samedi 2 mars 2013

Alceste à bicyclette - Philippe Le Guay / Möbius - Eric Rochant

Suite au billet de Gambadou, je suis allée voir Alceste à bicyclette de Philippe Le Guay (Les femmes du 6ème étage). C'est l'occasion de voir Fabrice Luchini en forme dans le rôle d'un acteur retiré du monde du spectacle depuis plus de 3 ans. Gauthier Valence (Lambert Wilson), star d'une sitcom, voudrait monter Le Misanthrope de Molière au théâtre. Pour ce faire, il a l'idée d'aller jusqu'à l'île de Ré où vit Serge Tanneur (Fabrice Luchini) afin de le convaincre de lui donner la réplique. Ils joueraient à tour de rôle Alceste et Philinte. Ce film permet de nous faire entendre les alexandrins de la pièce, et de constater (selon moi) que Fabrice Luchini n'est pas forcément l'acteur idéal pour jouer Alceste, il met trop d'emphase dans sa diction. Comme point de détail, je dirais que la coiffure de Lambert Wilson (la chevelure rabattue) ne lui sied pas du tout. Une grande partie du film se passe sous la pluie, heureusement que Maya Sansa, ravissante actrice italienne, apporte un peu de soleil avec son délicieux accent. Sinon, il faut voir ce trio se déplacer à bicyclette (dont l'une sans frein). Les relations entre Gauthier et Serge deviennent à l'image de celles d'Alceste et Philinte: houleuses et teintées de jalousie. Je vous laisse découvrir l'épilogue dans lequel le 113ème vers de la pièce est essentiel car il ne faut pas se tromper quand il s'agit de dire "effroyable" haine plutôt qu'effrayante ou indicible. Un bon moment de cinéma qui donne envie de se replonger dans Molière.

Par ailleurs, suite au conseil d'Alex et au billet de présentation très complet d'Alain, je suis aussi allée voir Möbius d'Eric Rochant. Et je suis un peu embêtée d'en parler, mais j'avoue que je n'ai rien compris à l'histoire si ce n'est qu'il s'agit une histoire d'espionnage financier (ou diplomatique?). On croise des espions russes, américains, monégasques (le film a été tourné pour partie à Monaco), un agent double, un espion russe amoureux d'une jeune Américaine, espionne et qui plus est "tradeuse" de talent. Pour rendre les choses plus complexes, on donne des surnoms à chaque agent. Au bout de cinq minutes du film, j'étais complétement perdue. D'autant plus que j'ai trouvé que la prise de son n'était pas terrible: je n'ai pas compris les dialogues du début. Jean Dujardin joue bien, même s'il n'est pas crédible en espion russe. J'ai trouvé que l'ensemble faisait très artificiel. C'est un film qui se prend très au sérieux, alors que certains dialogues (entre Cécile de France et OSS... pardon Jean Dujardin) m'ont semblé très "cucul la praline". Tout ça pour dire que je ne peux vraiment pas donner d'autre avis sur ce film.

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jeudi 8 novembre 2012

Nous... La cité - Rachid Ben Bella / Sylvain Erambert / Riadh Lakhéchène / Alexandre Philibert / Joseph Ponthus

Nous... La cité: voici un livre qui, pour un lecteur qui comme c'est mon cas, ne fréquente guère les "cités" ni les "quartiers", vous estomaque un peu: impression - exacte - de vivre dans un autre univers que celui qui y est évoqué. Suite à un article du Canard Enchaîné du 3 octobre 2012 qui en faisait une critique plutôt élogieuse (1), je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] me l'étais fait acheter dans (tant qu'à faire) une librairie cigalée.

