mercredi 25 juillet 2012

Film vus et non commentés depuis le 29/05/12 (suite)

Voici trois films français que je ne conseillerais pas vraiment, à moins que vous ne sachiez pas trop quoi faire pendant vos vacances.

Mains armées de Pierre Jolivet, qui se passe entre Marseille et Paris, se suit sans déplaisir, mais l'histoire m'a paru un peu embrouillée avec la collusion entre services (banditisme et stupéfiants). Il y a de très méchants Serbes dont un qui tue un jeune flic, plus, parmi les "méchants", un flic pas très net, et, côté "gentils" deux flics, dont un père (Roschdy Zem) qui retrouve sa fille fliquette (Leïla Bekhti) après qu'il l'ait abandonné pratiquement à sa naissance, ne s'étant pas senti prêt pour être père. Faute de mieux.

Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar, pour le plaisir de voir la région de Carhaix (Les Vieilles Charrues). Le scénario qui est tiré d'une idée (sic) manque de profondeur, de fantaisie, de quelque chose. La maternité de Carhaix est condamnée à la fermeture, et, pour ce faire, une DRH (Catherine Frot), envoyée de Paris, est chargée de mener à bien cette triste tâche. C'est sans compter que les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu et que le bowling qui est un vrai sport va jouer un rôle important. Même si le film nous montre la magnifique campagne bretonne vue du ciel, je le trouve dispensable à moins d'être une grande fan de Catherine Frot comme moi. C'est une idée de film avec une idée de scénario. Voir aussi le billet de Clara.

Paris-Manhattan, le premier film de Sophie Lellouche. Cette comédie qui se passe dans un milieu huppé où la mère a des problèmes d'alcool ne m'a pas parlé du tout. On voit une Alice (Alice Tagkoni), jeune pharmacienne fan des films de Woody Allen (à qui elle fait la conversation quand elle est toute seule) vieillir de 15 ans sans prendre une ride. Ses parents cherchent désespéremant à la marier depuis qu'Alice s'est fait "piquer" l'homme de ses rêves sous le nez par sa soeur, avocate. Nous assistons à la rencontre improbable d'Alice avec Victor (Patrick Bruel) un installateur en système d'alarme. Son personnage conquiert sa belle en la faisant rencontrer fortuitement Woody Allen himself à l'hôtel Plaza Athénée. Tout cela ne va pas bien loin. Très dispensable (à mon avis).

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dimanche 1 juillet 2012

The Deep Blue Sea - Terence Davis / La part des anges - Kenneth Loach

Heureusement qu'il y a Rachel Weisz dans The Deep Blue Sea de Terence Davies car j'ai trouvé la musique assez insupportable (un peu solennelle à mon goût) surtout pendant les 5 premières minutes du film où le réalisateur filme une suite de plans sans paroles. Je me suis demandée si je ne m'étais pas trompée de film et si j'allais rester jusqu'au bout (c'est dire). L'histoire d'amour déchirante ne m'a pas émue une minute. C'est trop cérébral pour moi. Je n'ai rien ressenti devant le malheur de cette femme en proie à la passion et son amour vain. En revanche, j'aime bien quand Terence Davis fait chanter les gens dans les pubs. Là, il y a quelque chose qui se passe. Pour résumer l'histoire qui est l'adaptation d'une pièce de théâtre de Terence Ratigan: au début des années 50 à Londres, une femme mariée à un homme riche (qui refuse de divorcer) aime d'un amour fou un pilote de la Royal Air Force (qui a combattu pendant la seconde guerre mondiale) qui lui ne l'aime déjà plus. La seule raison d'aller voir ce film est donc pour moi Rachel Weisz qui interprète magnifiquement cette femme. Mais après tout, peut-être apprécierez-vous ce film autant que Ffred.

