sept smartphones. Les conversations démarrent gentiment quand quelqu'un propose que chaque invité dépose son smartphone au milieu de la table. Dès que l'un d'eux sonnera, toute la tablée prendra connaissance de qui appelle et/ou connaîtra le contenu du "sms" reçu. A partir de là, les événement se précipitent car certains appels ou sms sont gênants et peuvent compromettre la paix des ménages. C'est souvent drôle, parfois grave. Certaines situations s'enveniment, les masques tombent. On arrive au bord de l'implosion mais il y a un coup de théâtre final que je ne vous dévoile pas. Le film bénéficie d'un bon scénario et d'un rythme sans temps mort. Ce huis-clos permet de voir de très bons acteurs venus d'univers différents: Bérénice Bejo, Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Doria Tillier, Roschdy Zem, Suzanne Clément et l'excellent Grégory Gadebois. Le film est un remake d'un film italien de 2016 (Perfetti sconociuti) pas sorti en France. Allez le voir. Il est également recommandé par Pascale, Matchingpoints et ffred.

Je passe au film Le grand bain de Gilles Lellouche. Même si les critiques que j'ai lues sont bonnes, personnellement, je m'attendais à autre chose de ce film après avoir vu la bande-annonce très amusante. J'ai été un peu déprimée de voir sept bonhommes un peu avachis entre 45 et 62 ans faisant partie d'une équipe de nage synchronisée. Un huitième plus jeune se joint à eux par la suite. J'ai eu du mal à croire qu'ils puissent concourir au championnat du Monde. Toujours est-il que Gilles Lellouche qui est co-scénariste s'est attaché à la personnalité de cinq d'entre eux joués par Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Philippe Katherine et Jean-Hugues Anglade. Le premier est dépressif, le deuxième a des problèmes relationnels avec son fils, le troisième est gérant d'un magasin au bord de la faillite, le quatrième est un doux rêveur et le cinquième, un compositeur plutôt raté qui cherche l'affection de sa fille. Côté femmes, les personnages ne sont pas très gâtés par la caméra. En particulier Virginie Efira, la co-entraîneuse de l'équipe avec Leila Bekhti. Dans le film, Virginie Efira est alcoolique. Il y a un gros plan où elle est bouffi sans maquillage, cela m'a fait de la peine. Je dirais que la bande-annonce est ce qu'il y a de mieux dans le film qui dure deux heures... Lire le billet très enthousiaste de Chris.

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vendredi 28 septembre 2018

Alpha - Albert Hughes / Première année - Thomas Lilti

Voici deux films tout à fait estimables.

Je commence par Alpha d'Albert Hughes, sorti fin août et qui est resté très peu de temps à l'affiche à Paris (ce qui est dommage), mais qui est encore projeté dans quelques dizaines de salles en France (ce qui est très bien). Le scénario nous ramène dans le passé, vers -20 000 ans "avant le présent", au paléolithique supérieur en Europe. Les hommes (dont le jeune Keda), membres d'une tribu de chasseurs-cueilleurs, partent à la chasse au bison des steppes. Lorsqu'ils se retrouvent face à face avec un troupeau, les choses tournent mal et Keda tombe dans un ravin. Il reste inanimé longtemps. Les autres membres de la tribu, dont son père, qui le croient mort, le laissent tout seul. Tant bien que mal Keda va essayer de retrouver les siens. Pendant son voyage, il croise la route d'une meute de loups. L'un d'entre eux par un concours de circonstances va s'attacher à ses pas. Keda le nomme Alpha. Une jolie histoire qui peut plaire aux jeunes et aux adultes. Ce n'est jamais mièvre et les paysages sont beaux. Je vous laisse découvrir le coup de théâtre final. Lire les billets d'Henri Golant et Martin.