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Entre quatre "djeun's" et un animateur de rue (Joseph - qui l'était à l'époque, qui ne l'est plus aujourd'hui), lui-même blogueur occasionnel (2) et possédant une plume bien affutée, ça a commencé par un article pour Le Canard et fini par ce livre. Son intérêt vient de ce qu'il ne s'agit pas d'une oeuvre linéaire mais composite, d'un tissage de témoignages thématiques rédigés chacun à l'opposé d'une dissertation, dont le "fil de chaîne" comme le contexte sont apportés par le récit de l'animateur. Déjà, rien que trouver des jeunes acceptant de participer à "l'expérience" n'était pas évident (trouver UNE rédactrice n'a pas été possible), pour qu'ils osent débiter devant nous leurs tranches de vie. Sur la forme, il est intéressant de relever l'appropriation progressive de l'écrit, depuis les débuts où l'on était davantage dans un cadre d'interviews collectives, jusqu'aux textes remis peu avant le "bouclage" que chaque jeune rédigeait désormais seul. Chacun a suivi son propre cheminement personnel pour devenir écrivain - mais aussi s'approprier l'écrit dans la vie de tous les jours: accessoirement, comme le souligne Joseph, écrire un courrier de type "lettre de motivation" ou un courrier au juge d'application des peines est parallèlement devenu une formalité facile. Le début de la route a aussi été parsemé de quelques expériences plus ou moins gratifiantes: se rendre à une conférence par les époux Pinçon (sociologues, auteurs notamment du Président des riches et de L'argent sans foi ni loi) au milieu d'un public "militant"; ou découvrir qu'être absorbé par un livre dans le RER peut permettre de se tirer d'un contrôle sans mal... Et le lecteur découvre, lui, des parcours de vie: depuis le gamin qui "provoque" le prof (pour ma part, je trouve personnellement cela affligeant! Pourquoi? Effet d'une "bêtise de groupe"? Qu'y gagner?), ou suit ensuite plutôt les cours de "l'école de la rue", puis (pour les sous ou pour l'adrénaline) tombe (monte, étape par étape) tout naturellement dans ce que les observateurs extérieurs nomment (à juste titre, je dirais) dans la délinquance, et qui semble à ces jeunes des cités un quotidien ordinaire (ou inversement): l'embrouille pour un regard, le vol, le "business" de la drogue ("shit" - il faut lire ce qui est presque un cours de marketing, exposant comment l'emporter face à la concurrence - en bichonnant la clientèle et par la qualité du service [et non par la kalachnikov, rajouterais-je!]). Et puis, la vingtaine bien tassée et après des séjours en prison pour "des conneries", arrive la volonté de "s'en sortir", en trouvant un boulot, une copine, et en mettant le gamin en route... avec les sursis qui courent pour tout un tas d'autres bêtises faites avant, parfois oubliées et qui vous rattrapent au mauvais moment (la justice peut être trop lente parfois). Car ces jeunes "de banlieue" surfent en permanence sur une ligne de crête: pas de filet de sécurité (si ce n'est les animateurs de quartier qui se (dé)vouent à la tâche sur le terrain - terrain qui les use, certainement, en une dizaine d'années, passés à faire en permanence du marquage "à la culotte" pour éviter les bêtises, lors d'une permission de sortie de prison par exemple). Pour les jeunes, le moindre accroc et c'est la dégringolade: retard à un RV judiciaire parce qu'un membre de la famille était malade et qu'il n'y avait personne d'autre pour le garder; ou un souci de santé qui empêche de travailler... souvent, le couperet tombe et c'est la révocation de sursis (affaire récente, mais aussi affaires plus anciennes... - "additionner les peines et les sursis rendrait fou un comptable"), donc la tôle, alors même qu'il y avait (eu) beaucoup d'efforts pour une "réinsertion" en cours dans la société. Même si leurs "codes" ne sont pas forcément les miens, ni leurs rapports à l'enseignement, Rachid, Sylvain, Alex ou Riadh nous ouvrent des fenêtres sur leur humour, leurs déconnades en bande, leurs savoir-vivre et règles à respecter, et leurs savoir-faire aussi. Je vais me permettre de distinguer (artificiellement?) ces compétences en "positives" et "négatives". Positif, le développement du sens de l'observation, le soin apporté à la qualité de l'information et, presque, les techniques d'enquête (journalistiques, je veux dire): savoir qui interroger pour reconstituer des faits; la solidarité (en prison...). Scène savoureuse où l'un des lascars expose dans le cadre d'un emploi potentiel ses expériences en commerce international (gestion de stock, marketing, relations clientèle...): le lecteur fait immanquablement (même si ce n'est pas écrit) le lien avec les [pages précédentes / quelques pages plus tôt] où sont dépeints le "terrain" et la "clientèle". Négatif: voler, maîtriser (pour la pratiquer) la violence et ses techniques, bafouer l'autorité et admirer ceux qui pratiquent le mieux ces défis... Je ne dis pas que ces témoignages se lisent comme un polar (on voit des personnes vivre leur quotidien, davantage que des mystères se résoudre); mais qu'il y aurait dans ce "vécu sociologique" de quoi donner des accents de vérité à bien des polars. J'ai également découvert dans ce livre un vocabulaire que je ne connaissais guère - mais est-ce celui de l'animateur ou de la cité? -: "moisi" employé dans un sens figuré, "avoir le chat noir", "vanner" (ce n'est pas séparer le bon grain de l'ivraie)...