Pour rester dans le cinéma britannique, voici La part des anges de Kenneth Loach (le film était en compétition au festival de Cannes, cette année, où il a été récompensé du Prix du Jury). C'est un film certainement mineur dans la filmographie du réalisateur, mais on passe un bon moment en compagnie de quatre Ecossais, trois hommes et une jeune femme, chômeurs sans avenir, condamnés à plusieurs heures de travaux d'intérêt général (pour des délits plus ou moins graves). Entre Glasgow et Edimbourg, ils se retrouvent à visiter une distillerie de whisky, à faire des dégustations et à cotoyer des connaisseurs qui acceptent de payer une fortune pour un whisky parfait. Je vous laisse devenir ce qui va arriver. Moi qui n'y connais rien en cette matière, j'ai découvert que chaque whisky a un goût particulier, et comment on ouvre un fût en donnant des coups de masse autour du bouchon. Sinon, l'histoire se termine plutôt bien. Film sympathique. Voir le billet d'Alex.

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lundi 2 avril 2012

Le diable dans la ville blanche - Erik Larson

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Après avoir lu plusieurs billets plutôt flatteurs (Keisha par exemple, Clara, Ys ou Neph) sur cet ouvrage, je me suis procuré d'occasion très récemment Le diable dans la ville blanche d'Erik Larson (Edtion Le Cherche Midi). Pendant le temps d'un un week-end, je me suis transportée pendant plus de 600 pages en 1892-1893 à Chicago, à l'occasion de l'Exposition universelle de Chicago, ville qui est devenue pendant 6 mois la capitale du monde. A la même époque, dans cette ville et plus tard dans d'autres endroits des Etats-Unis, a sévi Herman Webster Mudgett, qui s'est fait connaître sous le nom de H. H. Holmes, un des plus grands tueurs en série de l'histoire: il aurait 29 victimes à son actif. Après l'exposition universelle de 1889 à Paris qui est restée dans les mémoires (la Tour Eiffel), Chicago sur le lac Michigan, qui avait presque été entièrement détruite en 1871 par un incendie, voulait rivaliser avec les villes de l'est (New-York, Washington). C'est grâce à Danie Burnham, très grand architecte, que le pari a été gagné. Chicago, une ville à l'apparence noire et crasseuse, peu sûre, qui vivait beaucoup des abattoirs, est devenue une ville resplendissante (les bâtiments de l'expo contruits pour l'occasion ont été peints en blanc). Eric Larson, qui est journaliste, a fait un travail impressionnant de recherche pour nous évoquer cette période. J'ai été autant passionnée par la partie "création de l'exposition", avec tous les aléas plus ou moins graves qui sont apparus, que par les actes barbares commis par H. H. Holmes, homme séduisant au regard magnétique qui fut autant un escroc qu'un assassin. Un livre que je vous recommande.

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samedi 24 mars 2012

Le livre de Johannes - Jorgen Brekke / Le bloc - Jérôme Leroy / Un vrai jeu d'enfant - François-Xavier Dillard

Voici trois romans policiers qui m'ont plu.

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Je commence par Le livre de Johannes de Jorgen Brekke (Editions Balland). C'est le premier roman d'un écrivain norvégien qui semble prometteur. Deux crimes avec le même mode opératoire (la victime est écorchée vive et décapitée et sa peau est subtilisée) sont commis, l'un dans le Musée Edgar Poe à Richmond en Virginie (USA), l'autre, dans une chambre forte de bibliothèque à Trondheim en Norvège, lieu où se trouve le fameux "Livre de Johannes" dont la reliure est en peau humaine (datant de 500 ans). Deux enquêtes sont menées en parallèle, l'une par Felicia Stone, une jeune enquêtrice américaine à Richmond, l'autre par Odd Singsaker, un inspecteur norvégien qui revient de congé de maladie (il a été opéré d'une tumeur au cerveau). De plus, le romancier qui connaît déjà les ficelles pour tenir son lecteur en haleine nous fait remonter le temps en 1528 en Europe pour nous faire connaître l'un des premiers tueurs en série, un moine mendiant auteur du "Livre de Johannes". Tout ceci est bien entendu de la pure fiction mais je vous recommande ce roman de 472 pages.

Voici maintenant deux romans recommandés, le premier par Le canard enchaîné (journal satirique paraissant le mercredi, lu par mon ami ["La liberté de la presse ne s'use que quand on ne s'en sert pas"]) et le deuxième par Direct Matin (oui, je sais, cela n'a rien à voir) (1). C'est mon ami qui m'a offert les deux livres et je l'en remercie.