Je passe maintenant à Première année, un bon film tonique au rythme soutenu comme la vie que mènent les deux personnages principaux, Antoine et Benjamin. Antoine a réussi à avoir une dérogation afin de tripler sa première année pour accéder sur concours en deuxième année de médecine. Il avait été admis la deuxième fois mais était trop loin dans le classement pour espérer avec une place en médecine. Il n'avait plus le choix qu'entre dentaire et pharmacie. Il a préféré se désister et refaire une année. L'histoire a été écrite avant la fin du "numérus clausus". Benjamin, lui, arrive directement du lycée. Il a des capacités évidentes et il commence son année plutôt "cool". On apprend vite que son père est chirurgien viscéral. C'est par hasard que Benjamin et Antoine vont se cotoyer et commencer à réviser ensemble. Malgré le fait qu'ils soient dans une année où la compétition est très rude, ils s'entraident sauf quand Antoine "pète un cable" après avoir pris connaissance du résultat d'un partiel. On suit l'emploi du temps d'enfer que ces étudiants ont pendant cette année éliminatoire. Le concours final, c'est 60 QCM en 3 heures soit 2 minutes par question avec un choix de 0 à 5 réponses. Vincent Lacoste et William Lebghil sont sensationnels. J'ai vu le film dans une salle pleine de gens jeunes (des étudiants ou des futurs médecins?). Ffred a passé un bon moment ainsi que Princecranoir.

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mardi 28 août 2018

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan - Spike Lee

Après quelques années sans film marquant, Spike Lee revient en force avec BlacKkKlansman qui reçu le grand prix du jury au dernier festival de Cannes. En préambule, on nous annonce que c'est inspiré de "f..." faits réels. Dans les années 70, en plein "Black Power" et films "Blacksploitation", Ron Stallworth, un jeune policier noir (John David Washington [le fils de Denzel], très bien) est embauché dans un commissariat de Colorado Springs qui accepte les gens de couleur dans ses rangs. Ron est employé aux archives, loin des enquêtes de terrain. Rapidement las de cette situation, Ron convainc sa hiérarchie d'infiltrer une section du KuKluxKlan qui sévit dans la région. Pour ce faire, il demande à un de ses collègues, Philip (Flip) Zimmerman (un Juif) de se faire passer pour lui quand il faudra rencontrer les membres de la section du Klan. Pour ceux qui l'ignore, le Klan a été créé le 25 décembre 1865 par des confédérés qui n'ont pas admis leur défaite. Cette organisation suprémaciste blanche existe toujours en 2018. Elle est composée de plusieurs groupuscules. Le KKK est une entité anti-tout: Noirs, Juifs, catholiques, communistes, etc. Ils sont à la droite de la droite. Après, c'est le néant. Le film est sur le ton de la comédie tout en ayant des moments d'émotion comme la séquence où Harry Bellafonte (91 ans cette année), que j'ai mis 10 secondes à reconnaître, décrit les exactions contre les Noirs dans les années 20 et 30. Les membres du Klan sont particulièrement bêtes et dangereux. Mention spéciale à Felix (et sa femme). Le moment où Ron est chargé de la protection de David Duke, à l'époque, le responsable national du KKK, est plutôt savoureux. Le film se termine par un film sur les émeutes de Charlottesville dans l'Etat de Virginie en 2017 où l'on voit une voiture écraser des manifestants antiracistes. J'ai trouvé que le film qui dure plus de deux heures aurait gagné à être plus court. C'est surtout le début du film qui est long à démarrer. Un film à voir recommandé par Pascale, et lire le billet de princecranoir.

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samedi 23 juin 2018

Désobéissance - Sebastian Lelio

Rachel Weisz, l'une des deux actrices principales et coproductrice du film Désobéissance, est à l'origine du projet. J'ai lu que c'est elle qui avait acheté les droits du roman La désobéissance de Noami Alderman, paru en 2008 aux éditions de l'Olivier.

