mardi 9 septembre 2014

Enemy - Denis Villeneuve / Maintenant ou jamais - Serge Frydman / The Salvation - Kristian Levring

En attendant des sorties plus consistantes au mois de septembre, voici trois films qui m'ont plus ou moins plu.

Je commence par Enemy de Denis Villeneuve qui m'a laissée assez perplexe. De nos jours, à Toronto, Adam Bell, professeur d'université, mène une vie terne avec sa petite amie. Cependant, quand le film commence, il assiste à des ébats amoureux, dans un lieu fermé, en compagnie d'autres hommes. Ce n'est pas la première fois. Plus tard, par hasard, grâce à une vidéo conseillée par un collègue, il découvre qu'il a un double, une copie conforme de lui-même. Adam mène son enquête qui le met en présence d'Anthony, son sosie parfait, un acteur mariée à une femme enceinte. Chacun rejette l'autre, cette gemellité fait peur. Au loin, dominant Toronto, l'araignée ("la mère") sculptée par Louise Bourgeois fait son apparition. Ces éléments que je vous livre ne donnent qu'une vague idée de ce qu'est l'histoire. J'avoue n'avoir pas compris où le réalisateur voulait en venir. Jake Gyllenhaal qui joue les deux personnages d'Adam et Anthony est très bien, Toronto est superbement filmée. Tout le film baigne dans les tons ocres. Mais je me suis passablement ennuyée devant ce film trop abstrait pour moi. Lire le billet de ffred nettement plus enthousiaste.

Je continue avec Maintenant ou jamais de Serge Frydman (qui a aussi écrit le scénario), avec LaÏla Bekhti et Nicolas Duvauchelle, qui est un film que j'ai bien apprécié. Une jeune femme qui donne des leçons de piano rêve d'une belle maison où elle vivrait avec mari et enfant. Malheureusement, son mari vient d'être licencié de la banque où il officiait. Elle décide de braquer cette banque avec l'aide d'un libéré sur parole (Nicolas Duvauchelle) qui lui avait volé son sac à main peu de temps auparavant. Ce film m'a paru avant tout une jolie histoire d'amour. D'ailleurs la fin que je ne dévoilerai pas pourrait faire penser à une suite. Le couple Bekhti/Duvauchelle m'a fait un peu penser à celui formé par Emanuelle Devos/Vincent Cassel dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001). Lire le billet d'Alex-6.

Je termine par The Salvation, un western danois (si, si) dans lequel Mads Mikkelsen, Eva Green et quelques autres font merveille. J'ai personnellement beaucoup aimé cette histoire assez violente. En 1871, quelque part aux Etats-Unis (au Texas?), Jon, un Danois, ancien soldat très bon tireur, vient attendre au train sa femme et son fils qu'il n'avait pas vus depuis sept ans. Tous les trois s'embarquent dans une diligence en compagnie de deux hommes violents qui violentent la femme de Jon et tuent aussi le jeune garçon. La vengeance de Jon est assouvie très vite sans savoir que le frère d'un des "méchants" fait régner la terreur dans une petite ville voisine. La trame est classique, un homme solitaire, une petite ville où les habitants pas très courageux ont peur et commettent des actes de lâcheté face à des "très méchants" dont un Corse joué par Eric Cantona (himself). Eva Green qui a perdu sa langue (au sens propre du terme) sait très bien manier le fusil. Une curiosité que je vous conseille. Lire le billet de Trillian.

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jeudi 28 août 2014

Les combattants - Thomas Cailley / Lucy - Luc Besson / Opération casse-noisette - Peter Lepeniotis

Vous pourrez constater que mes choix récents de cinéma sont éclectiques; mais il se trouve que pendant cet été, il y a eu peu de films nouveaux à se mettre sous les yeux. Dans un futur billet, j'évoquerai quelques "vieux" films que j'ai vus pendant cette période.