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D'abord, Le bloc de Jérôme Leroy (Gallimard Série noire), que je recommande pour sa qualité d'écriture. Même si on connaît la fin de l'histoire dès le début, l'histoire est haletante. Deux narrateurs, Antoine Maynard et Stanko, prennent la parole alternativement. Tout deux appartiennent au Bloc Patriotique (suivez mon regard...). Fascistes, racistes, ils sont aussi humains. Ils nous racontent comment ils en sont arrivés à appartenir à ce parti de la droite extrême. Le premier est tombé amoureux de la fille du leader du parti, l'autre s'est retrouvé, faute de mieux, chef du service d'ordre du Bloc. L'un des deux va mourir, on va se débarrasser de lui. Il le sait. Il attend la mort avec stoïcisme. Je le répète, c'est très bien écrit et on s'attache aux personnages, surtout à Stanko (celui qui va mourir). Qu'il ait tort ou raison, il a ses opinions et il s'y tient. Le romancier que je ne connais pas a vraiment beaucoup de talent.

 

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Puis Un vrai jeu d'enfant de François Xavier Dillard (Fleuve noir), qui a composé son roman en courts chapitres où 5 ou 6 narrateurs, héros de cette navrante histoire, prennent la parole à tour de rôle. Quand je dis "navrante", ce n'est pas ce que je n'aime pas, bien au contraire. Il s'agit d'un transport de bijoux qui ne tourne pas comme prévu. A Paris, pour un bijoutier de la Place Vendôme, Emma, étudiante fauchée, accepte moyennant rémunération de transporter des bijoux valant plusieurs millions d'euros dans un sac à dos. Elle doit les porter chez un photographe. Le problème est que pas mal de personnes sont au courant, dont un flic (Marc) et quelques malfrats dont François. Il y a aussi un garde du corps. L'histoire se déroule entre la place Vendôme, la Concorde et la Madeleine et aussi sur la ligne 14 du métro, pour se terminer dans une "planque" du Vexin. Pour un premier roman, le romancier est prometteur.

(1) Pan sur mon bec! Suite à un gentil message de M. Dillard qui me remerciait du billet et était intéressé par l'article du Canard dont je disais qu'il plébiscitait le roman, je me suis aperçue (après de vaines recherches) que mon ami m'avait induite en erreur sur le journal qui avait publié l'article. Je présente toutes mes excuses au romancier, j'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

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dimanche 5 février 2012

Un homme de tempérament - David Lodge

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Je suis arrivée au bout des 700 pages de cette biographie romancée de H. G. Wells (1866-1946) parue aux Editions Rivages. On connait Herbert George Wells comme écrivain de romans d'anticipation ou fantastiques (La guerre des mondes, La machine à explorer le temps, L'homme invisible, L'île du Dr Moreau, etc.). Il a aussi écrit pas mal de romans de moeurs dans lesquels il s'inspire de sa vie et ou des personnes qui l'entourent. Grâce à ses romans et à ses articles journalistiques, Wells a bien vécu de sa plume. Mais David Lodge s'est surtout focalisé sur H. G Wells, grand séducteur (un "chaud-lapin"?), aimant le sexe qu'il considérait comme un sport pour exercer son corps plutôt que son esprit. Il connut des dizaines et des dizaines de femmes (du point de vue biblique), qui le plus souvent étaient moitié plus jeunes que lui. Ces relations étaient pour la plupart du temps des "passades" (en français dans le texte), mais pour certaines, ce fut de longues liaisons qui se terminaient plus ou moins bien. Rosamund Bland, Amber Reeves, Rebecca West (de 26 ans sa cadette), Elisabeth Von Arnim et quelques autres sont passées entre les bras du grand homme successivement ou simultanément. Marié et père de deux garçons, Wells prônait l'Amour Libre. Sa femme Amy Catherine (Jane - morte en 1927 mais dont il n'a jamais voulu divorcer) acceptait ces liaisons, souvent scandaleuses pour l'époque et qui auraient pu compromettre sa carrière littéraire. Le roman se présente pour partie comme une longue interview imaginaire de Wells quelques mois avant sa mort. Né dans le sud de Londres dans une famille pauvre de la moyenne bourgeoisie, Wells va parvenir à force de détermination et d'intelligence à faire des études littéraires et scientifiques. Sa mère rêvait qu'il devienne drapier, il deviendra célèbre et riche grâce à son talent d'écrivain. Adepte des idées socialistes qui prônaient une meilleure répartition des richesses, il adhéra à la Société fabienne (de centre gauche et à l'origine de la création du Parti travailliste) qu'il quitta par la suite. Il a cotoyé George Bernard Shaw, Joseph Conrad, Henry James, parmi les écrivains les plus connus. Il a aussi rencontré Lénine et Staline et Maxime Gorki grâce à qui il connut Moura Budberg, sa dernière maîtresse qui ne voulut jamais se marier avec lui. J'avoue que j'ai découvert un sacré personnage à la vie bien remplie. Je connais peu son oeuvre (sauf les titres cités). David Lodge nous résume quelques ouvrages. Je ne suis pas sûre d'avoir envie de les lire, ils me paraissent un peu datés. Contrairement aux oeuvres de pure fiction de David Lodge, Un homme de tempérament n'est pas humoristique du tout. Je n'arrive pas à savoir ce que Lodge pense de Wells. A vous de vous faire une opinion. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire malgré sa longueur.