Pour cette approche "sociologique", il ne m'a pas suffi de lire ce livre - tout est bien écrit dans son avant-propos. Mais j'ai eu le réflexe de consulter mon "autorité", en l'occurrence Wikipedia, avant de lire une deuxième fois le bouquin pour en "assimiler" la signification concrète. Et notamment, en filigrane dans le texte, les enjeux du secteur social (et plus particulièrement de la "prévention spécialisée"): restructuration des associations qui gèrent les éducateurs de rues, restrictions budgétaires, voire changement de la philosophie de leurs "missions"... Pendant ma lecture, je repensais à Chiens perdus sans colliers de Gilbert Cesbron (écrit il y a près de 60 ans - donc bien après l'ordonnance du 2 février 1945 sur l'enfance délinquante -, et que j'ai moi-même lu il y a plus de 30 ans): à l'époque, était concernée une autre population (je veux dire, pas forcément de la même "religion" ou avec la même "couleur de peau" - on les qualifierait aujourd'hui de "français de souche"), avec les mêmes problèmes (les mêmes causes produisant les mêmes effets?) - [des gosses de l'Assistance Publique]. La "couleur de peau" a changé (?). Mais pas le mal-être.

En conséquence, pour conclure, je me permets de citer le passage de l'article de Wikipedia sur la prévention spécialisée qui me paraît le plus pertinent pour montrer le travail accompli:
"Le public concerné par la prévention spécialisée:
Il est plus difficile à identifier aujourd'hui qu'il ne l'était dans les années de sa fondation. À l'époque, il s'agissait surtout d'un public d'adolescents perturbateurs, souvent organisés en bandes. Aujourd'hui, les équipes sont en présence d'une dégradation des relations sociales à la fois plus diffuses et de plus grande ampleur qui concernent les enfants, les jeunes et les adultes. Le public de la prévention spécialisée se caractérise par de faibles perspectives d'avenir, ou parfois même par une absence totale, par des difficultés à s'approprier son histoire et ses expériences. Les rapports au temps, à l'espace, à la réalité sont souvent perturbés. Le jeune vit dans l'immédiat, ne peut concevoir un projet à plus ou moins long terme."

(1) J'ai préféré vérifier pour ne pas donner une fausse référence comme cela m'était déjà arrivé. Il s'agit bien d'un article du Canard, signé Jean-Luc Porquet. Et j'ai en prime pu y relever l'explication en note sur la locution "Wesh" qui revient assez souvent dans le livre: "expression passe-partout fréquemment utilisée dans les quartiers populaires".

(2) On trouve des articles de lui, entre autres, sur le site de Article11.

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jeudi 18 octobre 2012

Dans la maison - François Ozon / Le magasin des suicides - Patrice Leconte

Voici deux films qui n'ont rien en commun l'un avec l'autre, que j'ai été voir tout dernièrement et dont je voulais parler.