Cette fois-ci, je commence par Les combattants de Thomas Cailley avec Adèle* Haenel** (une jeune actrice qui monte) et Kévin Azaïs. C'est le premier long-métrage du réalisateur. Le film a été présenté dans la section de la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival international du film de Cannes. A cette occasion, il a été récompensé par plusieurs prix et les critiques sont élogieuses. Je ne savais pas du tout ce que racontait le film. Je ne suis pas sûre d'en savoir plus maintenant. Dans les Landes, Madeleine décide de faire un stage commando dans l'armée de terre (le plus dur qui soit). C'est un vrai garçon manqué. Arnaud, lui, est apprenti-menuisier auprès de son frère dans l'entreprise familiale. Il est captivé au premier regard par Madeleine lorsqu'il vient faire des travaux chez les parents de cette dernière. Ni une, ni deux, il s'inscrit au stage pour être avec elle. Elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Je trouve que le film démarre très bien, il y a de l'énergie, de l'humour; mais à partir du moment où les deux jeunes gens s'enfoncent seuls dans la forêt landaise, j'ai un peu décroché. Le côté "robinsonade" que prend l'histoire m'a laissée indifférente. Pour ma part, j'ai trouvé le film sympa mais sans plus.

Je continue avec Lucy de Luc Besson que mon ami voulait voir. Je l'ai accompagné en me disant "pourquoi pas". L'histoire n'a aucun intérêt et n'a ni queue ni tête (selon moi). Les effets psychédéliques sont plus ou moins réussis. Scarlett Johansson est très bien. Les méchants sont des Asiatiques (Coréens). Quelques scènes ont été filmées à la Sorbonne à Paris et j'ai trouvé la fin très frustrante: pauvre Scarlett réduite à devenir une clé USB. Le film a rapporté plus de 100 millions de dollars aux Etats-Unis (je pense que c'était l'objectif de Luc Besson).

Je termine par Opération casse-noisette, dessin animé destiné à un public à partir de 5 ans (ça va, je suis dans la tranche d'âge). Roublard (Surly en VO), un écureuil individualiste, est en quête de nourriture. Il compte bien garder pour lui tout seul ce qu'il va trouver car il vient d'être banni du parc où il vivait après avoir malencontreusement provoqué la destruction des réserves de nourriture stockées pour l'hiver. Dans la ville pleine de dangers, il repère un magasin où sont entreposés des sacs de noisettes. Avec l'aide de son copain Buddy, un rat mutique, il prépare une mise à sac pour récolter le plus de noisettes possible. Sa quête est semée d'embûches que je vous laisse découvrir. Le film m'a paru bien fait. J'ai aimé l'histoire et l'animation est réussie, mais il faut noter que les bambins dans la salle (1 pour 2 adultes...) n'ont pas ri. Je pense que les adultes (comme moi) l'apprécient plus que les enfants. Un film à voir une fois (mais pas plus) comme m'a dit mon ami en sortant de la salle.

* (et non Anaïs comme Bertfromsang (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer).

** (et non Hanael comme Martin (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer)

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mercredi 16 juillet 2014

Jimmy's Hall - Ken Loach

C’est l’été et je trouve que les sorties cinéma sont de moins en moins nombreuses (voire pas très intéressantes). Néanmoins, je suis allée voir Jimmy’s Hall, car j’apprécie les films de Ken Loach, et les autres sorties ne me disaient rien qui vaille. Vivement la rentrée… en ce qui concerne le cinéma.

Jimmy’s Hall (en compétition au dernier Festival de cinéma de Cannes) retrace l’histoire d’un moment dans la vie de James Gralton (1886-1945), de retour en 1932 en Irlande après un exil de 10 ans aux Etats-Unis. Gralton fut un des combattant de l'IRA qui avaient lutté contre le gouvernement britannique entre 1916 et 1922. Jimmy retrouve sa mère, son amour de jeunesse Oolagh (mariée et mère de deux enfants) ainsi que quelques autres connaissances, qui le poussent à rouvrir un vieux dancing laissé à l’abandon. Un endroit pour s'amuser, danser et aussi débattre de politique. C’est compter sans le poids de l’église catholique et l'opposition de quelques propriétaires terriens. Ils n'oublient pas que Gralton est membre du parti communiste. Il est vu comme une menace dans le comté de Leitrim où il compte bien se ré-établir. On devine ce qui a intéressé Ken Loach: faire le portrait d'un homme qui a voulu combattre le néolibéralisme et la domination des riches sur les pauvres. Il y a de nombreux parallèles avec le monde d'aujourd'hui. C'est un film bien interprété par des acteurs pas connus. Barry Ward qui joue Jimmy a un charme certain. Lire le billet d'Alex-6.