A New-York, Ronit Krushka, qui est photographe, apprend une terrible nouvelle. Elle prend l'avion pour revenir à Londres afin d'assister à l'enterrement de son père, le grand rabbin Rav Krushka, victime d'une attaque. Ronit a quitté la communauté juive hassidique londonienne depuis plusieurs années. On apprend par certaines répliques pourquoi Ronit s'est éloignée du carcan imposé par cette communauté où les femmes portent une perruque, où les couples mariés font l'amour une fois par semaine, le vendredi soir, et où tout le monde a l'air de se surveiller. Ronit s'intalle chez Dovid, un ami d'enfance et futur rabbin. Et quelle n'est pas sa surprise d'apprendre que Dovid a épousé Esti, la meilleure amie de Ronit. On comprend dans le déroulement de l'histoire pourquoi elle est si surprise. Par ailleurs, Ronit est accueillie avec froideur par son milieu. De très belles scènes émaillent le film, dont une scène d'amour que je vous laisse découvrir. Les deux Rachel, Rachel Weisz et Rachel McAdams, sont magnifiques dans les rôles de Ronit et Esti. Le film se passe dans une lumière crépusculaire. En résumé, j'ai beaucoup aimé ce film bien dirigé mais j'ai trouvé la fin ratée. Le réalisateur n'a pas su clore l'histoire des trois personnages. Pascale a la même impression que moi.

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dimanche 27 mai 2018

Ils savent tout de vous / Pour services rendus - Iain Levison

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Voici deux romans de Iain Levison que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire.

L'exemplaire d'Ils savent tout de vous (Liana Levi, 231 pages), paru en 2015, m'avait été dédicacé par l'auteur au salon du livre de Paris en 2016. Iain Levison est un monsieur très sympathique. L'intrigue d'Ils savent tout de vous repose sur le pouvoir de télépathie de deux personnages: un flic du Michigan, Snowe, et Brooks Denny, un condamné à mort dans une prison. Du jour au lendemain, Snowe se met à lire les pensées de personnes qu'il croise, de la serveuse de bar au délinquant. Sa faculté extra-sensorielle le met rapidement mal à l'aise. Il essaie de vérifier sur Internet si d'autres personnes ont les mêmes facultés de télépathie. Justement, en voici un autre: Brooks Denny, en prison dans le couloir de la mort, a la même faculté de télépathe. Peu de temps avant son exécution, il est libéré par des agents du gouvernement. On voudrait qu'il rende service à l'Amérique en captant les pensées d'un dirigeant africain lors de négociations dans une pièce de l'ONU à New-York. Brooks, sa tâche terminée, arrive à échapper à ses geôliers (il a de très bonnes raisons pour cela) et en particulier à une femme redoutable, Terry Dyer. Bien évidemment, Snowe va être chargé de retrouver Brooks. C'est une sorte de thriller bien mené et qui se lit vite. Lire les billets de Violette et Simone.

Je passe au nouveau roman de Levison paru en mars 2018, Pour services rendus (Editions Liana Levi 219 pages). En 1969, en pleine guerre du Vietnam, au nord de Saïgon, une jeune recrue, le Première classe Billy Drake, arrive dans une section de combat. Dès la première nuit, il fait plusieurs gestes malencontreux qui aurait pu lui coûter la vie. Heureusement qu'un sergent se trouvait là... 47 ans plus tard, Billy Drake devenu le sénateur William Drake se représente au congrès. Il est en pleine campagne de réélection. Pendant un meeting filmé par Youtube, Drake raconte son aventure de 1969 mais en se donnant le beau rôle. Il ne pensait pas que mentir sur ce fait d'armes lui porterait préjudice, et pourtant... Il est obligé de demander à son chef de campagne d'aller trouver Freemantle, le sergent qui lui avait sauvé la vie. Celui-ci est devenu commandant d'un commissariat dans une petite ville du Michigan. Freemantle donne son accord pour être interviewé à la télévision en acceptant de ne pas dire toute l'effroyable vérité (que nous découvrons encore mieux au cours du récit). Mais est-ce que cela sera suffisant? C'est un roman caustique avec une pointe de vitriol où vérité et mensonge font bon ménage mais dans lequel Levison montre une fois de plus son empathie pour ses personnages. J'ai aimé ce roman tout comme Krol, Claude le Nocher et Baz'art.