D'abord Dans la maison de François Ozon encensé par la critique. Pour ma part, je m'attendais peut-être à autre chose par rapport au déroulement de cette histoire. Un élève, Claude Garcia, fraîchement arrivé dans un collège "pilote", écrit des dissertations sur la vie d'une famille (qu'il côtoie en donnant des cours de maths au fils de la famille). Il ménage le suspens en terminant chaque dissertation par "A suivre". Germain, le prof de français, lit cette prose à haute voix chez lui, sa femme étant une auditrice attentive. Responsable d'une galerie d'art contemporain, elle devine assez vite que Claude est peut-être dangereux voire pervers sous son visage d'ange. Germain, écrivain raté, s'attache plus au style des textes et trouve que Claude a du potentiel. Bien entendu, un grain de sable va tout faire exploser. J'ai noté le clin d'oeil du réalisateur à Fabrice Luchini (très bien) quand ce dernier est assommé dans une séquence par un gros exemplaire du Voyage au bout de la nuit de Céline (un des textes que Luchini a interprété sur scène). Kristin Scott Thomas et Emmanuelle Seigner sont aussi pas mal du tout. C'est l'arrière-plan de l'histoire qui est bancal avec des personnages caricaturaux, comme celui du père de famille épié par Claude. Pas mal mais pas génial à mon avis.

En revanche - et tant pis pour les mauvaises critiques lues et entendues - j'ai beaucoup apprécié Le magasin des suicides de Patrice Leconte. Adapté d'un roman de Jean Teulé que je n'ai pas encore lu, ce film d'animation nous fait rencontrer une famille pas banale, les Tuvache: Mishima, Lucrèce et leur trois enfants qui sont propriétaires d'un magasin où l'on trouve tout pour se suicider. Tout est fait "maison" ou presque. Parmi les trois enfants, le petit dernier fait figure de vilain petit canard car il est heureux de vivre et sourit tout le temps à la différence des deux autres. L'histoire est ponctuée de morceaux de musique et de chansons pas mal du tout (pour mes oreilles). J'ai passé un très bon moment et je n'ai pas boudé mon plaisir.

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vendredi 24 août 2012

A perdre la raison - Joachim Lafosse

Voici un film prenant et dérangeant. De nos jours, en Belgique, Murielle (Emilie Dequenne), une belle jeune femme professeur de français, tombe amoureuse de Mounir (Tahar Rahim), marocain d'origine et fils adoptif depuis plus de 20 ans du docteur Pinget (Niels Arestrup). Pendant 1H50, on assiste, la gorge nouée, au délabrement mental de Muriel qui sombre dans la dépression, entre un mari amoureux mais complètement dominé par son père adoptif et ce docteur, personnage au charisme certain mais terrifiant, qui s'est insinué dans la vie de ce couple (devenus parents de quatre enfants (3 filles et 1 garçon). Il vit avec eux dans une grande maison. Le docteur couve ce fils en le faisant travailler à son cabinet. Pinget est un homme insaisissable et toxique qui est capable de faire du chantage par l'argent et aussi du chantage affectif. On sent que Muriel étouffe entre ces deux hommes (dont on ignore quelles furent les relations avant que Muriel n'entre dans leur vie). Elle est prise dans un étau, toute volonté annhilée. Elle sait qu'elle ne va pas bien du tout et va commettre l'irréparable qui se déroule hors-champ. Le réalisateur nous fait très bien sentir ce malaise pendant tout le film. La séquence où Muriel s'effondre en pleurant sur le volant de sa voiture en écoutant "Femmes, je vous aime" de Julien Clerc est bouleversante. Emilie Dequenne a amplement mérité son prix d'interprétation féminine dans la section "Un certain regard" du festival de Cannes de cette année. Beau film mais assez éprouvant malgré tout.