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lundi 30 janvier 2012

Films vus et non commentés depuis le 01/01/12

Avant de reparler livres, je voulais évoquer cinq films vus au mois de janvier 2012.

Je commencerai par L'Irlandais de John Michael McDonagh (le frère de Martin McDonagh, réalisateur de Bons baisers de Bruges). Ce film vaut éventuellement d'être vu pour Brendon Gleeason qui interprète un des deux seuls flics intègres du Connemara, région du sud de l'Irlande où se déroule l'histoire. Des trafiquants de drogue venant des Etats-Unis règlent leurs comptes. L'une des notes originales de l'histoire est qu'ils sont poursuivis par un flic noir (Don Cheadle) qui détonne dans ce décor où les personnages parlent le gaélique. La fusillade finale dans un port n'est pas mal du tout. Sinon, c'est un film éventuellement évitable si vous payez la place plein tarif. Pour les autres, pourquoi pas?

Une nuit de Philippe Lefebvre nous donne l'occasion de voir Paris la nuit, un Paris des noctambules, des boîtes de nuit, des cabarets, des clubs échangistes et j'en passe. On suit pendant une nuit Simon Weiss (Roschdy Zem, très bien), de la brigade des moeurs, qui connaît bien ce milieu qu'il côtoie régulièrement. Accompagné d'une femme sous-brigadier (Sara Forestier) qui lui sert de chauffeur, il va d'un endroit à un autre, retrouve les mêmes personnages plus ou moins louches. On devine que Simon trempe dans certains trafics, il négocie, s'arrange avec la légalité. Il se salit les mains. Pendant ce temps-là, la sous-brigadière, Laurence Deray, observe... C'est un film qui respecte l'unité de temps, de lieu et d'action. Il y a quelques invraisemblances quand Simon croise certains personnages simultanément ou presque dans plusieurs endroits à la fois. Ceci mis à part, c'est un film agréable qui se suit sans déplaisir.  

Parlez-moi de vous de Pierre Pinaud n'est pas une comédie. C'est une histoire triste d'une jeune femme, Mélina, une "voix". Animatrice à la radio, la nuit, elle résoud les problèmes affectifs d'auditeurs, ce qu'elle est incapable de faire pour elle-même. Car Melina/Claire Martin est une femme seule qui dort souvent dans un placard de son bel appartement cossu. Elle a de gros problèmes relationnels, elle fuit les autres. Karine Viard est très crédible dans le rôle de Mélina. Elle porte le film que j'ai vu comme un hommage à Macha Béranger qui fut la voix nocturne de France Inter pendant des années. Film à voir mais sans plus.

Malveillance de Jaume Balaguerò est un film "flippant" bien que l'histoire débute de façon anodine. César, aux tendances suicidaires, vient d'être engagé comme gardien d'un immeuble barcelonais. Il rend des menus services à ses occupants dont une en particulier, Clara, qu'il observe, épie de jour comme de nuit en s'introduisant chez elle subrepticement. Car, étant le gardien, il a les clés des appartements. Le titre espagnol "Mientres duermes" (Pendant que tu dors) dévoile bien une partie de l'intrigue. C'est un film que je déconseille aux âmes sensibles (surtout si vous n'aimez pas les cafards). Personnellement, j'ai bien aimé ce film où Luis Tosar interprète un rôle que l'on n'oublie pas de sitôt.