Une fois de plus, Iain Levison ne m'a pas déçue après les réussites d'Un petit boulot, Tribulations d'un précaire, Arrêtez-moi là! et Une canaille et demie. C'est un écrivain qui sait se renouveler.

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vendredi 20 avril 2018

Un travail à finir - Eric Todenne / La petite gauloise - Jérôme Leroy / 115 - Benoît Severac

Décidément, les auteurs de polars français n'ont rien à envier à leurs homologues étrangers.

Voici trois romans que je recommande chaleureusement.

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Un travail à finir (Viviane Hamy, 276 pages) a été écrit sous un pseudo. Derrière Eric Todenne se cachent Eric Damien et Teresa Todenhoefer (deux écrivains que je ne connais pas). A Nancy, dans une maison de retraite, un vieux pensionnaire atteint d'Alzheimer est retrouvé mort suite à une chute qui se revélera ne pas être accidentelle. Lisa qui travaille dans cette institution prévient son père, Philippe Andreani, un policier sur la touche, que l'homme décédé n'avait pas de numéro de sécurité sociale. Responsable d'une bavure policière, le lieutenant Andreani a maille à partir avec une psychologue qui doit décider s'il peut réintégrer ou non son poste, mais Francesca est une jolie femme... Andreani démarre néanmoins une enquête sur le vieux monsieur décédé après avoir appris la mort d'un deuxième pensonnaire d'origine algérienne. Il est aidé par un collègue, Couturier, et d'une manière indirecte soutenu par Pierre Timonier surnommé le "Grand Sérieux", tenancier d'un bar appelé aussi "Le Grand Sérieux". Timonier, un ancien légionnaire, doit son surnom à ses lectures classiques à haute voix qu'il assène à ses clients, et il fait souvent des citations en latin comme "Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia". "De la possibilité d’une chose, on ne doit pas conclure à son existence". Durant ses investigations, Andréani affronte un notable de la ville et l'enquête va le mener à se pencher sur le passé de son père, François Andréani, qu'il n'a pas vu depuis 20 ans, et sur certaines exactions pendant la guerre d'Algérie. Un polar à découvrir. Lire le billet de Marque-page.

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Je continue avec Jérôme Leroy et La petite gauloise (La manufacture de livres, 141 pages . C'est plus une longue nouvelle qu'un roman. Pour moi, plus que l'intrigue, ce qui frappe dans La petite gauloise, c'est l'écriture, le style. Jérôme Leroy n'a pas peur de se répéter. Il a un côté pince-sans-rire qui me plaît beaucoup. Une fois de plus, après Le Bloc et l'Ange gardien, il tape là où ça fait mal. L'histoire se passe dans une "grande ville portuaire de l'Ouest de la France, connue pour son taux de chômage aberrant, ses chantiers navals agonisants et sa reconstruction élégamment stalinienne après les bombardements alliés de 1944", une municipalité dirigée par l'extrême-droite, le "Bloc patriotique". "Le capitaine Mokrane Méguelati avait quinze ans le 11 septembre 2001. Son père épicier faisait Arabe du coin dans une ville-dortoir en Ile-de-France où il vendait des pâtes ou du lait aux salariés qui n'avaient pas eu le temps de passer au supermarché après trois heures dans des transports divers et vétustes" (p30).