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Sinon, dans deux jours (le 26/08/12) se termine l'exposition Ahae dans le jardin des Tuileries (lire le billet enthousiaste d'Aifelle). Je m'y suis rendue et je vais être un peu rabat-joie. En effet, bien que l'exposition soit belle (encore qu'elle ne soit pas exceptionnnelle), bien présentée (il s'agit de quelques dizaines de photos parmi les 2 000 000 que l'artiste coréen a prises pendant 2 ans de sa fenêtre) et que l'entrée soit libre, j'ai constaté, dans la boutique attenante à l'expo, les prix exhorbitants pratiqués sur des produits dérivés entièrement consacrés à l'artiste. Il s'agit de livres (reliés), posters, post-it, tapis de souris, cartes postales, marque-pages, foulards (très beaux), chocolats d'une grande marque (que je connais et qui sont très bons). Je serais curieuse de savoir si les livres/catalogues à 240 euros se vendent bien. Je me suis néanmoins consolée avec les cartes de visite (voir la première photo ci-dessous) que l'on trouvait à l'entrée et à la sortie. En prêtant l'oreille à une question d'un visiteur (étranger) enthousiaste, l'expo "tourne" et elle devrait se trouver au Château de Versailles l'année prochaine.

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samedi 18 août 2012

Le prénom - Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte

Voici un billet que je publie en retard pour cause de 15 août prolongé sur quelques champs de bataille 14-18 autour de Verdun (peut-être en parlerai-je une autre fois). Après moult hésitations, je me suis décidée à aller voir la semaine dernière, plus de trois mois après sa sortie, la comédie Le prénom d'Alexandre de la Patellière et Matthieu Lamotte. Aifelle en avait dit beaucoup de bien en son temps. Cette pièce de théâtre adaptée au cinéma (on retrouve l'unité de temps, de lieu et d'action) a bien mérité son succès public. A Paris, lors d'un dîner en famille, Vincent Larcher (Patrick Bruel), qui va bientôt être papa d'un garçon, essaie de faire deviner quel prénom ont choisi sa douce et tendre et lui. De prime abord, cette devinette anodine va avoir des répercussions non négligeables, des propos aigre-doux vont s'échanger ainsi qu'une révélation vers la fin du dîner. Les cinq acteurs qui ont l'air de beaucoup s'amuser prennent plaisir à dire le texte. Du point de vue mise en scène, on sent que c'est du théâtre filmé quand il y a quelques silences entre deux répliques. Pour les retardataires qui ne l'ont pas encore vu, allez-y.

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mercredi 25 juillet 2012

Film vus et non commentés depuis le 29/05/12 (suite)

Voici trois films français que je ne conseillerais pas vraiment, à moins que vous ne sachiez pas trop quoi faire pendant vos vacances.

Mains armées de Pierre Jolivet, qui se passe entre Marseille et Paris, se suit sans déplaisir, mais l'histoire m'a paru un peu embrouillée avec la collusion entre services (banditisme et stupéfiants). Il y a de très méchants Serbes dont un qui tue un jeune flic, plus, parmi les "méchants", un flic pas très net, et, côté "gentils" deux flics, dont un père (Roschdy Zem) qui retrouve sa fille fliquette (Leïla Bekhti) après qu'il l'ait abandonné pratiquement à sa naissance, ne s'étant pas senti prêt pour être père. Faute de mieux.

Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar, pour le plaisir de voir la région de Carhaix (Les Vieilles Charrues). Le scénario qui est tiré d'une idée (sic) manque de profondeur, de fantaisie, de quelque chose. La maternité de Carhaix est condamnée à la fermeture, et, pour ce faire, une DRH (Catherine Frot), envoyée de Paris, est chargée de mener à bien cette triste tâche. C'est sans compter que les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu et que le bowling qui est un vrai sport va jouer un rôle important. Même si le film nous montre la magnifique campagne bretonne vue du ciel, je le trouve dispensable à moins d'être une grande fan de Catherine Frot comme moi. C'est une idée de film avec une idée de scénario. Voir aussi le billet de Clara.