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jeudi 10 juillet 2014

On a failli être amies - Anne Le Ny / Duo d'escrocs - Joël Hopkins

Après Cornouailles de la même réalisatrice (le film ne m'avait pas convaincue), je vous recommande d'aller voir On a failli être amies car Karine Viard est formidable tout comme Emmanuelle Devos. L'histoire bien écrite se termine plutôt bien (selon moi). Les spectatrices dans la salle (nous étions une dizaine) avaient l'air très contentes de leur choix. Quelque part dans le centre de la France, Marithé (Karine Viard), une femme divorcée, travaille dans un organisme qui s'occupe de personnes en quête d'une nouvelle orientation professionnelle. Carole (Emmanuelle Devos) assiste à l'une de ces sessions sans révéler qui elle est vraiment. C'est par hasard, en entrant dans un restaurant "étoilé", que Marithé découvre que Carole est l'épouse du Chef, Sam, très bien joué par Roschdy Zem. On découvre assez vite que Carole voudrait changer de vie (avoir un haras) et prendre un nouveau départ, tandis que dans le même Marithé a des vues sur Sam. Le film est bien écrit. Et il faut avouer qu'une invitation dans le restaurant de Sam ne serait pas pour me déplaire.

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Et maintenant, je vais dire deux mots de Duo d'escrocs, un film que j'ai vu dans un moment de faiblesse, mais je ne le regrette pas, car le duo formé par Pierce Brosnan et Emma Thompson est irrésistible. L'histoire est abracadabrantesque: deux Anglais, Richard et Kate (Brosnan et Thompson), la cinquantaine tous les deux, sont divorcés depuis quelques années. Eprouvant encore des sentiments l'un envers l'autre, ils s'unissent pour se venger d'un méchant homme d'affaires français (!) qui par un rachat d'un fond de pension vient de les dépouiller de l'argent de leur retraite prochaine. Cela nous permet de faire une virée en leur compagnie à Paris et sur la Côte d'Azur (dans une très belle demeure surplombant la mer). Les différentes péripéties qui jalonnent le film sont complétement invraisemblables mais je me suis bien amusée. Un film que l'on peut toutefois attendre en DVD.

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mardi 4 mars 2014

Trois romans policiers lus et non commentés depuis début février 2014

J'aime beaucoup lire des romans policiers très différents et écrits par des écrivains de toutes origines. Je dois dire qu'en ce moment, j'en lis pas mal.

 

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Je commencerai donc par le lauréat du prix du Quai des orfèvres 2014 (le gagnant reçoit comme prix un chèque de 777 euros, montant inchangé depuis plusieurs années, et les éditions Fayard publient le roman récompensé). Le sang de la trahison (430 pages) d'Hervé Jourdain (de son métier capitaine de police au sein de la brigade criminelle) se passe au sein du "36" (quai des Orfèvres) à Paris, sur l'île de la Cité. Quelques magistrats et journalistes sont assassinés avec un vieux pistolet. Sur eux, l'assassin a laissé des morceaux de sucre, des cartes postales (représentant des vues de Paris) ou des romans policiers (comme ceux écrits par Gaboriau ou Simenon) et encore des recueils de poèmes. Zoé Dechaume, jeune "brigadier" qui vient d'être nommée à la brigade criminelle, enquête avec l'inspecteur Bonnot et le capitaine Desgranges. L'histoire est rondement menée. Ce n'est pas trop mal écrit même si ce n'est pas de la grande littérature. Pour faire plus authentique, Hervé Jourdain utilise des termes d'argot de la police. Je ne trouve pas que cela rajoute grand-chose. Roman idéal à lire dans les transports.

 

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Maintenant, je passe à Une canaille et demie (Edition Liana Levi, 220 pages) de Iain Levinson. C'est le quatrième roman que je lis de cet auteur. L'histoire se passe dans l'est des Etats-Unis, Dixon, fraîchement libéré de prison, braque une banque avec quelques comparses. Rien ne se passe comme prévu (surtout pour le lecteur), car Dixon en cavale va retenir plus ou moins en otage un universitaire, Elias White, très porté sur les jeunes filles et et qui ne cache pas ses sympathie pour le Troisième Reich. Un troisième personnage apparaît, une femme, Denise Lupo, agent du FBI qui en a plus qu'assez du machisme au sein du bureau. L'avancement qu'elle peut espérer se fait attendre car elle est une femme. Je ne vous en dirais pas plus sur ce roman qui ne se termine pas du tout de la façon que j'avais imaginé. Je conseille.