Avant d'être abattu par un autre flic un peu plus tard dans la soirée, Mokrane Méguelati avait un rendez-vous avec un indic dans un bar, une fusillade s'ensuit. "Le capitaine Mokrane Méguelati riposte à l'aveugle et vide la moitié de son chargeur pendant que d'autres rafales de kalash transforment le bar de l'Amitié en avant-poste de Mossoul, Alep ou Kobané, enfin vous voyez, un de ces endroits où l'Occident chrétien fait couragement barrage à la barbarie islamiste comme dirait par exemple le nouveau maire du Bloc Patriotique avant de supprimer l'accès aux crêches pour les enfants de chômeurs." (p34). Tout le texte est dans ce style. On aime ou on n'aime pas, à vous de voir. Moi j'aime.

Quant à la petite gauloise du titre, je vous laisse découvrir qui elle est, on le devine avant de le savoir et la tragédie qu'elle provoque.

Lire les billets de Yan et Claude le Nocher.

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Je termine avec 115 de Benoît Severac (La Manufacture des livres, 285 pages). J'ai eu le plaisir de retrouver la vétérinaire toulousaine Sergine Hollard, rencontrée dans Le chien arabe (ce roman porte maintenant un nouveau titre "Trafics"). 115, c'est le numéro du Samu social. L'histoire se passe encore dans les quartiers nord de Toulouse. Deux jeunes femmes, réfugiées albanaises prostituées de force, échappent à la vigilance de leurs "macs" et se réfugient dans un camp de gitans. C'est là que Nathalie Decrest, chef de groupe du commissariat de quartier, que l'on a aussi rencontrée aussi dans Le chien arabe, les trouve. Nathalie et son groupe étaient là avant tout pour arrêter les combats de coq et saisir les volatiles. D'où la présence de Sergine. Séverac nous plonge dans l'univers des centres d'hébergements de migrants, de sans-papiers, où officient des bénévoles plus ou moins bien intentionnés. Sergine, qui a décidé de créer une clinique vétérinaire ambulante pour les animaux de sans-abris, croise des SDF, des personnes précaires comme Odile, une pochetronne attachante avec son chien Patrick, deux soeurs jumelles Charybde et Scylla (elles méritent bien leur nom, elles sont mauvaises comme la gale), un certain H.K et son chien, et Cyril, un jeune autiste. On va suivre le destin tragique des deux Albanaises, l'une d'elle a un petit garçon appelé Adamat. Benoît Severac arrive à ne pas tomber dans le glauque malgré le sujet. C'est souvent touchant. Vivement que l'on revoie Sergine toujours célibataire et Nathalie mariée à un enseignant très patient.

Lire le billet de Choupynette qui a aussi interviewé l'écrivain.

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jeudi 12 avril 2018

Red Sparrow - Martin Lawrence/ L'île aux chiens - Wes Anderson / La mort de Staline - Armando Iannucci / Hostiles - Scott Cooper

Voici quatre films vus en quatre jours (1 par jour). Je suis contente d'avoir pu retourner au cinéma. En effet, j'ai été privée d'un de mes loisirs favoris pendant presque une semaine (l'angoisse) car ma carte d'abonnement avait été perdue et/ou volée. J'en ai une nouvelle, je suis contente.

Red Sparrow de Martin Lawrence (le réalisateur des Hunger Games) est un bon thriller qui se regarde agréablement même si c'est un peu violent. Cela se passe de nos jours avec des espions russes et américains. Lors d'une représentation, une jeune danseuse étoile du Bolchoï, Dominika, se casse la jambe (son partenaire y est pour quelque chose). Sa carrière est brisée mais son oncle, agent du SVR (Service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie), l'engage comme "Red Sparrow" (moineau rouge). Elle est chargée de séduire des hommes à éliminer par les services secrets russes. En particulier, elle doit s'approcher d'un agent secret américain qui connaît un agent double. Le scénario est un peu complexe mais on est pris dans l'histoire. Le film dure 2H20 et se regarde sans ennui.