Paris-Manhattan, le premier film de Sophie Lellouche. Cette comédie qui se passe dans un milieu huppé où la mère a des problèmes d'alcool ne m'a pas parlé du tout. On voit une Alice (Alice Tagkoni), jeune pharmacienne fan des films de Woody Allen (à qui elle fait la conversation quand elle est toute seule) vieillir de 15 ans sans prendre une ride. Ses parents cherchent désespéremant à la marier depuis qu'Alice s'est fait "piquer" l'homme de ses rêves sous le nez par sa soeur, avocate. Nous assistons à la rencontre improbable d'Alice avec Victor (Patrick Bruel) un installateur en système d'alarme. Son personnage conquiert sa belle en la faisant rencontrer fortuitement Woody Allen himself à l'hôtel Plaza Athénée. Tout cela ne va pas bien loin. Très dispensable (à mon avis).

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dimanche 1 juillet 2012

The Deep Blue Sea - Terence Davis / La part des anges - Kenneth Loach

Heureusement qu'il y a Rachel Weisz dans The Deep Blue Sea de Terence Davies car j'ai trouvé la musique assez insupportable (un peu solennelle à mon goût) surtout pendant les 5 premières minutes du film où le réalisateur filme une suite de plans sans paroles. Je me suis demandée si je ne m'étais pas trompée de film et si j'allais rester jusqu'au bout (c'est dire). L'histoire d'amour déchirante ne m'a pas émue une minute. C'est trop cérébral pour moi. Je n'ai rien ressenti devant le malheur de cette femme en proie à la passion et son amour vain. En revanche, j'aime bien quand Terence Davis fait chanter les gens dans les pubs. Là, il y a quelque chose qui se passe. Pour résumer l'histoire qui est l'adaptation d'une pièce de théâtre de Terence Ratigan: au début des années 50 à Londres, une femme mariée à un homme riche (qui refuse de divorcer) aime d'un amour fou un pilote de la Royal Air Force (qui a combattu pendant la seconde guerre mondiale) qui lui ne l'aime déjà plus. La seule raison d'aller voir ce film est donc pour moi Rachel Weisz qui interprète magnifiquement cette femme. Mais après tout, peut-être apprécierez-vous ce film autant que Ffred.

Pour rester dans le cinéma britannique, voici La part des anges de Kenneth Loach (le film était en compétition au festival de Cannes, cette année, où il a été récompensé du Prix du Jury). C'est un film certainement mineur dans la filmographie du réalisateur, mais on passe un bon moment en compagnie de quatre Ecossais, trois hommes et une jeune femme, chômeurs sans avenir, condamnés à plusieurs heures de travaux d'intérêt général (pour des délits plus ou moins graves). Entre Glasgow et Edimbourg, ils se retrouvent à visiter une distillerie de whisky, à faire des dégustations et à cotoyer des connaisseurs qui acceptent de payer une fortune pour un whisky parfait. Je vous laisse devenir ce qui va arriver. Moi qui n'y connais rien en cette matière, j'ai découvert que chaque whisky a un goût particulier, et comment on ouvre un fût en donnant des coups de masse autour du bouchon. Sinon, l'histoire se termine plutôt bien. Film sympathique. Voir le billet d'Alex.