 

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Après L'hiver du commissaire Ricciardi, nous retrouvons le commissaire Luigi Alfredo Ricciardi dans Le printemps du commissaire Ricciardi (Rivages noir, 420 pages), enquêtant toujours à Naples en avril 1931 (quelques semaines après l'histoire précédente). Avec son adjoint, le brigadier Raffaele Maione, il enquête sur la mort de Carmela Calie, une usurière qui est aussi cartomancienne, sauvagement assassinée. Le commissaire, lui-même, a un don pour voir les morts, surtout les décédés de morts violentes. Dans ce roman, j'avoue avoir été un peu perdue au début avec la grande quantité de personnages, suspects potentiels. Maurizio de Giovanni passe très vite d'un personnage à l'autre, à chaque paragraphe. Ce sont tous des suspects potentiels avec des mobiles. Il faut vraiment attendre la toute fin pour découvrir le coupable qui est un être perturbé. Comme dans L'hiver..., le monde du théâtre et les acteurs sont des éléments essentiels dans l'histoire. J'espère que Maurizio de Giovanni ne s'arrêtera pas là.


mardi 21 janvier 2014

R - Tobias Lindholm / Le loup de Wall Street - Martin Scorsese / Yves Saint-Laurent - Jalil Lespert

Voici trois films que j'ai vus depuis le 1er janvier 2014.

Je commence par R du réalisateur/scénariste Tobias Lindholm (réalisateur/scénariste de Highjacking et co-scénariste de la série télé Borgen et de La chasse de Thomas Vinterberg). R, qui date de 2010, est aussi co-réalisé par Michael Noer. Dans R, on retrouve l'acteur Pilou Asbaek (vu dans Highjacking et Borgen) qui interprète le rôle de R (pour Rune), un détenu fraîchement arrivé dans une prison danoise. Il devient le souffre-douleur (si je puis dire) de certains co-détenus. Il va vivre une descente aux enfers dont il ne se relèvera pas, il n'est pas le seul. Comme je l'ai pensé et lu par ailleurs, l'histoire fait penser à Un prophète de Jacques Audiard mais en plus noir, plus glaçant. R est un garçon intelligent et plein d'idées, il n'a pas froid aux yeux mais il est seul ou presque contre tous les autres (des brutes qui font régner la terreur dans l'enceinte carcérale). On comprend aussi qu'il y a des barrières raciales: les Danois contre les autres (Albanais, Musulmans de tous pays, etc.). Jusqu'au bout, j'ai cru que Rune allait s'en sortir, ce n'est pas le cas (je vous laisse découvrir comment et pourquoi). Un film dur mais intéressant. Lire le billet de Chris.

Maintenant, je continue par Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese. Je ne m'étais pas précipitée pour le voir, n'ayant pas été convaincue par la bande-annonce. C'est un film long (presque trois heures) qui raconte une histoire vraie, celle de l'ascension et de la chute d'un agent de change (un "stockbroker"), Jordan Belfort, qui dans les années 2000 a vendu des actions qui ne valaient rien par son seul sens de la persuasion à des perssonnes crédules. Multimilliardaire, il va mener une vie dissolue (drogue, sexe, etc). Poursuivi par le FBI pour fraude fiscale. sa chute sera éclatante: il purgera même une peine de prison. C'est brillamment réalisé mais j'avoue que j'ai eu du mal à m'attacher à cet homme peu recommandable. Leonardo di Caprio fait une composition mémorable. En ce qui me concerne, j'ai vu ce film une fois, je ne pense pas le revoir un jour. Lire le billet très positif de Leunamme.

Je terminerais par Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert, film qui a reçu l'aval de Pierre Bergé. Je retiendrai de ce film assez anecdotique l'interprétation de Pierre Niney (il EST Yves Saint-Laurent). Pour le reste, on ne voit pas le couturier en train de créer ses modèles (ou très peu), on suit plutôt ses amours éphémères et on regrette ses addictions malheureuses. On a du mal à cerner l'homme, Yves Saint-Laurent, qui était un être torturé et maniaco-dépressif (qui ne vivait semble-t-il que pour ses créations). Pour résumer, le film est un portrait superficiel d'Yves Saint-Laurent vu par Pierre Bergé (joué par Guillaume Gallienne) qui est le narrateur de l'histoire. J'ai regretté que les défilés de mode soient mal filmés: le réalisateur s'attarde sur les visages des mannequins qui défilent et presque pas sur les créations du couturier. J'attends avec intérêt le second film réalisé par Bertrand Bonnello consacré au couturier, qui doit sortir en octobre 2014 (sans avoir, lui, reçu l'approbation de Pierre Bergé...) [Saint Laurent, chroniqué le 05/10/2014].