Je passe à L'ïle aux chiens de Wes Anderson qui est sorti hier, mercredi 11 avril 2018. Je l'ai vu en avant-première et j'en attendais beaucoup. J'avoue avoir été déçue. Le film a été tourné en "stop motion", image par image, avec des marionnettes. En 2040, au Japon, le maire d'une ville juge qu'il y a trop de chiens infectés par la grippe canine. Il les condamne à la déportation sur une île "poubelle" au large des côtes nippones. Atari, 12 ans, un garçon, pupille du maire, part à la recherche de Spot, son chien qui a été le premier à être envoyé sur l'île. Des compagnons à quatre pattes vont l'aider dans sa recherche. J'ai vu le film en VO sous-titrée, c'est-à-dire en anglais et en japonais. Déjà, ce parti pris m'a perturbée. Les humains parlent japonais, les chiens parlent anglais (pourquoi pas?), mais le dialogue en japonais était parfois traduit, parfois non. J'ai été un peu perdue. Il y a quelques "flash-back", et somme toute, visuellement, j'ai trouvé l'ensemble laid. Une déception donc.

La mort de Staline d'Armando Iannucci (In the Loop) est un film anglais qui va vite à tous points de vue. Les dialogues fusent, la caméra ne tient pas en place. L'histoire est une adaptation d'une bande dessinée française écrite et dessinée par Thierry Robin et Fabien Nury (Editions Dargaud). En mars 1953, Joseph Staline est victime d'une hémorragie cérébrale. Ses proches collaborateurs dont Khrouchtchev (Steve Buscemi, excellent) vont attendre 2 jours pour annoncer le décès du Petit Père des peuples. Pendant ces deux jours, on assiste à une lutte pour savoir qui va devenir le nouveau chef de la Russie. En l'occcurence, c'est Malenkov qui est choisi. Khrouchtchev est désigné volontaire pour l'organisation des obsèques. Pendant ce temps, les listes de noms de personnes à exécuter continuent de circuler grâce à Lavrenti Beria, le responsable des purges staliniennes en tant que chef du NKVD. Un film à voir pour les acteurs qui sont tous excellents.

Je termine avec Hostiles de Scott Cooper, un film qui m'a beaucoup plu. Tinalakiller et Pascale sont totalement conquises. Une histoire qui prend son temps, qui émeut. La séquence d'ouverture, le massacre d'une famille (sauf la mère) par des guerriers comanches, est saisissante. En 1892, le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale, impeccable), devenu une légende dans l'armée américaine, est chargé à son corps défendant de ramener un Indien mourant et la famille de celui-ci dans le Montana. Blocker déteste les Indiens. Dès le début du voyage, le cortège croise la route de Rosalie Quaid (Rosamund Pike, magnifique), la mère survivante. Elle décide de les accompagner. Il y a peu de dialogues, aucune scène en trop. Les paysages et la lumière sont magnifiques et la fin bouleversante. Un très beau film que je recommande.

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vendredi 23 février 2018

Offshore - Petros Markaris / Prendre les loups pour des chiens - Hervé Le Corre

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J'ai été ravie de retrouver le commissaire Costas Charitos, sa femme Adriani (cuisinière hors-pair), sa fille Katérina et son gendre Phanis. Petros Markaris continue de situer ses intrigues policières dans le contexte de la Grèce en pleine crise financière. Mais dans Offshore (Editions du Seuil, 297 pages), la Grèce qui a désormais à sa tête un nouveau parti ni-de-droite-ni-de-gauche (suivez mon regard) est en train de sortir de cette crise grâce à une manne financière tombée du ciel. Mais d'où vient l'argent, se demandent certaines personnes comme Adriani? Les fonctionnaires vont à à nouveau recevoir leur salaire, tandis que les magasins d'alimentation sont à nouveau achalandés. Les affaires reprennent, les crimes aussi. Charitos et ses collègues enquêtent sur trois meurtres commis à peu de temps d'intervalle: un armateur, un cadre supérieur de l'office du tourisme et enfin un journaliste à la retrraite. Charitos connaissait bien ce dernier (voir les romans précédents). Les coupables tous différents mais issus de minorités sont rapidement appréhendés et ils avouent tout de suite. Charitos comprend que quelque chose "cloche". Je vous laisse découvrir qui sont les vrais coupables et surtout "d'où vient l'argent". Un bon moment de lecture. Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu les quatre romans précédents avec la crise grecque comme toile de fond. Mais lisez-les pour le plaisir. Offshore est le 10ème roman avec le commissaire Charitos. J'espère que M. Markaris ne va pas s'arrêter en si bon chemin.