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lundi 2 avril 2012

Le diable dans la ville blanche - Erik Larson

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Après avoir lu plusieurs billets plutôt flatteurs (Keisha par exemple, Clara, Ys ou Neph) sur cet ouvrage, je me suis procuré d'occasion très récemment Le diable dans la ville blanche d'Erik Larson (Edtion Le Cherche Midi). Pendant le temps d'un un week-end, je me suis transportée pendant plus de 600 pages en 1892-1893 à Chicago, à l'occasion de l'Exposition universelle de Chicago, ville qui est devenue pendant 6 mois la capitale du monde. A la même époque, dans cette ville et plus tard dans d'autres endroits des Etats-Unis, a sévi Herman Webster Mudgett, qui s'est fait connaître sous le nom de H. H. Holmes, un des plus grands tueurs en série de l'histoire: il aurait 29 victimes à son actif. Après l'exposition universelle de 1889 à Paris qui est restée dans les mémoires (la Tour Eiffel), Chicago sur le lac Michigan, qui avait presque été entièrement détruite en 1871 par un incendie, voulait rivaliser avec les villes de l'est (New-York, Washington). C'est grâce à Danie Burnham, très grand architecte, que le pari a été gagné. Chicago, une ville à l'apparence noire et crasseuse, peu sûre, qui vivait beaucoup des abattoirs, est devenue une ville resplendissante (les bâtiments de l'expo contruits pour l'occasion ont été peints en blanc). Eric Larson, qui est journaliste, a fait un travail impressionnant de recherche pour nous évoquer cette période. J'ai été autant passionnée par la partie "création de l'exposition", avec tous les aléas plus ou moins graves qui sont apparus, que par les actes barbares commis par H. H. Holmes, homme séduisant au regard magnétique qui fut autant un escroc qu'un assassin. Un livre que je vous recommande.

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samedi 24 mars 2012

Le livre de Johannes - Jorgen Brekke / Le bloc - Jérôme Leroy / Un vrai jeu d'enfant - François-Xavier Dillard

Voici trois romans policiers qui m'ont plu.

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Je commence par Le livre de Johannes de Jorgen Brekke (Editions Balland). C'est le premier roman d'un écrivain norvégien qui semble prometteur. Deux crimes avec le même mode opératoire (la victime est écorchée vive et décapitée et sa peau est subtilisée) sont commis, l'un dans le Musée Edgar Poe à Richmond en Virginie (USA), l'autre, dans une chambre forte de bibliothèque à Trondheim en Norvège, lieu où se trouve le fameux "Livre de Johannes" dont la reliure est en peau humaine (datant de 500 ans). Deux enquêtes sont menées en parallèle, l'une par Felicia Stone, une jeune enquêtrice américaine à Richmond, l'autre par Odd Singsaker, un inspecteur norvégien qui revient de congé de maladie (il a été opéré d'une tumeur au cerveau). De plus, le romancier qui connaît déjà les ficelles pour tenir son lecteur en haleine nous fait remonter le temps en 1528 en Europe pour nous faire connaître l'un des premiers tueurs en série, un moine mendiant auteur du "Livre de Johannes". Tout ceci est bien entendu de la pure fiction mais je vous recommande ce roman de 472 pages.

Voici maintenant deux romans recommandés, le premier par Le canard enchaîné (journal satirique paraissant le mercredi, lu par mon ami ["La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas"]) et le deuxième par Direct Matin (oui, je sais, cela n'a rien à voir) (1). C'est mon ami qui m'a offert les deux livres et je l'en remercie.

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D'abord, Le bloc de Jérôme Leroy (Gallimard Série noire), que je recommande pour sa qualité d'écriture. Même si on connaît la fin de l'histoire dès le début, l'histoire est haletante. Deux narrateurs, Antoine Maynard et Stanko, prennent la parole alternativement. Tout deux appartiennent au Bloc Patriotique (suivez mon regard...). Fascistes, racistes, ils sont aussi humains. Ils nous racontent comment ils en sont arrivés à appartenir à ce parti de la droite extrême. Le premier est tombé amoureux de la fille du leader du parti, l'autre s'est retrouvé, faute de mieux, chef du service d'ordre du Bloc. L'un des deux va mourir, on va se débarrasser de lui. Il le sait. Il attend la mort avec stoïcisme. Je le répète, c'est très bien écrit et on s'attache aux personnages, surtout à Stanko (celui qui va mourir). Qu'il ait tort ou raison, il a ses opinions et il s'y tient. Le romancier que je ne connais pas a vraiment beaucoup de talent.