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mardi 7 janvier 2014

Gun crazy - Joseph L. Lewis / Rendez-vous avec la peur - Jacques Tourneur

Avant de continuer dans les nouveautés cinéma, je fais un billet sur deux "vieux" films ressortis en coffret DVD et Blu-Ray édition "collector" (je me suis offert ces deux plaisirs pour Noël). Le point commun de ces deux films (mis à part qu'ils sont très bien) est que le premier rôle féminin est interprété par une actrice peu connue: Peggy Cummins.

D'abord Gun Crazy (Le démon des armes) de Joseph L. Lewis (1950), un excellent film "noir" de série B qui fut un échec commercial à sa sortie et qui fut redécouvert (notamment par moi) sur grand écran à la fin des années 90. Bart et Laurie ont une passion commune, les armes à feu. Ils se rencontrent dans une fête foraine: elle, championne de tir, est une des attractions de cette fête. Bart, qui aime les armes et est aussi excellent tireur (mais sans aimer tuer) est fasciné par cette femme qui l'entraînera à sa perte. C'est un film haletant, très moderne dans sa narration. Ces deux amants maudits (préfigurant Bonnie and Clyde, béret et lunettes noires compris) commettent une série de braquages où personne n'est blessé. Mais comme Laurie veut toujours plus, ils vont commettre le braquage de trop. On se souvient longtemps de Laurie (Peggy Cummins), très femme fatale et aguicheuse. Bart (John Dall), lui, n'arrête pas de tergiverser, mais comme il aime Laurie, il la suit jusqu'au bout dans leur escalade criminelle. Leur histoire d'amour impossible est belle et tragique. Pour compléter le DVD, on trouve un livre intégré dans le coffret. Il comporte beaucoup de photos, du texte sur le tournage, le script, des fac similé (je n'ai pas tout lu). Dalton Trumbo qui n'est pas crédité au générique est l'auteur du script final. Si vous avez l'occasion, essayez de voir ce film...

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... tout comme Rendez-vous avec la peur (Night of the demon) de Jacques Tourneur (1957). Je l'ai adoré la première fois que je l'ai vu au" cinéma de minuit", il y a quelques années. Je suis contente qu'il soit sorti en DVD. L'histoire tourne autour de la démonologie, de runes sur un parchemin, d'un monstre cornu que l'on voit au début et à la fin, de superstitions et de cartésianisme. Ce film fantastique est un des meilleurs tourné par le réalisateur. Il y a une atmosphère pesante pendant tout le film, du fait que l'on sait dès le début qui est le "méchant" de l'histoire. Il a beau se déguiser en clown pour distraire les petits enfants, on sent le danger. Une angoisse sourde plane en permanence. Pour résumer l'intrigue: John Holden, un psychologue américain cartésien (Dana Andrews) est chargé de démasquer un charlatan anglais, le docteur Julian Karswell, qui terrorise ses détracteurs, jusqu’à provoquer leur mort. La première victime du docteur est le professeur Harrington. Joanna (Peggy Cummins), la nièce du professeur, demande à John Holden d'enquêter sur cette mort. Comme pour Gun Crazy, un livre (144 pages) accompagne le DVD: il comporte du texte, des photos, des anecdotes. Vraiment intéressant.

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Deux films à voir et à revoir

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vendredi 6 décembre 2013

Hunger Games (L'embrasement) - Francis Lawrence

Voilà un des deux films vus à 2 jours d'intervalle dans un nouveau cinéma qui vient d'ouvrir en octobre 2013. Il est situé au nord de Paris dans le XIXème arrondissement. Il est équipé de grandes salles avec de grands écrans: des conditions assez idéales pour bien profiter des films.