Je terminerai par Sherlock Holmes II - jeux d'ombres de Guy Ritchie où l'on prend les mêmes (Robert Downey Jr et Jude Law dans les rôles de Holmes et de Watson) et l'on recommence. C'est toujours le même réalisateur. On ajoute Noomi Rapace qui joue une diseuse de bonne aventure, et le dangereux Professeur Moriarty qui fait dans la fabrication d'armes de destruction massive (nous sommes en 1898). Je n'oublie pas Mycroft (le frère de Sherlock) interprété par l'irrésistible Stephen Fry. A part ça, j'avoue que j'ai moins aimé ce deuxième volet auquel je n'ai pas compris grand-chose. C'est trépidant avec beaucoup d'effets spéciaux mais vous pouvez vous dispenser d'y aller.

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vendredi 30 décembre 2011

Welcome in Vienna (trilogie) - Axel Corti / Le tableau - Jean-François Laguionie

Avant la fin de cette année 2011 (et avant mon palmarès cinéma), je voulais ne pas oublier de parler d'un événement cinématographique sorti le 30 novembre 2011 dans deux salles à Paris. Il s'agit de trois films (en noir et blanc, image format télé) d'Axel Corti (1933-1993) dont les deux premiers volets étaient restés jusqu'à présent inédits en France.

L'oeuvre Welcome in Vienna (Wohin und Zurück) se compose donc de trois films écrits par le scénariste Georg Stefan Troller, qui confirme dans le dossier de presse que cette suite d'histoires est autobiographique à 70 ou 80%. Il est né en 1921 et vit à Paris depuis 1949.

Dieu ne croit plus en nous (1982, inédit en France) commence à Vienne en 1938. Après la "Nuit de cristal" et le meurtre de son père, Ferry Tobler, un adolescent juif, fuit l'Autriche. Echoué à Prague, il continue sa fuite vers la France en compagnie d'un soldat allemand anti-nazi échappé de Dachau et d'une Tchèque chargée d'aider les réfugiés. Sans papiers, ils sont arrêtés et internés par les Français. Arrivant à s'échapper, ils parviennent à Marseille dans l'espoir de s'embarquer pour les Etats-Unis.

Dans Santa Fé (1986, inédit en France), l'action se passe à New-York en 1940. Un bateau, Le Tonka, arrive avec, à son bord, des réfugiés dont Ferry Tobler qui se noie accidentellement en cherchant à sauver une jeune femme mutique qui voulait échapper au contrôle des services d'immigration. On suit surtout le parcours de Freddy Wolff, jeune émigrant juif autrichien qui rêve du Far-West mais qui se retrouve isolé dans sa vie d'immigré même s'il trouve un peu d'entraide au sein de sa communauté. Il trouve même un travail de vendeur dans un "delicatessen". Mais dès l'entrée en guerre des Etats-Unis fin 1941, lui et ses semblables sont assimilés à l'ennemi allemand. Il s'engage dans l'armée américaine pour regagner l'Europe. Pour moi, des trois films, c'est celui que je préfère, peut-être parce que l'histoire se passe à New-York et que le réalisateur prend son temps pour nous rendre les personnages attachants.

Enfin, Welcome in Vienna (1986, et que j'avais vu à l'époque) se déroule en 1944 dans une Europe dévastée et à reconstruire. Freddy Wolff et George Adler, intellectuel de gauche berlinois, découvrent les horreurs nazies et l'antisémitisme qui règne jusque dans leurs rangs. Ils assistent à la reddition d'un colonel nazi qui offre son aide à l'U.S. Army, laquelle l'accepte bien volontiers, tout cela pour combattre le communisme. Dans Vienne, Freddy trouve les restes de son passé familial, la maison de ses parents en ruines. Dans le chaos où est plongée l'Autriche, Freddy est écoeuré en voyant un ancien nazi devenir roi du marché noir. La corruption et l'arrivisme règnent partout mais cela n'empêche pas Freddy de rester dans ce pays qu'il aime. Aussi étrange que cela puisse être, j'ai trouvé cette partie (que j'avais appréciée à l'époque) la moins réussie, un peu trop touffue.