 

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Puis Un vrai jeu d'enfant de François Xavier Dillard (Fleuve noir), qui a composé son roman en courts chapitres où 5 ou 6 narrateurs, héros de cette navrante histoire, prennent la parole à tour de rôle. Quand je dis "navrante", ce n'est pas ce que je n'aime pas, bien au contraire. Il s'agit d'un transport de bijoux qui ne tourne pas comme prévu. A Paris, pour un bijoutier de la Place Vendôme, Emma, étudiante fauchée, accepte moyennant rémunération de transporter des bijoux valant plusieurs millions d'euros dans un sac à dos. Elle doit les porter chez un photographe. Le problème est que pas mal de personnes sont au courant, dont un flic (Marc) et quelques malfrats dont François. Il y a aussi un garde du corps. L'histoire se déroule entre la place Vendôme, la Concorde et la Madeleine et aussi sur la ligne 14 du métro, pour se terminer dans une "planque" du Vexin. Pour un premier roman, le romancier est prometteur.

(1) Pan sur mon bec! Suite à un gentil message de M. Dillard qui me remerciait du billet et était intéressé par l'article du Canard dont je disais qu'il plébiscitait le roman, je me suis aperçue (après de vaines recherches) que mon ami m'avait induite en erreur sur le journal qui avait publié l'article. Je présente toutes mes excuses au romancier, j'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

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dimanche 5 février 2012

Un homme de tempérament - David Lodge

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Je suis arrivée au bout des 700 pages de cette biographie romancée de H. G. Wells (1866-1946) parue aux Editions Rivages. On connait Herbert George Wells comme écrivain de romans d'anticipation ou fantastiques (La guerre des mondes, La machine à explorer le temps, L'homme invisible, L'île du Dr Moreau, etc.). Il a aussi écrit pas mal de romans de moeurs dans lesquels il s'inspire de sa vie et ou des personnes qui l'entourent. Grâce à ses romans et à ses articles journalistiques, Wells a bien vécu de sa plume. Mais David Lodge s'est surtout focalisé sur H. G Wells, grand séducteur (un "chaud-lapin"?), aimant le sexe qu'il considérait comme un sport pour exercer son corps plutôt que son esprit. Il connut des dizaines et des dizaines de femmes (du point de vue biblique), qui le plus souvent étaient moitié plus jeunes que lui. Ces relations étaient pour la plupart du temps des "passades" (en français dans le texte), mais pour certaines, ce fut de longues liaisons qui se terminaient plus ou moins bien. Rosamund Bland, Amber Reeves, Rebecca West (de 26 ans sa cadette), Elisabeth Von Arnim et quelques autres sont passées entre les bras du grand homme successivement ou simultanément. Marié et père de deux garçons, Wells prônait l'Amour Libre. Sa femme Amy Catherine (Jane - morte en 1927 mais dont il n'a jamais voulu divorcer) acceptait ces liaisons, souvent scandaleuses pour l'époque et qui auraient pu compromettre sa carrière littéraire. Le roman se présente pour partie comme une longue interview imaginaire de Wells quelques mois avant sa mort. Né dans le sud de Londres dans une famille pauvre de la moyenne bourgeoisie, Wells va parvenir à force de détermination et d'intelligence à faire des études littéraires et scientifiques. Sa mère rêvait qu'il devienne drapier, il deviendra célèbre et riche grâce à son talent d'écrivain. Adepte des idées socialistes qui prônaient une meilleure répartition des richesses, il adhéra à la Société fabienne (de centre gauche et à l'origine de la création du Parti travailliste) qu'il quitta par la suite. Il a cotoyé George Bernard Shaw, Joseph Conrad, Henry James, parmi les écrivains les plus connus. Il a aussi rencontré Lénine et Staline et Maxime Gorki grâce à qui il connut Moura Budberg, sa dernière maîtresse qui ne voulut jamais se marier avec lui. J'avoue que j'ai découvert un sacré personnage à la vie bien remplie. Je connais peu son oeuvre (sauf les titres cités). David Lodge nous résume quelques ouvrages. Je ne suis pas sûre d'avoir envie de les lire, ils me paraissent un peu datés. Contrairement aux oeuvres de pure fiction de David Lodge, Un homme de tempérament n'est pas humoristique du tout. Je n'arrive pas à savoir ce que Lodge pense de Wells. A vous de vous faire une opinion. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire malgré sa longueur.

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