Hunger Games (L'embrasement) est la suite de Hunger games (c'est préférable d'avoir vu cette première partie pour mieux comprendre la seconde): Katniss Everdeen (la gagnante des 74èmes Hunger games) est revenue dans sa famille dans le 12ème district et elle chasse à l'arc. En compagnie de Peeta Mellark (l'autre gagnant), elle est chargée de faire le "tour des vainqueurs" en allant dans chaque district pour prononcer un discours apaisant et bien rôdé afin d'éviter toute révolte (les gens n'ont pas oublié les victimes des 74èmes Hunger games). Mais le président Snow se méfie de Katniss, et, ne la trouvant pas assez convaincante, il décide de l'éliminer en organisant les 75èmes jeux: des anciens vainqueurs, dont elle et Peeta, vont devoir de nouveau s'affronter dans un combat à mort, sauf que cette fois-ci des alliances se forment et la révolte gronde. Comme pour le premier, j'ai trouvé l'histoire assez captivante (avec quelques moments assez violents voir effrayants comme la séquence des singes, la gueule ouverte avec des dents pointues) et sans temps mort. On revoit les mêmes acteurs (Donald Sutherland, Stanley Tucci, Woody Harrelson et Jennifer Lawrence) avec quelques nouveaux venus (Philip Seymour Hoffman, Jeffrey Wright et Amanda Plummer). Suzanne Collins (l'auteur des romans), qui a participé à l'adaptation, sait ménager le suspense. Preuve en est que quand le film se termine, on attend la suite avec impatience. Cela va se concrétiser par Hunger games: la révolte qui sera divisé en deux films, l'un sortira en 2014 et le dernier en 2015.

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samedi 9 novembre 2013

Puzzle - Franck Thilliez / Demain j'arrête! - Gilles Legardinier / Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

 Voici trois romans lus récemment.

Je commencerai par Puzzle (Editions Fleuve noir), le nouveau roman de Franck Thilliez. Il a même bénéficié de la pub dans le métro parisien, c'est dire. Je résumerais mon sentiment sur ce roman en deux onomatopées: mouai, bof. C'est le premier Franck Thilliez que je lisais. J'ai fait figure d'extra-terrestre face à tous les fans de cet écrivain (et ils semblent nombreux). En effet, à l'occasion d'une soirée privée (à Paris) organisée par une enseigne très connue, trente personnes -dont moi- ont rencontré Franck Thilliez, qui fêtait ses 40 ans le 17 octobre dernier. Franck Thilliez nous a expliqué parmi d'autres choses qu'avant de commencer un roman, il se documentait beaucoup sur les faits divers scientifiques ou autre. En l'occurrence, Puzzle tourne autour d'un jeu de rôle virtuel et réel, "Paranoïa", et de la découverte par des policiers d'un crime de masse dans un chalet en montagne. En effet, 8 personnes ont été assassinées avec un tournevis orange. Sinon, le roman qui traite de schizophrénie et de psychiatrie se passe en grande partie dans un hôpital psychiatrique désaffecté en pleine montagne. Là, un homme nommé Hadès est le maître d'un jeu (une sorte de chasse au trésor) qui doit rapporter 300 000 euros au gagnant. Parmi les 7 candidats, il y a Ilan Dedisset et Chloé Sanders. Je ne vous en dirai pas plus, sauf pour souligner que le roman m'a paru long (428 pages tout de même), que c'est moyennement bien écrit et qu'au bout du compte, l'intrigue est embrouillée: j'ai été un peu perdue dans les méandres de l'histoire. Peut-être est-ce volontaire de la part de l'auteur? J'ai récupéré deux autres romans de Franck Thilliez dans ma PAL: Atomka (l'avant-dernier paru), et un volume qui rassemble ses deux premiers romans, Train d'enfer pour Ange rouge et Deuils de miel où l'on fait connaissance des deux personnages récurrents qui apparaissent dans un roman sur deux: le commissaire Sharko et le lieutenant Sibersky.

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Maintenant, voici Demain j'arrête! de Gilles Legardinier (Editions Pocket, 400 pages), qui a été chroniqué sur de nombreux blogs. Ecrit par un homme, ce roman nous raconte l'histoire de Julie Tournelle, jeune employée de banque dans une ville de province qui va devenir employée dans une boulangerie par amour pour Ric Patratas (cela ne s'invente pas). Ce jeune homme mystérieux semble cacher un secret. Tout le monde est beau et gentil dans ce roman: les hommes sont tous débrouillards, de vrais gentlemen envers les dames. En revanche, Julie m'a paru un peu godiche par moment, mais elle a un coeur en or. J'ai trouvé ce roman gentillet, mais pas de quoi fouetter un chat avec un bonnet péruvien.