En tout cas, si vous en avez l'occasion, je vous conseille de voir, comme moi, cette trilogie dans l'ordre. Elle a rencontré un beau succès d'estime et c'est mérité.

Sinon, comme dernier film à voir absolument en cette fin d'année, et déjà chaudement conseillé par Aifelle, allez voir Le tableau de Jean-François Laguionie (sorti le 23 novembre 2011). C'est une merveille d'animation qui ravira les grands et peut-être les plus jeunes. Dans ce très beau film (graphiquement et visuellement), vous n'oublierez pas les toupins, les pafinis et les reufs. Vous essaierez de deviner les peintres et les tableaux qui sont évoqués. Cela fait plaisir, des films d'animation intelligents et sensibles.

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mardi 29 novembre 2011

Jayne Mansfield 1967 - Simon Liberati

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Ayant entendu une bonne critique sur ce roman qui vient de recevoir le prix Fémina 2011, j'ai saisi l'occasion de lire Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati (Editions Grasset, 190 pages). Le résumé du livre se trouve dans le titre. Simon Liberati commence en effet son récit par la description détaillée d'une collision mortelle: une Buick qui s'encastra dans un semi-remorque de 18 roues sur une route qui reliait Biloxi, dans l'état du Mississippi, à la Nouvelle-Orléans. L'accident, qui eut lieu dans la nuit du 29 juin 1967, tua 3 adultes et blessa 3 enfants qui se trouvaient à l'arrière de la voiture, sans oublier 2 chihuahuas. Parmi les victimes, Jayne Mansfield, 34 ans, et son amant du moment, Sam Brody. Les trois enfants étaient ceux de Jayne Mansfield, qui fut plus connue pour sa poitrine opulente, son QI de plus de 160, son amour pour les enfants (elle en a eu 5) et les chihuahuas qui se nichaient au creux de ses seins, que pour son talent d'actrice. Elle aurait pu être une seconde Marilyn Monroe, mais elle fut réduite à tourner des navets et à faire du strip-tease à Las Vegas. Au détour d'une phrase, on apprend quelques bribes de la vie provoquante et scandaleuse de cette femme qui fut très photographiée dans les années 50. Simon Liberati l'évoque en pointillé en parlant de ses addictions à la drogue, peut-être au satanisme, à son sens des affaires. Ce n'est pas un biographe, mais il donne suffisamment de précisions pour se faire une idée sur cette femme qui n'est pas morte décapitée comme beaucoup de gens le croient (moi la première), mais c'est tout comme. Un roman bien écrit que je vous conseille.

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dimanche 20 novembre 2011

Contagion - Steven Soderberg / 50/50 - Jonathan Levine

FestAut01 Dans le cadre du festival d'automne initié par Chris, où je me suis inscrite pour la première fois, je dois aller voir quelques films imposés dont Contagion de Steven Soderberg. Je n'avais pas lu grand-chose sur ce film. Pour résumer, j'ai beaucoup aimé le début (et la séquence finale), mais je n'ai pas trouvé très passionnant le reste. En effet, le film nous évoque ce qui arriverait si une pandémie se propageait à la surface de la terre. En l'occurrence, le film commence par le "jour 2" où l'on voit, dans un aéroport d'un pays asiatique, une femme (Gwyneth Paltrow) fiévreuse, qui tousse beaucoup au retour d'un voyage professionnel. Arrivée à Chicago, elle meurt à l'hôpital le jour 3 ou 4, la bave aux lèvres après avoir eu des convulsions. Son petit garçon meurt peu de temps après mais en revanche son mari (Matt Damon) n'est pas atteint. L'équivalent de l'OMS se mobilise pendant que l'épidémie se propage. Le réalisateur prend son temps pour présenter différents personnages mais tout va très vite. Le sujet est survolé et pas du tout fouillé. Des personnages passent et disparaissent assez vite. Certains ont un destin tragique, comme la scientifique jouée par Kate Winslet et les premières victimes qui provoquent la pandémie. Quelques observations sur l'histoire: Gwyneth Paltrow est une épouse adultère (c'est peut-être pourquoi elle est punie); les premiers vaccinés sont bien entendu les Occidentaux, l'Amérique sauve le monde puisque ce sont les Américains qui mettent au point le vaccin (mais les Francais ne se débrouillent pas trop mal). Les blogueurs (dont l'un interprété par Jude Law) sont évoqués mais ils n'ont pas forcément le beau rôle. Il faut attendre l'épilogue du film pour savoir qui s'est passé le "jour 1", je n'ai pas été déçue. C'est ce qu'il y a de plus réussi dans le film.