 

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Je passe maintenant à un roman noir, très noir, Prendre les loups pour des chiens d'Hervé Le Corre (Editions Rivages/Seuil, 317 pages). J'ai été tentée grâce au billet de Jérôme qui l'a choisi comme son roman de l'année 2017. Je n'irai pas jusque là, peut-être parce que j'ai déviné qui était le "méchant" de l'histoire. Franck sort de prison où il vient de purger une peine de 5 ans pour braquage. Il s'attendait à ce que Fabien, son frère aîné (c'est lui avait gardé l'argent) vienne le chercher. A la place, se présente Jessica, moins de trente ans, une jeune femme à la sexualité exarcerbée qui vit avec sa fille Rachel, mutique (elle a 8 ans, presque 9). Toutes les deux vivent dans une maison isolée avec Roland et Maryse, les parents de Jessica. Il y a un énorme molosse noir qui répond au nom de Goliat. La maison est située en Gironde dans la région de Langon / Bazas (personnellement, je connais bien). Roland et Maryse sont usés, flétris et pas très sociables. Lui maquille des voitures volées qu'il vend à un gitan, et elle fait des ménages dans une maison de retraite où il n'y a que "des vieux". Franck tombe immédiatement sous le charme de Jessica. Il est "accro" et il la suit presque partout et en particulier quand elle rencontre des gens peu recommandables. Quant à Rachel, elle voit, elle observe, ne se plaint jamais même quand Jessica lui donne des coups. L'absence de Fabien parti en Espagne soit-disant pour affaires rend Franck un peu inquiet. En effet, Fabien ne donne aucun signe de vie...

A la différence de Jerôme, l'écriture de Le Corre ne m'a pas marquée plus que cela. C'est un polar noir de bonne facture mais pas exceptionnel. Je trouve que l'ensemble manque une peu de légèreté, d'humour, même si l'histoire ne s'y prête pas vraiment.

Lire le billet de Claude Le Nocher.

samedi 10 février 2018

Jusqu'à la garde - Xavier Legrand

J'ai vu Jusqu'à la garde de Xavier Legrand en avant-première dans une salle relativement pleine. C'est une histoire très dure. Un couple divorce. Antoine (Denis Menochet, impressionnant) et Miriam (Lea Drucker) passent devant une femme juge. Cette dernière doit décider les conditions de la garde du plus jeune enfant du couple. La fille aînée qui vient d'avoir 18 ans et vit avec sa mère, a un petit copain. Le fils, Julien qui appelle son père "l'autre" ne voudrait plus le revoir. Il l'a écrit noir sur blanc. Et pourtant, quelques jours après l'audition pendant laquelle les avocates ont plaidé pour leur client respectif, il a été décidé que le père aurait un droit de garde sur son fils. La scène en huis-clos avec la juge montre la maîtrise du réalisateur dans sa manière de filmer. Julien se force à aller avec son père un week-end sur deux. Les relations sont tendues, c'est le moins que l'on puisse dire. Au fur et à mesure que se déroule le film, on se rend compte  que ce père, un peu rondouillard et à l'air larmoyant peut devenir menaçant voire violent. La séquence finale laisse les spectateurs tétanisés. Le film qui est le premier long-métrage du réalisateur a été récompensé à juste titre du prix de la mise en scène et du prix du premier film au dernier Festival du film de Venise. A voir. Lire le billet d'Anne (larroseurarrose).

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