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Pour terminer, j'ai continué ma découverte d'Arto Paasilinna (lire mon billet) avec Petits suicides entre amis (Editions Folio, 290 pages), et je n'ai pas été déçue. Une trentaine de finlandais déprimés, mélancoliques, ruinés (je vous laisse les découvrir) se retrouvent dans un beau car Pullman, car ils ont décidé de se suicider tous ensemble en faisant le grand saut dans l'océan au cap nord en Norvège, mais rien ne se passe comme prévu. Des récalcitrants de dernière minute retardent le moment fatal de passer de vie à trépas. J'ai suivi avec intérêt le voyage de ces personnages qui, après la Norvège, vont aller en Suisse et de là jusqu'au sud du Portugal, après avoir échangé des coups avec des Allemands querelleurs. Sans dévoiler la fin, on peut deviner que tout va bien se terminer pour les suicidaires qui vont retrouver le goût de vivre. Un roman vraiment sympa.

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samedi 2 novembre 2013

The snowpiercer - Bong Joon-ho / Le transperceneige - Rochette et Lob

Voici un film de science-fiction qui, selon moi, est réussi. Il ne s'agit pas d'une énième superproduction américaine, mais d'un film plus personnel réalisé par un cinéaste coréen, Bong Joon-ho (The Host ou The mother). Un train composé de dizaines et de dizaines de wagons, The snowpiercer (Le transperceneige), roule sans s'arrêter depuis 17 ans. En 2014, suite à  un cataclysme climatique provoqué par l'homme, la Terre est devenue un enfer glacé d'où toute vie a disparu. En 2031, les derniers humains sont entassés dans ce train, genre d'arche de Noé. On y trouve ainsi un immense aquarium où sont rassemblés des animaux des fonds marins et quelques végétaux préservés. Les plus miséreux des humains sont relégués dans les wagons de queue, entassés comme des prisonniers de camps de concentration. Vivant dans une grande promiscuité, ils se nourrissent (sans le savoir) de cafards transformés en plaquettes noires qui ressemblent à de la gomme. La révolte gronde quand deux jeunes garçons sont emmenés de force vers l'avant du train. Quelques-uns de ces hommes et femmes (régulièrement punis, humiliés, mutilés et comptés) se lancent à leur recherche et décident de remonter le train. Au fur et à mesure que les principaux protagonistes avancent vers l’avant du train, on découvre des passagers, enfants et adultes, nettement mieux lotis, qui vénèrent un dénommé Wilford qui a conçu ce train au mouvement perpétuel. Je vous laisse découvrir les nombreuses péripéties de ce film qui m’a plu tant au niveau de l’histoire (qui correspond à un condensé de notre monde actuel entre riches et pauvres, où certains sont plus égaux que d'autres) que du point de vue cinématographique. Tous les acteurs sont convaincants: Chris Evans, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton (méconnaissable avec son dentier et ses lunettes) et Octavia Spencer. Le dernier plan avec l'ours blanc est très beau.

Ce film est adapté du Tranperceneige (Collection A Suivre, Editions Casterman, 134 pages), une BD française en noir et blanc, dont le 1er tome a été pré-publiée de 1982 à 1983, que je viens de lire (tout au moins ce 1er tome). Il s'agit d'une série qui comporte trois volumes (qui vont reparaître). Elle a été créée par Jean-Marc Rochette (dessins) et Jacques Lob (texte, pour le 1er tome), lui-même remplacé par la suite par Benjamin Legrand (pour les deux tomes suivants, en 1999 et 2000). On retrouve l'idée de départ (le train au mille et un wagon dans un décor post-apocalyptique), mais pour le reste, le déroulement de l'histoire était assez différent dès le départ. Le personnage principal (Proloff), qui est dans un des wagons de queue, a tenté de s'échapper du wagon. Escorté par des militaires, on doit le mener vers l'avant du train. Une jeune femme, Adeline, l'accompagne. L'intrigue est peut-être plus resserrée.
En tout cas, je vous conseille le film et la BD.

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