Je dirais que si je ne m'étais pas inscrite au Festival d'automne, je ne serais pas spontanément allée voir Contagion car Steven Soderbergh n'est pas mon réalisateur favori. Il fait des films de plus en plus froid à la limite de l'impersonnel. Soderbergh n'est semble-t-il pas un sentimental.

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Un autre film, 50/50 de Jonathan Levine, faisait partie de la sélection du festival. Il en a été supprimé faute d'un nombre de copies suffisants en VO en France. Quoi qu'il en soit, je suis allée le voir avant de connaître la nouvelle. Je dois dire que le sujet traité (un homme de 27 ans apprend qu'il a un cancer de la colonne vertébrale) ne m'emballait pas plus que cela. Le sujet est tiré d'une histoire vraie. On sent le film fait entre amis car l'un des acteurs est aussi producteur. C'est surtout l'occasion de voir Angelica Huston, cheveux teints en gris coupés court (cela ne lui va pas mal). L'histoire est plutôt optimiste puisque le 50/50 du titre est le nombre de chances qu'a Adam (Joseph Gordon-Levitt) d'être guéri. Sa petite amie le quitte mais une autre prend sa place. Film honorable mais pas inoubliable. Je ne suis pas certaine que j'aurais été le voir si ce n'avait pas été pour le festival.

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jeudi 17 novembre 2011

Et maintenant on va où? - Nadine Labaki / Mon pire cauchemar - Anne Fontaine

 Avant d'aborder le festival d'automne lancé par Chris, voici deux fims à voir:

Mon ami et moi vous recommandons tout particulièrement Et maintenant on va où? de la réalisatrice franco-libanaise Nadine Labaki qui interprète aussi un des personnages principaux. Ce film nous conte une belle histoire sur la tolérance et la cohabitation entre musulmans et chrétiens dans un petit village au Liban, situé pas loin d'une ligne de conflit. Le film commence comme une tragédie grecque avec un choeur de femmes qui s'avancent vers un cimetière, et elles chantent en même temps. Car chacune a perdu un être cher. C'est une très belle séquence. Les femmes luttent pour que les hommes ne se battent pas entre eux. Il suffit de tellement peu... Il y a plusieurs scènes savoureuses (comment un vieux poste de télé antédiluvien vient égayer les soirées de ce village) et des moments tragiques, comme celui où une mère n'ose pas annoncer aux autres que son fils a été tué d'une balle perdue. Elle a trop peur que les hommes mettent le village à feu et à sang. La séquence finale est magnifique car elle donne l'espérance d'un monde de paix. Après Caramel, je trouve que la réalisatrice a un talent à suivre. Le film est sorti depuis le 14 septembre 2011 et continue son bonhomme de chemin.

Dans un autre registre, Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine vaut le déplacement pour l'histoire d'amour improbable entre Agathe (Isabelle Huppert) et Patrick (Benoit Poelvoorde), que tout oppose. Agathe, grande bourgeoise un peu coincée, directrice de la fondation Cartier pour l'art contemporain, est la mère d'un jeune adolescent pas très doué, et la compagne d'un éditeur à succès, François (André Dussolier, excellent comme d'habitude). Patrick vit dans des conditions précaires dans le 6ème arrondissement de Paris car son fils qui est surdoué va au lycée Henri IV. Patrick se retrouve à effectuer des travaux de maçonnerie chez Agathe. Il faut voir Agathe se laisser aller dans les bras de Patrick quand François la quitte. C'est assez pétillant et on rit souvent. J'ai passé un très bon moment.

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